All language subtitles for La Stagiaire.S05E01

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Original subtitles

...

L'homme fredonne.

...

-Madame ?

Ma...

Oh, merde !

...

-Tu lis les e-mails de ta maîtresse ?

-Oh... très drôle.

Non. C'est un e-mail de ma mère.

-Alors, elle est où, cette fois ?

Au Mexique, en Floride ?

-Au Pérou.

-Alors ?

Elle demande des nouvelles

ou elle ne parle que d'elle ? -Ah non.

-Pardon. C'était une blague.

-Elle arrive.

-C'est-à-dire ?

-Elle en a marre de son tour du monde, elle rentre en France.

-Ah bon. -Mon père est mort il y a 5 ans.

Le deuil se termine. Il était temps.

-C'est sûr.

Elle va être contente de retrouver sa maison.

-Mais avant, elle passe nous voir.

-Quand ? -Quand elle aura trouvé un avion.

Sonnerie.

-Oui, M. le juge.

Vous êtes dans un spa ? Bonne idée.

Non, non. Vous faites ce que vous voulez.

D'accord. J'arrive, j'arrive. Il faut que j'y aille.

-C'est sympa qu'elle passe ici.

-Je suis contente. Vraiment.

Bonne journée, mon amour.

Où es-tu

quand tu es dans mes bras ?

Que fais-tu ?

Est-ce que tu penses à moi ?

D'où viens-tu ?

Un jour, tu partiras.

Où es-tu ?

Est-ce que tu penses à moi ? Où es-tu ?

Ah... vous n'auriez pas dû m'attendre.

-J'ai bien fait de le faire.

-Le procureur Quiring, le nôtre ?

-Oui. Il n'y en a pas 2. -Lui, dans un institut de beauté ?

-Un hôtel Spa.

-On a du mal à imaginer Quiring se détendre.

-"Véritable havre de paix, l'hôtel propose un moment de détente,

"douche, tisanerie." -Ca doit lui plaire.

-La douche ou la tisane ? -Je déteste qu'on me touche.

-Vous préférez la tisane.

-Donc elle s'appelle Sophie Marchal.

28 ans, elle était masseuse dans ce spa depuis 2 ans.

Et c'est donc le procureur Quiring qui a découvert le corps

avec des marques de strangulation au niveau du cou.

-Quoi ? Je l'ai découverte là,

en entrant dans le hammam.

Après,

j'ai appelé les secours. Faut que je le répète

combien de fois ?

-Ici, on a 2 hématomes. De l'autre côté aussi.

Des traces de lutte.

-Faites vite, je dois regagner mon vestiaire.

-On pourrait libérer le procureur Quiring.

-Bien sûr.

-Voilà. Bon courage. -C'est bizarre de le voir

en peignoir.

-On peut activer ?

-Donc elle serait morte vers 22h, hier. Le spa ferme à 19h.

-Elle était là toute la nuit, sans être vue ?

-Il y a un employé de maintenance. Martin Delorme.

Il dit qu'hier soir,

il n'a rien vu.

Mais il rentre pas

dans toutes les cabines. -Non.

Je ne comprends pas sa présence dans le spa. Sophie était

une de mes employées les plus discrètes et les plus fiables.

-Elle est peut-être tombée sur quelqu'un.

-Qui ?

Le spa était fermé depuis trois heures.

-Vous confirmez qu'aucun membre du personnel ne reste sur place

après la fermeture ? -Bien sûr.

C'est un jeune homme, dont j'ai oublié le nom,

qui ferme après tout le monde.

-Martin Delorme.

-C'est ça.

Vous savez déjà tout, vous êtes très efficaces.

-Votre spa n'est pas équipé de caméras de vidéosurveillance ?

-Bien sûr que non.

-Trop inconvenant pour la clientèle.

-Même s'ils ont tous les clés, aucun de mes employés

n'a jamais été aussi zélé pour revenir sur son lieu de travail.

J'ai déjà du mal à faire respecter les horaires.

-Comment ça ?

-Ils me réclament tous

des heures sup alors qu'ils passent leur temps à attendre les clients.

Mes employés sont censés ranger

et quitter le spa vers 19h30. -Et vous, Mme Montel,

quand partez-vous ?

-Je pars à 18 h.

