All language subtitles for La Stagiaire.S03E04

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Original subtitles

...

-Estimez-vous heureuse, Meyer.

Vous auriez pu être suspendue.

-Merci. Je serai plus attentive, à l'avenir.

-Je ne plaisante pas.

-Moi non plus.

-Et eux, encore moins, OK ?

-Ils ont soulevé autre chose ?

-Non. Dites-moi,

Boris vous a semblé normal dernièrement ?

-Oui. A part mon passage devant la commission

qui le concernait aussi, je ne vois pas.

-Si vous n'avez rien remarqué, tout va bien.

-C'est tout ? -Oui.

Sauf si vous voulez me refaire l'histoire de votre vie.

-Merci, M. le procureur.

-Meyer...

Vous pouvez donner ça à Pelletier ?

Sonnerie de portable.

-Oui, capitaine Saïdi ?

au pensionnat Sainte-Croix.

-Je vous rejoins avec le juge Delcourt.

-J'arrive sur une scène de crime, alors, je raccroche.

On se verra autour du dossier.

J'organiserai une confrontation. avec Joubert. Bonne journée.

-Vous avez l'air nerveux. C'est l'affaire Joubert ?

-Non. Je me contrefous de l'affaire Joubert.

Sonnerie de portable.

...

-Vous êtes sûr que ça va ? -Je vais très bien, Meyer.

Restons concentrés sur cette scène de crime.

Les décès d'adolescents, ce n'est jamais facile.

-Ah, M. le juge. -Capitaine.

-Constance. -Bonjour.

-On a trouvé le corps ce matin. Une jeune fille, 18 ans.

Sonnerie. -Excusez-moi.

Je ne vais pas parler avec toi maintenant

du fait que j'ai un père depuis hier.

-Il ne me fait pas confiance. On a quasiment le même âge,

mais je ne sais pas comment l'aborder.

-Ce ne sera jamais mon père. Excuse-moi, j'ai du travail.

-A Annecy, j'avais des juges genre dinosaures,

c'était plus facile.

-Restez comme vous êtes, Nadia.

-Alors, on a quoi ?

-Lucie Manneure, 18 ans, élève de terminale ici,

à l'internat Sainte-Croix, que j'ai fait boucler.

C'est un de ses enseignants qui l'a découverte.

Elle était en pyjama.

Elle a été étranglée.

Pas de traces évidentes

de violences sexuelles.

-C'est tout ?

-Oui. C'est déjà beaucoup.

A Annecy, quand on avait... -Arrêtez de parler d'Annecy.

On peut regarder la page Wikipédia.

Essayons de trouver un mode de fonctionnement efficace.

C'est ce qui est déterminant ici.

Puisqu'elle est morte sur place,

vous avez vérifié les accès extérieurs ?

-Le gardien va me donner la liste des gens qui ont le badge d'accès.

-Et les murs d'enceinte ?

-On va vérifier.

-Elle partageait sa chambre avec d'autres internes ?

-Oui, elles sont consignées avec les enseignants.

-C'est bien, ça.

-Il faudra la liste des externes aussi.

-Et ses parents ?

-Je n'arrive pas à les joindre. J'ai laissé des messages.

-Et l'heure du décès ?

-Cette nuit, entre 2h et 4h.

-C'est bizarre, de sortir dans le parc en pyjama,

même pour voir un petit copain. -Ce n'était pas forcément

un rendez-vous galant. -Un rencard, vous voulez dire.

Euh, Nathalie,

montrez-nous ce que vous avez prélevé sur les chaussures.

Regardez. Des poils de chien

et du cambouis.

-Allez, viens.

Viens.

J'ai la liste que vous m'avez demandée.

-C'est votre chien ? -Oui.

-Regardez ce qu'on a trouvé sous les chaussures de la victime.

-Je n'ai rien à voir là-dedans. -Comment vous expliquez ça ?

-Je ne sais pas, il est tout le temps avec moi.

-Vous êtes où, dans la journée ? -Partout, souvent dans la réserve.

-Vous allez me donner votre emploi du temps d'hier soir.

Simple vérification. -Pas de problème.

-Vous en pensez quoi, Meyer ?

-Soit elle venait ici pour rencontrer quelqu'un, soit...

Vous avez fait des trucs interdits, quand vous étiez jeune ?

-Je suis encore jeune, même si je ne dis pas "rencard".

-Vu votre tête, vous avez 102 ans, là.

Dites donc, il y en a, des fringues, là-dedans.

