All language subtitles for La Stagiaire.S06E07

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Original subtitles

...

-Y a une fabrique d'huile d'olive, sur l'île.

Souvenirs... -Notre oliveraie, c'est si loin !

-"Huile d'olive Ziegler", ça te dit quelque chose ?

-Rien du tout.

Une seule huile d'olive compte.

C'est l'huile des... -MEYER.

-Ah là là, le soleil, la mer, mon petit mari rien que pour moi !

-Depuis quand on n'était pas partis que tous les 2 ?

-A notre voyage de noces. On était restés dans la chambre.

-Si, une fois, on a pris un verre au bord de la piscine.

T'as la mémoire courte ! Elle rit.

-Excellent séjour !

Je ne reviens vous chercher que dimanche.

Au pire, revenez

avec la petite barque.

-En cas de dispute, j'hésiterai pas.

-Ah !

Elle rit.

Que c'est beau !

Ca alors, ce couple,

on dirait...

...

-Drôle de coïncidence !

-A mourir de rire.

-Ludivine Ziegler.

Bienvenue sur notre île déserte.

-"Déserte..."

-C'est magnifique !

-Il n'y avait qu'une ruine. Mon mari et moi avons tout rénové.

-C'est très réussi. Hein, chéri ?

-M. et Mme Meyer ? Vous êtes les derniers, la 114.

-Merci.

-Bienvenue à tous !

Je voulais

vous accueillir à l'arrivée,

mais nous ouvrons,

il reste mille détails à régler.

Je suis Victor Ziegler,

je dirige cet hôtel. -Je vais

t'attraper,

petite sirène des Balkans !

Rires.

Qu'est-ce que vous faites ici ? Un problème au palais ?

-Et toi, tu viens parfaire ton âme slave ?

-Mais vous restez pas tous ici ? -Ce week-end,

vous êtes les seuls clients. Vous serez tranquilles.

-Tranquilles ? Avec eux ?

-Permettez-moi de vous présenter nos 2 fidèles

collaborateurs,

David Luosi, notre gérant...

-Bienvenue.

-Et Ali Koné,

concierge, mais aussi agent de maintenance,

barista... Un vrai couteau suisse.

-Ils sont jolis, vos bracelets.

Ca vient d'où ?

-De chez moi, la Côte d'Ivoire.

Ca porte chance. -J'aurais dû en prendre un stock.

-Vous verrez qu'ici, c'est un véritable havre de paix.

-Bon. Constance, 114.

Ces cintres m'agacent !

-T'as l'air tendu, mon coeur. -Pas du tout.

Mais, pour notre anniversaire de mariage,

je m'attendais pas à voir tes collègues de bureau.

-Moi non plus.

-Ni à débriefer leurs histoires de coeur.

-On va descendre dîner, ça va nous détendre.

-Avec procureur et compagnie,

non, pitié !

Je t'en supplie.

Faisons-nous un room service.

-Mais on va rater

le menu gastronomique méditerranéen !

En tête-à-tête.

-Imagine le même menu, en tête-à-tête,

mais sous la couette.

-T'as gagné. Appelle-les.

-J'en étais sûr. On frappe.

-Milena ? -J'ai réservé une table

pour nous tous.

Vous venez, hein ? -D'accord.

-A tout de suite.

-Je sortirai pas d'ici.

-Installe-toi. Assieds-toi...

-Bonsoir ! -Bonsoir, Meyer. Bonsoir, monsieur.

-(Souris un peu.) -Je fais que ça.

-C'est plus sympa que chacun dans son coin,

non ? -Vous avez bien fait, Milena.

-Barthélémy, mettez-vous

face à Vladimir, pour discuter.

-M. le procureur préfèrerait voir son fils.

-Non, allez-y, Barth,

je vous en prie.

Tu te mets là ?

Quelqu'un approche.

-Bonsoir à tous.

-BONSOIR. -Je suis Eléonore,

votre cuisinière.

