All language subtitles for La Stagiaire.S06E01

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Original subtitles

...

-Ah non ! Pas encore !

J'en ai marre.

Papa ! Maman !

La chasse d'eau est cassée. Ca coule.

-Ca n'arrive que quand t'es là. Ce matin, elle marchait.

-Tout est HS ici. Hein, maman ?

-Depuis la mort

de tante Jeanne, elle n'a pas été rénovée. Les cousins sont sympas

de nous la prêter. -Elle sent moins le renfermé.

-Ca dépend où.

-Je répare la chasse.

-Comment tu fais pour rester zen ? -Je pense

à notre joli mas provençal et ça, ça me fait rêver.

-En attendant,

t'as vu tonton ?

Il a toujours été comme ça ?

-Il est mort avant notre mariage, mais sa femme adorait ton père.

-Papa n'arrête pas de parler de la tante Jeanne.

Une pendule sonne. -Je n'en peux plus !

Voilà !

Et toi ? Tu reviens dans une semaine ?

-C'est réparé.

Faut juste être délicat

avec le mécanisme.

La pendule s'est arrêtée ?

-C'est possible.

-Qu'est-ce qu'il y a de drôle ?

-Rien. Bonne journée.

-Bisou, maman. Elle rit.

-Quand ça sonnait

à 8h, un chocolat chaud m'attendait sur la table.

-Souvenir d'enfance, épisode 17. Moi, j'y vais.

Bisou, papa.

-C'est ça. Bisou.

Allez ! Tic-tac de l'horloge.

Sonnerie de l'horloge.

...

-Mardi, je pars plus tôt pour aller chez le notaire.

-Pour la nouvelle maison ? -Oui, je suis si contente.

On va enfin déballer les cartons. -Tant mieux. Vous étiez préoccupée.

-Ca se voyait ? -Vous ne faisiez plus

vos petites réflexions. -Je vais me rattraper.

-M. le juge, Constance. -Capitaine.

-Bruno Marchand,

51 ans, domicilié à Marseille dans le 13e.

Divorcé. Un enfant à charge.

Un randonneur a aperçu le corps dans le ravin vers 15h30.

Il est mort

il y a moins de 3 heures.

-Le corps était là.

-Ca pourrait être un accident.

-C'est un meurtre. Il a une fracture au tibia

sans écoulement de sang.

-Il était mort avant. -Voilà. Exactement.

Il a été frappé violemment à la tempe et ça a provoqué

une hémorragie cérébrale. Ca s'est passé là-bas.

On a un appareil photo, un zoom,

des jumelles, une carte

de la région et si vous arrivez à déchiffrer

ces pattes de mouche.

-On dirait

des heures, des dates.

-On n'a pas retrouvé son téléphone. -Le meurtrier l'aurait récupéré ?

Vous avez l'adresse de la victime ? -Oui.

-Je ne comprends pas.

Vous savez qui c'est ?

-On débute l'enquête.

On voudrait en savoir plus sur votre père.

-Vous l'avez vu aujourd'hui ?

-Ce matin.

Avant de partir au bahut.

J'étais en retard.

-Que faisait-il comme métier ?

-Il faisait des missions en ressources humaines.

Mais ce matin, il avait rendez-vous

à l'agence d'intérim.

-On a retrouvé du matériel photo dans sa voiture.

-C'est pour ses oiseaux.

Quand il ne bossait pas, il passait son temps à les observer.

Ca le rendait heureux.

-Il t'emmenait avec lui ? -Quand j'étais

petit.

Ca n'a jamais été mon truc.

-Tu préfères le théâtre ?

-Oui.

J'en ai fait au lycée.

-Après le divorce

de vos parents, il a refait sa vie ?

-Non.

Il y avait une voisine, mais la nature, ça l'a vite gavée.

-Il avait des amis, une vie sociale ?

-Non.

Les oiseaux, c'était toute sa vie.

Il allait aux réunions

Bird Watching.

A part ça, il ne sortait pas.

-Faut pas que tu restes seul, Rémi.

-Ma mère arrive de Munich ce soir.

-Fanny, que se passe-t-il ?

-J'ai beau faire des efforts, M. le juge,

mais là !

Mon remplaçant a tout changé.

Faut tout que je remette en ordre.

-Quiring veut le dossier Vivier pour statuer sur la cosaisine.

-Moi, je l'aurais retrouvé tout de suite.

-Appelez Christian.

-Il ne répond pas. -Calme-toi.

On va le retrouver. -Le dossier Vivier, c'est quoi ?

Le double meurtre de la Sainte-Victoire ?

-Il manquait une expertise. -Alors, il est

dans le tiroir

du bas.

