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...
-N'oublie pas qu'on dîne chez les Millot.
-Non, annule, on se fait un petit plateau télé.
-Allez ! Ca fait longtemps qu'on n'est pas sortis.
Ben, on ne déjeune pas dehors ?
-Regarde sur la terrasse.
-Bonjour !
Vous vous êtes levés tôt ce matin.
-A notre âge,
les grasses matinées,
c'est du passé.
-"Fatigué", Scrabble !
-(Depuis son histoire avec Robin.
-Non. -Un électrochoc.
Elle s'est aperçue qu'elle ne pouvait plus
vivre au même rythme. -Là, il est très tranquille.
-C'est sûr.
Ils sont passés de 16 à 93 ans.
Alors, c'est quoi le programme aujourd'hui ?
Balade, tai-chi ? -Oh ! Non, certainement pas.
J'ai bien trop mal au dos. -On va marcher dans le jardin.
-Et finir les mots croisés.
-On est bien occupés !
-Ne triche pas ! Ne triche pas.
-C'est quoi ce truc-là ?
-Ca, c'est des seniors plus, sans sucre,
sans sel, sans gras.
C'est pour Jules.
-Eh bien, ça sera sans moi !
...
Coups de klaxon.
-Quand même ! -C'est de votre faute.
-Comment ça ? -Je suis allée chez vous.
Vous ne dormez plus jamais au même endroit...
-Ben, allez-y !
Crissement de pneus.
-Quand même, ça doit fatiguer d'avoir tous ces appartements
en même temps.
-Chez Solène, je n'ai pas mon espace à moi pour travailler.
-Là, vous êtes à la fin de la phase 3.
-Et c'est quoi la phase 4 ?
-L'appartement en commun.
-Attention, Meyer.
Nid-de-poule.
-Pardon, pas vu.
-L'appartement en commun, des tas de couples s'en passent.
-Mais ça ne veut pas dire mariage.
Je sais que vous avez du mal avec l'engagement.
-Pas du tout.
-Si ! -Non !
-Si ! -Je vous assure que non.
Simplement, c'est un peu...
-Vous voyez ! Aucune bonne raison. -Je réfléchis !
C'est un petit peu... prématuré.
Voilà, c'est prématuré.
Quoi ? -Ce qui est prématuré pour soi
ne l'est pas forcément pour l'autre.
-Mais ce qui compte, c'est l'harmonie avec soi-même.
-Je vous plains, parce que la phase 5,
c'est essentiellement à base de concessions.
Pardon.
...
-Bonjour, messieurs. C'est par où ?
-C'est par là. -Merci.
-Constance. -Bonjour.
-M. le juge. -Capitaine.
Alors. -Marie Guérande.
40 ans. C'est sa femme de ménage qui l'a découverte dans le salon.
Elle a été poignardée.
-Un cambriolage ?
-La maison n'a pas été fouillée.
-Ils ont été surpris ?
-Elle vivait seule ?
-Oui, elle a hérité de la maison et elle en a fait un gîte.
La femme de ménage n'a rien touché, elle nous a appelés tout de suite.
J'ai vérifié le registre pour les locations,
il n'y avait rien depuis une semaine.
Et elle serait morte entre 18h et 19h hier.
-Alors ?
-Rien de spécial.
Il nous reste juste cette chambre.
Tout a l'air en ordre.
-Oui.
Sauf le lit, il n'est pas bien fait par rapport à l'autre.
-Oui, effectivement.
-M. le juge.
-Oui.
-Un ticket de Carte Bleue daté d'hier.
-Je travaille pour une société de nettoyage, ça pouvait être moi
qui venais ou une autre... -Quoi ?
-Il y a un homme à tout faire qui vit ici, il s'appelle Gilles.
Depuis que Marie était séparée,
elle l'hébergeait gratuitement en échange de petits boulots
dans la propriété.
Peinture, gazon... -Et ?
-Ca la rassurait, elle vivait seule avec sa fille.
Mais depuis quelques semaines, elle lui avait demandé de partir.
-Il refusait ?
-Oui, il était pas près de retrouver ça.