Un apéritif ? -OUI !

-S'il vous plaît. -Je vous ai préparé quelque chose.

Elle soupire.

Rires.

-Et le procureur se lève : "Mesdames et messieurs les jurés,

"il a tué ses parents, je demande une peine exemplaire."

Là-dessus, l'avocat répond :

"Mesdames et messieurs les jurés, je réclame votre indulgence :

"n'oubliez pas qu'il est orphelin."

Rires.

...

-Vous racontez

bien !

-Vous trouvez, vous aussi ?

-Bonsoir !

-Bonsoir.

Tout s'est bien passé ? -Oh là !

-Super. -Formidable.

-On s'est régalés.

-Eléonore est notre botte secrète.

Merci pour elle, je transmettrai.

Bonne fin de soirée. A demain.

-MERCN !

Elle rit.

...

-Mon chéri, on monte ?

-Déjà ? Non ! Encore un peu, on est bien, là !

-Faut profiter de notre joli cadeau.

-On y va aussi ? -Oui.

-Mais tout le monde s'en va ! Oh !

Bon, allez ! -Mme la Présidente.

M. le Procureur !

-Non ! Ce week-end, appelez-moi Vladimir.

-Je pourrai pas. -Si !

Appelez-moi Mimir !

Rires.

Vous êtes jamais monté sur une autruche ?

-J'ai arrêté en 74.

...

-Chut !

Rire. -Allez, bonne nuit !

Chut ! Bonne nuit !

-J'ai pas la...

-Y a que nous...

-Hé ! Bonne nuit ! -Bonne nuit.

-(Hé ! J'ai acheté une nuisette.) -"114." Je m'en fous.

C'est loin... -Non, elle est là.

-C'est parti, mon kiki !

-Bonne nuit ! -Oui ! Bonne nuit !

-Salut, Mimir !

Rires.

...

La porte se ferme.

Il frappe.

Grésillement.

-J'ai jamais vu mon père comme ça.

-Ca doit être l'amour.

T'as vu comme il regardait Milena ?

-Que cherche-t-elle avec lui ? -Comment ça ?

-Ben... Elle est plus jeune que lui...

C'est une belle femme...

-Donc elle est forcément intéressée et malhonnête ?

C'est macho, ce que tu dis.

-Ca va, je t'en prie ! -J'aurais jamais cru ça de toi.

-C'est peut-être parce que des femmes m'ont déçu,

récemment.

-Ah, d'accord !

Je me suis laissée embrasser par Ludo,

donc toutes les femmes mentent ?

-Tu délires, là ! -Non, j'ai très bien compris.

Si tu veux ressasser cette histoire toute ta vie, vas-y !

Moi, j'avance.

Il ronfle, elle siffle.

...

Vent, ressac.

Il ronfle.

...

Ah !

...

Eclats de voix masculine et bruits de verre, tintements.

...

Claquement de porte.

Il se réveille et se rendort en silence.

Ressac.

...

Une cloche sonne deux coups.

...

Grillons.

...

Chants d'oiseaux.

-T'as pris le café ?

-J'ai.

Bonjour, Boris. -Bonjour.

-Bonjour. Vous êtes tombé du lit ? -Du canapé.

-Ho ho !

-Tiens.

-J'avais pas aussi bien dormi

depuis des années ! -Ah...

Elle bâille.

-Ca va pas, mon coeur ? -Si, ça va.

-Tes problèmes de sommeil durent depuis trop longtemps.

-On se demande pourquoi. -Quoi ?

-Rien. -Salaud !

Elle pleure.

-Vous avez un problème, Mme Ziegler ?

Il est parti ?

-Quel lâche !

Excusez-moi.

Cet incident ne doit pas gâcher votre séjour.

Faites comme s'il s'était rien passé.

-Y a un problème ?

-Ca a le mérite d'être concis.

-Quel choc pour elle ! Partir

la nuit, avec une barque ! -Pas de quoi

déclencher une information judiciaire.

