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Zulu
...
-Tu as acheté de la confiture ? -Oui, hier, au marché.
-Elle a l'air bien. -Et bio !
-Et il y a encore des croissants. -XL en apporte tous les matins.
C'est curieux.
-C'est pas ton ami ? -Si.
Mais il a mieux à faire que de nous apporter le petit déj.
-Il est reconnaissant, c'est tout. -l lui faudrait
une copine, un chien...
-C'est pareil ? -J'ai pas voulu dire ça.
Les croissants, c'est un appel au secours.
-Bonjour, Meyer. -Bonjour, M. le juge.
-Bonjour, euh... Meyer.
-Bien dormi ?
-Hum.
-Dur, les lendemains de cuite ! -Donnez-moi votre tasse.
Je vais vous donner du thé avec du miel et du citron.
-Et beaucoup de gras ! Ca absorbe l'alcool.
-Tenez. -Merci.
Mais alors j'ai dormi là ?
-Oui. On a l'habitude avec nos enfants.
Un téléphone sonne.
Oui ?
Il est avec moi,
oui.
On arrive. A tout à l'heure.
-C'est Solène ? -Non, c'est Nadia. On a un meurtre
sur un parking.
Désolée.
Tu as une chemise à prêter ?
-Bien sûr ! Plutôt chemise à carreaux
ou à fleurs ?
Neutre... Neutre, c'est bien.
J'ai ça.
...
-Cette chemise vous va très bien.
-Dans mon état, tout me va.
-Constance. M. le juge... Ca va ? -Très bien. Qu'est-ce qu'on a ?
-Julien Savin, 42 ans, journaliste
spécialisé dans les enquêtes sociales. Il a révélé le scandale
de l'EHPAD des Acacias.
-Donc plutôt réputé.
-Des traces de coups sur le visage et sur le corps.
Il est mort d'un coup très violent
derrière la tête.
-Et la mort remonte à quand ? -Hier soir, entre 18 h et 20 h.
-Ca ressemble à une agression.
-Non. Il avait son portable et de l'argent sur lui.
Aucune de ces voitures n'est à lui.
C'est plutôt une bagarre. -Il était sur un dossier sensible ?
-l a pris 6 mois : il battait sa femme.
Il a même menacé de la tuer. -Elle a été prévenue ?
-Oui.
-On va aller lui rendre visite.
Il vomit. -Ouh, là !
-Prévenez-nous
dès que vous avez
les résultats de l'enquête de voisinage... Excusez-moi.
-(Nuit difficile.)
-Vous venez, Meyer ? -Oui.
-Désolée. Je sais même pas pourquoi je pleure.
-Vous l'avez épousé.
Vous l'avez aimé. -Au début, c'est sûr.
C'était tout beau tout rose. J'étais juriste.
Je revenais d'un stage à New York. Lui débutait dans le journalisme.
Et il est devenu jaloux. Ce n'était plus l'homme que j'avais épousé.
-C'est très courageux
d'avoir porté plainte contre lui. -C'était de la survie.
Il me frappait
si je portais une jupe, si un autre homme me regardait...
En fait, je suis soulagée que ce salaud soit mort !
-Excusez-moi de vous poser la question,
mais vous étiez où hier,
entre 18 h et 20 h ?
-Vous pensez que... -On est obligés de vous demander.
-J'étais à la pizzeria avec une amie. Et après, au cinéma.
Si j'avais eu la force de le faire, je l'aurais tué moi-même,
et plus tôt que ça.
-Vous l'aviez revu récemment ?
-Non. Il n'avait pas le droit
de m'approcher. J'aurais appelé la police.
-Il avait des ennemis parmi ses collègues ?
-Non.
Il a toujours réussi
à se faire passer pour un type bien.
Un journaliste est venu me voir
il y a 15 jours. -Il travaillait avec votre mari ?
-Je n'ai jamais su.
Soi-disant, il faisait une enquête sur les violences conjugales.
-"Soi-disant" ? -Ses questions étaient orientées.
Il voulait savoir si j'étais prête à Perdonner à Julien...
-C'est Julien qui vous l'a envoyé ? -Possible.
Depuis plusieurs semaines, j'ai l'impression qu'on me surveille.
