All language subtitles for La Stagiaire.S03E06

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Original subtitles

...

-Maîtresse, au secours !

...

-Ah ! Constance...

-Ouais.

-Tu connais la rumeur ? -Non.

-Quiring serait le père de Delcourt.

Ici, c'est mieux que "Plus belle la vie".

-Qu'ils se mêlent de leurs affaires.

-Enfin, il se passe un truc !

-C'est sûr ! A part 3 morts par semaine,

12 714 crimes et délits par an, il ne se passe rien.

Le juge Delcourt est un bon juge, point.

Sonnerie de portable.

Oui, M. le juge ?

-Non, je cherche une place.

-D'accord.

J'arrive.

Tu me remplaces ? Merci. -Oui.

-Merde, merde, merde.

-Essayez de vous dépêcher, Meyer !

-Pardon, je suis désolée.

-Bonjour. -Bonjour.

-Le bateau a ramené le corps qui a été déposé sur la plage,

au Frioul. On y va. -En bateau gonflable ?

-Je déteste prendre la mer. J'ai trois audiences au palais.

-J'aime votre joie de vivre, ce côté toujours aimable.

-J'ai le mal de mer, j'y peux rien. -Il existe 3 sortes d'hommes.

Les vivants, les morts, et ceux qui prennent la mer.

-C'est de quel philosophe, ça ? -Mon père.

-On choisit pas sa famille, encore moins son père !

Je sais de quoi je parle. Allons-y.

...

-Bonjour, capitaine.

-Bonjour. Ca va ?

-Très bien. -Ah.

Fred Létang, 45 ans. Patron d'une exploitation agricole. Marié.

Pas d'enfant. Retrouvé au fond de l'eau, en tenue de plongée.

Heure du décès : 7h30-8h.

-On est venus ici pour un accident de plongée ?

-Je connais si peu mon métier que je confonds

noyade et meurtre !

-Donc ? -Des détails clochent.

La bouteille n'a pas servi.

Les détendeurs sont à l'envers et il a des marques au cou.

-Un homicide déguisé en accident ? -On dirait bien.

-Conclusion ? -Maintenu de force sous l'eau,

pour qu'il meure noyé. -Qui l'a découvert ?

-Un moniteur et son élève.

C'était un bon plongeur.

Il plongeait quand les affaires le stressaient.

-Quelle affaires ?

Il est agriculteur. -Je sais pas, je viens d'arriver.

-On ouvre une procédure

pour homicide. On va se renseigner sur lui.

Vous, vous finissez ici.

Ca vous va ? -Oui.

-C'est son bateau ?

-Oui. On va l'examiner.

Rien à l'intérieur. Aucune trace de lutte.

On fait un relevé. Pour la forme.

-La Méditerranée comme scène de crime, c'est grand.

-Meyer, je suis pressé.

-Bon retour. -Merci.

-Faites attention,

ça va secouer, là.

-Laissez tomber, elle vous taquine.

-Je trouve ça bizarre aussi.

Vous n'avez encore reçu aucun appel de votre famille.

C'est une journée à marquer d'une pierre blanche !

Roulez moins vite, j'ai la nausée. -Vous voulez pas passer vos nerfs

sur quelqu'un d'autre ? -J'ai dit quoi ?

Vous êtes susceptible.

On va à la campagne,

ça me calme. Pourquoi vous m'agressez ?

-Bonjour. Juge Delcourt.

-J'ai 45 ans.

Je connais Fred depuis 45 ans.

Mon père travaillait

pour son père.

On a grandi ici,

ensemble.

Jusqu'à l'an dernier, avant qu'il prenne un appartement

avec sa femme, il vivait encore là.

Il a transformé cet endroit

en Formule 1. Tout ce que vous voyez,

Fred l'a soit créé, soit amélioré. -Excusez-moi, mais...

Ce qu'on voit en arrivant, ce sont des méthaniseurs ?

-Hmm. Une idée de Fred.

Il avait vu juste avant tout le monde.

Ca transforme le fumier et les déchets en gaz,

qui est revendu aux villes d'à côté. Ecologique et rentable.

-Ce développement devait faire des envieux.

-Fred n'était pas un agriculteur comme les autres.