-Avant tout le monde.

-Je suis divorcée et j'ai 2 petits enfants.

C'est dur de concilier mon métier

et ma vie de famille.

Et même si je suis la directrice, la vie n'est pas simple.

-La charge mentale... Je connais.

Elle est désagréable. -Si vous aviez vu l'accueil !

-Il faut maintenant savoir

pourquoi Sophie Marchal était là si tard.

-Son téléphone n'était pas dans son casier.

-Elle avait de la famille ? -Son père est déjà en chemin.

-Merci, capitaine. -De rien.

Musique.

-Oh la vache ! Mais coupez ça !

-J'y arrive pas.

-Coupez le contact.

Qui écoute encore des cassettes ? -Ben, moi.

-Il y a plein d'employés : masseurs, kinés...

-Sans compter les clients et le personnel.

Bagagistes, concierges... -N'importe qui

aurait pu aller dans le spa.

-La présence de Sophie Marchal multiplie les coupables potentiels.

-A droite.

-Vous auriez pu

le dire plus tôt.

-Il l'a dit 3 fois. -J'écoute que vous.

-"Dans 500m, tournez à gauche."

-Y a aucune photo d'homme.

-Et alors ?

-Elle n'a pas de petit ami ? -Si, peut-être.

On peut aimer sans s'afficher. -On le montre.

-Ca, c'est vous.

-"Management, ressources humaines.

"Monter son entreprise".

Elle avait des projets ambitieux.

-"De l'amour", de Stendhal. J'adore.

-Quel romantique !

-Je suis romantique.

Oh, ben, d'accord.

Elle aimait lire.

-Et l'argent.

Il y en a là aussi.

-Prostitution ?

-Elle était masseuse.

-C'est une hypothèse.

Si elle avait une autre activité, il y a forcément une trace ici.

-On va continuer à chercher.

"Bon anniversaire, ma fille. Ton père."

"Joyeux anniversaire, ma fille. Ton père."

"En souvenir de cette belle journée ensemble... Ton papa."

Monsieur le juge.

-Oui ?

-"Tous mes voeux de bonheur à tous les deux."

C'est la preuve d'une relation ?

-C'est peut-être pas une relation intime.

Bon, vous appelez Nadia ?

-On pense que Sophie Marchal profitait

du spa pour faire

des massages un peu plus,

disons... signifiants pour la clientèle masculine.

-Dans le spa où je vais ? -Oui.

-D'où vous sortez cette théorie ?

-On a trouvé 10 000E en cash, chez elle.

-Je fréquente cet endroit

depuis son ouverture et j'ai jamais entendu de rumeur de ce type.

Si ça avait été le cas, j'aurais signalé ses comportements déviants.

Non, mais ça va pas ou quoi ?

Vous pensez vraiment

que j'aurais recouru à ces pratiques ?

-Pas du tout. -On n'y pensait pas.

-Je connais

la directrice et son mari, et leur moralité est irréprochable.

Je m'en porte garant.

-Vous voulez dire qu'elle n'a rien d'une mère maquerelle ?

-Elle fait partie de plusieurs associations dont je suis membre,

comme l'Amicale archéologique du vieux port : p, o, r, t.

Même si votre génération n'a plus foi en rien,

la nôtre, j'englobe Meyer,

a confiance en l'âme humaine.

Ne suivez pas aveuglément

une piste qui serait dommageable pour tout un chacun.

-Attendons de lire les interrogatoires du personnel.

-Bien.

-Fouillez la vie de Marchal, ne vous contentez pas...

-De cibler le spa.

-Epargnez-nous une enquête à charge et répondez à votre téléphone.

C'est agaçant.

-On a bien avancé, hein ?

On poursuit l'enquête sur la prostitution

ou on obéit à Quiring ? -Faites comme vous le sentez.

Son téléphone vibre. Je reviens. D'accord ?

-D'accord.

-Attention.

-Chut.

Le bruit résonne.

...

-Dans son agenda, les rendez-vous sont pris avec des initiales.

Les e-mails sont intéressants.

Dans l'un d'eux, on la traite de "pute".

Puis d'autres.

Il y a tout un dossier avec 100 e-mails du même type.

-Un corbeau numérique. -Qui lui reproche son attitude

de célibataire envers les mecs et ses minijupes.