-Marie Guérande a une fille ?
-Léa, elle a 2 ans. -Elle était où hier soir ?
Chez son père ? -Sans doute, oui.
-Mais je n'ai pas vu sa chambre. -J'ai aidé Marie à la vider.
Elle voulait refaire la décoration. -Où avez-vous mis les affaires ?
-On les a descendues.
Je ne sais pas où elles sont.
-M. le juge, Constance. -Merci, madame.
-Je vous en prie.
-On a trouvé ces billets derrière la maison.
Il y a du sang dessus.
Je le fais analyser pour voir à qui il appartient.
-Et on a trouvé ça, un ticket
de Carte Bleue daté d'hier, 17h50.
-Vous pouvez identifier le titulaire
du compte ? -Oui, bien sûr.
-Bonjour, Boris. Meyer.
La 2e chambre correctionnelle réclame le compte rendu annuel.
-J'ai commencé, M. le procureur. -Finir, c'est mieux.
Et l'homicide ?
-Une affaire domestique, on a un suspect.
-Ca devrait se boucler rapidement.
Très bon pour le bilan de fin d'année.
-Oui, mais je ne fais pas ce métier
pour des bilans. -Toujours aussi idéaliste.
-Je suis d'accord avec lui. -Evidemment !
Bon, terminez mes rapports, Meyer. J'ai des comptes à rendre, moi !
Je ne peux pas me permettre ce genre de réponse.
-Oui, capitaine.
Hm hm.
Très bien. Amenez-le-nous, merci.
La carte appartient à Gilles Pradoux.
Nadia vient de l'interpeller. -L'homme à tout faire.
-Je ne vous lis pas l'heure du ticket.
M. Pradoux.
-J'ai tout contre moi.
-Dites-nous ce que vous avez contre vous.
-Quand je suis repassé ce matin, j'ai vu
qu'elle était allongée par terre, j'ai tout de suite compris.
-Compris quoi ? -Qu'on m'accuserait.
Alors, j'ai ramassé mes affaires et je suis parti.
-Sans prévenir les secours ?
-Elle ne respirait plus.
C'était sûr qu'on m'accuserait.
-Ca s'est bien vu aussi.
-Sauf que je n'ai rien fait du tout.
Hier, j'étais dans un bar.
J'ai passé la nuit chez une fille.
-On vérifiera. -Vous saviez que Marie
gardait de l'argent chez elle ? -Non.
Ecoutez, je traverse une mauvaise passe,
ça ne fait pas de moi un assassin.
-Marie voulait que vous quittiez la maison, vous avez refusé.
-Non, le ton est parfois monté entre nous, rien de plus.
-Donc, elle vous demande de partir,
vous refusez, ça s'envenime, vous la frappez.
-Si s'engueuler, c'est suspect, alors interrogez son ex.
-Comment ça ?
-A propos de la garde de Léa.
Elle le détestait, ils se prenaient la tête pour la maison
à chaque fois qu'il ramenait la gamine.
Et c'est après une de ses visites que Marie m'a demandé de partir.
-Quel rapport ?
-Elle m'a dit qu'elle avait besoin que je parte.
Elle voulait se barrer.
-Et pour aller où ?
-Demandez à son ex.
Il saura sans doute.
Faites votre boulot !
-Pourquoi arrêter le gîte ?
C'était son seul revenu.
-Peut-être qu'il nous raconte n'importe quoi.
-Pourquoi inventer toute cette histoire ?
-Pour se dédouaner, c'est un grand classique.
On va le mettre en examen. -De toute façon,
il faut qu'on auditionne le père.
-Ah ! Les comptes de la victime montrent
qu'elle a acheté une camionnette.
Je ne l'ai pas vue ce matin, j'ai donc fouillé...
-Et qui fouille farfouille.
-Ma grand-mère
disait ça aussi.
-Oui, donc ?
-Elle était à l'extérieur de la propriété.
Et à l'intérieur, il y avait toute une chambre d'enfant
et des vêtements de Marie.
-Elle avait vraiment décidé de partir.
-Tout plaquer et s'enfuir juste pour une histoire de garde ?
