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Zulu
...
Une portière claque.
-Oh, c'est pas vrai !
Oh non, non, non.
-On appelle un dépanneur. -Non, il faut
changer la roue.
...
-Ah, quelqu'un va nous aider.
...
Merci !
...
-Vous croyez à la solidarité ? Tenez.
-Je fais quoi avec de ce truc ?
-Ce truc sert à dévisser les boulons
avant de passer le cric.
Sinon la roue tourne sur elle-même et là, c'est compliqué.
Allez chercher les gilets jaunes.
-C'est inutile... -M. le juge, c'est la loi !
C'est jaune et moche,
mais ça peut sauver une vie !
Alors... viens là, toi.
-Ah oui, c'est vraiment jaune et moche.
Téléphone.
...
-Excusez-moi, c'est mon mari.
Oui, mon chéri.
-Pardon, mais j'ai eu la directrice d'Olivea et mon CV les intéresse.
-Ca, c'est super.
-Maintenant ?
Tony.
ils peuvent le garder.
T'as pas 1h
à m'accorder ? -Non, c'est dans le sens inverse.
-Quoi ? Dans un sens ou dans l'autre, 1h juste 1h.
-Non, je parlais au juge. Non, là, j'ai une reconstitution importante.
-Si le boulon veut bien lâcher !
-Bon, laisse tomber, je vais me débrouiller. Hein ?
-Ok, bisous. Il a un entretien pour être commercial
dans l'huile d'olive. Je croise les doigts.
Craquement.
-Ah ! -Eh ben voilà, plus que 4 boulons.
...
-Bonjour, Fanny. -Salut.
Je veux pas le savoir.
C'est une reconstitution, il faut
qu'elle vienne. -Ok.
Excusez-nous,
on a crevé. N'est-ce pas ?
-Oh... merde.
-Merci, hein ?
-M. Schmidt, propriétaire du camping. Le juge Delcourt.
Mme Meyer, son assistante. -Désolé.
Bonjour. Chute.
-Oh, pardon. -Attendez, ne touchez à rien.
-C'était un vrai soleil.
Tout le monde l'aimait. Téléphone.
Ah ! Excusez-moi.
Oui.
-Vous pensez que Bruder a menti ?
Pourtant, ses aveux étaient
convaincants, non ? -Oui.
-Y a des incohérences que la reconstitution va éclaircir.
-M. le juge.
-Oui. -On a un problème.
-Quoi encore ? -La morte souffre
d'une fracture -Appelez-en une autre.
Pôle emploi a personne de libre. -Quoi, c'est une blague ?
Ah non, on a eu du mal pour venir ici, on va pas remettre.
L'une de vous fera la victime.
-Moi, je fais le PV.
-Et moi les photos,
donc...
-Ok, j'ai compris, je ferai la morte.
-M. Bruder, acceptez-vous de participer à la reconstitution
du meurtre de Céline Combas ?
-Oui.
-Très bien. Vous entreteniez depuis un mois une relation
avec la victime qui travaillait ici.
Vous la retrouviez dans le logement situé à l'arrière de la réception.
Il y a 10 jours, le 24 avril, vous arrivez à 12h15
avec votre taxi et ensuite ?
-Je me suis garé là et je suis entré.
-Très bien, allez-y.
Où se trouvait la victime ? -Chez elle, j'y suis allé.
-Après vous.
-Céline était là,
près de la table.
J'ai voulu l'embrasser, elle m'a dit que c'était fini.
-C'est fini, Rémi.
-N'en faites pas trop, Meyer, vous avez déjà le rôle.
Allez-y, continuez. -Ca m'a énervé, je l'ai tuée.
-Vous ne lui avez pas parlé avant ?
-Si. Elle m'a dit que j'étais un salaud,
que je quitterais jamais ma femme,
et elle m'a repoussé.
-De quelle manière ?
-Comme ça.
-Allez-y, Meyer.
-Ah... oui, oui.
-Ca m'a rendu dingue et je l'ai frappée avec...
-Fanny, sortez les scellés.
-Ah oui, bien sûr.
-Où était la pierre ?
-Euh, là.
-Bien. Continuez.
Continuez.
-Ouh là, ça va trop vite pour moi ! Décomposez votre mouvement.
-Et je suis...
Elle est tombée... -En arrière,
la tête près de la chaise. -Meyer,
vous pouvez reculer.
-J'ai pris son pouls,
elle était morte. -Et la pierre ?
