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Zulu
...
-Tu ne te prépares pas ?
-Je suis en télétravail. Je m'avance pour les travaux.
-Attention à ta cheville.
-Ma cheville, c'est du béton.
Chocs métalliques, Barth ouvre un tiroir.
Bruit sec.
-Tu fais quoi ? -Je repeins l'encadrement.
-C'est pas une priorité. -Je commence.
-C'est pas judicieux.
Si on abat le mur, tu auras fait tout ça pour rien.
-Pourquoi l'abattre ?
-Pour agrandir.
-C'est un mur porteur.
-C'est du vert ?
-Les Tamaris, c'est vert.
-Y a un code couleur ?
-Si tu t'habillais
en vert, tu serais Tamaris.
Je t'appellerais "Mme Tamaris" !
...
-Constance. -Bonjour, capitaine.
-M. le juge.
La victime, Philippe Kramer, est le dirigeant du club.
Célibataire, pas d'enfant, 45 ans, ancien boxeur professionnel.
Il a monté cette structure il y a 15 ans.
Hakima Lasri est la responsable. Elle a découvert le corps ce matin.
-Quand est-ce que ça s'est passé ? -Entre 22h et minuit.
-Vous avez un problème ?
-Il a été asphyxié avec une barre de poids
pendant qu'il tentait de la soulever.
Il était
sur ce banc
avec la barre sur la trachée.
-Il s'est étouffé en n'arrivant pas à la relever ?
-80kg.
Il avait l'habitude.
-Vous le savez ?
-On n'a pas retrouvé d'empreinte sur la barre.
Le tueur a dû les effacer.
-Vous le connaissiez ?
-Oui. Je suis inscrite ici depuis 1 an.
-C'était un type bien. Il a aidé des jeunes à s'en sortir.
Qui a pu vouloir le tuer ?
-Je peux pas vous laisser
en charge de l'enquête, car il y a
conflit d'intérêts.
-Je le connaissais, mais je respecte la déontologie.
-Vous pourriez orienter l'enquête.
-Je le croisais qu'ici.
On avait des échanges cordiaux.
Les membres du club me feront confiance.
-Ils peuvent vous manipuler.
Capitaine,
c'est le procureur, votre autorité de tutelle, qui en décidera.
-Capitaine !
On a recueilli
le témoignage d'un adhérent. -Voyez ça
avec le juge.
-C'est la procédure.
-C'était quand, ça ? -Il y a 8 jours. Le mec m'attendait
à la sortie du club pour des combats clandestins.
-Ca existe encore ? -Oui.
Y a des paris. -Quel rapport avec Kramer ?
-Pour Philippe, faire ça, c'était bon
que pour les voyous. J'ai refusé.
Quand j'en ai parlé, il voulait savoir qui était ce mec.
-Et ?
-Il m'a passé son numéro, je l'ai donné à Philippe.
-Vous l'avez,
ce numéro ?
-Oui. Je l'ai dans mes contacts.
-Oui.
Non. J'en ai encore une dizaine sur mon bureau.
Je les ai même pas ouverts.
Le mois prochain.
Voilà... je vous en prie.
Je peux pas faire plus vite.
Perdon. On en est où ?
-Le cours est fini.
-On vient de commencer.
-Si vous téléphonez sans arrêt, vous n'allez pas progresser.
-Je ne progresse pas ?
-Si vous ne consacrez pas plus de temps au russe,
votre niveau restera scolaire.
-Vous êtes témoin, on me harcèle.
Elle parle russe.
...
-"Suis-je
"une créature tremblante ou ai-je le droit ?"
Dostoïevski "Crime et châtiment".
On utilise cette expression
pour qu'une personne ose enfin affronter ses peurs.
Le téléphone sonne.
Vous avez peur
de vous plonger dans votre âme slave.
Il décroche et raccroche.
-Vous voyez, j'ai compris la leçon.
Que diriez-vous
de passer à 4 heures de cours par semaine ?
-Vous pourrez ?
