All language subtitles for La Stagiaire.S06E05

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Original subtitles

...

Fracas à l'extérieur.

-Qu'est-ce que c'est que ce binz ? -XL a eu une super idée :

il va nous faire un four à pain.

-Un four à pain !

J'y ai pensé en voyant ce coin. Faire son pain, c'est un plaisir.

-Celui du boulanger est très bon. -Mon grand-père

était boulanger.

Je vous jure,

les odeurs de bois, de farine...

Le bruit du feu qui crépite...

Le son du croustillant

de la croûte... -Tu t'y connais en four à pain ?

-Bien sûr ! Et il y a Internet, les tutos.

-Et il y a moi.

Si on bosse 4-5 mois... -On aura les tartines à Pâques.

-On en parle autour d'un verre ?

-Il va encore rester pour dîner. -"Encore"...

-Comme hier, avant-hier, mardi... Ca commence toujours par un apéro.

-Il sort d'une dépression.

-On ne se servira jamais de ce four à pain.

-T'en sais rien ! Et il se sent bien ici, dans une famille unie.

-Il tape l'incruste.

-Avec mes voyages,

je ramènerai des farines.

-Génial ! Le pain, c'est ce qui rassemble. C'est le partage.

"Copain", ça vient de là.

Un petit kir ?

Il reste du vin que j'ai apporté ? -Dans le frigo.

-OK.

-Vous avez un peu de tension.

Un dîner en tête-à-tête, demain.

-20 h ? -Soyez à l'heure.

...

-Raphaël voit son père, c'est bien. -Hier, il a dormi sur notre canapé.

-Il a raté le dernier métro ? -Il voit un employeur ce matin.

-C'est une bonne raison. -Il est très présent.

Je dirais même pesant.

-Quand il aura trouvé du travail, ce sera plus léger.

-M. le juge. Constance. -Capitaine.

-C'est David Reval, le frère de la victime.

C'est lui qui a trouvé le corps ce matin. Suivez-moi.

Juliette Reval, 35 ans, célibataire, pas d'enfant.

D'après le légiste, elle est morte hier, en début de soirée.

L'alarme a été désenclenchée à 18 h 15.

Elle s'apprêtait à manger.

-Il y a eu effraction ? -Non, c'est le frère pour entrer.

-Elle a été frappée avec quoi ?

-Une sculpture qui était là.

Le meurtrier a dû repartir avec. Pas de traces de lutte.

-Et là ?

-Ca permet pas de savoir le type de chaussures.

C'est pas un vol.

On a retrouvé son sac, avec son portable, un ordinateur...

-On pourra parler à son frère ? -Il est dehors. On s'occupe de ça.

-Elle était prof ? -Non, psychologue,

à Précolia, une école à deux rues d'ici.

Elle était spécialisée

en IPE...

-EIP : élèves intellectuellement précoces. Surdoués, quoi.

-Pas comme moi.

-Juliette m'avait demandé de venir. Elle voulait refaire le salon.

Je suis peintre.

-Elle avait quelqu'un dans sa vie ? -Elle travaillait trop pour ça.

-Vous avez remarqué un changement

chez elle, récemment ? -Non.

Je comprends pas pourquoi on l'a tuée.

Elle était toujours prête à aider les autres.

Il fallait l'entendre parler de ses surdoués.

-J'ai vu Juliette hier matin.

Tout allait bien.

-Quels étaient ses rapports avec les membres du personnel ?

-Excellents. Nous sommes une petite structure.

Tout le monde s'apprécie. Ca va être un choc.

Juliette s'occupait de la détection de nos EIP

et de leur suivi au quotidien, une fois ici.

-Elle était reconnue.

-Oui, elle publiait régulièrement.

Ce sont des dossiers de demande.

Nous sommes très sollicités. -Elle seule évaluait le QI ?

-Oui. Elle faisait aussi un bilan psychologique de chaque enfant...

-Des problèmes

suite à des refus ? -Certains parents

peuvent être un peu contrariés. Avoir un QI élevé

est vu comme un gage de réussite sociale.

-On pourrait avoir la liste des élèves recalés ?

-Oui, bien sûr.

-Juliette est morte, c'est ça ?

Vous parlez d'elle au passé. -Désolée.

Tu l'as vue hier ?