-J'ai effacé les empreintes avec ma chemise.
J'ai regardé par la fenêtre,
je suis revenu et j'ai vu... Schmidt.
-Je confirme. Il était debout à côté de Céline.
Il tenait la pierre. J'ai appelé
la police. -Il a réagi ?
-Non.
Il a dit : "Je l'ai tuée", il a pas bougé avant que les flics...
Avant votre arrivée. -Quelque chose
à ajouter ? -Rien, non.
-Bien.
Vous voyez, le problème,
c'est que la police scientifique a une autre version que la vôtre.
Hormis cette tache, elle a relevé 3 gouttes de sang de la victime.
La 1re est ici,
sur le mur.
La 2e et la 3e sur la plinthe.
Et selon l'expert en morphoanalyse,
ces projections montrent que c'est ici qu'elle a été frappée
et pas dans le salon. C'est après qu'elle s'est effondrée
devant la table.
-Je l'ai tuée, ça suffit pas ?
-Que vous ayez omis un élément aussi essentiel m'amène
à douter de vos aveux. -J'avais bu...
C'était dans le couloir, ok.
On peut recommencer ? -Non.
Vos dépositions sont identiques depuis le début.
-Regardez,
je l'ai... -Hé,
calmez-vous. Donnez-moi ça.
-M. Bruder.
On veut juste savoir la vérité.
-La vérité, c'est que je suis coupable... Et je ne sais pas
comment me faire comprendre.
-Bonjour. -Bonjour.
-Vous allez au parc. -Non,
j'ai un entretien. -Vous l'emmenez
avec vous ? -J'ai personne pour le garder.
-Attendez, je peux m'en occuper. -Non,
je veux pas vous embêter. -Entre voisins, on s'entraide.
Et ça fera de la compagnie à Marius.
-Ah oui, vous me sauvez le coup.
Tenez, les jouets et le lait.
-Ok. -Lui, c'est Tony.
C'est un amour.
Décrochez-le. -Oui.
-Boris.
Bips.
Boris.
Alors, cette reconstitution ?
-Concluante. Le prévenu a menti, ce n'est pas lui, le meurtrier.
-Certain ? -J'ai peu de certitudes,
mais là, oui.
-Il a juste trouvé le corps.
Quand on l'a contredit, il s'est énervé.
Pourtant, ça l'innocente.
Je l'ai pas senti très violent, même quand il a voulu me frapper.
-Ah ? -Je jouais la morte, mais ça va,
comme vous pouvez le voir.
-Il couvrirait quelqu'un ? -Oui, il a effacé
les empreintes sur la pierre.
Téléphone.
...
-Très bien. Au boulot, Meyer, vous ne jouez plus
la morte.
Non, je peux vous parler ?
-Si ça reste dans le cadre professionnel.
-Votre mère s'inquiète de votre silence, ce serait bon...
-Arrêtez tout de suite. J'ai été clair,
notre lien de parenté ne change rien à nos rapports.
Mais en tant que procureur, vous serez informé sur ce dossier.
Bonne journée.
Si Bruder est prêt à risquer 20 ans de prison,
la personne qu'il couvre doit sacrément compter pour lui.
La piste évidente, c'est sa femme.
-Elle ignorait qu'il la trompait. -Elle peut mentir.
Si elle a tué sa rivale, je la vois mal dire la vérité.
Fanny. Convoquez-moi
Laura Bruder. -Impossible,
on a des auditions. -C'est prioritaire,
on a un innocent en détention et un coupable en liberté.
Propos indistincts.
...
-Lors de sa 1re audition,
votre mari a dit que vous traversiez
des difficultés. -Comme tout le monde.
-Quand avez-vous su sa liaison ?
-Au moment de son arrestation. -Vraiment ?
D'habitude, une femme sent cela.
Un détail qui trahit : un cheveu sur une veste, un SMS oublié.
-J'avais confiance en lui.
-Y a 6 mois, il quitte les pompiers et devient taxi de nuit.
Quand vous dormez, il travaille...
Ca ne vous étonnait pas ? -Non. C'est à cause de l'explosion
de l'usine qu'il a démissionné. Un pompier est mort, ça l'a choqué.
-Mme Bruder.
Votre mari n'a pas tué Céline. Il s'accuse pour couvrir quelqu'un.
Quelqu'un qu'il s'en veut d'avoir trahi, par exemple.
-Vous pensez que c'est moi qui...