-"Vêtue comme une pute."

C'est sympa. -Et dans le 3e,

il menace de dénoncer son activité.

-Sans dire laquelle.

-L'adresse IP de ceux-là est masquée

par un VPN, afin de ne pas laisser de trace,

mais ce n'est pas le cas des 1ers e-mails envoyés il y a 2 ans,

au début de son embauche.

-Si elle se prostituait, il ou elle a pu vouloir la punir.

-Ca nous dit pas ce qu'elle faisait

après la fermeture du spa.

-C'est pas forcément le corbeau qui l'a agressée, mais c'est une piste.

Faut interroger les employés.

-D'autres ont pu être menacées.

Elle soupire.

Sonnerie.

...

-La procédure du cas Giraudeau, Quiring veut vérifier un détail.

2e en partant du haut.

-Merci.

Vivement que ton remplaçant arrive.

C'est double peine.

Alors...

Voilà. Ca y est, dossier trouvé !

Ouf !

Bon... et toi, ça va ?

-Très bien.

Je travaille mon souffle, pour augmenter mon prana.

mes énergies primordiales.

-Un peu débordée, mais bon...

On frappe. Oui, entrez.

Chantal ?

Que faites-vous ? -Je vous ai appelée.

Pourquoi

votre portable est éteint ?

-J'utilise pas mon portable perso.

-J'ai voulu appeler Barth, mais j'ai pas osé le déranger.

-Moi, je suis pas occupée.

-Donnez-moi les clés de chez vous.

-Je ne vous attendais pas si tôt.

-Tenez, pendant que j'y pense.

Je sais que vous aimez les babioles.

Voici un petit cadeau.

-Oh... c'est gentil. Il ne fallait pas.

-J'espère que ça vous plaira,

car avec vous, c'est jamais simple. -Qu'est-ce que c'est ?

-Une flûte de Pan taillée dans un fémur de lama.

Un porte-bonheur péruvien. -Ils ont de la chance, au Pérou.

-Ca vous plaît ? -Oui.

-Mais vraiment ? -Oui.

-C'est difficilement changeable.

-Eh oui, c'est ça.

-Allez...

Je prends les clés. -Voilà.

-Allez, je vous laisse, je file. Bon...

A ce soir. -A ce soir.

Au revoir, Chantal. A tout à l'heure.

Qu'est-ce que c'est que ce truc ?

Son aigu. Oh... ça fait peur.

Oh !

Pauvre bête.

Elle a débarqué au palais, sans prévenir.

Toi, t'étais occupé au travail.

J'ai eu son message. J'ignorais qu'elle arrivait aujourd'hui.

-Je sais que ça te soûle autant que moi qu'elle soit là.

-Elle reste longtemps ?

-Elle t'a pas dit ?

-Non. Elle va rester 8 ou 15 jours.

-Ah quand même !

On en parle ce soir. Je t'embrasse. A ce soir.

-Je pense qu'elle va rester 2 mois.

-Constance, un homme demande à voir le juge Delcourt.

Il dit être le père de Sophie Marchal. Je sais pas quoi lui dire.

-Merci, Pablo.

M. Marchal ?

Bonjour. Je suis Constance Meyer.

Je travaille avec le juge.

-Expliquez-moi.

-On aura un rendez-vous officiel demain matin. C'est la procédure.

-Mais vous avez bien des pistes, non ?

Personne n'a rien entendu ?

-Ecoutez...

Ce que l'on sait,

c'est que Sophie a été agressée alors que le spa venait de fermer.

On ignore pourquoi elle y était encore.

Vous savez si elle avait une relation

avec un petit ami ?

-Non.

-Recevait-elle des e-mails anonymes ou a-t-elle été harcelée ?

-Elle disait juste qu'elle voulait pas finir sa vie dans ce spa.

Elle n'a pas dit

qu'elle avait été harcelée. Elle voulait monter son affaire.

Si elle avait eu des problèmes,

je l'aurais pas laissée seule. On se disait tout.

Enfin, moi, je croyais qu'on se disait tout.

-C'est pas votre faute.

Quelqu'un a voulu la tuer.

Ca n'aurait rien changé.

-Retrouvez-le, alors, s'il vous plaît.

-On fera de notre mieux.

Vous lui laissez 2mn.