J'ai oublié la dernière fois où je l'ai vu sur un tracteur.

-Le méthaniseur provoque une pollution sonore et olfactive.

Ca devait créer des mécontents. -Fred n'avait pas d'ennemis.

S'il en avait eu, j'aurais été au courant.

On tue pas quelqu'un pour sa réussite.

Pas dans notre milieu.

-Il avait changé, ces derniers temps ?

-Non, pas vraiment.

On se voyait moins qu'avant en dehors des heures du boulot.

Ses bureaux sont ici. On se croisait tous les jours.

-Pourquoi moins qu'avant ? Vous vous étiez éloignés ?

-L'argent attire l'argent.

Les notables du coin étaient attirés par sa réussite.

L'ex-bouseux qui devient homme d'affaires, ça fascine.

Ca crée une distinction.

-Vous faisiez quoi ce matin,

entre 7h30 et 8h ? -J'étais ici, dans ce bureau.

-Vous faites de la plongée ? -Non.

Ca, c'était un truc qui lui était venu avec ses nouveaux amis.

Les notaires, les médecins, la plongée.

Moi, je suis foot. Plutôt dans les tribunes.

-Il plongeait seul ?

-Je sais pas. Ca m'intéressait pas, ces trucs en combinaison.

Je suis dans le concret, ici.

Je sais pas, demandez à sa femme.

La pauvre.

Fred était toute sa vie.

Un bébé pleurniche.

-C'est incroyable comme tu es à l'aise, je suis impressionné.

-Vous faites quoi ? -Ton père veut améliorer

la visibilité de son site. -Genre start-up.

-Un site pour trouver une nounou, conceptualisé dans un salon,

c'est une start-up ?

-Jobs a commencé dans un garage et Zuckerberg dans une cité U.

T'as été un an en cité U, j'ai vu aucun concept.

A part essayer d'obtenir un faux diplôme

en Thaïlande. -Je suis pas un rêveur, moi.

-Il rêve pas.

Son idée est bankable. C'est une nouvelle forme

de sociologie de l'entraide.

C'est un come-back des tribus primitives

où chaque individu était le parrain de chaque enfant. "Huge" !

-C'est ça, c'est "huge". -J'ai pas compris. Bisou, mon chat.

Bisou. -Bisou.

-"Nouvelle sociologie de l'entraide."

Ca va être bien sur mes tracts, ça.

T'en penses quoi, toi ?

-C'est bizarre pour un agriculteur d'habiter en ville, non ?

-C'est récent. Sa secrétaire me l'a confirmé.

Sans doute l'influence de ses nouveaux amis notables.

-J'ignorais que vous étiez calée en méthaniseurs.

-Des restes de mon ancienne vie. -Vous avez eu une ferme aussi.

-Une oliveraie.

J'étais maire du village. Les histoires de méthaniseurs,

je connais. Il y a de l'argent en jeu.

-Vous avez une sacrée vie ! C'est là.

Sonnerie. C'est Quiring.

Je prends.

Oui ?

Bonjour. Vous allez bien ?

-Je vous dérange, mais je voulais avoir vos disponibilités

en semaine 24.

La semaine de ma remise de médaille.

-Attendez, c'est dans un mois !

J'aime m'y prendre à l'avance.

-J'ai pas mon agenda.

-Pas de problème. Passez me voir au palais, on réglera ça ensemble.

-Je vous laisse. Je suis chez la femme

-Pas de problème.

A tout à l'heure, Boris.

Pourquoi vous riez ?

-Ca faisait un moment que votre famille n'avait pas appelé.

-C'est drôle, ça, Mme le maire.

-Je ne comprends pas ce qu'il faisait en mer.

Il me tenait au courant quand il allait plonger.

Ca le relaxait.

C'est ce qu'il me disait.

Ce matin, j'ai cru qu'il allait travailler de bonne heure.

-Il avait pas un rendez-vous ?

Un problème quelconque ? -Non.

Fred me racontait tous ses problèmes.

Il prenait tout sur son dos.

Il absorbait les difficultés,

mais il me disait tout.

Assassiné, j'arrive pas à y croire.

-Qui aurait pu lui en vouloir, selon vous ?

-Je sais pas.

