Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
...
-Mmm. Tu as fait des crêpes à la fleur d'oranger ?
Comme le dimanche à la maison ? C'était le seul matin
où j'avais envie de me lever.
-Pas touche, c'est pour Jules.
Tu dis que vous voulez votre intimité, qu'on n'est pas obligés
de tout partager. Alors chacun sa vie,
chacun son petit déj. -Bonjour, Chantal.
-Bonjour, Constance. -Bon appétit.
-Merci. Et ça, c'est mon poste de radio.
-Tu vois, ils sont discrets. -Oui.
6767288 Comme la vaisselle qui traîne.
-Elle la fera plus tard.
-Il n'y a pas de raison. Tu aimes les crêpes ?
-J'adore.
-Elle a pris tous les oeufs.
Evidemment,
il n'y a plus de lait.
Je m'en vais
te leur faire une liste de courses, aux 2 squatteurs. Oeufs, lait...
Tu veux quoi ? -Un petit déj
tranquille. -Je vais te faire un café.
Vide.
Café.
-Je te laisse.
Bonne journée, mon coeur. -Oui.
...
-Au fait, comment va Quiring ?
-Aujourd'hui, il a une visite de contrôle pour voir
s'il y a des complications.
-Sans lui, le palais n'est plus le palais.
-Il vous manque ? -Un peu, quand même.
Un coup de main ? -Ca va.
-Cette façon délicate qu'il a de vous bousculer,
de se mêler de tout.
-On se sent presque indépendants.
Bonjour, capitaine. -M. le juge.
On finit d'exhumer le corps, il y a eu des éboulements.
C'est un randonneur
qui a repéré le crâne. Impossible de savoir depuis quand
elle est là.
-C'est une femme ? -Oui,
selon la forme du bassin. D'après les dents, elle a moins de 40 ans.
Elle était enveloppée
dans des draps, mais on n'a retrouvé que des lambeaux.
Pareil pour les vêtements.
-Si le corps a été dissimulé, sa mort n'est pas naturelle.
-Attendons l'autopsie.
Je vais me plonger dans le fichier des personnes disparues.
On a aussi trouvé un médaillon avec un prénom.
Isabella.
-C'est un bon début.
-Quiring est venu nous dire bonjour ?
-Ou bien je lui manque.
-Quel bonheur de voir à nouveau cette salle, ces colonnes.
Cette lumière, regarde-moi ça, c'est magique.
Boris, la beauté est autour de nous
et on n'y fait plus attention. Solène, venez que je vous embrasse.
-Vous êtes en forme.
Vous revenez quand ?
-Maintenant.
-Et le médecin ?
-La faculté me dit apte au service.
-Tu peux attendre.
-Je répondrai comme Mirabeau.
"On ne m'arrachera à ces lieux que par la puissance des baïonnettes."
Regardez vos têtes.
Je plaisante.
Quoi de neuf sur le front de la justice ?
-On a découvert
un cadavre dans... -Jean-François !
Tu me feras le topo plus tard.
-Je ne l'avais jamais vu aussi détendu.
-Il y a 2 ans, pour Noël, il avait desserré sa cravate.
-Profitons-en, ça ne durera pas.
-Isabella Vidal. C'est la seule femme
qui porte ce prénom dans le fichier. Disparue
en juin 2005.
-2005 ? L'année de mes 20 ans.
-Elle en avait 23, née au Chili, mère d'un garçon de 4 ans.
-Qui a signalé sa disparition ? -Son compagnon,
Francis Mahon, le père de l'enfant.
-Il y a eu une enquête ?
-Juste une recherche dans l'intérêt des familles.
-La police n'a pas jugé la disparition inquiétante.
-Etrangère, majeure. Elle pouvait simplement
être repartie au Chili.
-Ce Francis Mahon, il habite où ? -Toujours à la même adresse.
Il est architecte d'intérieur.
-Oui, c'est bien sa médaille de baptême.
Elle ne la quittait jamais, ça lui rappelait son enfance.
Le Chili.
-Votre compagne a disparu le 21 juin 2005.
Vous ne l'avez signalé qu'au bout de 5 jours.
-C'était pas la 1re fois qu'elle partait sans prévenir.
Mais elle revenait.
-La 1re fois, c'était après la naissance de Victor, en 2001.
-Isabella a fait un baby blues ?