-Ah ben, d'accord ! C'est le pompon !

J'ai une montée de lait.

Je reviens.

-Elle est très émotive, là. -Elle a voulu reprendre.

C'est dur

de se séparer de son bébé. -Surtout au début.

Moi, pour Raphaël, je pensais tout le temps à lui.

T'as pas oublié

pour le spectacle ? -Le spectacle ?

-Le spectacle de l'école.

Ce soir. -Eh ben, non. Non, non.

C'est ce soir. Oui.

Je serai là. Je reviens. A tout de suite.

-Ah, Boris.

-Je dois annuler notre dîner.

-C'est pas grave. Je te parlerai de mes projets une autre fois.

Dis-moi.

Ca se présente comment,

le meurtre ?

-La victime était très active dans la protection des oiseaux.

Ca a pu lui attirer

des ennuis, mais tes projets, ça concerne ta carrière ?

-Ma carrière ? Ah non !

Je n'ai pas l'intention de prendre ma retraite.

C'est plus personnel.

Depuis mes petits soucis de santé, j'ai réfléchi.

J'ai décidé de...

De ne pas avoir de regrets.

-"Saut en parachute." -Hum !

-"Spéléologie dans le gouffre de Padirac."

-Aussi.

-"Chemin de Compostelle à vélo."

C'est sportif. -Oui.

Je vais m'inscrire dans une salle de sport

pour me remettre en forme.

-Il y a des activités moins dangereuses.

Des croisières, un vol

en montgolfière ou l'observation

des oiseaux. -Pour finir comme ta victime ?

Tu veux te débarrasser de moi ? File.

Hé ! Hé !

-Je sais. Je sais.

-Si vous devez attraper

un oiseau blessé, attention

à bien plaquer ses ailes

contre son corps.

Attention aussi aux coups de bec. Gardez les bras bien tendus.

Pour le transport, un carton.

On met l'oiseau dans le carton.

On fait attention à lui. On referme.

Et on amène l'animal chez un vétérinaire.

Je donne l'adresse de ma clinique ?

-Non, on la postera après.

-Bruno était un pilier de Birdie.

Il s'investissait beaucoup dans nos activités.

-En quoi consistent vos activités ?

-Nous recensons le nombre de sujets par espèce

avec leur localisation, leur migration.

-C'est ce qu'il notait sur son carnet ?

-Pour suivre l'évolution des populations.

-J'ai un rendez-vous.

Je peux y aller ? -Oui, bien sûr.

-Merci.

A ce soir, chérie. -Oui.

-Il a été retrouvé à Bimont.

C'est un site d'observation ?

-Entre autres, oui.

Olivier, vous y étiez avec lui le week-end dernier.

-Oui, j'y étais. Je suis nouveau. Bruno m'apprenait à identifier

les espèces. -Il vous a paru comment ?

-Ben... Normal. Hyper concentré.

Un mec jouait avec son drone.

Bruno lui a demandé de partir.

-Quelqu'un pouvait lui en vouloir dans le cadre de Birdie ?

-Les chardonnerets.

-Les chardonnerets ? -Ce sont de petits oiseaux

victimes d'une chasse sans merci.

Ils se vendent jusqu'à 800 E.

-Bruno surveillait

le marché aux puces,

la plaque tournante du trafic.

Il nous en a parlé.

-Je reviens du commissariat. Ils ne veulent rien faire.

Tu leur donnes les infos, mais c'est pas leur priorité.

Ils m'ont entendu.

-Ca ne nous aidera pas. -Chaque jour

compte.

En 10 ans, on a perdu la moitié de nos chardonnerets.

Bientôt, ils auront disparu. -La pétition a eu

du succès. -On doit être

sur le terrain. Je te collerai

ces salauds contre leurs piquets de glue.

-Pourquoi un piquet de glue ? -Ca sert à les capturer.

Les braconniers les attirent en diffusant des chants d'oiseaux.

Leurs ailes se collent sur un bâton. C'est une horreur.

-Il était excessif,

mais il faut des gens comme ça pour faire bouger les lignes.

Sonnerie.

-Excusez-moi.

Allô ?

Allô !

Je vous entends mal. Le notaire ?

Allô ? Pour le rendez-vous ? Appelez mon mari.

Appelez mon mari.

C'est mon notaire. -J'ai la liste des membres.

Ils envoient à Nadia une photo du trafiquant.

-Et ça, c'est quoi ? -Le chant d'un chardonneret

que Marchand a fait. -Pour trouver le meurtrier ?

-Le président a insisté. -Vous êtes poli.

-On n'a qu'à le mettre.