Personne au point de le tuer.

Ses employés l'aimaient. Ses concurrents le respectaient.

Je sais pas.

J'ai toujours su qu'il travaillait trop, mais...

Moi, je voulais qu'il reste avec moi.

La vie qu'on avait me suffisait. Même cet appartement...

Fred ne voulait plus vivre dans une ferme. Tout ça lui est monté

à la tête. -Il y a eu d'autres changements ?

-Il négociait des projets ?

-Il venait de boucler son dernier méthaniseur.

Il a signé les documents il y a 1 mois.

Juste avant ses 45 ans.

Il en était fier.

C'est après ça qu'il a commencé à prendre des anxiolytiques

pour dormir.

A cause de la pression financière, comme tous les entrepreneurs.

Il m'a dit ça.

-Son médecin les lui a prescrits ?

-Non.

Antoine Rivière.

C'est un ami, il est pharmacien.

Quand je lui ai demandé, il m'a dit de pas m'inquiéter.

-Il en prenait beaucoup ?

-Non.

Je ne crois pas.

Vous savez...

Fred, c'était quelqu'un de bien.

De vraiment bien.

Pleurs.

...

-Bonjour.

Nadia ! Vous allez bien ?

-Oui, ça va. Et vous ?

-Ca va. Vous en êtes où avec le noyé ?

-Ca démarre doucement. -Vous attendez Delcourt ?

-Et Constance. -On va les attendre ensemble.

-Ne vous impliquez pas comme ça. -Cette femme m'a bouleversée.

-En tant que juge,

vous ne pourrez pas faire ça.

Bonjour.

Ils font quoi, tous les deux, là ?

Du nouveau ? -Oui.

-On a trouvé sa voiture près des calanques de...

-Les calanques de Jonquier, sur la route de Carry.

-Il y a une petite plage et un ponton.

On y fait des relevés.

-Ses comptes bancaires ?

-J'ai lancé la demande officielle au Ficoba.

-Le club de plongée ? -Il y allait moins.

Faut être parrainé pour y entrer.

Un pharmacien l'a coopté.

-Antoine Rivière ?

-Oui. -Son traitement, c'est lui.

-Ca fait peu. -On n'a que ça.

-Creusez, tout le monde a ses petits secrets.

-Un nouvel environnement social, cherchons par là.

-J'aimerais votre avis sur un dossier de saisine.

Vous avez rédigé un mémoire

sur cette procédure. Dînons ensemble.

-Je ne suis pas disponible ce soir.

Désolé. Capitaine,

bossez sur le financier.

Cherchez s'il avait des dettes, pris des risques.

-Boris !

Boris. -Constance,

j'ai pas fini.

Fred Létang a transféré 30 000 E sur le compte d'une femme,

la semaine dernière. -Une liaison ?

-Une femme mariée. -Elle travaille avec lui ?

-Non. -On s'occupe de ça demain ?

-Oui. -Au revoir.

-Compliqué de parler ici.

Rires.

...

Qu'est-ce qui se passe ici ? -C'est la bande à papa.

-La bande à papa ? -Oui, c'est sa horde de fans.

"M. Meyer, cette plate-forme d'entraide est exceptionnelle."

"Seul un homme pouvait créer ça." -Moi qui pensais qu'Internet

nuisait au contact physique. -Raté !

-C'est sur Internet. Le but, c'est d'en parler.

Quand on en parle... Ah ! -Bonjour.

-Voici ma femme, Constance.

Derrière chaque grand homme, il y a une femme.

-Oui. Je peux te voir une seconde ? -Oui. J'arrive.

J'ai presque fini. Ca va, toi ? -Oui.

Je ne m'attendais pas à voir des excitées de la poussette

chez moi. -Le site cartonne.

J'ai pas eu le temps de cuisiner. Tu fais un truc léger ?

Avec des pâtes ? -Hmm.

-Voilà. Donc, euh...

On va s'arrêter là.

...

-C'est là ?

-Ben oui.

-Pas vraiment le même standing que Létang.

Il aurait donné

30 000 E à sa maîtresse !? C'est beaucoup.

-Un cadeau de rupture ?

-Ou il voulait changer de vie ? -Possible.