...

Voix et rire de Chantal.

...

-Coquine. -Je le dirai pas

aux parents.

C'est sympa, mais c'est pas la folie, non plus.

Oui, j'aime bien être hôtesse, mais me lever le matin,

ça me fatigue.

-Je te comprends. Depuis que ton grand-père est mort,

je mets plus le réveil. C'est le secret de la beauté.

Tu le savais ?

-Non. C'est pour ça que je suis moche. Je fais pas de grasse mat'.

-Ben... mais démissionne, ma chérie.

Tu es bien trop jeune pour te plier à la contrainte.

Libère-toi

du poids de cette société culpabilisante.

-Oui, sauf que si je fais ça, papa me tue.

Surtout que j'ai galéré

pour avoir ce job. -Tu veux savoir mon avis

sur ton père ?

Il devrait plutôt écouter son coeur et briser ses chaînes.

Mais la vie est trop courte. Merde !

Vous êtes rentrée ?

-Oui.

-Je disais à Alice...

-J'ai entendu. Que voulez-vous dire par "briser ses chaînes" ?

-C'est-à-dire...

-Attention les yeux.

Je vous présente Maître Meyer !

-Oh...

-Avocat à la cour. C'est la classe, non ?

-C'est ta robe ?

-Mamie l'a payée. C'est son cadeau pour l'examen

du barreau. -Tu veux mes chaussures à talons ?

-C'est marrant, ça.

-Ca ne va pas ? -Non, mais...

Je voulais lui offrir la robe.

-Maman, t'es toute émue.

-Je voulais pas vous passer devant. Vous ne vous dites pas ça ?

-Mais non. Tout va très bien. Tout le monde est content.

-Tu es magnifique, je suis fière de toi.

-Maman, je t'aime. -Tu n'iras pas avec ces pompes ?

-Si. C'est un avocat

de 2019.

-Tout va bien. Hein ?

-Madame...

Alors, "soin fraîcheur". on se retrouve en salle 12.

-Non. Non, c'est toi qui raccroches.

Non.

Non, non. J'attends.

Bips.

-Allô ?

...

Musique rock.

...

Il arrête la musique.

-Si tu dis rien sur mon peignoir, je serai discret sur ton déhanché.

Tiens.

-Merci.

-Amuse-toi bien.

-Oh là, vous êtes tendue.

-C'est pour ça que je suis ici. -Des soucis à la maison ?

-Non. Une belle-mère un peu...

Mais enfin, non.

-Au travail, alors, car vous êtes tendue.

-Non. Tout le monde ne bosse pas dans un endroit aussi zen.

-C'est pas parce que ça sent bon que c'est le paradis ici.

-Vous parlez de la mort de Sophie Marchal ?

J'ai entendu ça. Dire que ça s'est passé ici !

Pourtant, les conditions de travail sont bonnes,

le salaire aussi.

-Non. On est plutôt payées au lance-pierre, ici.

-Ah bon ?

-Oui. Des filles commencent à se plaindre.

Sophie, par exemple.

-Son sort est terrible.

-Elle s'est plainte, puis elle a pris des clients à côté.

-Comment ça ?

-Elle prenait des rendez-vous

après la fermeture. -Pour des massages

un peu... -Non. Vous plaisantez ?

Non. Je parle des clients pour des massages.

-Des massages au black.

-Oui. Enfin, moi,

je veux pas de problème.

Si je parle, je perds mon boulot. -Ne vous inquiétez pas.

J'espère que la justice

fera son travail.

-Si quelqu'un est au courant, c'est l'agent de maintenance.

En faisant sa ronde, il l'aurait forcément vue.

Bon...

Je vais chercher le soin.

-Vous vous êtes infiltrée dans le spa ?

-"Infiltrée", c'est exagéré.

Pour un soin du visage,

et j'ai payé.

-Heureusement !

Sinon Quiring vous aurait tuée.

-J'ai eu un précieux témoignage.

On n'a pas à citer mes sources pour convoquer Martin Delorme.

-On peut pas le réinterroger.

-On a des informations.

Et c'est le seul à avoir une vraie raison pour être resté sur place.

-Au moins, on a refermé la piste de la prostitution.

-Vous devriez faire un soin du visage.

Ca détend, ça fait du bien.

