All language subtitles for La Stagiaire.S05E07

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Original subtitles

...

-Tu te souviens où est la chambre ? -Elle est au fond, là-bas.

-Attention !

-Viens dans la chambre. -Oui.

Enlève ma robe.

Attends, allume la lumière. Il y a trop de boutons.

-Je vais allumer.

-Ah !

...

-Pas de bruit. C'est pas beau, ça, pas de bruit ?

Ah...

-Moi aussi, tu m'as manqué. Mais Robin, ce n'est pas sérieux.

3 jours ? Oh oui ! Moi aussi.

Bon, j'arrive. Oui, à tout de suite.

Bisous.

-Tu as eu une insomnie ou Jules ronfle ?

-Crois-moi, les ronflements de Jules à côté de ceux de ton père,

1293281 c'est une berceuse.

Dis-moi, mon chéri.

J'ai... J'ai une course à faire

dans le centre.

Tu préviendras Jules ? Je ne veux pas

le réveiller. -Ta course s'appelle Robin ?

-Ce n'est pas bien d'écouter aux portes. Robin est un ami.

Je l'ai rencontré il y a 2 ans pendant mon voyage en Chine.

Tu te souviens de mon voyage ? -Oui, mais pas de Robin.

-Il est à Marseille 3 jours.

Je vais boire un café avec lui sur le Vieux-Port.

J'en ai pour 2h.

Ah non ! Mais il ne s'est jamais rien passé avec Robin.

Mais Jules est d'une telle jalousie.

-Tu me demandes de mentir. Je n'y crois pas.

-Mon chéri, si le mensonge a été inventé,

c'est pour qu'on s'en serve.

-Quel endroit magnifique ! -Ca peut, au prix où ils la louent.

-Vous avez regardé sur leur site. -Je suis un pro, Meyer.

Castelain Mariages, ils s'occupent de tout : traiteur, DJ, chambres.

Et vous pouvez même arriver en hélicoptère ou en calèche.

-Ils font les plus beaux mariages. -Ils sont leaders dans la région.

-Avec Barth,

j'avais pris des bottes de paille pour faire des tables.

-J'aurais aimé vous voir en mariée. -Je ne rentre plus dans la robe.

-Bonjour. -Bonjour, Nadia.

-Capitaine. -La victime est au 1er étage.

D'après le légiste, c'est arrivé

entre 1h et 2h du matin.

Elle est morte d'une hémorragie cérébrale après avoir reçu un coup.

Et c'est arrivé

juste avant que les jeunes mariés

trouvent le corps.

-On sait qui c'est ? -Sophia Bertheau, 26 ans,

ici depuis un an, cheffe d'équipe depuis 6 mois.

-Elle a vite grimpé les échelons. -Et l'arme ?

-Une bouteille de vin

qui était dans un panier garni

que les organisateurs ont offert aux mariés. Mais pas d'empreintes.

Merci.

-On en sait plus sur elle ? -Elle a perdu ses parents jeune.

Sa grand-mère l'a élevée.

Elle est décédée quand elle avait 18 ans.

Elle a eu des aides jusqu'à ses 20 ans, puis elle a disparu

du circuit administratif.

-Un ou une petit ami ?

-A priori, non. On n'a pas retrouvé

son téléphone. Voici son adresse.

C'est à 20km d'ici. Nos équipes y sont. Et les propriétaires,

c'est ses patrons, les Castelain. -Ils louaient des appartements ?

Ils ont le sens du business. -Ca ne concernait que Sophia.

-Une promotion, un logement, elle était chouchoutée.

-Dans un mariage, tout le monde est partout et nulle part à la fois.

Comment tracer les déplacements et les alibis de chacun ?

-Ca nous fait plus de témoins. -Trop. C'est comme ne pas en avoir.

-On interroge les invités. -Et les jeunes mariés ?

-Ils n'ont rien vu. -Vous imaginez ça à votre mariage ?

-Non. Moi, c'est plutôt le mariage que j'imagine mal.

-Je ne vois pas comment Castelain Mariages va s'en remettre.

-Oui.

La mort d'une jeune innocente...

-Sophia Bertheau avait-elle un différend avec un de vos employés ?