-Elle s'est fait agresser dans sa rue ? Elle rentre à pied chez elle.

-Ca s'est passé à son domicile.

-Si elle a surpris un cambrioleur, elle s'est défendue.

Il a peut-être laissé des traces. -Comment ça ?

-On a réussi à révéler des empreintes sur des tissus.

-Tu t'y connais.

-Pourquoi vous fouillez son bureau ?

-Retourne en salle d'activités, Maïwenn. J'arrive.

Il faut que je leur parle.

Les EIP sont hypersensibles

et la mort est pour eux une grande source d'angoisse.

-Ils sont en cours, là ?

-Oui. Ils choisissent les apprentissages.

Les structures classiques ne savent pas répondre à leurs besoins.

-Ils ne peuvent pas s'adapter ?

-Leur cerveau traite

toutes les informations sans faire de priorité.

Ils raisonnent intuitivement.

-Dans la classe de mon fils, en maths, un élève répondait à tout,

mais il savait pas expliquer.

-Les profs ne savent pas quoi faire d'eux et les élèves les rejettent.

-Ils s'ennuient et décrochent. -J'ai vécu ça avec mon fils.

Il était en souffrance.

Et je ne trouvais pas de solution.

C'est pour ça que j'ai créé Précolia.

Vous n'avez plus besoin de moi ? -Non, je vous remercie.

En apparence, ce sont des ados normaux,

mais quand ils ouvrent la bouche... -La jeune Maïwenn

parle quatre langues...

-Moi qui ai déjà du mal à en maîtriser une 2e.

-Tu exagères.

Tu te débrouilles bien en russe. -J'ai la musique, pas les paroles.

Qui disait : "Là où il y a une volonté,

"il y a un chemin" ?

-Qui parle avec Antoine ?

-C'est un fils d'Emilio Lorca.

-Ce nom me dit quelque chose.

-C'était une figure du grand banditisme marseillais.

Ses héritiers

ont repris le flambeau.

Les clients d'Antoine sont rarement des enfants de choeur.

Tu as une seconde ? -Oui.

-C'est rien.

-Non... -Tu te débrouilleras très bien.

On se voit samedi soir au Blue Moon ?

-Bonjour, mon chéri.

-Maman ?

Perdon, je t'ai pas rappelée.

-Tout va bien ?

-Oui, ça va... J'ai une audience, là.

Je t'appelle.

-Je serais bien incapable de le passer, ce test.

-Moi non plus.

-A quel âge on peut savoir

si son enfant est précoce ?

-A 2 ans, le fils du directeur de Précolia montrait son assiette,

en disant "Barli".

C'était la marque gravée dessous. -Ah oui, quand même !

Mon titou, je le trouve très éveillé.

Il a 6 mois, et quand on va au parc,

il regarde tout.

-Laisse-le profiter du parc.

-La victime a échangé des textos assez vifs avec son frère,

et c'est pas au sujet de la peinture du salon.

Vous écrivez : "Combien tu veux ?" Votre soeur répond : "Ca va pas ?!"

Vous ajoutez : "Arrête de me traiter comme de la merde."

Elle conclut :

"Tu dois entendre la vérité."

-Ca monte et ça redescend aussi vite.

-Qu'est-ce qui est à l'origine de ces textos ?

-Ma copine voulait que Juliette fasse passer un bilan à son fils.

-Pour qu'il entre à Précolia ?

-C'était l'idée. -Vous étiez prêt à payer pour ça ?

Mais il n'est pas précoce.

-Elle a discuté avec lui et elle décide que les tests sont inutiles.

Il est juste caractériel. Avec Karen, on l'élèverait mal.

-Ca doit pas être facile

de se faire sermonner par sa petite soeur.

-A 18 h 10,

vous l'avez appelée.

Vous avez laissé un message ? -Non, je lui ai parlé.

-22 secondes... C'est rapide, comme conversation.

-Elle était pressée. Elle m'a dit de passer ce matin.

-Ou alors, elle vous a raccroché au nez.

Vous êtes en colère.

Vous allez la voir et ça dégénère.

Et ce matin, vous "découvrez" le corps.

-Je lui aurais jamais fait de mal.

-Vous étiez où,

après 18 h ? -Avec Karen.

Et puis, sur mon chantier.

-Pourquoi votre soeur ne pouvait pas vous voir, hier soir ?

