All language subtitles for La Stagiaire.S06E08

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Original subtitles

...

-Je pars pour la préfecture.

Je suis présentable ? -Tu es magnifique.

-Ce matin, j'ai écrit mes voeux pour samedi. Tu vas adorer !

-J'ai hâte. J'ai reçu un texto

à 2h du mat' d'Alice. Elle était chez Louane.

-Encore ? -Je doute qu'elle soit déprimée.

-Ca sent le nouveau mec. -Sûrement.

-Au moins, lui a un toit, pas comme le steward.

-Mais lui était beau gosse.

-Tu regardes d'autres hommes ?! -C'est juste un plaisir esthétique.

Tu es le seul que je regarde avec amour.

-Je préfère ça. J'y vais.

-(Moi aussi.)

...

-Raphaël viendra pas, samedi, son père le prend.

-Ca s'est arrangé, entre vous ? -Ludovic a reconnu ses torts.

-Vous n'aurez pas à l'affronter. -Ca ne m'aurait pas déplu.

J'ai fait 10 ans de fleuret. "A la fin de l'envoi, je touche".

-Bonjour. -Capitaine.

-Les ouvriers ont trouvé le corps. C'est un commercial d'un promoteur.

La mort remonte à une douzaine d'heures. Pour le légiste,

c'est pas un suicide. Les fenêtres du dernier étage sont ouvertes.

On a dû le pousser.

Massil'Immo m'envoie un responsable.

-Il avait pas ses papiers ? -Non, et son téléphone est cassé.

-Ils sont peut-être là-haut.

-Je pense. Un serrurier déverrouille la porte.

*-C'est bon pour la porte. -On va pouvoir y aller.

Merci.

...

M. le juge, Constance.

Notre victime s'appelle Emmanuel Gaillot, 42 ans.

-Il n'a qu'une photocopie

de sa carte d'identité ? -L'originale doit être à la prison.

C'est un détenu en semi-liberté.

-Un aménagement de peine

pour travailler. -Oui, depuis 3 mois.

-Il devait rentrer avant 20h.

Téléphone. -Oui ?

Très bien, merci.

Le directeur commercial de Massil'Immo est là.

-Vous allez à la prison ? -Je passe par la case départ ?

Je vous le fais monter. -Merci.

-Quand le juge d'application des peines m'a appelé, ce matin,

ça m'a étonné. Je n'imaginais pas que Gaillot ait pu s'enfuir.

Il n'y a jamais eu de souci. -Comment l'avez-vous embauché ?

-Simplement. On a passé une annonce pour recruter un commercial.

La prison des Baumettes nous a contactés. Je l'ai rencontré

et il m'a fait bonne impression. -Pourquoi était-il en prison ?

-Abus de biens sociaux. En tout cas, c'était un excellent vendeur.

-Vous avez remarqué un changement,

chez lui, récemment ? -Non. Peut-être hier matin,

il est arrivé en retard.

-Il est venu ici, l'après-midi ? -Je vérifie.

Mes commerciaux ont un agenda électronique commun.

Oui, c'est ça, il avait des visites de 15h à 18h.

-Il nous faut la liste des clients. -Vous pensez...

-Voyons d'abord son emploi du temps. Qui a-t-il vu en dernier ?

-Une certaine Julie Fabre. Il y a ses coordonnées.

Gaillot avait rendez-vous à 10h, ce matin, avec elle,

ailleurs, dans le quartier.

-On va la faire revenir ici. Merci.

-J'arrive pas à croire qu'il a été tué.

Vous êtes sûr ?

-Vous le voyiez pour la 1re fois ? -Oui.

J'ai appelé au sujet de la résidence et on a pris rendez-vous.

-Comment

vous a-t-il semblé ? -Très commercial. Un peu stressé.

Peut-être à cause des appels qu'il a reçus.

-Bien sûr, d'ici quelques jours, l'odeur de peinture aura disparu.

Les points forts de cette résidence, c'est le calme,

avec tous les avantages du neuf. Téléphone.

Excusez-moi.

Il refuse l'appel.

Où en étais-je ?

Vous avez l'isolation phonique, le chauffage basse consommation.

Mme Fabre...

-C'est sûr,

mais je ne sais pas.

-L'orientation, c'est sud-est. Téléphone.

Vous avez donc

de la lumière toute la journée.

C'est ce que vous avez demandé, non ?

-Ca manque de charme, ces immeubles modernes.

-Si vous aimez l'ancien,

on réhabilite une imprimerie, de l'autre côté de l'avenue.

