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Zulu
...
-Bonjour, Chantal.
-Bonjour. -Vous êtes bien matinale ce matin.
-J'attends mon avocat.
-Votre avocat ? -Antoine !
-Antoine ?
-Oui, mon petit-fils, votre fils !
Il ne vous l'a pas dit ? -On a essayé de se joindre hier.
Mais bon... -On va faire une "class action".
Vous savez... -Je sais, Chantal.
-Oui, excusez-moi.
-Votre appartement au Portugal ? -Qui ne verra jamais le jour.
-Vous avez raison de vous battre pour récupérer votre argent.
-Le voilà !
-Bonjour. Je suis bien chez Me Meyer ?
-Oui. -Vous êtes
son assistante ? -Pardonnez mon retard.
-J'arrive juste. -Me Meyer.
Je vous en prie.
-Tu aurais pu me prévenir.
-Je n'ai pas trouvé de bureaux à louer...
Ce ne sont pas mes bureaux, j'ai dû faire face à un dégât des eaux.
Je vous présente Chantal. Chantal, M. Rivet.
-Enchanté.
-Enchantée. -Une victime.
Je lui ai proposé de se joindre à nous pour cette 1re réunion.
-Tu as bien fait, mon chéri.
Euh ! Maître.
-Finalement, vous êtes...
-Sa mère.
-Et moi,
la grand-mère. -Eh oui !
J'ai improvisé, j'ai eu peur que vous ne me preniez pas
au sérieux.
-Au contraire, je vous remercie.
J'étais en train de pleurer sur mon investissement perdu.
Grâce à vous, l'espoir renaît.
-Super ! Commençons cette réunion.
-On y va !
-Je vous en prie.
-Je peux y aller, maître ?
-Oui. Merci, maman.
-C'est la voix de mon fils ?
Tu t'es enfin souvenu qu'on existait !
Comment il va ? -Mon père.
Rassurez-vous, on est au complet, ma soeur est en croisière.
-Quelqu'un peut m'expliquer ?
-J'y vais.
-Où ? -Une scène de crime.
-Une scène de crime ?
-Je vous expliquerai.
...
Propos animés.
-Ils n'ont pas l'air d'apprécier.
-Que la police s'en occupe ?
Entre eux, c'est chien et chat.
-Cette histoire m'échappe, mon chat adorait mon chien...
-Bon, on y va, Meyer ? -Oui.
Vous aimez les animaux ? -Oui, beaucoup.
Propos diffus.
-Reculez, s'il vous plaît.
-Capitaine.
-Eric Duval, commandant de gendarmerie,
sa brigade est là.
30 ans d'états de service irréprochables.
Il allait être à la retraite dans 6 mois.
-Pas une plainte, pas un rapport ? -Irréprochable.
Selon sa hiérarchie,
l'homme parfait.
-Pas pour tout le monde.
-Qui succède
au commandant ? -Chloé Duval, sa fille.
Elle n'est pas
arrivée encore.
-Une fille qui succède à son père,
ça aurait pu créer des jalousies au sein d'une brigade. Non ?
-D'habitude,
c'est moi qui émets des hypothèses sans éléments.
-Vous déteignez sur moi. -Pour le meilleur, j'espère.
-Il a été poignardé.
Un randonneur a trouvé
le corps il y a 1h.
Hier soir,
la brigade avait
organisé une cérémonie pour fêter la promotion de Chloé Duval.
-Etablissez la liste
des invités et interrogez les membres de la brigade.
-Les gendarmes ne vont pas me parler, je suis flic.
-Déployez vos talents de diplomate.
Propos agités.
-Non ! Non ! -Laissez-moi passer !
Je suis Chloé Duval, sa fille. Je veux le voir !
-Cpt Duval, on a besoin de finir l'analyse de la scène...
-Je sais. Je veux le voir.
-On a besoin d'identifier le corps officiellement.
...
On peut vous parler ?
-Quand avez-vous vu
votre père pour la dernière fois ?
-Hier soir, à la fin du pot.
On est tous partis vers 21h, je n'ai pas eu de nouvelles après.
-Et à la cérémonie, vous n'avez rien noté
de spécial ? -Non.
Les gens étaient contents.
Et aussi un peu tristes que mon père parte.
-Il n'y avait
que des gens de la brigade ? -Et les proches.
Il y avait ma mère, mon frère Olivier,
le maire et quelques amis.
-Et vos parents sont rentrés ensemble après ?
-Non, ils sont divorcés.
Mon père s'est remarié, il vit avec Sylvie.
-Vous n'avez pas parlé
d'elle. -Elle n'était pas là hier soir.