Des problèmes dans sa vie ?

-Non. Le travail de Sophia était excellent.

Elle s'entendait bien

avec tout le monde.

-Elle a vite été cheffe d'équipe. -Notre métier est difficile.

Il y a un gros turn over et peu d'employés tiennent la cadence.

Sophia avait

un leadership naturel. On ne récompense pas que l'ancienneté.

-Vous êtes propriétaires de son appartement ?

-Oui. J'ai hérité de cette maison. Je l'ai mise à sa disposition.

-Gratuitement ? -Oui.

Quand on a embauché Sophia, elle sortait d'une période difficile.

Elle vivait à l'hôtel. Elle ne pouvait pas avoir

un appartement, alors j'ai insisté pour qu'elle s'y installe.

-C'est très généreux. -Vous nous reprochez quoi ?

On l'a aidée, elle nous l'a rendu en s'appliquant au travail.

-Ce n'est pas fréquent.

Vous ne l'avez pas fait pour d'autres employés, si ?

-Non, c'est vrai.

J'avais une entière confiance en Sophia.

Elle ne nous a jamais déçus.

-Vous l'aimiez

beaucoup ?

-On n'est pas une entreprise comme les autres. Les clients aiment ça.

On est plutôt une équipe, une grande famille.

-Vous savez, même dans les grandes familles...

-Pouvons-nous récupérer nos locaux ?

On a des réservations à mettre à jour.

-Dès qu'on vous le dira, M. Castelain.

-Une grande famille. Elle avait l'air touchée,

mais lui était plutôt soucieux de son carnet de commandes.

-C'est normal, c'est un entrepreneur.

-Ce traitement de faveur est soit une preuve d'affection,

soit un sens aigu du business. -Ne surinterprétez pas, Meyer.

-Je n'interprète pas, je réfléchis.

-Concentrons-nous plutôt sur les éléments tangibles.

Vous voulez bien ?

Vous venez, oui ? -Oui.

Ca ressemble à un déménagement.

-Ca fait longtemps qu'elle n'est pas venue.

-Elle dormait peut-être

chez son amoureux,

l'autre moitié du coeur.

-Mmm.

-M. le juge,

il y a des photos.

C'est Sophia Bertheau. "Juin 2016".

-Elle avait l'air heureuse.

Regardez, ça doit être son uniforme de chez Castelain.

-"Promotion canapé." Une grande famille, nous a-t-il dit.

-Mmm.

Si elle ne logeait pas chez elle, elle vivait où ?

-Je ne sais pas, chez une amie, un ami, une aventure passagère...

-Mais elle avait fait ses cartons. Elle projetait de déménager.

-Oui. -Vous avez engagé Quiring

comme nounou, avec Solène ?

-Mais qu'est-ce qu'il fait là ? -Il est juste au palais de justice.

-Ils rentrent par là et... Regarde qui est là.

-Boris !

-Raphaël !

-Salut ! -Salut, Meyer !

-Ce petit a tout d'un futur magistrat.

-Et l'école ?

-Sa maîtresse est malade.

Il n'allait pas rester seul. -Je te ramène.

Tu dois avoir à faire. -Non.

J'ai un créneau de libre dans mon emploi du temps.

Tout va bien.

-Que veux-tu faire ?

Tu veux venir avec moi au bureau ?

-Ce n'est pas grave. On visitera les geôles un autre jour.

-Je peux rester

avec papy Vladimir ? -Oui. Bien sûr.

Papy Vladimir ?

-Oui. -Et ça ne te dérange pas ?

-Non. Je peux bien rendre ce service à Solène, quand même.

-Oui, bien sûr.

-Tu viens ?

-A tout à l'heure,

Raphaël !

-Ca va, M. le juge ? -Oui, très bien.

Très bien.

Allons-y, Meyer.

-Qu'il est mignon, le procureur, en papy Vladimir !

-Ce n'est pas son grand-père. -Et alors ?

-C'est comme ça. -Vous êtes jaloux ?

-Mais jaloux de quoi ?

-De la place que prend Quiring auprès de Raphaël.

-Non. Mais je ne voudrais pas que Raphaël s'attache trop à lui.