M. Delorme, on aimerait vous poser des questions

sur votre emploi du temps le soir du meurtre.

-J'ai tout dit à la police.

-Asseyez-vous.

-Je préfère rester debout.

-Vous avez déclaré

ne rien avoir remarqué d'anormal, ce soir-là.

C'est bien ça ?

-Oui.

-Avez-vous vérifié

le matériel

dans les cabines, comme le stipule votre contrat de travail ?

-Non.

-Alors comment pouvez-vous affirmer

qu'il n'y avait personne ce soir-là ?

-Attendez. C'est n'importe quoi. Le spa était désert.

-Sophie Marchal recevait des clients après la fermeture.

Difficile pour vous de ne pas les croiser.

Sauf si vous considériez que c'est normal.

-Si. J'étais au courant.

-On avance.

Alors pouvons-nous

librement imaginer que vous couvriez cette activité ?

Voire même

que vous y participiez.

-Je recevais ma part, de temps en temps. Mais quel rapport

avec sa mort ?

J'y suis pour rien.

-Je vous rassure, nous allons vite le déterminer.

-Attendez. Je veux vous aider. Je ne peux pas perdre ce job.

Ma maman est malade

et touche le minimum retraite.

Il faut me croire.

-Vous savez

que Sophie recevait des e-mails d'un corbeau ?

-Oui. Je savais. J'en recevais moi aussi.

On recevait des e-mails de menaces. Elle n'en pouvait plus.

Donc on a cherché à savoir qui nous envoyait ça.

-Non. C'est sûr que ce n'est pas un client.

C'est quelqu'un du spa.

-Mais qui ?

Personne ne sait.

Je n'ai jamais rien dit. -Je ne sais pas.

Quelqu'un qui veut nous faire peur.

-Ca va aller.

Ne t'inquiète pas. OK.

Il ne se passera rien.

On m'a reproché de regarder les femmes nues

pendant les massages, de rentrer dans les cabines.

De couvrir le business de Sophie

et même de...

Et même de faire des choses bizarres avec ma propre mère.

C'est dégueulasse.

-On va rédiger une commission rogatoire

pour récupérer l'ensemble de vos e-mails.

-Merci.

-Hop, hop !

Ne partez pas.

Le téléphone de Sophie a borné.

-On l'a rallumé ?

-Il était chez un de ses collègues.

Arthur Garcin. D'après les relevés,

ils se sont échangés des sms et se sont appelés. Il la harcelait

ou il était amoureux.

-Elle avait donc un ami.

-Mais Garcin est marié.

-Il trompait sa femme.

-Un adultère, quoi.

Les pneus crissent.

...

-Merci de m'avoir laissée passer devant, je suis malade en voiture.

-La conduite de Meyer est sportive. -Je suis là.

-Je n'ai rien à y voir, je n'ai pas eu de relation avec Sophie Marchal.

Excusez-moi, j'aimerais éviter que des rumeurs circulent sur moi, ici.

-Son téléphone était près de chez vous.

-Quoi ?

Comment voulez-vous que je sache ? -Capitaine.

-Vous êtes placé en garde à vue.

-C'est n'importe quoi !

-D'après Nadia, le dernier client

de Sophie est parti à 21h. Son alibi est en béton.

Arthur Garcin est bien resté après la fermeture.

Il avait un rendez-vous parallèle. -Ce trafic était une entreprise !

-Le témoin aurait entendu Sophie et Arthur se disputer

car lui ne voulait pas l'attendre. -On va interroger Garcin.

Sonnerie.

-Fanny ?

Ca va ?

-Appelez votre mari.

-J'appelle

les urgences.

Parlez-lui, faites le chien.

-"Le chien" ? -Oui.

Elle souffle.

Il aboie.

...

-Je reviens. Constance, ça marche pas.

-Je faisais ça parfois, pour aider Sophie,

quand elle avait 2 rendez-vous en même temps.

C'était mon idée.

-Et bien sûr, vous l'aidiez par amour ?

-Oui, je l'aimais.

On s'aimait.

On ne pouvait le dire à personne.

Je ne comprends pas ce qui s'est passé.

On s'est disputés, parce que...

J'avais un dîner avec ma femme et des amis.

Je le lui ai annoncé au dernier moment.