Sylvie était une amie de ma mère.
C'est compliqué pour elles de se croiser.
-Et comment s'est passée votre nomination ?
-Qu'est-ce que vous insinuez, que j'ai été pistonnée ?
Je dois ma nomination
à mes états de service.
-Evidemment, mais ça a pu créer des rivalités.
-Il n'y en a pas dans notre brigade.
-Votre père enquêtait
sur un dossier sensible ? -Je ne crois pas.
Je regarderai, mais a priori...
-Très bien.
Nous reviendrons vers vous dès que nécessaire.
-Je veux participer à l'enquête.
-C'est impossible. -Je connais les relations
de mon père, les environs,
les habitants mieux que quiconque. -La loi vous l'interdit.
-Je souhaite demander la restitution
des objets personnels de la victime
saisis pendant l'enquête de police.
Cette demande vaut constitution de partie civile par intervention,
vous devrez me donner accès, à moi ou à mon avocat, au dossier
et à l'évolution de l'information judiciaire.
-Vous ne prendrez aucune initiative dans l'enquête ?
-Aucune sans vous en référer. -Non, aucune tout court.
-Aucune.
-Bien. Nous vous tiendrons informée
de l'évolution de l'instruction et nous pourrons collaborer.
-Merci, M. le juge.
-Il faut savoir prendre des risques dans la vie pour avancer,
M. le juge. -A condition que ce soit maîtrisé.
-Je sens que si ça se passe mal, ça va être de ma faute.
-Bon, allons voir
cette Sylvie Duval, et Olivier le frère de Chloé.
Mme Duval,
votre mari vous a-t-il parlé
de quelque chose qui le tracassait dernièrement ?
-Non, rien de spécial.
En même temps, Eric n'était pas du genre à confier ses problèmes.
-Et ce matin,
il vous a paru comment ?
-Comme d'habitude.
Il est parti faire son footing à 6h.
-Il courait
tous les jours ?
-C'était un militaire, vous savez.
Notre vie était extrêmement réglée.
Il partait tous les jours à 6h. Il revenait vers 8h
se préparer avant d'aller prendre son service.
-Il faisait toujours
le même parcours ? -Oui.
Je crois.
-Et hier soir, il est rentré à quelle heure ?
-21h, 21h30, juste après
la cérémonie. On a un peu discuté.
Et on est partis se coucher, tôt.
-Avez-vous noté quelque chose pendant la cérémonie ?
M. Duval ! Avez-vous
noté quelque chose
pendant cette cérémonie ? -Non, rien.
-Vous déménagez ?
-Eric était très angoissé à l'idée de partir à la retraite.
Il lui fallait un nouveau projet.
Il voulait emménager près du littoral et ouvrir un gîte.
-Vous avez mis la maison en vente ? -Non.
On voulait la laisser à Olivier. Il loge dans la dépendance.
Mais c'est un peu petit, surtout
pour agrandir son activité.
-Quelle est votre activité ?
-Peinture et rénovation.
-Olivier est à son compte depuis deux ans.
-Bien. Merci de nous avoir accordé
quelques minutes.
Je suis sûr que vous avez déjà des hypothèses.
-Pas du tout. -Même pas une petite analyse ?
-A part qu'Olivier, à 30 ans, vit toujours chez son père.
-C'est courant de nos jours.
-Dès que j'ai une hypothèse, vous serez le premier prévenu.
-M. le juge.
-Oui. -Les gendarmes sont
formels sur deux points. Premier, Eric Duval était un chef parfait,
admiré, loyal...
-D'accord. Et le deuxième ?
-Ils me détestent tous. -Ca leur passera.
-Pas sûr... J'ai un témoignage intéressant.
Il y avait deux hôtesses pour le service.
L'une d'elles a surpris une violente dispute
entre le Cdt Duval et son ex-femme,
la mère de ses enfants. -Violente comment ?
-Elle lui a mis une gifle.
-On va l'auditionner. -C'est un hall de gare ici ?
-Merci, capitaine.
Pour info, on a déjà contacté le Col Rochefort, on fera preuve
de la plus grande délicatesse.
-Le corporatisme...
C'est surtout la population qu'il faut rassurer.
-Oui, bien sûr.
Vous permettez ? -Oui, faites.
-On y va ?
-J'arrive.
-Qu'est-ce que vous voulez encore, Meyer ?
-Qu'est-ce que tu fais là ?
-"Merci, mon amour, pour le café" !
-Merci.
-Je t'en prie.
-Et tu voulais quelque chose en particulier ?
-Tu crois que je suis intéressée ? -Tout le monde est intéressé.
-Bon, je te l'accorde.