-Elle avait 18 ans quand je l'ai rencontrée.
J'étais expat à Santiago.
Elle est tombée enceinte 2 mois avant mon retour. Elle m'a suivi,
mais elle n'a jamais pu s'adapter à la vie ici.
-Vous savez où elle fuguait ?
-Non, elle n'avait pas de but, elle faisait du stop toute seule.
Une fois, un ami l'a ramenée.
Elle était près de Nîmes. Isa.
Elle revenait d'Espagne.
T'es trempée. Tu vas prendre froid.
-Gracias.
-Elle était devant la station-service.
-Il aurait pu lui arriver n'importe quoi.
-C'est bon, elle est là. Comment va Victor ?
-Il a eu du mal à s'endormir.
-Passe sur le chantier, qu'on règle cette histoire d'escalier.
-Merci, Laurent. -Bon courage.
-Quand tu t'en vas comme ça, appelle-moi.
Juste pour dire où tu es.
Victor te réclamait.
-Ici, je peux pas respirer. C'est plus fort que moi.
On pourrait déménager en Espagne ?
Au moins, je parle la langue. -Isa, j'ai le cabinet.
Mais on va s'en sortir.
Victor pleure.
-Va l'embrasser.
-Je sais pas quoi faire quand il est comme ça. C'est toi qu'il veut.
Je suis fatiguée.
...
-Elle a trouvé un boulot dans une boutique de vêtements.
Elle s'est mise à sortir en boîte avec ses collègues.
Ca lui changeait les idées.
Un soir, elle n'est pas rentrée.
Le lendemain matin, j'ai reçu un texto.
"Oubliez-moi."
Quelqu'un entre.
-Bonjour. -Bonjour.
-Et ensuite ?
-On n'a plus eu de contact.
J'ai cherché à savoir si elle était rentrée au Chili,
sans succès.
-Son silence
ne vous a pas inquiété ? -Si.
Bien sûr.
J'ai pensé à une mauvaise rencontre.
Ou qu'elle s'était suicidée.
Je ne savais pas quoi dire à Victor.
Heureusement, j'ai rencontré Eve.
Elle l'a élevé comme son fils. -On a eu 2 autres enfants.
-Votre ex-compagne avait-elle des problèmes avec quelqu'un ?
-Je ne sais pas. J'avais mon boulot, je m'occupais de Victor.
-Vous disiez
qu'elle sortait avec des collègues. Vous connaissez leurs noms ?
-La boutique s'appelait Mod's, c'était avenue de Mazargues.
Près du lycée.
-Par chance,
la boutique existe encore. -J'espère que le registre
du personnel est à jour.
Moi, j'ignore qui bossait pour moi en 2005
et ce que je faisais le 21 juin. -J'étais en Crète.
-Pour enseigner le sirtaki ?
-Non, j'étais archéologue.
-Ca vous ressemble plus. -C'était passionnant.
-Je mettais à jour
les ruines d'une citerne.
D'ailleurs, j'avais fait plein de photos.
-On se fera une soirée.
-Chiche.
Portable.
-Nadia.
Elle a reconnu Isabella sur la photo.
"Sympa, mais pas très impliquée."
Ca ne l'a pas étonnée qu'elle ne vienne plus.
-Et les collègues ?
-Un autre vendeur l'a plantée le même jour. Serge Herrero.
Elle l'avait mauvaise, ça la laissait seule pour les soldes.
-Il était proche d'Isabella ?
partis ensemble.
Il est fiché. 3 mois avant, une fille l'accusait de harcèlement.
-Merci, Nadia, à plus tard.
-Avec Isabella,
on a bossé ensemble 1 ou 2 mois. Je ne peux pas vous aider.
-Vous n'êtes jamais retourné travailler ?
-J'ai joué avec des potes musicos tout l'été sur la côte.
-Et avec Isabella ?
-On avait un bon feeling.
-Jusqu'où allait
ce bon feeling ? -Elle était maquée.
C'était clair.
Vous insinuez quoi ? -Vous n'aimez pas trop
qu'on vous résiste.
Un juge a prononcé une injonction
d'éloignement suite à la plainte de Mme Marie Lambert.
-Une mythomane.
-Où étiez-vous le 21 juin 2005 ? -21 juin ?
C'était la Fête de la musique. On a joué place Jourdain,
avec mon groupe.