Elle devait venir se changer ici avant de faire le mur.

A mon avis, le mur, elle ne le faisait pas seule.

-Ca vous réussit, les passages devant le Conseil supérieur.

-C'est petit, ça.

Sonnerie. C'est petit.

...

Problème ?

-Il faut qu'on trouve avec qui elle est sortie hier soir.

-Combien de temps dois-je garder tout le monde confiné ici ?

-Le temps nécessaire aux vérifications.

-Je n'arrive pas à y croire. Il n'y a jamais eu d'histoires ici.

Tout le monde se fait confiance.

-Lucie se trouvait en dehors de votre établissement cette nuit,

et elle s'est fait tuer

en rentrant ici. -On fait tout pour les protéger,

pour éviter ce genre de chose.

Je n'aurais jamais imaginé ça de Lucie.

-Pourquoi ?

-C'était une élève à part. Mature et vraiment brillante.

Je me suis beaucoup occupée d'elle quand elle est arrivée.

C'est rare que je dise ça... J'en vois passer, des élèves,

mais à 18 ans, elles ne sont pas toutes comme ça.

-Avec qui partageait-elle sa chambre ?

-Avec Victoire Ledoyen,

une jeune fille qu'on a depuis la 4e. Bien élevée.

Elles sont vite devenues amies. -Et les parents de Lucie,

vous les connaissez ?

-Non. L'inscription s'est faite par mail.

Son père habite en Afrique du Sud. Lucie m'a dit le voir peu.

Sa mère travaille beaucoup. Elle est hôtesse de l'air.

-Nous aimerions interroger rapidement Victoire.

-Je ne sais rien, à part que ma meilleure amie est morte.

-Nous savons

que Lucie est sortie hier soir. Et comme vous partagez

la même chambre...

-J'aurais dû rester avec elle. J'aurais dû l'attendre.

-C'est la 1re fois que vous faisiez le mur ?

-Non.

On est descendues, on s'est changées,

on est passées au-dessus du mur.

J'ai appelé un Uber, et on est parties en ville.

-Il nous faudra le nom du chauffeur.

Vous avez rejoint ou rencontré quelqu'un ? Des garçons ?

-Non, ça ne l'intéressait pas.

Elle trouvait qu'on ne pouvait pas faire confiance aux mecs,

qu'ils se foutaient de nous. C'est ce qu'elle disait.

-D'accord.

Vous êtes allées en ville, et puis ?

-Comme d'habitude, on est allées au Bar du Dragon,

et Lucie a voulu aller ailleurs.

Tu fais quoi ? Tu pars en douce ? -Je vais faire un tour à Malraux.

-Reste un peu. Tu connais qui, à Malraux ?

-Je ne sais pas, personne. Tu ne connais pas.

Je veux changer d'air.

J'en ai marre d'être tout le temps là.

Si ça dure trop, rentre.

-Tu fumes une clope avec moi ?

-Et vous, vous avez fait quoi ?

-Lucie est partie presque tout de suite,

et moi, je suis restée avec des amies un moment,

puis je suis rentrée à l'internat.

J'ai essayé de la joindre, elle n'a pas répondu.

-Ca lui arrivait souvent, de rentrer après toi ?

-Depuis quelque temps, oui.

Je me suis couchée,

et ce matin, j'ai vu qu'elle n'était pas rentrée.

-Tu ne sais pas si elle aurait croisé quelqu'un ?

-Je voudrais rentrer chez moi. C'était ma meilleure amie.

-C'est qui, elle ? -Personne. Une copine, Emma.

-Elle était avec vous, hier soir ?

-Non, ce n'est pas le genre à faire le mur, je vous assure.

-Merci de votre coopération. On va vérifier tout ça.

Vous venez, Meyer ?

-Il y avait quelqu'un d'autre de l'internat,

avec toi, hier soir ? Dis-moi la vérité.

-Allez, Meyer.

-Vous la trouvez comment, vous ? -Qui ça ?

-La petite Victoire Ledoyen. -Jeune.

-Je la trouve bizarre. Elle nous cache quelque chose.

Elle ne s'est pas inquiétée de la nuit pour sa copine.

-Un, tous les ados cachent des choses.

Deux, la victime était coutumière du fait.

Trois, elle est forcément choquée. -Je ne suis pas d'accord.

On devrait la convoquer au Palais. Ca met toujours la pression.

-Laissez faire le capitaine Saïdi.