En fait, Raphaël rêve d'aller voir un match au Vélodrome.
-C'est super, ça.
-Et je me disais que peut-être... -Mais tu as déjà les places ?
-Sinon, c'est l'enfer pour en trouver.
-C'est bien,
il va pouvoir passer du temps avec son père.
-Son père déteste le foot.
-Parce que moi j'aime ça ? -Tu n'aimes pas le foot ?
-Non, laisse tomber.
Laisse tomber.
-C'est pas grave.
Il sera déçu, mais c'est pas grave.
-Je vais l'accompagner.
Je ne vais pas l'empêcher de voir un match.
-J'ai un pli urgent pour Constance.
J'allais le mettre dans son casier, mais tu peux peut-être lui donner.
-C'est quoi ?
-Quiring m'a dit qu'il fallait qu'elle l'ait avant 14h.
-D'accord.
-A tout à l'heure.
-C'est une tannée, ce truc. Il faut en mettre toutes les 10mn.
Très pratique pour rester discret !
-Vous ne voulez rien dire.
-Inutile d'alerter le ban et l'arrière-ban.
-Que disent
les médecins ? -Un glaucome.
J'ai un traitement de fond.
-Ca suffit ? -Il faut attendre.
Sinon, ce sera l'opération.
-Vous me tiendrez au courant ?
-Je ferai un communiqué de presse.
Pas un mot à Boris.
-C'est votre fils.
-Je ne veux pas l'inquiéter
avec les soucis d'un père qui vient juste de débarquer
dans sa vie.
-Comme vous voudrez.
-Merci, Meyer.
-Pourquoi Quiring vous demande des travaux préparatoires,
et de rédiger son prochain réquisitoire ?
-Ce que me demande le procureur fait aussi partie
de mes attributions.
-Et, je cite :
"Ne dites rien à Boris", ça fait partie aussi de vos attributions ?
-Vous avez entendu quoi exactement ?
-Une éventuelle opération,
mais je ne sais pas de quoi il s'agit.
-Votre père a un glaucome.
Il voit de plus en plus flou, et il a aussi des maux de tête.
Il risque de perdre la vue.
-Depuis combien de temps ?
-Quelques jours.
Il vient de commencer son traitement.
-Mme Marie Cenac est arrivée.
-Ben, oui ! Je ne vais pas la faire sortir...
-Vous ne croyez quand même pas que j'ai tué mon ex-mari ?
-Dites-nous plutôt pourquoi
vous l'avez giflé ce soir-là ?
Vous pouvez choisir de garder le silence, c'est votre droit.
Mais je vais devoir vous mettre en examen.
-Je n'ai pas tué Eric.
C'est à cause d'Olivier, notre fils.
Mais je ne veux pas le mettre dans la difficulté.
-Vous avez déjà assez pris sur vous, semble-t-il.
-Après le discours d'Eric, tout le monde est parti au buffet.
Rumeur des conversations.
...
Je ne voyais plus ni Eric ni Olivier.
Alors, je les ai cherchés.
-J'en ai marre
que tu décides de tout à ma place.
-Je fais ça pour ton bien, mon grand.
-Pour mon bien...
Ou pour le tien ?
-Allez !
Calme-toi.
Viens, on retourne à la salle.
-Que je me calme !
Ca fait des années que je me calme.
-Bon, tu veux quoi ?
-Que tu me laisses tranquille.
Définitivement.
-Bien, si c'est ce que tu veux.
-Olivier.
-Maman !
-Pourquoi tu t'en vas ?
-Je suis fatigué. Tu as encore trop bu.
-Qu'est-ce qui se passe ? -Rien.
-Je vous ai entendus. -Il n'y a rien, je te dis.
-Parle-moi, on ne se voit plus, tu es distant.
-J'en ai marre de toi, tu me soûles.
-Vous êtes allée voir Eric
ensuite ?
-Je l'ai retrouvé dans les cuisines.
La gendarmerie est à sec, il n'y a plus rien à boire !
-Arrête !
-A vos ordres, M. le commandant !
-Tu vas te donner en spectacle devant tout le monde ?
Donne-moi ça !
-Désolée.
Ca manque un peu de public, vous ne trouvez pas,
M. le commandant ?
Il y a quelqu'un ici ?
Personne ne veut savoir
comment le commandant à laisser tomber sa femme,
qui avait arrêté de travailler pour élever ses enfants ?
-Ca suffit, rentre chez toi.
Rire narquois.
-Le commandant perd son calme légendaire.
Le commandant est à cran.
Son gentil fils se rebelle. Il va enfin comprendre qui tu es.