-On va écouter ça

pendant 1 h ?

*Chant du chardonneret.

...

Stridulations.

...

-Bonsoir. Le notaire cherchait à te joindre pour le rendez-vous ?

Ben ?

Un problème ?

-Le propriétaire de la maison a fait un infarctus. Il est mort.

-C'est trop triste.

Ca ne change rien pour nous.

-On n'avait pas signé la promesse de vente.

Là, tout est gelé.

Je suis déçu aussi,

mais on ne se laisse pas abattre. On aura la maison de nos rêves.

Dès demain, on se remet en chasse.

Au fait, la pendule remarche. -Un bonheur n'arrive jamais seul.

Sonnerie de la pendule.

*Musique rythmée.

-Raphaël est mignon.

Il se débrouille bien. -Il était formidable.

Il avait le trac. Je l'ai rassuré. A la fin, il m'a sauté

dans les bras. -Vous devenez un vrai papa.

On frappe. -Vous avez le nom

du trafiquant ?

-Oui.

Jordan Morin. Avant le trafic

de chardonnerets,

il a fait dans les chiens

et les lémuriens.

Depuis hier soir, il est à la frontière belge

en garde à vue.

-Ca, c'est un alibi.

-Il avait des cartons avec des oiseaux.

-Il a un complice ici.

-Au moins 1.

Il a reçu 2 messages qui disaient de ne pas revenir à Marseille.

Des messages d'un certain Olivier Vermeulen.

-Un de vos voisins a déclaré à la police

vous voir entrer et sortir de chez vous avec des cages.

-Oui. J'avais une perruche.

-Un amoureux des oiseaux qui les enferme.

-Je ne le réalisais pas avant d'entrer dans cette association.

-On a retrouvé des plumes de chardonneret

dans le coffre de votre voiture et de la glue.

-C'est pour le bricolage.

-Vous faites du trafic. Vous êtes à Birdie pour espionner

leurs actions. -Vous avez envoyé

2 messages à votre complice,

Jordan Morin.

"C'est chaud, ici" et "reste en Belgique".

Un meurtre, c'est très chaud.

-Ah non ! Ca, c'est pour le match.

Je n'ai pas eu de places. -Ca suffit !

Vous avez quitté

votre service à la cafétéria à 13h.

Qu'avez-vous fait ensuite ?

-Je me suis baladé. -Du côté de Bimont ?

Bruno Marchand vous a surpris ?

-Non, je suis resté vers chez moi.

-Quelqu'un peut en témoigner ?

Il y a une différence entre un délit et un meurtre.

Même si votre alibi

vous vaut des poursuites, vous avez intérêt à le donner.

-J'étais avec un copain, mais on n'a rien attrapé.

Je n'ai rien à voir

avec la mort de Bruno.

Il se mettait plein de gens à dos.

-Vous pensez à qui ? -Des paysans,

des chasseurs... Dès qu'on touchait aux oiseaux, ça le rendait dingue

comme si c'était ses gosses.

-On le comprend avec ce que vous leur faites.

-Messieurs. -Je félicitais

Antoine. Il entre dans le livre des records du palais.

-T'as l'air fatigué. T'as fini tard ?

-Non, tôt.

-La justice de terrain,

c'est la meilleure formation.

-C'est dur, ces sessions pour les prévenus. C'est interminable.

-Même après l'audience, il défend ses clients.

Sonnerie.

Vous m'excusez. Le devoir m'appelle.

-On prend un café ? -Oui.

Avec plaisir.

-Ca s'est bien passé ? -Epuisant.

Faut que je te raconte le dernier client.

Il brûle les poubelles

pour punir les mécréants.

Evidemment, il va en HP. Et pour me remercier,

il me jette un sort.

-Je dois m'inquiéter ?

-Je fais des horaires de fou, je ne gagne pas un rond.

Je suis payé une misère. -Papa et moi, on est là.

-Je suis un grand garçon.

Je te paie un café.

Tu veux un allongé ?

Mon portefeuille ?

-Il t'a vraiment jeté un sort.

-Oh non ! Non !

Ben, non !

-L'alibi de Vermeulen est confirmé.

-Très bien.

Et pour la victime, côté professionnel ?

-Avant de travailler en intérim, il était DRH.

Il a refusé de dégraisser le personnel.

-C'est pas un homme de compromis. -Il défendait des valeurs.

Le jour

de sa mort, le conseiller en intérim l'a trouvé distrait.

Il a refusé une mission

pour le lendemain.

-Il a donné une raison ?

-Aucune.

Il est parti à 11h40.

D'après ses relevés de carte bleue, à 12h14,

il achetait à déjeuner

dans une boulangerie.