-Isabella y était ? -Peut-être, j'ai oublié.
-Après, vous l'avez raccompagnée ?
-Non, non, non.
Je me rappelle : elle n'était pas là.
-Ah, ça vous revient ? -Désolé, ça date pas d'hier.
Elle était à cran, elle avait découvert que son mec la trompait.
-Ce jour-là ? -Oui.
Elle l'avait vu embrasser une femme.
Elle voulait parler à cette... "putain", selon ses termes.
-Vous savez qui ?
-Non. -Le greffier va prendre les noms
de vos potes pour vérifier ça.
-Je le vois mal inventer
cette histoire de maîtresse.
-Mahon n'a rien dit sur sa relation extraconjugale.
-M. le juge ? -Oui ?
-M. Victor Mahon est là. -Mais je ne l'ai pas convoqué.
-Je suis bien placé pour le savoir. Il voudrait vous voir.
-Allez le chercher.
-Allez-y.
-Bonjour. C'est vous, le juge ? -Oui, vous vouliez me voir ?
-C'est mon père. -Quoi, votre père ?
-Il a tué ma mère.
-Qu'est-ce qui vous fait croire que votre père soit le meurtrier ?
-Je l'ai vu.
J'ai eu des flashs. Ils s'engueulaient tous les 2,
il y a eu cette photo, et il m'a menti.
-Vous pouvez reprendre du début ?
-Je suis une thérapie depuis des années.
Avec la psy, on travaille sur mes sentiments pour Isabella.
Ma mère.
Il y a 3 mois, en cherchant des photos d'elle, j'ai trouvé ça.
-C'est Eve Mahon. -Je sais.
Cette photo a été prise lors d'un salon professionnel en mars 2005.
-Ils étaient déjà ensemble ?
-Oui. Je n'y croyais pas.
Eve était mon instit en maternelle, mon père l'a rencontrée comme ça.
Ma mère voulait partir parce que mon père la trompait.
-Vous lui avez montré cette photo ? -Il a pété un câble.
Il m'a donné des excuses bidon, comme quoi elle était instable.
J'ai trouvé ça dégueulasse, je me suis barré de la maison.
-Vous avez parlé de flashs.
-Après notre dispute avec mon père,
les souvenirs sont remontés en thérapie.
-Où tu vas ? Tu restes là.
Tu restes ici dans cette maison ! -Tu peux pas
me retenir ! -Je voyais mon père avec une arme.
Je ne comprenais pas pourquoi.
J'étais là quand il a tiré sur elle.
Elle a été tuée comme ça, hein ?
-On attend l'autopsie.
-J'ai toujours cru qu'elle m'avait abandonné.
Mais non.
-C'est pas bon de rester seul dans votre cas.
-Ca ira, j'habite avec mon parrain.
Portable.
-Vous ne répondez pas ? -Non, c'est mon père.
Il ne m'a rien dit quand vous avez découvert le corps de ma mère.
-Quelqu'un sait que vous êtes là ? -Non, personne.
J'avais peur qu'on ne m'écoute pas. Mais c'est la vérité.
-Le fils...
accuse son père de meurtre ?
Quel rebondissement.
-Juste de vagues souvenirs d'un enfant de 4 ans.
-Il a inventé la relation entre l'instit et son père ?
-Justement, il est en colère, il a été manipulé toute sa vie.
-Je vais contacter
sa thérapeute au sujet
de ses flashs. -Toi, Boris,
tu as souffert de mon absence ?
-Ca n'a rien à voir.
-Toi aussi, tu as grandi avec un seul parent.
-Je n'ai pas été abandonné. J'avais pas de père, c'est tout.
-Maintenant qu'on s'est retrouvés,
je suis prêt à te reconnaître.
Prends le temps d'y réfléchir.
-Euh oui, on verra.
Pour l'instant, on se focalise sur l'enquête. OK ?
-Euh oui. On a convoqué Mahon et son épouse pour demain matin.
La victime voulait une explication avec elle.
-Ah, moi, je suis impatient
de connaître la suite de ce drame passionnel.
Alors.
"Enquête sur le meurtre de Justine Santoni. Est prévu et réprimé
"par l'article L328A du Code pénal...
"Devant nous, maître..." Toujours là, lui.
-Café pour tout le monde ? -Pas moi.