-Comment s'appelle ce journaliste ? -Je n'ai pas pensé à lui demander.
-Vous pourriez
le décrire ? -Une trentaine d'années...
Les cheveux blonds, longs, avec une moustache.
-Bien.
Merci, Mme Savin.
-Pourquoi vous ne l'appelez pas ?
-Pas question.
-Solène vous a dit que c'est son ex qui a voulu l'embrasser.
-J'arrive pas à la croire
parce que Ludo, il est beau, il est drôle...
-Faites-vous confiance.
Parlez-vous vraiment.
-Boris !
Vous avez
du nouveau ? -Deux secondes !
On est sur la piste
d'un journaliste.
Ca vous va ? -Oui.
Vous me direz.
-Excusez-moi, Nadia nous attend.
-Il est d'une humeur de chien. J'ai raté quelque chose ?
-Une cuite mémorable.
-Boris ?!
Des problèmes avec Solène ? -Une crise passagère.
-C'est embêtant. Trouvez une solution.
-Pourquoi moi ?
-Régler les problèmes des autres, c'est votre truc. C'est pour Boris.
-Je vais y réfléchir.
-Promis ?
-Promis.
-Anne...
Savin.
Elle était bien au cinéma et au restaurant, hier soir.
Après son procès,
son mari a perdu contact avec ses anciens amis.
-Et ses collègues ?
-Pareil. Le rédac chef qui frappe sa femme, ça donne pas envie.
-Et personne qui correspond à la description faite par Anne Savin ?
La trentaine...
-Non. La moyenne d'âge des employés, c'est 45 ans.
-D'où il sort, ce type ?
-La condamnation de Savin
était accompagnée d'une injonction
thérapeutique.
-Il voyait un psy ? -Non, plutôt un groupe de parole.
-Une décision du SPIP, le Service pénitentiaire d'insertion...
-C'est un accompagnement
pour les petites peines.
-Ils rendent un rapport au juge.
-Julien y allait souvent.
Et c'est à Noailles. -C'est là où on a trouvé le corps.
La date de sa dernière réunion ? -Quelques heures avant sa mort.
On frappe. -Oui, entrez !
Oh, Miléna...
Entre.
Il y a un souci ?
-Oui...
Si on veut.
Je dois partir à Moscou dans un mois.
J'ai une proposition professionnelle là-bas.
Je serais folle de ne pas accepter.
-Je comprends...
Donc nous deux, on a une date de péremption.
C'est ça ? -En même temps, à nos âges...
-Je me sens encore très jeune. C'est normal, je suis ton élève.
D'ailleurs, à ce propos,
j'ai pas eu trop le temps de réviser mes proverbes, hier soir.
J'ai été un peu...
un peu distrait.
-Tu vas avoir besoin de plus de cours.
Tu es libre ce soir ?
-Oui.
-Et...
tu es libre...
maintenant ?
-Bien sûr.
-Alors...
En russe.
...
-Encore toutes mes félicitations. C'est un premier pas qui compte
beaucoup.
-C'est grâce à vous. -Non, c'est grâce à toi,
à tes efforts. -Ca en valait le coup. Merci.
A bientôt. -A bientôt.
-Me Morand ?
-Oui. Vous êtes le juge Delcourt ? -Oui, et voici Constance Meyer.
-Entrez. -Merci de nous recevoir.
Le garçon qui vient de partir, vous travaillez avec lui ?
-Léo Meunier, oui. Il vient de renouer avec sa femme.
-Enfin, ils ont repris contact.
Kenza Bensoussan. J'anime l'atelier avec Me Morand.
-Ca doit être réconfortant de les voir s'en sortir.
-Ca reste exceptionnel.
Mais si on peut empêcher un seul homme de récidiver,
c'est déjà bien. -Pour eux, la violence,
c'est une façon normale d'exprimer les conflits,
avec leur femme, leurs amis...
-Des hommes,
des vrais !
-Concernant Julien Savin, vous avez remarqué quelque chose ?
-Difficile à cerner,
très méfiant,
très réticent vis-à-vis du groupe, sarcastique, ironique...
Il avait très peu progressé.