On l'a retrouvé mort à Bimont

à 15h30.

-Entre-temps, il a "birdwatché" ?

-Il n'a rien noté sur son carnet

ni pris de photos.

-M. le juge.

On a trouvé un enregistrement

sur l'ordinateur

de la victime. Ca date de la veille du meurtre à 16h22.

-Il est mignon, ton fils.

-Oui, et il change si vite.

-Mesdames,

on y va ?

-Oui.

*Cris d'oiseaux. *-Bruno ?

*-Chut !

*-Pourquoi t'es là ?

*-Je recense les oedicnèmes. *-On a acheté

*le terrain pour construire une résidence.

*-C'est pas possible !

*-Désolée, Bruno,

*mais là, c'est signé... -Dommage qu'il ait coupé.

Merci, Fanny.

-Ils se tutoient. Il connaissait cette femme.

C'était tendu.

-Si Marchand vire un propriétaire de drone,

la perspective d'un chantier

n'a pas dû lui plaire. Il se trouvait où ?

-Il a noté "92,65".

-Des coordonnées GPS ?

On rentre

ensemble ? -T'auras fini à 18h ?

-Je ne pense pas.

Signal SMS. -C'est pas vrai !

-Quoi ?

-C'est le père de Raphaël.

Il m'a déjà laissé 3 messages.

Ca fait 5 ans qu'il est en Australie.

Il nous envoie un mail par an, et là, je dois être à sa disposition.

-Il veut prendre des nouvelles de son fils.

-On ne peut pas compter sur lui.

Ludovic est un ado.

Je préfère les hommes en qui je peux avoir confiance.

-Je suis là.

On frappe.

-M. le juge.

-J'arrive.

A tout à l'heure.

Oui ?

-Les oedicnèmes sont une espèce protégée.

Marchand a partagé une photo, mais ne dit rien sur le chantier.

-Et "92,65" ? -C'est le croisement de 2 routes.

Nadia cherche le propriétaire du terrain.

Sonnerie. -C'est elle.

Oui, capitaine ?

*-Le permis de construire a été délivré à une société

*d'investissements immobiliers dirigée par Audrey Castelli.

-Quand M. Marchand observait les oiseaux,

il avait toujours son enregistreur sur lui.

La veille de sa mort, on vous entend vous disputer

à propos d'un terrain.

-Oui, c'est vrai. On a eu des mots.

J'ignorais que ces oiseaux étaient une espèce protégée.

Ce chantier va donner du travail à plein de gens.

-M. Marchand n'a rien voulu entendre. Il a menacé

de tout faire arrêter. -Non.

Je l'ai rappelé le lendemain.

On s'est arrangés. -Il a changé d'avis ?

-Je me suis renseignée. On peut reloger les oiseaux.

Il faut trouver un terrain et l'entretenir pendant 30 ans.

Il allait m'indiquer un endroit.

-Vous avez annulé vos rendez-vous

de l'après-midi.

-On avait rendez-vous à 14h. Il n'est jamais venu.

-Vous ne l'avez pas rappelé ?

-Le réseau passe mal là-bas. Je suis repartie au bout de 30 mn.

De toute façon, il était d'accord.

-Il n'est plus là pour le confirmer.

-Vous ne pouviez pas risquer de perdre

ce chantier.

Vous n'auriez plus de partenaire au moment où votre société traverse

une mauvaise passe.

-Je ne l'ai pas revu hier. Comment je dois vous le dire ?

-Vous vous connaissiez bien ? -Nos fils sont dans le même lycée.

Ils sont amis depuis l'enfance.

Il s'inquiétait pour son fils. Ses résultats scolaires baissaient.

C'est terrible pour Rémi.

-Voilà votre procès-verbal. Lisez-le.

Votre rendez-vous pour la cosaisine du dossier Vivier,

j'ai tout préparé.

-Je vous laisse terminer.

-Les soucis de Bruno Marchand au sujet de son fils,

vous ne les avez pas inventés ?

-Bien sûr que non.

-Vous pouvez m'en dire plus ?

Quand on est venus chercher Rémi samedi, il se disputait avec Bruno.

-Je vois que ça va pas.

-Arrête de me faire chier. -Ne me parle pas comme ça.

-Tu ne comprends rien.

-Rémi, t'es prêt ?

On y va ?

-Il ne fout plus rien au lycée.

Il ne dit rien. Il m'aboie dessus.

-C'est arrivé à Lucas quand sa copine l'a largué.

Il a été infect pendant 1 mois. -C'est plus grave.

On était très proches tout le temps.

Ce n'est plus le même.