-On était séparés.
Mais j'ai quand même vécu dix ans avec elle.
-Vous avez eu une petite fille ensemble.
-Marie s'est
battue pour avoir Léa.
On a essayé d'avoir un enfant pendant des années,
et alors qu'on n'y croyait plus,
elle est arrivée, presque par miracle.
-Quels étaient vos rapports ces derniers temps ?
-Il y avait
des heurts comme dans toute séparation.
Bon...
Globalement, ça allait.
-Lors de vos dernières visites chez elle,
vous diriez que ça allait
entre vous ? -Oui, je dirais ça.
-Vous vouliez changer votre mode de garde pour quelle raison ?
-Je voulais passer plus de temps avec ma fille.
Une semaine sur deux.
Ca a généré des discussions un peu animées,
des petites tensions, mais rien de plus.
-Vous étiez au courant de ses envies de départ ?
-"De départ" !
C'est-à-dire ? -Plusieurs éléments
nous laissent à penser qu'elle préparait
son départ, et sans doute celui de Léa.
-Non, non, pas du tout.
Elle ne m'a même jamais laissé entendre qu'elle voulait déménager.
-Qu'est-ce que vous faisiez hier après-midi, M. Janvier ?
-Hier après-midi ?
Vous me soupçonnez,
c'est ça ?
Jamais j'aurais touché un seul cheveu de Marie.
C'est la mère de ma fille.
Je n'aurais jamais fait ça à Léa. -Si vous pouviez nous répondre,
on pourrait passer à autre chose.
-Hier, j'étais invité par la mairie à une cérémonie
où j'étais officiellement convié.
-Et ensuite ?
-Ensuite...
Ensuite, je suis rentré chez moi.
J'ai libéré la nounou, il devait être 19h.
Il y avait beaucoup d'invités à cette cérémonie.
Ca devrait simple de vérifier ma présence. Non ?
-Ca a l'air
de marcher pour lui.
-Il organise des excursions en catamaran.
Il n'avait pas l'air au courant du désir de Marie de tout quitter.
-Pour moi, ça n'a rien à voir avec sa mort.
Leur conflit de garde ne semble pas si grave.
Et l'argent retrouvé accrédite la thèse du vol.
Quelqu'un s'introduit dans la maison
pour lui voler cet argent.
Elle le surprend, il la frappe.
Et il s'enfuit en laissant tomber une liasse.
-Ca n'explique pas la camionnette avec toutes les affaires
de sa fille dedans.
-Bon, ce que je viens de vous dire
ne vous a pas convaincue.
Eh bien, on continue
de chercher.
Non, mais je comprends très bien.
Mais si tu préfères, on dort chez toi.
Non, il n'y a pas de problème.
Bien sûr, avec plaisir.
-Alors, Christian, quoi de neuf ?
-Ah ! Auxiliaire Meyer. Du neuf ?
Les inégalités se creusent, le climat se dérègle, la canicule
sera bientôt la norme.
Comme vous le voyez, rien de bien neuf.
-Merci, ça fait plaisir ce regard frais sur cette belle journée.
-Ah ! Oui, sinon, le Cpt Saïdi vous a appelée.
Les alibis de Guillaume Janvier et Gilles Pradoux ont été vérifiés.
-Et ça, c'est pas du neuf pour vous ?
-Neuf !
Neuf lettres à envoyer, neuf courriers à poster. OK !
-Oui, je fais vite.
Non, laisse tomber.
OK ! A tout à l'heure, je t'embrasse.
Alors, conclusions, procédures ou signatures ?
T4, 83 mètres carrés, dans le 8e...
Oui.
T4, 93 mètres carrés avec piscine.
Hm.
Sonnerie de téléphone.
Oui.
Ah ! Oui, procureur Marchand.
J'étais justement en train de l'étudier.
Oui. Oui, tout à fait.
Vous avez raison...
C'est un dossier complexe.
Oui.
Hm hm.
Oui, je m'étais dit la même chose, c'est vrai.
-Merci, Simon, tu as vraiment assuré.
Je te revaudrai ça, mon pote.
Allez, ciao !