-Mon âme slave ne recule devant aucun obstacle. C'est entendu ?
-A demain, alors.
-A demain !
-Si Kramer s'en est pris à l'organisateur des combats,
et qu'il l'a menacé... -Il a pu subir des représailles.
-M. le procureur !
Recevez le capitaine Saïdi.
L'enquête prend un retard très préjudiciable.
-Vous avez fini ?
-Ben, oui.
-J'ai reçu la capitaine. Je n'ai pas constaté de proximité
qui serait de nature à orienter son enquête.
La capitaine est autorisée
à poursuivre son travail. -Bien.
-Autre chose ?
-Non.
-Je peux ?
-Oui.
Comment peut-on être aussi désagréable ?
Ne me dites pas "tel père, tel fils."
Non... non.
Ca sent les épices.
Le cumin. -Le clou de girofle et le fenouil.
-C'est spécial.
-C'est pour mon régime post-grossesse.
-Faites-le chez vous.
-Eh bien, non.
Il faut drainer toute la journée. -Mais pensez à aérer.
-(Super).
-Merci, merci.
-Ca y est ?
On peut commencer ?
-L'appartement de Kramer était
quasi vide.
Le strict nécessaire pour vivre.
Sauf ça.
-Il collectionne les bijoux féminins ?
-Des amies ?
-Non. Aucune.
-Un héritage de famille ?
-Ces modèles sont trop récents.
J'ai voulu acheter une bague...
-On sait à qui ils sont.
On a identifié
le titulaire du numéro que vous avez eu auprès d'Adam Rongier.
Fabien Bocci, 32 ans.
Un courtier
qui s'est fait cambrioler il y a 3 jours. C'est sa déclaration de vol.
-Les bijoux de chez Kramer.
-Ce sont ceux de Mme Bocci.
-On a assez d'éléments pour convoquer M. Fabien Bocci.
-On m'a fait venir pour ça ?
Quand puis-je les récupérer ?
-Ce sont des pièces à conviction dans une affaire de meurtre.
-J'ai rien à y voir.
-Vous le connaissez ?
Philippe Kramer.
Le Royal Boxing Club, ça ne vous dit rien non plus ?
-C'est moi qui me suis fait cambrioler.
-Par le responsable du club où vous recrutez les boxeurs
pour vos combats clandestins. On l'a retrouvé mort.
-On va enquêter sur vos revenus, vos déplacements.
-OK.
OK.
J'organise des combats clandestins.
Certains paient cher pour les voir, mais j'y suis pour rien, moi.
-La loi du marché ?
-J'ai rien à voir avec la mort de Kramer.
-Racontez-nous
ce qui s'est passé.
-On est plusieurs à s'occuper de l'organisation.
Moi, je trouve les boxeurs. C'est de l'argent facile pour eux.
En une nuit, ils touchent
l'équivalent d'un an.
-Kramer n'a pas aimé que vous veniez corrompre ses poulains.
Il a voulu vous dénoncer.
-Il m'a appelé car il voulait faire lui-même un combat.
-Et il l'a fait ? -Oui.
Il y a une semaine.
Ce combat devait durer 5 rounds, le temps de faire monter les paris.
Mais Kramer a mis son adversaire K.-O. au 2e round.
-Mais ça, ça n'a pas arrangé vos affaires.
Vous avez refusé de payer Kramer.
-Il n'a pas respecté le deal.
J'ai dû tout rembourser.
Comment les bijoux de votre femme se sont-ils retrouvés chez lui ?
Sur le coup, le soir du combat, il n'a rien dit.
Mais le lendemain...
-Oh... tu vas me payer ce que tu me dois, fumier.
-Laisse-moi quelques jours. -5 000 ou je te dénonce.
-J'ai eu peur et je lui ai donné les bijoux de ma femme.
-Et après ?
Je ne l'ai jamais revu.
-L'idée du cambriolage, c'était pour pas qu'on vous soupçonne ?
-Ma femme ne sait pas pour les combats. Si elle l'apprend...