On peut la visiter demain.

-Demain ? -Oui ?

J'ai un créneau...

à 10h.

Je vous envoie l'adresse par texto.

*Bip message.

Téléphone. Excusez-moi.

-Prenez votre appel.

Je retrouverai la sortie. -C'est gentil. A demain, du coup.

Allô ?

Non, écoute...

-Un élément pourrait aider à identifier son interlocuteur ?

-Non, j'ignore même si c'était un homme.

-Et en partant, vous avez croisé quelqu'un ?

-Non, personne.

Je suis désolée, j'aurais aimé pouvoir vous aider davantage.

-Merci. -Au revoir.

-Salut, maman. Bonjour, M. le juge.

Antoine et Olivier viennent avec leur femme.

-Super. On sera combien ? -34.

-Tu veux

que j'appelle le traiteur ? -Non, je m'occupe de tout.

Bonne journée. -Au revoir.

-Bisou. -J'ai jamais assisté

à un renouvellement de voeux.

-Moi non plus. En fait,

Barth et moi, on va s'engager à nouveau devant nos amis

et nos enfants. -Ils étaient pas là,

à votre mariage. -Pas Alice, mais peut-être Antoine.

Et après, on fait la fête. Vous aimez le rock and roll ?

-Oui.

-C'est passé sur une télé locale il y a 15 jours.

Gaillot parle de son expérience.

*-Je dors en cellule,

*et la journée, je travaille comme tout le monde. En prison,

*on n'a pas d'initiatives, on subit. Là, en semi-liberté,

*j'ai un salaire, un portable. J'ai l'impression de retrouver

*une vie normale.

*-L'aménagement de peine permet d'éviter la récidive.

*Tout est fait pour que la réinsertion des détenus

*se passe au mieux.

*-Etre privé de liberté,

*c'est terrible. Mais la prison m'a fait réaliser ce que j'avais fait.

*Là, je repars de zéro.

*Je veux profiter de la vie.

-Il en aura pas profité longtemps.

-Gaillot avait une société d'installation de cuisines.

Ca marchait très bien pour lui.

Mais il y a 4 ans,

après son divorce, il a vrillé. Il a commencé à jouer au poker.

-Il a dû financer son addiction. -Et ses dettes. Il s'est augmenté,

a fait des chèques en bois. Sa société a été mise en liquidation.

Il a pris 36 mois, dont 18 ferme. -Il a servi d'exemple.

Il lui restait combien de temps ? -5 mois. La vente de sa société

a permis de rembourser quelques créanciers,

et il continuait de les payer.

-Qui l'a appelé lors de sa visite ? -On n'a rien tiré de son téléphone.

Mais Gaillot a reçu un appel, la veille de sa mort, à la prison.

C'était son avocate. Il était furieux.

-C'est une photo

de ses enfants.

Ca date de son divorce. Il faisait des démarches pour les voir ?

-Vous verrez avec Me Lamberti.

Elle a une audience au palais. -Merci.

-M. Gaillot m'a contactée

pour obtenir un droit de visite pour ses enfants.

-Il les a pas vus depuis sa détention ?

-Même avant.

Son ex-femme est extrêmement procédurière.

Mais il a enragé quand le nouveau mari a voulu adopter ses enfants.

-Elle s'est remariée ? -Oui.

Avec l'ex-meilleur ami de M. Gaillot : Thierry Vernant.

-Après la femme, il lui prenait ses enfants : double peine.

-Mais le consentement du père est nécessaire.

Gaillot a dû refuser. -Oui.

Hier, je lui ai dit qu'il perdrait pas son autorité parentale,

mais que Vernant donne son nom à ses enfants lui était inacceptable.

-Il était un obstacle à l'adoption. Comment a réagi le couple ?

-Je sais pas. J'ai laissé un message à leur avocat, hier.

Mon client savait qu'il n'avait pas été un père exemplaire,

loin de là, mais il était décidé à se racheter. Au moment du divorce,

les enfants étaient petits. L'idée qu'ils l'oublient l'anéantissait.

-Merci, maître.

-Je me rappelle le procès de Guyot.

Son attitude était surprenante. Il pensait que son entreprise et lui

ne faisaient plus qu'un. Il n'avait pas l'impression d'avoir mal agi.

Quand le verdict a été rendu, il était totalement...

-Totalement quoi ?

-Sidéré.

-Je croyais qu'elle était déjà partie.

-Elle a son avion cet après-midi.