-C'est qui ce pote ?
-Simon qui travaille à la mairie. -Ca ne me dit rien.
-Il gère les passes annuels.
Et il va nous en faire profiter. -Des passes annuels ?
-Je te donne notre programme
de la semaine.
Le lundi, théâtre.
Le mardi, rumba. Hip-hop, c'était complet.
Le mercredi, sport nautique. Et le jeudi,
il n'y a plus de place pour l'atelier clown.
Et là, je suis vert ! -Et moi donc !
-On n'a qu'une vie, Mme Meyer ! J'ai aussi des places
pour le prince de la musique expérimentale.
Expérience trippante. -"Clairy Krika..."
-Ca ne se lit pas, ça s'écoute. -C'est ce soir ! Et notre dîner ?
-Annulé ! Le concert est loin,
on est déjà en retard.
-Tu es sûr que ça va, toi ?
-J'ai une patate ! Je t'attends
dans la bagnole.
Sonnerie de portable.
-Oui, Nadia.
Mais comment c'est possible ?
...
-Oui, Meyer.
-Je suis encore au palais.
-Il faut rentrer de temps en temps.
-Et sinon ?
de l'autopsie de Marie Guérande.
Elle est bien décédée des suites d'une blessure à l'abdomen.
Mais on a relevé une malformation, c'est impossible qu'elle ait pu
-C'est quoi cette histoire ?
Bon, on verra ça demain. Bonne soirée, Meyer.
Au revoir.
-Bonne soirée.
-Constance, qu'est-ce que tu fais ?
-Oui, j'arrive !
-C'est moi qui conduis. Tu vas voir ce que c'est la grande musique !
-Ah ! Bonjour.
-Bonjour.
-Alors ?
-Magnifique concert.
-Vous êtes rentrés
tard ? -Oui, mais ça valait le coup.
-3h20 de bonheur.
-Oh ! Quelle énergie.
-Parcours d'Accrobranche ce soir.
-Vous me fatiguez ! Au revoir.
La porte claque.
-Tu es sûr pour l'Accrobranche ?
-On doit nourrir notre couple.
Sinon, on va finir comme eux.
-Moi, j'aime ma vie comme elle est, sans rafting, sans rumba.
Je suis heureuse comme ça. -J'ai peur qu'un jour tu regrettes.
-Avec un concert comme hier soir, je ne risque pas de regretter.
-Pas d'Accrobranche ?
Un petit plateau télé. -Ouais !
-Avec un bisou.
-A la tienne, mon amour.
-A la nôtre.
-Tu vois le petit poisson ?
Tu vois comme il tout gentil avec toi ?
Eh bien, les petits poissons vivent dans l'eau.
Bonjour. -Bonjour.
On a quelques questions.
-OK. Je m'apprêtais à partir travailler, mais entrez.
Et voilà !
Tiens !
La petite se met à pleurer. Tu la mets dans sa chambre.
Papa revient tout de suite, ma puce.
...
Léa réclame sa mère.
-On a les résultats de l'autopsie de Marie.
-Comment expliquez-vous
que votre ex-femme soit tombée enceinte de votre fille,
alors qu'elle était atteinte d'une malformation congénitale ?
-Qu'est-ce que vous racontez ?
-Elle ne pouvait pas avoir d'enfants.
Vous n'étiez pas au courant ?
-Mais de quoi vous parlez ? Elle a accouché de notre fille !
-Vous avez assisté à son accouchement ?
-Non, j'étais en déplacement à l'étranger.
Ecoutez, on a eu du mal à avoir Léa.
On a même pensé à faire une fécondation in vitro.
Et Marie est tombée enceinte.
Je ne suis quand même pas dingue !
J'ai bien vu ma femme enceinte.
-Où est-ce qu'elle a accouché ?
-Dans une clinique privée, à Marseille.
La clinique Beau Séjour.
-Et le nom de son médecin ?
-Je ne m'en souviens plus.
Mais ça doit être facile à retrouver.
C'est une histoire de fou !
Je ne comprends rien à ce que vous me racontez.
Et c'est quoi le rapport avec la mort de Marie ?
