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...
-Merci.
-Votre mari est là ? -Oui.
-C'est normal,
d'être fatiguée, au début. -Je sais.
-M. Mauville ! -Marc...
-Je vous ramène votre femme. -Il doit bricoler dans la grange.
-Je vais le chercher.
M. Mauville !
M. Mauville ?
N'entrez pas dans la grange. -Que se passe-t-il ?
-Je reviens. Ne rentrez pas !
Jérôme, c'est Stéphane. Y a un décès chez les Mauville.
...
-Oui, Fanny, on arrive sur la scène de crime.
OK, je lui transmets.
Je dois passer au pressing, pour Barth. Merci.
Thierry veut vous voir. -Oui, après vos courses perso.
-Y en a pour 2mn.
192710 -Je garde votre sac ? -Pardon.
-Constance, M. le juge. La victime est amochée.
-Qui l'a découverte ?
-L'ambulancier qui raccompagnait sa femme de l'hôpital.
-Elle est où ?
-Dans sa maison. Le corps est par là, venez.
Marc Mauville, 65 ans, retraité de la SNCF, pas de casier.
Il était seul, hier soir.
Heure du décès : entre 20h et 22h.
Il a été frappé, mais il n'est pas mort de ses blessures.
Lèvres cyanosées, ecchymoses sous-conjonctivales
avec oedèmes. -Il a été étouffé.
-D'autres cas de home-jackings dans le coin ?
-Rien avec homicide ni avec ce profil de victime.
-Que sait-on sur eux ? -Un couple modeste.
Rien de valeur dans la maison. Juste une vieille Super 5.
Pas d'ordinateur récent, même pas un écran plat.
-Peut-être des économies ? -Pas de coffre, pas de cachettes...
Compte bancaire proche de zéro, et retraite,
minimum syndical. -Ca sent malheureusement
le travail d'amateur qui s'est trompé de cible.
-Ou c'est une mise en scène. -Il y a quand même un coupable.
-Quelle époque de merde. -Interrogeons sa femme.
Vous êtes sur le voisinage ?
Ils ont dû faire du bruit. -Ils devaient sûrement
chercher quelque chose. -Ils ont dû finir par trouver.
-Mme Mauville, juge Delcourt. Voici Constance Meyer,
auxiliaire de justice.
-Nous allons devoir vous poser quelques questions.
-Comment on a pu lui faire ça ?
Il paraît qu'on l'a attaché et frappé...
-On va essayer de le comprendre. Vous allez devoir nous aider.
-On est dans gens simples, sans argent...
-Vous avez de la famille ? Des enfants ?
Quelqu'un à prévenir ? -Non, on n'en a pas eu.
-Vous étiez mariés depuis quand ? -Depuis toujours.
On s'est connus au collège, à Aubagne. On s'est mariés à 18 ans.
-Qui savait que vous étiez à l'hôpital, hier soir ?
-Personne.
-Vous aviez des problèmes ? Subi des menaces ?
-Non, rien...
On avait à peine des amis, alors, des ennemis...
-Votre mari et vous aviez touché des grosses sommes d'argent ?
Un héritage ? Des gains aux jeux ?
-Mon mari a hérité d'une friche il y a 10 ans. Il y fait son potager.
Et non, on jouait pas.
Même plus au loto, parce qu'on gagnait jamais.
On n'a que cette maison. Notre vie tient dans ces 4 murs.
-Si quelque chose vous revient, n'hésitez pas à nous contacter.
-Entendu. -Quelqu'un peut s'occuper de vous ?
-Je demanderai à une voisine, si j'ai besoin, je vous assure.
Merci.
...
-Ca va ?
-Elle me touche, cette femme. C'est horrible, ce qui lui arrive.
-Cessez de prendre tout le malheur du monde sur vos épaules.
C'est pas la voiture qui les intéressait non plus.
C'est étonnant qu'elle roule encore.
-C'était ma 1re voiture.
-D'autant plus.