-On va vite le savoir.

C'est là.

Le juge sonne.

-Mme Lopez ? -Oui.

-Vous pensez que je vais devoir rendre l'argent ?

-On ne peut pas savoir, l'enquête débute à peine.

-Il m'a dit que c'était une association

qu'il avait créée pour aider les ouvriers agricoles.

-Votre mari n'a jamais travaillé pour lui ?

-Non, jamais.

Mon mari est mort il y a 5 ans. Je me souviens des endroits

où il a travaillé. Pour une fois qu'il m'arrive une chose bien.

C'est pas facile de joindre les deux bouts.

-Vous ne l'aviez jamais vu avant ?

-Non. Des rencontres comme ça, on s'en souvient.

J'ai jamais vu quelqu'un d'aussi gentil. Gentil et triste aussi.

Souvent, ça va ensemble, j'ai remarqué. Pas vous ?

-Quelquefois, oui.

Vous vivez seule, ici ?

-Oui.

J'essaie de profiter un peu, mais c'est dur.

-Bien. Merci, Mme Lopez.

-De rien.

-Si quelque chose vous revient,

n'hésitez pas à nous contacter. -D'accord, M. le juge.

-Vous avez des enfants ?

-Une fille. On est en froid.

J'ai pas de nouvelles depuis 1 an.

Faut jamais compter sur les autres, pas même ses propres enfants.

-Elle a quel âge ? -26 ans.

-Et elle fait quoi ?

-Elle est partie travailler à Lille, dans un restaurant.

-Vous avez eu des nouvelles alors. -Un SMS.

-Y a longtemps ?

-Ca doit faire une semaine environ. Pourquoi ?

-Je connais pas cette fille.

J'ai jamais entendu parler de cette association.

-Rosa Lopez et son mari,

ça ne vous dit rien ? -Non. Fred ne m'en a jamais parlé.

C'est quoi, le rapport avec Fred, là ?

-On sait pas, on cherche.

-Ca aurait été sa maîtresse ?

-C'est juste une hypothèse de travail, Mme Létang.

-Fred était fidèle. Il a jamais découché.

Il me répondait au téléphone.

Cherchez l'assassin. -C'est ce qu'on fait.

-Il était honnête et droit.

-On ne dit pas le contraire. On donne pas 30 000 E sans raison.

Sonnerie.

Capitaine ?

Très bien. Restez où vous êtes, on arrive.

Pour une fois qu'elle travaille vite.

-Pourquoi inventer cette association ?

-Ca colle pas avec sa vie rangée. -Faut trouver la fille.

-Si c'était sa maîtresse, pourquoi donner l'argent à sa mère

et pas à elle directement ? -Il manque une pièce au puzzle.

-J'y vais.

Merci d'être venus. Ca change du palais.

-On devrait toujours débriefer ici. -Ben voyons.

-Un café ? -Non. Qu'avez-vous

de si urgent à dire ? -Pas de Sonia Lopez travaillant

à Lille. On cherche encore,

mais je doute qu'on trouve.

-Pourquoi ? -Elle serait venue en TGV,

mais y a aucune résa à son nom.

-C'est tout ? -Non.

Son portable n'émet plus une fois à destination et il n'a pas été

réactivé depuis. Il a été retrouvé dans les toilettes d'un wagon.

-Elle a disparu depuis son départ.

-Vous avez son adresse ?

-C'est très bien rangé. -Oui.

C'est même très clean.

Elle aurait déménagé en oubliant ses petits oiseaux ?

-Effectivement...

Cette fille est la clé de cette affaire.

Vous la connaissiez bien, madame ?

-Je sais qu'elle était serveuse et qu'elle finissait tard le soir.

C'est tout.

-Vous avez déjà vu cet homme dans l'immeuble ?

-Non, jamais.

J'ai vu un autre homme entrer dans l'appartement,

l'autre jour. -Vous le connaissez ?

-C'est le pharmacien Rivière.

Tout le monde le connaît. Il a plusieurs pharmacies

sur Marseille.

-Ca va durer longtemps ?

Je ne m'attendais pas à être convoqué chez un juge.

Je peux savoir ce que je fais là ? -C'est dans un souci d'efficacité.

