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Zulu
J'irai pas en taule, Agathe.
Tu crois vraiment que tu vas t'en sortir ? Si je sens que c'est fini, je bute les
gosses et nous après.
La meilleure façon de s'en sortir dans ce monde quand on n'a rien, ni personne,
c'est d'être à la place du prédateur.
Je te présente le docteur Brésure.
C'est votre mari qui a sollicité mon aide. Je suis psychiatre. Je peux
contacter un juge de ces hospitalisations sous contrainte. Je
pense qu'il serait bienvenu que vous quittiez le domicile conjugal.
Votre femme veut porter plainte pour coups et blessures. Apparemment, elle a
déjà déposé une main courante.
Il nous a menacé, mes enfants et moi. Je veux une protection policière. Votre
mari est entendu en ce moment même. On a retrouvé des empreintes sur des éclats
de verre chez votre ex-pam.
Ce sont les vôtres.
Pourquoi ils ont embarqué papa ? Il pense que c'est lui ? Je sais.
Le monsieur va être escorté à la prison de forêt.
Ouais, mais il y a quand même un petit souci là.
Quoi ? Il n'a pas signé ton truc ici.
Tu peux le libérer. Tu peux venir récupérer ses affaires.
La porte, s'il vous plaît ! La porte !
Je m'accroche à ton bras, comme je m'accroche à la vie.
Je dénie le grand tout, cet instant, même notre amour.
Maintenu sur un fil comme une feuille d'automne, je m'apprête à tomber,
mais cette fois pour de bon.
Doucement et en silence.
En silence.
Merci, vous pouvez vous asseoir.
Et vous pouvez faire entrer l'accusé.
Donc là, vous le traînez jusqu'à la porte.
À ce moment-là, Frédéric Jacob s'est inconscient.
Mathias.
Mathias ! Mathias.
J'ai besoin de toi.
Maintenant.
Pourquoi ne pas avoir appelé une ambulance ?
Parce que je me
suis dit qu'on serait plus vite à l'hôpital en voiture qu'en ambulance.
Tout s'embrouillait.
Il est où ? Agathe, il est où ?
Calme-toi.
Mathias, calme-toi.
Tu t'assieds là, tu bouges pas.
À ce moment-là, vous aviez l'arme à la main ?
Pour me
protéger.
Vous vous sentez bien ? Oui, pardon.
Je lui ai dit... de pas bouger.
Que j'allais appeler les secours.
Mais il s'est redressé.
Il s'est mis debout.
Je lui ai répété de ne pas bouger, de rester où il était.
Il s'est avancé vers moi, il a voulu prendre l'arme.
Et vous avez tiré.
Madame de Fax, vous avez tiré.
Oui.
Merci.
Vous pouvez vous asseoir.
Des traces de sang ont été retrouvées dans le bureau et l'entrée, sur la
poignée de la porte et les graviers devant la maison.
Le sang retrouvé sur les lieux appartenait-il uniquement à Frédéric
Jacobs ? Oui.
Est-ce que la Défense a des questions ?
Maître Chaveau ?
Poursuivez.
Inspectrice Verhardt, pouvez-vous décrire en quelques mots le rapport du
médecin qui a examiné Madame de Fax après les faits ? Le
rapport mentionnait qu'elle présentait des contusions sur le visage et
l'abdomen.
des échymoses et des hématomes provoqués par son mari.
Pouvez-vous confirmer que Mme de Fax vous a demandé une protection policière
le 16 avril ? Oui.
Mais Frérick Jacobs était en détention à ce moment-là.
Puis remis en liberté ?
Puis remis en liberté.
C'était une erreur de ma part.
Une erreur ? L'extrait pour Écrou n'a pas été signé.
Pour quelle raison, monsieur le juge d'instruction ? Comme je dis,
c'était une erreur.
Une erreur qui a mis ma cliente en danger de mort ?
C'est tout.
On relève un impact de balle par arme à feu au niveau du thorax qui s'avère être
la cause formelle du décès.