-C'est Quiring qui est accro. -On peut parler d'autre chose.

-Et là ? -Non, c'est trop risqué.

Raphaël risque de débarquer, de voir Boris et d'ouvrir le placard.

7259418 -Vous croyez ?

-Les jeunes sont rusés, Christian.

-Que fais-tu là ? -Je cache le cadeau de Raphaël.

-Melchior, le guerrier sans parole.

-Tu ne connais pas ? -Non.

"Il a vécu dans les steppes parmi les lions jusqu'à 10 ans

"et n'a jamais appris

"à parler."

-Les enfants adorent la régression.

-C'était la galère pour le trouver. Tous les enfants veulent ça.

Raphaël ne doit pas le voir avant son anniversaire.

-Je vais

le cacher.

-Vraiment ? -Mmm.

-Merci.

-A son âge, j'étais soldats de plomb.

-C'est votre génération ?

-On ne mesure plus la valeur

du plomb. -Merci.

-J'ai encore 197 dossiers

à classer.

Mon capitaine !

-J'ai une bonne nouvelle.

-Vous avez résolu l'enquête ?

-C'est Melchior... -Oui. Merci. Et alors ?

-On a identifié

des empreintes sur la chemise. On a un nom, Killian Hamon.

Arrêté pour possession de drogue, ça fait 3 ans qu'il travaille

chez Castelain Mariages. -On l'interroge.

-Ca vous dit quelque chose ?

-Non.

-Il y a vos empreintes

dessus. -C'est une connerie.

C'était il y a longtemps.

-Combien de temps ?

-4 mois environ. -Peu après la promotion de Sophia ?

-La promotion canapé ? -C'était juste

une provocation en l'air.

-C'est lié à Benoît Castelain ?

-Après tout, je m'en fous, de ce job.

Ce type est une merde, comme sa boîte.

-Vous pouvez préciser ? -Il nous impose un rythme de malade

et en plus il nous paie mal.

-Quel rapport avec Sophia ?

-Je bossais là depuis longtemps. Elle devient cheffe en 6 mois.

-Et vous découpez

son uniforme ?

-Je bosse comme un chien pour rien.

Ca fout les boules. -Jusqu'à quel point ?

-C'est-à-dire ? -On veut comprendre vos rapports

avec la victime.

-On s'entendait bien au début. On venait du même monde.

Mais, très vite, elle est devenue la voix de son maître. Castelain

semblait parler à travers elle.

-Ils avaient une relation ?

-Il était toujours collé à elle.

-C'est joli, ça. Tu me montres ?

-Et elle bénéficiait d'avantages. -Quelle genre d'avantages ?

-Des horaires aménagés, des privilèges.

-Hier soir, vous avez vu quelque chose ?

-Je les ai vus ensemble dans la cuisine.

-C'est joli, ça.

-Laisse-moi, je bosse.

-Ecoute. Je m'excuse. Je me suis mal fait comprendre.

On peut en parler tranquillement tous les deux si tu veux,

après la cérémonie.

-J'avais déjà vu ce genre de scène.

-Sophia devait se sentir mal à l'aise.

-Avant, non, mais là, si. -Et pourquoi, selon vous ?

-Je ne sais pas. Elle avait changé, elle était redevenue plus cool.

Elle nous défendait parfois face à Castelain.

-Mme Castelain savait pour Sophia et son mari ?

-Anne est bizarre. Elle est sympa avec nous,

mais elle est toujours ailleurs, détachée.

-Au point de laisser son mari faire ça ?

-Elle préférait ne pas savoir.

-Anne Castelain loge gratuitement Sophia

alors qu'elle couche avec son mari ?

Il y a des couples bizarres.

-Pour lui, c'est pratique.

-Mais on ignore où elle dormait.

-Oui. Si Anne Castelain a découvert que son mari la trompait...

-Avec une employée de confiance...

-On a un mobile.

On frappe.

-On a récupéré les mails de Sophia. Elle correspondait avec son patron.

Regardez.

-Alors, il y a 6 mois. Castelain : "Libre ce soir à 22h ?"

Réponse de Sophia :

"Si tu veux."

7 jours après,

"J'ai envie de toi.

"On se voit à 19h."