-C'est mon père qui me l'avait achetée.
-M. le juge, le voisin a vu quelque chose.
Matthias Langevin, médecin retraité. M. le juge Delcourt.
-Qu'avez-vous vu ? -Il y a eu un bruit d'enfer.
J'ai regardé par la fenêtre : 2 jeunes démarraient un scooter.
Un petit et un grand. Ils se disputaient.
-Il était quelle heure ? -Vers 20h. Je regardais le journal.
-Vous pourriez les identifier ? -Non, ils portaient des casques.
-Et leurs vêtements ? -Des tenues de sport,
sombres... Il faisait déjà nuit.
-Vous connaissiez bien les Mauville ?
-Bien, non. J'ai grandi ici, mais je ne suis revenu que depuis 2 ans.
Je connais plus grand monde dans le village.
-Et vous partez déjà ? -Oui.
C'est la maison de mes parents. Je viens de me résoudre à la vendre.
C'est trop isolé, ici.
-Très bien. Je vous laisse avec le capitaine Saïdi.
-Merci.
-2 jeunes casqués qui démarrent un scooter : ça fait une piste.
Vous venez ?
Que se passe-t-il, Meyer ? -Vous jardinez, M. le juge ?
-Non. J'ai pas le temps, pas le goût et pas de jardin.
-Vous savez pour combien y a dans ce matériel, là ?
Au moins 500 euros.
-Il avait que ça dans sa vie : il devait se faire plaisir.
-Peut-être...
Téléphone.
C'est vous ? -Non.
-C'est un portable.
Plus de batterie.
-Un portable dernière génération. -Faites-le examiner au labo.
Capitaine, on a déjà trouvé un portable pour la victime ?
-Oui. Mais c'est un vieux vieux portable.
-Ca fait beaucoup, pour quelqu'un qui roulait pas sur l'or.
-Miranda, apportez-moi le dossier du conf call en salle 2.
Barthélémy Meyer, chargé de mission à la petite enfance.
Voyez mon assistante. -Tu parles tout seul ?
-Quoi ? Non, j'ai essayé ce costume pour quand je serai à la mairie.
L'autre est au pressing.
Celui-là, c'est plutôt communions, baptêmes...
Ca fait pas trop, le croisé ?
-Non, il est bien.
-Le col rebique pas trop ? -Si un peu.
-Je me grouille, mon Uber arrive. -Mon père aurait pu te déposer :
il est déguisé en chauffeur.
-Fainéant et drôle : l'avenir t'appartient.
-Le petit dort.
J'ai mis un petit pot au frigo. -Dis bien à ta mère qu'on s'excuse
de pas l'accueillir, mais avec le boulot,
c'est trop compliqué. -Y a pas de problèmes.
-On prendra le temps ce soir. -J'ai hâte ! Allez, j'y vais !
Bye !
-T'es pas heureux de rencontrer ta belle-mère ?
-C'est pas ma belle-mère.
-C'est la mère de ta femme : si tu dois en avoir une, c'est elle.
-Rebecca veut qu'on se marie.
-Ah bon ? -Pour les papiers.
Ce sera plus simple pour elle. -OK... Et qu'en penses-tu ?
-J'en pense rien, je sais pas.
-N'en parle pas à ta mère,
mais dans un couple, faut montrer qui est le patron.
-Tu décides même pas du programme TV.
-Moi, je suis marié depuis 25 ans ! Arrive jusque-là vivant, déjà.
Et ne prends aucune décision sans m'en avoir parlé avant.
-Je vais en parler à maman, hein ?
Y en a plus ?
-Elle ferait mieux de demander ta garde que ta main.
-Où en est Letellier, sur le dossier du parking ?
-Pas Letellier : Dorsay. -C'est pareil.
C'est 2 fossiles. Dans un dossier de fouille archéologique,
c'est parfait. Arrêtez de tout compliquer.
Cette plainte n'intéresse personne !