-Ca m'étonne d'un type

comme lui. Mauvaise pub pour l'hôtel.

Vibreur. -Solène dit que David, le gérant,

nous propose de nous faire faire un tour de l'île. Vous venez ?

-Non, parce qu'on a tai-chi.

-Oui.

-D'accord.

Je préviens les autres au sujet de Ziegler,

ça évitera les gaffes.

-Tai-chi ? T'as rien trouvé d'autre ?

-Je veux juste vérifier quelque chose.

-Les rames sont dans le hangar,

alors comment a-t-il pris le large ?

-Sans réserve d'essence.

-On l'aurait entendu s'il avait démarré le moteur.

-Peut-être qu'il a pas démarré, pour pas éveiller l'attention.

C'est coupé

au couteau.

Et c'est récent, tout propre.

-Pourquoi il l'a pas simplement dénoué ?

-Pour rejoindre ma maîtresse,

je préparerais mieux mon évasion.

Si j'étais pas amoureux de ma femme.

Il a quand même écrit cette lettre.

"Je pars." -Tu connais son écriture ?

-Sa femme, oui. Il faut la croire,

non ? -Ou pas.

-L'île est une sorte de réserve naturelle.

On fait tout pour protéger la biodiversité.

-Regardez la mer !

Quelles couleurs ! -On y trouve encore

des espèces protégées : cigale de mer, oursin diadème.

Vous allez peut-être en voir.

-Ca me gêne un peu, devant les autres.

-De l'eau dans le gaz ?

C'est comme ça qu'on dit en français, non ?

-Pourtant, je fais des efforts. C'est inutile.

-Si vous êtes comme votre père,

vous avez du mal à exprimer vos sentiments.

-On se ressemble tant que ça ?

-Vivre une histoire à long terme est une chance.

Prenez-en soin.

-Vous, avec mon père, c'est du court terme ?

-Je pars à Moscou

dans une semaine.

Un poste que je ne peux pas refuser.

Puis, à nos âges,

les relations à distance...

Bon, on les rejoint ?

Et là, vous construisez une nouvelle annexe ?

-Non.

C'est l'ancien moulin à huile

qu'on veut remettre en état.

C'est un bâtiment historique. -Pourquoi la production a cessé ?

-Complexe du dessèchement rapide des oliviers.

On a dû replanter.

Dans le passé, les habitants de l'île

leur prêtaient des pouvoirs magiques,

comme celui de garantir l'amour éternel.

-Ca a pas marché pour Victor et Ludivine.

-Je connais Victor.

Il sera vite de retour, croyez-moi.

-Tu vas être fière de moi.

La première page du livre d'or de l'hôtel, par Victor Ziegler.

La lettre d'adieu,

écrite par le même Victor Ziegler.

Alors ?

-Je suis pas

graphologue. -Ah bon ?

Dis-moi ce que t'en penses.

-Ben...

Les N...

Là, ça fait

comme une petite vague.

Et là... Pas.

La barre du T, elle penche un peu.

Et là, elle est détachée.

-Donc ce n'est pas V. Ziegler qui a écrit la lettre d'adieu.

Voire, il n'est pas parti

sur la barque de son plein gré.

Voire...

Il n'est plus en vie.

-Oh là là ! Attention, Barth.

Les expertises graphologiques,

ça ne prouve rien. -Mais pour le reste ?

-Pour le reste... Ca peut s'expliquer

avec la précipitation.

Il quitte sa femme,

il s'encombre pas et il laisse les rames.

-On arrête tout ?

-Il n'en est pas question. -Je ne te suis plus.

-Je vais demander son avis

à un expert.

Alors...

*Déclic.

-Vous vous êtes bien trouvés, avec votre mari : deux têtus !

Mais y a pas d'enquête, on n'est saisis de rien du tout.

-On a le droit de s'interroger.

Imaginez qu'on rate quelque chose relevant de l'autorité judiciaire.