Sophie s'est énervée.

-T'es sérieux ? -Ecoute-moi.

-Tu me lâches encore ? -Ma femme me met la pression.

-Ben, va la rejoindre. Je me débrouille mieux sans toi.

-J'ai expédié mon rendez-vous, je suis rentré chez moi.

Vous pouvez demander confirmation à ma femme. Mais...

-C'est délicat de lui expliquer les raisons

de cet interrogatoire ? -Je me suis expliqué avec elle

au sujet de cette liaison. Elle a menacé de m'enlever les enfants.

J'attendais juste que les choses se calment pour me décider.

-Vous avez dû vous expliquer sur cette relation ?

Vous étiez forcé d'en parler ?

-Ma femme a reçu un e-mail anonyme expliquant que j'avais une liaison.

-Un e-mail de menace ?

-Oui.

Du même genre que ceux que Sophie avait reçus.

J'ai menti à ma femme, mais...

-Sophie vous a peut-être menacé de tout dire à votre femme ?

L'endroit était désert.

Les clients étaient partis.

Pas de témoin.

-Pourquoi j'aurais fait ça ?

J'attendais juste de trouver une solution.

Sophie voulait ouvrir son centre.

Elle économisait, et pour ça, je l'aidais.

Je n'avais aucune raison de la tuer.

S'il n'y avait pas eu les enfants, j'aurais quitté ma femme.

-Qui d'autre était au courant ?

-Personne.

A part ce putain de corbeau.

-Moi, je n'y crois pas,

à sa version idyllique.

Il a eu peur que sa liaison détruise sa famille.

-Le corbeau,

7583587 c'est peut-être lui.

Il a voulu l'effrayer, ça n'a pas marché et il l'a tuée.

-Et il a envoyé des e-mails à sa femme

pour la forcer à rompre ? J'y crois pas.

-Ou sa femme. Le téléphone de Sophie était dans leur jardin.

-Faut vérifier leur alibi.

Interrogez Mme Garcin.

-Bonsoir. -Bonsoir.

-Si sa femme est coupable,

pourquoi aurait-elle jeté le portable au fond du jardin ?

-Pour se venger de son mari et le faire passer pour le coupable.

-Si Arthur Garcin était à une soirée avant-hier,

ça le disculpe et s'il n'est pas le corbeau,

comment le corbeau savait-il que Sophie bossait au noir

et qu'elle avait une relation ? -Ca fait plein de questions.

-Mais beaucoup de réflexion.

-Il y a du métal ? -Oui, je pense.

En attendant, vas-y.

Mets le câble rouge dans le rouge. -Quoi ?

-T'as mis le blanc sur... L'inverse.

Quelqu'un entre.

-Salut, les amours.

-Salut, maman. -Salut.

-Tu as acheté ça ?

-Non. Ma mère adore chanter. Donc elle a acheté un karaoké.

-Y avait pas plus gros ?

-Je ne crois pas.

-Ca marche pas.

-Mais c'est pas branché.

-Je le branche où ? -Je n'ose pas te répondre.

-C'est quoi, ça ?

-Ca vous plaît, Constance ?

Je sais que la cuisine, c'est pas votre truc,

mais il n'y a qu'un seul bouton pour préparer tout un repas !

Ca devrait pas être insurmontable. -C'est sûr. Merci.

-Comme je vous ai froissée hier, c'est pour me faire pardonner.

Musique pop.

Waouh ! Vous connaissez ?

-Oui, oui.

-Il y a un problème avec ta mère.

-Le problème, c'est qu'elle chante faux.

-T'as vu tout ce qu'elle a acheté ? -Elle va pas bien en ce moment.

Elle est veuve et comble un manque.

-Va t'en occuper.

...

Sonnerie.

-Oui, Nadia ?

Donc ils sont restés tous les 4

chez les Garcin ?

Donc y a plus de suspect ?

OK.

...

...

que je contracte.

mais je mets 2 jours à accoucher.

-T'impatiente pas. Quand il va arriver, t'auras plus 1s à toi.

Alors profite.

avec du lait caillé sur l'épaule !

-C'est ça.

-Excuse-moi.

Je travaille. Je te rappelle. Tiens le coup.

-Bonjour. -M. le juge, regardez.

