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...
Des pas approchent.
-Ta mère t'a piqué la place
dans la salle de bains ? -Elle y reste des plombes !
J'avais une réunion...
-Il faut que tu lui parles.
-Entre ses problèmes de pognon et l'appartement au Portugal,
je n'ai pas envie de la brusquer.
-Il faut s'organiser.
-Il faudrait qu'elle se trouve un appartement.
Mais c'est mal parti !
-On n'a plus les gosses, mais on a ta mère.
-Tu ne vas pas partir
comme ça travailler ? -Non, maman.
-Et justement, Barth voulait vous parler. Hein, chéri ?
-Oui. Voilà... Ici, tu es chez toi.
On est d'accord là-dessus.
Mais nous, on est chez nous aussi.
Alors, comme le matin, on se lève tôt parce qu'on...
-Travaille !
-Et que toi, tu as plus de temps...
-Vous voulez que je vous laisse la salle de bains ?
-Ah...
Mais je préfère me doucher avant le tai-chi.
Et ensuite,
mon petit déjeuner.
-Là, tu n'es pas sous la douche ? -Non !
-Alors, j'y vais.
-Vous voulez faire du tai-chi
avec moi ?
-Merci, mais je vais travailler. Bonne journée.
-Bonne journée.
...
-On a déposé Raphaël
à l'école.
Merci.
Hier, j'étais célibataire.
Et maintenant, j'ai un enfant de 8 ans.
-Voyez le bon côté des choses, vous avez évité les couches,
les biberons, les varicelles. -Dit comme ça...
-L'important,
c'est que vous vous entendiez bien avec Raphaël.
-Bonjour.
Bonjour, capitaine.
-Bonjour. -Bonjour.
-Un employé de la ville a trouvé le corps ce matin.
Elle serait morte
hier entre 18h et 20h. Hémorragie
intracrânienne.
-Elle a été frappée ?
-Voilà ! Avec ça.
Des ouvriers refont les bordures.
Le corps a été traîné
jusqu'ici.
-Vous avez son identité ? -Oui.
Liliane Maizières, sa carte de transport.
Ni portable ni portefeuille, certainement volés.
-Il y a une trace
de bague.
-Le portefeuille, la bague, ce serait crapuleux ?
-Il y a ça aussi.
Une carte d'hôtel.
-L'Oiseau vert.
On est passés devant en venant.
-On est complets !
-Tant mieux
pour vous.
Bonjour, Boris Delcourt, juge d'instruction.
Constante Meyer. -Bonjour.
-Nous sommes là pour Liliane Maizières.
-Elle est arrivée quand ? -Il y a cinq jours.
-Vous pourriez imprimer
sa fiche ? -Oui.
-Et pourrait-on voir
sa chambre ? -Non, je l'ai relouée.
Elle a réglé sa note hier matin, elle a laissé ses affaires.
Elle a dû les récupérer.
-Vous pourriez vérifier ? -Oui.
-Merci, madame.
Alors.
Elle a laissé une adresse à Lyon.
-Non, elle n'est pas repassée.
Elle n'était pas
très nette. Elle avait collé des papiers au mur.
Et puis l'autre matin,
un mec est sorti de sa chambre.
-Vous pourriez le décrire ?
-Genre...
Africain.
Jeune, très jeune, je dirais.
-Voilà pourquoi
elle est venue à Marseille.
-Ce n'est pas très pratique, ces sacs.
Moi, je préfère
les valises. -Voyez
avec l'hôtel pour avoir les images, il faut identifier ce jeune homme.
-C'est la photo qu'elle a utilisée pour lancer son appel
à témoins.
-Son employeur est
boulanger à Lyon, et il est aussi son compagnon.
Elle recherchait bien Lou,
sa petite-fille, son foyer
a signalé sa disparition il y a 15 jours.
-Et ses parents ? -Sa mère est décédée il y a un an.
M. Marquand vient identifier le corps tout à l'heure.
C'est quoi, ça ?
-Tous les appels qu'elle a reçus suite à son annonce.
-Ce sont les endroits où Lou a été vue ?
-Elle aurait passé
deux jours dans une auberge de jeunesse.
Et elle a été vue aux Catalans et cours Julien.
-Cinq jours que Liliane Maizières
cherchait sa petite-fille.
On a les images
des caméras de l'hôtel.
Ca doit être le garçon que la réceptionniste a vu.
-Ca a l'air tendu entre eux.
Vous avez vu la date ?
C'est la veille du meurtre.
Sur les vidéosurveillances de l'hôtel,
on voit la victime se disputer avec un jeune homme.
Nadia tâche de le localiser. -Bien ! Vous me tenez au courant.
-Ca va mieux, vos yeux ?
-Oui, très bien, merci.