-L'autorité judiciaire fait la planche dans la piscine.

Et je vois pas comment on pourrait enquêter.

Révéler notre fonction

comporte des risques. -Comme ?

-Comme faire paniquer un potentiel assassin,

l'amener à détruire des indices... Non, il nous faut du concret !

-Faisons juste quelques investigations discrètes,

vous et moi.

-Donc si je vous dis non, vous me lâcherez pas du week-end ?

Si Ziegler avait des secrets, c'est ici qu'il devait les cacher.

-"Avait" ? Vous pensez aussi qu'il est pas parti ?

-On se met au travail ? -Attendez...

Tenez.

-Vous les aviez dans votre valise ? -Vous me croyez folle !

Je les ai pris sur le chariot de ménage.

*Déclics.

...

-Regardez.

Des taches sombres.

-C'est peut-être du sang.

-Ou du café.

-Y en a d'autres, là.

Regardez.

...

Une porte claque.

Ca continue tout le long.

-Ca ? C'est une antiquité. -Justement,

inutile de se débarrasser de l'arme : on la range.

Courant d'air.

...

Claquement.

Oh !!!

-Ben... Ca va, Meyer ?

-Euh... Oui, oui, c'est...

-Perdon,

mais vous avez pas vu Boris ? -Non.

J'imagine qu'il doit être avec ma femme.

Sur un très gros dossier.

-Cette histoire de disparition les occupe bien.

Dire que ça devait être un week-end romantique !

-C'est mon anniversaire

de mariage.

Ils rient.

-Bon, ben... Bon anniversaire, alors.

-Merci.

Solène. -Barth.

Ils trinquent.

-Bravo !

Enquêter sans autorisation, fouiller chez les gens.

Si vous vouliez un blâme,

il fallait le demander ! -Ce sont des observations privées.

-Eh ben, voyons !

-De l'eau oxygénée.

J'en ai toujours. -Et vous embrigadez ma compagne.

-Bingo !

C'est bien du sang.

-Vous avez été chimiste dans une autre vie ?

-J'ai un diplôme d'ingénieure en chimie

et j'ai été infirmière.

J'ai appris ce truc pour révéler le sang.

-Je peux vous l'emprunter ? Merci.

Là, ça réagit sur le manche.

Le reste a été nettoyé à la va-vite.

-Il ne s'agit plus d'une affaire secondaire.

Il nous faut des moyens,

et vite.

-Je demande une équipe de police, mais pas plus.

On verra ce qu'il en ressort. -Vous avez

du réseau, vous ?

-Euh...

-J'ai rien, moi.

-Moi non plus. -Non.

Il soupire.

-La technologie moderne, on peut pas s'y fier.

Si l'un de vous veut partir à la nage

chercher des renforts...

-Ca fait froid dans le dos, quand même !

-Pas de quoi s'inquiéter

pour le moment.

-Mais si Ziegler est mort, c'est que quelqu'un l'a tué.

Quelqu'un qui est encore

sur l'île. Donc...

Un employé de l'hôtel.

-Voilà.

Elle s'éloigne.

...

-Vous voyez l'un d'eux faire cela ? -Non, non, non !

Attendez...

Il y a ni plainte, ni corps,

ni élément assurant qu'il s'agit d'un meurtre,

à part une analyse graphologique

d'amateurs,

et les relevés

d'une pseudo police scientifique. -C'est moi !

Un pseudo procureur semble chercher à nier l'évidence.

Conversation inaudible.

-Merci.

D'après Ali,

un court-circuit a grillé leur système.

C'est pas réparable aujourd'hui.

-On peut savoir si le réseau a été saboté volontairement ?

-Pas si on fait en sorte que ça ressemble à une panne.

-Bien.

Personne ici n'a été saisi

de la moindre affaire.

Néanmoins, comme le stipule l'article 73 du Code :

"Toute personne peut appréhender

"l'auteur d'un crime flagrant et le conduire devant un officier

"de police judiciaire".