La femme d'Arthur Garcin

n'a reçu qu'un seul e-mail révélant les infidélités de son mari.

-Et ? -"Les infidélités".

Il y a eu l'histoire

avec la petite pute, Sophie Marchal, et une plus ancienne.

-Qui ?

-Je n'ai pas à vous déballer ma vie privée,

même si un plaisantin écrit n'importe quoi sur moi.

-Si vous avez eu une aventure avec Arthur Garcin,

ça vous donne un mobile pour avoir tué Sophie.

-C'est plus clair ? -C'était une erreur.

J'étais malheureuse, c'était au moment de mon divorce,

et c'est arrivé qu'une fois.

C'était une aventure d'un soir.

Personne n'est au courant.

Enfin, du moins, c'est ce que je pensais.

-Quelqu'un l'a su.

-J'ignore qui.

Je suis proche d'aucun membre du personnel.

-C'est pas très surprenant.

-C'est un choix de management.

La distance permet de garder des gens concentrés sur le travail

et pas distraits.

C'est une méthode très appréciée.

J'ai toujours eu de bons rapports avec tout le monde.

Certains me remercient.

-Vos employés ?

-Pas directement, non.

Par exemple, cette année, j'ai reçu ça.

"Bonne année. Merci pour les soins que j'ai faits

"grâce à mon fils qui s'investit dans son travail grâce à vous.

"Laurence Delorme".

-La mère de Martin ?

-On a trouvé la même carte

chez Sophie. -Oui.

C'est aussi une victime du corbeau.

-Il est là,

Martin Delorme ? -Non. Pas encore.

Il embauche en fin de journée.

Elle sonne.

-Bonjour.

-Nous sommes juges d'instruction. Vous êtes la mère de Martin ?

-Oui. Mais il travaille.

Il a un poste important à la direction

dans cet hôtel-spa de luxe.

Vous connaissez ? -Oui, oui.

-Vous voulez monter ?

Il est adorable.

Il s'occupe de moi.

Il faut que j'en profite, car il va bientôt se marier.

-Vous connaissez sa fiancée ? -Non, pas vraiment. Je ne l'ai vue

qu'en photo.

Elle est jolie. Comment elle s'appelle ?

-Sophie Marchal ?

-C'est ça. Sophie.

-Il vous parle d'elle ?

-Ah ça... ils ont déjà choisi les prénoms des enfants qu'ils auront.

-Vous avez des ordinateurs ?

-Oui. Ils sont au garage.

-Capitaine, les ordis.

-Faites attention de ne pas les abîmer.

Martin m'en a offert un, mais je sais pas l'utiliser.

C'est tout Martin, ça.

Il s'occupe toujours de moi.

-Avez-vous une clé du garage ? Un double ?

-Mais...

Qu'est-ce qui se passe ?

...

-Quand elle est arrivée dans le spa, personne ne lui parlait.

A part moi.

On se disait :

"Bonjour."

"Bonsoir."

Mais j'étais quasiment le seul.

Puis elle s'est confiée à moi et on est devenus amis.

-Pourquoi lui envoyer des e-mails anonymes ?

-J'ai cherché un prétexte pour faire plus ample connaissance

et qu'elle me parle de quelque chose de secret.

-Il y a des moyens

plus simples, non ?

-Vous ignorez ce que c'est quand personne ne vous calcule.

Quand vous existez pas, comme moi.

-Ca a marché ? Vous vous êtes rapprochés ?

-Oui.

Oui, elle s'est confiée à moi.

Elle m'a dit qu'elle recevait des e-mails de jalousie

et que ça lui faisait peur.

-Vous avez menti ? Vous lui avez dit que vous en receviez aussi ?

-Je me suis envoyé des faux e-mails pour qu'elle me croie.

Je lui ai montré

et ça nous a rapprochés.

On était très amis.

-Vous vouliez qu'elle se sente en danger, qu'elle cherche de l'aide ?

Elle vous faisait confiance ?

-Garcin a tout fait rater.

-Non. Elle l'aimait.

-Non. Non, elle n'était pas amoureuse de lui.

Il l'a embobinée, comme il l'a fait avec la directrice

et avec plein d'autres.

Il trompait sa femme. Elle n'avait rien à faire

avec lui. Rien !