-Un rendez-vous pour son boulot.

-Quoi ?!

Non, c'est pas possible ?!

T'as fait ça ?!

Mais t'es dingue !

Oui...

Mais c'est incroyable.

Quoi ?

Rire.

Non...

Oui...

OK, OK.

Embrasse Raphaël pour moi. A toute.

-C'est Ludovic ? -Avant son rendez-vous,

il s'est retrouvé coincé dans l'ascenseur avec le DRH.

Le type est claustrophobe. Il l'a calmé.

Il pense qu'il a marqué des points pour le job.

-Tant mieux. On va au japonais ? -Oui.

Sonnerie de téléphone.

Oui, Ludo ?

Pour ta fiche de renseignements ?

OK, tu la changeras après. Ca marche. A toute.

Il pense que ça présente mieux s'il met notre adresse.

-C'est pas un mensonge, il dort régulièrement là.

Japonais ? -Allez.

-David Reval était bien avec sa compagne à 18 h 30

et sur son chantier à 19 h.

-Nadia a pu parler aux profs de l'école ?

-Ca n'a rien donné. Par contre, une voisine de la psy

a vu un ado descendre le perron et partir rapidement vers 19 h.

-Et on a pu l'identifier ? -C'est un EIP. Elle l'a reconnu.

Rodrigo Alves. Il a 17 ans et un petit casier.

-Précoce d'un point de vue judiciaire.

-On peut parler à Rodrigo ? -Il est absent.

-Un témoin l'a vu sortir de chez Juliette Reval

à l'heure du meurtre.

M. Mallet, si vous savez quelque chose, dites-le-nous.

-Hier, ils ont eu un petit accrochage ici.

On me l'a dit après votre départ. Je comptais vous en parler.

Lucie.

Lucie est notre assistante d'éducation.

Vous pouvez dire au juge ce qui s'est passé

entre Juliette et Rodrigo ? -C'était vers 16 h.

-(Fait chier !)

Fait chier !

-Rodrigo ? -Reval veut me faire virer !

-Hé, Rodrigo !

C'est pas avec cette attitude hostile que...

-Vous avez déjà décidé !

C'est dégueulasse ! -Rodrigo !

Claquement de porte.

-Juliette l'a laissé partir pour qu'il puisse se calmer.

-"Se calmer" ? Il est allé chez elle ensuite.

-Il devait représenter Précolia aux prochaines olympiades de maths.

-Il a retourné le pouce

d'une élève.

Juste une entorse. -On peut parler à cette élève ?

-J'attends son père. Lucie, allez me chercher Maïwenn.

-C'est la petite

qu'on a vue ce matin.

-Rodrigo s'entendait comment

avec Juliette Reval ? -Très bien.

Il vient d'une cité difficile. Il était en rupture scolaire.

Elle l'a beaucoup aidé. Elle a travaillé avec lui

la relation de confiance.

C'est incompréhensible.

-Maïwenn, on a appris que Rodrigo t'avait blessée, hier.

-Ma fille ne pourra pas passer son examen de violon. Montre ta main.

Montre.

Voilà.

-Pourquoi tu nous l'as caché ?

-J'y ai pas pensé.

-Tu étais plus bavarde ce matin. -Comment ça ?

-Nous avons besoin

du témoignage de votre fille.

-Je voulais répéter mes morceaux au calme. Je suis allée à la cave.

*Musique diffuse provenant des écouteurs.

...

Air au violon.

-Qu'est-ce que tu fous ? Je supporte pas le violon.

-J'ai le droit d'être ici. -Casse-toi ! Je travaille.

Notes dissonantes.

T'as décidé de me faire chier ?

-T'es pas chez toi, ici. Et j'ai mon audition à préparer.

Il a voulu m'arracher mon violon.

Il m'a luxé le pouce.

Ca entraîne l'instabilité de l'articulation

métacarpo-phalangienne. -OK...

Revenons à Rodrigo.

Il a déjà été violent avec toi ? -Oui.

Verbalement.

-Tu étais jalouse de lui. Pourquoi ?

-Je sais pas.

-Moi, j'ai une petite idée.

C'était l'année dernière,

aux olympiades de mathématiques. -Oui, Maïwenn les a remportées.

-Cette année, tu n'es pas sélectionnée.