-La semaine dernière, il nous a dit qu'il avait été frappé
par son père. Mais hier, il s'est fermé à nouveau.
-Est-ce qu'il a côtoyé un jeune homme,
cheveux blonds, avec une moustache ?
-Ca ressemble à Simon Tardiveau.
-Il fait partie du groupe ? -Non, il était journaliste.
Il écrivait un article sur les violences conjugales.
-Vous avez vu
quelque chose ?
-Il y a deux semaines, pendant une pause, ils se sont disputés.
-Hé, Simon, espèce d'enfoiré, je peux te parler ?
T'es allé la voir ? -Perdon ?
-Laisse ma femme en dehors de ça. T'as compris ?
Si j'apprends que tu es retourné la voir,
je te démonte.
-A coups de ceinture, j'imagine. Ca t'a réussi la dernière fois.
-T'es vraiment un putain de fouille-merde, toi.
-Leur discussion
s'est arrêtée là. Simon n'est pas revenu.
-Il nous a dit
qu'il arrêtait le reportage. -Vous en avez parlé avec Julien ?
-Non. Pourquoi ?
-Il aurait pu s'en prendre à sa femme suite à cette visite.
-C'était une discussion privée, je n'avais pas à m'en mêler.
Simon a quelque chose à voir avec la mort de Julien ?
-Merci.
Nadia a interpellé Tardiveau.
-Si je résume, Savin, très remonté que Tardiveau ait vu sa femme,
le provoque. Ils se bagarrent et Tardiveau le tue.
-Il aurait attendu deux semaines après leur accrochage au SPIP ?!
C'est bizarre.
De plus, Julien avait interdiction de s'approcher de sa femme.
Comment il a su qu'elle avait reçu la visite du journaliste ?
-Il la faisait suivre ? Anne Savin se sentait surveillée.
-Alors, comment ça avance, l'affaire Savin ?
-Lentement, mais sûrement. -Bien. Meyer...
Je peux vous parler ? -Oui, bien sûr.
-(Vous qui avez
(une vie de couple installée, vous ne connaîtriez pas un hôtel
(où passer un week-end ?) -En amoureux ?
-Disons à deux.
-Pour les couples installés,
les week-ends à l'hôtel, il y en a plus beaucoup.
-Donc vous avez aucune idée ? -Demandez à votre fils.
-(C'est ma vie sentimentale.)
-Vous vous mêlez bien de la sienne.
-C'est pour le travail.
Ce matin, Solène m'a confondu deux rendez-vous.
Il va falloir les réconcilier, et vite fait. Je vous laisse.
-Ca va, Meyer ? -Euh... Oui.
-Le procureur avait une question particulière ?
-Rien à propos de l'instruction.
Il avait besoin d'un avis féminin.
-J'avais besoin d'interroger les compagnes des hommes du groupe
pour mon enquête.
-Pourquoi la femme de Savin ? -C'était pas elle en particulier.
-C'est la seule que vous êtes allé voir.
-Et alors ? Vous cherchez à prouver quoi ?
-Que vous ne nous dites pas toute la vérité.
Quand vous avez su que Julien Savin faisait partie du groupe de parole,
vous avez décidé d'écrire exclusivement sur lui.
Détruire la réputation
d'un confrère, sacré objectif !
-OK...
J'ai voulu faire un scoop sur son histoire
pour me faire un nom.
Cette enquête,
je l'ai arrêtée. J'allais trop loin.
-Julien Savin a su que vous aviez vu sa femme.
-Oui, je sais pas comment.
Mais je l'ai pas tué.
-Vous ne vous êtes jamais revus ?
-Non, je l'ai pas revu,
ni lui, ni sa femme.
-Où étiez-vous hier soir,
entre 18 h et 20 h ? -A Toulouse, pour un reportage.
J'ai dormi à l'hôtel.
-Tardiveau a bien passé la nuit à l'hôtel. On n'a plus de piste.
-On a toujours Anne Savin qui était certaine d'être surveillée.
-Et alors ?
-Julien ne peut plus s'approcher d'elle.
Il l'a peut-être fait surveiller.
-Par qui ? Il n'a plus d'amis.
-Un des membres du groupe de parole.