-Il sait à qui faire confiance, et c'est sûrement pas à toi.
Fracas.
-C'est là
que la serveuse nous a vus.
-Qu'entendiez-vous
par "Olivier va enfin comprendre qui tu es" ?
-Depuis notre divorce, Eric n'a rien fait
pour favoriser les relations avec Olivier.
Il m'a éloignée de mon fils.
On est devenus des étrangers.
Et je suis sûre qu'Eric l'a monté contre moi !
-Eric ou Sylvie Duval ?
-Vous croyez vraiment que je suis jalouse de Sylvie ?
C'est mon fils qui m'intéresse.
-Vous étiez où
ce matin à 6h30 ?
-J'avais encore trop bu hier soir...
-Je n'ai pas bien entendu.
-J'étais avec un homme, chez moi.
-On peut avoir l'identité de cette personne ?
-C'est dans votre intérêt.
-C'est un lieutenant
de la brigade.
On est partis ensemble de la soirée.
-Nadia a vérifié, Marie Cenac
était bien avec un gendarme.
-Vous croyez qu'Olivier était énervé au point de...
-Pour l'instant, avec le témoignage suggestif de sa mère,
c'est notre seul élément tangible. -Dans l'affaire Duval,
Gilles Maillol, ça vous parle ? Son avocat a déposé
plainte pour arrestation abusive.
-Nadia ? -Non.
La gendarmerie, Chloé Duval prend des initiatives.
-Je l'avais prévenue.
Oui, elle voulait participer à l'enquête.
-Vous ne l'avez pas autorisée ?
-Vous nous sous-estimez. -Ne me prenez pas pour une truffe !
-Pas du tout... -Vous continuez ?
Quoi que vous ayez fait ou pas fait,
j'ai appelé le Col Rochefort, il va tenir ses équipes.
Mais pas de bavure sur cette instruction,
Boris. -Mais évidemment.
-Qu'est-ce que vous faites encore là ?
-Comment ça ?
-Vous attendez quoi pour aller
à la gendarmerie ? -On y va,
M. le procureur.
-Vous ne frappez jamais avant d'entrer ?
-Vous n'avez pas le droit d'intervenir dans cette affaire,
je vous rappelle.
-On devait collaborer, et j'apprends
que vous convoquez ma mère. -Ce n'était pas une réunion
de famille.
-Maillol n'a pas été interpellé
7437721 au sujet de la mort de mon père.
Et c'est un de mes hommes qui va l'interroger.
-Le coup de fil à votre supérieur
ne vous a pas suffi ? -J'ai tout son soutien.
-On a une plainte pour arrestation
abusive. -Elle s'est faite dans le calme.
-Si on trouvait une solution plutôt que de relâcher un suspect
pour vice de procédure ?
-Qu'est-ce que vous avez
trouvé ?
-Un PV d'infraction à l'encontre de Gilles Maillol,
gérant de restaurant.
Mon père a constaté plusieurs manquements aux normes
et a fait fermer l'établissement.
Il précise dans son rapport que Maillol l'a menacé.
Par ailleurs, ce monsieur a un joli pedigree.
Il a pris 2 ans ferme pour association de malfaiteurs,
escroquerie à l'assurance-vie.
-Et, à part le condamner par avance, vous l'avez arrêté
pour quel motif ?
-Il n'a pas payé ses contraventions
de stationnement.
-On ne pourra pas dire que la gendarmerie ne fait pas
son travail.
On ramène Maillol au palais. -Vous devez faire une demande
de transfert, ou son avocat annulera la procédure.
-Une vraie procureure.
-Nadia peut l'interroger ici.
-Quelle bonne idée.
-C'est tout à fait
possible.
-Merci. -On fait appel
à la collaboration de la police.
-Ca vous convient ?
-Oui, je ne pensais pas faire un interrogatoire en gendarmerie...
J'y vais !
Bonjour.
-Bonjour.
C'est pas Duval qui vient me voir ?
-Le Cdt Eric Duval est mort.
Assassiné ce matin.
Vous étiez dans les assurances avant.
Pourquoi vous avez changé ?
-Ca me regarde.
-Je regardais votre parcours.
Après la prison,
pendant cinq ans.
J'imagine pour ouvrir votre restaurant.
Un gros investissement.
-Il me fallait un apport pour intéresser
les banques. -Donc, cinq ans.
Cinq ans à dormir 4h par jour,
à ne pas avoir de vie perso.
Cinq ans de sacrifices pour le projet de votre vie.
Et quelque part, vous aviez déjà payé votre dette à la société.
-Et quoi ? -Et Duval fait fermer
votre restaurant. -Je l'ai pas tué !