-Sauf que, depuis un mois,

elle ne répond plus.

-Castelain : "Tu fais

"ta farouche ?" -Pas de réponse.

-"Dispo ce soir ?"

-Pas de réponse de Sophia. -"J'ai fait beaucoup pour toi.

"N'arrête pas comme ça." -Silence.

-Vu son ego, il ne doit pas avoir l'habitude qu'on lui résiste.

-Il pensait

que c'était un dû.

-Castelain va avoir droit à une nouvelle visite de courtoisie.

-Je n'aimerais pas être à votre place.

-Pas un mot à Solène. -Non, mais...

-Meyer, vous venez ? -Oui.

-Je n'ai jamais vu

ce bijou.

-Et vos mails à Sophia, vous les avez vus ou je vous les relis ?

-Avoir une relation avec une employée

ne fait pas de moi un tueur. -Ca dépend.

-Vous savez qu'elle était consentante.

-Au début, oui. Mais, à la fin, Sophia ne voulait plus vous voir.

-Peut-être. Mais c'est ma vie privée, il me semble.

-Je vous l'ai déjà dit. Nos rapports étaient excellents.

Le travail de Sophia était plus que satisfaisant.

-Vous aviez l'air très touchée ce matin ?

-C'était une femme très forte.

Malgré les galères qu'elle avait traversées,

elle restait

attentive aux autres.

Elle vous faisait vous sentir quelqu'un d'intéressant,

d'important.

-Sophia n'était pas

très reconnaissante, non ?

Vous la sortez de la misère, vous la formez,

vous lui offrez une promotion, un logement

et elle rompt avec vous.

-Je vois. Donc je la tue ?

Depuis un mois, elle ne voulait plus me voir

et j'ai été insistant.

Mais ça s'arrête là. Je connais mes limites.

-Sophia regardait les personnes, pas les fonctions.

Elle s'en fichait que je sois sa patronne.

On a très vite créé des liens profonds.

-Vous étiez devenues amies ?

-Oui, je crois.

-Votre mari n'y trouvait rien à redire ?

Vous saviez pour eux deux, n'est-ce pas ?

Ca ne vous dérangeait pas ?

-Sophia était en train de déménager.

-Vous me l'apprenez. -Aucun lien avec votre insistance ?

-M. le juge, une bonne fois pour toutes, je n'ai rien fait à Sophia.

-Vous êtes vraiment certain de ne jamais avoir vu ce pendentif ?

-Ca fait plus de 20 ans qu'on est mariés, Benoît et moi.

On s'est connus jeunes.

Et ça fait longtemps

qu'on vit comme des... Je ne sais pas comment dire.

-Des associés ?

-Oui, si vous voulez. Alors oui, je sais que, parfois,

il a des aventures et je ferme les yeux.

C'est illégal ?

-Non.

Je demande comment vous faisiez

pour entretenir une relation amicale avec Sophia, c'est tout.

-Ca vous semble méprisable ?

-Pas du tout.

Je veux comprendre qui l'a tuée.

Une dernière question. Vous saviez que Sophia allait partir ?

-Non. Elle ne m'en avait pas parlé.

Pourtant, je crois qu'elle ne me cachait rien.

-Elle jouait avec le feu. Maîtresse du patron, bonne amie de sa femme.

-Vous accepteriez ce compromis ? -Non. Et vous ?

-Non. Et ils vendent des mariages. -Mais, si le couple se sépare,

leur business s'effondre. -Ils sont peut-être de bonne foi.

-Et pourquoi faire le coup chez eux ?

-Comme vous disiez, pour brouiller les pistes.

-On n'a rien, Meyer. Concrètement, on n'a rien.

Reprenons. Où logeait Sophia Bertheau ces derniers temps ?

-Qui lui a offert le pendentif ? -Ca peut toujours être Castelain.

-Depuis un mois, elle avait changé. -Il y a une raison à ce changement.

Que cherchez-vous ?

-C'est le flyer des Castelain. "Immortalisez votre amour."

C'est le photographe officiel.

-Vous croyez qu'il a une photo du meurtrier

avec une bouteille à la main ? -Pourquoi pas ?