Vous vous trompez, je l'ai dit à la police,
je suis rentrée pour déjeuner.
-Un témoin peut le confirmer ? -Non, j'étais seule.
-Et Rémi était avec Céline
et vous les avez surpris. -Non,
je l'ai jamais vue. -C'est humain
de vouloir voir ce qu'une rivale a de plus que nous.
-Il venait voir un homme.
-Un homme ? C'est quoi, ça ? Vous n'en avez jamais parlé.
-Ok. Je l'ai suivi, mais c'était une semaine avant.
J'ai croisé son taxi en ville.
Il devait rester à la maison, j'ai voulu en savoir plus.
Au camping, il a retrouvé un homme, ils ont disparu dans un bungalow.
-Vous pourriez le décrire ? -Plutôt jeune,
plutôt grand... j'étais loin.
-C'était quel bungalow ?
-Le 5 ?
Vous êtes sûr ?
Il est vide. En ce moment, à part des retraités, y a peu de monde.
-Bonjour.
-Pas très retraitée.
-On a des jeunes, des précaires qui louent à la semaine.
C'est moins cher qu'un appart à Marseille.
Ils sont pas à la rue.
-C'est payant. -Non, donnant donnant.
C'est mieux qu'une cité, non ?
C'est là.
Ah.
Ben merde, alors. -Vous ignorez ce qui se passe ici !
-Je m'occupe de deux restaurants.
C'était Céline qui gérait. Je suis scotché, là. Elle avait les clés.
-Elle devait louer à votre insu.
-Non. -Elle devait pas
être payée cher. -Je la payais bien.
Et elle avait aucune qualification.
-Vous embauchez des SDF, c'est l'abbé Pierre, hein ?
-Moi, quand je peux aider, j'aide.
-Ca dépend. -Sur la route, je pouvais pas
savoir que c'était vous. Céline a traîné de foyer en foyer,
elle a bourlingué dans le monde.
Elle voulait retourner en Inde
dans un chaman. -Ashram.
-Oui, bon. Elle était originale,
mais honnête. Par exemple, elle voulait pas de portable.
Les ondes, ça file le cancer. -Pas celui-là, il est déchargé.
-Le locataire a laissé ses affaires.
Y a une carte d'étudiant au nom de Loïc Venturi.
Université Aix-Marseille.
-Il a fait des courses le 23 avril. La veille du meurtre, il était là.
C'est peut-être lui que Bruder couvre.
-Jamais vu,
non. -Je vais faire une photo.
Nadia lancera un avis de recherche.
-Loïc Venturi était en 2e année de médecine. Il a lâché les cours
et du coup, il a perdu sa chambre
en cité U. -D'où l'abbé Pierre.
Schmidt, du camping.
Le bienfaiteur !
Il vous a pas fait son numéro ? -Non.
-Excusez-moi.
Il est bientôt 17h. -Oui et alors ?
-Vous avez une cérémonie.
-Oh, la barbe ! -Pardon ?
-Non, pas vous,
le protocole. -Ah.
-Loïc a pas de famille ?
-Voilà son dossier à la fac.
Mère décédée et a priori, son père aussi.
-Ah ? -On a pas son adresse, on vérifie
avec les impôts.
-Vous avez parlé à des étudiants ? -Un collègue s'en occupe.
Il est pas sociable, après la fac,
ils le voyaient pas. -On veut le voir,
vite. -Mais...
-Mettez un peu le turbo !
Ca va ?
-Très bien.
-Oui.
Non, j'ai essayé de lui parler, Anna, mais c'est un mur.
Il a décrété
que nos rapports resteraient professionnels.
Du coup, je me retrouve à son âge, inflexible.
Ah si, il va très bien. Il est comme à son habitude, sur le coup.
Oui... Non, ne t'inquiète pas.
Oui.
C'est ça, je t'embrasse aussi.
-Merci, commandant.
-Tiens, sans sucre. -Merci.
-Y a un souci entre Quiring et le juge ?
-Non. -Si, ils se sont croisés
sans se regarder et le juge est tendu.
-Meyer, on va à la Timone. On a arrêté Venturi.
Il est aux urgences.
-Ca s'est mal passé ? -Je sais pas, Saïdi ne peut pas
l'amener ici. -Au fait, le père,
Gilles Venturi était dans la même caserne que Bruder.
Il est mort dans l'explosion. -Vous les avez contactés ?
-Oui, on a mis le turbo !
-On en parlera en voiture. -Vous avez peur ?