Vous comprendrez sans doute. Asseyez-vous.

-Vous étiez très amis avec Frédéric Létang.

-Oui. J'aimais beaucoup Fred.

Il voulait réussir. C'est peu courant de nos jours.

-Il vous faisait des confidences ? -C'est-à-dire ?

-Il avait des problèmes ? Une vie privée compliquée ?

-Je crois pas. Sa vie était simple, d'après ce que je sais.

-Pourquoi lui avoir donné des anxiolytiques ?

-Beaucoup de gens en prennent.

Il avait du mal à dormir.

-Vous l'avez vu quand, la dernière fois ?

-La semaine dernière.

Un dîner, chez Fred.

On était tous là. Philippe aussi, son inévitable ami d'enfance.

-Vous n'aimez pas Philippe Manin ?

-Sa présence était justifiée par les 45 ans de Fred.

On a fêté ça

entre nous. Je crois que son ami

n'a jamais raté un de ses anniversaires.

La fidélité en amitié, parfois,

ça a ses limites. Faut savoir évoluer.

-Où étiez-vous hier, vers 8h ?

-Attendez...

Vous êtes en train de m'accuser ? -Non. Je vous demande juste

où vous étiez hier vers 8h. -Dans une de mes pharmacies.

J'aime pas le tour que prend cette entrevue.

-Sonia Lopez, ça vous dit quelque chose ?

-Non, ça ne me dit rien. Pourquoi, je devrais ?

-Elle a disparu.

Un témoin vous a vu entrer chez elle.

-Vous savez...

J'ai trois grosses pharmacies dans cette ville.

Beaucoup de gens me connaissent. Beaucoup de gens pensent me voir

en même temps à plusieurs endroits. -Vous entrez chez des inconnus ?

-Ecoutez...

Je suis venu de bonne foi. J'ai perdu un ami.

Si ça se transforme en accusation, contactez mon avocate.

Ce sera plus simple.

-Fred Létang a versé de l'argent à la mère de cette fille.

Vous le saviez ?

-Je souhaite ne pas répondre.

Rien ne me relie à cette femme, ni à sa famille.

C'est tout ce que je peux vous dire. Merci.

-On le laisse partir ? -"Rien ne me relie

"à cette femme", qui parle comme ça ?

-Je sais pas.

C'est louche. -Pourquoi est-il allé chez elle ?

A quelle date elle a pris le TGV ? -Elle a envoyé un SMS

à sa mère le 15.

-Trouvons ce qu'elle a fait

le week-end du 15. -Ainsi que Létang et Rivière.

-Mme Létang, on peut vous parler ? -Y a du nouveau ?

-On a des questions. -Allez-y.

-En privé.

-Parlez devant Philippe.

-Où était Fred le week-end du 15 ?

-C'était votre week-end de pêche ? -Quel week-end de pêche ?

-Euh...

-J'avais organisé l'anniversaire de Fred.

-Vous étiez que tous les deux ?

-Un problème ?

-Non.

-Vous étiez combien ? -Ils étaient trois.

Philippe, Fred et Antoine Rivière.

-Je suis désolée, madame, mais...

Sonia Lopez était avec vous ?

-Non, on était entre hommes.

Coralie m'a raconté. Cette fille n'était pas la maîtresse de Fred.

Fred n'avait pas de double vie.

Cherchez, vous trouverez rien.

-Où a eu lieu

cet anniversaire ?

-Pourquoi tu le dis pas ? C'était dans la paillote de ton père, non ?

-Oui, dans la paillote de mon père.

-Sonia a disparu le soir de votre fête.

Un témoin a vu Rivière entrant chez elle,

le lendemain. Bizarre. -Demandez-lui.

C'était le copain de Fred, pas le mien.

On avait un peu picolé. On a attendu

avant de reprendre la route. C'est tout.

-J'espère que vous n'avez rien à voir dans tout ça.

-Je n'ai rien à voir dans la mort de Fred, je vous l'ai dit.

-Et la disparition

de Sonia Lopez ?

-Non plus.

...

-Ca sent l'eau de Javel. -Trop propre pour un cabanon.

-Ca a été nettoyé. Il y a des traces de sang sur les murs

et sur le sol. -Exploitables ?