Demande à ton fils s'il sait quelque chose.

-J'essaierai.

-Merci.

Et merci pour ce soir.

Rémi voulait voir cette pièce. -Avec plaisir.

Ca va aller.

Claquement de portière. Elle démarre.

Mon fils n'a rien pu me dire.

Ils se parlent moins. Ils ont grandi.

Rémi était tout pour Bruno.

Il s'est battu pour avoir sa garde au moment du divorce.

Ca le désolait tellement de le sentir se détacher de lui.

-Vu son tempérament, il n'en est pas resté là.

-Désolée de partir si tôt.

Mais là, la nounou ne sait plus quoi faire.

Il ne dort pas le jour ni la nuit.

-Prends le CD des chardonnerets. Ca va l'apaiser.

-T'as raison.

Bonne idée !

A demain, M. le juge. -Oui.

Elle part tôt, là.

C'est Tito ?

-C'est Tito.

Audrey Castelli a contacté

un bureau d'études spécialisé dans l'environnement.

-Marchand n'avait pas

forcément accepté. -Il faut chercher

dans son entourage familial.

-Encore une intuition ?

-J'instruis à décharge.

Marchand s'inquiétait pour son fils.

-Vous avez reparlé à Mme Castelli. -Quand elle lisait son P.-V.

-C'est plus fort que vous.

-Il y a 8 ans, après son divorce, son ex-femme voulait

emmener leur fils en Allemagne.

Il s'est retranché en haut de la tour du Fanal pour avoir la garde.

-Carrément !

-Il était prêt à tout pour son fils.

-Sa mort aurait un rapport

avec son fils ?

Quel était le problème ? -Marchand essayait de le savoir.

A sa place, j'aurais contacté le lycée.

-Vous avez déjà la liste des professeurs ?

-Je l'attends.

Il chante en russe.

...

-Il est en train de chanter ?

-Il est de bonne humeur ?

...

Oh !

Zdravstvuyte.

-Zdravstvuyte.

"Bonjour", en russe.

-Tu parles russe ?

-Vodka v shkafu.

-"La vodka est dans l'évier".

-Dans le placard.

-T'es sûr ?

-J'en ai fait 2 ans.

J'ai arrêté. -Moi aussi.

Je l'ai regretté. C'est nos racines.

-Tu t'y remets ?

-C'est moins dangereux que la chute libre. "Do svidaniya".

-Do svidaniya. Il chante.

-"Au revoir".

-Je m'en doutais.

Pourquoi c'est moins dangereux que la chute libre ?

-C'est parce que Quiring a pris des résolutions très variées.

-Ah ! J'ai la liste des profs de Rémi.

Je sais qui Marchand est allé voir.

-Khorosho.

-Spaciba.

-Vous parlez russe ? -Il s'appelait Sergueï.

Cris des oiseaux.

-Mme Pernay,

M. Marchand vous a contactée

avant sa mort. -Oui.

Il m'a parlé à la dernière réunion.

J'ai Rémi en cours d'anglais et au club théâtre du lycée.

-Il s'inquiétait pour lui ?

-Il m'a demandé si j'avais noté un changement

chez lui, mais avec moi, il n'a pas changé.

Je l'ai rassuré.

C'est une phase. Il ne faut pas s'imaginer le pire.

Il voulait que je garde un oeil sur lui.

Tu vas le relâcher ?

-Oui, il est prêt.

-Qu'est-ce qu'il a ? -Il s'est empoisonné.

Mon mari l'a soigné.

-Ils prennent les pesticides en granulés pour de la nourriture.

Celui-là a eu de la chance.

-On y va, Cléa ?

On prépare un hommage à la mémoire de Bruno.

-Si Marchand a demandé à la prof

de jeter un oeil sur lui... -Il a pu vouloir le surveiller.

-Où est la boulangerie où il s'est acheté

à déjeuner ? -Dans le 13e, rue des Lilas.

-C'est la rue de son lycée.

Cris des goélands.

...

-C'est quoi, cette blague ?

Mon père n'était pas au lycée.

-Il était déjà là la veille. -Mon ex-mari l'espionnait ?

-Tout va bien dans ta vie ?

-Hier midi,

vous avez fait quoi ?

-Je suis allé manger au Vieux-Port.

J'ai repris les cours à 14h. -Vous étiez seul ?

-Oui, et alors ?

-Vous n'étiez pas avec des amis ? -Non.

-Ou une copine ?

-J'étais seul.

-Rémi, va dans ta chambre.

-Vous l'interrogez comme un suspect.

-On reconstitue

ce que votre ex-mari a fait avant sa mort.