-Non j'ai l'application dépanneuse. -Ah !
Venturi et Bruder étaient
en binôme. La caserne est restée sous le choc.
Bruder a rompu avec tout le monde. -Sauf avec le fils Venturi.
-Oui. Bagarre.
Que se passe-t-il ?
...
-Que fais-tu ? -Calme-toi, Loïc.
Calme-toi. Cris.
-Calme-toi. -Non !
Lâche-moi ! Lâche-moi !
Lâche-moi, lâche-moi !
...
-Il délire. -Tu veux
me tuer ? -Calme-toi.
Il crie.
-Aidez-moi !
Aidez-moi !
-Loïc, Loïc. Viens. -Non.
Tu es en sécurité ici.
-C'est quoi ? Des seringues ! -Hé.
On va prendre soin de toi. ...
Emmenez-le.
-Non !
S'il vous plaît, aidez-moi ! Aidez-moi.
-Docteur. Cris.
-Juge Delcourt. Loïc est en garde à vue.
Vous le connaissiez ? -Oui,
il est schizophrène. Et je dois m'en occuper.
-Quand pourra-t-on le voir ?
-Il a dû cesser son traitement. Il doit reprendre.
On verra sa réaction. -Ok.
-Il était dans une voiture, il a du sang
sur son blouson. Je l'envoie au labo.
-Il faut reconvoquer Bruder. -Ok.
-On avait un suspect qui mentait, on en récupère un qui délire.
-M. le juge.
Excusez-moi.
Pour le jeune homme, Loïc Venturi...
-Oui. -On doit
prévenir quelqu'un ?
-Ah oui, bien sûr.
Le Dr Marie Gireaux, son médecin.
Je vous note son téléphone ? -S'il vous plaît.
Aboiements.
Une porte claque.
-Ca va pas, maman ?
-Ah !
Si, si, c'était une grosse journée.
Ca va, toi ? -Oui.
-Hum... Le beau garçon. -Oh...
-Ca va, mon chéri ? -Bien.
-Hum.
Comment s'est passé ton entretien ? -En 5mn chrono.
En fait, c'était du street marketing.
-Ah ? -Homme-sandwich.
-Ah. -Ca fait mieux
de dire street marketing. -Oui.
Tu me sers un verre ? -Oui.
Tu réalises...
Je devais appâter le chaland,
déguisé en bouteille d'huile d'olive.
T'imagines ? -Oh !
-Bonne nouvelle,
j'ai sympathisé avec la voisine,
elle a gardé Tony.
Elle est très sympa.
Et ta reconstitution ? -Pleine de surprises.
J'ai remplacé la morte. -Ah oui ? C'est
un job, ça ?
Tu peux m'engager, faire le mort, je fais ça très bien.
Une cloche sonne.
...
-On avait rendez-vous à 8h ? -Oui, avant ses consultations.
Elle va arriver.
C'est normal d'attendre chez le médecin, non ?
-Mme Meyer.
-Bonjour. -Désolée, j'ai dû m'arrêter
chez une patiente bavarde, comme moi.
-Voici le juge Delcourt. -Enchantée.
Votre coup de fil m'a inquiétée. Que se passe-t-il avec Loïc ?
Je peux pas croire qu'il ait fait ça.
-On a retrouvé du sang
de la victime sur son blouson et il délirait
quand on l'a arrêté.
-Il a fait une rechute.
Au décès de son père, il avait déjà arrêté.
Et je l'avais convaincu de reprendre son traitement.
Il est brillant,
il doit retourner à la fac. -Quand l'avez-vous vu ?
-Ici,
le mois dernier, il était bien.
Il vivait dans un mobil-home
en attendant la rentrée.
-Il vous a parlé de Céline Combas ?
-Non, mais... j'ai pas eu de nouvelles de lui depuis.
Son portable ne répond pas.
Je voulais passer le voir,
mais je suis si occupée. -Il a déjà été violent ?
-Ecoutez, je le connais depuis son enfance, c'est moi
qui ai détecté sa maladie. Il n'a jamais agressé personne.
-Hier, il s'est débattu.
-Il hallucine,
il entend des voix.
-Qui lui diraient de tuer ? -Oh,
elles disent de ne plus manger, etc. Et les médicaments traitent
ces symptômes. -Pourquoi il ne les prend plus ?
-A cause des effets secondaires : troubles de la parole, tremblements
et perte de la libido.