-Tu connais la dernière de ma mère ?

-La réponse est dans la question. -Elle a un amant.

-Je sais. Il vit ici. -Pas Jules. Assieds-toi.

Je parle de Robin.

-Robin ?

-Elle l'a rencontré en Chine. Et il est à Marseille.

-Elle prend un café avec un ami.

-Depuis 7h ? Un café allongé ?

-Vous n'avez pas de nouvelles ? -Si.

Elle a prévenu papa qu'elle prolongeait. Il m'a appelé.

-C'est juste un vieux pote. -Je te rassure.

Je ne m'inquiète pas pour elle, je m'inquiète pour Jules.

Je lui dis quoi ? Je lui ai fait une liste de courses à l'infini.

Maintenant, je dois l'éviter.

-C'est drôle ? -Non. Mais ça va, papa.

Elle s'amuse. -Appelle ta grand-mère.

-Pff... Si tu veux.

Oui, mamie. Ca va ?

Oui.

D'accord.

OK.

Profite bien. A demain.

Bisous.

-A demain ?

-Robin sort le grand jeu.

-Comment ça ? -Il l'emmène

au palace pour la nuit,

sur le Vieux-Port.

-Mais elle est

folle ! Et tu ne lui dis rien ?

-Je dois lui dire quoi ? -Que vais-je dire à Jules ?

-Tu lui dis qu'elle n'a plus de batterie

et qu'elle t'a appelé

avec le téléphone d'une amie

pour lui dire qu'elle passait

l'après-midi avec elle. -Bien.

-C'est une réponse d'avocat.

Je m'en vais.

-Mais où tu vas ? -Loin.

Très loin.

...

-Nadia, c'est Constance.

Désolée, je vous dérange tard, mais j'ai découvert quelque chose.

Bonjour.

-Bonjour, Meyer. -Que vous est-il arrivé ?

-Melchior est en rupture de stock. J'ai fait le tour

des magasins.

J'en ai trouvé un, mais un malade

a voulu me l'arracher des mains.

-Vous vous êtes battus ? -Oui.

-Et alors ?

-Il a réussi.

-Et ça ? -C'est le modèle cassé.

Pourtant, je l'ai démonté.

-Il ne va pas mieux.

-Je suis foutu.

Je suis foutu.

-M. le juge !

Je ne vous dérange pas ? -Pas du tout.

-J'ai un logiciel de reconnaissance faciale

qui repère le même visage d'une photo à l'autre.

-Je sais ce que c'est.

-Sur les 500 photos,

il y en a 54 de Sophia. -A quelle heure elle a disparu ?

-On ne sait pas. Le photographe

ne l'a pas suivie en continu.

-On ne va pas regarder

le diaporama ?

-Il ne vous dit rien, lui ?

-Non. -Moi aussi,

ça m'a pris du temps.

C'est la photo qu'on a retrouvée

chez la victime.

-C'est le même homme ?

-Oui. -Celle-ci a été prise il y a 3 ans.

Que faisait-il au mariage ? -On va bientôt le savoir.

On frappe.

Vous l'avez identifié ? -Oui. Cédric Bouvier, viticulteur.

Il a fourni le vin pour ce mariage pour la première fois.

C'est avec une de ses bouteilles

que la victime a été tuée. Son domaine est à 50km d'ici.

-Qu'en pensez-vous ?

-Que Bouvier est notre pièce manquante.

-Que s'est-il passé ? -On vous le demande, M. Bouvier.

-Qu'est-ce que j'en sais, moi ?

-Asseyez-vous.

Constance Meyer, auxiliaire de justice.

-Bonjour. -Bonjour.

-Vous me soupçonnez ? Sophia était la femme de ma vie.

-Alors pourquoi personne n'est au courant de votre existence ?

-On s'est perdus de vue

il y a 3 ans.

-Et retrouvés ? -Il y a 2 mois.

J'ai reçu un appel de Castelain. Je lui ai fait goûter mon vin.

Je l'ai revue là.

-Comment vous vous êtes rencontrés avec Sophia ?

-Elle faisait les vendanges dans le vignoble de mes parents.

On est tombés amoureux.

-Et durant ces 3 ans ?