-Ca me paraît compliqué qu'elle ne l'apprenne pas.
Je vais ouvrir une information judiciaire
sur vos activités illégales.
Concernant notre affaire, que faisiez-vous hier vers 23 h ?
-J'étais chez moi, avec des amis.
-Si vous le dites.
-Ah mon chéri... Quelle élégance !
-Ca te plaît ? -Oui.
Ca doit être cher.
-Je dois démarcher des clients.
-Tu t'en sors avec tes commissions ?
-T'inquiète pas.
-J'ai eu Nadia.
Les Bocci ont passé la soirée avec des amis qui sont partis à 2h.
Retour à la case départ.
-Pourquoi Kramer avait-il un besoin si urgent de cet argent
au point d'accepter un combat clandestin ?
-Nadia se trompe peut-être sur le profil de la victime.
Il y avait l'appât du gain.
Il n'a pas fait confiance à Bocci et j'aurais fait comme lui.
-Je ne vous imaginais pas
dans cette situation ? -Autre chose ?
-Je veux vérifier les comptes
du club. -OK.
-Je vous laisse le courrier.
Vous avez un problème,
Mme Lasri ?
-Il y a 15 jours, on a fait le point avec Philippe,
on a récolté les adhésions des membres
qu'on a mises dans une enveloppe. Philippe devait les porter
à la banque. -Mais ?
-J'ai appelé l'agence aujourd'hui et ils n'ont aucune trace du dépôt.
On est une petite structure.
On est souvent limites financièrement. Je comprends pas.
-Y avait combien ?
-5 000E à peu près.
-"5 000E" ?
Qui d'autre que vous a accès à ce bureau ?
-Il n'y a que Philippe et moi qui avions la clé.
Vous pensez à un vol ?
-Je ne sais pas.
-Non. Il m'en aurait parlé.
Emilio !
Tu crois que c'est moi
qui vais ramasser tes déchets ?
-Bonne journée, Madame.
-Pas commode ?
-J'aurais dû crier plus fort pour l'intimider.
-Administratrice et éducatrice.
Sacré boulot. -Les jeunes, faut les surveiller,
parce qu'ils peuvent vite vriller. -Je vous laisse ma carte.
Si vous retrouvez l'enveloppe,
appelez-moi.
Au revoir.
Quelqu'un marche.
-Solène, attendez. Ne partez pas. -Oui ?
-Approchez. Regardez.
On dirait que c'est bloqué.
Ca n'avance plus. -Vous téléchargez un film ?
-Oui. -"Andreï Roublev".
-"Andreï Roublev", le chef-d'oeuvre
de Tarkovski.
C'est l'histoire d'un moine du 15e siècle
qui repeint une cathédrale.
Bon, vous pouvez me dire ce qui se passe, là ?
-Vous êtes sur un site de téléchargement illégal.
-Vous croyez ? -Hmm.
-Qu'est-ce que je risque ?
-Une amende, déjà, et puis votre probité.
Vous êtes procureur.
Vous avez tenté les sites légaux ? -Non.
-Voilà. Là, vous pouvez l'avoir.
-49,90E le DVD !
Qu'est-ce que c'est que ces escrocs ?
-Le prix d'un chef-d'oeuvre.
-Vous pouvez y aller, Solène, je vais me débrouiller seul.
-Bonne soirée, Monsieur le procureur de la République.
Alors "Andreï Roublev".
Légal et pas cher.
-Tu as fini ? -Oui.
-On se fait un truc tous les 3 ?
-Oui. On prend des pizzas
et on mange à la plage.
Cris.
-Oh, ça va pas ?
Tu te crois où ?
Que faites-vous là ?
-J'ai pris Raphaël
à l'école. J'ai dit à sa nounou que je m'en occupais.
On a fait un tour.
-Et la nounou,
elle t'a laissé le prendre ? -Mon identité est convaincante.
Et j'ai un partenaire de choc.
-Tu lui as fait faire
ses devoirs ?
-Non.
-Alors c'est moi qui vais m'y coller ?