-Mamie m'a pourtant dit qu'ils seraient là ce soir.
-Ils n'ont pas d'horaires, ils vont et viennent. Carpe diem.
-Je vous laisse les dossiers à leur faire signer.
Avec mon confrère, on regroupe les actions contre le promoteur.
-Alors ça avance ?
-Il est insolvable, mais il faut vérifier
s'il ne ment pas à ce sujet.
-Ca va être long.
-Des années.
Ca peut ne jamais aboutir. -Tu a dit des années ?
Il faut trouver une solution. Portable.
-Allô ?
Oui.
Quoi ?
Heu... Ben écoutez, on arrive.
-Pourquoi "on" arrive ?
-C'est la police. -Et ?
-Jules et ta mère ont été arrêtés pour... exhibitionnisme.
-Exhibitionnisme ?
Ils étaient tout nus ?
A poil ?
-Et en train de... -Hé.
Tu parles de ta mamie et de ma mère.
-Mamie.
-Tu sais ce que ça fait à un fils, d'aller chercher sa mère
à poil au commissariat ? Un bain de minuit !
-Oh arrête ! Tu es en boucle, c'est fatigant, là !
-Oui, je suis en boucle.
-On n'aurait pas dû, mais on était seuls sur la plage.
C'est ma faute. -Mais non, c'était délicieux.
C'est la faute aux abrutis qui ont piqué nos vêtements
et au flic qui nous a arrêtés.
-La mère de l'adjoint à l'enfance arrêtée pour exhibitionnisme !
Quand ça va se savoir... -Tu tiens tant à ta réputation.
Et ta mère dans une couverture qui gratte
sous le regard lubrique d'un planton ?
Ca, tu t'en fous.
-Tu n'avais pas à te déshabiller. -Je fais ce que je veux.
Viens, Jules, on va se coucher.
-Bonsoir.
-C'est ça, va te mettre un pyjama.
Il l'entraîne à faire n'importe quoi et tu trouves ça drôle ?
-Ca va. Lequel des 2 entraîne l'autre, on n'en sait rien.
On en a fait, des bains de minuit. -On avait 20 ans.
-Il y a un âge limite ?
-Oui ! -Ils s'amusent, ils sont heureux.
Ils cassent la routine.
-La routine ? Il se passe toujours quelque chose, dans cette maison.
-Justement, si on pensait un peu à nous ?
-On casse la routine ?
Glace au chocolat. -Oh là. Avec chantilly !
-Là, on la casse, la routine.
-C'est Quiring. -C'est reparti.
-Il me demande de changer un rendez-vous, il met des smileys.
-Fais voir.
Le laser du chirurgien a touché le cerveau.
-En même temps, il est cool. -Un peu trop, non ?
Tu me diras comment tu le trouves.
Klaxon.
J'y vais. A tout à l'heure.
-Nadia est partie interpeller Mahon
à Marignane. Sa femme est chez eux.
-Eh bien, allons-y.
-Vous aviez une relation avec M. Mahon
avant la disparition d'Isabella. -Quel est le rapport ?
-Elle le savait, elle voulait vous parler.
-Nous allons interroger les voisins à votre ancienne adresse.
S'il y a eu une altercation, on le saura.
-Mme Vidal est venue chez moi.
Je la connaissais un peu,
elle amenait parfois Victor à l'école.
Sonnette insistante.
On frappe fort à la porte.
-Ouvrez la porte ! Ouvrez !
-Mais attendez, là ! Il n'y a personne !
-Tu es montée dans sa voiture. Ca fait longtemps, vous deux ?
-On se calme. -Tu t'occupes bien de Victor,
Francis adore ça, et tu en profites pour me le prendre ?
-Désolée... -Puta de mierda !
Il est à moi ! A moi ! Il est "mio" ! Tu comprends, ça ?
Insulte en espagnol.
-Je ne voulais pas briser leur couple. Avec Francis, on s'aimait.
-Votre dispute n'est pas allée plus loin ?
-Ma voisine est venue juste après.
-Et vous avez appelé Francis Mahon. -Oui, il m'a dit
qu'il essaierait de lui parler. Mais elle n'est jamais rentrée.
-Tout le monde a cru à une nouvelle fugue
sans discuter la version de M. Mahon.
-Francis n'a pas tué Isabella. Ce n'est pas un meurtrier.