-Ah bon ? -C'est Rodrigo.

-Maïwenn, je récapitule.

Rodrigo te pique ta place...

Tu es jalouse.

Tu nous as caché qu'il t'a blessée hier.

Qu'est-ce qui s'est passé ?

-Je voulais pas qu'il soit renvoyé.

-Attends, tu...

Tu t'es blessée volontairement ? Mais enfin...

Et le violon ?

-Je m'en fiche, du violon.

Vous me demandez uniquement

si j'ai bien répété... -Si le violon, c'est trop lourd...

-Tout est trop lourd ! Il faut que je sois la meilleure partout !

J'en peux plus !

Et maintenant, à cause de moi...

Rodrigo a tué Juliette.

-Je sors de la cité

où habite Rodrigo. Il est nulle part.

*Pour ses parents, c'est une fugue.

*Ils ont un bar. Ils terminent tard.

-Il est livré à lui-même. *-C'est compliqué entre eux.

Mais ils disent que ça va mieux depuis qu'il est à Précolia.

-Il a été menacé de renvoi. -Il va voir la psy pour s'expliquer

et il perd le contrôle.

-La brigade des mineurs le recherche.

-Il est différent.

-EIP, c'est pas "élève impossible à pincer".

Merde !

*-Un problème, capitaine ? -Un artiste local

a redécoré ma voiture.

-Merci.

-Elle doit être en panne.

Meyer, qu'est-ce qui se passe, là ? -Il faut entrer un code. Bonjour.

-Bonjour.

-Un code ? C'est nouveau.

-Non, pas vraiment.

Voilà.

-D'accord.

En russe. -Perdon ?

-"Vous êtes formidable."

-Il ne le dit pas souvent en français.

Vous êtes sa prof ? -Oui.

Miléna Gorski.

-Constance Meyer. Contente de votre élève ?

-Oh oui. Très rigoureux,

motivé,

beaucoup d'humour...

Et dans le travail ? -Pareil !

-M. le procureur ! Vous oubliez l'original.

-Spasiba, Meyer. -De rien, "tovarich" procureur !

-Oui, bien sûr.

A tout de suite.

-C'était XL pour son four à pain ?

-Non, il a compris que t'étais pas d'accord.

On en reparlera au printemps, ou pas. Hop, hop, hop.

Garde ta veste. J'ai réservé une table à l'italien.

T'as oublié ma prescription ? -Dîner en tête-à-tête.

Linguinis à la truffe... Il frappe à la porte.

-Je dérange, là.

-NON.

-Qu'est-ce qui se passe ?

-Lorca m'a fait une avance de 5 000 euros.

Et maintenant, il me demande de défendre un de ses potes

et de lui faire passer une puce de portable au parloir.

-C'est ce qu'il t'a donné ?

-T'es pas son coursier.

Tu rends l'avance, la puce et on n'en parle plus.

-T'as dépensé l'argent ?

-J'avais des factures en retard au cabinet. On est saignés à blanc.

-Tu risques quoi ?

-La radiation. J'ai mis le doigt dans l'engrenage.

-Bon...

On va te prêter l'argent et tu nous rembourseras plus tard.

-Non, c'est gentil, papa...

-Qu'est-ce qu'il a fait, son copain ?

-Le braquage d'un magasin de produits d'occasion.

-Tu as un client, tu dois le défendre.

Lorca t'a payé pour ça. Fais ton travail. N'oublie pas ton serment.

-Exercer mes fonctions

avec dignité, indépendance...

-Et ?

-Et probité. -Voilà.

Tu vas faire ce qui est juste.

Tu veux dîner avec nous ?

-Vous alliez sortir, non ?

-Non. -Non, non.

-Oh non...

-Quoi ? -Ludo n'a pas eu le job.

-Sauver la vie du DRH n'a pas suffi.

-Il a peut-être un autre plan.

-Une autre occasion

de squatter le canapé.

-Il a pas l'air bien, en ce moment.

-J'ai pas l'impression, moi. -Si, je te jure, je le connais.

Je sais pas...

Il cache, surtout devant Raphaël.

Téléphone.

-Excuse-moi. -A tout à l'heure.

-Oui, Meyer ? Vous avez des nouvelles de Rodrigo Alves ?

Vous êtes avec Nadia ?!