-A l'époque, j'étais obsédé par l'idée de défier mon père.

Sophia trouvait ça ridicule.

Je me sentais incompris.

-Et vous l'avez quittée ?

-Quelques mois plus tard, mon père est tombé malade.

Il m'a confié le vignoble, il avait toujours cru en moi, en fait.

-Sophia avait raison.

Vous n'avez jamais cherché à la retrouver ?

-Si. Je l'ai cherchée partout.

On s'est retrouvés par hasard chez Castelain. Elle avait souffert.

Alors j'ai été patient.

J'ai attendu qu'elle reprenne confiance.

-Et c'est ce qui s'est passé ?

-Votre histoire est très touchante, M. Bouvier.

Mais, depuis 24h, vous n'avez pas essayé de la retrouver ?

Vous ne vous êtes pas inquiété du silence de la femme de votre vie ?

-Elle devait travailler tard.

J'ai essayé de l'appeler ce matin. -On le sait.

Vous avez pu passer cet appel pour éloigner les soupçons.

-Pourquoi je l'aurais tuée ? -Elle ne vous aimait plus ?

-C'est n'importe quoi. Hier encore, elle me disait qu'elle m'aimait.

-Cédric, tu es fou, je travaille. -Je m'en fous, tu me manques.

J'en ai marre de parler cépages. -Si on nous voit...

-On ne se cachera plus. Tu as réfléchi ?

-Et toi ? Tu ne vas pas me laisser tomber comme la dernière fois ?

-Je n'ai jamais été aussi sûr de moi.

Je veux qu'on dirige le domaine ensemble et que tu sois ma femme.

-Mais tu délires ?

-Pas du tout. Alors ? C'est oui ou c'est non ?

-Euh... Oui.

File. -Oui.

-Allez ! -Oui, oui.

-Qu'avez-vous fait après ça, M. Bouvier ?

-Je suis allé retrouver les invités,

puis je suis rentré chez moi.

-Il était quelle heure ?

-Minuit et demi, je crois. -Personne ne peut en témoigner ?

-Non, personne.

-Vous pouvez faire une demande si vous voulez le récupérer.

-Qu'est-ce que c'est ? -Le pendentif

que vous lui avez offert.

-Mais je n'ai jamais vu ce truc.

-Meyer, répondez-moi avec sincérité.

Les projets de mariage, le grand amour, vous y croyez ?

-Ca existe.

-La présence de Bouvier change la donne.

Mais Castelain a pu réagir en homme trahi.

-Je ne le vois pas offrir un bijou romantique.

Téléphone.

Oui, Nadia.

OK. Merci.

La voiture de Bouvier a été enregistrée au péage

à 1h15 à 50km du lieu du mariage. -Donc il a un alibi.

-Reprenons les choses dans l'ordre. On est sûrs que l'assassin

était sur place.

-Réfléchissez.

Je reviens.

-Mais vous allez où ?

-Je reviens.

Excuse-moi. Il faut que je te parle de Melchior.

-Oui, je sais. Melchior, c'est fini.

-Je suis désolé. -C'est à ton père d'être désolé.

Après son cours d'éloquence

à Raphaël hier, en rentrant, il voulait un nouveau jouet.

Melchior le guerrier sans parole

était devenu ringard.

-Mais Quiring n'a pas tort.

Il est un peu brut, Melchior.

-Ce n'est pas Quiring qui a cherché la figurine pendant des semaines.

Tu me passes Melchior ? -Oui. Il a choisi quel jouet ?

-Lord Saint Louis, aveugle, mais dandy beau parleur.

Tu en trouves partout, ils viennent de le rééditer.

-C'est top. -Comment ça ?

-Je m'en occupe.

-Tu as du travail.

-Oui. Mais c'est important et ça me fait plaisir.

-Tu ne m'embrasses pas ? -Ah si ! Si.

-Je t'aime.

-Moi aussi.

...

-"Lord Saint Louis, dandy beau parleur

"avec des pouvoirs extraordinaires grâce à ses yeux bioniques."

-Ah ! Lord Saint Louis.

-Oui, c'est pour Raphaël. -Oui. C'est le beau parleur.

Et Raphaël est avec toi ? -Non, sa maîtresse est revenue.