-On se retrouve au resto ? Ou pas.

A plus tard.

-On s'est dit au revoir hier, mais j'ai oublié de te donner ça.

C'est un exercice de traduction.

Même si je ne suis plus là, tu ne dois pas relâcher tes efforts.

Si tu veux, tu le fais et tu me l'envoies, après.

-Mm...

-T'es plus bavard,

d'habitude. -Euh...

Oui... J'espère que t'as pas abusé des génitifs pluriels.

Je peine sur les déclinaisons.

-Ne te sous-estime pas, Vladimir.

Bon, mon taxi m'attend.

...

-Adieu.

Le génitif pluriel...

Pourquoi j'ai parlé du génitif pluriel ?

Quel imbécile !

-T'as trouvé ce que tu vas dire pour tes voeux ?

-Non. Exprimer ses sentiments,

c'est compliqué.

-Fais simple, comme la première fois devant le maire :

"Oui." -C'est court.

Et j'ai l'impression que Barth est très inspiré. Il faut que j'assure.

Quand il m'a fait sa demande en mariage,

on était sur la plage. Sa demande est arrivée dans une bouteille,

à mes pieds. J'ignore comment il a fait.

-Il est romantique.

-30 ans d'amour !

-Merci.

Nadia a interrogé l'architecte de l'immeuble.

Le jour du meurtre, il était sur le chantier.

Il a entendu Gaillot s'accrocher avec un certain Thierry.

-Thierry Vernant ?

-Vous le convoquez ?

-Oui.

De suite ?

-Bah oui.

-Oui...

-Oui, on s'est vus, avec Emmanuel. Je voulais lui parler.

-Vous avez rusé. A 17h, vous avez appelé Massil'Immo

et vous vous êtes fait passer pour un client.

-C'était plus simple pour savoir où il était.

-Vous vouliez le convaincre

pour l'adoption. -Je voulais m'expliquer.

J'ai toujours connu les garçons. Je suis même le parrain de l'aîné.

-Il n'a pas réagi comme vous espériez.

-Tu croyais que j'allais être d'accord ?

Que j'allais te dire merci ? Plutôt crever ! Tu m'as piqué Sonia...

-Arrête, vous étiez divorcés ! -Tu m'as piqué Sonia.

Mais pour les enfants, je te laisserai pas faire.

Leur père,

c'est moi ! -Ca, ça changera pas.

L'idée est de rendre légale la situation que je vis au quotidien.

Si je dois prendre des décisions... -Il y a Sonia pour ça.

Tu veux être papa ?

Fais un gosse.

Ah non, j'oubliais, tu peux pas, t'as rien dans les couilles.

-Depuis 4 ans, c'est moi qui les nourris,

les aide pour les devoirs, les console.

-Arrête les violons. Vous m'avez exclu de leur vie.

Mais ça, c'est terminé. Je vais récupérer mes enfants.

-T'as une poussée de fibre paternelle ? Tu seras là

pour les anniversaires ? Tu joueras plus au poker avec leur livret ?

-T'as décidé que je devais passer ma vie à payer pour mes erreurs ?

-Le respect, ça se mérite.

-Ca t'arrangerait, que je te casse la gueule.

Mais je risquerai pas ma liberté.

Dégage, j'ai du travail.

-Alors j'ai dégagé.

-Vous n'avez pas insisté ?

Vous auriez pu l'attendre. -Non,

je suis rentré chez moi. -Directement ?

-Oui.

-Pourquoi vous avez mis 2 fois plus de temps

qu'il n'en faut ?

-Il y a eu un accident, près de la Joliette.

-On va vérifier. Autre chose : d'après votre portable,

à 18h02, juste après votre conversation avec M. Gaillot,

vous avez appelé votre épouse.

Pour la tenir informée ? -Vous lui avez dit où le trouver ?

-Sonia n'a rien à voir avec sa mort.

Elle était pas en ville. -M. Gaillot a reçu des appels

l'ayant contrarié.

-C'est pas elle. On n'a même pas son numéro.

Et puis on voulait procéder différemment.

-C'est-à-dire ?

-J'ai pris rendez-vous avec le juge des affaires familiales.

On envisage le procès

pour forcer l'adoption.

On frappe à une porte. -Entrez.

-Le GPS de la voiture de Vernant a confirmé ses déclarations :

il était sur le viaduc de la Joliette à 18h15.

-Et sa femme ? -Elle ramenait les enfants

au domicile.

-Et qui a appelé Gaillot lors de sa visite ?