Construire un parking à l'emplacement des fouilles
n'aurait pas empêché de découvrir les pyramides, voyons !
Boris. Pardon.
-C'est étrange,
ce smartphone retrouvé dans sa voiture.
-Cachotteries à sa femme... -Boris !
-C'est pas possible...
Dès que j'arrive, il débarque ! -Instinct de protection.
-M. le procureur général... -Arrêtez avec ce protocole surfait,
entre nous.
Bonjour, Meyer. -Constance.
Bonjour, M. le procureur.
-Je voulais vous dire : ma remise de médaille est avancée à 16h.
-Oui... C'est pour ça que vous vouliez me voir ?
-Oui. Le préfet a confirmé,
le maire aussi, et le président ! C'est une chance, pour vous,
de pouvoir appréhender tout l'écosystème de la ville.
Ces remises de médailles servent au moins à ça.
-Je croyais que ça servait
à flatter son ego... -Oui. Au fond, c'est vrai.
Mais je peux pas les priver d'un cocktail.
-Pardon.
-Parfois, il est limite aimable. -On se demande de qui il tient.
Je peux venir à votre décoration ? -Si ça vous fait plaisir.
-J'aimerais appréhender l'écosystème de la ville,
en tant que jeune magistrate.
-Meyer...
-J'ai du travail.
Vous voulez que je rédige
la procédure de home-jacking ? -Si vous voulez...
Pardon, c'est Quiring qui m'exaspère.
-C'est quoi, cette médaille ?
-Une breloque : 25 ans de bons et loyaux services dans la justice.
-Ca compte, quand même. -Les médailles ne valent rien !
-Vous y serez ? -Je sais pas.
54 procédures en attente : j'ai autre chose à faire.
-Faites-le pour lui. Ca compte, pour lui, que vous soyez là.
-Moi aussi, j'ai parfois eu besoin qu'il soit là.
-M. le juge !
Pour la médaille du procureur... -Je sais, merci.
-Votre courrier.
J'ai trouvé les coordonnées du terrain de Marc Mauville.
-Super. -Quel rapport avec sa mort ?
-Un truc à vérifier.
-Laissez faire le capitaine Saïdi. -Comme vous voulez.
-C'est pas son jour...
-C'est jamais son jour. -Les coordonnées du terrain.
-Merci.
-J'ai l'impression que je vais manger toute seule.
...
Téléphone.
-Merde !
Oui, mon chéri ?
J'ai pas le temps, là, je dois aller prendre ton costume.
Quoi ? Pourquoi il veut se marier ?
Pour le papier de Rebecca ? C'est un peu précipité, non ?
Il est petit, encore...
On en parle ce soir, d'accord ? Je t'embrasse, à plus tard. Ciao.
...
-Je vous dérange ? -Allez-y, ça a l'air pressé.
-Mauville est bien mort asphyxié. -Et les deux jeunes en scooter ?
-Pour l'instant, rien.
Mais j'ai un truc intéressant avec son smartphone :
il l'utilisait pas du tout comme téléphone.
Il l'utilisait pour surfer sur le Net
et comme GPS. -J'ai trouvé un détecteur de métaux
sur le terrain de la victime.
-Dites à Meyer de ne pas faire une chose, soyez sûr qu'elle le fera...
-Le smartphone trouvé dans la voiture
servait à faire des recherches sur les monnaies anciennes,
la législation sur les chercheurs de trésors et le cours de l'or.
-La Via Domitia traverse la parcelle de la victime,
en plein milieu. Cette voie reliait l'Espagne et l'Italie
via le nord de Marseille,
Massilia. -Oui, on a tous lu Astérix.
-Oui... C'était fréquenté par des commerçants, des aubergistes...
Il a pu trouver quelque chose de précieux en jardinant.
Oui. Et il en a parlé à quelqu'un. -Sa femme ?
-Elle semble pas au courant. -On sait pas ce qu'il a trouvé.
-Il consultait le cours de l'or depuis plusieurs semaines.