La famille joue un rôle essentiel dans cette maladie et il est seul.
-On pense qu'un collègue de son père veille sur lui : Rémi Bruder.
Ca vous parle ? -Oui. Je l'ai vu à l'enterrement,
je lui ai parlé de la maladie de Loïc.
Gilles l'avait caché à tout le monde.
Il ne voulait pas qu'on regarde son fils différemment.
-M. Bruder s'est peut-être accusé du meurtre à sa place.
Téléphone.
...
-On est prêts, M. le juge.
M. le juge... on est prêts. -Oui.
Bien. -Vous prenez votre café ?
-Oui.
Tenez, pour vous.
-Merci.
Propos indistincts.
...
-C'est pas Céline Combas que vous êtes allé voir,
mais Loïc Venturi... Vous payez l'abonnement de son portable
et certains retraits d'argent servent à louer le mobil-home.
Vous avez effacé ses empreintes sur la pierre.
-C'est faux. -Il a été arrêté.
-Je ne répondrai plus. -Ecoutez
le juge. -Ramenez-moi en cellule.
-Avant, quelqu'un va vous parler. Fanny.
-S'il vous plaît.
-C'est lui ?
Je l'ai vu qu'une fois à l'enterrement,
je l'ai pas reconnu.
Pourquoi tu m'as rien dit ?
Rémi,
réponds-moi. T'es prêt à aller en prison pour lui, pour un acte
que tu n'as pas fait ? Nous deux, ça ne compte pas ?
-Vous culpabilisez d'avoir... -Non,
vous comprenez pas. Gilles est mort à cause de moi.
-Mais... -C'était pas un accident.
L'entrepôt était en feu, on devait aller chercher des gens à l'étage.
Mais avec les explosions, la fumée, on y voyait pas à 30cm
et j'ai eu la trouille.
Oui et j'ai envoyé Gilles à ma place.
Et quand il y est allé, tout a explosé.
Si Loïc a perdu son père, c'est parce que je suis un lâche.
C'est moi qui aurais dû mourir.
Quand Loïc s'est retrouvé à la rue,
je suis allé au camping, je savais qu'on y louait des bungalows.
-Que s'est-il passé le jour
du meurtre ? -Je suis venu payer sa semaine.
Loïc, ça va ?
Loïc.
C'est quoi, ça ?
Attends-moi là.
Y a quelqu'un ?
Oh, putain.
Merde.
-Ho !
C'est quoi, ça ? -Je l'ai tuée.
-Et Loïc s'était enfui ?
Quelles étaient ses relations
avec Céline ?
-Ca avait l'air de bien se passer au camping.
Il allait mieux.
J'aurais dû plus l'aider, mais j'étais tellement mal.
Je te demande pardon.
Sirène. -A cause de Bruder,
on a perdu du temps. -Il se sent coupable
envers Loïc. -La justice n'y est pour rien.
-Bonjour. -Bonjour.
-Ne restez pas longtemps, le traitement le fatigue.
-Non.
Non. Non, non.
Non.
-M. Bruder vous a vu sortir de la réception
avec du sang sur les mains.
-Je lui aurais jamais fait de mal...
Je l'aimais.
-Vous aviez une liaison avec elle ? -Non, c'était...
C'était mon amie...
Ma soeur. -Vous vous êtes pas soucié d'elle
ces derniers jours. Vous avez fait quoi ?
-Euh, c'est
parce que...
En fait, quand je suis en...
Quand je suis en crise, je perds la notion
de là où je suis, du temps.
C'est un peu comme si j'étais...
Sous terre et que je creusais avec ma main pour sortir.
Essayez de vous souvenir.
-Euh...
Y a... y a tout qui se mélange dans ma tête, y a le...
La... rue, le... camping.
-Depuis quand vous aviez décidé
d'arrêter votre traitement ? -Euh...
Euh... je... je peux pas vous dire ça.
-Vous pouvez pas nous dire grand-chose.
-Non, mais vous ne comprenez pas les efforts
que... que je dois faire
pour vous répondre, pour m'accrocher à la réalité.
En fait, j'étais bien avec elle.
Elle me racontait ses voyages
et...
Elle m'a même dit qu'elle m'emmènerait avec elle.
-Céline savait pour votre maladie ?
-Oui.
-J'y crois pas à son amnésie. C'est une excuse pour se disculper.
-Je l'ai trouvé sincère. -Il est étudiant en médecine,
il connaît sa pathologie. Il peut nous manipuler.