-Et donc ?

-Et donc, rien n'empêche de simples citoyens comme nous

de nouer des contacts

et d'échanger avec les employés de l'hôtel.

-Et recueillir des informations. -Voilà.

En espérant que la nuit nous porte conseil.

Bruit de la mer.

...

Cris de mouettes.

...

Vent.

...

Chants d'oiseaux.

...

-Vous avez tout ce qu'il vous faut ?

On a un peu de mal à faire tourner le service.

-Y a pas de problème. J'ai un café.

-Tenez.

-Vous avez essayé de le joindre ? -Bien sûr.

Mais je tombe sur sa messagerie.

Et maintenant, avec cette panne de réseau...

-Merci.

Quelle histoire, quand même ! -Le départ de M. Ziegler ?

C'est sûr que, dans un sens,

c'est pas pratique. -Mm.

-Y a un problème ?

-C'est résolu.

Ca m'énervait, ce grésillement.

-L'absence de M. Ziegler vous donne du travail en plus.

-Le ménage, l'intendance et la permanence à l'accueil...

J'ai pas le temps de m'ennuyer. -Et y a personne pour vous aider ?

David, Eléonore ? -David est très occupé.

Et Eléonore...

-Oui, Eléonore ? -Elle obéit qu'à son fils.

-Attendez, attendez...

Eléonore est la mère de David ? -Oui.

J'ai trahi un secret.

-Le départ du patron

va pas arranger les affaires. -Il a voulu ouvrir trop tôt.

Avec les travaux,

on peut remplir qu'au tiers.

Et la trésorerie ne suit pas.

-J'étais loin d'imaginer que Victor pourrait me tromper

et me quitter.

-Surtout avec un tel investissement ici.

-L'hôtel était surtout mon projet.

Des cousins de ses grands-parents ont acheté l'île, il en a hérité.

On habitait au Canada, à l'époque.

On est venus

en vacances, pour voir. On connaissait peu l'hôtellerie,

mais Victor a accepté de me faire confiance.

-Belle preuve d'amour.

-Ou un trop grand sacrifice.

-J'ai rien

contre M. Ziegler, c'est un homme d'affaires.

Bien sûr, c'est pas les Ziegler d'avant,

du temps du moulin : eux, ils savaient se faire apprécier.

-Et pas Victor ?

-Certains doivent être contents qu'il soit parti.

-Par exemple ?

-Prenez Ali.

Pauvre gars...

Ingénieur informaticien, il se retrouve homme à tout faire.

-C'est des gens simples, à l'origine.

David a su se hisser gérant d'un business

qui peut rapporter gros.

Eléonore mourrait pour que son fils réussisse.

-Je vois... C'est une mère ambitieuse.

-Elle a passé sa vie au moulin, un boulot très dur.

Elle rêve d'autre chose pour son fils,

c'est normal. -Bien sûr. Bien sûr...

-Et pourquoi il s'en va pas ?

-Comment il fait ?

Il a pas de papiers.

Pour démissionner, il lui faudrait déjà

un vrai contrat. Il étouffe, ici.

Et si ça dure trop, c'est à son avenir

qu'il pourra renoncer.

-Perdon, mais...

Vous l'avez pas entendu se lever, la nuit de son départ ?

-Il dort parfois dans son bureau.

Insomniaque, ça lui évite de me réveiller.

-Avec son nom, Ziegler pourrait emprunter.

Sa famille doit avoir de la ressource.

-Vous vendez quelque chose ?

Banquier, peut-être ?

-Oui.

Vous m'avez percé

à jour.

-Je peux ? -Je vous en prie.

-Si vous avez besoin d'un conseil.

En cas d'accident comme celui-là...

-"Accident", tu parles !

Je m'étonne que ce ne soit pas arrivé avant.

Toute la région connaît les frasques de Victor,

sa femme en premier.