-Il faut fouiller son terrain et voir s'il avait pas
ouvert un compte en banque pour vendre ce qu'il avait trouvé.
-Si c'est de l'or, il a tout de suite trouvé un acheteur.
-Quelqu'un a aussi pu vouloir récupérer le reste sans payer.
-Voilà un vrai mobile.
Demain matin, on va voir sa veuve.
Vous, faites le tour des marchands d'art et des revendeurs d'or.
-Coucou, c'est moi !
-C'est maman.
-La voilà !
Bonjour, Danielle. -Bonjour, Constance !
Nous autres, on se fait des câlins. -Oui...
-On est tous enfin réunis !
-Ton mari est pas là ? -Pas encore.
-Dès que le petit aura fait sa demande, on sera la même tribu !
-Cesse de parler de ça.
-Je suis si contente ! Ma fille va enfin se marier !
J'en ai des palpitations !
-Maman !
On fait pas ça, en France.
-Je savais qu'on allait s'entendre comme larronnes en foire !
-On boit un verre ?
-Je t'ai apporté un petit Bourbon Brothers
12 ans d'âge !
Ha ! Ha ! Ha ! Et là, y a eu Tadoussac.
On voulait faire des vacances à Tadoussac, c'est très beau !
La petite avait peur des baleines, elle pleurait ! Rappelle-toi !
Elle pleurait ! Et nous, on riait !
C'était terrible ! Terrible ! Terrible !
-Bonsoir, chéri. -Il est enfin là !
-Ca me fait plaisir de vous rencontrer.
-Excusez-moi, Barthélémy. Pour moi, on est déjà une grande famille !
Ca me donne des palpitations, regardez !
-C'est une coutume québécoise. Ca surprend au début... et à la fin.
-Alors ? Ma princesse vous encombre pas trop ?
-Non. -Je l'ai bien réussie, hein ?
Votre fils est ben chanceux, hein ?
Je vous cache pas que quand elle m'a dit qu'elle était enceinte,
je lui ai dit de demander une pension alimentaire.
Mais ça, c'est du passé !
-Chéri, tu m'aides à cuisiner ? -Bien sûr.
-Danielle,
resservez-vous.
-Je vais organiser le plus beau mariage
de tous les temps !
Nous autres, on se tient mieux à table qu'à cheval !
Pleurs. -Y a Tony qui pleure.
-C'est mon Tony : j'y vais !
-Maman, on va t'aider ! -Oui, on arrive...
-T'as mis un truc dans son verre ? -Non, c'est son état normal.
-C'est quoi,
cette histoire de plus grand mariage de tous les temps ?
-Elle les a pris en otage. C'est comme son mariage à elle.
-Ca devrait être notre mariage à nous.
Enfin, celui d'Antoine. -Oui.
J'ai pas eu le temps de passer chercher ton costume.
-C'est pas grave.
J'ai vu le maire : il va me confier une mission à la petite enfance.
-Mon amour...
à sa grand-maman préférée ? Hein ?
Qu'il est cute c't'enfant-là !
-Mon mari et moi vivions ensemble,
mais nous ne partagions plus grand-chose.
On veillait l'un sur l'autre.
Il y a des gens qui n'ont pas les moyens de se séparer,
ou qui n'en ont pas la force.
Je viens d'apprendre que je suis malade,
il y a à peine un mois. Cancer du sein.
-Votre mari avait-il... Non, merci... Avait-il changé ?
-Que voulez-vous dire ? -Son train de vie ?
Il était plus dépensier ? Vous alliez au restaurant ?
-Non, pourquoi ?
-Nous pensons qu'il avait trouvé un trésor, des pièces anciennes,
en jardinant.
-Il m'en aurait parlé.
-Quand on déclare avoir trouvé des pièces, l'Etat en prend la moitié.
Votre mari n'a rien déclaré. -Et où sont-elles ?
-On l'ignore.
-Dominique...