-Vous étiez en bons termes

avec lui ? -Oui. Rémi était notre priorité.

S'il y avait eu un problème, je l'aurais su.

-Vous en êtes sûre ?

-Rémi ne parle pas beaucoup.

C'est à son père

qu'il se confiait. Pas à moi.

Sonnerie.

... Allô ?

Ja.

-Il n'était pas seul. -Nein.

Ich bin nicht in Munchen.

Stridulations.

...

Signal SMS.

...

-Je n'ai que des alertes pour des maisons qu'on a déjà vues.

Si tu veux quelque chose de fonctionnel dans notre budget

qui a du charme...

-Faut peut-être élargir aux apparts.

-C'est tellement bien d'avoir un jardin.

-Oui.

C'est vrai que c'est bien.

Je demande aux cousins de nous la prêter encore ?

-On a abusé de leur gentillesse. -Ca ne les dérangera pas.

Cette fois-ci, on leur paie un loyer.

-OK. Vois avec eux.

-OK.

Quelqu'un arrive.

-Désolée. J'ai loupé le bus.

-Encore une nuit difficile ?

-Non, tes chants d'oiseaux, ça a marché.

Moi, j'ai mis des boules Quiès et j'ai pas entendu le réveil.

Tu fais quoi ?

-Je regarde

le compte Instagram de Rémi.

Vu les messages romantiques qu'il poste, il est amoureux.

-Ah ? De qui ?

-Je sais pas.

Pas de nom, pas de photo. Rien sur ses fadettes.

-Ca doit être une fille de son lycée.

Ils se voient toute la journée.

-Aucun de ses potes n'est au courant.

Il est devenu distant. -Eh ben !

Déjà un bébé, c'est du souci. Quand il sera ado, je ne vais plus vivre.

-Il fera ses nuits.

T'auras du mal à le réveiller.

Je croyais que les oiseaux, c'était pas son truc.

Vous avez vu la légende ? "My heart is yours."

"Mon coeur est à toi", en anglais. -J'avais compris.

-Et là, y a des petits coeurs. -C'est posté par Robin.

Il aurait une relation avec un garçon ?

-Robin, en anglais, c'est aussi un prénom féminin.

Mais surtout, ça veut dire "rouge-gorge".

-Ce serait un pseudo de quelqu'un qui parle anglais

et qui aime les oiseaux. -Avec un foulard rouge.

-Cléa Pernay.

-Mon fils n'a pas de relations avec Mme Pernay. C'est sa prof.

-Les photos et les textos échangés

ne laissent aucun doute.

-Dis-moi que c'est faux.

-Ca ne changera pas.

-C'est n'importe quoi !

-Quand je serai majeur, on vivra ensemble.

-Le jour de la mort de ton père,

Cléa t'a laissé un message.

Elle t'a donné rendez-vous à 13h à la calanque.

Tu es allé la retrouver ?

-C'est du détournement

de mineur. Ca dure depuis quand ?

-Dans l'immédiat, notre priorité, c'est de retrouver

le meurtrier de votre ex-mari.

Merci.

-Quand tu as quitté le lycée,

ton père t'a suivi.

Tu l'as vu ?

-A un moment,

quand j'étais sur mon scooter, j'ai cru reconnaître la voiture.

Quand je me suis retourné, elle avait disparu.

Je n'y ai plus pensé.

-Après le rendez-vous, vous êtes allé au lycée,

mais Mme Pernay ?

-Elle n'avait plus cours.

Elle est allée chez Birdie.

-Elle a tué Bruno ?

-N'importe quoi !

Elle n'y est pour rien.

C'est pas possible !

C'est pas Cléa.

-Au club de théâtre, Rémi a toujours été très assidu.

Il restait après les répétitions. On discutait.

Il me faisait rire.

Avec lui, je me sentais vivante.

Il me regardait comme mon mari ne me regarde plus.

Passé 40 ans, tout change.

Je le vois bien sur mon visage. Ca me terrifie.

Rémi, c'est comme s'il arrêtait le temps.

Il y a 3 mois, il m'a embrassée. Je ne l'ai pas repoussé.

-Vous saviez

ce que vous risquiez en abusant de l'autorité de votre fonction.

La prison.

L'inscription

au fichier des auteurs d'infractions sexuelles,

votre radiation. -Et le scandale.

-Je ne pouvais pas renoncer à lui. -C'est vous, l'adulte.

Vous vous êtes comportée comme une adolescente.

-Qu'avez-vous fait après votre rendez-vous à la calanque ?

-Je suis retournée au local de Birdie.

J'ai emmené le type avec l'oiseau blessé à la clinique de Patrice.

-Vous n'avez rien oublié ?