-Je ne comprends rien à cette histoire.
-Il faut revoir l'autopsie pour exclure une erreur.
Et demander le bornage du téléphone de Guillaume Janvier.
Après tout, il a très bien pu s'absenter pendant la cérémonie.
-On cherche le médecin ? -Evidemment.
Il y a forcément une explication.
Oui, Christian.
Attendez ! Il n'y a pas un autre juge de permanence ?
Bon, d'accord. J'y vais !
-Il y a un problème ?
-On a retrouvé un cadavre. -Eh bien, on y va !
-Non, vous restez sur l'instruction de Marie Guérande.
On fait deux équipes.
-Deux équipes de un ?
-Ne vous en faites pas pour moi, je prends un taxi.
-Désolé, j'accouche des femmes depuis plus de 20 ans.
Je ne peux pas me souvenir de chacune.
-Vous avez certainement un dossier la concernant.
-Bien évidemment.
Quel mois il y a deux ans ? -Le 31 mars.
Marie Guérande.
-De toute façon,
elle n'a pas pu tomber enceinte avec cette malformation.
J'avoue que je ne comprends pas.
-Je vous avoue que moi non plus.
-Alors, voilà sa fiche et son dossier d'admission.
-Merci. -Elle a accouché d'un beau bébé.
Une fille de 3 kilos 500.
-C'est bien Marie Guérande.
-Je ne peux pas faire grand-chose de plus.
-Une autre femme aurait-elle pu la remplacer pour l'accouchement ?
-Je suis obstétricien et gynécologue,
j'ai forcément suivi cette patiente pendant toute sa grossesse.
Si quelqu'un l'avait remplacée en salle de travail,
je l'aurais vu tout de suite.
-Et si elle avait été remplacée le premier jour,
au premier rendez-vous ?
-En se faisant passer
pour elle ? -Par exemple.
-Oui, enfin... Techniquement, oui, c'est possible.
-Je vous remercie de votre aide.
-Attendez, à côté du poids du bébé, j'ai noté "ni surdité ni aphasie".
Je me rappelle maintenant. La mère était muette, c'est ça ?
Elle venait avec son mari.
Un joli couple. -Sauf qu'elle n'était pas muette.
-Maman !
-Qu'y a-t-il ? -L'affaire de mamie,
le promoteur s'était déclaré insolvable,
j'ai découvert qu'il envoyait
des revenus à une société offshore. -Et donc ?
-La partie adverse accepte un plan de remboursement
pour éviter
le procès. -Mamie va pouvoir
récupérer
son argent ? -On le saura dans la journée.
-Je suis fière de toi.
-Merci.
-Je signe le PV rapidement et on débriefe après.
Il y a des témoins ? -Aucun.
D'après le patron de l'hôtel, la victime est arrivée hier soir,
il a payé sa chambre en liquide et il ne parlait pas français.
-On a une idée de son identité ?
-Oui, mais surtout, on a retrouvé ça.
-Comment ça "Qui est la mère
"de la petite" ?
Un père, je veux bien qu'on ait des doutes, mais une mère ?
C'est tout ce que vous avez ? Vous n'avez pas un suspect,
des pistes ?
-L'alibi de l'homme de maison est solide.
Et je suis sûre que cette histoire a un lien avec la petite.
-Un lien ! Quand vous serez nommée magistrate titulaire, Meyer,
je me souviendrai longtemps de vous stagiaire.
-Il y a forcément un lien. -Et l'ADN du père ?
Attendez ! C'est impossible qu'il ne soit pas au courant.
-J'ai déjà fait la demande, le juge doit la signer.
-Vous ne répondez plus à votre téléphone ?
-Désolée...
-Bonjour.
-Vous n'avez que cette usurpation
de grossesse comme piste ? -On a peut-être trouvé
le coupable. Bilal Ilienko, citoyen ukrainien. Il est décédé
hier à la suite
d'une bagarre.
-Oui. Et donc ?
-Et donc, on a retrouvé sur lui des billets pliés de la même façon
que ceux retrouvés sur la scène de crime.
-Il faut vérifier tout ça. -C'est en cours, M. le procureur.