-La conviction de son épouse ne suffit pas à innocenter un suspect.
-Le rapport d'autopsie est arrivé,
je me suis permis de...
-Je vous en prie. De quoi est-elle morte ?
-C'est un homicide par arme à feu. -Ca accrédite
les souvenirs de Victor. -Oui.
-La balle a traversé le coeur. D'après l'orifice de sortie,
c'est un 7,65 mm.
-C'est courant.
-On ne trouve plus beaucoup de pistolets de ce calibre. La police
et l'armée l'ont pas mal utilisé. Il y a eu le fameux Walther PPK.
Le flingue de 007.
-Vous vous y connaissez.
-Je pratique le tir depuis que j'ai 10 ans.
C'est essentiel
pour mon équilibre, eh oui.
-Je vois.
-Vérifiez si Mahon avait une arme.
-Bien.
-Qu'y a-t-il, Meyer ?
-Quand Isabella a dit à Eve : "Il est à moi",
elle parlait de Mahon ou de Victor ?
-Elle délaissait son fils, non ? -Mais elle l'aimait peut-être.
Mettez-vous à sa place : son mari sort avec l'instit de son fils.
Une instit, ça sait y faire avec les enfants.
Ca a dû lui être insupportable. -Elle voulait emmener Victor ?
-Après l'altercation,
elle rentre chez elle, la discussion avec Mahon dégénère,
il refuse.
-C'est trop ancien pour demander le bornage de la victime.
-Ca vous dirait, un petit café ?
-Euh oui, oui.
-La prescription en matière
criminelle était de 10 ans jusqu'en 2017. Les faits datant d'avant 2007
ne peuvent pas être retenus. -Calcul mental... excellent.
-Elle a disparu en 2005
et a sûrement été tuée en 2005.
-Capacité de déduction...
parfaite.
-Les faits sont prescrits.
-Vous concluez un peu vite. Elle a pu décider de disparaître
et revenir quelques années après.
-C'est très hypothétique.
Elle n'a pas retiré d'argent et n'a pas
quitté la France. -Intéressant,
mais vous oubliez...
la dissimulation de cadavre. -En cas de recel
de cadavre par mort violente, la prescription
démarre à la découverte du corps. -Un délit puni...
-2 ans de prison.
-J'ai plus rien à lui apprendre.
-Donc, si on a un coupable, il pourra être condamné.
-A condition...
qu'il avoue. Eh oui.
Hé hé.
Qu'il avoue !
-J'attendais le bon moment pour en parler à Isabella.
Elle déprimait.
Et elle n'est jamais rentrée. -Vous avez retrouvé la mémoire.
-Mon client était sous le choc de l'annonce du meurtre.
-Les souvenirs de votre fils sont différents.
-Il vous accuse d'avoir tué sa mère.
-Pourquoi dirait-il une chose pareille ?
A cause de cette photo ?
-Pas seulement. Il se souvient de votre dispute avec Isabella.
Du pistolet que vous avez sorti.
-Possédez-vous une arme ?
-Non.
-Réfléchissez.
-J'en ai jamais eu. -On ne peut pas se fier
aux souvenirs d'un enfant de 4 ans.
-Victor m'en a toujours voulu d'avoir refait ma vie.
Il a demandé l'internat.
Le week-end, il restait muet.
Il a arrêté ses études,
il se faisait virer des boulots que je lui trouvais.
Il me rend responsable de tout,
et maintenant j'ai tué sa mère ? -Vous étiez
un papa poule.
Ce soir-là, Isabella
était furieuse.
-Je ne l'ai pas vue. Je n'y suis pour rien, dans sa mort.
Le lendemain, elle m'a envoyé le texto.
-Vous n'avez rien dit.
-Ils n'auraient jamais enquêté, elle n'était pas leur priorité.
-Vous pouvez l'avoir envoyé après l'avoir tuée.
-Vous inventez
des histoires. -Vous avez droit au silence.
Mon client a terminé.
-Très bien.
-Vous êtes mis en examen
et placé en détention provisoire.
-Victor ?
-T'as avoué ?
-Qu'es-tu allé leur raconter ? Ce n'est pas moi qui l'ai tuée.
-J'en peux plus de tes mensonges. -Regarde-moi. C'est pas moi.
-Adieu.
Il faut pas le croire.