-Peu de chance.

-Vérifiez les cadavres non identifiés dans les hôpitaux.

Elargissez à la région. -Merci, capitaine.

Quoi qu'il se soit passé ce soir-là,

c'était la dernière soirée de Sonia.

-Elle l'a passée avec ces trois hommes.

...

-Pourquoi je suis là ?

-On a retrouvé

des traces de sang dans votre cabanon.

-Je ne comprends pas.

-Dites-nous comment elle est morte,

ce soir-là.

-Asseyez-vous, M. Manin.

M. Manin !

Reniflement.

Soupir.

-C'était un accident, putain.

Fred la connaissait même pas. -Et vous ?

-C'était l'anniversaire de Fred.

Je connaissais Sonia. Elle travaillait dans un bar

que je fréquente.

Je l'ai convaincue d'apporter un cadeau d'anniversaire.

Je sais...

C'est ringard. Je pouvais pas savoir

ce qui allait se passer.

C'était une blague.

On était entre nous, on avait un peu picolé.

Antoine faisait son cul serré,

mais il était moins désagréable que d'habitude.

Fred avait l'air de passer du bon temps.

Ca lui changeait les idées.

Rires.

-On était carbonisés ! -Son père lui courait derrière.

-On a pris une rouste.

On frappe.

-Ah, surprise !

-T'as invité quelqu'un ? -Qui ?

-Cool, les bourgeois, c'est une petite surprise.

Vous allez voir.

-Happy birthday to you,

Mr President.

Happy birthday to you,

Mr President.

-C'était de mauvais goût.

Cette fille qui se retrouve avec 3 hommes éméchés, isolée de tout.

Et les choses n'ont pas tourné comme prévu.

Philippe a commencé à être sordide, comme peut l'être un paysan.

Enfin, un gars de la ferme.

-Qu'est-ce qu'il a, le pharmacien ?

Je vais te soigner, moi.

-Je vais y aller, désolée. Bonne soirée.

-Désolé. -Sonia, attends ! Tu fais quoi ?

-Arrête, Philippe. -Attends, reste là.

-Tu vas faire une petite danse pour mon pote.

-Lâche-moi ! -Stop !

Calmez-vous ! -Fred !

Attends, sois sérieux !

-On a merdé.

On a camouflé ce qui n'était

qu'un accident. Fred était le plus virulent.

Il avait tout à perdre. Son argent, sa réputation, sa réussite.

Il était au fond du gouffre.

Tous ces efforts pour ça. -Oh, putain !

-Philippe a proposé

de cacher le corps et de rien dire.

Fred s'est emparé de l'idée. Et moi, ben...

Emporté par leur peur, alors que j'étais responsable de rien,

ben, j'ai suivi.

-Rivière était surexcité par la présence de Sonia.

Des années de mariage bourgeois à pas bouger une oreille.

Je peux vous dire qu'il était comme un dingue.

Je peux vous l'assurer.

-Depuis le temps que je voulais me faire un paysan ! Viens là,

le palefrenier.

-Je vais vous laisser.

Brouhaha.

-Arrêtez.

Je suis désolé.

Merci.

-Elle fait quoi ? Attends !

Hop hop hop !

Pars pas comme ça. -J'y vais.

-Danse pour mon copain. -Fous-lui la paix.

-Ne me touche pas ! -Comment ça ?

-Qu'est-ce tu fais là ? -Elle peut danser, non ?

On a payé ! -Ca va pas ?

-Calmez-vous. -Laisse-moi.

-Merde.

-C'est lui.

C'est le pharmacien qui a décidé de tout.

Ca lui faisait une prise sur Fred. Ca lui sauvait les miches,

en l'entraînant là-dedans.

Moi, j'ai demandé à Fred ce qu'il voulait faire.

Si sa réputation valait plus que la mort de cette fille.

Antoine a dit que même si on les croyait,

leur vie serait foutue.

Alors, il... -Calmez-vous !

-Il a dit qu'il se chargeait de simuler un départ de la fille.

Qu'il fallait mettre son portable dans un TGV. Envoyer un SMS

à sa mère.

-Oh, putain !

Allez !

Vas-y.

Qu'est-ce tu fous ? Bouge-toi le cul !