Je vais me procurer leur dossier juridique.
Ca nous donnera
une idée de leur profil.
(Vous ne lui avez pas parlé ?)
-Elle n'en a pas envie.
-(M. le juge, y a rien de pire que les non-dits dans un couple.)
-Encore faut-il être en couple.
OK... J'y vais.
Solène, attends !
Tu m'as pas rappelé.
Bon, moi non plus.
Y a rien de pire que les non-dits dans un couple.
-OK, je t'écoute.
-Ici ? -Oui.
-Tu préfères pas qu'on attende d'être à la maison,
ce soir ?
En plus, j'ai besoin de vêtements.
-D'accord...
T'inquiète pas, je te laisserai
des vêtements sur le palier,
si c'est ce qui t'importe.
-J'ai retourné la cuisine,
il y a plus d'anchois. -On va mettre des câpres.
Avec le basilic, les belles tomates qu'on a...
-Tu sais qu'ils donnent des cours de cuisine
à la maison des assos ? L'ambiance est très sympa.
-J'ai toujours été un cancre. Tu t'attaques aux oignons ?
-Il y a que des célibataires. Tu devrais y faire un tour.
C'est le lundi de 21 h à 23 h.
-Tiens,
aiguise ton couteau.
Voilà, ce sera mieux.
-Il y a des cours de cocktails aussi.
-Barth, j'ai pas besoin de cours de cuisine, ni de cocktails.
Téléphone. Excuse-moi.
J'ai l'impression de revivre.
Moi aussi.
Je sais, je devrais lui dire, mais c'est aussi mon ami.
Oui...
J'espère.
-Jean-François Longet, responsable de caisse,
frappait sa maîtresse qui menaçait
d'appeler sa femme.
Walid Saïki, cardiologue...
Lui, il la battait régulièrement.
-Il y a pas de profil type. On va avoir du mal à déterminer
à qui Julien Savin a demandé de surveiller sa femme.
-Un militaire à la retraite, un ancien alcoolique...
Lui, il devenait violent quand il était en manque.
-Comment il s'appelle ?
-Edouard.
Mais je préfère "Eddy".
-Vous étiez proche de Savin ? -Pas spécialement.
On était différents.
Moi, j'ai pas grandi avec une cuillère en argent dans la bouche.
-Julien a raconté son enfance maltraitée. Je l'aurais pas fait.
-Et pourquoi ?
-Pour nous, disons les personnes plus aisées, notre réputation
est en jeu, nos carrières...
Je suis cardiologue.
-Confier vos traumatismes devrait permettre d'être mieux compris.
-Se montrer faible, c'est perdre sa crédibilité.
-Vis-à-vis de qui ? Me Morand ? Mme Bensoussan ?
-Julien passait son temps avec Eddy.
Lui aussi est un enfant battu.
-Ca rapproche.
-C'est totalement inconscient, ce qu'a fait Julien.
-Ou très calculé. Il avait une idée en tête en se rapprochant de lui.
-Vous m'accusez de quoi ?
C'est cette salope qui a appelé les flics ?
-Calmez-vous, M. Longet. Nous ne sommes pas de la police.
Nous enquêtons sur la mort de Julien Savin.
-J'y suis pour rien.
-Il passait du temps avec Eddy.
-Oui, mais je crois qu'ils avaient fini par s'embrouiller.
-Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
-Eddy est un peu paumé à traîner toute la journée,
mais c'est un brave gars.
Hier, il y avait un truc pas net avec lui.
-Eddy était contrarié, mais Julien, c'était pas un type bien.
Je les ai vus hier,
avant la réunion.
-Je suis désolé, j'arrête. C'est trop dangereux.
-D'accord. Je comprends.
Tu m'en voudras pas si je parle de ton petit trafic.
Tu me diras,
une mise à l'épreuve, c'est pas si important.
-Je sais pas de quoi ils parlaient. Je suis parti direct.
Mais Julien, à la réunion d'après,
il était sur les nerfs.
-C'est quoi, ces prospectus sur Marseille ?
-C'est un pote qui a fait ça.
Il m'a demandé d'en déposer à la mairie.
-Il y a plein de trucs bien. Je vais en distribuer au palais.