Marchand suivait son fils. Il vous a vus.

-Il vous a retrouvée à l'association ?

-Oui.

L'oiseau s'est calmé. Je l'ai mis dans un carton.

Je peux l'apporter à la clinique. Rappelle-moi.

-Salope ! Je t'ai vue avec mon fils. Comment t'as pu ?

-Qu'est-ce que tu racontes ?

-Je m'inquiétais pour lui et toi,

tu n'avais rien remarqué. Tu t'es bien foutue de ma gueule.

-J'ai voulu

arrêter. -Mais t'as continué.

Il a 16 ans, bordel !

T'es là pour éduquer nos enfants.

Pas pour les pervertir. Tu pourrais être sa mère.

-Je vais lui dire que c'est fini. -Tu l'as manipulé.

Tu te rends compte ?

Il ne s'en remettra jamais. -Perdon !

-J'en ai rien à foutre ! C'est quoi, ton problème ?

Tu vieillis ? Alors, tu te tapes un gamin ?

Tu es pathétique.

Je vais porter plainte.

Tu ne t'en tireras pas.

Je vais te détruire.

-Vous n'avez pas essayé de le rattraper ?

-J'étais incapable de bouger.

-Vous avez bien ramené l'oiseau à la clinique.

-Oui. L'oiseau souffrait.

-Il était

quelle heure ? -Je ne sais plus.

Après, je suis retournée

à Birdie.

Je n'ai pas tué Bruno.

-T'as meilleure mine. Pas de marathon cette nuit ?

-Non, j'ai dîné en famille. -Tu m'amènes Tony dimanche ?

-Oui, avec son vélo. Il ne le quitte plus.

-Aux Tamaris, y a de la place.

-Vous êtes là ?

Si j'avais su, j'aurais rapporté votre portefeuille.

-Vous l'avez ?

-Des collègues l'ont retrouvé dans la piaule d'un pickpocket.

-Marvin Lopez ?

-C'est ton client ?

-L'enfoiré !

Il m'a pris dans ses bras pour me remercier.

-Il cherche un avocat. Un prévenu défendu

par sa victime, ça a de la gueule.

-Oui, c'est vrai.

-Oui.

-Sol !

-Tu es là ?

-Tu ne réponds pas. Alors, je viens.

-T'es rentré d'Australie ? -Avant-hier.

T'as pas écouté mon message ? -Non, j'ai des soucis de portable.

Voici le père de Raphaël.

-Ludovic Barnier. Appelez-moi Ludo.

-Enchanté. Boris Delcourt. Juge d'instruction.

-Waouh ! Un juge d'instruction ? C'est balèze, ça.

Enchanté,

Maurice. -Boris.

Boris. -Je suis dans l'hôtellerie.

J'ai dirigé un concept hôtel, des lodges dans des arbres.

-Pourquoi t'es là ?

-Voir Raphaël.

-Tu te rappelles que t'as un fils ? -Bon, je vous laisse.

-OK. Je n'ai pas été super présent,

mais j'ai un plan sur Marseille.

-Tu vas t'installer ici ? -Oui.

Je voulais emmener Rapha au parc d'attractions.

Samedi, ça irait ?

-T'as pas changé, toi.

Tu débarques comme ça.

C'est tout, tout de suite.

J'en parle d'abord à Raphaël.

Salut ! -Tu peux m'envoyer des photos

de lui ?

-Cléa Pernay est passée à 14h40 à la clinique.

Elle était fébrile. Son mari n'était pas là.

-Elle se dispute avec Marchand à 14h.

Il part. Elle le suit, le tue,

balance le corps et revient à l'association. C'est juste.

-D'autant qu'à 15h30,

Jager a retrouvé Cléa au local.

-Si Marchand avait décidé de dénoncer Cléa,

vu son tempérament,

il aurait foncé au commissariat.

Pourquoi aller

à Bimont ? -Il devait y retrouver quelqu'un.

-Il n'a pas d'appels entrants ou sortants.

-Ils ont communiqué autrement.

-C'est pour ça que le meurtrier a fait disparaître le portable.

-Si ce n'est pas Cléa Pernay, qui aurait voulu le tuer ?

-Imaginons... Elle se dispute avec Marchand

et décide de tout raconter à son mari.

-Pour lui dire qu'elle couche avec un ado ?

-Vérifiez

les déplacements de M. Pernay. -OK.

-"Je n'arrête pas de penser à toi.

"Ta peau, tes seins, ton parfum. J'ai envie de toi."

Et votre épouse répond à Rémi :

"Moi aussi. Chaque minute sans toi

"est interminable." -Mais on ne vous apprend rien.