Qu'est-ce que vous faites à Précolia ?

-Je me demande si Rodrigo ne se cache pas dans l'école.

Il s'y sent bien et on n'irait pas le chercher là.

C'est un raisonnement de surdoué, je sais. On vous tient au courant.

-Vous voyez, il n'y a personne.

-Nadia.

-Rodrigo, tu sors.

Ca, c'est de l'intuition, Constance.

-Oui, vous êtes très forte. Vous me lisez mes droits ?

Je suis en garde à vue, non ? -Avance, dépêche-toi.

Allez.

-"Poursuivi pour consommation de substances illicites..."

-Article L 3421 du code de santé publique.

-"Qui vous a valu un rappel à la loi."

-Un stage de formation civique. -Et rébellion.

-Les questions du flic étaient stupides,

et je lui ai dit.

-Vous êtes ici suite au meurtre de Juliette Reval.

-Je l'ai pas tuée.

Je suis allé chez elle. Je voulais reparler de ce qui s'était passé.

-Maïwenn nous a avoué

qu'elle t'avait accusé à tort. -Super !

Bref, Juliette n'était pas là et je suis reparti.

-Pourquoi vous vous êtes caché ?

-Hier matin, j'ai appris qu'elle avait été tuée.

Tout allait m'accuser : ma réaction dans son bureau, mon casier...

Vous n'êtes pas allé au-delà. -Vous faites un suspect crédible.

Vous êtes allé à son domicile... -Jusqu'à sa porte !

J'ai frappé trois fois...

C'est clair ? -Ca suffit, asseyez-vous !

-Et ça,

c'est un échantillon de ma violence.

...

-Tu devrais faire du théâtre.

Il y a quelques années, j'ai été accusée de meurtre.

Il m'a fallu du temps pour prouver mon innocence.

Si je suis ici aujourd'hui, c'est pour aller au-delà

des évidences.

Alors si tu veux qu'on t'entende, arrête de faire le malin.

Tu veux boire

quelque chose ?

-Pour Juliette, je n'étais qu'un sujet d'étude :

la racaille à qui on donne sa chance.

Quand Maïwenn m'a accusé de l'avoir blessée, c'était foutu.

On a cru l'élève modèle.

-D'où ta colère. -Elle a toujours été là, ma colère.

Contre mes parents, les profs, la terre entière.

Même contre moi.

Je me suis toujours senti différent.

Je pensais que j'étais débile. Mais j'ai jamais tué personne.

-La psychologue de Précolia demande votre renvoi.

Il y a de quoi lui en vouloir.

-J'ai repensé au jour où elle m'a dit que j'étais EIP.

C'est comme si

elle m'avait arraché un poids, juste là.

Je m'étais mis à chialer.

Grâce à elle, je sais qui je suis. Je voulais aller m'excuser.

Si elle a pas répondu, c'est qu'elle était déjà morte ?

-Tu as vu quelqu'un en arrivant ?

-Le meurtrier ? Je sais pas. Je mémorisais les plaques.

-Les plaques ?

-D'immatriculation, pour faire "Alves 256".

Mon nom et le carré de mon âge.

-Et tu te souviens des numéros des voitures que tu as vus ?

Un téléphone sonne.

Oui, Barth ?

Non, j'ai pas de nouvelles d'Antoine.

Il doit être à la prison. Mais non, ils vont pas le garder.

Je te tiens au courant. Je t'embrasse.

-Merci, capitaine.

Pas de sang sur les baskets de Rodrigo, ni sur ses vêtements.

-S'il a tué la psy,

je l'imagine mal en train de s'amuser avec les immatriculations.

-Nadia vérifie.

On sait qui était le rendez-vous dont Juliette a parlé à son frère ?

-Non. Mais en début de semaine, son éditeur l'a relancée

au sujet d'un article qu'elle devait rendre

sur la détection des surdoués. Elle voulait synthétiser ses notes

sur le sujet qu'elle étudiait.

-On les a retrouvées, ces notes ? -Non.

-Qui était ce surdoué ?

-"Cette" surdouée. Une jeune adulte qui travaille à Précolia

et qui a mémorisé tous les emplois du temps des profs

et des élèves.

-L'assistante d'éducation ? -Vous lisez dans mes pensées.

Elle a évalué son QI à 149.

-Ah, quand même !