-Ce n'était pas une brouille anodine ?

-Peut-être.

Je dois envisager toutes les éventualités.

Bref. Les vicissitudes de la vie de couple,

tout le monde connaît ça.

-"Havre de paix"... Joli panier de crabes, oui !

-Ludivine Ziegler a pu se servir des infidélités de son mari

pour justifier sa fuite et l'éliminer.

-Qu'y gagne-t-elle ? -La direction de l'hôtel

auquel elle tient tant.

-Tout comme David Luosi, le fils à maman ambitieux.

Ziegler gère l'hôtel

en dilettante

et risque de plomber l'affaire.

Luosi ne peut le laisser faire. -Sa mère redoute

que David se retrouve à la rue.

-Elle a tout à y gagner.

Et Ali aussi.

Si Ziegler disparaît, il peut

négocier avec Ludivine et se faire régulariser.

-Et tous ces gens se tirent dans les pattes.

Vous avez

des preuves concrètes,

matérielles ?

-Mais on y travaille, M. le Procureur.

On y travaille.

-Prenez votre temps.

C'est pas comme si on avait un assassin en liberté

sur l'île. Mm ?

-Essayez de vous rappeler précisément

ce que vous avez entendu la nuit de la disparition.

Elle soupire.

Une clochette ?

-Un tintement, un carillon.

-On a fait 2 fois le tour de l'île, rien.

Vous étiez bien réveillée ? -Ben, quand même !

-Mais les voix ? Vous avez entendu des mots ?

-Je sais pas, entre le vent, les vagues, les clapotis, je...

En tout cas, il y avait une voix d'homme,

probablement Ziegler.

-C'est son interlocuteur qui nous intéresse.

Tintements.

...

-C'est ça. C'est ce bruit-là.

...

Il ferme à clé.

-Remettez-vous. J'ai appris ça aux scouts.

-(On y apprend à forcer les serrures ?)

-Inutile de le crier sur les toits. -Je crie pas.

-Que venait faire Ziegler ici en pleine nuit ?

On va pas fouiller tout ça, y en a pour des heures.

-On vous apprend pas la patience, chez les scouts ?

Qu'est-ce que c'est que ça ?

Pourquoi c'est déchiré ?

"Sea International",

ça vous dit quelque chose, ça ?

Regardez.

Date récente. -Un groupe hôtelier

américain,

qui plaît pas à tout le monde, visiblement.

-"Paradise Project", c'est ce que Sea International

voulait faire de l'île.

-Un parc d'attractions pour riches touristes étrangers ?

-Ziegler avait accepté de vendre l'île.

-Pas de Ludivine Ziegler sur le contrat.

-Mais... Ziegler lui a caché la vente,

et si elle l'a découvert...

-Ici : en cas de décès

de son mari,

elle garde l'usufruit de ses propriétés.

Donc elle peut annuler la vente.

La dispute que vous avez entendue...

Si Ludivine confond son mari

avec les preuves qu'elle a trouvées ici,

les explications tournent au vinaigre...

Et alors que Ziegler repart se coucher,

sa femme le poignarde.

-Elle camoufle la scène. -Et transporte

le corps jusqu'au canot et lui fait prendre le large ?

Non, je la vois mal faire ça

toute seule. -Elle a pu

se débarrasser du corps et de la barque,

mais séparément.

-Avec le vent, le courant,

la barque se serait fracassée sur les rochers.

-Alors Mme Ziegler

a caché la barque

sur l'île.

Je voudrais pas me vanter, mais on me dit capable

de trouver une aiguille dans une botte de foin.

-Si M. Meyer se propose,

ça coûte rien qu'il aille jeter un oeil,

non ?

-Non. Pourquoi pas ?

-Mm.

-Je vous tiens

au courant.

-On n'a aucune preuve formelle

pour incriminer Ludivine.

-Elle a peut-être laissé des traces.

Sur ses vêtements, par exemple.