C'était juste un coup de fatigue.
...
Solène, c'est à quelle heure, le premier rendez-vous ?
Non. Non, non...
Vous l'appelez et vous reportez.
Quand il veut...
Voilà !
J'ai à faire.
Merci, Solène.
-C'était sympa, ce déjeuner. -Trop sympa.
-On ne se voit plus.
-Oui, depuis que mamie garde Tony à la maison, on passe moins.
-Vous ne pourriez pas la garder au pair ?
-Même pas en rêve !
-Tu fais quoi maintenant ? -J'ai des clients à voir.
-Comparution immédiate ? -Non, je suis à la CRPC demain.
Comparution d'accusés qui ont reconnu leur délit.
-Le plaider-coupable pour de petits délits.
-Le procureur propose une peine. -Une belle expérience.
-Et avec Quiring, c'est cool.
-Bon courage. -Merci, maman.
-A plus ! -Merci pour le déj' !
-Lili... Enfin, Liliane était à la recherche de Lou.
Elle avait laissé des messages sur des sites de disparition
d'enfants.
Quelqu'un avait vu Lou à Marseille, Lili a sauté dans le train.
-Merci.
-Sans prévenir la police ?
-Ce n'était pas leur priorité.
Lili a dit qu'elle devait s'en charger.
-La mère de Lou est décédée ?
-L'année dernière, cancer du foie.
Elle était alcoolique.
Ca faisait 15 ans
qu'elle était fâchée
avec ses parents.
En venant à Lyon pour l'enterrement
Lili a découvert l'existence de Lou.
-Elle voulait rester pour se rapprocher de Lou ?
-Hm... Et c'est comme ça qu'on s'est connus.
Je cherchais une vendeuse pour ma boulangerie.
Elle s'est présentée.
Dès que je l'ai vue, ça a été le coup de foudre.
Cette bague-là...
C'est moi qui lui ai offerte.
On devait se marier en juin.
-Elle vous a parlé des gens qu'elle a rencontrés
pendant ses recherches ?
-Non, pas vraiment.
Hier matin, au téléphone, elle avait l'air épuisée.
Téléphone. Elle se donnait encore une journée.
Je n'aurais jamais dû la laisser
partir toute seule.
-On l'a repéré près de Vauban.
Il faisait la manche.
Il n'a pas vraiment répondu à nos questions.
Il est très certainement mineur.
Peut-être migrant.
Il n'a jamais été arrêté.
En même temps, il n'a pas de papiers.
Et on n'a rien retrouvé sur lui, il n'y avait rien dans son sac.
Le seul truc, il n'a pas
les mêmes baskets que sur la vidéosurveillance.
-Il a peut-être vendu la bague pour les acheter.
-On verra s'il est plus bavard avec vous.
-Tu ne veux pas me dire comment tu t'appelles ?
Tu viens de quel pays ?
Le Bénin ?
Le Mali ?
Tu sais, moi, je suis une maman...
Et j'aurais du mal à être séparée de ma famille.
C'est dur ici aussi.
Tu vis dans la rue ?
C'est comme ça que tu as rencontré Liliane ?
On t'a vu devant son hôtel.
Elle a été assassinée
dans un petit square,
pas très loin.
Si tu ne parles pas,
on va croire que tu as quelque chose à voir avec ça.
-Non, j'ai rien fait.
Avec Mme Liliane, on parle, c'est tout.
-Excusez-moi.
C'est ma petite-fille, elle a disparu.
Propos inaudibles.
Excusez-moi, je peux vous déranger ?
Ma petite-fille a disparu.
Elle a 16 ans.
Vous pouvez m'appeler... -Madame !
Madame !
-Oui.
-Je l'ai vue.
-Tu es sûr ?
-Hier, là-bas. -Où ça exactement ?
-Où il y a les restaurants.
-Elle était avec une petite jeune fille brune, le nez retroussé ?
-Oui, elles étaient ensemble. -C'est Alba. Tu me montres où ?
-Oui, bien sûr.
-Lou a fugué avec Alba.
-Mme Liliane a dit qu'elle était
mauvaise pour Lou.
-Et vous lui avez montré
l'endroit où vous avez vu Lou et Alba ?
-Oui.
Elles étaient plus là.
Mais moi, je voulais juste l'aider.
-Et elle t'a proposé de dormir dans son hôtel ?
-Oui.
-Et le lendemain ?
-Je suis parti.
-Vous ne l'avez pas
revue ? -Non.
-Moussa.
C'est bien vous, là ?
Vous vous disputez.
Pour quelle raison ?
-Je cherche Lou, je la trouve pas, elle est fâchée.
-Tu lui as menti ?
Qu'est-ce que tu as dit à Liliane ?
