All language subtitles for La Stagiaire.S07E02

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Original subtitles

Chants d'oiseaux.

-Plus touchant, d'accord, je comprends.

Et quelque chose comme :

"pour qu'ensemble nous puissions partager le savoir." Pas mal, non ?

Trop grandiloquent.

Oui, j'entends.

Je récapitule :

plus léger, sans oublier la fermeté, et plus touchant,

sans en faire trop. Entre de Gaulle et Obama.

Très bien. Je m'y remets tout de suite.

Merci, M. le maire.

Je suis paumé de chez paumé, Constance.

-Tu vas y arriver.

C'est du Shakespeare, mais en français.

-Ca va, les parents ? Bien dormi ?

-Oui. -Oui, et toi ?

T'as réussi à parler à Rebecca ? -Oui.

Et on va faire un break.

-C'est-à-dire ?

-On va vivre séparément pendant un moment.

-En tout cas, tu peux

rester ici tant que tu veux.

-Merci.

Je suis censé prendre Tony après-demain...

-Pas de problème. -Ca m'inspirera

pour mon discours sur la petite enfance.

Dis donc, Obama doit inaugurer un centre aéré

ouvert les samedis et dimanches, il dit quoi ?

-Samedi, dimanche ?

"Yes, week-end."

C'est cadeau. Je vais me préparer.

-Yes, week-end, mais alors, j'adore !

Yes, week-end...

-J'aime pas ça. -Ca fait trop américain ?

-Non, cette histoire de break.

Ca finit toujours en rupture.

-Ne t'inquiète pas.

D'accord ?

Les couples du 21e siècle fonctionnent comme ça.

Ils réinventent les règles.

C'est la liberté, l'audace... C'est le polyamour !

-Le polyamour ?

-Oui, enfin, le...

-Fais attention à ce que tu vas me répondre.

-Yes, week-end !

...

-Oui... Mais ça,

tu m'avais dit la semaine prochaine.

Non, ça, c'est la réunion parents...

D'orientation, oui.

Et ce soir, c'est quoi ?

Techniquement,

je suis pas vraiment son père.

Non, non, t'as raison.

Je vais me débrouiller.

Oui, oui. Non, non, c'est bon.

Je t'aime, moi aussi.

-Eh oui, M. le juge.

La charge mentale n'est plus réservée aux femmes.

-J'ai dit que j'irais.

Bonjour, capitaine.

-BONJOUR.

-C'est par là. Ca s'est passé devant la serre.

Lucile Gautier, 42 ans.

C'était la propriétaire de l'exploitation de parfumerie.

Son fils a découvert le corps

ce matin. Il vit ici, avec elle.

La carotide

a été sectionnée.

Avec ça, visiblement.

On va voir si on peut exploiter les empreintes.

S'il vous plaît ?

-Un meurtrier qui laisse l'arme du crime,

soit il est maladroit, soit c'était pas prémédité.

-La mort remonte à quand ?

-Hier soir, vers 20h. D'après les 1res constatations.

-Il n'y avait plus personne ici ?

-Les deux employés étaient déjà partis. Elle vivait ici

avec sa famille.

Son compagnon, Fabien Eloi, était à Toulon.

On l'a prévenu, il rentre.

Mais son fils, lui, était là.

Il s'appelle Victor.

-Pauvre gamin.

Bonjour.

Tu es Victor, c'est ça ?

Je suis Constance Meyer,

je travaille avec le juge d'instruction.

C'est chez toi, ici ?

-Vous pensez que j'ai tué ma mère ?

-J'essaie de comprendre ce qui s'est passé.

-Ouais, c'est chez moi, ici.

-Tu es resté ici toute la soirée ?

-Dans ma chambre.

J'étais sur Twitch.

Un site où on se filme en train de jouer en ligne.

-Je connais.

Et tu as entendu quelque chose ?

-Non.

J'avais mon casque.

-J'ai conscience que c'est difficile pour toi, mais...

Si tu sais quelque chose qui nous aiderait,

il faut le dire maintenant.

-A un moment, je suis allé chercher à boire,

et j'ai entendu ma mère

s'engueuler avec Elisa en bas.

C'est son associée.

Et elle était hyper vénère.

Mais la partie reprenait, alors je suis retourné

dans ma chambre, j'ai joué toute la soirée.

Et puis je l'ai trouvée comme ça, ce matin.

-C'est incompréhensible, tout le monde aimait Lucile.

Léger brouhaha.

C'était il y a 2 ans, quand on a décroché le DBIH.

Un label international

qui garantit l'origine bio à 100 %

de nos parfums.

-Une belle victoire. -Ouais.

On avait bossé dur.

Lucile, c'était le nez de l'exploitation,

passionnée, visionnaire. Moi, c'est

le marketing, la communication.