C'est des gamins de bonne famille.

Ca va prendre des heures à identifier les réseaux,

les rivalités, les inimitiés. On interrogera les bons suspects

plus tard.

-On ignore tout de la victime. Ses parents ne se manifestent pas.

Ils sont à l'autre bout du monde,

mais c'est dingue, non ? Elle m'intrigue, cette petite.

-Parce que la directrice était sous le charme ?

-Vous êtes sûr que ça va ?

-Effectivement, je n'ai pas la tête à tout ça.

-Faites un break, si ça ne va pas.

-Je vais très bien. -Le déni classique.

-Il n'y a pas de classique. Je songe à demander ma mutation.

-Pour quelle raison ?

-C'est personnel.

Ca n'a rien à voir avec ce métier. C'est ce Palais,

cette ville, ces mensonges.

J'ai besoin d'autre chose.

Laissez tomber.

Oh non, pas lui.

Pas maintenant.

-Boris...

Je peux vous voir un instant en privé ?

J'ai essayé de vous appeler plusieurs fois.

Sonnerie de portable.

-Excusez-moi.

...

Pardon.

-Constance...

Continuez sans moi sur ce dossier.

-Quoi ? Toute seule ?

-Vous pouvez m'appeler.

De toute façon, vous serez bientôt toute seule, non ?

Désolé, je n'ai pas de temps à vous consacrer.

-Il vous a dit quelque chose ? -A quel propos ?

L'affaire Joubert ?

-Je me contrefous de l'affaire Joubert.

Il vous a parlé de moi ?

-Pourquoi ? Il aurait dû ?

-Laissez tomber, Meyer.

Et ne me foirez pas cette affaire, si vous avancez seule.

Sonnerie.

...

-Oui ?

C'est la personne qui est à la maison le soir,

quand tu rentres.

-C'est pas le moment, là.

-Je me doute que tu es débordée, mais tu rentres à quelle heure ?

du mode de garde du petit.

Je sais, sa mère travaille,

mais faire les trois-huit de la couche,

-On en parle ce soir.

-Et moi, je fais comment ? J'ai aussi un projet professionnel.

Le matin, vous partez au boulot, et le soir, vous rentrés crevés.

-On en parle ce soir.

-C'est ça.

En langage mariage, ça veut dire "ferme ta gueule, Barth", ça.

Elle soupire. -Voilà.

Tu peux me sortir la synthèse du dossier Marconi ?

-C'est au juge Delcourt de faire ça.

-Il m'a dit par SMS de voir avec toi.

C'est sa nouvelle façon de communiquer, le texto.

-Je n'ai pas le temps.

-Il va falloir le prendre. On a jusqu'à demain midi.

-Tu crois que je peux demander une place

à la crèche du Palais pour mon petit-fils ?

-Peut-être, si tu fais croire

que c'est ton fils.

-Bon. Joubert...

Elle frappe.

-J'ai essayé de vous joindre. Emma Delisle veut témoigner

au sujet de Lucie Manneure.

Je pensais que ça pouvait vous intéresser.

-Avant, j'étais la meilleure amie de Victoire, depuis la 4e.

Quand Lucie est arrivée, elle nous a éloignées.

Et puis il y a eu l'histoire de la photo,

sans rapport avec sa mort.

-D'accord. Essaie de raconter dans l'ordre. C'est quoi,

cette photo ?

-Victoire sortait avec un mec, Thibault,

et Lucie a pété un câble.

C'est comme si elle était jalouse.

Elle a commencé à le rabaisser, à dire à Victoire

qu'il était débile, gamin, pas assez bien pour elle.

-Et il l'a quittée ?

-Lucie est sortie avec lui.

Je l'ai surprise en train d'embrasser Thibault,

donc je les ai pris en photo.

-Et ?

-Et Lucie m'a dit qu'elle s'en foutait.

-C'est dégueulasse, ce que tu as fait à Victoire.

-Occupe-toi de tes affaires.

-Victoire est mon amie. Je vais lui dire.

-Elle est déjà au courant.

Quoi ?

Tu voulais la récupérer ? Tu es déçue ?

Allez, excuse, je dois aller la voir.

-Comme ça m'a énervée, j'ai publié la photo sur Facebook.

Je n'aurais pas dû,

mais Lucie a réussi à faire croire à Victoire

qu'elle était sortie avec Thibault pour lui prouver qu'il était nul.

-Elle l'a piégé ?

-Je ne sais pas ce qu'elle cherchait, mais elle a réussi.