J'en rêvais !
Viens !
-Désolé, Boris, je voulais pas foutre le bordel.
-C'est pas grave, c'est pas grave.
On y va ?
-N'hésitez pas à donner votre avis, on est preneurs.
-Ah ben, là...
La hauteur sous plafond, faut pas toucher.
-Promis.
-En supprimant les entrées et les intervalles de circulation,
on gagnera énormément.
-Qui gagne énormément ? -Je demandais des conseils de pro.
-Pour quoi faire ?
-Pour les travaux.
-Je m'en occupe.
-Je veux pas m'immiscer.
-On a besoin d'un oeil extérieur pour pas faire d'erreur.
-Si c'est un oeil extérieur, pas de souci.
-Je disais à Constance :
"Faut pas toucher au gros oeuvre."
Mais il faut faire entrer
des matériaux innovants. -Ici ?
-On peut évidemment s'en tenir aux peintures,
changer ce vert et ce rose franchement daté.
-J'ignorais que l'espérance et la joie de vivre
étaient datées.
-Je peux faire
des croquis,
et on en reparle.
-Faites ça.
-Je fais le tour.
-Pourquoi t'as fait appel à ce type ? On le connaît à peine.
Je te préviens,
je veux bien quelques aménagements, mais on trahira pas
l'esprit des Tamaris. -J'ai compris.
...
-XL a déposé les plans. Il a dû bosser toute la nuit.
C'est gentil.
-Mais il va nous facturer combien pour ça ?
-C'est un geste amical. C'est sympa.
-Il essaie de nous forcer la main. -Que tu es méfiant ! Tiens.
Vibreur.
-Le juge Delcourt s'impatiente.
-Non. C'est XL.
-Il a ton numéro ?
-Je lui ai donné.
Bon, étudie ça, on s'en parle après.
-Oui.
Déjà, sans lunettes,
c'est pas terrible.
Sonnerie de téléphone.
...
-Constance Meyer.
Oui, Mme Lasri. Bonjour.
Adam Rongier ?
Mais que vous a dit la capitaine, exactement ?
Il n'y a aucun problème. Merci, Mme Lasri. Au revoir.
-Ca vous dérange pas ? -Non. Allez-y.
-Je suis de permanence ce matin. -Je viens d'avoir Mme Lasri
au téléphone,
la comptable du club de boxe.
Elle a vu Nadia et elle l'a trouvée bizarre.
Elle cherchait
Adam Rongier, le jeune boxeur.
-On n'a pas mandaté
la capitaine pour ça. -Elle cherchait peut-être
l'enveloppe disparue. Kramer l'a peut-être perdue.
La somme correspond
à ce que Fabien Bocci devait à Kramer : 5 000E.
-D'où le combat.
-Pour rembourser le club.
-Interrogez
Nadia.
*-Vous êtes sur la messagerie du capitaine Saïdi.
*Merci de laisser un message.
-Que se passe-t-il ? Vous cherchez quoi ?
-Je veux savoir où est votre fils. -Je ne sais pas.
Vous êtes qui,
vous aussi ?
-Bonjour, Mme Rongier.
Constance Meyer.
J'enquête
sur le meurtre de P. Kramer. Je dois vous interroger.
-En quoi ça a à voir avec Adam ?
-Excusez-moi, il fait chaud. Vous auriez un verre d'eau ?
Qu'est-ce que vous faites là ? -Je cherche des éléments.
-Mais encore ?
-Hier, avec les membres du club, on a bu un verre.
Adam était là avec des nouvelles baskets. Il avait plein de billets.
S'il a pu voler l'argent, il a été capable de tuer Kramer.
-Et ? -Je le connais.
Y a 2 ans, il a brûlé des bagnoles, il a pris du sursis.
C'est...
-Merci beaucoup.
Il y a longtemps
qu'Adam fréquentait le club ?
-Un peu plus de 2 ans, je crois.
Kramer l'a convaincu de s'inscrire.
Il l'a rencontré alors qu'il se battait dans la rue.