La balistique a confirmé que la victime se tenait debout au moment du coup de
feu.
Au niveau de la face, on note plusieurs fractures sur l'os zygomatique gauche.
le maxillaire supérieur gauche.
La victime souffrait aussi d'une hémorragie cérébrale au niveau du lobe
temporal.
Sur les bras, fracture du radius, donc de l'avant-bras, ainsi que plusieurs
hésématomes.
Et dans cet état-là, pensez-vous que Frédéric Jacob serait présenté encore
une menace ? C'est difficile à dire.
Par exemple, vous avez plusieurs boxeurs qui peuvent continuer le combat malgré
des blessures pires que celle-ci, et puis d'autres qui ne s'en relèvent pas.
Et selon vous, Frédéric Jacob savait-il la stature et l'endurance d'un boxeur ?
Je ne suis pas coach sportif,
mais a priori, non.
Je vous remercie.
La défense a-t-elle des questions ? Non.
On peut rester comme ça.
J'ai juste envie que cette affaire soit finie.
Tu crois qu'il était capable de se lever ? Elle
a dit qu'il s'était levé.
Il avait carrément une hémorragie cérébrale.
Je crois qu'il aurait pu prendre l'arme.
Tout le monde se pose la même question au procès.
C'est moi qui lui ai fait ça.
Non.
Je suis désolée.
C'est moi qui lui ai fait ça.
À ce moment-là, Agathe de Fax vous apprend la mort de votre mère ? Oui.
Après cette conversation, que s'est-il passé ? Je suis monté dans ma chambre.
Plus fort, Monsieur Jacobs.
Je suis monté dans ma chambre.
Combien de temps y êtes-vous resté ? Je sais pas.
Je jouais.
J'ai entendu Agathe crier.
Je suis descendu.
J'ai essayé de lui prendre l'arme.
Et ensuite ? On s'est battus.
Le médecin qui vous a examiné, suite au fait, n'a noté aucune trace de coup sur
votre corps.
Peut-on vraiment dire que vous vous êtes battu avec votre père, Monsieur Jacobs ?
J'avais peur qu'il reprenne l'arme.
Pendant ce temps, que faisait Agathe de Fax ? Elle était à côté.
Elle arrêtait pas de crier « arrête ». Et vous vous êtes arrêté ?
Quand est-ce que vous vous êtes arrêté ? Il
bougeait plus.
Madame de Fax décide seule de traîner votre père jusque dans le hall.
Oui.
Pour, je cite, l'amener à l'hôpital.
Est-ce qu'elle revient vous demander de l'aide pour le mettre dans la voiture ?
Oui. Mais votre père n'est plus dans le hall.
Madame de Fax part à sa recherche, mais vous, vous restez là ?
Je n'arrivais plus à bouger.
Je suis resté là jusqu'à ce que la police arrive.
Je vous remercie.
Madame la procureure, avez-vous des questions ? Monsieur Jacobs.
Pouvez-vous nous montrer de quelle manière se tenait votre père pendant que
vous le frappiez ?
Monsieur
Jacobs ? Je sais pas.
L'allégiste a noté une fracture à l'avant-bras gauche.
Peut-on imaginer qu'il se tenait comme ça ? C'est possible.
Et selon vous ?
Est-ce la latitude de quelqu'un qui représente un danger ? Désolée, je
retire.
Oui.
Veuillez ne pas tenir compte de cette question, s'il vous plaît.
Et plus d'autres questions ? La parole à la Défense.
Qu'est-ce qui a motivé cette violence envers votre père, M. Jacobs ? Il
voulait nous tuer.
Répétez plus fort.
Il voulait nous tuer.
C'est tout ?
Non.
Si Agathe Defax était emprisonnée à l'issue de ce procès,
Qu'éprouveriez-vous ?
Si
ça arrivait... J'ai très peur de ça.
Ce serait beaucoup trop dur.
Maintenant c'est tout.
Il vient d'une autre planète, Maître Chaveau.
Mais c'est le meilleur dans son domaine.
C'est vrai que les jurés sont plus sévères avec les femmes ?