-Je crois que XL est amoureux.
-Toi qui te faisais du souci...
-Non, t'as pas bien compris.
XL est amoureux de moi.
-De toi ?!
-Dis que je suis pas attirant. -Tu es magnifique, mon amour !
Pourquoi tu penses ça ?
-Les regards, les croissants...
Tout concorde.
La rupture avec son associé a été plus douloureuse
qu'avec sa femme.
Et il veut rencontrer personne.
-Ca veut rien dire, ça.
-Il a dit au téléphone :
"Je devrais lui dire..."
-Et ? -Il m'aime, c'est tout.
J'ai besoin de toi, Constance. Bruit de porte.
-C'est quoi, ça ?
-C'est les activités sur Marseille. C'est pour changer
les idées de ton père.
Merci, Nadia.
Vous avez une nouvelle chemise ? Ca s'est bien passé avec Solène ?
-Non, elle m'a rendu mes affaires, et les plus moches.
-Vous avez dormi à l'hôtel ?
-Si on peut appeler ça un hôtel.
-Ca va pas durer, ne vous inquiétez pas.
-Moi, je crois que si.
C'est fini.
Il faut l'accepter, c'est tout.
-Vous voulez qu'on parle boulot ? -S'il vous plaît.
-J'ai eu Nadia.
Le téléphone d'Eddy a borné dans les zones où se rendait Anne Savin.
-Donc Julien Savin lui a bien demandé
de surveiller son ex-femme.
-Mais je comprends pas
pourquoi Eddy a arrêté du jour au lendemain.
-On va lui demander.
-Boris, ça va ? -Oui, pourquoi ça n'irait pas ?
-C'était juste une phrase comme ça.
Dites-moi, Meyer... -Vous avez encore besoin
d'un "avis féminin" ?
Je lance la convocation d'Eddy.
-Vous avez réfléchi ? Boris, Solène, vous avez un plan ?
-Je peaufine, mais je peux pas être sur tous les fronts.
Pour votre week-end,
allez sur le site de l'office du tourisme.
Ils proposent des séjours très variés :
deux nuits dans une yourte... -Ah oui ? C'est exotique !
Pour mon fils et Solène, ne peaufinez pas trop longtemps.
-Hum...
Bonjour, mon chéri. Ca va pas ?
-Si, si.
Je suis juste un peu perdu.
J'avais besoin de retrouver des vraies causes, des vraies victimes.
J'ai une victime qui l'a un peu cherché.
-C'est-à-dire ?
-C'est un ado qui dénonce sur un blog ses camarades de classe :
histoires de coucherie, drogue... Ils se sont vengés, je comprends.
-Ta victime, c'est plus vraiment une victime.
-J'ai besoin de défendre quelque chose de juste.
Là, je suis perdu.
-Je sais pas... Demande-toi
si ce qu'on fait subir à ce garçon est juste.
Tu vas y arriver.
-Hum...
Oui.
-Il m'a dit qu'un type tournait autour de sa femme.
Je suis allé voir.
-Vous étiez où avant-hier soir ?
-Chez moi. -Des témoins ?
-Non.
-Vous vouliez arrêter ?
-Elle voyait personne, sa femme. Ca servait à rien de continuer.
-Alors pourquoi c'était dangereux ? -Quoi ?
-C'est ce que vous avez dit à Julien Savin.
Surtout qu'il vous a menacé de dénoncer votre "petit trafic".
On parle bien de haschich ?
-Je suis pas un dealer.
-Non. Les dealers vous confient la drogue que vous cachez chez vous.
On a fait une perquisition
à votre domicile.
-Avec le procès, j'ai plus un rond. Ma femme a tout gardé.
-Vous avez tué Julien Savin
pour qu'il ne vous dénonce pas. -Mais non !
C'est n'importe quoi !
-Pourquoi vous vouliez arrêter
la surveillance d'Anne Savin ?
-La veille de la mort de Julien, je l'ai suivie jusqu'à un café.
Là, elle a rejoint un homme.
-Vous le connaissez ?
Eddy !
C'est qui ?
-Me Morand.
Ils avaient l'air de bien se connaître.
Ils ont discuté deux heures.