Il lui a dit de canaliser sa colère.
-Adam était violent ?
-C'est un garçon fragile.
Il a souffert à cause de son physique.
Les jeunes ne l'ont pas épargné.
-Il voulait jouer les gros durs pour se faire respecter ?
-C'était sa façon de s'en sortir.
Tout a changé grâce à la boxe.
-Ca veut dire quoi ?
-Ben, ça lui a fait du bien. M. Kramer entraîne les jeunes
et leur transmet les valeurs. Adam s'est calmé.
Il a perdu du poids,
il a été livreur dans une pizzeria.
-Il s'est repris en main ?
-Il avait un endroit à lui ?
-Oui.
-On peut voir ?
-Bien sûr.
...
-Il est important ce tournoi.
-Ce sont les présélections des championnats de France.
-Il pourrait gagner ?
-Je crois. Kramer disait qu'il avait du talent,
une bonne technique.
-"Poids, vitesse, endurance"...
Il n'a rien noté depuis 15 jours.
-On comprend pourquoi.
-Nadia, que se passe-t-il ?
-Faut aller vite.
-Et la procédure ?
-J'ai merdé. Vous voulez me retirer l'enquête ?
-Mais non. -On n'en parle plus.
-Au contraire.
Je dois
vous couvrir, alors expliquez-moi.
Nadia... je vois que ça ne va pas.
Que se passe-t-il ?
Parlez-moi.
-Je ne vous ai pas vraiment tout dit, en fait.
Quand...
Quand j'ai quitté Annecy,
en fait, ça n'allait pas. Il fallait que je parte.
Il s'était passé trop de choses, je ne gérais plus,
j'étais paumée.
Alors j'ai demandé ma mutation.
-J'imagine que ça n'a pas dû être facile.
-Non.
En plus, en arrivant ici, ça n'allait pas mieux.
Je dormais pas.
Je parlais pas à mes collègues.
Je me suis inscrite
dans ce club de boxe pour me défouler.
Et c'est là que j'ai rencontré Kramer.
Je pensais pas, mais ce mec m'a un peu sauvé la vie.
Quand j'étais prête à tout plaquer,
il m'a redonné confiance en moi.
-Heureusement, vous êtes restée.
-Il était important pour moi. Vraiment.
Je lui dois beaucoup.
Je lui dois de retrouver son assassin.
-Je comprends.
-Merci, Constance.
...
-Je te dis que c'est pas normal. Non.
J'ai dit non.
C'est un vrai gamin. Il ne grandira jamais.
J'en ai marre de son numéro de perpétuelle victime.
-Ludovic ?
-Quand on s'est séparés, c'était pareil.
J'étais "trop dure", j'écoutais pas sa "sensibilité".
Quel culot !
-Vos rapports n'ont pas évolué. Tu lui fais les mêmes reproches.
-En plus, tu prends sa défense ? -Pas du tout.
Vois-le comme le père de Raphaël, plus comme ton ex-conjoint.
Et puis il peut peut-être y avoir des avantages.
-Je t'écoute. -Tu peux profiter de son retour.
-C'est-à-dire ? -Le point positif,
c'est que Raphaël ait retrouvé son père.
-Il est insupportable. -OK.
On pourrait refaire les choses, se remettre à sortir.
-En amoureux ?
-Pourquoi pas ? -Hmm...
-Ce soir. -"Ce soir" ?
Il faut que je m'organise.
-Ludo te doit bien quelques heures de baby-sitting, non ?
-OK.
Et je ne parlerai pas de Ludo. -OK.
Son portable sonne.
-Oui, Meyer. *-Nadia était cher Rongier.
*On a l'enveloppe des adhésions. -J'arrive.
Je suis juge d'instruction et vous avez sabordé mon affaire.
-Rien n'a été sabordé.
-Ce vice de procédure peut coûter cher
à l'enquête.
Pourquoi avoir agi
dans l'urgence ? -Je...
-Grâce au témoignage recueilli, on sait que Rongier était bizarre.