-Un vrai duo.

-On peut dire ça comme ça.

-Donc, jamais aucune dispute ?

-Jamais comme hier, si c'est

ce que vous insinuez.

Lucile avait raté un rendez-vous avec un investisseur

que j'avais mis des mois à faire venir.

-Vous deviez être très en colère.

-En colère ? Non. J'étais furieuse, oui.

Putain, t'étais où ?

-Oh non, Berteuil !

-On t'a attendue plus d'une heure. Tu répondais pas !

-J'ai oublié, désolée. -Oublié ?

Tu te fous de moi ?! -C'est pas le moment.

-Ca fait 3 jours

que tu fais n'importe... -Désolée ! Je vais le rappeler.

-Ah ouais ? Tu crois qu'il te répondra ?

-Je m'en occuperai. Lâche-moi !

-Lucile, t'as jamais raté un rendez-vous comme ça.

Il se passe quoi ? -Je t'expliquerai plus tard.

-Tu sais quoi ? Quand tu respecteras

un peu plus mon boulot, ou notre amitié,

tu me sonneras ! -Elisa...

-Merde !

C'est la dernière fois

que je l'ai vue.

-Il était quelle heure ? -Pas tout à fait 20h.

Après, j'ai rejoint ma compagne au restaurant.

-Des témoins peuvent confirmer ?

-Oui, bien sûr. -Elle était souvent

distraite dans son travail ? -Non.

C'était inhabituel. Lucile adorait son boulot.

-Qu'est-ce qui a pu

causer une telle négligence ?

-Aucune idée.

J'aurais dû insister, j'aurais dû lui parler.

Mais j'étais tellement en colère.

(Quelle conne !)

-J'avais le même.

En 2003.

-Elle a...

Pas de compte Facebook,

pas d'Instagram,

pas de Snapchat.

Rien sur les réseaux sociaux.

C'est bizarre de vivre en dessous des radars.

-De plus en plus de gens deviennent low-tech.

-En même temps, elle laisse son fils toute la nuit

jouer en ligne. -Low-tech et libertaire.

-J'ai trouvé une photo.

Ca doit être son mari.

Ils ont l'air heureux. -Vous savez très bien

qu'il faut se méfier

des apparences.

Et apparemment,

ils sont pas mariés.

-En effet, c'est bien une fausse.

Et de mauvaise qualité.

-Lucile Gautier avait une fausse identité.

-D'où son absence des réseaux sociaux.

-Vous avez vérifié l'alibi

de l'associée ? -Oui, 3 membres du personnel

l'ont vue au restaurant entre 20h15

et 23h.

-Il ne reste plus que le fils.

Vibreur.

...

-Lyubov ! Comment tu vas ?

Ouais...

Toi aussi, tu me manques, Milena.

Non, j'ai pas encore pu passer du temps avec lui.

Boris travaille beaucoup.

Et il s'occupe tout seul de Raphaël en ce moment.

Mais si, je vais essayer.

Lui proposer de l'aide ?

Mais euh...

Bien sûr que j'y ai pensé, qu'est-ce que tu crois ?

-Oui... Attends.

Je cherche un stylo, sois pas si pressé.

Alors...

21 x 29,7.

Petits carreaux.

D'accord. Pour demain.

Demain ? Sérieusement ? T'aurais pu me le dire hier.

D'accord.

-Vous êtes encore là. -Pressée de me voir partir ?

-Loin de moi cette idée.

-Encore

Raphaël ? -Quatre couleurs.

Oui, un stylo 4 couleurs.

-Aurait-il besoin d'aide ?

-D'accord.

-Je crois que vous avez raison.

Je vais l'aider.

-D'accord.

-Victor, le fils de la victime, était bien sur Twitch

toute la soirée. La vidéo est en ligne.

-J'avais du mal à l'imaginer tuer sa mère.

-Moi aussi. Ca nous fait donc zéro suspect.

Et les empreintes ?

-Trop de sang sur l'arme du crime.

Elles sont inexploitables. En revanche,

celles de la victime matchent dans le fichier des personnes disparues.

-La victime

est portée disparue ? -Lucile Gautier n'existe pas.

Son vrai nom,

c'était Camille du Prisbois.

-Du Prisbois ? -Tu connais ?

-Oui, je me souviens de ce dossier.

C'étaient mes débuts de greffière.

Une héritière disparue sans laisser de trace.

-La cadette d'une grande famille de parfumeurs.

On n'a jamais eu la moindre piste.

-Ca remonte à un certain temps.

Le parfum du Prisbois,

vous vous rappelez pas ? Ca faisait...

Centifolia !

Et ton coeur est à moi.

-Ca me dit quelque chose.