-C'est un portable prépayé, donc pas d'identification possible.

C'est ce numéro. Il revient plusieurs fois dans l'après-midi

et aussi depuis 3 mois.

-Ca sent le business illégal.

Trafic de drogue ?

-Quelqu'un qui veut rester discret. -Un codétenu de Gaillot ?

-On n'a rien de ce côté-là. Mais on a des précisions sur le meurtre.

On a repéré des traces de brûlures sur le thorax.

C'est probablement un Taser de ce type.

Ca fonctionne par contact. -Le meurtrier l'a affaibli

avant de le pousser dans le vide.

Merci, Fanny. -Il faut chercher

une femme,

dans l'affaire.

-A cause du Taser ? C'est sexiste.

-Y a pas que ça,

Gaillot tenait des comptes précis de ses dépenses.

-Il avait pris

de bonnes résolutions.

-Il a acheté 2 fois des fleurs.

Et il y a eu quelques cocktails partagés.

-Il voyait quelqu'un ? -Sûrement dans les appartements.

-C'est moins cher que l'hôtel et plus discret.

-J'ai repris l'agenda des commerciaux.

Gaillot planifiait ses rendez-vous

le mardi et le jeudi. Cette femme devait le retrouver après.

Ils allaient à la brasserie avant le retour en cellule.

-Est-ce qu'ils se sont vus le soir de sa mort ?

-J'ai parlé à la serveuse. Gaillot venait en fin de journée,

*avec une femme. -Elle l'a décrite ?

-Oui. Séverine Weber, la conseillère d'insertion

*de la prison.

-C'est de l'accompagnement personnalisé.

-La serveuse les a vus, ce jour-là ?

-En début d'après-midi.

*Il n'a rien commandé, il est parti, et elle l'a suivi.

-Vérifiez son emploi du temps. Merci, capitaine.

-Regarde, j'ai trouvé les nappes de tata Jeanne.

-Je les avais rangées,

j'espérais pour toujours.

-On peut les mettre sur la table.

On peut changer, mais c'est plus joli que des nappes en papier.

-Non, c'est très bien.

Ce matin, j'étais sur la terrasse,

et je t'ai vue avec XL.

J'ai fait la même tête.

Je me doutais de quelque chose. T'étais moins pressée de partir.

-Il y a un mois, je le calculais même pas.

Mais entre nous, il y a un super feeling, et physiquement, c'est...

-Epargne-moi ça.

-On comptait vous le dire après la fête.

Il faut que je le dise à papa ? -Oui.

-Je croyais que le DJ animerait la soirée.

-Non, il me prête le matos, et je vous ferai danser.

-J'adore danser.

-Papa, il faut que je te parle. -Quoi ?

T'as une nouvelle idée écolo pour la soirée ?

-Non... -Quoi ?

-XL et moi,

on est ensemble.

-Oui... Ca nous plaisait pas d'avoir à vous mentir.

-Ou de se retrouver en cachette.

Papa...

-Oui.

Très bien. Bah maintenant, je sais.

Tu sais aussi. C'est parfait.

Je suis content pour vous.

-Moi aussi.

-C'est super. Mais on arrête de parler de nous.

"Ze couple", c'est vous !

Je vais chez le fleuriste.

Tu viens avec moi ? -OK, ouais.

Ne tardez pas trop

pour la playlist.

-Tu sais depuis quand ?

-Ce matin. Je les ai vus dans le jardin. Je comptais t'en parler.

Mais comparés à ses autres chéris, avec lui, y a pas photo.

-C'est sûr, lui est plus adulte. Trop adulte.

-Oui.

-"Ce passage entre nous

"était avec moi."

Quel charabia !

Tu m'as surestimé, Milena.

Allez, Vladimir, petit-fils d'Igor Dimitrilevich,

tu peux le faire !

"Ce passage..."

Elle m'en a parlé, de ça. "Passage"...

C'est pas "passage".

Ah oui, "ces moments".

"Ces moments avec nous... entre nous. Ces moments entre nous

"ont été..."

Propos en russe.

"Mémorables".

"Inoubliables".

Mais oui, bien sûr ! "Ces moments avec toi

"ont été inoubliables."

Inoubliables.

-On peut pas arriver chez les Meyer les mains vides.

Ils ont pas déposé une liste ? -Pour un remariage ? Je crois pas.

-Ou une cagnotte ? -Non,

c'est juste pour faire la fête. -Je suis pour.

(Boris.)

-(Oui.)