-Et depuis cette histoire,

Thibault s'accroche à Victoire. Il ne la lâche plus.

-C'est moi qui ai pris la photo, mais je n'ai rien à voir

avec ce qui s'est passé hier soir. J'étais à l'internat.

-Tu penses que Thibault était là hier soir ?

-Montre-lui le "snap".

-Il est là, derrière les filles.

Je ne veux causer de tort à personne,

mais je ne voulais pas d'ennuis à cause de cette photo.

Je n'aimais pas Lucie,

mais je ne veux pas que ça fasse de moi une suspecte.

-Pourquoi tu ne l'aimais pas ? -C'est un parasite.

Elle s'accroche aux gens, et après, elle les abandonne.

Je vois le genre de fille que c'était.

Elle manipulait tout le monde pour être aimée.

Elle passait son temps à parler

de sa mère qui faisait le tour du monde,

de son père en Afrique du Sud, à frimer. Je la détestais.

-Le juge Delcourt sera là un jour ?

-Il est sur une autre affaire.

Merci.

Vérifiez l'heure à laquelle ce Thibault est arrivé dans le bar

et l'heure à laquelle il en est parti.

-Le gardien est hors de cause.

Il a un appareil pour l'apnée du sommeil.

L'hôpital dit qu'il n'a pas bougé.

Il faudra me signer des commissions rogatoires

pour récupérer

les images de vidéosurveillance de la ville et des bars.

Il faudra me valider ça.

-Il y a un problème ? Je faisais comme ça, à Annecy.

-Non, c'est parfait.

-Et dernière chose...

Les parents de Lucie sont durs à joindre,

car sa mère est en maison de repos, et son père à l'étranger.

-En maison de repos ? Depuis longtemps ?

-Depuis qu'elle a quitté son emploi dans l'agence de voyage.

-Elle n'était pas hôtesse de l'air ?

-Non.

-Son père est parti quand elle avait 12 ans.

On n'a jamais eu de nouvelles.

Je me suis écroulée à ce moment-là.

C'est elle qui m'a soutenue à bout de bras.

Cette petite gamine s'est occupée de tout.

Et puis elle a grandi, et on s'est éloignées.

Parfois, en face d'elle, j'avais l'impression

que c'était moi, l'enfant.

-Vous avez fait

ce que vous pouviez.

-Elle n'en pouvait plus, de cette vie avec moi.

C'est pour ça que j'ai accepté de la mettre en internat.

-Elle avait l'air d'avoir son petit caractère.

Quand elle rentrait, le week-end, ça se passait bien ?

-Elle ne rentrait jamais.

Vous auriez envie de rentrer pour venir ici, vous ?

Mais je l'attendais toujours.

-Elle restait à l'internat, alors ?

-Non.

Elle allait chez les parents de sa copine Victoire.

Ils s'entendaient bien.

Et Lucie aimait beaucoup être là-bas.

Ca devait lui donner l'impression

d'avoir une vraie vie de famille.

C'est quelque chose que je ne pouvais pas lui donner.

Elle m'en a toujours voulu

de ne pas avoir su garder son père.

J'ai fait ce que j'ai pu.

Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'elle est morte à cause de moi.

Dire qu'elle commençait juste à être heureuse.

-Comment ça ? -Je ne sais pas.

La dernière fois que je l'ai eue au téléphone, elle m'a dit

qu'elle était heureuse

et qu'elle allait se battre pour le rester.

-Et vous ne savez pas pourquoi ?

Excusez-moi.

-Oui, capitaine ?

au second bar.

Personne ne la connaît, au lycée Malraux.

-D'accord. Merci.

-On a un trou de 4h dans son emploi du temps.

-On en reparle demain, c'est mieux.

-Merci.

-Ce qu'elle voulait, au fond, Lucie,

c'était une famille qui l'aime, juste ça.

Les pères, ça ne devrait jamais partir.

C'était ma petite fille.

...

-Qu'est-ce que c'est que ça ?

-Une table, un établi, une chaise, un toboggan, un parc.

Tu sais combien ça m'a coûté ?

-Non. Combien ? -Que dalle.

Ca vient d'un site d'échange. C'est fou.

-Oui. Et un toboggan, c'est indispensable pour un nourrisson.

C'est ça dont on devait parler sérieusement ce soir ?

-Drôle, ça, dis donc.

N'empêche qu'avec ce site, j'ai sans doute trouvé une nounou.