C'est une manie chez les gendarmes
d'accuser à tort. -Je suis de la police.
-Et alors, vous pourriez être des services secrets...
-Vous avez menacé le commandant
il y a trois jours.
Vous étiez où ce matin entre 6h30 et 7h30 ?
-Sur un marché de grossistes.
-Vous avez un témoin ? -J'ai parlé
à un poissonnier là-bas. -Très bien, on va vérifier.
est fermé ?
qu'il s'occupait de tout.
-Vous étiez au courant ?
-Pas du tout.
J'ai entendu parler de lui pour la première fois il y a 1h.
pour les peintures.
-Vous le connaissez
personnellement ? -Non, j'ai consulté son site.
Il m'a fait un devis.
6758203 -Les travaux, ça ne s'est pas bien passé ?
-Il a fait un travail de chien.
J'ai refusé de lui payer le solde, et il a fait appel à son papa.
-Ca veut dire quoi ça, "Il a fait appel à son papa" ?
-J'ai respecté toutes les normes.
L'isolation de la terrasse
était en cours.
Rien ne justifiait une fermeture d'établissement.
Duval s'en foutait, c'est pas lui qui va rembourser la banque.
-Donc, vous l'avez bien menacé ?
-J'étais hors de moi.
Mais je n'ai fait aucune menace.
-Et après, plus rien ?
-Après, je suis allé voir Olivier, hier.
Je me suis dit que si je le payais,
ça pouvait s'arranger.
-Et ?
-Il a refusé.
Il m'a dit qu'il pouvait même refaire les peintures.
Je ne sais pas à quoi il joue avec son père...
-Vous lui avez posé la question ?
-Il m'a dit qu'il s'occupait de lui.
-J'ai eu le poissonnier, il était avec Maillol ce matin.
-Je ne comprends pas. Mon père a toujours été
honnête, à cheval sur la procédure.
Je ne comprends pas.
-Comment marche l'entreprise de votre frère ?
-Il a du mal à se faire
une clientèle, il n'en vit pas.
-Le chantier, c'était une chance, si Maillol était content,
ça pouvait lui ramener des nouveaux clients.
-Que voulez-vous dire ?
-Il a voulu aider Olivier à sa façon.
-Il y a d'autres manières
de le faire. -Je vous l'accorde.
-Quels étaient les rapports entre Olivier et votre père ?
-Complexes.
Après le divorce de nos parents, Olivier a changé,
il s'est renfermé, comme s'il avait été traumatisé.
Alors, mon père s'est énormément occupé de lui, et mon frère est
toujours resté un peu... soumis.
-Vous pensez que c'était l'objet de leur dispute à la soirée ?
-Sans doute.
De là à le tuer parce qu'il a pris une initiative malheureuse...
-Il était totalement
sous la coupe de son père.
Maillol, c'était peut-être la goutte d'eau.
-Je suis contente que mon fils aime son père.
Je vous ramène
chez Solène ?
-Non.
Non, chez moi.
-Pour résumer,
on a deux types de class action. L'action de groupe, portée
par une association, les préjudices ne sont pas individualiser.
Et l'action collective, portée par un avocat,
qui permet un accord à l'amiable, et individualise les préjudices.
C'est clair ?
-Oui. -Bonsoir !
J'espère qu'il ne vous facture pas à l'heure !
-On a retrouvé les propriétaires, et on les a tous appelés.
Bon, il y a pas mal d'Allemands.
Mais Jules parle couramment la langue de Goethe.
-J'ai passé trois ans à Berlin.
-Je peux récupérer
la salle de réunion ?
-En effet, il y a un temps pour tout.
-Vous partez déjà ? Restez dîner avec nous.
Mon fils est le cordon bleu de la maison.
-Ma fille compte sur moi
pour tondre la pelouse.
-Ah ! Oui, la solidarité familiale. -En revanche,
on pourrait se voir demain si vous voulez.
Je pourrais vous emmener visiter des recoins insolites
de Marseille. -Avec joie !
Disons 8h.
-Parfait. Je passe
vous prendre ? -Oui.
-M. Rivet, merci beaucoup. -Merci
à vous. Merci, Constance,
de votre accueil. -Je vous en prie.
-Et donc à demain,
Chantal. -A demain.
-Je vous raccompagne.
-Et moi,
il ne me remercie pas ? -Ca t'étonne ?
-C'est mon salon. -Tu n'étais pas là.
-Je reviens !
-"Les recoins insolites",
c'est ringard comme technique de drague !
-Chantal était offensive... -Mamie l'a dragué
tout l'après-midi !
-Tu n'as pas une femme
et un enfant, toi ? -Si ! Je vous embrasse.