Tu veux finir en prison ? Que tes gosses te voient au parloir ?

Tout ça à cause d'une fille que tu connais pas.

Allez, bouge !

Un portable sonne.

...

-Oui ?

Très bien.

Merci.

On a un corps non identifié à la morgue,

retrouvé calciné sur un terrain vague, qui correspond.

Elle est morte transpercée par un objet en plein milieu du dos.

-Antoine a décidé de brûler le corps.

Il a dit que les flics penseraient à un règlement de compte

des quartiers nord.

J'ai déconné avec les autres, je le reconnais.

Mais c'était un accident.

Je pouvais pas vous le dire, j'avais juré à Fred.

Mais Fred, je l'ai pas tué.

C'était mon ami. Vous comprenez ?

Jamais j'aurais pu le tuer.

-Je lendemain, je suis allé chez elle pour simuler son départ.

-D'accord.

Quand avez-vous décidé de tuer Fred Létang ?

-J'ai rien à voir

dans sa mort. J'ignore pourquoi Philippe l'a tué.

Je l'ai pas revu.

-Après ce qui s'était passé, vous n'avez pas cherché à les contacter,

aucun des deux, même pour vérifier que personne ne parlerait ?

-Je voulais oublier cette histoire.

C'est pas glorieux, mais je voulais protéger ma femme avant tout.

-Pourquoi Philippe Manin aurait tué son ami ?

-Fred a dû être pris de remords

et Philippe a eu peur qu'il le dénonce ?

Parce que c'est lui, le principal responsable.

-Attendez...

Donc, si je comprends bien,

on a maintenant deux meurtres et cinq coupables différents

sur les deux affaires ! Comment vous faites pour tout compliquer

à ce point-là ? -Les chiens font pas

des chats ! -Ils ont un mobile.

Pas d'alibi, pas de témoin. C'est parole contre parole.

-Un élément a dû nous échapper. -J'aimerais

savoir lequel. -Moi aussi.

-Sonia Lopez est morte le soir du 15.

Les trois hommes

étaient là. -Létang a donné

de l'argent à sa mère

pour s'acheter

une bonne conscience. -Il a quand même voulu avouer.

-L'un des deux autres l'a compris. -Et l'a tué.

En faisant croire à un accident. -Pourquoi ne tuer que Létang ?

Pourquoi pas le 2e témoin ?

Ils étaient trois ! -Car y a pas eu préméditation.

C'est le résultat

d'une dispute. -Qui tourne mal.

-Il a parlé

avec son assassin sur la plage. -Il l'a tué là.

-L'assassin l'a emmené en mer,

jusqu'au Frioul. -Il est revenu comment ?

A la nage ? -Par la navette publique.

-Ca se tient. On n'a pas de preuve.

-Si la légende est plus belle que la vérité, imprimez la légende.

-Ca veut dire quoi ?

-Qu'il faut interroger les membres

de l'équipage de la navette.

-Nous, on va tester notre théorie

sur l'un des deux suspects. Allez-y.

Que faisiez-vous

sur la plage du Jonquier, hier ? -J'y étais pas.

-On vous y a vu. -Impossible.

-Vous voulez qu'on vous le prouve ?

-Je l'ai pas tué.

-Que faisiez-vous là-bas ?

-Fred m'avait donné rendez-vous pour me parler.

-Pourquoi vous nous avez rien dit ?

-Parce que si je le disais, on m'aurait pris pour son assassin.

Je connaissais Sonia, la paillote m'appartient.

J'ai grandi

dans l'ombre de Fred, qui a réussi. Tout m'accuse.

La dernière personne à l'avoir vu vivant, c'est pas moi,

c'est son assassin. Quand je suis parti, il allait bien.

Le matin de sa mort, Fred m'a avoué qu'il avait donné de l'argent

à la mère de Sonia.

Il m'a dit qu'il ne dormait plus depuis cette soirée.

J'ai tenté de le calmer. T'en fais pas, pense à autre chose.

On pourra pas la ramener et c'était un accident.

-On peut pas vivre avec une épée de Damoclès sur la tête !

Putain !