(Quoi ?)

Ronflements.

...

-M. le procureur.

...

-Papa.

-Ah !

Qu'y a-t-il ? Il est quelle heure ?

-Il est 8h30. T'as dormi ici ?

-Oui. J'ai commencé à traduire mon exercice de russe. C'était ardu.

Et je sais pas,

j'ai dû m'endormir. C'est ce matin que je vois

le président du tribunal ? -Oui, dans une demi-heure.

-Faites-moi un café. Double. Non, triple.

Heureusement, à circonstance exceptionnelle,

solution adaptée. J'ai mon kit de secours.

-Tu veux du sucre ? -Jamais de sucre !

-Installez-vous ici, je reviens.

La conseillère pénitentiaire avait 2 portables,

dont un prépayé. -C'est elle qui a appelé Gaillot ?

-Elle l'utilisait pour l'appeler. Sortir avec un détenu,

c'était risqué.

Elle l'a harcelé toute l'après-midi.

-Ils se sont disputés.

Il répondait pas à ses appels. A mon avis, il voulait rompre.

Mme Weber, vous pouvez me suivre ?

Ca va pas ?

-J'ai chaud. Je peux aller me rafraîchir ?

-Bien sûr. C'est là.

-Elle a mauvaise conscience, non ?

-Depuis quand durait votre liaison avec Emmanuel Gaillot ?

-6 mois. Je me suis chargée de son dossier. Je sortais d'un divorce.

Lui se sentait abandonné. On a eu un coup de coeur.

-Quand il a été embauché chez Massil'Immo,

vous vous êtes vus plus librement.

Des mardis et jeudis, dans l'immeuble. Et à la brasserie,

en fin de journée. -Mais le jour de sa mort,

vous lui avez proposé de prendre un café après le déjeuner.

-J'avais envie de le voir.

-Mais votre rendez-vous

a tourné court.

-C'était des broutilles. -Vous pouvez être plus précise ?

-La semi-liberté, c'est délicat. Il avait du mal à gérer.

-Surtout quand vous lui avez annoncé votre grossesse.

Cette façon

de protéger votre ventre,

cette bouffée de chaleur. Ces signes ne trompent pas.

-Quand j'ai vu les résultats, j'avais hâte de lui dire.

Mais il m'a dit

que c'était pas le bon moment.

-Là, je sais pas quoi te dire. Téléphone.

Désolé, je dois retourner bosser. -Attends.

Je comprends.

Tu veux récupérer tes garçons.

Qu'on ait un enfant n'empêchera rien.

-C'est pas possible. Je suis taulard, et toi, tu bosses là-bas.

-Tu sors dans 5 mois.

D'ici là, je cacherai ma grossesse. Et je changerai de boulot,

on démarrera une nouvelle vie.

-Toi et moi, c'était au jour le jour.

J'ai jamais envisagé de...

-Quoi ?

De rester avec moi ?

-Non. -Je te rappellerais trop la prison.

J'étais juste là pour te trouver un boulot et puis baiser ?

-J'ai toujours été sincère avec toi.

Mais là, tout se bouscule dans ma vie. Je sais plus où j'en suis.

-Ca peut pas se finir comme ça. -Je suis désolé.

Perdon.

-Vous n'acceptez pas cette rupture.

Vous le suppliez,

mais il répète qu'il ne veut pas de cet enfant.

-Il fallait qu'il réfléchisse.

-Où étiez-vous quand il a répondu ? -Chez moi.

-Vous avez quitté votre poste

une heure plus tôt que d'habitude. -Oui, je me sentais pas bien.

-Vous saviez où il était.

Vous l'avez rejoint après sa visite.

-Non.

Non, j'y étais pas.

J'ai pas tué Emmanuel. Je l'aimais.

-Vous êtes en garde à vue le temps de vérifier vos déclarations.

-C'est pas elle. On n'a pas retrouvé de Taser,

ni de trace d'achat. -Elle a pu l'acheter en liquide

et s'en débarrasser.

-Cette rupture l'a surprise. Elle l'aurait acheté après la dispute ?

-Ou elle l'avait déjà.

Si je travaillais en prison, j'aurais un Taser.

-Et face à lui, elle perd le contrôle.

-Bah oui, les hormones,

ça chamboule. -Je la vois pas

tuer le père de son enfant.

-Je vous comprends, mais on n'a rien d'autre.

-Eh oui.

-Alice et XL ? Elle a pas été le chercher loin. Qu'en pensez-vous ?