-On a besoin d'en savoir plus.
D'accord ?
-T'as pas eu mes messages ?
Ton père s'est fait arrêter. -Je sais,
je l'ai vu au palais de justice.
-Tu foutais quoi là-bas ?
-M. Villers ?
-Oui ?
-Je suis le juge Delcourt, voici Constance Meyer, mon auxiliaire.
-Bonjour. -Bonjour.
-On peut vous parler ? -Bien sûr.
Victor a toujours eu beaucoup d'imagination.
Il inventait la fin des histoires qu'on lui racontait.
Ses flashs, là, c'est n'importe quoi.
-C'était comment, entre Isabella et Mahon ?
-Ils s'aimaient. Mais avec sa dépression, c'était compliqué.
Il jonglait
entre son môme et son job.
Il était très patient avec elle.
-Qu'a-t-il dit après sa disparition ?
-Qu'elle reviendrait.
Comme tout le temps.
-Mais là, c'était différent. Elle avait appris qu'il la trompait.
-Vous étiez au courant ?
-Oui.
J'étais au courant.
-Vous lui serviez parfois d'alibi ?
-C'est arrivé, oui.
Et alors ?
-Jusqu'où va votre loyauté ? -Je vous dis ce que je sais.
-Elle est souvent tombée sur des mecs relous.
Voire pire.
-Comment était M. Mahon ?
-Comme un père qui se retrouve seul avec son gamin.
Il s'est inquiété,
il l'a recherchée.
Ca le bouffait de ne pas avoir de réponse pour Victor.
Merde. J'espérais que ça s'arrangerait.
M. Villers soupire.
-La thérapeute de Victor dit de rester prudent sur son témoignage.
-Il a vu une arme et une dispute. Le reste est incertain.
-La mémoire construit et reconstruit les choses.
On ne peut pas se souvenir de tout. L'imagination comble les blancs.
-Hm. Comme la vue.
Ah si. Si, si. Mon chirurgien m'a dit que, sur chaque oeil,
il y a un point aveugle
là où arrive le nerf optique. C'est un peu comme si
la prise de la télé était au milieu de l'écran.
C'est le cerveau
qui reconstitue la pièce manquante.
-C'est incroyable.
Sinon, la perquisition chez Mahon n'a rien donné.
Pas ou plus d'arme. -Villers le défend.
Tous les 2 parlent d'une mauvaise rencontre qu'aurait faite Isabella.
-Il le couvre ? -Quand Villers a fait faillite,
Mahon lui a sauvé la mise. On va lui mettre la pression.
-Alors, comment vous la trouvez ? -Très saumon.
-Mais pas trop orange.
Je n'en pouvais plus du gris, c'est si triste.
J'ai rendez-vous avec le président. Ciao, les amis.
A plus dans le bus.
M. Quiring chantonne.
-Il prend quoi comme médicaments ? -Il y a un souci, là.
-Oui.
-Ils ne sont pas dans le cabanon. Ils ne sont pas rentrés de la nuit.
Je suis sûr qu'elle me fait la gueule.
Ils sont chez lui ? -La police n'a pas appelé.
-C'est censé me rassurer ? Téléphone.
-Oui ?
Que s'est-il passé ? -Ils ont fait quoi ?
Ils ont piqué un yacht ?
Braqué une bijouterie ? -C'est pour mon affaire. Oui ?
D'accord. Je préviens le juge Delcourt.
Merci beaucoup.
Constance soupire.
-Les voisins ont entendu du bruit. Eve Mahon est censée être
chez ses parents avec ses enfants. Ils ont appelé la police.
Ce n'est pas un cambrioleur. Téléphone.
Excusez-moi.
-Victor ?
Ca va ?
-C'est foutu.
Mon père ne dira jamais la vérité.
-Vous vouliez réveiller vos souvenirs ?
-Ca n'a pas marché.
Pas précipités.
-Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Tu es devenu fou ? Tu n'as pas fait assez de mal à ton père ?
-Et lui, alors ?
-Tu crois vraiment que c'est un assassin ?
Victor, regarde-moi.
Francis a attendu des mois avant de te dire pour nous deux.
Et un an avant qu'on habite ensemble. Pour ne pas te perturber.
Il n'a jamais pensé qu'à toi.
Tu crois vraiment qu'il aurait tué ta mère ? Réponds-moi.