-Mme Liliane !
J'ai vu Lou dans une rue derrière le port, elle mangeait un kebab.
-Un kebab ?
-Viens ! -Elle ne mange pas
de viande, jamais.
-Alors, c'est autre chose.
-Moussa, dis-moi la vérité.
Pourquoi tu mens ? -C'est pour que tu sois contente.
-Que je sois contente... En fait, tu ne l'as jamais vue ?
-Si, j'ai vu Lou, j'ai parlé avec Alba.
-Je n'ai plus confiance en toi !
-Madame... -Non, laisse-moi !
-Je voulais
qu'elle soit contente.
-Admettons. Et hier soir, vous êtes allé la retrouver dans le square ?
-Non, j'ai rien fait. -Vous étiez où ?
-J'ai passé la nuit dans un immeuble au sous-sol.
Je pouvais pas sortir.
Ce matin, on ouvre la porte, je pars en courant.
Je vous montre où c'est ?
-Moussa a bien passé la nuit enfermé dans la chaufferie.
Le gardien l'a enfermé
involontairement. -Ca lui donne un alibi.
-Il ne peut pas continuer à vivre
dans la rue. -Pardon.
Le foyer de la jeune
fugueuse à Lyon. Je le transmets.
On frappe. -Merci.
Constance Meyer.
Merci de me rappeler.
Je voulais avoir
des renseignements
sur Lou. Comment ça se passe au foyer,
elle a des amis ?
Alba.
Oui.
-Tu pars ? -Ma soeur s'est bloquée
le dos, il faut que j'aille l'aider.
Pour ce soir...
-On se verra plus tard.
-Non, mais je n'ai pas
trouvé de baby-sitter.
-Ah ! Tu voudrais que je garde Raphaël ?
-Oui ! Je reviens vite, promis.
-Mais je n'ai jamais fait ça.
-Tu le récupères chez la nounou. Et après, les 4 D.
-Les "4 D" ? -Devoir, dîner, douche, dodo.
17h45, OK ?
-Je t'envoie son adresse.
17h45, la vache !
-Elle, c'est Alba. Elle, c'est Lou.
Je peux les chercher.
-Non, la police s'en charge.
Nous, on va au parquet des mineurs.
-C'est quoi ?
Je veux pas être expulsé. -Non, ne t'inquiète pas.
L'important, c'est qu'on te trouve un lit pour ce soir.
Tes parents sont toujours au Mali ?
-Oui.
Ils veulent que je vienne ici.
Ils ont payé pour le voyage, le camion, le bateau.
C'est long.
Je peux garder la photo ? -Non.
Tu ne peux pas.
Mais je vais te donner mon numéro, tu peux me joindre quand tu veux.
Je m'appelle
Constance.
-Oui. Et alors ?
-L'enquête de voisinage autour
du square n'a rien donné, et la bague reste introuvable.
Ca va, ton oeil ?
-J'ai une poussière qui ne part pas...
Tu penses toujours à un mobile crapuleux, c'est ça ?
-Pas seulement, on cherche à localiser la petite-fille.
-Elle aurait quelque chose à voir ?
-Elle fugue avec Alba Fabian, majeure,
elles ont fréquenté le même foyer. Elles seraient très fusionnelles.
-C'est souvent le cas
des adolescentes. -Alba a de l'ascendance sur elle.
Liliane Maizières et elle en sont venues aux mains au foyer.
-C'est quoi, ce tintamarre ?
-Une alerte, je dois aller chercher le fils de Solène.
-Elle a trouvé
un baby-sitter. -Elle m'a pris de court.
C'est une responsabilité.
Quoi autoriser ou interdire, quel ton employer...
-On parle de garder un enfant, pas de l'élever.
Ou alors, tu ne m'as pas tout dit.
-Tu me donneras
des cours ?
-On sait que la victime est allée deux fois au café Venturi
sur le cours Julien. -Les filles y traînaient ?
-La patronne l'a vue l'après-midi
de sa mort. Et les filles
ont filé par-derrière.
-Elles ne voulaient pas la croiser. Elle les a peut-être suivies.
Rien d'autre ? -Non.
La patronne vous contactera
s'il y a quoi que ce soit.
-C'est pas vrai !
-Qu'y a-t-il ?
-Rien, mais elle ne m'a pas envoyé l'adresse de la nounou.
-Depuis quand il a un enfant ?
-Il n'a pas d'enfant, il est en stage.
-5 fois 9,
45.
Et 5 fois 10, 50.
-Raphaël,
ta maman a dit après tes devoirs.
-J'ai fini.
-Il te reste la conjugaison.
-C'est pour demain ? -Oui.
Moi aussi, j'ai des devoirs.
On va les faire ensemble.