Statistiquement, oui.
Ils sont particulièrement intransigeants avec les femmes de meurtriers. Je m
'habitue pas à ce qu'on puisse parler de lui comme d'une victime.
Il faut remettre Jacob dans le rôle du prédateur.
La légitime défense ne doit faire aucun doute.
Vous avez des nouvelles de Louise ? Elle doit respecter l'ordonnance du juge.
Je ne peux pas la forcer à me voir.
Aujourd'hui, pourquoi elle n'est pas venue ? Je ne sais pas.
Elle refuse de me répondre au téléphone.
Attends.
Je m'en fous des fesses de Kate.
Quelles fesses ?
Son témoignage, demain, sera déterminant. Si jamais elle veut... Ça
va aller.
On va gérer.
Aïe, putain ! Monte.
Louis ? Tu veux que je reste ? Non, c'est bon.
Salut.
Ça va ? Qu'est-ce que tu fais là ? Louise.
Tu pourrais passer la voir, non ?
Je peux pas aller là-bas.
Je sais pas comment tu fais.
Elle a besoin de nous, Louise.
Toute la défense repose sur nos témoignages.
Tu sais qu'elle pourrait prendre dix ans.
J'ai peur de ce qu'ils vont me demander.
On doit juste leur dire ce qu'il s'est passé.
Et si t'as peur de dire un truc qu'il faut pas, tu dis je sais pas.
D'accord ? Tu dis je sais pas.
C'est ta vente.
Mademoiselle Jacobs.
Nous aimerions évoquer le contexte familial à la maison avant la mort de
votre père.
Louise, pourrais-tu nous décrire qui était ton papa en quelques mots ? Il
était gentil.
Il pouvait être drôle et généreux.
Il se disputait souvent avec ta maman ? Non.
Quelques jours avant la mort de ton père, ta mère affirme qu'il la
séquestrait dans sa chambre.
Est-ce que tu l'as vue ? Non, j'avais pas le droit d'aller à la chambre.
Mais une fois, elle est descendue et... Elle
avait l'air folle.
Folle ? Louise.
Donc elle pouvait sortir de sa chambre.
Je sais pas.
Le soir du 16 avril, où étais-tu ? Chez une amie.
Jusqu'à quelle heure y es-tu restée ? 19h30.
Mon père m'a appelée pour que je rentre.
Pourquoi ? Ils disent que c'était pour me tuer.
Et toi, tu en penses quoi ?
Qu'est-ce que ça peut faire ? Ici, au tribunal, on aimerait savoir ce que tu
en penses.
Je sais ce qu'on dit sur lui.
Et c'est peut-être vrai.
Mais ça reste mon père.
Bien sûr, c'était ton père.
Mais tu sais, parfois, les gens, quand ils ont très peur ou qu'ils sont très en
colère, peuvent faire du mal aux gens qu'ils aiment.
Est-ce que tu penses que c'était le cas ce jour-là ?
Je sais pas.
Louise, tu ne dois pas avoir peur de dire la vérité.
Est-ce que tu penses que ce jour-là, ton père représentait une menace pour vous,
pour toi, pour ton frère et pour ta mère ?
Je sais pas.
Louise.
Louise, qu'est-ce que t'as foutu ? Mais, c'est toi qui m'as dit que... Tu veux la
faire enfermer ? Non.
Qu'est-ce qu'il y a ? Dis-moi ce que tu sais.
Je...
Louise. Comment pouvez-vous décrire le couple Jacobs ? Élégant,
poli, bien sous tout rapport.
En tout cas, de l'extérieur.
De l'extérieur ? Oui, je ne voudrais pas poser un diagnostic, mais j'avais déjà
observé une instabilité émotionnelle chez Agathe.
Des signes de dépression.
Et quels étaient ces signes de dépression ?
Elle était souvent absente, elle... Elle était comme déconnectée. Elle se mettait
sur le pilote automatique comme ça, sans raison.
À la différence de son mari.