Les enfants sont partis la voir.

-Quel site ?

-mammamarseille.com

Toutes les mamans sont en contact. Ca échange des conseils...

Il y a même des annonces.

C'est hyper bien foutu.

Je sais ce que tu vas dire. -J'ai rien dit.

-Si, ton oeil fait machin, là.

C'est comme une seconde langue, pour moi.

-Mais alors, dis-moi, si c'est un site d'échange,

tu as échangé tout ça contre quoi ?

-Des trucs.

-Quels trucs ? -Des trucs

dont on ne se servait plus,

ou presque plus.

-Vous auriez vu l'état

de la cuisine, affreux.

Je ne laisse pas mon fils là-dedans.

-Faire garder ton enfant pour travailler, ça revient

à dépenser l'argent que tu gagnes en travaillant.

-Notre fils découvre la vraie vie. C'est émouvant.

-Vous avez bien fait d'aller voir. -Il va falloir se décider.

-Comment tu veux qu'on fasse ? Tu as vu les prix ?

-Cherchez une crèche.

-Ca ne se trouve pas comme ça.

-On va bien trouver.

-Mais oui. -Je dis ça, je dis rien.

Le mode de garde, c'est l'angoisse pour plein de gens.

-Ca va, on a compris ton message.

-Quel message ?

-Tu n'es pas nounou, mais tu seras là pour dépanner.

-J'ai déjà bien donné, avec ta soeur et toi.

Je dis ça aussi pour Tony,

pour notre épanouissement à tous les deux.

-Tony a de la chance d'avoir des grands-parents comme vous.

-Attends qu'il échange ta garde-robe contre un toboggan.

-Très drôle.

Voilà, bien cramé.

Vibreur de téléphone.

...

-M. le juge, c'est Constance. Vous pouvez me rappeler ?

Je commence à m'inquiéter.

Je voulais vous communiquer les avancées de l'enquête.

J'espère que ça va.

Fracas des couverts.

-Pardon.

...

-Monsieur le juge ?

-Constance...

J'ai les vidéos du Bar du Dragon.

Là, c'est Lucie Manneure qui sort du bar.

Victoire la rejoint.

Elles discutent.

Elles allument une cigarette.

Là.

C'est Thibault Lacourt qui les rejoint.

Lucie s'en va.

-Il voulait lui parler. Il la déteste.

Victoire l'a quitté à cause d'elle.

-Victoire et Thibault discutent, puis Victoire rentre dans le bar.

Thibault rentre dans le bar aussi.

Et là, regardez, j'avance.

Là.

Thibault ressort.

Il part dans la direction de Lucie. -Il la suit.

-Elle n'arrivera jamais au second bar. On tient un suspect.

-Pourquoi Victoire ne nous a pas dit

avoir vu Thibault ? -Elle était peut-être sous le choc,

après l'annonce de la mort de son amie.

Qui interroge ce Thibault ?

C'est le juge Delcourt et vous, ou c'est moi ?

-C'est moi.

-Euh... Des nouvelles de Boris ?

-Non, mais il ne va pas tarder. -Vous mentez mal.

C'est limite une déviance, chez vous. Vous clignotez,

quand vous mentez. -Je clignote ?

-Vous vous apprêtez à interroger le principal suspect toute seule.

-J'y suis habilitée en tant que juge stagiaire.

-Vous me cherchez vraiment. Je vais vous assister.

Je ne veux pas d'une procédure pour vice de forme.

On va dire que c'est une manière de couvrir Boris. Ca vous va ?

-Comme vous voudrez, M. le procureur.

-Arrêtez de faire celle qui est toujours d'accord avec tout

et qui, finalement, n'en fait qu'à sa tête.

Alors, vous venez ?

-Tu as revu Lucie ?

Et Victoire ?

-J'ai juste voulu parler à Victoire,

lui demander pourquoi elle refuse de me pardonner.

-Raconte-moi.

-Je n'ai même pas fait attention à elle.

Je la détestais, de toute façon.

Je la détestais, mais je ne lui ai rien fait.

Quand je suis sorti du bar,

elles étaient là, en train de fumer.

-Oh, je ferais mieux d'y aller. -Non, reste.

Qu'est-ce que tu veux ?

-On peut se parler ?

-Je suis passée à autre chose.

-Bon, je vous laisse. A plus.

-Appelle-moi si tu veux qu'on se rejoigne.

-Tu lui trouves quoi, à cette meuf ?