-Eh ben, voilà !

Bravo, Solène, vous avez été à bonne école !

-Qui occupe Mme Ziegler pendant qu'on fouille

chez elle ?

-Ben, toi.

-Je t'accompagne, Vladimir.

Ouverture.

...

-Regardez.

C'est un des bracelets du concierge.

-Ludivine comblerait sa solitude avec son employé ?

-S'il a une liaison avec elle,

c'est plus facile pour lui d'obtenir un contrat.

-Et si, en échange,

elle lui demandait un petit service,

du genre sordide...

-Comme de s'occuper de son mari à sa place ?

Je crois qu'il est temps pour nous

de révéler au staff qui nous sommes vraiment.

Ressac.

...

-"Une aiguille dans une botte de foin",

mais quel con !

-Juge d'instruction ?

-Et procureur

de la République.

-Je lui ai offert un porte-bonheur parce qu'elle en avait besoin.

Mais entre nous, il n'y a

rien d'autre que de l'amitié.

-Mais vous savez, l'amitié, ça peut déraper.

-Arrêtez avec ces soupçons dégoûtants !

Et si j'avais voulu tuer mon mari,

je m'en serais chargée moi-même.

-Et comment

auriez-vous fait ?

-Vous m'annoncez que mon mari est probablement mort.

Je suis une victime, ici.

Pas une suspecte.

-Il faudrait alors arrêter de nous mentir.

-Perdon ? -Vous étiez

au courant de ses infidélités.

Elle rit.

-Et alors ?

On s'aimait, avec mon mari,

vous savez ?

On voulait

recommencer une nouvelle vie, chez nous.

-Chez vous ? -Au Canada.

Je voulais quitter l'île.

L'hôtel est un gouffre financier.

Victor l'a fait par amour, c'était une erreur.

-Vous vouliez

abandonner l'hôtel ?

-Le vendre, oui. J'ai présenté à Victor

des investisseurs pour acheter l'île.

-Vous pouvez nous expliquer tout ça un peu plus en détail ?

-Ca vous intéresse ? -Oui.

On veut tout savoir de ce projet. -D'accord.

Je vous montrerai les documents.

Mais là, je voudrais me reposer.

-Ils mentent comme ils respirent. -Non, je crois qu'ils disent vrai.

-Ludivine tient à l'hôtel, c'est le projet de sa vie.

-Au début.

Mais les Ziegler n'ont aucune raison

de s'accrocher à une affaire qui périclite, loin de chez eux.

Par contre, y a une personne pour qui la vente

serait une tragédie.

Vous avez vu les plans.

Le projet des Américains s'accorde mal

avec la préservation de l'île.

-Préservation si chère

à David Luosi.

Donc, en faisant disparaître Ziegler,

il conserve son île intacte.

Mais son emploi ?

Si Ludivine dit vrai, elle aurait quand même vendu l'île.

-Il espère peut-être la convaincre de renoncer.

Ressac, vent.

...

-Qui aurait l'idée de planquer une barque ici ?

Oh, merde !

Oh non, putain, merde !

-Et Mme Ziegler ? -Quiring

et Milena sont avec elle.

Coups sur une porte.

-Ouvrez,

nom de Dieu ! Boris !

...

Au secours, Boris !!!

Boris !!!

...

-On va quand même pas le laisser là.

-La navette va pas tarder. On pourra prévenir la côte.

-Personne prévient personne !

Bougez pas.

Bougez pas ! Faites ce que je dis.

Coup.

-David !!!

Ouverture.

-Oh !

-D'autres victimes,

ça arrangerait pas votre cas.

-J'ai plus rien à perdre.

Suivez-moi jusqu'à la navette.

Désobéissez, il trinque !

Viens là. Viens, bouge-toi !

Allez... -David !

-Maman ! Va avec les autres, ça ira.

Vas-y, allez !

Allez ! On y va !

-Moi,

je vous comprends.

-Viens, toi !