-C'est dommage, ça.

-Il doit aller à l'école. Il ne va pas passer ses journées au palais.

-Oui, bien sûr.

Tu peux lui donner ça ?

Je suis tombé dessus en rangeant le grenier.

-Des soldats de plomb ? -Oui.

-J'adorais ça, petit.

-Ah oui ?

Il y a quand même un peu de moi en toi, alors.

-Je lui donnerai. -Tu lui souhaiteras

un joyeux anniversaire

pour moi. -Oui, bien sûr.

-Bon, j'y vais. -Tu pourrais passer

pour le gâteau.

-Tu crois ?

-Oui. Si je te le propose.

-D'accord. Je passerai.

Vous avez bonne mine, Meyer. -Merci, M. le procureur.

Vous le rendez heureux. Vous ouvrez un magasin de jouets ?

-Non, c'est pour Raphaël.

-Lord Saint Louis. -Oui. Raphaël a changé d'avis.

-J'ai quelque chose

à vous montrer.

Sophia suscitait beaucoup de désir, elle était jolie, déterminée.

J'ai repris toutes les photos du mariage.

-Voilà les documents

que vous vouliez que j'imprime. -Merci, Christian.

-Avec plaisir.

-Oui.

Tenez.

Ce logiciel est extraordinaire. -C'est

Anne Castelain ?

-Il fait des zooms très précis.

-C'est elle qui avait la 2e partie du coeur ?

-Le couple Benoît et Anne est mort.

Il a des aventures, elle ne dit rien, elle ne l'aime plus.

-Et Sophia

débarque dans leur vie avec sa jeunesse, son ambition.

Anne serait tombée amoureuse ?

-Oui.

-Mais alors pourquoi la tuer ?

-Vous oubliez le retour de Bouvier. -Son amour de jeunesse.

-Vous étiez prêt à admettre que Castelain soit fou de jalousie.

-Alors pourquoi pas Anne ?

...

-C'est à vous ? Ou plutôt à Sophia ?

-C'est un collier que je lui ai offert, oui.

-C'est un beau cadeau

qu'on fait à quelqu'un dont on est amoureux.

...

-Avant de la rencontrer, j'ignorais ce qu'était l'amour.

-Vous étiez quand même mariée.

-Oui. Benoît.

Je l'ai connu si jeune.

Je ne savais rien de la vie, à l'époque.

-Vous aviez dit à Sophia ce que vous ressentiez ?

-Oui. Le jour où je lui ai offert le pendentif.

Je n'arrivais plus à cacher mes sentiments.

-Et comment a-t-elle réagi ?

-Elle m'a remerciée. Je crois qu'elle était un peu gênée.

-Vous avez cru que c'était réciproque ?

-Je me disais qu'il lui faudrait du temps, comme pour moi.

Si c'est si fort, c'est réciproque. J'étais prête à l'attendre.

-Et Bouvier a précipité les choses.

-Je ne savais même pas qu'ils se connaissaient plus que ça.

Tout ce que je voyais,

c'est qu'elle m'échappait depuis que je lui avais ouvert mon coeur.

-Mais qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi tu voulais

me voir ici ?

-J'ai pris une grande décision. Je vais quitter Benoît.

-Tu sais, c'est fini avec lui.

-Ca n'a aucun rapport.

Cette histoire n'a aucune importance.

Je veux monter une nouvelle affaire,

qu'on soit associées, toi et moi.

-Anne. Euh...

-Tu ne portes pas le pendentif que je t'ai offert ? Oh Sophia...

On fera du bon travail, on sera toutes les deux.

Je n'en peux plus d'attendre. Je veux être heureuse.

-Ecoute.

Ce n'est pas possible.

1022495 Je t'aime beaucoup, tu sais. Mais pas comme ça.

-Peut-être que si, justement.

Peut-être qu'il te faut un peu de temps pour t'y habituer.

-J'ai des projets, moi aussi. -Qu'est-ce que tu veux dire ?

-Je vais me marier.

-Quoi ?

-On se connaît depuis des années, on s'est revus

il y a 2 mois.

Je suis désolée.

-Mais alors... quoi ? On ne va plus se revoir ?