Ah oui. Oui, oui, oui. Lui, il était toujours très avenant, très... mondain.
Très.
Vous êtes mariée depuis combien de temps ? Ouh là ! Ça va faire 21 ans.
Madame Jansson, pouvez-vous imaginer que votre mari tue des femmes lors de ses
déplacements professionnels ? Non, non, non.
Non, non, non, je le connais par cœur.
Il serait incapable de tuer quoi que ce soit.
Oui, maître Chaveau.
Je dois m'entretenir avec ma cliente.
Faites.
Ils étaient comme il faut.
Je les connaissais pas tant que ça, en fait.
Vous avez été l'associé de Frédéric Jacobs pendant sept ans.
Vous avez partagé ses voyages professionnels, mais vous ne le
connaissiez pas tant que ça.
C'était une relation de travail.
C'était superficiel.
Avez-vous soupçonné les activités de Frédéric Jacobs ?
Les meurtres qu'il aurait perpétrés lors de vos voyages ? Franchement, même
aujourd'hui, j'ai de la peine à le croire, donc le soupçonner époque, non.
Pouvez-vous nous dire ce que vous faites tous les jeudis soirs à 18h ?
Monsieur
De Broglie ?
Pourquoi ? Qu'est-ce que ça a à voir ? Pourquoi vous ne répondez pas à la
question ? Je répète, que faites-vous le jeudi entre 18 et 19 heures
? Monsieur Debreuil,
vous êtes sous serment.
Je... Je prends des cours de tango.
Votre femme est au courant.
Votre femme est au courant ? Non.
Donc votre femme qui nous disait tout à l'heure qu'elle vous connaissait par
cœur, ignore totalement que vous prenez des cours de tango toutes les semaines ?
Oui, j'avais peur qu'elle se moque de moi.
Depuis combien de temps faites-vous du tango, monsieur Debré ? Quatre ans.
C'est tout.
Il m'a gagné une bataille, pas la guerre.
La procureure va revenir sur la complicité.
Comment j'aurais pu être complice ? Je ne savais pas ce qu'il faisait.
Elle veut la jouer Monique Fourniret.
Mettre le doute.
Mais je l'ai dénoncée.
À ce moment-là, vous étiez en garde à vue pour le meurtre de votre mère.
Elle va dire que vous êtes désolidarisé lorsque les circonstances l'exigeaient.
C'est ridicule.
La procureure vient d'ajouter le détective privé sur la liste des
témoins. Il sera entendu demain.
Tionor ? Pourquoi ? On le saura demain.
C'est une blague ? Non.
C'est pas vrai.
Si.
Parfois je me demande si vous êtes sûr de vous ou si vous êtes complètement à
côté de la plaque.
Je suis bien préparé, c'est tout.
On peut pas faire confiance à ce type.
Est-ce qu'il y a quelque chose que je devrais savoir ?
T'as rien à me dire ? Non, non, non, non.
Non, j'ai juste peur, c'est tout.
Oui, je vois.
Viens.
C'est qui, Giono ? Laisse tomber.
Voilà la veuve Jacobs.
Qu'est-ce que vous faites là ? Madame de Fax, vous avez menti.
Laisse-moi tranquille.
Tu m'as menti et regarde, tu t'es bien foutue de ma gueule.
C'est pas Fred qui a tué Laure Duval. Laisse-moi tranquille. C'est toi.
C'est toi qui l'as tué ! C'est toi qui as tué la mère de Mathias.
Juste au moment où ils viennent de faire connaissance.
Sa propre mère.
Alors c'est qui le monstre ? Qui mérite de mourir ? C'est toi, Agathe de Fax.
C'est toi qui va mourir.
C'est toi ! C'est toi !
Monsieur
Jono, quand avez-vous rencontré l'accusé ?
Avril dernier, je crois. Vous croyez ou vous êtes certain ? Je suis certain.
Vous êtes certain ? Lors de votre enquête sur la mort de Lydia Lelanne,
décédée à Marseille ? Oui, c'est exact.
A cette occasion, avez-vous interrogé l'accusé ? Oui, plusieurs fois.