Alors,
"il s'est cassé la jambe" ou "il se cassait la jambe" ?
-"Il se cassait". -Non.
Parce que ça n'est arrivé qu'une seule fois.
-Arthur s'est cassé deux fois
la jambe au ski. -Pas au même moment.
D'ailleurs, tu as dit
"il s'est cassé".
Ce n'est pas une habitude.
Ce soir, j'ai fait des pâtes.
Ca, c'est habituel !
Ou alors, c'est pour un souvenir. Quand j'étais petit, ma mère
me faisait des pâtes au beurre avec du râpé.
Et toi, tu les aimes comment ?
-Là, tu as un 55
mètres carrés, trois pièces.
Séjour lumineux.
-Oui, mais 5e étage sans ascenseur.
C'est pas possible.
-Celui-là, juste à côté du Vieux-Port,
deux pièces. Coquet, non ? -Oui.
-Proche commerces.
-Les toilettes sont dans la salle de bains.
-Tu vis seule. -Et si j'ai des invités.
-Tu chipotes, là.
-Bon, je suis fatiguée... A demain, les enfants.
-Et celui avec l'ascenseur, tu ne m'as pas dit.
-Il est au rez-de-chaussée !
C'est moi ou elle met de la mauvaise volonté ?
Je vais en parler à mes collègues demain à la mairie.
Ou alors, on lui laisse la maison.
Et nous, on déménage.
-Hein ?
-Ca y est, tu m'écoutes ?
-Je suis désolée...
C'est le meurtre de cette femme sur lequel on enquête.
C'est une grand-mère, comme moi.
Elle a tout lâché pour essayer
de retrouver sa petite-fille
qui a fugué.
Elle n'a pas eu de chance.
Elle n'a pas eu la chance d'avoir une famille soudée comme nous.
-C'est vrai qu'on est soudés, presque trop.
-Tu imagines la vie de ces ados dans la rue ?
-Je t'imagine surtout sillonner tout Marseille pour retrouver
ta fugueuse.
Mais tu ne vas pas le faire ?
-Non ! Non. -Pour être certain,
je vais planquer les clés
de la voiture. Et pour être encore plus certain,
je vais t'emmener
avec moi.
On n'est pas bien, là, tous les deux ?
On entre.
-Je ne t'ai pas entendu. -Non, tu étais occupé.
-Oui, Raphaël m'a mis une raclée,
je m'entraîne. -Ca s'est bien passé ?
-On a fait les 4 D, sauf la douche, mais on a fait les dents.
C'est bien ? -C'est bien. Et le dîner ?
-Il en a repris deux fois.
-Hm.
-Maman !
Tu viens me faire un bisou ?
-Vas-y. -J'arrive.
-Maman ! -J'arrive !
-La salle de bains est libre, maman. Tu fais déjà ton machin ?
-Tai-chi !
J'essaie avant la douche
si ça arrange tout le monde. -C'est gentil, Chantal, merci.
-A côté, il y a une agence
immobilière. C'est bien
de s'adresser à des pros, non ? En plus, ça ouvre à 10h.
-Je pensais aller voir Antoine au palais.
-Il plaide dans le bureau du procureur,
ce n'est pas en public. -Ah...
Bon, je vais me doucher.
-Et après, agence !
Téléphone.
-Allô.
Oui, c'est moi.
Moussa, oui, passez-le-moi.
Moussa, qu'y a-t-il ?
-Alba est dans une maison.
-Avec Lou ?
-Je la vois pas.
-Tu es où, là ?
Bon, tu ne bouges pas, j'arrive.
J'arrive.
-Ton affaire de fugueuse ?
-Oui. -Tu n'y vas pas toute seule ?
-Non, j'appelle Nadia. -Appelle-la devant moi !
-Merci, madame. -Merci.
-Ca me fait bizarre d'être
de l'autre côté de ce bureau. -Il ne tenait qu'à vous d'y rester.
Donc, M. Schmidt,
vous êtes accusé d'excès de vitesse en récidive et défaut de permis.
Qui vous a été retiré en...
En...
Bref, il y a plusieurs années.
Donc, 6 mois de prison avec sursis et 5 000 euros d'amende.
-M. le procureur, je me permets d'attirer votre attention
sur l'âge de mon client.
-Il n'y a pas d'âge pour apprendre ce qu'il en coûte
de transgresser la loi.
-M. Schmidt a appris de son erreur. -Vous pouvez employer le pluriel.
-De ses erreurs. Il a vendu sa voiture et fait
appel à son voisin pour le conduire.
Une preuve de bonne volonté.
-Je ne suis pas là pour marchander, la peine proposée me semble juste.
-Nous ne pouvons
l'accepter. -J'en prends acte.