-Je pense que c'est mieux que, au moins pour l'instant,

on mette un peu de distance entre nous.

-Qu'est-ce que tu fais, Sophia ?

Je ne comprends pas.

Tu t'es servie de moi ?

Je t'ai tout donné.

Le boulot, la maison.

Même mon mari.

Et maintenant que tu as eu tout ce que tu voulais, tu me laisses ?

-Tu sais très bien que non. Sois raisonnable.

-Raisonnable ?

Ca fait 20 ans que je suis raisonnable, Sophia.

Tu ne m'abandonneras pas. -Je ne t'ai

rien volé, je ne t'appartiens pas. -Reste avec moi ! Reste !

-Je ne t'aime pas !

Tu comprends ?

-Elle ne pouvait pas me laisser.

Elle ne pouvait pas me laisser comme ça.

...

Téléphone.

-Vous ne vous doutiez vraiment de rien ?

-Je l'ai aimée, vous savez.

Pendant des années, je l'ai vraiment aimée.

On s'est connus tellement jeunes.

On pensait être plus forts que tout.

Et puis on s'est perdus.

-Désolée, mais désolée !

-Maman, tu agis comme une ado et je dois te couvrir.

-Désolée.

On devait prendre un café et il m'a proposé une balade au Frioul.

-Jules s'est inquiété.

-J'aurais dû appeler, oui. Pour le reste, je n'ai rien à me reprocher.

Je connais Jules depuis 3 semaines. On n'est pas mariés.

-Il manquerait

plus que ça. -Qu'est-ce que tu es vieux jeu !

Nous, à ton âge, on était plus tolérants.

Mais quel monde ! Quel monde !

-Justement.

Depuis que papa est mort, tu fais n'importe quoi.

-Quoi ? -Tes voyages,

la vente de la maison et Robin... -Je vis !

Avec ton père, je ne pouvais rien faire,

je devais m'occuper de lui en permanence.

...

-L'important dans un couple, c'est de se parler.

-Ce n'est pas toujours si simple.

J'ai l'impression de progresser. -De jour en jour.

Vous vous êtes bien démené pour l'anniversaire de Raphaël.

Vous allez être en retard.

Tenez. Vous lui donnerez ça de ma part.

-Merci.

On y va ? -Oui.

-Le cadeau de Constance. -C'est vrai ?

-Oui.

-Je ne dis pas qu'elle a raison

d'avoir 2 hommes en même temps. Mais mets-toi à sa place.

-Non merci.

-Ton père était formidable, mais ce n'était pas la fête tous les jours.

-Mon père, c'était mon père. -Tu voudrais

qu'elle se morfonde dans son coin ?

-Bien sûr que non. Mais il y a un juste milieu.

-S'il m'arrivait quelque chose,

je préférerais que tu sois pleinement heureux et bien vivant.

-C'est vrai ? -Oui.

Peut-être pas dès le lendemain, mais dans un délai raisonnable.

Pas toi ?

-Si.

-Bah alors va lui parler.

-Tu as raison.

-Oh ! Mais quelle famille !

-Je suis en retard ? -Non.

Ca a été, ces courses ? -J'espère que j'ai tout.

C'est loin, l'Estaque.

-On y trouve les meilleures sardines.

-Chantal a dû s'ennuyer toute la journée.

-Elle est dans la salle de bains. Elle se fait belle pour vous.

-Ca va, Jules ? -Oui, ça va.

Chantal, ma chérie, tu es rentrée ?

-Tu as parlé à ta mère ? -Oui.

-Et ?

-On a parlé de papa. Je n'avais pas réalisé certaines choses.

-Alors tout va bien. -Mmm...

-Quoi ?

-Robin a annulé son départ pour rester 15 jours à Marseille.

-Ah non ! C'est une catastrophe.

-Et si on prenait une coupette ?

-Ca vous dirait, une balade en mer ce week-end ? J'ai loué un bateau.

-Impossible. J'ai promis à mon amie d'aller faire du shopping.

Tu comprends, mon chéri ? -Oui. Bon.

On va être bien tous les trois.

J'arrive, minou.

...

-Ca ne me fait pas tellement rigoler.

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