Je ne savais pas que c'était sexy de parler
l'allemand.
Propos aux consonances allemandes.
-C'est quoi ça, du Goethe ? -Jean-Claude Goethe.
-J'ai reconnu.
Ich liebe dich.
-Moi aussi.
-Tu as fait une flammekueche ? -Ja !
Avec des "prusik" !
-Constance.
Ce n'est pas trop pour une balade ?
-Chantal, vous êtes magnifique.
-Merci. C'est que je ne sais plus comment ça se passe.
-Ca va revenir très vite.
-Bon, j'y vais !
Merci. -Amusez-vous bien.
-Oui. A tout à l'heure.
-Ouais !
Ah là là !
-Elle est partie ?
-Tu t'es caché ?
-Je n'ai pas envie de voir ça !
-Tu as raison, elle va vieillir seule,
finir seule, mourir seule,
pleurer ton père... -Je n'ai pas dit ça.
-Mais tu l'as pensé tellement fort.
Elle ne remplace pas ton père ! -Je sais, mais ça ne passe pas.
-Elle reprend goût à la vie, elle est belle, magnifique.
Et il n'a pas l'air si mal,
ce M. Rivet.
-Un beau-père qui s'appelle Jules !
-J'ai bien un mari qui s'appelle Barth !
-Attention ! Ca n'a rien à voir.
-Famille de dingues en cinq lettres ?
Meyer, bien sûr !
Bonjour, messieurs.
Ca va ?
-Non, Raphaël a mis 2h à s'habiller.
Et là, Quiring m'appelle, il veut que je le remplace ce soir.
-Et la baby-sitter n'est pas libre. -Non. Je vais demander à Boris.
-Une belle journée qui commence ! -Je vous laisse.
-Et ta soeur ?
-Elle est à Lille pour un colloque. -Tu sais, tu pourrais t'adresser
à des sites de baby-sitters.
Je me suis renseigné, il y en a des très bien.
Ils font attention au recrutement.
-Tu n'as pas envie de t'occuper
de Raphaël ? -Non, c'est pas ça...
-C'est quoi ?
-C'est que j'ai l'impression d'être
9421720 passé du stade de célibataire à celui de père de famille
recomposée, sans passer par un sas de transition.
-"Un sas" ? -Oui...
Tu vois ce que je veux dire !
-En ce moment, avec le père de Raphaël
qui n'est pas très disponible...
-Je crois qu'il ne le sera jamais.
-Qu'est-ce que tu veux, en fait ?
Tu veux faire un break, c'est ça ? -Non.
Mais on pourrait peut-être trouver un rythme un peu plus...
Normal.
-Mais je ne suis pas disponible à la carte !
Soit tu prends tout, soit rien.
-C'est grave si ce n'est pas vraiment bien aligné ?
-Un peu d'ordre dans le chaos, ça ne fait de mal à personne.
M. le juge devrait en faire autant.
-Faire quoi ?
-Malgré les apparences,
je sens le chaos en lui.
Ah ! Olivier Duval attend
d'être reçu.
Vous avez 10mn
de retard. -On frôle l'apocalypse.
Faites-le entrer.
-Ben, oui !
Je ne vais pas le faire... -Sortir, oui, je sais !
-Vous n'étiez pas d'accord avec l'intervention de votre père ?
-Il aurait dû m'en parler avant.
-C'est ce que vous lui avez dit à la soirée ?
-Oui.
-Qu'il fallait qu'il vous laisse tranquille définitivement.
-C'est une parole en l'air.
C'est ma mère qui vous a dit ça ? Elle est tellement jalouse.
-Qu'il vous laisse tranquille
comment ? -Mais pour tout.
Pour rien.
On s'était engueulés au téléphone avec Maillol.
Papa était avec moi et il est allé le voir sans même m'en parler.
J'en ai marre de tout ça.
-A quel point ?
-Je dis ça comme ça, arrêtez.
-Voir votre soeur
qui réussit, qui prend le relais,
et vous qui restez dans l'ombre de votre père,
qui n'arrivez pas à vous en sortir,
à grandir.
-Que faisiez-vous hier
matin ? -J'étais chez moi.
Enfin, chez eux, dans la dépendance.
-Sylvie vous a vu ?
-Non, je ne crois pas. -Vous ne croyez pas,
ou vous êtes sûr ? -Je crois pas !
-On va vous garder un peu.
Le temps que vous vous fassiez une opinion
plus précise.
Vous pouvez aller chercher le capitaine, s'il vous plaît.
-Merci.
-C'est comme s'il n'habitait pas ici, on ne trouve rien.