A-t-elle collaboré ? Au début, non, pas vraiment.
Monsieur Junot...
Votre enquête privée a permis à la police de mettre à jour tous les
meurtres commis par Frédéric Jacobs à l'étranger.
Agathe Defax vous a-t-elle aidé dans cette démarche ? Oui.
À partir de quel moment ? À quel moment ? Après
son audition à la police concernant le meurtre de sa maman.
Et à cette occasion, elle vous fournit l'emploi du temps de son mari qu'elle
découvre comme ça.
comme par miracle, quand ça l'arrange.
Madame la Présidente, a-t-on besoin des commentaires de Madame la Procureure ?
Je suis désolée, je retire.
Monsieur Jono, maintenant c'est aux professionnels que je m'adresse.
Pensez-vous que Agathe de Fax était au courant des meurtres de son mari avant
de vous transmettre ces informations ? Je sais pas.
Pouvez-vous vous exprimer plus clairement, Monsieur Jono ?
Je ne peux pas vous répondre pour l'instant.
Je vous remercie. Avec plaisir.
Monsieur Jono, vous avez travaillé au sein de la police judiciaire ? Oui, 25
ans, enfin plus.
Pourquoi avoir quitté vos fonctions en 2016 ?
Vous avez été viré ? Pour faute grave, c'est ça ? Non, non, non.
Il y a quelqu'un qui a porté plainte contre moi pour harcèlement. Un suspect
? Instruction qui a duré deux ans, c'est terminé, ça n'a rien à voir.
C'est à la cour en décider, ça, M.
Dionneau. Poursuivez, maître Chaveau.
Que faites-vous aujourd'hui ? Fort bondir, donc j'ai ouvert ma propre
agence.
M. Dionneau ?
Quel est l'élément incriminant majeur dans l'affaire Lelanne ? L'arme du
crime. Qui a permis d'identifier le câble d'ordinateur de M.
Jacobs comme étant l'arme du crime ? Agathe de Fax.
Qui a fouillé l'ordinateur de Frédéric Jacobs pour mettre à jour son emploi du
temps depuis 2015 ? Agathe de Fax.
Qui a permis de faire le lien entre ces homicides et le meurtre de Laure Duval ?
Agathe Defax.
Qui a récolté le mérite de cette enquête dans la presse ? On a évoqué mon
travail, c'est très bien comme ça.
Et qui est assis aujourd'hui dans le box des accusés ?
Monsieur Jono ?
Agathe. Le fax.
C'est tout.
Ok, là je les mets ailleurs. Pardon.
Attends. Voilà.
Ça te change ? Tu trouves ?
C'est qui ? Sacha.
Je coupe mon téléphone quand je suis avec toi.
T'es toujours avec moi.
Dis-le clairement si je te dérange.
Voilà.
Si tu me lâches, j'ai plus personne.
T'es sûre que tu veux pas voir ta mère ?
On n'est pas sûrs d'où... Je préfère être avec toi.
Ok.
Margot ? Euh... Oui ? Sa maman, tiens.
Allô ?
Mesdames et messieurs les jurés, lors de ces débats, je vous
demande de faire fi du tapage médiatique qu'il y a eu autour des présumés
meurtres commis par Frédéric Jacobs.
Je vous rappelle que ceci n'est pas son procès.
Vous êtes ici pour déterminer si Agathe Defax...
s'est rendu coupable d'un homicide sur la personne de son mari, Frédéric
Jacobs.
Rien de plus.
Est-ce que c'est bien clair ? Deux jurés vous trouvent antipathiques, peut-être
tous. Antipathique ? Comment vous savez ça ? Antipathique ? Il faut revoir votre
intervention à la fin du procès.
Laissez tomber les excuses ou les remords. C'est vous qui m'avez... Vous
devez être sincère. Il faut qu'ils vous comprennent. Ils doivent se mettre à
votre place.
Mesdames et messieurs les jurés, lors de ce procès, Agathe Defax n'a cessé de
mentir.