Il avait de nouvelles baskets.
-"De nouvelles baskets" ? Heureusement,
on a l'enveloppe.
-Il était mis
à l'épreuve.
-Désolée, j'aurais dû en référer.
-Vous auriez dû.
-La capitaine,
elle m'a prévenue.
Tel père, tel fils.
-Vous avez volé
l'argent des adhésions.
Votre entraîneur,
il l'a remarqué.
Vous avez gardé le liquide.
-Monsieur le juge.
-Bien. On va jouer à un jeu.
Vous allez juste répondre par oui ou par non.
D'accord ?
Vous étiez au club avant-hier ?
Bien. On avance.
Où est l'argent ?
-Vous avez décidé que j'étais coupable. Parler ne sert à rien.
-On n'a rien décidé.
Parlez, ça jouera en votre faveur.
-Je faisais des livraisons, hier, de pizzas.
Je n'ai rien à me reprocher.
-J'en suis pas si sûr.
Je vous mets en examen, M. Rongier.
-Bonjour. -Si vous traitez
les suspects comme ça, on s'en sortira pas.
-Il est fragile. Si on le brusque, il parlera pas.
-C'est un boxeur.
-Ca veut rien dire.
-J'ai le témoignage de Gianni, le patron d'Adam Rongier.
Adam a travaillé, mais il a terminé à 21h.
-Il avait le temps
de retourner au club.
-Il y a 10 jours, Gianni a vu Adam donner de l'argent à ses copains,
en petites coupures.
-Il peut l'identifier ? -Emilio da Costa.
C'est un petit caïd de quartier.
Enfin, "un petit caïd"... il se la raconte, surtout.
-Emilio est au club de boxe.
-Ah bon ?
-Je l'ai croisé hier.
-Emilio est moins doué qu'Adam,
mais plus arrogant et ça énervait Kramer.
-Da Costa rackettait-il Adam ?
Adam vole les 5 000E pour les donner à Emilio,
Kramer l'apprend et se dispute avec Emilio.
-Ce qu'Adam refuse de nous dire, Da Costa pourrait nous le révéler.
-Vous nous l'amenez ? -Oui. Merci.
-Vous voulez pas de café ? -Non. J'ai plus rien.
...
-Monsieur da Costa, s'il vous plaît.
-Je lui ai prêté de l'argent, il me l'a rendu. C'est tout.
-Votre camarade ne nous a pas dit ça.
-Quoi ? Il a dit quoi, ce bâtard ?
-Il a parlé de l'argent des adhésions.
-Quelle balance ! Ca m'étonne même pas de lui.
-Il faut vous expliquer.
-Avec plaisir. Pas de raison que je couvre ce taré.
-On vous écoute.
-Il y a 3 semaines,
Kramer a organisé un combat d'entraînement.
-Pas pour vous.
-C'est normal, il voulait placer son chouchou partout où il pouvait.
-Et donc ?
-Donc, moi, je faisais le sparring-partner pour Adam,
pour qu'il soit dans les conditions du championnat.
-Cadre-le.
Emilio, serre les coudes.
Plus souple
sur les jambes.
Cadrez-vous.
Bien,
le crochet.
-Ah ouais.
Allez, viens.
-Concentre-toi.
Arrêtez !
-Comme quand tu te chiais dessus.
-Adam, c'est terminé.
Sors-moi de là.
Sors !
C'est terminé !
(Putain)...
-Dans le milieu de la boxe,
y a une règle à ne pas franchir.
Pas frapper après le gong.
Kramer est strict sur la discipline.
Il a dit à Adam : "Tu n'iras pas au championnat."
-Vous saviez
comment faire sortir votre adversaire de ses gonds.
-C'est pas interdit.
Adam, on l'appelait Bouboule. Ca le mettait en rage.
Il tapait sur tout ce qui bouge. On était morts de rire.
-Il vous en faut peu. -Depuis que c'était le protégé
de Kramer, il me prenait de haut. Mais le gros sommeillait en lui.