-Rien. On a été surpris. -De toute façon, dans une semaine,

elle l'aura largué. -Pas sûr : elle semble amoureuse.

-Ah ouais ?

-Ca va ?

-Ca va. J'ai une galère avec un client.

On peut repousser notre déjeuner ?

-Oui. Vas-y, va travailler. -Merci.

-A tout à l'heure. -C'est M. Meyer.

Je viens d'avoir votre texto.

C'est ce samedi, la réception, pas samedi prochain.

Comment ça, vous vous êtes gouré de date ? J'ai 34 invités à nourrir !

-L'alibi de Mme Weber est confirmé. Un voisin l'a vue rentrer à 18h30.

-Avant son dernier appel à Gaillot. -Et sa voiture n'a pas bougé.

-J'ai peut-être une piste. Une lettre de Gaillot

destinée à l'un de ses ex-fournisseurs,

Michel Giro. Il s'y excuse de l'avoir entraîné dans sa chute.

-Et les notes en rouge ? -C'est la réponse express de Giro.

-"2 ans de taule, c'est pas cher payé..."

Express et menaçante. Gaillot l'a reçue quand ?

-Il y a 2 jours. On l'a trouvée dans le sac de Séverine Weber.

-J'avais récupéré son courrier à la prison.

Je voulais lui donner à la brasserie.

-Il a écrit aux gens qu'il avait lésés ?

-Oui.

Au procès, il était dans le déni. Et en prison, il a...

pris conscience des dégâts qu'il a causés.

Il voulait s'excuser. -Combien de personnes

a-t-il contacté ?

-Une douzaine. Les lettres sont sur mon ordinateur.

-Il a reçu d'autres réponses ? -2 ou 3, je crois. Du même genre.

-Le courrier a pu réveiller le ressentiment d'une de ses victimes.

-Nadia va vérifier où ils étaient au moment du meurtre. Merci.

-C'est pas toujours simple de se racheter.

-Emmanuel était décidé à repartir du bon pied. Je l'aurais convaincu

pour l'enfant. On y serait arrivés, tous les trois.

-J'en suis sûre.

-Le liquidateur judiciaire nous a donné rendez-vous ici ?

-Il fait l'inventaire de cette entreprise en faillite.

Certains ont toujours du travail.

M. Moureau ? -Oui.

-Je suis Constance Meyer. Le juge Boris Delcourt.

-La liquidation Gaillot ? Je me souviens.

Son affaire marchait bien. Tout foutre en l'air ainsi, quel gâchis.

-Est-ce que l'un de ses créanciers aurait pu se venger ?

-Non. Lui mettre son poing dans la figure, je dis pas, mais le tuer...

-Michel Giro,

le fournisseur de bois, l'a traité de "crevure".

-Et alors ? Chien qui aboie ne mord pas.

Il en manque un. C'est pas lié à la faillite,

mais Gaillot en a arnaqué un autre. -Arnaqué ?

-Pour payer ses dettes, il a vendu la maison héritée de ses parents,

sauf qu'elle était dans les actifs de la liquidation. La vente

était illégale.

-Et l'acheteur ?

-Il a perdu la maison et l'argent investi,

soit les économies de toute une vie.

Je l'avais informé de son expulsion.

-Il avait aucun recours ? -Non, il n'était pas prioritaire

pour être indemnisé. -Quel est son nom ?

-Lamarre. Pierre Lamarre.

Mais il peut pas être votre meurtrier :

il s'est suicidé.

-Il a annulé tous ses rendez-vous ? -Je dois plus lui passer d'appels.

l a vidé le distributeur de bonbons.

-Il déteste le sucre. -Le départ de Milena le déprime.

-Un seul être vous manque, et tout le palais est dépeuplé.

-Quand Milena m'a dit adieu, j'ai réalisé que j'avais pour elle

des sentiments. Et j'ai traduit son texte.

En fait, c'est une lettre...

dans laquelle elle parle des...

des moments inoubliables qu'on a passés ensemble.

Vas-y, tu peux lire. Vas-y, il n'y a rien de particulier.

-Elle partage donc les mêmes sentiments. Appelle-la.

-Non, c'est trop tard. Elle est à Moscou.

Elle a retrouvé sa vie, ses amis. J'y ai pas ma place.

C'était une parenthèse enchantée.

-Rien ne t'oblige à la refermer.

T'as peur de lui dire

que tu l'aimes, de ce que ça changerait dans ta vie ?