Vous voulez qu'on retrouve celui qui a fait ça à votre mari ?
Si vous voulez parler, c'est maintenant.
-Je...
Je comprends pas.
Pourquoi il m'a rien dit ? -Si on l'a tué à cause de ça,
c'était peut-être pour vous protéger.
-Ce trésor était sur son terrain ? -Oui, on en est quasiment sûrs.
-Vous avez vu son beau-frère ?
-Quel beau-frère ? Vous aviez dit n'avoir aucune famille.
-Mon mari avait une soeur,
avec qui il était fâché.
Elle est décédée, mais son mari vit toujours.
-Ils étaient fâchés ?
-Ils avaient hérité de la ferme des parents, et mon mari d'une friche.
Son beau-frère refusait de la racheter.
Il leur en voulait beaucoup.
Quelle ironie...
Quelle ironie, si Marc a trouvé un trésor là-bas.
-Vous pensez
qu'il aurait pu se confier à lui ? -Non, ça m'étonnerait.
Téléphone.
-Excusez-moi.
Oui, capitaine Saïdi ?
-Quelque chose ne va pas ?
-Non... Non, rien.
-Comment vous avez eu l'info ?
-L'antiquaire a voulu garder la pièce d'or pour l'expertiser,
et le gamin a refusé. Il l'aurait trouvée dans un terrain vague.
D'après l'immatriculation du scooter,
il habite près du village des Mauville.
-OK, vous l'interpelez. Comme c'est un mineur,
on fait une comparution immédiate et on lui met la pression.
On va devoir vous laisser.
-Au revoir.
-Il sait pas pourquoi il est là. Il avait du sang sur ses vêtements.
Il a dit à sa mère qu'il s'était battu.
La mère est complètement dépassée.
-Très bien. -Comment peut-on faire ça
à 17 ans ?
-Présomption d'innocence : il voulait vendre une pièce d'or.
Après, on verra ce qu'on en fait...
-Vous êtes pas flic ?
Je suis pas habitué. -C'est un entretien préalable
pour trafic d'objets d'art.
-Je suis pas là pour mon scooter ? -Pas vraiment, non.
-Je comprends rien à vos trucs ! -Contentez-vous de nous répondre.
-Je sais pas ce que j'ai fait ! -Vous vouliez vendre une pièce d'or
à un marchand d'art. Vous l'auriez trouvée dans une forêt.
-Et alors ? On peut pas ramasser des trucs ?
-Dites-nous la vérité, c'est mieux.
-J'ai pas d'avocat ? -C'est un entretien préalable.
Votre avocat va arriver.
-De toute façon, j'ai rien fait.
-Et à Marc Mauville, vous avez fait quelque chose ?
-Non. Jamais vu.
-Je suis bête : c'est pas la bonne photo.
-Ah oui, bien sûr !
-Et là ?
Vous le reconnaissez ?
-Vous saviez qu'il avait un trésor. Vous étiez deux, sur le scooter.
qui était le 2e ?
-On a besoin de son nom, pour savoir qui a porté les coups.
-Et vu le sang sur ses vêtements,
c'est lui qui va tout porter.
-On a besoin de savoir qui des deux l'a étouffé.
-Oui, il va en prendre pour 25 ans. -On l'a pas étouffé !
Quand on est partis, il vivait ! On l'a pas étouffé !
-Vas-y, parle.
-C'est Jordan. Il m'a demandé de l'amener avec mon scooter.
Il voulait interroger un type qui avait des pièces d'or chez lui.
-Pourquoi tu parles pas ? -Va te faire foutre !
J'ai attendu toute ma vie pour vivre enfin.
C'est pas pour qu'un merdeux comme toi en profite ! Plutôt crever !
-Où as-tu foutu cet or ?
-Vas-y ! Défoule-toi !
Mon père cognait plus fort que toi. -Putain, mais parle, merde !
T'es obligé de parler ! -Putain !
On t'entend gueuler depuis dehors ! Mais qu'est-ce t'as branlé ?