-Oui, on a pris un café.
Quel rapport avec Julien ?
-Me Morand animait le groupe de parole
auquel participait Julien. -Ils se connaissaient ?!
-Vous ne le saviez pas ?
-Excusez-moi, ça fait beaucoup, là.
Damien m'a recontactée sur les réseaux il y a quelques mois.
Ca faisait des années qu'on ne s'était pas vus.
-Vous vous êtes connus comment ? -On est sortis ensemble à la fac.
C'était il y a presque 25 ans. -Votre mari était au courant ?
-Non. On s'est rencontrés des années plus tard.
C'est pas une histoire qui a compté.
-Pour Me Morand non plus ?
-25 ans plus tard, non, je pense pas.
On s'est vus juste ce soir-là. Il n'a jamais parlé de Julien.
On s'est dit
qu'on garderait contact, rien de plus.
Attendez, Julien a su
qu'il était venu me revoir ?
-Anne Savin et Me Morand
étaient bien à la fac ensemble. -Selon les règles du groupe,
Me Morand n'a pas à connaître la vie privée des participants.
-Julien a peut-être évoqué sa femme pendant une réunion, son prénom...
Morand l'aurait reconnue. -De là à faire le lien ?!
-Demandons-lui des explications. -Hum.
Oh...
On frappe. -Oui !
Merci pour le tuyau.
J'ai trouvé une petite merveille d'hôtel.
C'est pas des nuits en yourte,
mais ça reste très original.
-Ravie d'avoir pu vous aider.
J'ai une solution
pour votre fils et Solène. -A la bonne heure !
-Il va falloir
jouer le jeu. -Asseyez-vous.
Je vais fermer la porte.
-Tenez. -Merci.
-Vous n'êtes pas censé respecter le code de déontologie des avocats ?
-Oui. Pourquoi ?
-Vous avez pris un verre avec une femme battue
par un des hommes du groupe.
-Une femme que vous avez aimée.
-C'est quand il a parlé d'elle que j'ai compris.
-Julien ? -Oui.
Quand il a dit son prénom, son métier...
C'était pas possible. -Qu'elle épouse un homme violent ?
Alors vous avez contacté Anne.
-J'ai juste bu un café avec elle.
Je voulais juste la revoir.
-Vous avez compris que vous étiez toujours amoureux d'elle.
Alors vous avez supprimé son mari.
-C'est ridicule. Il me suffisait de rendre un avis défavorable au juge.
-C'est ce que vous comptiez faire,
et Julien Savin l'a compris.
-Oui, c'est vrai. Après la réunion, il m'attendait, dehors.
-C'était bien avec ma femme ? -De quoi vous parlez ?
-Je l'ai fait suivre. J'ai fait des recherches sur toi.
T'as cru que tu pourrais te remettre avec elle ?
T'as jamais compté pour elle ! C'est moi, l'homme de sa vie !
-Il voulait discuter, alors j'ai accepté.
-"Discuter" ?
-Le problème, maître,
c'est que vous nous mentez depuis le début.
On a du mal à croire que chacun soit rentré de son côté.
-Vous avez fait quoi après ?
-J'ai bu un verre avec des amis. -Il était quelle heure ?
-18 h 30. -Vous êtes sûr ?
-19 h.
-Il va falloir être plus précis.
-Je ne sais plus. -Vous ne savez plus ?
Une mise en examen, ça, vous savez ?
-Vous êtes sûr pour la garde à vue ?
-Oui.
Sa défense ne tient pas la route.
-Tant qu'on n'a pas de nouvelles informations, c'est compliqué.
-On a besoin de temps pour pouvoir enquêter.
-Une bagarre, ça laisse des traces.
Sur la victime et sur son agresseur.
-Je vais demander à Nadia...
-Meyer va s'en charger.
-Oui...
-Viens.
Viens. Installe-toi, j'en ai pour 2 mn.
Bruit de verrou.
-Il nous a enfermés !
Ca va ?
T'as bien dormi ?
-Très bien, pourquoi ? Pas toi ?
-On pourrait arrêter de se faire la tête, non ?
-Tu m'évites.
-Tu me regardes pas. Tu me laisses un sac d'affaires sur le palier...