Bonjour.

-Bonjour. -M. Mallet nous a dit

qu'on vous trouverait ici.

-J'aide ma mère en l'absence de son apprentie.

-Monsieur dame.

-Ils enquêtent sur la mort de la psy.

-C'est horrible.

-Est-ce qu'on peut vous parler ?

-Je pars en livraison. Tu penses à la commande de Mme Schmidt ?

-Juliette Reval vous a fait passer récemment un bilan de QI ?

-Oui.

-C'est elle qui vous l'a demandé ?

-Oui. Elle trouvait que j'avais une bonne mémoire.

Alors je suis allée deux fois chez elle pour les entretiens.

-Elle vous a donné les résultats ?

-Elle a pas eu le temps. Elle était très occupée.

-Elle a noté des choses ? -Oui, sur ma vie,

comment ça se passait à la maison, à l'école...

Mais je suis pas aussi brillante que les élèves de Précolia.

-Merci, Mlle Bonnard. Au revoir.

-Au revoir.

-Il faut absolument qu'on retrouve ce bilan et ces notes.

-On y va, je suis mal garée.

M. le juge !

J'ai la liste des cartes grises des véhicules repérés par Rodrigo.

Il y a les riverains, un plombier...

Ca, c'est intéressant.

Les Halles fleuries. -C'est la boutique où on était.

Rodrigo a croisé la camionnette de la mère de Lucie Bonnard ?

-A l'heure du meurtre.

-Votre apprentie a déclaré que Juliette Reval était venue

à votre boutique, le matin de sa mort, mais que vous étiez occupée.

-Elle vous a donné rendez-vous

le soir chez elle. C'est pour ça qu'on a vu votre véhicule.

-Vous auriez dû nous en parler tout à l'heure.

-Lucie ne savait pas que je devais la voir.

-Pourquoi voulait-elle vous rencontrer ?

-Elle m'a dit que Lucie était surdouée.

-C'était pas la seule raison.

Elle écrivait un article sur votre fille. La veille de sa mort,

elle a appelé son école primaire, à Valence. Ils lui ont dit que Lucie

avait été détectée à 9 ans.

Vous l'avez changé d'école quand vous l'avez appris.

-Etonnant, comme réaction. Ca a dû intéresser Mme Reval.

-Pourquoi avoir refusé

que Lucie aille dans une structure spécialisée ?

-On habitait à Valence et l'école est à Lyon. Ca coûtait cher.

J'étais seule

avec trois gosses. J'avais besoin de Lucie pour s'en occuper.

-Elle m'a parlé de son anorexie,

les séjours en hôpital psy,

vos rapports conflictuels... -Il y a eu des moments difficiles.

-Elle se sentait différente, sans pouvoir en parler.

-Vous pensez que tout ça, c'était à cause de son intelligence ?

-Mme Bonnard...

Il est important que Lucie sache.

-Aujourd'hui, elle va très bien.

-Elle en a besoin pour se reconstruire.

-Votre fille allait découvrir

que vous lui aviez caché la vérité.

-Mme Reval m'a proposé une séance, moi et Lucie, pour lui expliquer.

Quand je suis partie, elle était vivante.

-Elle devait avoir lieu quand,

cette séance ? -Elle devait m'appeler.

-Que Mme Reval propose de faire une médiation, c'est probable.

En revanche, que vous acceptiez si facilement de tout dire à Lucie...

-Si ça pouvait l'aider...

-Elle ne vous Perdonnerait pas cette trahison.

-Vous avez demandé à Mme Reval de ne rien dire. Elle a refusé.

Alors vous l'avez tuée et vous avez fait disparaître le bilan de Lucie

et les notes.

La police va perquisitionner

votre domicile et votre boutique.

Et je vous mets en examen pour homicide volontaire.

-Je t'ai pas demandé quelque chose de compliqué.

-Non, juste illégal. -Si t'es pas capable de le faire,

je veux mes 5 000 euros demain.

-Miguel !

En sortant du parloir,

j'ai été voir la mère de Rayan.

T'es sympa avec elle. -Qu'est-ce que tu lui voulais ?

-Au moment du braquage, il l'accompagnait chez son médecin.

Il l'a pas dit aux flics.

Et eux, ils se sont contentés de ses aveux.

Je crois qu'il a accepté de porter le chapeau pour quelqu'un d'autre.