...
-Les cheminées derrière la maison de Villers.
La photo a été prise le jour de la Fête de la musique, en 2005.
-Le jour de la disparition d'Isabella.
Victor était gardé par Villers ? -Après son altercation avec Eve,
elle était chez Villers.
-Il n'en a pas parlé. -Les flashs de Victor ont commencé
dans cette maison.
Ca peut réveiller des souvenirs.
-Donc Isabella serait morte là-bas ?
-Envoyez la scientifique chez Villers.
-Solène ?
-Bonjour. -Bonjour.
-Comment va Quiring ? -Aucune idée.
Il est à un symposium.
Il a écrit "sympasium" dans son texto.
Peut-être une erreur de frappe. -Ou il est content d'y aller.
Ca ne s'arrange pas. -Possible.
-Je te tiens au courant. -Hm.
-Vous avez parlé à Quiring ? -Oui. Au début, il a cru
que c'était pour la reconnaissance de paternité.
Il était déçu. -Il s'est braqué.
-Son médecin lui a dit de gérer les antalgiques.
Il n'a besoin de personne. -Surtout pas de son fils.
-Je vole ses médocs ?
-De toute façon,
il y a l'ordonnance.
-Je vais la récupérer.
-Vraiment ?
Téléphone.
Oui ?
des châteaux. Ils trouveront peut-être un trésor.
-Au moins, ils sont habillés. -La prochaine fois, ils m'oublient.
-Constance ?
-Oui ? -Villers avait un père militaire
mort en 2004 qui avait plusieurs armes.
-Un calibre 7,65 ? -Oui, exactement.
Constance ?
-Je te rappelle.
-On ne peut jamais parler.
-J'ai vendu toutes les armes. -Des preuves ?
-Des documents, oui. Qu'est-ce qu'ils font chez moi ?
-Victor était chez vous le soir où Isabella a disparu.
-Victor dormait souvent ici. -M. le juge, Constance,
vous pouvez venir ?
Là. Du sang en surface.
Du coup, on est allés voir en dessous. Allez-y.
Et voilà.
Le sang a coulé entre les lattes.
Et attendez.
Il y a une éraflure, aussi.
Et des résidus
de métal. Un projectile, par exemple.
-Donc c'est notre scène de crime. -Hm.
-Et vous le saviez déjà, M. Villers.
Moteur.
...
-Laurent ! Qu'est-ce qu'il se passe ?
Laurent ! -Laisse-nous travailler.
-Laurent ! Mais laissez-moi, putain !
Lâchez-moi ! Laurent !
...
3466696 -Ce jour-là, Francis m'a déposé Victor.
On devait aller à la Fête de la musique.
-Sa mère le savait ? -Oui.
Elle a débarqué tard, Victor dormait.
Elle nous avait cherchés partout en ville. Elle était en vrac.
-Il couche avec l'instit de Victor. Tu le savais.
Je viens chercher mon fils. -Victor reste ici.
-Je suis sa mère. -Quoi ?
Tu ne t'es jamais occupée de lui.
-Tu es qui pour me juger ?
-Tu ne les sépareras pas.
Casse-toi !
Quand j'étais môme, ma mère s'est barrée de la maison avec moi.
J'ai subi l'absence
de mon père. Je ne voulais pas ça
pour Victor.
Isabella n'a rien voulu entendre.
J'ai sorti mon pistolet pour la menacer.
Elle s'est jetée sur moi. Le coup est parti tout seul.
J'avais oublié qu'il était chargé.
-Et ensuite ?
-J'ai mis son corps dans un drap et j'ai nettoyé le sang.
Je l'ai enterrée
le lendemain.
-Dans quelle position vous étiez quand vous avez tiré sur Isabella ?
-Pourquoi vous me demandez ça ?
J'étais devant elle.
-La scène de crime confirme les conclusions de l'autopsie.
La trajectoire de la balle était ascendante, de l'abdomen au coeur
puis à l'omoplate. Lui dit qu'il était en face d'elle.
Ca ne colle pas.
-Vous avez raison. A quoi vous pensez ?
-Villers a avoué un peu trop vite.
-Donc il protège quelqu'un.
-Le meurtre est prescrit.
Vous n'irez pas aux assises. Vous vous accusez, mais vous mentez.
-Quoi ?