-Votre famille a tout donné

à Ziegler.

Pour vous remercier,

Victor a voulu détruire votre île.

Votre mère s'est sacrifiée

pour vous élever.

Et vous allez

lui enlever tout ce qu'elle a.

Son fils.

-Je suis qu'un poids

pour elle.

-Vous allez fuir, vous cacher toujours.

Elle saura même pas

si vous êtes mort ou vivant. C'est ce que vous voulez,

David ? Pour elle,

c'est ce que vous voulez ? -Je t'en supplie, David.

Je t'en supplie.

Elle pleure.

...

-Il était même pas chargé.

...

-Comment va Mme Ziegler ?

-Elle est sous le choc, mais Milena veille sur elle.

Il soupire.

-J'avais besoin des plans du moulin,

pour les travaux.

Et dans les archives,

je suis tombé sur le dossier

de vente de l'île.

Qu'est-ce que c'est ?

J'ai demandé des explications à Victor.

-Et il s'est défendu ?

-Non. Il se foutait de notre sort.

Il m'a même dit

que j'étais trop sentimental,

un éternel perdant.

-Après vous avoir utilisé pour lancer l'hôtel.

-Ca m'a rendu fou.

Je me suis mis à penser à ma mère.

A mon père...

Mort ici, d'un accident du travail.

A mes grands-parents qui se sont usés

à la tâche pour les Ziegler. Et lui, il se marrait,

là, devant moi.

-Et ensuite ?

-Ensuite, je l'ai suivi jusqu'à son bureau.

Là, j'ai vu le couteau et c'est allé très vite.

-Vous avez pensé

à ce scénario de la fuite.

-Je voulais me donner un peu de temps,

mais je vous ai entendus discuter.

-Et vous avez su qu'on n'était pas des touristes ordinaires

et que ce serait compliqué.

-Et vous avez saboté le réseau.

-Mais la barque... Elle est où ?

-Au fond de la mer. Je l'ai coulée dans la nuit.

-On pouvait la chercher longtemps.

Allez-y, je vous en prie.

-Je suis désolé, maman.

Avertisseur.

-La navette est là.

On va devoir y aller, messieurs.

-Mm !

Je suis un peu chagriné de partir.

-Vous n'êtes pas le seul.

Une aventure pareille, ça n'arrivera pas deux fois.

-Si j'avais pas peur d'être ridicule,

je nous adresserais un beau discours de félicitations,

à nous tous,

et à nos femmes, en premier lieu.

-C'est vrai.

Et à la vôtre, en particulier.

-On a l'épouse qu'on mérite, non ? Il rit.

Avertisseur.

-On va peut-être y aller, non ?

-Je n'organiserai plus de week-ends de réconciliation.

Mais pour en revenir à nous,

quand j'ai vu Ludovic t'embrasser,

j'ai réalisé que je pouvais te perdre, comme ça.

Et...

Et j'ai perdu toute confiance en moi.

-Non, non, mais... C'est de ma faute.

J'ai laissé trop de place à Ludo.

C'était pour Raphaël, mais j'ai tout mélangé.

Je me suis laissée avoir.

-On s'est laissés avoir tous les deux, alors.

-Bon, alors ?

Il vient, ce câlin ?

On y va.

Oh ! Merci.

Ressac.

...

-J'imagine la tête des enfants

quand ils sauront comment leur cadeau a tourné.

-Et comment leur mère a résolu le meurtre.

-J'ai eu un partenaire de choc.

Tu sais que tu m'as impressionnée ?

-Heureux de savoir

que je peux encore te surprendre.

Au fait,

euh... je te dois toujours un cadeau.

-Mon cadeau,

c'est chaque jour partagé avec toi.

-J'ai pensé à...

Un remariage.

Un renouvellement de nos voeux.

Pour les trente ans à venir.

-Tu vas pas le regretter ?

-Si.

-A tes risques et périls.

Avertisseur.

Ressac.

...

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