-T'es viré.

-Il vaut mieux

que les flics ne découvrent pas que le braqueur,

c'était pas

un droitier comme Rayan, mais plutôt un gaucher.

-Tu joues un jeu très dangereux.

-Si Rayan maintient sa version et que le nouvel avocat ne bouge pas,

le vrai coupable ne risque rien. C'est la fin de ma consultation.

-Ta quoi ?

-Ma consultation. Je te la fais à 5 000 euros.

Comme ça, on est quittes.

-Je suis contente que tu te sois sorti de cette histoire.

Tu vas devenir un grand avocat, mon coeur.

On n'a pas fini d'entendre parler des Meyer. Appelle ton père.

-J'ai réussi à faire parler la camionnette d'Elodie Bonnard.

Sur le tapis de la camionnette, on a retrouvé des traces de sang.

-Appartenant à Juliette Reval ? -Du même groupe sanguin.

-Ca explique la fébrilité d'Elodie Bonnard.

-Le sang était du côté passager. La fleuriste n'était pas seule.

-Elle était avec qui ?

Sa fille n'était pas au courant de ce rendez-vous.

-Après avoir accompagné Maïwenn à l'hôpital, Lucie est repassée

chez Précolia à 18 h 30.

La psy était partie.

Elle a pu vouloir donner des nouvelles.

-Donc elle serait allée chez Juliette Reval.

-On a contacté l'hôpital où Maïwenn a été soignée.

Le médecin vous a dit qu'elle avait pu se blesser elle-même.

-Oui, peut-être.

-Ca confirmait ce que vous a dit Rodrigo : Maïwenn mentait.

Vous êtes allée chez Juliette... -Non, je suis rentrée chez moi.

-Comment vous expliquez qu'on ait retrouvé du sang de la victime

dans la camionnette,

côté passager ?

-Je sais pas.

-Vous étiez avec votre mère. C'est vous qui conduisiez.

-Je suis rentrée chez moi... -Vous l'avez surprise chez la psy.

Vous avez été témoin du meurtre.

-A chacun de vos internements,

votre mère a demandé une hospitalisation sous contrainte.

Vous avez peur d'elle ?

Elle vous a caché que vous étiez surdouée.

Pourquoi vous la couvrez ? Qu'est-ce que vous avez vu ?

-C'est moi !

Je l'ai tuée !

-Mais pourquoi ?

Elle vous aidait.

-Lucie, on a besoin de comprendre.

-Je vous en prie.

...

-J'avais peur de dire la vérité à Lucie.

Mme Reval m'a laissée réfléchir.

-Appelez-moi vite. Je dois donner son bilan à Lucie.

On frappe. Excusez-moi.

-Bonsoir, Juliette. Je viens vous voir au sujet de Maïwenn... Maman ?

Qu'est-ce que tu fais là ?

Pourquoi elle est là ?

Qu'est-ce qui se passe ?

-Venez, c'est peut-être aussi bien que vous soyez là toutes les deux.

-La psy a tout dit à Lucie :

les résultats de son bilan et la détection en primaire.

-Ca a dû être un choc pour elle.

-Oui...

Elle s'est mise en colère et moi, j'ai mal réagi.

J'ai jamais su comment faire quand elle était comme ça.

-Tu savais et tu me l'as caché ?

-Si on t'avait dit que tu étais surdouée, madame je sais tout...

-Venez, on va en discuter.

-Mon poste à Précolia,

tu trouvais ça nul.

-Pionne, c'est pas un métier. -Et larbin dans ta boutique ?

Juste bonne à faire des bouquets. -Avec tes notes à l'école...

-N'en rajoutez pas.

-Tu m'as toujours rabaissée.

Tu m'as collée en HP ! Moi, j'ai cru que j'étais folle !

-Tu piquais des crises !

-T'es un monstre ! A cause de toi, j'ai une vie de merde !

-Et moi...

J'ai pas une vie de merde ? -On arrête !

-Ma fille ne savait plus ce qu'elle faisait.

-Mais vous, vous avez emporté la sculpture, le bilan et les notes.

-Je voulais pas que sa vie soit gâchée,

à nouveau.

Je te demande Perdon.

On frappe. -Oui ?

-L'avis de fin d'instruction.