Votre client sera donc jugé en audience correctionnelle.
-Je ferai de la prison ?
-Non, vous serez jugé plus tard. Je vous expliquerai.
Je vous raccompagne.
Après vous.
-Alba est là ? -Oui.
-Et Lou ? -Je ne sais pas...
-Non, reste là. La police arrive.
Une moto démarre. Ah ! Non ! Non !
-Oh ! Ca va pas !
-Je suis désolée, je me suis perdue...
-Votre téléphone
a bien un GPS. -Il est déchargé. Je vais au Prado.
-Demi-tour et à droite à la statue de David.
-Je ne sais pas...
-Allez, bouge !
-Je ne suis pas d'ici... Téléphone.
-Il marche, ton téléphone !
-Oh ! Pas tellement, en fait...
-Les keufs !
-Tu descends !
-On n'a rien fait !
-C'est chez vous, ici ? -Non.
-Il y a encore quelqu'un ? -Non, personne.
-On va quand même aller jeter un oeil.
-Il n'y a personne.
-Lou s'est tirée.
Sa grand-mère est venue
la chercher.
-Elle vous a suivies ?
-Oui. C'est quoi, ces questions ?
-Liliane Maizières a été tuée ce soir-là.
-Vous ne pensez pas...
-Vous ne l'aimiez pas.
-Je ne l'ai pas tuée, c'est moi qui l'ai ramenée ici.
On a un plan pour aller bosser sur une plage en Italie...
-Lou vous gênait.
-Trop galère de partir avec une mineure.
-Lou !
-Putain !
-J'étais inquiète. Comment tu vas ?
-Mal ! Quand je te vois, j'ai les boules.
Oublie-moi ! -Lou, tu as 16 ans,
tu ne peux pas disparaître...
-Pourquoi
tu lui as dit qu'on était là ? -Lou, c'est mieux que tu la suives.
-T'es allée la chercher ? -Oui.
-Salope ! Tout ça pour être tranquille avec l'autre naze.
Vas-y, tu me dégoûtes ! -Putain !
-Lou !
-Il était quelle heure ? -Je ne sais pas.
5-6h. On a passé la soirée en boîte.
Quand on est rentrés, il n'y avait plus ses affaires.
-Lou a
un portable ? -Elle s'est achetée un prépayé.
-Appelez-la.
-Non.
Elle ne répondra pas.
-Laissez-lui un texto et dites-lui
que vous vous excusez.
-Elle n'a pas pu faire ça...
-Merci, tu nous as bien aidés.
Je te ramène au foyer ?
-Je dois aller là.
-Ah !
C'est pour évaluer ton âge.
-Evaluer quoi ? -Pour être sûr que tu es mineur.
-J'ai 16 ans, je jure.
-Je sais, mais tu n'as aucun papier pour le prouver.
Là-bas, on va t'examiner, te poser des questions,
sur ta vie, tes parents...
Ne t'inquiète pas, ils ont l'habitude !
Allez, monte !
-Vous avez
le truc, avec les jeunes. -C'est pour ça que je travaille
avec vous.
-La petite-fille de la victime
reste introuvable. Et elle n'a pas
répondu au SMS de sa copine. -Ca vous étonne ?
-Non.
Les patrouilles sont en alerte.
-Nadia a vérifié l'alibi d'Alba.
Tout ce qu'on peut lui reprocher, c'est de squatter une maison.
-Vous pensez que la petite-fille s'en serait pris
à sa grand-mère ? -C'est une éventualité.
-Autre piste, le dernier appel passé par la victime a borné
à proximité du square vers 18h45, donc peu avant sa mort.
-Il était pour son ex-mari,
le grand-père de Lou.
-Dans la famille Suspect, le grand-père.
-Il habite Perpignan, chauffeur routier.
Il est injoignable.
-Il était à Marseille il y a cinq jours.
Et elle l'avait déjà appelé quand elle avait retrouvé Lou.
-Elle le tient au courant, c'est sa petite-fille aussi.
-D'après le compagnon de la victime,
Lopez est plutôt du genre autoritaire.
-Bon, trouvez-le, et la gamine aussi.
-Et dans la famille Justice, je ne demande pas le père.
-Dans la famille
J'oublie-Mon-Portable, je demande le procureur.
...
Qu'est-ce qui se passe, M. le procureur ?
-Non, c'est bon...
-Ca ne peut pas être juste un coup de fatigue.
-Non.
Ca arrive brusquement, soudain,
je vois flou, et surtout...
j'ai de terribles maux de tête.
-Vous avez consulté ? -Je n'ai pas eu le temps.
Ca finit toujours par passer.
-Je vous emmène
aux urgences ? -Pas question.
Je suis encore capable d'aller consulter seul...