-Comment il a réagi ? -Mal.
Il était dégoûté.
Il se voyait déjà avec les gants de Mohamed Ali.
-C'est très intéressant, mais ça ne me dit pas où sont les 5 000E.
-Il craignait que le coach le mette sur la touche.
-Vous l'avez convaincu
de voler l'argent ? -C'était pas dur.
En plus, Kramer laissait les clés de son bureau traîner partout.
-Et vous avez réclamé votre part ?
-Kramer l'a su.
-Vous l'avez peut-être aidé à trouver le voleur.
En termes de balance,
vous êtes bien.
-Je peux y aller ? -Non.
Qu'est-ce que Kramer a fait ensuite ?
-Il a viré Adam.
-Quand ?
-Y a 10 jours.
-Qu'avez-vous fait avant-hier soir entre 22h et minuit ?
-J'étais au quartier.
Je traînais un peu.
-On va vérifier.
-Pour votre information, inutile de chercher des ennuis
à Adam. En fait, il ne nous a rien dit.
Vous vous êtes mis à découvert seul.
On a retracé les déplacements d'Adam et Emilio.
Emilio volait des pièces pour des scooters.
Le gardien a fait une description précise.
-Normal qu'il ait tu
son alibi.
-Adam était chez lui à 21h.
-Il aurait pas pu laisser son portable chez lui
et repartir au club tuer Kramer ? Mais on peut pas le prouver.
-Adam a tout sacrifié
à la boxe, Kramer lui fait miroiter une carrière incroyable.
-Mais il ne le sélectionne pas.
Adam se venge de Kramer en volant l'argent.
-Kramer s'en aperçoit. -Da Costa dénonce Adam.
Et Kramer le vire. -Et Adam se venge 10 jours après ?
-Oui. -Ca colle pas.
Adam est impulsif. Da Costa a dit qu'il était furieux.
Et il aurait attendu 10 jours ? -Pourquoi pas ?
-Il a fallu 10 jours au tueur
pour tout comprendre. -Comment ça ?
-On a retrouvé chez lui
des emballages de bonbons. Il notait plus son poids.
-Et ? -Adam avait perdu confiance en lui.
Ses démons le hantaient.
Quelqu'un a été témoin de sa chute
et ne voulait pas le voir plonger. -Surtout s'il était encore
mis à l'épreuve.
Nadia ?
Vous pouvez avoir le bornage du téléphone d'Inès Rongier ?
-Je vous ai déjà tout dit.
-Vous n'avez pas dit ce que vous avez ressenti
en apprenant que Kramer avait chassé Adam du club.
-Qu'est-ce que vous voulez dire ?
-Je suis une mère moi aussi. Je me mets à votre place.
Vous pensiez votre fils sauvé grâce à la boxe.
Plus de violence gratuite, plus de trouble alimentaire.
Il avait un futur.
Et brusquement, tout s'écroule.
J'imagine ce que vous avez dû ressentir
en voyant votre enfant sombrer à nouveau, perdre pied.
-Et Adam avait déjà
un casier.
Il ne devait pas être reconnu coupable de vol.
-Ca va durer longtemps ? Je dois aller travailler.
-A cette heure-ci ?
-Oui, je suis agent d'entretien pour les sociétés.
-Mme Rongier, votre téléphone a borné à proximité du club de boxe
quand Kramer a été assassiné.
...
-Adam !
Adam !
Adam, je suis rentrée.
Adam !
Adam,
qu'y a-t-il ?
Adam, parle-moi.
-C'est fini, maman. J'ai tout gâché.
-Qu'est-ce que tu racontes ? Adam !
Adam...
Ca faisait quelques jours qu'il m'inquiétait.
Il avait recommencé à se goinfrer. Il était redevenu agressif.
Il m'a raconté tout ce qui s'était passé,
qu'il ne ferait pas le championnat,
qu'il avait volé le club
et qu'il ne pouvait pas le rembourser.
Que Kramer l'avait viré.
Je lui ai filé un somnifère pour dormir et je suis allée au club.