-L'expertise balistique
est formelle : le coup de feu a été tiré de bas en haut.
A hauteur d'enfant.
-C'est moi qui ai tiré, je vous l'ai avoué.
-Victor va mal depuis des années.
Ce matin, il a tout cassé chez son père.
Tant qu'il ne se souviendra pas, il ira mal.
Vous avez cru l'aider en vous taisant. Vous vous trompez.
-On se prenait la tête, avec Isabella.
D'un coup, son visage s'est figé.
Victor tenait le pistolet.
-Comment ça a pu arriver ?
-Je le rangeais dans un placard.
Ce soir-là, on a joué à cache-cache.
Victor l'a vu. Je lui ai dit de ne pas y toucher,
que c'était pour se protéger des méchants.
-Il a entendu
votre dispute, il a pensé à un méchant.
-Tu es qui pour me juger ? -Tu ne les sépareras pas !
Isabella s'est jetée sur lui pour le désarmer, mais...
Coup de feu.
-Va faire dodo, mon chéri.
Amène-le.
Il faut faire dodo.
-Victor n'a pas réalisé ce qu'il s'était passé.
Quand je suis revenu,
il était trop tard.
-Pourquoi vous n'avez rien dit à son père ? C'était un accident.
-Il comptait sur moi, il m'avait confié son fils.
Par ma faute, Victor a tué
sa mère. -M. Mahon ne se doutait
de rien ?
-Non. Il m'a appelé dans la soirée pour savoir si je l'avais vue.
Je lui ai menti.
Je n'ai pas dormi de la nuit. C'était intenable.
Je voulais tout lui dire, mais... -Mais quoi ?
-Le lendemain, quand Victor s'est réveillé, il se comportait
comme si rien ne s'était passé. Il n'a pas parlé de sa mère.
-Comme un mauvais rêve oublié au réveil.
Et pour accréditer l'histoire, vous avez envoyé le texto.
-En avouant, vous n'auriez pas perdu que l'amitié de M. Mahon.
Il vous employait.
-Je n'ai jamais pensé à ça. Jamais.
Je ne voulais pas que Victor vive avec ça.
Je ne voulais pas.
...
-Victor.
Il faut y aller.
...
-Tu ne les sépareras pas. Casse-toi !
Coup de feu.
-Va faire dodo, mon chéri.
Amène-le.
Il faut faire dodo.
Va faire dodo, mon chéri.
-J'ai tué ma mère.
-Tu as cru qu'il y avait des cambrioleurs. Tu as pris l'arme
de ton parrain.
Tu te tenais là.
-Pardon.
Victor pleure.
...
-Je suis là, Victor.
Je suis là.
-Transmettez-moi ça, je regarderai. Laissez-moi le temps. De rien.
-Plus de cravate saumon ? -Cette horreur ?
Je n'étais pas moi-même, ces derniers jours.
-Vous étiez de bonne humeur. -J'avais mal dosé mes médicaments.
Tout s'est arrangé.
-Tant mieux. -Le dossier Vidal ?
-On va vers un non-lieu.
Le fils n'était pas pénalement responsable.
Le parrain sera renvoyé en correctionnelle. Il risque 2 ans...
-Ca va, j'ai compris.
Transmettez-moi tout ça. Téléphone.
Oui ? Je n'ai pas le temps.
Oui. -Il est redevenu normal.
-Oui. Votre intervention était efficace.
-Bon, je préfère ça.
-Moi, je préférais l'autre Quiring, avec la cravate saumon.
-Hm.
-Barth ?
Je suis rentrée.
-Surprise. -Jules et Chantal sont partis ?
-Non. Ce soir,
on sort. On casse la routine.
-Où as-tu trouvé ça ? -Au grenier. Collector.
-Oui. -Interclubs...
-89. -Et tu n'as pas tout vu.
La chemise de madame. -Non ?
-Si. Et les chaussures... -Oh !
-De monsieur. -Tu as réservé ?
-18h30, bowling du Prado. -T'as pas peur ?
-De toi ?
-J'ai gagné les 45 dernières parties.
-Tu exagères.
-Tu dois être un peu rouillé. -Moi, rouillé ?
Moi, je suis rouillé ? Ma pauvre Constance.
Strike. On se magne, on est en retard.
Tu expliqueras sur place. Limonade, pop-corn et retour à minuit.
france.tv access
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.