Ca date, ça ? -Oui.

-De has-been, ils sont redevenus à la mode.

Avec ça : Génifolia.

-Fais voir.

Mmm, il est pas mal.

Tu veux essayer, Constance ? -Ouais.

Ah ouais. -Hein ?

Monsieur le juge ?

-Ca va aller.

-Vous avez tort.

Ca ferait un joli cadeau.

-C'est vraiment deux personnes différentes.

-Changement

d'identité et de physique... Cette femme se cachait.

Maintenant, reste à savoir de quoi.

-Ou de qui.

Monsieur Eloi ?

Juge Delcourt. Constance Meyer. Nous enquêtons

sur la mort de votre compagne.

-Je sais qui l'a tuée.

-Donc, vous saviez qu'elle vivait sous une fausse identité ?

-Oui.

-Vous pouvez

nous en dire plus ?

-On s'est rencontrés il y a 15 ans, c'était...

un coup de foudre, on s'est jamais quittés.

Au bout d'un moment, je me suis aperçu qu'elle utilisait pas

de carte bancaire, évitait d'aller chez le médecin

et essayait toujours de travailler au noir.

Au bout de quelques semaines, elle m'a dit qu'elle avait

une fausse identité.

-Elle se cachait ? -Oui.

-Vous savez pourquoi ?

-A cause de son mari.

-Attendez.

Elle était déjà mariée ?

-Ouais.

Oui, à un homme violent.

Elle avait peur qu'il la retrouve et la tue.

-Il fallait aller voir la police.

-Lucile disait que personne la croirait.

Elle avait peur

qu'en portant plainte, il la retrouve.

Tout ce qu'elle voulait, c'était

recommencer à zéro.

-Et vous étiez d'accord ?

-J'avais 22 ans, j'étais fou amoureux.

Puis très vite, elle est...

tombée enceinte

de Victor.

C'était une évidence.

On voulait le garder. La question se posait même pas.

-Elle vous a dit le nom de ce mari ?

-Non.

Elle ne voulait jamais parler de son passé.

C'était sa façon de se protéger.

On se concentrait sur l'avenir.

-C'est audacieux.

-J'étais amoureux.

-Quand avez-vous parlé

à Lucile pour la dernière fois ?

-Elle m'a appelé hier.

J'étais à...

à une convention de permaculture pour essayer d'améliorer la...

qualité de la production.

J'entendais

quelque chose de tendu dans sa voix, mais elle m'a dit...

qu'on en parlerait à mon retour.

-Un mari violent

surgi du passé, vous y croyez, vous ?

-Là, j'ai un mari.

Un certain Edouard Saint-Martin.

Qui a épousé Camille du Prisbois l'année de sa disparition.

-On doit aller prévenir

son autre famille.

Notification. Demain. Là, j'ai une réunion.

Parents-profs. -Eh ben !

Bon courage, Monsieur le juge. -Merci.

-Je peux vous donner des conseils,

je suis imbattable en droit immobilier.

-Antoine ?

-On en parle autour d'un verre ?

-Ouais.

-Y a un bar juste là, presque en face.

Encore des lasagnes ?

Fracas.

-Qu'est-ce qui te prend ? Mauvaise journée ?

-Non, tout va bien.

Et toi ? Ca a été aujourd'hui ?

Tu as pu réfléchir à ta situation ? Ta femme, ton fils...

-Si tu m'en veux

pour tout à l'heure, désolé.

C'est des nouvelles collègues... Notification.

-Là, c'en est une qui t'écrit ?

-T'as rencontré

quelqu'un ? -Non, arrêtez de délirer.

-Confisqué, j'en ai marre. -"Confisqué" ?

-Tu te conduis en ado attardé, je te traite comme tel !

-T'avais déjà aucune autorité

quand il avait 15 ans, alors...

Notification.

-C'est aussi valable pour les plus de 50 ans !

Confisqué.

-Ca sent très bon. -Hum, hum.

-Moi, j'adore les lasagnes... -Ouais.

-Fanny nous a pas menti, on est dans l'univers du luxe.

-(Oh ! J'adore les pivoines.)

Vous disiez qu'il fallait se méfier des apparences, non ?

-Excusez-moi pour l'attente.

-Mais je vous en prie.

Je suis le juge Delcourt et voici Constance Meyer.

-Patricia du Prisbois. Je peux vous aider ?

-Pourrions-nous vous parler de votre soeur Camille ?

-Vous l'avez retrouvée ?

-Malheureusement, oui.

-Excusez-moi.

Mes parents ne se sont jamais remis

de la disparition de Camille.

On la croyait morte.

-Vous n'avez jamais imaginé qu'elle ait pu refaire sa vie

à moins de 200 km d'ici ?

-Ca n'a pas de sens.