J'espère que je peux compter sur votre discrétion.
-M. le procureur.
-J'ai compris, je vais appeler mon médecin.
-Avec ça, ce sera plus pratique.
-Oui, pardon. Excusez-moi, Meyer.
Merci.
-Hm.
Hm hm.
Quiring s'est calmé ? -Oui.
-Je vous mets sur haut-parleur.
elle a besoin d'argent.
-Quand ?
-On arrive.
-Non, vous n'êtes pas
sa grand-mère, Meyer.
Capitaine,
ramenez-la-nous.
Vous avez suffisamment de classement en retard.
Non ?
-Toi, tu fais la même tête que quand tu perdais au foot.
-C'est l'audience avec Quiring, il était complètement fermé.
J'ai l'impression qu'il m'en veut d'être parti du parquet.
-Je suis sûre que non.
-Premier dossier, il envoie mon client en correctionnelle.
-Tu plaideras.
-C'est pas ça, défendre ses clients.
-La justice n'est pas
une science exacte.
C'est de l'humain, et l'humain n'est pas parfait.
Comme Quiring,
comme toi, comme moi.
-Oui, tu as sûrement raison.
Comme d'hab' !
A plus tard.
-A plus tard, mon chéri.
-Lâchez-moi, putain !
Lâchez-moi !
Lâchez-moi, putain !
-Avance !
Elle a voulu se jeter
dans l'eau.
Pour l'arrêter, ça a été sport. -Je vois ça.
-Le bleu, elle a dit s'être battue avec quelqu'un qui l'emmerdait.
-Ta grand-mère ?
-Qu'est-ce que tu me veux ? -Ca voulait dire bonjour.
-Bonjour.
-Allez !
Ce n'est pas l'assistante sociale qu'il faut, c'est la juge.
Les empreintes relevées sur le sac de la victime sont les siennes.
-Mais j'ai pas tué ma grand-mère !
C'est n'importe quoi ! -On a trouvé
vos empreintes sur son sac.
-Et alors ?
-C'était tendu entre vous.
-Ca m'a fait chier qu'elle débarque.
Je lui ai rien demandé.
-Lou ! -Je veux pas te voir...
-Attends-moi !
Tu t'es fait mal. -Fous-moi la paix !
-Non, je ne te lâche plus, maintenant.
-Ca, tu ne l'as pas dit à maman, quand ton mari l'a foutue dehors.
-Oui, mais ça me bouffe de l'intérieur.
Et je veux être là pour toi. -Tu ne sais même pas qui je suis.
J'ai envie d'être libre.
Ici, je suis bien, il y a la plage, le soleil.
-Mais ma petite-fille, la rue, ce n'est pas la liberté.
Et comment tu vis, tu squattes ? Et pour manger, tu voles,
tu fais la manche ? Et si ça ne marche pas ?
-Je sais me défendre.
-Ce que tu me fais penser à Myriam.
Mais moi, je ne veux pas te mettre dans une cage.
Je veux juste t'aider.
-Après, on est allées dans un bar.
Elle m'a parlé de sa vie,
de ses galères après son divorce.
-Elle t'a proposé
de rentrer à Lyon ? -Oui.
Ca me branchait pas trop.
Mais Alba m'avait jetée, je n'avais plus une thune...
Et en vrai, Liliane, elle n'était pas si mal.
-Qu'avez-vous fait après ? -Elle m'a dit
d'aller chercher mon sac et de la retrouver à la gare.
-Elle n'est jamais venue.
-Il y avait les trains qui partaient...
Moi, j'étais là, toute seule.
-Tu as cru qu'elle t'avait
abandonnée ?
-Je lui en ai voulu.
Mais je ne pouvais pas savoir...
-Vous vous êtes quittées à quelle heure ?
-Je ne sais pas...
Vers cinq heures et demie.
-Quelques minutes avant l'appel de Liliane Maizières à son ex-mari.
-Elle t'a parlé de ton grand-père ?
-Non.
Lui, je ne l'ai vu qu'une fois, à l'enterrement de maman.
Mais il avait l'air bizarre.
Il ne disait rien à personne.
-OK, Nadia. Merci.
M. le juge !
Les vidéosurveillances de la gare ont confirmé la présence de Lou.
Elle a dormi dans un coin.
-D'accord. Et l'ex-mari ?
-Pas encore localisé. Mais on sait qu'il a appelé Liliane avant
qu'elle parte de Lyon.
-Ils avaient repris contact.
-Peut-être qu'il l'a aidée à la retrouver.
-Ou pas... Il faut savoir où il était le soir du meurtre.
-On peut localiser son portable. -Bien. Bonne soirée.
-Bonne soirée.
-Tu m'attendais ?
-On dîne chez l'Italien.