Elle te prend pour son chien.

-Et toi, tu lui as trouvé quoi ?

-Attends. -Je ne veux plus te voir.

-Et ensuite ? -Ensuite...

je suis resté un peu dans le bar et je suis rentré chez moi.

-Tu n'as pas eu envie de la suivre ?

-Non.

C'est à Victoire que je voulais parler.

Lucie, je m'en fous.

Elle a retourné le cerveau de tout le monde.

-Pourtant, on a une vidéo où on te voit sortir du bar

et courir dans sa direction.

C'est vrai.

J'ai voulu la rattraper, mais je l'ai ratée.

-Et ? -Je l'ai suivie partout.

Je suis même allé au Phoenix, le bar de Malraux,

mais elle n'est jamais arrivée là-bas.

-Pourquoi je te croirais ? Tu devais vouloir te venger, non ?

-Bravo, Meyer, ça s'est bien passé.

Je ne l'aurais pas attaqué comme ça, mais vous apprendrez.

-Merci.

-Vous direz à Boris que j'aimerais lui parler.

On ne va pas pouvoir le couvrir comme ça toute la semaine.

Si vous avez à nouveau besoin d'aide,

je préfère que vous m'appeliez.

-Bonjour, Constance. J'ai bien eu vos messages.

C'est gentil de vous inquiéter. -Et c'est tout ?

Je vais vous dire quelque chose. Ca ne va peut-être pas vous plaire.

Vous me dites que mes histoires personnelles ne doivent pas

s'immiscer dans mon travail, et vous, au 1er coup de vent,

vous disparaissez.

Vous avez pensé

à la mère de cette gamine, à ses amis ?

Vers qui peuvent-ils se tourner, à part nous ?

Et moi ?

Vous y avez pensé, à moi ?

Je me retrouve toute seule, dans cette affaire.

-Excusez-moi.

J'ai un problème personnel complexe qui demande du temps,

mais vous avez raison : la mort de cette gamine passe avant tout.

Vous me rebriefez sur l'affaire ?

-Lucie s'est inventé une vie avec un père en Afrique du Sud

et une mère hôtesse de l'air.

Sauf que le père n'a jamais donné signe de vie

et que sa mère est en maison de repos.

Elle a menti sur ses parents même à la directrice.

-Et donc ?

-Personne ne connaît la même Lucie.

Elle s'est choisi une copine, Victoire Ledoyen, qu'elle a isolée,

chez qui elle passe ses week-ends. -Vous avez convoqué cette famille ?

-Je n'ai pas eu le temps, mais j'ai la vidéosurveillance

du Bar du Dragon.

On a un trou dans l'emploi du temps de Lucie,

entre son départ du bar

et l'heure du décès. J'avance rapide.

Là, on voit Thibault Lacourt qui sort du bar et qui la suit.

-C'est une rue piétonne, ça.

-Oui.

-Il y a une voiture qui passe.

Vous l'avez identifiée ?

-Oui, bureau du juge Delcourt.

J'ai besoin d'une immatriculation.

-Oui.

à M. et Mme Ledoyen.

-Merci.

M. et Mme Ledoyen.

-Les parents de Victoire ? Que faisaient-ils là ?

Ils surveillaient leur fille ?

-Pourquoi ils s'en vont, alors ?

-Ou alors, ils n'étaient pas là pour elle.

-Pour Lucie ?

-On va les convoquer, mais séparément.

-Lucie passait des week-ends à la maison,

puis petit à petit, sans qu'on s'en rende compte,

on est tombés amoureux l'un de l'autre.

Je l'aimais vraiment.

-Elle avait l'âge de votre fille.

-Je sais, oui.

Moi aussi, je me suis demandé ce qui m'arrivait.

Mais elle était

tellement mûre, tellement mature.

Et puis ma femme et moi étions deux étrangers.

Ma fille nous ignorait.

Quand Lucie est arrivée à la maison, ça a été

un rayon de soleil. Elle rendait les gens heureux.

C'est un don qu'elle avait.

-Et hier soir, elle a voulu rompre ?

-On a discuté dans la voiture, de tout, de rien.

Je l'ai ramenée à l'internat.

Là, elle m'a annoncé que c'était notre dernière fois.

-Vous n'avez pas supporté.

-Elle voulait passer à autre chose. Elle disait que notre relation

ne menait à rien. -Et ensuite ?

-Ensuite, je ne sais plus. Je me suis énervé.

Elle est sortie de la voiture, elle a escaladé le mur.