-Ta gueule. Retourne là-bas.
Fais le guet dehors et c'est tout. Compris ? Dégage.
-Il était perdu, il savait plus quoi faire.
Il m'a interdit de le répéter.
-Alors... Voilà ce qu'on va faire.
Dis-moi qui t'a envoyé ici, et je te donne une pièce qui vaut 1 000E.
-Elle est où ?
-Qui t'a envoyé ici ? Qui t'a envoyé ici ?
Qui t'a envoyé ici ?
C'est mon salaud de beau-frère, c'est ça ? Hein ? Putain !
-Il a parlé de son beau-frère ? -Oui, j'en suis sûr.
-Il était vivant ? -Oui !
-Petit con !
-Je me suis embrouillé avec Jordan parce qu'il l'a tabassé.
-Comment Jordan savait qu'il avait de l'or ?
-Dans un bar.
Un poivrot racontait
que son beau-frère avait trouvé un trésor, mais que c'était le sien...
Une histoire d'héritage à la con... Mais personne croyait cet ivrogne !
On frappe.
-Entrez.
-Pardon, je suis en retard. -Pas de problèmes, on bavardait.
Je vous en prie, maître, prenez vos 30mn avec votre client.
-OK, merci.
Nadia va interpeler ce Jordan. -Très bien.
Ca commence à faire beaucoup, autour du beau-frère.
-Vous croyez leur version ? -Pourquoi pas ?
Mais si Mauville vivait encore, qui l'a étouffé ?
-A ce stade de l'enquête, on n'a qu'un seul suspect.
-Le beau-frère. -Moi, ce qui me chagrine,
c'est que Mauville n'a pas dit à sa femme qu'il avait trouvé un trésor.
-Il n'avait tout simplement pas envie de partager.
Vous êtes trop fleur bleue. Les mariages finissent souvent mal.
Téléphone.
Oui, maman ? Oui...
-Mon beau-frère vient de mourir.
On était fâchés, mais c'était quand même la famille.
-Vous avez dit à la police
que le soir du meurtre,
vous étiez dans un bar... -C'est interdit ?
Je faisais un tournoi de belote. Les parties durent des heures.
-Il avait trouvé un trésor. -Vous l'avez retrouvé ?
-Vous le saviez, donc... -On était brouillés,
avec Marc. Il a hérité d'un terrain à la mort de mes beaux-parents.
Il a voulu que je rachète. Mais c'était pas exploitable,
alors, j'ai refusé. Il m'en a toujours voulu.
-Comment vous avez su pour l'or ? Il vous l'a dit ?
-Un jour, à Marseille, j'ai vu sa vieille Super 5 pourrie.
Il essayait des grosses voitures chez un concessionnaire.
Ca m'a étonné, il a jamais eu les moyens de se payer ça.
Je l'ai suivi jusqu'à son terrain.
Là, je l'ai vu avec son détecteur de métaux.
Et y avait ces histoires de construction du parking en ville...
Et puis les fouilles, on aurait trouvé un trésor...
...
-Qu'est-ce tu fous là ?
-C'est le terrain de mes beaux-parents.
-C'est chez moi !
-T'as trouvé quoi ? -Ca te regarde pas.
-Ouvre le coffre !
-C'est chez moi, ici ! Ca te regarde pas !
Fous le camp !
-Et ?
-Et rien. Il est parti.
Il n'a dû trouver que quelques pièces.
-Ca s'est pas terminé comme ça. -J'aime pas parler de ça.
Tout le monde savait, au village...
J'étais énervé, je lui ai dit que j'étais au courant pour Dominique.
-Pour sa maladie ? -Quelle maladie ? Non...
Pour sa liaison.
Alors, je l'ai traité de cocu. -Quelle liaison ?
-Celle de sa femme avec le médecin qui est revenu ici 40 ans après.
-Continuez sur cette liaison. -Ma belle-soeur a toujours regretté
d'avoir épousé Marc. Elle était amoureuse d'un autre, à l'époque.