-Pourquoi elle est partie, selon vous ?

-Camille était compliquée...

Elle voulait

révolutionner la marque.

En passant au bio, notamment.

Elle était en avance sur son temps.

Mes parents étaient pas vraiment à l'écoute.

Bref, elle était

rebelle et moi, obéissante.

Même si, quelques mois

avant sa disparition, elle avait changé.

-Comment ça ?

-Elle s'était

calmée.

Elle était plus discrète.

Son mariage avec Edouard devait lui faire du bien.

-Vous en êtes sûre ?

-Qu'est-ce que vous insinuez ?

-Camille a déclaré qu'elle avait fui un mari violent.

-Vous plaisantez ? -Vous connaissiez bien

Edouard Saint-Martin ?

-Oui. Il était le fils unique des meilleurs amis

de mes parents.

Il nous a soutenus

jusqu'au bout après que Camille a disparu. Il est

comme un frère pour moi.

Il aimait Camille. Je suis sûre

qu'il n'a jamais été violent avec elle.

-Pourquoi votre soeur aurait menti ?

-J'en sais rien.

-Vous savez où on peut le trouver ?

-Edouard ? Oui, ici, au domaine.

Il l'a jamais quitté.

-Vous faites

des travaux ?

-A la mort de mes parents, on a transformé

une partie du domaine en gîtes pour sauvegarder l'exploitation.

On envisage de nouvelles chambres dans cette aile.

-Un domaine exceptionnel.

-Avec le succès des ventes et le passage des touristes,

il est devenu très rentable. Mais il a fallu travailler dur.

-Quand on est passionné...

-Ou qu'on a le sens du devoir.

-Comment ça ?

-Le parfum, c'était le projet de Camille.

J'avais pas prévu de reprendre le domaine.

J'étais partie faire médecine à Marseille.

A sa disparition, j'ai dû rentrer.

J'étais la dernière du Prisbois et sans descendance.

Accent allemand. -Bonjour.

-Bonjour.

Voilà Edouard.

-Excusez-nous, on a quelque chose à vous dire.

-En fait, Camille a eu un fils.

-J'ai un neveu ?

Excusez-moi,

mais ça fait beaucoup. -Allez-y, je vous en prie.

-M. Saint-Martin ?

Juge Delcourt. On a quelques questions à vous poser.

-Oui, bien sûr. -Sans ça, s'il vous plaît.

-Oui, pas de souci.

Entrez.

On l'a égorgée ?

Excusez-moi.

J'ai l'impression de la perdre une deuxième fois.

-Vous étiez très amoureux d'elle ?

-Y aura jamais personne d'autre.

-Vous aviez pris contact avec elle dernièrement ?

-Comment ça ?

Elle a disparu il y a 15 ans. Je la croyais morte.

-Donc...

aucun contact ?

-Bah non.

-Comment décririez-vous votre mariage ?

Vous aviez des problèmes ?

-Des problèmes... ?

-Des tensions ?

De la violence ?

-Il se passe quoi, là ? Je suis suspect ?

-Répondez, s'il vous plaît. -Camille était la femme de ma vie.

On s'aimait.

Je ne l'ai jamais touchée.

-Alors pourquoi est-elle partie ? -J'ignorais

qu'elle était partie de son propre chef.

Pour moi, elle avait fait

une mauvaise rencontre.

-Où étiez-vous mardi soir, vers 20h ?

-Bah, je...

J'étais ici,

en train de gérer les stocks de pesticides.

-Quelqu'un peut en témoigner ?

-En général, y a personne à cette heure-ci.

Notification.

-Merci. Ce sera tout. Mais il est préférable que

vous ne quittiez pas la région. On y va ?

-Le collège veut pas le garder

à cause de la fièvre. Tu peux te poser dans le bureau,

j'arrive. Vas-y.

-Petit chat, va.

-Bon, qu'est-ce qu'on a ?

-Les relevés du téléphone

de Saint-Martin.

Ces 3 dernières semaines, il a borné plusieurs fois

autour de chez la victime.

-Soit c'est le hasard, soit il ment.

-On le convoque. Sonnerie.

Oui, ma chérie. Ne t'inquiète pas, tout va bien.

Je gère.

...

-Donc j'ai une autre famille ?

Tu comptais me le dire quand ?

-C'était pas à moi de le faire. J'ai respecté le choix de ta mère.

-Le choix de me mentir toute ma vie, ouais.

-Victor, c'est pas... Victor !

-Victor.

Victor...

-Ma mère vient de mourir et...

j'apprends que toute ma vie, c'est du vent.

Comment ils ont pu me cacher ça ?

-Ils ont voulu te protéger.

-Je sais même pas qui elle était vraiment.