Si ça se trouve ce jour-là, il n'était même pas en crise.
Qu'avez-vous ? -S'il n'était pas
coupable non plus ? -C'est la mère qui parle, là ?
Si, il vous a touchée.
Mais il faut s'en tenir aux faits. -Je sais. Bruder l'a vu sortir,
mais il l'a pas vu frapper Céline, il a pu se pencher sur le corps.
-Et il s'est enfui ! Il avait pas la conscience tranquille. Il faut
une expertise psychiatrique.
Vous vous en occupez ? -Oui.
Bonsoir, mon coeur. -Bonsoir.
-Ca va ? -Ca va.
Un bébé gazouille. -Oh, quelle journée.
Coucou !
Eh ben... ...
C'est pas Tony.
-Oh merde, c'est pas le bon gosse !
Non, il est là-haut avec ses parents.
Lui, c'est le fils de la voisine. Elle avait une réunion,
je lui ai proposé de m'en occuper.
Et ça m'a donné une idée. -Tu veux faire "nourrice agréée" ?
-Tu chauffes, je réfléchis à un mode de garde.
-De garde ? -Oui.
Un troc de baby-sitting dans le quartier.
-Oui. -J'ai cherché sur Internet.
Ca n'existe pas. Je suis sûr qu'il y a un truc à faire.
-Oh, ça sent bon, t'as fait un pot au feu, toi !
-Je sais plus. J'imagine un site où chacun met ses dispos
avec un système d'alerte.
-Et Pôle emploi ?
-Pour eux, je suis monsieur Trop.
Trop qualifié, trop vieux,
trop loin. -Trop salé.
-Hein ? -Trop bon.
-Ah.
-Vous êtes encore là ? -Oui, cette pile était pour hier
et celle-là pour avant-hier. -Elles seront encore là demain...
Ce soir, vous avez mieux à faire.
-Ma mère vous envoie ? -Non, je suis venu de moi-même.
-Pitié, arrêtez de jouer les papas.
-Vous avez pas le droit de la faire souffrir.
-Elle me ment depuis 30 ans. Je lui faisais confiance,
alors excusez-moi si je me sens trahi.
-L'ado a fini sa crise ?
On peut parler entre magistrats ?
Avant de condamner quelqu'un, on écoute ce qu'il a à dire.
Ne refusez pas ce droit à votre mère.
...
-Maman ? C'est moi.
Non, c'est toi qui parles.
...
-Bonjour, M. le juge. -Bonjour.
-Je suis en retard. -C'est rien.
-Vous semblez de bonne humeur.
-Ben, oui. Je sais pas. Téléphone.
...
-Oui.
Oui, passez-la-moi.
Oui, capitaine. Que faites-vous encore à l'hôpital ?
Loïc a tenté
de se tuer. Je mets le son.
-Comment il va ?
Ils sont intervenus à temps. -Je veux
le voir ! -Le Dr Gireaux est là ?
-Oui, elle fait un scandale. -Loïc !
-C'est insupportable !
Laissez-moi passer. -C'est M. le juge.
-Je veux voir Loïc.
-C'est la loi pour les gardés à vue.
-Il subit un choc émotionnel : la perte de son amie,
ces accusations...
Il peut pas
rester ici. -Laissez-nous travailler.
qu'il fasse une rechute.
-Le capitaine demandera au personnel
de redoubler de vigilance, ok ? -S'il lui arrive quelque chose,
vous en serez responsable.
-Vous pouviez faire une exception. -La règle est la même pour tous.
-On en est où dans l'expertise ? -Ca prendra du temps.
Mais on peut aller plus vite.
Loïc dit que ses souvenirs se mélangent.
Au camping, ça peut se démêler.
-Faire une reconstitution avec lui ?
Bonne idée. Ca vous surprend que je sois d'accord ?
-Oui ! -Pourquoi ?
-Vous pensez qu'il va se trahir.
-Et vous, qu'il était juste témoin. Prête à refaire la morte ?
-Je pète la forme !
-M. Venturi, on reste sur la version réelle des faits.
Pas de digression intempestive, ok ? Ca va ?
-Le médecin lui a trouvé une pointure du barreau.
Maître.
-M. le juge. -Constance Meyer,
auxiliaire de justice. Bonjour. Ca va, M. Venturi ?
Comment vous vous sentez ?
-Je suis prêt.
-Très bien. Allons-y.
-C'est là que... C'est là que Céline a... ?