C'est en cours.
Excusez-moi, je me suis mis une alerte.
Je pense que vous avez raison pour l'appartement avec Solène.
Il est bien celui-là.
Oui, mais non, il est trop loin de l'école de Raphaël.
-Pardon, mais vous ne trouvez pas ça curieux que tout se solutionne
aussi rapidement ?
On a beaucoup de zones d'ombre. -La grossesse de la victime ?
-Oui, et sa volonté de s'enfuir avec sa fille.
Et le cambrioleur qui loge à l'hôtel.
-Vous avez raison, on va mettre la pression sur le père.
Votre ex-compagne a été tuée au cours d'un cambriolage
qui a mal tourné. On a retrouvé du sang lui appartenant
sur deux liasses de billets.
Une retrouvée sur la scène de crime,
l'autre sur le présumé coupable.
-Il est malheureusement décédé le lendemain.
-Il n'y a visiblement pas de préméditation,
l'arme du crime appartenant
à Marie Guérande.
Son visage vous dit
quelque chose ?
-Non.
Je ne l'ai jamais vu.
-Vous êtes sûr ?
-Oui. Pourquoi je le connaîtrais ?
Je n'ai rien à voir dans la mort de Marie.
Ni de près ni de loin.
-Nous allons demander
un test ADN pour vérifier le degré de parenté
entre Marie Guérande et Léa.
-Et vous allez devoir, vous aussi, vous soumettre à un prélèvement.
-Mais c'est ma fille Léa !
-Il est temps de savoir
qui est la véritable mère
de cette enfant.
-Il s'agit d'une mère porteuse ? C'est illégal en France.
-Quand je l'ai rencontrée, elle faisait le ménage
dans mes bureaux. Elle a fait un malaise, un matin.
Elle était enceinte.
Elle voulait avorter, elle ne savait pas qui était
le père.
Elle n'avait pas de papiers, juste un titre de séjour.
-Elle venait de quel pays ? -Je ne sais plus.
-J'ai du mal
à croire que vous ayez oublié les origines
de votre propre enfant.
-Ukraine, je crois.
Elle ne voulait pas
de cet enfant.
Alors que Marie et moi, on n'attendait que ça.
-Vous avez fait un arrangement financier ?
-Oui, 50 000 euros.
Une nouvelle vie pour elle et pour nous.
-Elle a pris la place
de Marie dans le processus médical en utilisant son identité.
-Et pour ne pas attirer
les soupçons, elle était muette.
-Oui. Marie restait
à la maison, on prétendait qu'elle était souffrante.
-Et pour tout le monde,
elle était enceinte.
-Et ensuite ?
-La mère a pris
l'argent et disparu de nos vies.
-Et vous ne l'avez
jamais revue ? -Non.
-Ce Bilal a forcément un lien.
Deux Ukrainiens, ça ne peut pas être une coïncidence.
Et s'il était le père biologique de Léa ?
-Rien ne prouve qu'il le soit. Il faudrait faire un test ADN.
-Guillaume Janvier ment, il connaît cette femme.
-Pourquoi la couvrir ?
Et même si on la retrouvait, quels juges auraient
assez de courage pour se lancer dans une telle procédure ?
-Ben, nous ! Il faut connaître l'identité de cette femme.
-OK, on perquisitionne, il y a forcément une trace de cette femme
ou de son paiement, une telle somme,
ça ne se trouve pas sous les sabots d'un cheval.
-"Sous le sabot d'un cheval", c'est votre grand-mère maternelle ?
-Non, c'est Quiring, il y a deux jours.
-Allez, c'est parti !
On cherche des documents bancaires,
des traces de mouvements d'argent qu'il y aurait eus il y a 3 ans.
Vous fouillez partout !
-Pardon.
Des dossiers
pour le juge.
-Oui, il est au greffe, il va revenir bientôt.
-Vous allez finir tard ?
-Comment ?
-Pardon, je vous déconcentre. Je verrai avec le juge.
Sonnerie de portable.
-Oui, Nadia.
-On n'a rien. On prend son ordi, on va examiner le disque dur.