Qu'est-ce qu'il fait là, lui ?

-Tu le connais ?

Victor, j'ai besoin

que tu sois très précis.

Quand as-tu vu cet homme ?

-La semaine dernière.

Je vais pêcher le week-end à la rivière. La dernière fois,

il était là. -Tu l'avais déjà vu avant ?

-Non, mais il était sympa,

il m'a donné plein de conseils et m'a même offert un Opinel.

Salut !

Ca va ? -Oui.

-Regarde ce qu'on m'a donné.

-Où t'as eu ça ?

-Un gars m'a donné ça à la pêche.

-Tu peux pas accepter les cadeaux d'inconnus.

-C'est pas une bombe...

-Victor, tu sais pas qui est

cette personne. -Et alors ?

J'ai plus 5 ans.

-Arrête de te comporter

comme un gosse ! -Tu le connais ?

-Peu importe. Ne parle pas à ce type, OK ?

Non, ça, je le garde. -Quoi ?

Putain, t'es cinglée.

C'est la dernière fois

que je lui ai vraiment parlé.

C'est qui, ce mec ?

On aurait dit que ma mère en avait peur.

-Je te dirai tout.

Laisse-nous le temps d'éclaircir

les choses, d'accord ?

-Bouge pas.

Bip.

38,8. -J'ai envie de vomir.

-Ah non. Ah non, attends.

Attends.

Tiens.

-Non, ça va.

Il frappe. -Dis donc, Boris...

Je voulais te demander si t'étais libre pour déjeuner...

Ca va pas, Raphaël ? -Je vais l'emmener

chez le médecin. -Je peux m'en occuper.

-T'as pas des choses à faire ? -Si.

Mais je peux aussi aider mon fils, non ?

-Non, c'est ma responsabilité. -Arrête.

Y a pas de mal

à demander de l'aide, justement, quand on est responsable.

-Bon... T'es sûr ?

-Je me crois encore capable d'emmener

un enfant chez le médecin. -Oui, ça m'arrangerait.

-Eh ben voilà.

Sinon à quoi ça sert, la famille ?

Tu viens, bonhomme ? C'est

papi Vladimir qui t'emmène. Viens.

-A tout à l'heure, Raphaël. -A tout à l'heure.

-Je m'en occupe.

-Je comprends pas ce que je fais là, je vous ai tout dit.

-Vous confirmez ne pas avoir eu de contact avec votre ex-femme

ou sa famille depuis 15 ans ? -Oui.

Je vous l'ai dit.

-Vous avez dit aussi ne jamais avoir battu Camille du Prisbois.

-Or, les constatations du légiste nous sont parvenues.

Il fait état d'anciennes fractures.

De cicatrices.

Ce qui pourrait coller avec

des accusations de violence conjugale.

-Je vois pas ce que ça prouve.

-M. Saint-Martin, votre téléphone a borné plusieurs fois

près de chez la victime.

-Et vous avez contacté son fils quelques jours

avant le crime. -Je sais de quoi ça a l'air,

mais je l'ai pas tuée.

Il y a 3 semaines, j'étais dans un magasin à Aix-en-Provence.

Et j'ai croisé Camille.

Elle était différente, mais j'ai tout de suite su

que c'était elle.

C'était surréaliste.

Alors, je l'ai suivie jusqu'à son exploitation.

C'est là que j'ai vu le garçon.

Il avait une quinzaine d'années.

Et j'ai tout de suite su.

-Su quoi ?

-C'est mon fils.

-Vous êtes sûr ?

-Quasiment.

-C'est pour ça

que vous avez pris contact avec lui ?

-Je pouvais pas ne rien faire.

J'avais besoin de la vérité.

Alors, j'ai donné

mon couteau à Victor.

En espérant que Camille le reconnaîtrait.

-Je t'interdis de parler à mon fils.

-Quinze ans.

Quinze ans, Camille.

-N'approche pas. -C'est mon fils ?

-Son père est celui qui l'a élevé.

-C'est mon fils ? -Je sais pas.

Ca change rien de toute façon.

-Et ton mec ? Il sait qu'il élève peut-être mon fils ?

-Je vais le lui dire.

Mais si tu t'approches de moi

ou de ma famille, j'appelle la police.

C'est fini,

Edouard, je ne me cache plus, j'ai plus peur !

-C'est la dernière fois que je l'ai vue.

-Pourquoi n'avoir rien dit ?

-Ca m'aurait désigné comme le coupable idéal.

-Vous admettez avoir été violent

avec votre ex-femme ?

-On en est venus aux mains quelques fois.

Mais c'était la passion.

Je l'aimais.

-L'amour ne provoque pas de multiples fractures.

-J'aurais jamais cru qu'elle était enceinte de moi.