Je me disais que M. Kramer y serait peut-être encore.
Que je pourrais tout rattraper.
M. Kramer.
-Que se passe-t-il ?
-Il faut que vous lui Perdonniez. Je vais vous rembourser.
-Ce sera pas utile. J'ai plus confiance en votre fils.
Il m'a déçu.
Y a des règles, ici.
-Ne le laissez pas tomber. La boxe, c'est tout pour lui.
Que va-t-il devenir ? -Je suis entraîneur,
pas le père d'Adam.
Il a enfreint les règles. Il doit assumer les conséquences.
Que voulez-vous que je fasse ?
Que je laisse les jeunes se comporter en voyous ?
-Adam sait qu'il a fait une bêtise. Il ne recommencera plus.
-Je ne peux pas laisser passer ça. Adam doit comprendre qu'il aura pas
toujours sa maman pour le défendre. -Vous n'allez pas le dénoncer ?
Il risque gros.
-Rentrez chez vous.
-Si vous faites ça, vous détruisez nos vies. M. Kramer !
-Sortez d'ici.
...
-J'ai appuyé
sur la barre
de toutes mes forces.
J'ai effacé les traces.
Et je suis rentrée chez moi.
Qu'est-ce qu'il va devenir sans moi ?
Elle pleure.
...
-Alors ? -Adam Rongier va vous adresser
sa demande de visite à sa mère.
-Comment va-t-il ? Il est seul au monde, maintenant.
-La capitaine a demandé qu'il voie l'assistante sociale.
-La capitaine donne dans le social maintenant ?
-Pour rester en contact
avec lui. -Si Adam Rongier est d'accord,
moi aussi.
-Elle pense qu'Adam Rongier aurait besoin d'un guide
ou quelqu'un de confiance. -Rien d'autre ?
-Non.
-Tenez-moi au courant.
-Depuis le début, elle en fait une affaire personnelle.
-Elle a été professionnelle.
-Expliquez-moi.
-Nadia s'est inscrite dans ce club de boxe.
Kramer l'a prise sous son aile et elle se sent un peu redevable.
-Pourquoi elle me l'a pas dit ? J'aurais compris.
-Ah bon ? -Si. Bien sûr.
Tu es prête ? On y va ?
-Vous avez 5mn ?
Je l'ai "Andreï Roublev".
Une merveille.
3 heures de bonheur.
-C'est pas 5mn.
-En plus, j'ai trouvé la version originale
dans un vieux vidéoclub.
-Ca existe encore ?
-On s'en fout. Allez, installez-vous.
-C'est-à-dire que nous, on avait d'autres projets.
-J'ai pas souvent l'occasion de te montrer mes films cultes,
mes films fondateurs.
Attends, ça y est.
Ca commence. On ne bouge plus.
...
-Si c'est pour tout changer, autant tout raser et bâtir une maison !
-C'est pas mal, ce que propose XL. Si on abat ce mur, on pourrait...
-Je ne lui fais pas confiance.
-Tout ça parce qu'il va pas dans ton sens.
-Ce type dessine des plans sans nous demander 1 centime.
-Parce qu'il est gentil. -"Il est gentil."
Et toi aussi.
-Je te vois venir.
-Quoi ? -Bonsoir.
-Bonsoir.
Un verre ? -Non. Je passe juste.
On oublie les plans. J'ai compris que vous aimiez le lieu en l'état.
Barth, vous avez raison. On tient un diamant brut.
Il faut juste le faire briller.
On va partir sur des aménagements de confort.
On change des détails ou l'ensemble.
-Très bien. On va regarder. Et n'oubliez pas de dormir.
C'est important.
-Je file.
Ca va être grandiose.
-Demain, j'installe
une porte blindée. -Oh dis donc !
C'est pas mal !
Regarde, mon coeur, il y a du vert et du rose.
-C'est plus esprit "Tamaris".
-C'est du compromis. -Un début.
Un petit début.
Voix d'homme s'exprimant en russe.
...
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