Le 16 avril, Madame Defax n'a pas du tout l'intention de ramener son mari
Frédéric Jacobs à l'hôpital. Non.
Soyons sérieux.
Lorsqu'elle traîne son mari jusqu'à la porte d'entrée, elle le croit mort et
cherche uniquement à se débarrasser de son corps.
Sauf que Frédéric Jacobs est encore vivant.
Le père de Mathias, le père de Louise, un père de famille.
Il a réussi à se traîner jusqu'au jardin, laissant derrière lui des traces
de sang parce qu'il rampe, mesdames et messieurs les jurés. Il ne marche pas.
Il rampe.
Agathe de Fax prend l'arme à feu avant de rejoindre son mari dehors.
Ensuite, elle se tient droite.
Elle le regarde face à un homme qui souffre d'une hémorragie cérébrale et
elle lui tire une balle en plein cœur.
Frédéric Jacob, c'était-il un monstre ? C'est probable.
Mais encore une fois, ceci n'est pas son procès. Aujourd'hui, vous ne devez
répondre qu'à une seule et même question.
Agathe de Fax a-t-elle commis, le 16 avril dernier, un meurtre avec
préméditation contre la personne de Frédéric Jacobs ? Au vu des preuves
accablantes ici présentes, réunies aujourd'hui, une seule réponse est
possible.
Oui.
Oui.
Non.
Non, madame la procureure.
Les preuves ne sont pas incablantes.
Rien ne nous garantit, sans le moindre doute, que nous connaissons les vraies
intentions d'Agathe de Fax.
Je vous rappelle, mesdames et messieurs les jurés, que dans le droit belge, le
doute profite à l'accusé.
S'il subsiste le moindre doute sur les intentions
d'Agathe de Fax, alors il est de votre devoir de
choisir l'acquittement.
Madame la procureure a raison.
Si vous pouvez assurer avec certitude que ce jour-là,
Agathe de Fax...
attirée de son froid sur un homme sans défense, alors vous
devez la condamner.
Si vous êtes absolument certain qu'elle ne voulait pas protéger sa vie,
qu'elle ne voulait pas sauver la vie de ses enfants,
alors,
Jetons-la en prison.
Le plus vite possible.
Quoi que disent...
Madame la procureure, rien,
rien ne permet de l'affirmer.
C'est tout.
L'accusé a-t-elle un dernier mot à ajouter ? Non.
Oui, Madame la Présidente.
Madame de Fax ?
Il y a encore peu de temps, je pensais que ce genre d'histoire n'arrivait que
aux autres.
J'ai toujours rêvé d'avoir une famille parfaite.
Pas parfaite.
Heureuse.
Je sais qu'on partageait ça, mon mari et moi.
Quand j'étais petite, j'avais peur d'un monstre qui vivait dans le placard.
Je pouvais passer des heures entières à guetter le moindre signe, toute seule
dans le noir.
Puis un jour, j'ai découvert que le monstre n'était plus dans le placard,
mais qu'il dormait chaque nuit à côté de moi dans mon lit.
Que c'était l'homme que j'avais choisi.
Le père de mes enfants.
Je donnerai tout.
Tout pour que ça soit jamais arrivé.
Mais je ne veux pas m'excuser pour ce que j'ai fait.
Si c'était à refaire,
je referais exactement la même chose.
Il voulait tuer mes enfants.
Il voulait tuer nos enfants.
Débou !
Débou
!
Je
t'en supplie, Agathe.
Aide-moi.
Différents, toi et moi.
C'est fini, hein, gars ? C'est fini ? C'est fini ?
Bonjour.
Bonjour. Vous avez vu Hercule ? Non.
Ça fait deux jours que je ne l'ai pas vu. Il a dû passer par votre clôture.
Écoutez, si je le vois, je vous fais signe.
Vous entrez boire un verre ? Non, merci. Merci.
Non.
Je peux la prendre, celle-là ?
C'est pas moi.
On commence avec le chien du voisin.
Et vingt ans plus tard, on n'a plus peur de rien.
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