Elle a fait le mauvais choix, c'est comme ça. Et puis le temps passe...
Sauf que l'autre est revenu au village, y a deux ans.
-Le voisin.
-Oui. Tout le monde sait, personne en parle.
Ca fait deux ans qu'ils se cachent pour s'aimer.
Téléphone.
-Oui, Nadia ?
Il a tout avoué au début de sa garde à vue.
-Même version que son complice ?
en repartant. Ils ont été filmés à la station-service à 19h50.
-C'est pas ce qu'a dit Langevin. -Il disait que c'était après 20h.
-Merci, Nadia.
-On avait le coupable sous les yeux depuis le début !
-Fanny, vous avez bien entré l'heure de ma cérémonie
dans l'agenda du juge Delcourt ? -Oui, après avoir eu votre appel,
l'appel de votre assistante et vos deux mails.
-Votre humour a changé, depuis l'arrivée de Meyer.
Il est plus acide, plus caustique. -Vous trouvez ?
Non... Bon discours, M. le procureur.
-C'est pour ça que la justice doit être apaisée.
"C'est pour ça que la justice doit être apaisée,
"avoir du recul..."
"C'est pour ça que la justice doit être apaisée."
-Il va falloir nous suivre, M. Langevin.
-Pour quelle raison ? -Faux témoignage et homicide.
-Que se passe-t-il, Matthias ? -Il a assassiné votre mari.
Vous allez nous suivre aussi.
-Elle n'y est pour rien. Elle n'est au courant de rien.
Nous avions rompu.
-Oh non, Matthias...
Non, c'est pas possible... C'est pas toi qui as fait ça...
-Je l'ai fait pour toi. Je l'ai fait pour nous.
Ca fait plus de 40 ans que je t'attendais, tu comprends ?
-Etiez-vous au courant du trésor qu'avait trouvé Marc Mauville ?
-Je me contrefous de son or.
Il en avait un sous les yeux, de trésor, il a jamais su le trouver.
Je l'aime depuis toujours.
-Vous êtes revenu y a deux ans.
-Je l'aimais déjà au lycée, mais elle a choisi Marc.
Alors j'ai fait ma vie, je me suis marié, j'ai divorcé...
Et quand j'ai récupéré la maison de mes parents et que je l'ai revue...
Y a un mois, elle m'a quitté sans explications.
Elle m'a dit qu'elle ne pouvait pas se résoudre à abandonner Marc.
-Alors, vous avez décidé que c'était à vous de le supprimer.
-J'ai entendu un cri qui venait de chez les Mauville.
De la grange. -Qui t'a envoyé ici ?
Mon salaud de beau-frère ?
Un scooter démarre.
-J'ai eu peur pour Dominique, alors, je suis sorti de chez moi.
-Matthias ?
-Que s'est-il passé ? Où est Dominique ?
-Détache-moi. -Dominique n'est pas là ?
-Non. Prends un couteau !
-Qui t'a fait ça ?
-T'occupe !
-Où elle est ? -On s'en fout !
Elle est à l'hosto, elle soigne son cancer.
-Un cancer ?
-Me dis pas qu'elle a pas eu le temps de te le dire ?
Elle en a eu l'occasion, non ?
-Un cancer...
Depuis quand ?
-Me prends pas pour un con. Je suis cocu, mais vous aurez pas mon or !
-De quoi tu parles ? Quel or ? -Détache-moi, bordel !
-Elle m'a quitté alors qu'on s'aime depuis toujours.
Tu sais pourquoi ?
Pour pas te laisser tout seul après toutes ces années.
Par devoir. Et toi, tu te fous d'elle.
-Connard ! Je sais que je suis cocu depuis que t'es revenu,
et j'en ai rien à foutre. Vous pouvez crever tous les deux.
Elle de son cancer, toi de ce que tu veux.
-Je t'ai laissé vivre pendant 40 ans à ma place
avec cette femme extraordinaire.