-M. Saint-Martin,

je vais demander votre placement en détention provisoire.

-Vous avez l'air tendu.

-Mon père est seul avec le petit.

Le médecin a dit que c'était une petite indigestion,

mais j'aimerais savoir si tout va bien.

-Ne vous inquiétez pas. Raphaël doit bien s'occuper de votre père.

C'est pas si mal

d'avoir de l'aide.

Et ça permet à Quiring de faire sa transition en douceur.

-Ca va pas être facile pour lui de tout quitter.

Son travail, c'est sa vie.

-Je suis pas sûre que ce soit son travail qu'il ait

le plus de mal à quitter.

-Edouard Saint-Martin n'a pas pu tuer Lucile.

-Il a un alibi ? -J'ai enquêté

auprès des touristes qui logeaient dans les gîtes,

et il apparaît

sur une photo. Il gérait bien

le stock des pesticides, il était 20h24. Regardez.

C'est lui, là ?

-Oui.

-Bon, je vais lever la détention.

Allez, on reprend tout depuis le début.

-On se tient au courant. -Oui.

M. le juge ?

-Oui ?

-Je crois que j'ai quelque chose.

D'après Edouard Saint-Martin,

Lucile voulait dire à son compagnon

qu'elle avait des doutes

sur sa paternité. Elle l'a appelé en rentrant de Grasse.

Pour lui parler de ses doutes ?

-Le compagnon idéal aurait appris

que son fils n'est peut-être pas son fils ?

Ca, ça nous fait un mobile. -J'ai contacté l'hôtel

où résidait Fabien Eloi. Il est resté à Toulon jusqu'à 17h,

pour sa conférence.

Ensuite, il serait allé dans sa chambre.

Pas de vidéosurveillance dans les couloirs.

Mais d'après l'itinéraire... Regardez.

il avait le temps de faire un aller-retour Toulon la pépinière,

et de rentrer dans sa chambre pour la nuit.

-Hum, hum...

-Donc, son alibi ne tient pas.

-On le sent que les microbes du petit sont encore dans l'air.

-Je ne pense pas que le parfum soit un désinfectant.

-Eh bé, dans le doute...

Allez, bonne soirée.

-C'est juste une indigestion.

Le médecin a dit que ça irait mieux d'ici 48 heures.

-En tout cas, je te remercie.

Maintenant, je vais chercher

un garde-malade. -Non, je reviens demain matin

et je reste avec lui. Je ferai du télétravail.

-Tu as fait déjà beaucoup. -T'as pas confiance ?

-C'est pas la question...

Mais je veux pas abuser.

-Quand comprendras-tu que si tu as besoin de moi,

je serai toujours là pour t'aider ?

-J'ai peut-être encore du mal à y croire.

-C'est agréable, ça.

-Merci, papa.

...

-Oh, mon chéri !

Comme tu as grandi ! Bientôt, tu passeras plus par la porte.

-Il veut devenir basketteur.

-C'est plus pompier ? T'as raison,

la polyvalence, c'est l'avenir. -Hé !

Ca va,

champion ? -Papa !

-Ouais, mon bébé !

Oh là là !

Salut. -Salut.

-On va dans le salon ?

Y a une surprise pour toi. -Ouais !

-Ah, ah, ah ! Génial !

-Viens voir.

C'est quoi, ça ? -Tout est dans son sac.

Je serai joignable, si jamais. -Bien sûr.

-Une surprise !

Et tu la veux, la surprise ? -Oui.

-C'est vrai ?

Tu l'as méritée ? -Ca va, toi ?

-Ca va aller.

J'espère que cette parenthèse va nous faire du bien.

-J'espère aussi.

-Mais bon... -Elle est pour qui ?

-Pour moi. -Oui. Et...

-C'est pas évident.

-C'est quoi, à ton avis ? -Je sais pas.

-Tu viens ici quand tu veux. -Tu veux regarder ?

Tu veux regarder ?

-Merci, Constance. -(Tiens. C'est pour toi.)

-Vous embrasserez Barth. -Oui.

-Pourquoi il a des bottes comme ça ?

-C'est quoi, cette histoire ?

-M. Eloi...

-Victor est mon fils. Ce type vous ment.

-Lucile ne vous a jamais parlé de ses doutes sur la paternité ?

-Non.

Jamais.

-Vous confirmez ne pas être

sorti de l'hôtel, ce soir-là ? -Oui.

-Et personne ne vous a vu ?

-Non.

-Une femme de chambre ? Ou... ? -Non, personne !

C'est un cauchemar !

-M. Eloi, calmez-vous.

-Ma femme est morte.

Le type qui la battait la retrouve et on m'interroge ?

-M. Saint-Martin a un alibi, contrairement à vous.

-Et nous devons explorer toutes les pistes.