-Tu as trouvé une baby-sitter ?
-Non, Raphaël vient avec nous.
-Ah ! Oui. Mais il va en avoir marre de moi.
-C'est lui qui m'a demandé.
-Ah ! Bon. -Oui.
-Excusez-moi.
Patrick Lopez a appelé la police.
Il effectuait un transport en Europe de l'Est.
Il est rentré ce matin.
Il est en panne à l'Estaque.
Je vous attends dans la voiture ? -Oui.
Désolé, c'est un témoin important.
-Chacun ses urgences.
-Je lui avais donné mon numéro
à l'enterrement.
Pour qu'elle me donne des nouvelles de la petite.
Elle m'a envoyé des photos.
Elle m'a prévenu
de sa fugue.
-Vous aviez vu
Lou à Marseille ?
-Oui.
Quai de la Joliette.
Je n'en croyais pas mes yeux. Je n'ai pas pu m'arrêter.
A cause de la circulation.
-Je passe, je repasse, partout où on l'a vue.
C'est comme si elle m'échappait.
Et c'est tellement grand, ici.
-Si tu ne l'as pas encore retrouvée à mon retour, je t'aiderai.
-C'est bon de savoir que je peux compter sur toi.
Dis donc ! C'est le grand luxe, ici.
Ce n'est pas ton bahut d'autrefois.
-Ah ! On prend de l'âge.
On a besoin de son petit confort.
En tout cas,
je...
Je t'admire.
Attends, tu es incroyable.
Tu cours partout.
Et puis, c'est bien, ce que tu fais pour Lou.
-Si j'avais fait pareil
pour Myriam...
-Tout ça, c'est de ma faute.
Je voulais qu'elle ait
une meilleure vie que nous.
-Mais on a peut-être été trop exigeants avec elle...
-Oh !
Toutes ces années sur la route...
J'espérais voir Myriam, je l'imaginais,
là, dans la cabine, je lui parlais.
Et après...
Rentrer à la maison te retrouver.
J'aurais voulu que ce soit moi dans le cercueil.
-Ecoute, maintenant, c'est Lou qui compte !
C'est comme si la vie nous donnait une seconde chance.
-Je venais de passer Trieste quand Liliane m'a appelé.
Elle était heureuse.
Elle devait faire les formalités pour récupérer Lou.
Et elle m'a dit que j'allais faire partie de leur vie.
C'est tout
ce que je voulais, qu'on soit à nouveau une famille.
Je leur ai proposé de venir habiter à Perpignan,
parce que j'avais toujours
notre maison. -Comment Liliane a réagi ?
-Ca l'a touchée.
Elle avait son boulot à Lyon.
Elle allait y réfléchir. Et elle devait me rappeler.
-Elle vous a dit
que ce qui la retenait à Lyon, c'était son travail ?
-Elle vous a parlé
de son mariage ?
-Non, je ne savais pas, ça.
-Merci, M. Lopez.
-Il lui propose de créer une famille avec Lou,
ça a pu la tenter.
En même temps, ça voulait dire quitter le boulanger.
-Qui l'aurait mal pris ?
Seulement, il nous a dit qu'il était à Lyon.
-Ca peut se vérifier.
Je vous dépose chez Solène ?
-Non, je dois repasser au palais.
Le jour du meurtre, vous avez fermé
votre boulangerie à 14h. C'est ça ?
-Mon apprenti n'était là que le matin.
Je n'ai pas voulu tenir la boutique seul.
Je suis rentré. -Et ressorti.
Votre relevé de Carte Bleue indique
que vous avez fait un plein
à 15h30 et un autre le lendemain.
Celui-là, pour l'identification du corps. Mais le premier,
un aller-retour Lyon-Marseille déjà ?
Vous l'avez vue ?
-Non, je n'avais plus d'essence,
on me l'avait siphonnée pendant la nuit.
Vous m'accusez d'avoir tué Lili, c'est ça ?
Je l'aimais, Lili, moi. -On n'en doute pas.
Vous l'appeliez
tous les jours et aux mêmes heures.
Sauf le soir du meurtre et le lendemain matin.
-J'étais malade. -Ou bien,
vous saviez qu'elle était morte.
-Je l'ai appris quand la police m'a appelé, j'étais chez moi.
-Liliane.
La femme dont vous avez rêvé toute votre vie.
Elle avait accepté de vous épouser.
Un vrai conte de fées ! "Ils se marièrent,
"vécurent heureux
"et eurent beaucoup d'enfants."
Pas dans votre cas.
Juste Lou.
-Je ne comprends pas.
-Moi, je me mets à la place de Liliane.
Ma petite-fille accepte
de vivre avec moi.
Et là, mon ex-mari me propose de reformer une famille.