-C'est plus simple de se complaire dans des tourments

dignes d'un adolescent. -Où sont passées

tes bonnes résolutions ? Tu voulais vivre à fond.

C'est ce que t'as dit.

Alors vas-y, fonce ! C'est le moment de te lancer.

-Est-ce que j'en suis capable ?

-Nadia vérifie les alibis des créanciers, mais ça ne donne rien.

-C'est qui, lui ?

-Pierre Lamarre, l'acheteur de la maison.

-Il ne s'est pas suicidé ? -l est dans le coma.

C'est troublant car il s'est jeté par la fenêtre de son appartement.

-Une autre victime a été défenestrée ? Un proche de Lamarre

l'aurait vengé de Gaillot ?

-J'y ai pensé, mais il est veuf, sans enfants.

Il est à l'hôpital, on pourrait passer le voir.

-Vous espérez le faire parler ? -Vous en doutez ?

-Excusez-moi. Où se trouve la chambre de M. Lamarre ?

-C'est la chambre 106, là-bas.

-Merci.

-M. Lamarre

est en état de mort cérébrale. Ses fonctions vitales

sont maintenues artificiellement. On envisage de le débrancher.

-Reçoit-il de la visite de la famille, des amis ?

-Juste son épouse.

-Mais M. Lamarre est veuf.

-Elle s'est présentée ainsi. Elle vient tous les jours.

Elle est partie il y a peu.

-A quoi elle ressemble ?

-C'est elle.

Avec... son mari.

-Je demande à Nadia de l'arrêter. -Attendez, j'ai une idée.

Vous avez ses coordonnées ?

...

-C'est vous qui m'avez appelée. Il n'y a aucun souci avec son dossier.

-Non. Je me suis fait passer pour quelqu'un d'autre, comme vous.

-Votre rendez-vous avec M. Gaillot

ne devait rien au hasard. -Vous ne cherchiez pas un logement,

vous l'aviez trouvé et perdu à cause de lui.

-Pierre adorait ce mas.

Il l'appelait "La maison de notre 2e vie".

J'avais 18 ans quand on s'est rencontrés.

C'était l'homme de ma vie. Je ne l'avais pas compris.

Il y a 2 ans, quand sa femme est morte, Pierre m'a recontactée.

C'était comme si on s'était quittés la veille. On était si heureux.

Et on a été expulsés. On s'est retrouvés dans un studio,

sans argent. Pierre ne s'en est pas remis.

Un soir où j'étais pas là,

il a...

Je voulais faire payer Gaillot. J'attendais qu'il sorte de prison.

-Et vous l'avez vu à la télé. -Il était souriant,

à l'aise.

Il parlait de l'avenir.

-Et une fois avec lui, vous avez attendu le bon moment.

-J'écoutais pas son baratin. Je voulais qu'il meure.

-Du coup, je vous dis à demain.

Allô ? Non, écoute...

Il faut que t'arrêtes. Je suis en train de bosser.

-Mais c'est pas si facile de tuer un homme.

Alors j'avais renoncé.

Et ce qu'il a dit quand il est revenu dans la pièce,

ça a fait remonter ma colère. -Vous êtes encore là ? Finalement,

il vous plaît, cet appart'.

Vous avez raison. C'est l'idéal pour une femme seule.

-Seule ?

Oui,

c'est ça. Je suis seule.

A cause de vous.

-Je... Je comprends pas. -Vous vous rappelez M. Lamarre ?

Il a acheté votre maison.

A cause de vous, il a voulu mourir. Depuis, il est dans le coma.

-Je... Je savais pas. Je suis...

-Vous êtes une ordure.

-J'avais besoin d'argent.

-Non, vous n'avez pensé qu'à vous.

Pierre va être débranché, mais avant, je l'aurai vengé.

-Il faut...

Violent impact.

-Les années qu'on avait à vivre,

tous les deux, il nous les a volées.

Il ne méritait pas une 2e chance.

-Mme Fabre, la police va venir vous interpeller.

-Laissez-moi juste lui dire adieu.

...

-Ca va ? Je vais chez le coiffeur.

-Oui, je finis la déco. -J'ai le matos. Je m'installe où ?

-Dans le jardin. -OK !

Ca va ? -Mm mm.

-Qui a des nouvelles d'Antoine ? Il répond pas à mes textos.

-Il est parti chercher les pitas. -Les pitas ?

-Mais il va pas tarder.

-On avait dit petits fours.

-Le traiteur a confondu les dates. Antoine a dû en trouver un autre.