Alors, calmez-vous.

-Mais c'est pas vrai...

(C'est pas vrai.)

-Fabien Eloi n'a pas l'attitude

d'un coupable qui brouille les pistes.

-Non.

Si Victor n'est pas son fils, il a un mobile sérieux.

Et pour l'instant, pas d'alibi.

Sonnerie de portable.

-Allô ?

Elisa ?

Calmez-vous.

Calmez-vous, on arrive.

On arrive.

C'est Elisa, l'associée de Lucile.

Fracas. -VICTOR !

... -Pourquoi mon père est en prison ?!

Qu'est-ce qu'on me cache ?!

-Fais-nous confiance.

L'enquête est en cours. On peut rien dire de plus.

-J'ai pas confiance !

C'est bon !

C'est bon...

-Respire. Respire.

Respire.

Victor respire. Ca va ?

-Oui, c'est bon.

-T'es sûr ?

-Mon père n'a pas pu faire de mal à ma mère.

Promettez-moi de le sortir de là.

-On va faire tout ce qu'on peut.

Je te promets.

-J'essaie, mais je suis nulle avec les mômes.

-Victor a de la famille ?

-Du côté de Fabien, non.

Il a voulu contacter la soeur de Lucile qui a refusé

de le voir. -Patricia du Prisbois ?

-Oui. Il voulait connaître sa tante.

Mais c'était pas réciproque.

-J'ai vérifié la vidéosurveillance

du péage sur la route qui mène à la scène de crime,

la voiture de Fabien n'apparaît pas.

-Ca doit pas être le bon suspect.

-D'après Saint-Martin, Lucile était venue le confronter.

L'altercation a eu lieu là.

Devant la grande serre.

-Le bureau de Patricia donne dessus.

-Elle aurait pu assister à la dispute

entre Edouard et Lucile depuis son bureau ?

-Que feriez-vous

si votre soeur réapparaissait subitement

sans même vous faire signe ?

-Si Patricia du Prisbois a aperçu sa soeur ce jour-là,

elle a pu la suivre jusque chez elle.

-Donc, depuis le début, on cherche pas la bonne voiture ?

-Vous comprenez vite. Vous seriez pas flic ?

Clic. -Là.

-C'est la voiture de Lucile.

Clic. -Elle conduit quoi, comme modèle ?

-Une Jaguar MK2.

-Ca va être facile à repérer !

-La voilà !

19h47 !

Ca veut dire que Patricia du Prisbois nous a menti.

-Ou que les retrouvailles entre soeurs se sont mal passées.

-Merci.

-Votre beau-frère a été entendu lors de cette enquête.

-Oui, je sais qu'il a été blanchi.

-Pour l'homicide de Camille, oui.

-Où voulez-vous en venir ?

-Il a reconnu

des violences envers votre soeur.

-Perdon ?

-Nous avons la certitude

qu'il y a 15 ans, votre soeur a fui un mari violent pour sauver sa vie.

-Je côtoie Edouard depuis vingt ans,

il est incapable de faire cela.

-Le corps de votre soeur avait des factures anciennes.

-J'ai fait médecine pendant 2 ans,

j'aurais vu les fractures. -Vous n'étiez pas là.

Vous faisiez vos études à Marseille

quand ils se sont mariés, non ?

-Je peux pas le croire.

-Madame, peu de monde

possède une Jaguar MK2 comme la vôtre.

-Peut-être.

Qu'est-ce que ça a à voir ?

-Comme celle-là ?

-Oui.

Parfois, je la prête aux employés.

-Madame, s'il vous plaît...

-Je l'ai pas crue.

Je croyais qu'elle mentait.

-On a besoin de comprendre.

Il faut nous expliquer. Depuis le début.

-Je l'ai vue.

Ce jour-là, j'étais au téléphone

avec un de mes investisseurs, dans mon bureau.

Je me suis dirigée machinalement vers la fenêtre et...

je l'ai vue.

Elle discutait avec Edouard devant la serre.

Le temps que je réalise

et que je raccroche avec mon interlocuteur,

elle était déjà dans sa voiture.

Alors, je l'ai suivie.

Et là, je me rends compte qu'elle vit à 2 heures de route,

qu'elle a une petite exploitation

et qu'elle a réalisé son rêve.

J'étais sous le choc.

-Patricia...

-On te croyait morte.

Comment tu as pu nous faire ça ?

-Tu sais pas ce que j'ai traversé. -Ah bon ?

Les parents sont morts de chagrin.

Et moi, j'ai dû tout assumer, seule.

Le domaine, la marque, les investisseurs.

J'ai tout sacrifié à cause de toi.

-J'ai pas eu le choix.

-De quoi tu parles ?