C'est tout ce que je veux pour Lou, une vraie famille.
Mais bon, je me suis engagée avec vous.
Je demande à réfléchir.
Est-ce que vous serez d'accord pour la prendre.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Vous avez refusé ?
Vous ne vouliez pas partager votre Lili ?
-Lou va venir vivre avec nous ?
-Oui, elle est d'accord. -Tu ne m'as jamais parlé de ça.
-Parce que je ne savais pas
si elle allait accepter.
-Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée.
Elle est toujours dans son coin à faire la gueule.
-C'est une adolescente.
-Elle fuguera encore.
-Non, elle va changer.
-Elle t'a assez fait
souffrir... -Tu ne comprends rien !
C'est de la savoir livrée à elle-même
qui me fait souffrir. -Lili.
On est heureux
tous les deux. Non ?
-Tu aurais préféré que je ne la retrouve pas ?
Je comprends que ce soit un problème
pour toi parce que c'est une responsabilité.
Mais je ne laisserai pas Lou.
-Attends ! Ca veut dire quoi ?
-Je passerai prendre mes affaires demain chez toi.
Au revoir, Gilles.
-Tu me quittes ?
Qu'est-ce que tu vas faire
avec une gamine sur les bras, sans travail, sans logement, rien ?
-Mon ex m'a proposé qu'on vienne s'installer chez lui.
-Elle était prête à me quitter pour un mec comme ça.
Ca m'a fait comme un coup de poignard dans le coeur...
J'ai été quoi,
une roue de secours, une assurance vieillesse ?
-Tu ne dis pas
n'importe quoi ! -Ce mec t'a gâché la vie.
Et tu cours le retrouver.
Tout ça pour une gamine irrécupérable.
Tu veux que je te dise, ta Lou,
c'est de la graine de racaille. Mais bon, on a ce qu'on mérite...
-Tiens !
Ca, tu le récupères.
Et tu m'oublies.
Tu m'oublies !
-Lili !
Pardon.
Je t'aime.
-Lâche-moi... Lâche-moi !
Et oublie-moi !
-Lili !
Elle n'avait pas le droit.
-Maman m'a dit qu'il n'était pas cool.
-Tu peux lui donner une 2e chance.
Comme tu as fait avec ta grand-mère.
Ca vaut le coup d'essayer. Non ?
-Bonjour, Lou.
-Salut.
-On rentre à la maison ?
...
-Bonjour, madame.
Je voudrais prendre rendez-vous avec le Dr Masson.
Deux mois ?
Vous n'avez rien avant ?
Non, ce n'est pas un contrôle.
J'ai une forte douleur aux yeux depuis deux semaines.
Oui, avec des maux de tête.
C'est-à-dire que très souvent, je vois flou.
Et il y a comme un halo coloré autour des lumières.
Demain, 9h.
Finalement, c'est possible ?
D'accord. Excusez-moi,
vous pensez que c'est grave ?
Oui, bien sûr.
Bien sûr, je verrai ça avec le docteur.
Je vous remercie, madame.
-J'ai eu l'assistante sociale qui s'occupe de Moussa.
Il a été déclaré mineur, il va être pris en charge.
-Contente, tous vos ados sont à l'abri.
Bonne soirée, Meyer.
-Vous reprenez vos mauvaises habitudes.
-Comment ça ?
-Vous restez tout seul, là, à étudier vos dossiers.
-J'ai des rapports à lire.
Quoi ?
Tout va bien avec Solène.
Simplement, on n'est pas obligés de se voir tous les trois
tous les soirs. -Ca va trop vite, c'est ça ?
-Disons que j'ai besoin d'un peu de temps pour moi.
-Vous en avez parlé avec Solène ?
-Non, j'ai peur qu'elle ne comprenne pas.
-Les hommes ont peur et les femmes comprennent,
M. le juge.
-Quand je suis rentré ce soir, je l'ai trouvée en pleurs.
Elle m'a dit que c'était des allergies.
-Allergique à sa belle-fille ? -N'importe quoi.
Elle renâcle
à prendre un appartement
parce qu'elle a peur de se retrouver seule.
-Tu veux qu'elle s'installe ici ? -Non.
C'est vrai qu'elle fait des efforts.
Pour la salle de bains, par exemple.
Non, de toute façon, c'est trop... Enfin, elle est trop.
Ca va être compliqué.
-La solution est devant nous.
-Quoi, on lui plante une tente dans le jardin ?
-Le cabanon !
Antoine et Rebecca y ont vécu, il y a une cuisine, une douche...
Comme ça, elle sera indépendante et avec nous en même temps.
-Mais comment on n'y a pas pensé plus tôt ?
-Comment tu n'y as pas pensé plus tôt ?
...
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