Ca me donne envie de vomir, de te regarder.
-Détache-moi. Qu'est-ce que tu fous ?
Matthias !
Tu fous quoi ?
...
-Ce type a détruit ma vie.
-Et vous la sienne.
-Vous ignoriez qu'elle était malade.
-Je l'ai attendue toute ma vie sans même le savoir.
Et quand on est enfin réunis, la vie me la reprend.
Vous pensez que je peux voir Dominique une dernière fois ?
...
-Allez.
-Vous voyez, les histoires d'amour finissent pas toujours bien.
-Ca fait beaucoup, pour elle. -Les gens sont solides.
-Je la raccompagne chez elle ? -Vous savez ce que j'en pense.
Et vous allez rater la cérémonie de Quiring.
-Oui, mais pas vous.
-Quand Matthias est revenu,
c'est comme si rien d'autre ne s'était passé depuis 40 ans.
Comme si les choses retrouvaient leur couleur.
-Vous lui avez caché votre cancer. Vous avez rompu pour l'épargner...
-Non, je lui ai dit que c'était trop tard.
On est passés à côté.
Et voilà.
Voilà tout ce qui me reste de mes 40 ans de mariage.
-Prenez soin de vous.
...
Choc. -Merde !
...
-On prend un peu de recul ?
Pendant que tout l'écosystème de la ville honore son proc ?
-Et votre cérémonie ? -J'y suis pas allé.
J'ai envie de choses plus simples.
-Comme quoi ? -Je sais pas... Du calme,
de la sérénité, la mer, les bateaux, un peu de soleil...
Mon fils.
-On dirait une pub pour un jambon. -Oui, c'est un peu vrai.
Heureusement que j'ai pas fait mon discours,
le proc est en pleine crise existentielle.
Une petit crise existentielle, toi aussi ?
-Vous me tutoyez, maintenant ? -J'en ai marre de faire semblant.
Alors, quand on est tous les deux, j'en profite.
J'ai une petite faim, là. Pas toi ?
-Je suis pas sûr d'assumer les grandes discussions entre nous,
sur la vie, l'avenir, l'amour... -C'est pas grave.
Dans un 1er temps, on peut se limiter au football
et à la formule 1... Moi, j'ai un petit problème,
car la dernière fois que j'ai vu un match de foot,
Zidane avait encore tous ses cheveux.
-Le seul pilote de formule 1 que je connaisse, c'est Constance Meyer.
Jambon-beurre ? -Quoi donc ?
-Je sais pas... Je croyais que t'avais faim.
-Oui.
Bien sûr. Moi, à c't'heure là, c'est cookie-capuccino !
-C'est parti !
-Ca va être le meilleur goûter de toute ma vie !
-C'est par là.
-Celui-là ? Ils font des cookies au chocolat, c'est un peu lourd...
-Non ! J'ai pas voulu dire ça ! -Je vis ma vie
comme je le veux ! -Laisse-moi parler !
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Elle a dit à sa mère qu'on voulait attendre pour se marier.
-Où est ton père ?
-Il s'est enfermé là-haut avec Tony quand c'est parti en sucette.
-Toi, tu veux te marier ou pas ?
-L'image que ta génération a laissé de l'amour qui dure toujours...
C'est nul, tout le monde divorce. -Pas nous.
-Non, pas vous. Parce que vous êtes géniaux.
Je veux bien signer un papier à la mairie pour Rebecca,
mais les roses, la robe blanche et les promesses intenables...
-L'important, c'est que vous vous aimiez, hein ?
-Par contre, faut arrêter les bisous comme ça.
-Non.
T'es mon petit garçon. -J'ai grandi.
Je suis papa. -T'es mon bébé quand même.
Tu peux dire à l'homme qui a épousé ta mère pour toujours
que je suis rentrée ? -Oui.
J'y vais.
Papa, viens tenir tes promesses !
Sous-titrage MFP.
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