Je l'ai rattrapée, je me suis jeté sur elle.

A un moment, je me suis retrouvé à serrer son cou.

Elle suffoque.

-Vous l'avez laissée se changer ?

-Oui, elle s'est changée. Après, on a discuté

et ensuite... Ne me forcez pas à raconter une 2e fois.

Je l'ai tuée.

Après, je suis rentré chez moi, ma femme n'était pas là.

J'ai cherché à la joindre, mais je n'ai pas réussi.

C'est là que j'ai réalisé ce que j'avais fait.

-Votre voiture est de quelle couleur ?

-Grise. -Et celle de votre femme ?

-Noire.

-Sa femme dit qu'elle le suivait hier soir en voiture.

-Allez-y,

allez-y, capitaine.

-Sa femme déclare qu'elle le suivait hier soir,

en voiture, d'où sa présence sur la vidéo,

qu'elle se doutait qu'il avait une liaison

et qu'en voyant Lucie,

elle a compris. -Continuez.

-Elle les a vus discuter. Mme Ledoyen est restée garée,

à pleurer,

et elle a pris une chambre d'hôtel. -On vérifiera.

-Quand elle est arrivée chez elle,

son mari lui a avoué

sa liaison et le meurtre. -Parfait.

Affaire bouclée. J'attends votre rapport.

Boris, j'aimerais qu'on se parle en privé.

-Ca tombe bien, moi aussi, j'aimerais vous parler.

-Ecoutez. -C'est vous qui allez m'écouter.

Pour la 1re fois, en 31 ans, je peux être prioritaire.

-A l'époque, j'ignorais votre existence.

-J'ignorais la vôtre aussi,

sinon, je n'aurais jamais demandé cette ville.

On ne devient pas père au bout de 30 ans,

et encore moins fils. -Laissez-moi expliquer.

-Je n'ai pas envie d'explications, c'est trop tard.

Votre histoire avec ma mère vous regarde.

Elle a débuté avant ma naissance et elle ne me regarde pas.

Ce lien de sang n'a pas d'existence légale.

Il n'y a donc aucun conflit d'intérêts entre nous.

-Vous voulez qu'on continue à exercer nos métiers respectifs

sans que ça change nos relations ? -Oui.

-Plutôt ça que...

d'affronter que je sois votre père ?

-Vous ne serez jamais mon père,

à part sur un rapport d'analyses ADN.

-Je vois.

J'aurais sans doute réagi de la même façon,

enfin sans sous-entendus.

-L'histoire de mon père est celle que ma mère m'a racontée.

-Vous ne pouvez pas comprendre.

-Sans doute.

Je pense qu'on en a terminé.

-Je pense, oui.

-Bonjour.

Dire que j'avais accueilli Lucie chez moi comme ma propre fille...

Vous pensez que je vais pouvoir expliquer tout ça à ma fille ?

-Victoire ne se doutait de rien ?

-Non, elle n'était pas au courant.

Si elle avait eu un doute, elle m'en aurait parlé.

Toute sa vie va s'écrouler, alors qu'on venait de se retrouver.

-Il va falloir veiller sur elle, maintenant.

Vous étiez proches, malgré l'internat ?

-Grâce à Lucie.

Lucie nous avait rapprochées.

Elle nous avait tous rapprochés, d'ailleurs.

On avait repris une vie de famille, depuis qu'elle venait le week-end.

Si j'avais pu me douter...

-Constance...

-J'arrive.

Excusez-moi.

-Il y a un truc qui me chiffonne. -Je ne crois pas à ces aveux.

A la 1re question sur les vêtements de la victime,

il s'est embrouillé.

-Thibault a appelé plusieurs fois la messagerie de Victoire.

Il a laissé 2 SMS à 3h.

-Elle ne répondait pas. -Mais Victoire a rappelé,

à 3h, après les SMS. Elle était à l'internat.

-Pourquoi elle le rappelle,

si elle ne veut plus entendre parler de lui ?

On frappe.

Je suis Thibault.

Je suis fou amoureux de Victoire, qui m'a quitté à cause de Lucie.

Je suis triste.

J'essaie de trouver une explication

pour lui dire que Lucie m'a piégé. Vous me suivez ?

-J'essaie, oui.

-Un soir, le Bar du Dragon, je vois Lucie qui s'en va.

Je la suis pour avoir une explication avec elle.

Là, pas hasard, je découvre

que Lucie a une liaison avec le père de Victoire.