-Je veux plus te voir. Barre-toi ! -Ecoute-moi.

-Tu fais quoi ? T'as déjà fait ta ronde, tout à l'heure.

-J'ai pensé que tu apprécierais que je t'attende.

-Il faut que tu arrêtes de me coller. D'accord ?

-J'en peux plus de toi. J'en peux plus de personne !

J'ai besoin qu'on me laisse tranquille. C'est bon ?

-Il te prend pour une conne. Il quittera pas sa femme.

Quand elle l'a su, pour vous, il s'est rien passé.

Il l'aime encore.

-Comment tu sais qu'elle est au courant de notre histoire ?

-Je le sais, c'est tout.

-Personne ne peut savoir ça.

Comment tu le sais, Martin ?

9893324 Réponds-moi.

C'est pas possible.

C'est toi

qui as envoyé ces e-mails d'insulte ? Que je suis conne !

C'est toi, le corbeau ?

T'es un grand malade, Martin. -C'était pour te protéger.

-Lâche-moi.

Je vais en parler et tu paieras pour ce que tu as fait.

-Tu ne diras rien.

Tu m'entends ?

-Ah !

Sophie suffoque.

-Quand j'ai retiré mes mains de son cou,

elle ne respirait plus.

Alors j'ai pris ses affaires

et son téléphone pour faire accuser Garcin.

Je suis parti.

Mais c'est sa faute, tout ça.

C'est sa faute.

Sans lui, on serait encore heureux, tous les deux.

-Il faut être tordu

pour s'inventer une relation.

Vous voulez un café ? -Je veux bien.

Sonnerie.

Ah, Fanny a accouché.

C'est un garçon. -Formidable.

-"3,6kg, 48cm." Trop chou.

-Comment il s'appelle ? -Euh...

"Christian".

Je sais pas qui donne encore ce prénom.

-On l'imagine déjà vieux, en costume.

-Avec une petite moustache.

-Vous travaillez ?

Je vous présente

le greffier.

-Christian.

Je suis ravi.

-Enchanté. Juge Delcourt. -Constance Meyer.

-Je ne commence que demain, mais j'aimerais voir mon bureau ce soir,

pour en prendre possession.

-C'est pas possible, j'ai besoin de mon bureau.

J'ai des dossiers à terminer et j'ai besoin de calme.

-Bien. Aucun problème, M. le juge.

Je suis là demain.

Je risque juste de n'être qu'à 80%,

mais je mettrai la gomme.

A demain, dans ce cas.

-A demain.

Il ne ressemble pas à ce bébé.

-Meyer ! -Heureusement.

-Je suis ravi que ce cas soit résolu. C'était sordide.

Le téléphone sonne.

Solène, téléphone !

...

Oui, merci. Merci, Eléonore. D'accord.

Oui, on se voit très vite.

...

Solène, téléphone !

...

Ne parle pas. Je veux pas le son de ta voix.

alors tu peux me rejoindre dans mon bureau.

Tu n'auras pas besoin de ta culotte.

Allô ?

-T'es prêt à partir ?

-Oui, oui...

J'arrive.

Oh merde.

Oh... merde.

-Ah, te voilà.

J'en peux plus, j'ai besoin d'air. -Que se passe-t-il ?

-Après 2 jours, je la supporte plus.

-Qu'a-t-elle fait ? -Elle est partout. Elle m'énerve.

C'est comme si elle changeait de vie et que ça lui allait bien.

-C'est une bonne chose. -Elle en fait trop.

-Son tempérament lui sert à masquer ses angoisses.

Parle-lui. -Barth ! Hou hou !

Où es-tu ?

J'ai un acheteur pour la vieille 4L de ton père. Tu viens ?

Je l'ai pas écrit ?

Elle est en très bon état.

Elle est chez un ami, et croyez-moi,

il l'entretient comme si c'était la sienne.

Ah, le prix ?

Je vais demander à mon fils si c'est un bon prix.

-Quoi ? Elle parle de la 4L de mon père

dans laquelle il m'emmenait au foot.

-Oui, Monsieur. Viens.

-Je le crois pas.

Reviens ici ! Maman, tu reviens tout de suite.

Tu parles de la 4L de papa ? Tu ne vends pas la 4L de mon père !

-Ah... on va passer une bonne soirée.

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