-Il devait être toujours fourré chez son père avec sa belle-mère.
J'ai trouvé quelque chose.
J'ai vu ce garçon sur cette photo chez Sylvie.
-Comment va Olivier ?
-Il est mis en examen.
-Vous croyez qu'il a tué mon père ?
-Votre frère ne collabore pas vraiment à faire émerger
la vérité.
-Vous savez
de qui il s'agit ?
-C'est Timothée, le fils de Sylvie.
Il a disparu il y a 15 ans, on n'a jamais retrouvé sa trace.
-Vous ne l'avez jamais évoqué ?
-C'était il y a 15 ans.
Quel rapport avec la mort de mon père ?
-Vous savez que tout est important, Chloé.
-Ils étaient proches avec Olivier. Timothée était un intello,
et les autres enfants n'étaient pas tendres avec lui.
En plus, il boitait, un problème à la hanche.
Mais avec mon frère, ça a matché
tout de suite.
Ils étaient inséparables.
Olivier était le casse-cou, Timothée, le raisonnable.
-Qui s'est occupé
de l'enquête sur sa disparition ?
-Mon père.
-L'affaire a fait grand bruit. Et les recherches n'ont rien donné.
Eric Duval était
le lieutenant en charge de l'enquête.
Et comme ils ne l'ont pas retrouvé, ils ont conclu à une fugue.
Personne n'a contredit cette thèse.
Mais il y a un élément qui m'a troublée.
Dans le compte rendu des témoignages,
en préambule, il y a celui de M. Romani,
il était responsable de la capitainerie.
Mais aucune trace de ce témoignage dans le dossier.
-Duval l'aurait retiré ?
-Je ne sais pas. En tout cas, moi, j'ai appelé M. Romani,
qui est à la retraite
et qui a une excellente mémoire.
Le jour de la disparition,
il a vu Timothée
et Olivier traîner sur le port, et monter sur le bateau de Duval.
-Je n'ai rien à dire de plus. -Nous, si.
Visiblement, il comptait beaucoup pour vous.
-Qu'est-ce qui s'est passé le jour de sa disparition ?
-Je ne sais pas...
Il a fugué, je crois.
-Le responsable de la capitainerie de l'époque vous a vu avec lui
avant que vous montiez sur le bateau de votre père.
-C'est normal, on était tout le temps ensemble.
Pourquoi
vous me parlez de lui ?
-Le problème avec les secrets, c'est qu'il n'y a pas
de date de péremption.
Parfois, on les garde pour soi longtemps.
Trop longtemps.
Et on pense qu'il est trop tard pour les révéler,
qu'ils vous ont déjà détruit.
2655949 Mais il n'est jamais trop tard.
Vous pouvez
encore vous en sortir.
A condition de vous libérer
de ce poids.
-On avait 15 ans.
J'ai voulu faire une sortie en mer avec le bateau de papa,
sans sa permission.
Timothée n'était pas d'accord.
Il avait un handicap à la hanche, et il n'avait jamais
appris à nager.
Mais je lui ai dit qu'on ne risquait rien.
Alors, on est partis.
Ce jour-là, il y avait de la houle.
Et le bateau a tangué...
Je ne maîtrisais plus rien.
-Et Timothée est tombé à l'eau ?
-Oui.
Je l'ai appelé
pendant des heures, mais on n'y voyait rien.
Le vent a fini par tomber.
Il n'y avait plus rien à la surface.
Juste le silence.
C'était comme mon frère.
-Et quand vous êtes rentré, vous avez tout raconté
à votre père ? -Il m'a dit
que ça devait rester entre nous, qu'il ne faudrait jamais en parler.
Mais je vous jure que je n'ai pas tué papa.
-Vous en avez parlé avec votre belle-mère ?
-Je ne sais pas comment elle a pu deviner.
Quand je suis rentré de la soirée, elle est venue me voir.
-Je sais ce qui s'est passé avec Timothée.
Il est tombé à la mer. C'est ça ?
Je ne t'en veux pas.
Tu étais jeune.
Tu ne te rendais pas compte.
-Je suis désolé...
Je ne voulais pas.
Je sais, Olivier.
-Je lui ai tout raconté.
-Comment Duval a pu construire son couple sur ces bases ?
-Il n'a pas voulu sacrifier sa relation.
-Il confine à l'égoïsme. -Ca dépend pour qui.
Téléphone.
Oui, Nadia.
OK. Merci.
Duval a vendu son bateau il y a trois semaines.
Nadia a contacté l'acheteur.
En rénovant le bateau,
il a trouvé une médaille,
médaille qu'il a donnée à Sylvie Duval.