Mais ça sera bon. -Il y aura un gâteau ?

-Oui, t'inquiète pas. Va chez le coiffeur.

-Tout se passera bien ?

Tout se passera bien.

-Ca va, papa ?

Court-circuit. -Oh merde !

Les plombs ont sauté. -Ca doit être mon matos.

Il y a peut-être une surtension. -Une surtension, ouais.

-Je vais relancer le disjoncteur. -Non, tu touches plus à rien.

-OK, je suis désolé. -Comment t'as pu me faire ça ?

-OK, on parle plus du disjoncteur, là.

-Tu sors avec Alice et tu viens dîner ici.

T'as bien caché ton jeu. Je croyais que t'étais mon ami.

-C'était pas calculé.

-Ca booste ton ego de sortir avec une gamine ?

-Merci, papa.

T'es pas content pour nous ? -Non, je suis pas content du tout !

Je pense à toi. Vous avez 20 ans d'écart.

Tu vas passer à côté de ta jeunesse

et rester coincée avec lui. Et bientôt,

il aura besoin d'une infirmière. Tu lui feras ses piqûres.

-Le seul vieux, c'est toi ! T'es un vieux con.

-Allons nous préparer.

-Non, t'es plus invité. Tu ramasses ton matos et tu dégages !

Bonne soirée. On essaiera de pas faire trop de bruit.

-Que se passe-t-il ? -Papa a foutu XL dehors,

alors je m'en vais. -Vous êtes sérieux ?

C'est la fête de l'amour, et vous vous engueulez ?

Je comprends pourquoi maman est partie.

-Comment ça, "partie" ? -Je viens de la croiser.

-Merde...

Alors elle a tout entendu ?

Messagerie.

Oui, mon coeur... T'es où ? Rappelle-moi. A tout de suite.

-Bravo !

Un téléphone sonne.

...

Elle rédige un texto.

*Bip message.

-C'est elle.

"Je reviendrai quand vous serez calmés."

-C'est bon, vous êtes calmés, là.

Réponds-lui.

-Je vous demande Perdon. Je suis désolé.

C'est pas moi, ça.

J'étais sûrement tendu avec la soirée,

et c'est sorti.

Pourquoi vous ne m'en avez pas parlé ? Vous me pensiez

incapable de comprendre ? -On savait pas où ça allait.

Et c'est devenu compliqué car vous êtes potes.

-Oui.

Et notre amitié compte pour moi.

J'ai pas envie que ça change entre nous.

-On efface tout ?

J'y vais.

-Merci. -Elles sont belles.

-Ca va leur plaire, non ? On aurait dû les faire livrer. A vélo,

ça va être dur. Téléphone.

Prends-le.

Un appel vidéo de Quiring. Il progresse !

Salut. *-Salut, Boris. Bonjour, Solène.

-Ca a l'air d'aller mieux. C'est quoi, ce raffut, derrière toi ?

*-Je viens d'atterrir à Moscou.

-Que fais-tu en Russie ? *-J'ai suivi tes conseils.

*Je vais parler à Milena.

-Je pensais plutôt à un coup de fil.

Tu lui fais la surprise ?

*-Oui. Sans toi, j'aurais pas franchi le pas.

*Propos en russe.

-Je l'aurais jamais cru capable de faire un truc pareil.

Boris.

-Je t'aime.

-Moi aussi. -On le dit jamais assez.

Et je te le dis jamais assez.

Est-ce que tu veux bien m'épouser ?

-Oui.

-On s'est calmés, tu peux revenir.

Je voulais un moment rien qu'avec toi.

Je me doutais que tu serais ici.

Je me suis comporté comme un imbécile.

-Oui. -Grâce à ta fugue,

j'ai parlé à Alice et XL.

-Il faut que tu comprennes que ta fille a grandi.

Fais-lui confiance.

Alors là, tout est raccord : toi, moi, la plage.

Mais là, c'est toi qui as apporté la bouteille.

Tu as mis tes voeux dedans ? -Non.

Rien que des bulles.

-Et si on renouvelait nos voeux ici, juste toi et moi ?

-Oui, mais...

En fait, j'ai écrit un poème sur ton prénom,

et je le connais pas par coeur.

-La première fois que je t'ai vu, j'ai eu le souffle coupé.

J'avais des papillons dans le ventre.

Tous les gens

avaient disparu. Il ne restait plus que toi.

Barth, tu veux bien continuer

à faire danser les papillons ? -Oui.

Jusqu'au bout de la vie.

...

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