-Et elle vous a avoué que son ex-mari était violent ?

-Elle m'a dit qu'elle en avait parlé aux parents,

mais qu'ils ne l'avaient pas crue.

Ils ont pas voulu voir sa détresse,

pour ne pas se brouiller avec les Saint-Martin.

-Ils sont aussi une grande famille dans la région ?

-Oui.

Il fallait sauver les apparences.

Mais Edouard a toujours été charmant,

c'était pas imaginable.

Je te crois pas.

Edouard a été mon seul soutien.

-Il sait se rendre indispensable,

mais il est dangereux.

-T'aurais pu divorcer.

-J'avais peur qu'il me tue.

Mais c'est fini. Je vais porter plainte contre lui.

-On sort à peine la tête de l'eau

et tu débarques avec ces accusations ?

-Edouard m'a retrouvée,

je dois protéger ma famille.

-En détruisant la mienne ? -Patricia...

-Tu t'approches pas.

-Patricia...

Coup.

-Je l'ai laissée là,

comme elle m'avait laissée.

Je suis vraiment désolée.

-Il y a 15 ans,

si vos parents avaient cru Camille,

elle serait sans doute restée.

Et aujourd'hui, si vous l'aviez crue,

elle serait encore vivante.

Musique style western italien.

...

-B-9 ?

-Coulé.

-Ouais ! -N'en fais pas trop quand même.

-C'est normal, t'as pas joué depuis longtemps.

-Surprise !

-Maman !

-Comment tu te sens, mon chéri ?

-Vachement mieux. -Après 4 heures au lit,

il courait partout.

Il a voulu qu'on récupère ma vieille bataille navale.

-Spaghettis bolo, ce soir ? -Trop bien !

J'ai gagné à tous les jeux de société !

-C'est vrai ? -Ouais. Mais en trichant.

-Oui...

Je te remercie, vraiment. -Ouais, c'est

un bon petit gars, mais il triche.

-Oui, bah...

Sinon, ça te dit, les spaghettis bolo ?

-T'es pas obligé.

-Bah non, puisque je te le propose.

-La bolognaise, tu la fais au piment d'Espelette ?

-Oui, si tu veux. -D'accord.

Alors, je cuisine, parce que si c'est pas "al dente",

je digère pas.

Tu viens ? -Oui. J'arrive.

-Ce qu'a fait Edouard est imPerdonnable.

Mais il sera pas condamné, les faits

sont prescrits.

C'est injuste, mais c'est comme ça.

Mais il a un message pour toi.

Il respecte ton refus de faire ce test de paternité.

Mais il voudrait

faire de toi son légataire

s'il lui arrivait quelque chose.

-Il a fait trop de mal

à ma mère. -Prends ça comme une réparation.

-Je vais y penser. Mais quoi qu'il arrive, c'est toi

mon père. -Evidemment.

(Merci.)

Tony pleure.

-Oh... -Attends...

... Attends...

...

(Voilà.) Elle soupire.

-C'est normal qu'il n'arrive pas à dormir.

Les enfants, c'est des éponges.

Il voit que ça va mal. Et il est où, lui ? Je m'inquiète.

-Tu ne devrais pas. Regarde.

-CHUT.

-Chut.

-Mais t'étais où ? -Avec des collègues.

J'ai pas pu vous appeler.

-On est contents de s'occuper de Tony, mais c'est son père

dont il a besoin. -Ca va, là...

-Non. Tu dois faire attention à ton fils.

-De quoi tu te mêles ? C'est pas tes affaires.

-Comment ça ?

Regarde-toi. T'es en pleine régression.

-Maman, stop ! -Il est juste allé

boire un verre. -Oui ! Pourquoi ?

C'est quoi, ma vie,

les études, le boulot, Tony...

J'ai besoin de souffler, de prendre du temps pour moi !

Ca vous dérange ?

J'ai sacrifié ma jeunesse, j'ai...

J'ai peut-être été père trop tôt, je sais pas,

je sais plus, là.

Putain...

-Je suis désolée.

Je savais pas

que c'était si lourd pour toi.

-C'est pas grave, c'est pas grave...

-Voilà, c'est mieux comme ça, non ?

-Perdon.

Perdon, Perdon, Perdon, je vous aime tellement.

Vous êtes les meilleurs parents et grands-parents du monde.

Perdon, je vais me coucher, je suis fatigué.

Je vous aime.

-Nous aussi, on t'aime. -Vous feriez le réveil demain ?

-Oui, t'inquiète pas. -Oui.

-Bonne nuit. Perdon.

-Je me sens bête.

-Il faut lui laisser un peu de temps

et lui faire confiance.

D'accord ?

T'as envie de quoi, là ?

-D'être avec toi.

-Eh ben, tu y es.

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