-Tu préfères dormir ailleurs.
-(Ils sont empotés.)
-(Un problème ?)
-(On a fait un pas, c'est déjà ça. Mais le chemin risque d'être long.
(J'ai un déjeuner.
(Vous me tenez au courant.) -(Et des résultats de Morand ?)
-De ça aussi, évidemment.
Vous me prenez pour qui ?
-Ecoute...
On a besoin de se parler,
tranquillement,
et ailleurs qu'au palais.
-Oui, tu as raison. On a besoin de se parler.
-On a les résultats de l'examen de Morand : aucune trace de coups.
Il ne s'est pas battu avec Savin.
Ca vous intéresse pas ?
-Je déteste qu'on manigance derrière mon dos.
-Je sais. Mais ça s'est bien passé.
-Oui. Merci quand même.
-Je vous en prie. Rien de mieux qu'une tierce personne
pour régler les affaires des autres.
Si Morand n'était pas seul
lors de l'altercation avec Savin ? -Ce serait possible.
Un membre du groupe ?
-Quelqu'un qui aurait pu vouloir défendre Morand.
-Nadia a dû récupérer les alibis des participants.
-J'ai eu Nadia.
Longet était chez ses parents...
Walid Saïki, le cardiologue, chez sa psy...
Et Léo Meunier avec sa compagne. -Et Eddy ?
-Il n'a pas d'alibi. Pourquoi il serait intervenu dans la dispute ?
-C'est la seule piste qu'on ait. -Léo Meunier a revu sa compagne
grâce à Me Morand.
-Oui.
-Léo n'a pas eu de parents, pas de modèle.
Il en a trouvé un qui l'aide. -Me Morand.
Si Léo a assisté à la dispute, il a dû vouloir le défendre.
Sauf qu'il a un alibi. -Sa compagne le couvre peut-être.
-Vous avez déclaré que Léo était arrivé chez vous à 18 h.
-C'est bien ça. -C'est précis.
-C'était un rendez-vous important pour nous. Je l'attendais.
-Il fallait qu'il vous montre
qu'il avait vraiment changé.
Il vous fallait des preuves avant de vous remettre avec lui.
C'est ce que vous voulez, non ?
-J'ai besoin de savoir si je peux lui faire confiance.
-Vous l'aimez toujours ?
-Oui... Enfin, je sais pas.
Au fond, c'est pas un mec méchant.
C'est un mec qui s'est élevé tout seul. Pas de père...
Alors oui, parfois il merde. Mais il y a jamais eu de dérapage.
-Vous avez porté plainte.
-Il m'a mis une beigne.
Mais c'est ses potes qui lui ont monté la tête.
Bref... -Vous prenez sa défense.
Mais qui prendra la vôtre s'il est avéré que vous avez fait
un faux témoignage ? Il faut parler, Farah.
-A quelle heure exactement
Léo est-il arrivé chez vous ?
-Il avait 25 mn de retard.
-Il vous a donné quoi comme raison de son retard ?
-Il m'a dit qu'il voulait se faire beau, et j'ai rien dit.
Vous pensez pas
qu'il a un rapport
avec la mort de ce type ? Il n'y est pour rien.
Léo, c'est pas le genre de garçon à tuer quelqu'un. C'est impossible.
Je vous le jure.
-Donc il a très bien pu assister à la dispute entre Morand et Savin.
On tient un coupable, non ? -Pourquoi Morand protégerait Léo ?
Il serait accusé de complicité de meurtre. Il faut les confronter.
-Je voudrais savoir ce que M. Meunier fait là.
-Vous n'êtes pas ici en tant qu'avocat, mais comme suspect.
M. Meunier, vous étiez où entre 18 h et 19 h, ce soir-là ?
-Chez ma compagne. -Vous êtes arrivé en retard.
-Oui...
Après la séance, je suis repassé chez moi
pour me changer.
Ce rendez-vous méritait bien des fringues propres.
-Ne nous obligez pas à vous faire passer un examen médical.
Si vous vous êtes battu avec Julien Savin,
on constatera des traces d'hématomes.
S'il vous plaît.
-OK...