-Vous avez interrogé Olivier. -Oui.
On va le libérer.
-Ce n'était pas possible... -Que votre mari
ait pu vous cacher
la mort de votre fils.
-On a appris pour Timothée.
-C'était il y a plus de 15 ans.
-Ca a dû être un choc pour vous.
Vous vous êtes occupée d'Olivier tout ce temps,
avez soutenu votre mari.
-Vous dites n'importe quoi.
-Il vous a fait croire que Timothée avait fugué.
Combien de questions vous vous êtes posées ?
Pourquoi
il était parti ?
Donnez-moi votre médaille, s'il vous plaît.
Ne me forcez pas
à la faire saisir.
-Je lui avais offert pour ses 14 ans.
Eric était en plein divorce.
On était ensemble depuis un an quand Timothée a disparu.
Quand Timothée est mort.
-Et la semaine dernière,
vous avez reçu la visite d'un acheteur pour le bateau.
-Eric l'avait vendu.
Il disait qu'on n'allait plus jamais en mer.
Qu'on avait besoin de cet argent pour nos projets.
Et puis, l'acheteur a voulu rénover le bateau.
-Et il a trouvé la médaille.
-Je n'ai pas compris sur le moment.
Puis, tout s'est mis en place.
Je me suis souvenue,
le jour de la disparition de Timothée...
Eric a passé plus de temps
avec Olivier qu'avec moi.
Et j'ai enfin compris pourquoi Olivier avait changé ensuite.
Et pourquoi ils avaient cette relation si particulière.
Eric prenait tout ce qui arrivait à son fils très à coeur.
Et Timothée ne savait pas nager.
Il ne sortait jamais avec nous en mer.
Mon fils était très prudent.
Le seul qui aurait pu le convaincre de monter sur ce bateau,
c'était son ami, c'était Olivier.
Les jours qui ont suivi, j'ai cru que je devenais folle.
-Et après la cérémonie, vous êtes allée parler à Olivier.
-Repose-toi, maintenant.
...
-Et vous n'avez pas eu envie de vous venger
d'Olivier.
-Je n'ai pensé qu'à Eric.
-Vous n'avez pas eu peur
qu'il vous dénonce ? -J'étais prête à payer le prix.
Mais il n'a rien dit.
-Et hier matin ?
-Hier matin...
Je me sentais vide.
Mais calme.
Tellement calme.
-Tiens !
-Merci. -Ca va, toi ?
-Ouais.
-Sûre ?
Le type à qui tu as vendu le bateau.
Il a trouvé la médaille de Timothée à bord.
-Ca, alors ! Incroyable. -Timothée
n'est jamais monté
sur le bateau. -Ben, non.
Olivier avait dû lui prendre.
Je ne sais pas. -Tu ne sais pas,
ou tu me caches
quelque chose ? -Qu'est-ce que tu racontes ?
-Eric !
Eric !
Dis-moi la vérité.
-Mais quelle vérité ? Ca ne va pas, non !
Moi, je crois surtout que tu es fatiguée
en ce moment.
J'y vais, je ne veux pas être en retard.
-Il n'a même pas eu le courage
d'avouer.
Alors, j'ai pris ma voiture.
Et j'ai attendu qu'il finisse sa course.
...
Gémissements.
Ensuite, j'ai jeté le couteau à la mer.
J'ai toujours cru que Timothée avait fait une mauvaise rencontre.
En fait, c'est moi qui n'ai pas rencontré la bonne personne.
Toute ma vie n'est qu'un mensonge.
-Comment va votre frère ?
-C'est dur, mais ça va aller.
Je crois que j'ai une place de soeur à reprendre.
-Ca va lui faire du bien.
-Merci. -Venez vite !
Quiring a fait un malaise.
-Je ne vois rien...
Je ne vois plus rien.
-Je suis là, papa. Ca va aller.
-Oui, les urgences ?
C'est pour le Palais de justice.
Oui, le Palais de justice !
...
-Prends des trucs, maman.
Ah ! On n'attendait plus que toi.
-Qu'est-ce qu'on fête ? -La class action de ton fils.
15 clients ! Il va pouvoir enfin se louer des bureaux.
-Quoi ? Je suis très bien, là.
-Ne fais pas
le malin !
-Et vous adorez quand je suis là !
-Alors, il est comment ce Jules Rivet ?
-Eh bien, charmant et galant.
-C'est un minimum.
De toute façon, il a intérêt, sinon il va avoir affaire à moi !
-Ma garde rapprochée.
-Plus un avocat, vous êtes
bien entourée !
Allez, à nous !
A ma famille.
Que j'aime.
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