-Oui.
-Vous vous souvenez de quelque chose ?
-Euh...
Ca, c'est... l'arbre de vie.
C'est... il vient de Madras.
Elle m'a dit que c'était
un symbole d'immortalité.
C'était... C'était pas là, ça.
C'était pas là.
-On revient pas faire la déco. -La police a bougé des éléments...
-C'est bien qu'il se retrouve dans l'ambiance.
-Là.
-Vous étiez où la dernière fois
que vous avez vu Céline ?
-Hum...
J'étais là.
-Eh ben, allez-y.
-Euh...
On parlait.
Elle avait sa... robe grise.
Et...
Cache-toi.
Cache-toi, cache-toi.
Cache-toi, cache-toi, cache-toi ! Elle m'a...
M'a dit de me cacher.
-M. Venturi ?
M. Venturi.
509885 -Vous vous êtes caché là et ensuite ?
-Hum.
La voix dans ma tête m'a parlé, m'a crié dessus,
m'a insulté. -C'est évident, mon client était
en crise au moment des faits.
Donc, il ne peut être tenu pour responsable.
-Oui, oui, c'est noté, Maître.
La voix vous a dit de faire du mal
à Céline Combas ?
-Loïc.
Que vous a-t-elle dit de faire ?
-"T'es trop nul.
"T'es trop nul, trop nul. T'es qu'une merde, t'es qu'une merde.
T'es qu'une merde."
Elle a dit : "Fichez le camp, fichez le camp,
fichez le camp !"
Et... "Vous l'avez tuée.
"Vous l'avez tuée... T'es qu'une merde.
T'es qu'une merde." -Et vous êtes resté là ?
-Oui.
J'ai pas bougé.
Mais j'ai rien fait à Céline.
C'est pas moi.
-Un point pour vous, il ne nous manipule pas.
Mais il est le meurtrier, la voix lui a dit de tuer.
-Et s'il avait mélangé des voix ? -Comment ça ?
-Y en a une qui l'insulte, le tutoie
et puis, elle le vouvoie.
En dehors de Céline et lui, n'y avait-il pas une 3e personne ?
-Le meurtrier ?
-Céline lui a dit de se cacher
pour le protéger de quelqu'un ! -Ok,
mais on a pas trouvé sa trace.
Constance. M. le juge. -Capitaine.
Allez, allons-y !
-M. le juge, je voudrais vérifier quelque chose.
-Que cherchez-vous ? La 3e personne a pas pu
se cacher là ! -Vous dites qu'il faut
partir de la victime, on a pu louper un indice.
-Admettons.
Qu'est-ce qu'on a ? Des bâtons d'encens, un Ganesh,
des épices.
Meyer, on perd notre temps, là !
-Ah ouais !
C'est vrai qu'elle était branchée médecines douces.
Alors...
"Géranium pour..." -"L'équilibre."
-"Eucalyptus..." -"Pour la communication."
On a quoi, là ? "Fenouil qui apaise les émotions."
-Vous croyez pas aux médecines par les plantes ?
Vous avez tort ! La carotte, ça rend aimable.
-Ah oui et le persil, ça sert pas
qu'au beurre d'escargot ? -Je vous dis ça.
Persil... c'est très bon
pour la circulation du sang.
Et pour les maladies mentales... -La schizophrénie ?
-Alors, "préparez les gélules en broyant cardamone, jasmin,
persil..." -Attendez, Céline soignait Loïc
avec des plantes ? C'est de l'inconscience !
Avez-vous cherché à joindre Loïc
le jour du meurtre ? -J'ai essayé pendant des semaines,
mais je sais plus quand. -Céline était
contre les portables, elle a pu le convaincre
de ne plus l'utiliser.
-Alors, vous avez appelé le camping.
A 11h20, comme l'indiquent ces relevés téléphoniques.
-Ah oui ! Ah oui, mais j'ai pas eu Loïc,
j'ai eu juste l'accueil.
-En l'occurrence, la victime. Pourquoi nous avoir caché ce fait ?
-J'ignorais que c'était elle, j'ai laissé
un message. -4mn pour un message, c'est long.
-Toutes les deux, vous avez parlé du fait que Loïc avait arrêté
son traitement. -Non.
-Vous avez annulé
tous vos rendez-vous à 11h30.
Pour aller au camping ? -Non, pour faire des courses.
-Laisser Loïc être accusé du meurtre
en espérant qu'il soit déclaré irresponsable
et qu'il y ait pas de procès, c'est risqué, non ?