Vous étiez au courant de l'infidélité de votre femme.

Votre portable est plus bavard que vous.

Il a borné près de Birdie quand elle vous a laissé un message

au sujet de l'oiseau blessé. Vous la surveillez ?

-Non, pas du tout. C'est...

C'est le hasard. Je sortais d'une visite.

-Vous avez décidé de récupérer l'animal.

Et vous avez été témoin

de sa dispute avec Marchand. -Voilà.

-Salope !

Je t'ai vue avec mon fils.

Comment t'as pu ? -Qu'est-ce que tu racontes ?

-Je m'inquiétais pour lui.

Et toi, tu n'avais rien vu.

Tu t'es bien foutue de ma gueule. -Je voulais arrêter.

-Mais t'as continué.

Il a 16 ans, bordel !

-Et là, vous avez compris qu'elle vous trompait.

-Non.

Ca fait déjà quelques mois que je sens qu'elle s'éloigne.

On est mariés depuis 15 ans.

Pour moi, la routine, c'est rassurant.

-Pas pour elle. -Faut croire que non.

Elle commence à rentrer plus tard. Elle annule des déjeuners.

Qu'elle ait une aventure ne changeait rien à mes sentiments.

J'attendais qu'elle revienne vers moi.

-Sauf que son amant

était l'un de ses élèves.

Et son père venait

de le découvrir.

-Il y avait une telle colère dans les mots de Marchand.

-J'en ai rien à foutre !

Je vais porter plainte. Tu ne t'en tireras pas.

Je te le promets.

Je vais te détruire.

Signal SMS.

La voiture démarre.

...

-Il vous a envoyé un message ?

-Oui, il voulait passer à la clinique pour me parler.

-Il voulait commencer

à détruire votre couple. -Sans doute.

Je lui ai donné rendez-vous

à Bimont. J'espérais le convaincre.

-Ta femme couche avec mon fils.

-Cléa va arrêter.

-Elle t'a appelé ?

-C'est une erreur. -Ah ?

Ca va foutre en l'air la vie de Rémi.

-Soyons raisonnables.

-Ta femme te trompe

avec un gamin et tu veux être raisonnable ?

-Pense à ton fils si cette histoire devient publique.

La police, les médias... -Alors quoi ? Je le change de lycée

et on n'en parle plus ?

J'irai jusqu'au bout.

-Cléa est fragile.

-Vous me dégoûtez !

-Il m'a repoussé.

On s'est battus.

Il m'a donné un coup dans le ventre.

Après ça, j'ai pris son téléphone et j'ai poussé le corps

dans le vide.

J'aime Cléa plus que tout.

Il allait la détruire.

Fallait que je la protège.

-Problema papochka ? -Cette application !

Elle me sort par les oreilles. -Ca bugue ?

-Ca fait 1 heure. On me renvoie à la même leçon.

-Fais une mise à jour. -Non.

C'est lassant de répéter des phrases.

Demander où est la pharmacie, ça n'a aucun intérêt.

Je dois parler avec quelqu'un qui corrige mes fautes

et m'explique la langue.

-Un prof de russe. -Oui,

mais qui soit russe. Ca, c'est essentiel.

Au-delà de la langue, je veux comprendre

l'âme slave. Sonnerie.

-Excusez-moi.

-Fais voir.

-Chéri ? *-Oui.

*Tu me vois, là ? -T'es dans le salon.

*-Je rebouche les fissures.

-Tu m'appelles pour ça ?

*-Oui... Enfin, non.

*J'ai eu les cousins en ligne.

-Et ils sont d'accord ? *-ls ont eu

*une proposition.

-On doit partir quand ?

*-Mais attends, je...

*Je pensais que la maison devait rester dans la famille

*et Paul aussi.

*Il m'a proposé

*de l'acheter. J'ai dit "banco".

-T'as dit quoi ? *-"Banco !"

*Ca résout nos problèmes. -Je ne veux pas habiter

là-bas. *-Tu disais

*que tu y étais bien. -Je veux un jardin.

*-C'est pas le moment. Je suis sur un escabeau.

Cri.

-Barth ?

Barth ?

Barth !

Tic-tac de la pendule.

...

-Barth ! -Je suis là.

-T'es par terre ?

-Ca me fait un mal de chien. -C'est bien gonflé.

-C'est fracturé ?

-T'as entendu un craquement ?

-Non, l'escabeau a fait du boucan. J'espère que c'est qu'une entorse.

-Je t'emmène à l'hôpital.

-Oui. Faudra qu'on parle

de la maison.

Hein ?

-Je vais chercher la voiture.

La pendule sonne.

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