Avec Antoine, on en a parlé. On a une proposition

à te faire. Tu endosses la responsabilité de l'accident,

on paie un bon avocat. Tu resteras pas longtemps en prison.

Quand tu sors, t'as plus besoin de travailler.

T'as ni famille, ni femme, ni enfant !

Aucune responsabilité au travail !

-Ma vie vaut moins que la vôtre ?

Tu préfères écouter ce type, que tu connais depuis 2 ans,

plutôt que moi ?

Mon ami d'enfance était en train

d'acheter ma vie,

en échange de sa tranquillité et de celle de son nouvel ami.

-Alors, vous l'avez tué. -Non !

Je lui ai dit que dans la vie, on pouvait pas tout acheter.

Je te plains d'être devenu ce que tu es.

Je suis reparti travailler.

Portable.

-Excusez-moi.

Oui, Nadia ?

Une seconde.

Je reviens.

Oui.

La vidéo de surveillance de l'embarcadère ?

Attendez, alors...

677-8...

Je l'ai.

...

-M. Rivière ? -Oui.

Quand Fred m'a avoué

qu'il avait donné de l'argent à la mère de cette fille,

j'ai compris qu'il allait craquer et tous nous faire couler.

Alors je l'ai persuadé de convaincre Philippe

d'endosser la responsabilité du meurtre.

Il lui a donné rendez-vous ce matin-là.

Je suis venu pour voir

que tout se passait bien.

Alors ?

-Rien. J'ai pas réussi à le convaincre.

-Qu'est-ce qu'il va faire ? Il va parler ?

-Lui, non. Moi, oui. Le visage de cette fille me hante.

-Reprends-toi, on est impliqués. -Il a raison, je vais pas bousiller

sa vie pour sauver la mienne. -C'est de sa faute, avec ses idées

à la con. Je tomberai pas pour lui. -Moi, j'arrête.

-Et ensuite, vous vous êtes battus ?

-J'ai paniqué.

Je me suis vu en prison, ma femme détruite,

ma vie foutue. Tout ça à cause des erreurs d'un plouc, Philippe.

Ecoute-moi, t'as pas l'droit !

-Stop ! Arrête !

-Aaahh !

...

-J'étais pas moi-même, vous comprenez ?

-Non, pas vraiment.

-Vous avez monté les détendeurs à l'envers pour faire accuser

M. Manin ?

-Je pensais que personne croirait à sa version, que ce serait ma parole

contre la sienne. -La parole d'un notable

contre celle d'un garçon de ferme. Et Sonia ?

Je suppose que c'est vous aussi ?

...

-J'ai rajouté un onglet : "Echange de vêtements

"cet après-midi" et il y a déjà des annonces déposées.

Tout ce que je touche

se transforme en or. -Je suis ravie pour toi.

-Et fière aussi ? -Fière, c'est la base.

J'étais fière de toi avant que tu sois bankable.

Cloche. T'attends quelqu'un ?

-Non. J'attends personne un dimanche.

Qui vient nous gonfler, un dimanche ?

-Bonjour ! -Bonjour.

Vous venez vous renseigner sur le site ?

-Oui. Désolée de vous déranger. -C'est dimanche.

-Je suis Martine Martel,

candidate dans la 3e circonscription.

La vôtre.

Je me demandais si votre mari accepterait d'être sur ma liste

aux prochaines élections. -Je sais pas.

Barth !

-Quoi ?

-Oh ! Bonjour !

Je suis Martine Martel. -Enchanté. Barthélémy Meyer.

-Je suis ravie de vous voir en vrai.

Je trouve votre initiative tellement innovante.

On ne me parle que de ça. -Merci.

Merci beaucoup. Je fais un peu bouger les choses, à mon niveau.

Le but étant de mettre en place

une sociologie de l'entraide. -J'adore ces phrases chocs.

Surtout quand elles sont suivies

d'actes. On peut en parler ? -Bien sûr !

Le dimanche, on rêvasse.

Hein, mon coeur ? -C'est ça.

-Je peux vous appeler Martine ? -Martine Martel.

-OK. C'est drôle, votre visite...

Je me suis toujours demandé ce que je pouvais faire pour mon pays.

-J'ai épousé Kennedy et je le savais pas.

Sous-titrage MFP.

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