-Qu'imaginez-vous ? -Surtout qu'en arrêtant
de se soigner, il est responsable de son état.
Il n'échappera ni aux assises ni à une condamnation.
-Il purgera sa peine
en prison, pas dans une unité psychiatrique.
Il sera seul.
Sans suivi médical.
Vous savez ce que ça veut dire pour Loïc.
Vous étiez le médecin de famille.
Vous l'avez vu
naître... Vous l'avez soigné.
Quand ses parents sont morts,
quand il se battait contre lui-même,
vous étiez là.
Vous l'aimez, ce garçon.
Alors aujourd'hui, si vous voulez l'aider, dites-nous la vérité.
-La 1re fois que Loïc a arrêté son traitement,
c'est moi qui l'ai trouvé, il s'était ouvert les veines.
Il ne voyait pas d'issue. La vie était insupportable
avec ou sans médicaments.
Et je ne l'ai pas lâché.
Mais il reste très fragile.
Alors quand j'ai compris que cette illuminée voulait
désintoxiquer Loïc avec ses plantes...
J'ai eu peur pour lui et j'y suis allée.
-Je veux voir Loïc. -Vous n'avez rien à faire ici.
-Il est là ?
Loïc ! -Vous ne comprenez pas,
il ne veut plus de vos saletés chimiques.
-C'est n'importe quoi.
Il n'y a que ça qui marche. Il doit reprendre son traitement.
-Vous êtes à la botte des labos qui s'enrichissent.
Les remèdes sont dans la nature. -Les plantes n'ont jamais soigné
la schizophrénie. -Loïc m'approuve.
-C'est criminel, il ne peut pas rester ici.
Loïc ! -Il veut pas de vous.
-Vous le tuerez ! -Non, c'est vous.
-Loïc !
-Ah !
...
-J'ai paniqué, je me suis enfuie.
Elle l'entraînait dans ses délires et il allait en mourir.
Je pouvais pas la laisser faire.
-Elle est pas morte sur le coup.
Vous auriez pu la sauver.
-Le médecin préfère
que je reste ici un peu.
Le temps que... le temps que je me repose
et pour revoir le dosage des médocs.
-C'est ce qu'il y a de mieux pour vous.
-A cause de ce putain de truc dans ma tête, Céline est morte
et Marie est en prison.
Elles voulaient mon bien et moi, je suis...
-Elles ont tout fait pour que vous viviez normalement.
Alors, il faut vous battre. Vous allez pas lâcher,
d'accord ?
Vous serez pas tout seul pour ça.
-Merci d'être venu.
Ma mère m'a tout raconté.
-Je lui ai jamais caché que j'étais marié et que j'avais un enfant.
Mais moi, je...
J'étais prêt à divorcer.
Pour vivre avec elle. -Elle vous a vu
au square jouer avec votre fille et elle n'a pas pu,
c'était trop pour elle. -Elle m'a rien dit.
Elle a disparu du jour au lendemain.
Elle m'a juste laissé un mot.
Lui ne m'a jamais quitté.
-"Je ne t'aime plus..."
-"Ne cherche pas à me contacter, adieu.
Anna."
-Elle ignorait qu'elle était enceinte,
à ce moment-là ?
-J'étais blessé.
En colère.
J'ai pas cherché à la revoir. Mais c'était la femme de ma vie.
Les hommes et leur orgueil mal placé.
-Elle a pas voulu
séparer un enfant de son père, mais elle l'a fait avec moi.
-Et 30 ans après, c'est mon palais de justice que vous choisissez.
-C'est le destin.
-Il paraît que ça s'appelle comme ça.
Je le garde.
-Où tu vas ? -Distribuer ça.
-Tu voulais plus de petits boulots. -Non,
c'est pour mon projet, les échanges de garde !
-T'as pas perdu de temps. -Je dois savoir
sur qui je peux compter et pour ça,
je vais user de mon charme. -Montre.
C'est pas mal !
-Hum, Rebecca m'a aidé.
-Oh, la réunion est pas chez nous ? -Si, c'est moi qui l'organise.
-Oh, vu le nombre de tracts et ton charme, faut un stade.
-On a un grand jardin.
Tu m'aides ? -Non.
Quand on rentre, on travaille pas. -Si, je suis au taquet.
-Et je dois t'aider ? -Oui.
Propos indistincts.
...
Sous-titrage MFP.
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