-D'accord.
ça m'étonnerait qu'il ait laissé des traces.
-Mais il faut pouvoir les sortir.
-Oui.
-Le procureur Quiring demande si vous avez terminé
les comptes rendus annuels. -Oui, je vais les lui porter.
-Je vais lui dire que vous lui apportez
vous-même.
-Maman ! J'ai eu la réponse. -La réponse ?
-Le procès de mamie, j'ai gagné. -Oh ! Super.
-Elle va récupérer son argent. -Jules aussi alors.
Ton père va être content. -Oui.
Ma première grosse victoire. On fête ça ce soir ?
-Bien sûr, mon chéri. Bon, je fonce...
-Tu ne veux pas savoir
comment le promoteur a fait pour se rendre
insolvable ? -Mais si.
Allez, raconte. -Plutôt
que de détourner l'argent et devoir justifier sa disparition,
il le réinvestit dans des sociétés qu'il crée. Pas bête, hein !
-C'est très fort, ça.
A ce soir. -A ce soir.
Ouais, mon amour !
Ouais, j'ai gagné !
-M. le juge ! Il lui a créé une société à Marseille.
-Je ne suis pas sûr de vous suivre. -La mère porteuse,
Guillaume Janvier lui a financé la création d'une société.
Et j'ai trouvé l'adresse. -Vous avez le nom de cette femme ?
-Adriana Mostovar, c'est grâce à ça
qu'elle a réussi à obtenir des papiers.
-Bien joué, Meyer.
-Je sais.
Là-bas ! C'est la nounou de Léa.
Adriana !
-Je n'ai rien à voir avec la mort de Marie.
-Vous partiez où, Adriana ?
C'est le moment de raconter l'histoire.
-Guillaume s'est tellement occupé de moi pendant ma grossesse
que nous sommes tombés amoureux. -Et après l'accouchement ?
-Comme Marie se consacrait entièrement à Léa,
leur couple s'est effondré.
Ils n''étaient plus faits pour vivre ensemble,
ils se sont séparés.
Et nous, Guillaume et moi, on a continué à se voir.
-Et vous vous êtes retrouvée à vous occuper
de votre fille.
-Guillaume Janvier vous avait payée.
Vous auriez pu partir.
-J'étais à côté de l'homme que j'aimais et je voyais ma fille.
Et j'étais libre.
Pour la première fois, libre.
-Et Marie a découvert votre relation ?
-Oui, elle a questionné Guillaume.
Et il lui a tout avoué.
-C'est pour ça qu'elle a décidé
de partir.
-Est-ce que vous connaissez cet homme ?
-C'est le père biologique de Léa ?
-Nous sommes dans l'attente des résultats
de la recherche ADN. Donc tôt ou tard, on saura.
En l'état, vous allez être mise en examen
pour complicité d'homicide sur la personne de Marie Guérande.
Vous aviez un mobile tout trouvé,
récupérer votre enfant.
-Je n'ai rien fait à Marie.
On m'a mariée de force à cet homme.
Il était violent.
Quand j'ai découvert que j'étais enceinte de lui,
je me suis enfuie d'Ukraine.
Mais il m'a retrouvée.
En ukrainien.
...
-Il est venu en France pour nous ramener ma fille et moi,
pour me ramener en Ukraine.
J'étais obligée de lui avouer pour Léa.
Il m'a demandé le nom de Marie, son adresse.
Je ne pouvais rien faire.
...
-Non !
Non !
Non, non...
Pleurs de Léa.
...
Non, rends-moi ma fille ! En ukrainien.
-Rends-moi ma fille !
...
-Tiens ! Tiens ! Tiens !
...
-Marie a voulu lui donner de l'argent pour qu'il laisse Léa.
...
-Après je me suis enfuie
avec ma fille, je ne sais pas ce qui s'est passé ensuite.
-Rends-moi ma fille !
-Je n'ai pas revu Bilal.
Quand Guillaume est rentré, je ne lui ai rien dit,
et j'ai juste prié pour que Bilal ne revienne pas.
Et le lendemain...
J'ai appris la mort de Marie.