Je fais quoi ?

-J'appelle Victoire pour lui dire.

-Victoire sait que Lucie va rentrer.

-Et elle l'attend.

-Et là...

-Ca tourne mal.

-Qu'est-ce qui va arriver à mon père ?

Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi ma mère n'est pas là ?

-A quel moment votre père a décidé de s'accuser à votre place ?

-Quand je suis rentrée chez moi, je n'ai pas pu garder ça pour moi.

J'ai tout raconté à ma mère.

Et mon père a décidé de s'accuser pour moi.

Elle m'avait tout pris, même mon père.

Il allait nous quitter pour elle.

Je ne voulais pas la tuer, je vous jure.

Je ne voulais pas la tuer.

Lucie a ravagé toute ma vie en même pas un an.

J'ai tout quitté à cause d'elle : Emma, Thibault,

mes autres amis.

J'ai cru que c'était une amitié hyper forte.

Elle comptait plus que tout, pour moi.

Je l'ai emmenée chez moi,

je l'ai fait entrer dans ma famille.

Elle discutait avec ma mère.

Elle était devenue comme ma soeur,

et moi, je ne me suis rendu compte de rien.

-Et...

-Quand Thibault m'a dit, pour mon père et elle,

alors, j'ai compris.

Je suis redescendue et je l'ai attendue.

...

J'ai vu mon père,

mon propre père embrasser Lucie.

Et puis j'ai attendu Lucie dans la réserve.

Qu'est-ce que tu foutais avec mon père ?

-Qu'est-ce que tu fais là ? Ca ne te regarde pas.

-Mais c'est mon père, Lucie !

-Personne n'appartient à personne, Victoire, OK ?

Lui et moi, on s'aime. -Arrête.

-On va partir, tous les deux. -Arrête !

-Il ne supporte plus ta mère ! Moi, je le rends heureux !

-Arrête ! Tais-toi.

Comment tu peux faire ça à ma famille ?

-Tu ne peux pas penser à autre chose qu'à toi, hein ?

Jamais ?

Elle crie.

Mais tu es une putain d'enfant gâtée pourrie !

Tu ne vois même pas la chance que tu as !

Laisse-moi ! Dégage !

-Et ensuite ?

-Elle s'est enfuie.

Je l'ai rattrapée, et on est tombées.

Elle m'a regardée en souriant.

-Et vous l'avez étranglée.

-Je ne voulais pas.

Je voulais juste qu'elle se taise,

qu'elle arrête de me dire

que mon père l'aimait plus que moi.

Lucie crie et suffoque.

Victoire halète.

Victoire pleure.

Après ça, elle n'a plus bougé.

Elle m'avait tout volé.

Elle m'a trahie.

-Tiens, mon amour. -Ah, merci.

-C'est prêt dans 5 minutes. -5 minutes ?

-Oui.

Les enfants ne sont pas là, on est tous les deux.

-Ca nous laisse le temps... -Pour l'apéritif.

La cloche sonne.

Ils ne peuvent pas prendre leurs clés, les gosses ?

Vous ne pouvez pas penser à vos clés ?

Bonjour. -Bonjour.

J'aimerais parler à Constance Meyer.

-Vous êtes ?

-Boris Delcourt.

-Ah. Barthélemy Meyer, le mari de Constance.

-Ah, c'est vous ? Enchanté.

-Pareil.

Je vais la prévenir.

-S'il vous plaît.

Je me suis dit qu'il fallait que je vous parle.

Je vais rester à Marseille. Je ne demanderai pas ma mutation.

-Ca n'a pas été facile pour moi,

d'être seule sur cette affaire.

-Vous vous en êtes bien sortie. -Je me suis rendu compte

du chemin qu'il me reste à parcourir.

-Il y a autre chose dont je voudrais vous parler.

Quiring est mon père biologique.

Vous n'avez pas l'air surprise.

-Non, non.

Ca m'a toujours intriguée, l'attitude qu'il avait

avec votre mère et vous. Vous le savez depuis longtemps ?

-Je viens de l'apprendre.

-Ah. D'où l'expression "père biologique".

Personne ne dit ça.

Ca va ?

Vous êtes sûr ?

-Comme quelqu'un qui découvre qu'on lui a menti pendant 30 ans.

J'aimerais bien qu'on fasse comme si de rien n'était.

Je vais vous laisser en famille.

-Bon, j'ai mis un couvert de plus.

Sous-titrage MFP.

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