-Très bien. -J'espère que cette affaire

ne portera pas préjudice à Précolia.

On frappe. -Miléna...

Entrez.

-Désolée, j'ai raté mon bus. -Ca m'a permis de réviser.

-Vous prenez des cours tous les jours ?

-C'est le seul moyen de progresser. Bonsoir, Meyer.

-Bonsoir.

En russe.

-Très bien. Et vous ?

...

-Et là, le mec, il me dit : "C'est pas pour gérer le camping,

"c'est pour tenir la supérette." Toute la journée à poil... Merci !

-Oui, c'est un camping naturiste. -Domaine de la nature...

C'est pas clair.

Je pensais pas que ce serait si compliqué de trouver un job.

-Avec ta tchatche,

tu vas y arriver.

Qu'est-ce qui te prend ? -Je sais pas.

Quoi ?

-Qu'est-ce qu'il fait là ?

-Il voulait aller chercher Raphaël à l'étude. Il est venu me demander.

-Et tu l'as embrassé. -Non, c'est lui qui m'a embrassée.

Dis-lui. -Moi ?

-Je...

Je plaide coupable.

C'était juste un petit bisou... -Comme au bon vieux temps ?

-Oui.

-Comptez pas sur moi pour vous tenir la chandelle.

-Boris, attends !

Il s'est rien passé.

-T'as pas tourné la page avec lui. -T'as pas confiance en moi ?

-Tu crois que je vois pas votre complicité ?

Tu ris à tout ce qu'il dit. -Excuse-moi...

-Il est tellement drôle ! Et toi, tu retombes dans le panneau.

-Peut-être que j'en ai marre d'être avec un juge coincé.

-Très bien.

-Il est parano, ton copain.

-Je vais aller chercher Raphaël. -Je viens avec toi.

-Hum, hum.

Je suis d'accord, M. le président. Une concertation est indispensable

avant la mise en place de la réforme.

Oui, vous pouvez compter sur moi.

Oui...

Bonne soirée à vous aussi.

Je suis désolé de cette interruption.

C'est déjà l'heure de se quitter.

-On pourrait prolonger le cours.

-Avec plaisir.

Retournons dans ce restaurant... -Et si on allait chez vous ?

Un téléphone vibre.

-Papa, c'est encore moi.

J'ai vraiment besoin de te parler ou même de te voir.

Rappelle-moi.

-C'est magnifique !

-Notre fils fête son acte héroïque en famille...

Alice est chez une copine

et XL au ciné. J'ai résisté à son invitation.

Si Madame veut bien se donner la peine...

-Oh !

-Enfin seuls. Téléphone.

-Excuse-moi. C'est Boris. Je me dépêche.

Oui, M. le juge ?

Vous êtes qui ?

Le barman du Scottish Pub ?

Non ?!

Donnez-moi l'adresse.

Très bien. J'arrive.

Boris a besoin de moi. Il faut que j'y aille.

Oh... C'est pas vrai !

M. le juge, descendez de là. Venez.

Dans quel état vous êtes !

Tenez-vous à l'arbre.

-Oh, ma grand-mère avait la même !

-M. le juge, attendez-moi.

C'est peut-être pas une bonne idée de vous balancer comme ça.

-Hum...

Je vais prendre du recul.

-Du recul ?

-Avec Solène.

Je vais les laisser entre eux.

En famille.

Raphaël a besoin de son père.

Moi, mon père, il me répond pas.

Heureusement que vous êtes là. Y a que vous qui me comprenez.

Oh, Barth !

Vous êtes là ? C'est bien, ça.

-J'habite ici.

Ca n'a pas l'air d'aller. -Vous connaissez l'Australie ?

-Oui...

-Eh ben, Crocodile Dundee, il a quitté le bush.

-Le ? -(Je t'expliquerai.)

-Moi, j'ai voulu être sympa...

J'ai fait rentrer le loup dans...

dans ma bergerie.

Et là,

crac.

Il m'a croqué ma biquette.

Mais bon...

Je vais prendre du recul.

En tout cas, vous, vous êtes beaux.

Il y a de l'amour entre vous. Si.

Moi, c'est fini tout ça.

Bon.

Je vais me reposer un peu et puis on va à la mer. Hein ?

-Voilà. -Hein ?

-Nous, on va passer à table. -On couchera le petit après.

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