-Elle ment.
-Mais bien sûr, c'est impossible qu'il n'est pas posé de question
en voyant sa fille chez lui, Léa était censée être chez Marie.
-Donc, elle le couvre.
-Ca a donc un lien avec le meurtre de Bilal.
-Il faut le faire craquer. Seulement, on n'a pas
de nouvel élément pour ça.
-Pour le meurtre, non.
M. Janvier.
Marie connaissait la nature de votre relation
avec Adriana.
-Si vous n'êtes pas le père de Léa, vous serez poursuivi
dans le cadre de pratique illégale de la GPA.
Vous savez ce que cela signifie ?
-Adriana, vous n'avez aucune existence légale dans la vie
de Léa, elle sera placée dans une famille d'accueil.
Pensez à elle.
-Elle n'a rien fait.
Quand je suis rentré de la mairie, Adriana n'était pas là.
Ce qui n'est pas normal, quand elle part, elle me prévient.
Je l'ai appelée sur son portable, mais il était éteint.
La voiture d'Adriana est équipée d'un GPS contre le vol.
Je l'ai localisée.
Mais c'était incompréhensible qu'elle soit si loin de la maison
toute seule.
...
-Guillaume !
Il a tué Marie...
-Lâche-la ! Lâche-la !
En ukrainien.
...
-On voulait juste sauver notre enfant.
Vous comprenez ?
...
-Un bon avocat pourra plaider la légitime défense.
-Votre fille vous attend en bas avec l'assistante sociale.
Léa va avoir besoin de sa mère comme jamais.
Vous n'avez pas rendez-vous ?
-Si, je file.
A demain, Meyer. -A demain.
-C'est vrai ce que maman dit ?
-Maman dit quoi ?
-Qu'on va changer de maison et habiter ensemble.
-Ah ! Elle dit ça, maman.
-C'est vrai que tu cherches une maison ?
-Je suis désolée, je voulais t'en parler.
-Ben, ouais !
Il se pourrait que je cherche un appartement
pour maman, toi, moi,
pour nous, quoi !
Ca te plairait ?
-Oui.
Tu ne prends pas ton vélo ? -Non, je le prendrai demain.
-Et ne t'inquiète pas pour nous, maman.
La maison va paraître vide sans toi,
mais on va s'y faire.
-Je suis ravie, je commençais à dépérir ici.
Antoine nous a redonné des ailes avec Jules.
-C'est vrai, l'avenir est en train de s'ouvrir.
Et c'est pour fêter ça
que j'emmène ma Chantal en week-end à Venise.
-Quel homme parfait !
-Le taxi est là ! Ne le ratez pas.
J'ai ton sac, maman.
-Oui. Bonjour, monsieur. -Au revoir.
Bon voyage. -Merci
pour tout.
-C'était un bonheur.
-Pour moi aussi. A bientôt.
-Et encore merci.
-Maman, n'oublie pas ton sac.
Bon voyage. -Merci, mon chéri. A bientôt !
-Soyez prudents sur les gondoles !
-Oui ! Au revoir.
-Tout ça grâce à notre fils.
Meilleur avocat de l'univers.
Je propose qu'on lui érige une statue dans le jardin.
-Ca me rappelle
quand les enfants partaient en colonie de vacances.
-On n'est pas bien là, notre allée, notre oxygène !
-Et notre salle de bains !
-Ouh ouh ! Maman, papa !
-Ma chérie !
-Ma petite Alice !
-Qu'est-ce qui se passe ?
-J'ai largué Jérémie, il me soûlait...
Je vais aller prendre une douche. Ah ! Non, un bain.
Il va sûrement appeler, je lui ai dit que je revenais ici.
Maman, je te pique ton shampoing ! J'ai trop la dalle !
Téléphone.
-Oui, mon chéri.
Il n'y a pas de souci, on t'attend. A tout à l'heure.
Antoine vient dîner avec Rebecca pour fêter son succès.
-2e bonne nouvelle de la journée,
les vieux sont partis, les jeunes arrivent.
Il nous reste une bouteille de son année de naissance,
on l'ouvre ? -Ouais !
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