Je me suis battu avec un voisin
pour une histoire d'eau chaude.
-Son nom ?
-Vous insinuez quoi ? Que Léo aurait tué Julien Savin ?
-En contactant Anne Savin, vous avez commis
une faute professionnelle.
-Vous ne pourrez probablement plus retravailler
avec ces hommes que vous avez aidés.
-On a besoin de lui. Vous imaginez pas tout ce qu'il fait pour nous.
-Surtout pour vous. Me Morand vous a toujours soutenu.
-Oui... -Il vous a aidé
quand vous étiez au plus bas.
Vous étiez là quand Julien Savin s'est attaqué à lui.
-Vous n'êtes pas obligé de répondre, Léo.
-Vous êtes le seul à m'avoir jamais jugé.
Vous m'avez montré
que je pouvais changer.
Après la réunion, j'attendais Me Morand à côté de sa voiture.
J'étais stressé
à cause du rendez-vous.
Je voulais le voir avant.
Quand il est arrivé, il était pas seul.
-Tu vas me répondre, oui ? -Calmez-vous.
-Tu vas faire un rapport
bien pourri au juge et tu vas te taper ma femme !
-Vous pensez qu'en me menaçant, ça va changer quelque chose ?
-J'ai rien à perdre. Putain, tu vas morfler, toi.
-Oh !
Cris de douleur.
-T'as toujours envie de te taper ma femme ?
-Je pouvais pas rester là sans rien faire. Julien allait le tuer.
Il y avait mon casque... -Arrête !
Arrête.
Il vous ment.
-Oh...
Cris de douleur.
...
-Je voulais juste que ça s'arrête,
qu'il laisse Léo.
Si j'avais pas revu Anne,
rien de tout ça ne serait arrivé.
-Je suis désolé. -Ne sois pas désolé, Léo.
Tu m'as sauvé la vie.
-Mais non...
Laisse le vieux grincheux te faire la cour, Miléna.
Voilà, c'est ça.
N'insiste pas, je te dirai rien.
Voilà, c'est ça.
Tu réserves ton week-end et je me charge du reste.
Moi aussi. Oui...
Dasvidania.
-Jouer les bonhommes,
c'est pas mon truc. -Personne ne vous y oblige.
-J'ai toujours été un petit con.
Même avec Farah, je me suis comporté
comme un con.
Me Morand a vu ce qu'il y avait de bien en moi.
Il combat la violence tous les jours.
-Me Morand a agi dans la panique, sans intention de donner la mort.
Le juge en tiendra compte, comme il tiendra compte des circonstances
qui vous ont poussé à intervenir.
...
-Tu serais partante pour un séjour au milieu de nulle part ?
-Carrément ?
Tu veux être ni distrait ni dérangé.
-C'est l'idée.
-Et c'est où, cet endroit ? -C'est une surprise.
C'est un lieu unique, un retour aux sources. C'est ce qu'il nous faut.
-J'ai obtenu une conciliation entre les deux parties.
-Bravo. Je suis fière de toi. -Merci, maman.
Cet ado, ça aurait pu être moi, un jeune mec normal qui a déconné,
mais qui ne mérite pas de le payer toute sa vie.
-Tu devrais défendre plus de cas comme celui-là.
-C'est ce que je vais faire.
-Quel plaisir
de prendre des verres en famille, avec son pote !
-Hop !
-Tu sais, XL,
t'es vraiment un bon pote.
J'ai envie que tu sois heureux parce que je t'aime beaucoup...
Enfin, comme ami.
-Moi aussi, je t'aime bien comme ami.
On n'est pas homos.
-Bien sûr que non, voyons ! Homos...
Sonnette.
-Enfin !
Papa, maman, on a un petit cadeau pour votre anniversaire de mariage.
-Un week-end en amoureux !
-Non ?! -Et on a trouvé le lieu idéal.
-Mais vous êtes fous !
-On veut que vous profitiez tous les deux.
-On peut pas accepter. -Si ça leur fait plaisir...
Ca nous permettra
de nous retrouver tous les deux, comme si on avait à nouveau 30 ans.
Merci, les enfants.
-Je suis contente de vous avoir. -Oh là là...
-Oh, maman... -Allez.
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