All language subtitles for La Stagiaire.S03E02

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Original subtitles

-Ah ! -Calmez-vous, madame.

-T'as qui en obstétrique ? -Beaugrand mais pas de nouvelles.

Elle crie.

-Soufflez ! Rappelle-le.

-Ah !

-Professeur, on a un accouchement

et des complications. On l'installe !

-Professeur, ça va ?

Emmène-la, je m'en occupe.

Professeur ?

Putain, il est en arrêt !

...

-Oui, monsieur le juge, c'est Constance. Il est 8h35.

Je suis devant le Palais, je vous attends.

Je sais pas ce qui se passe.

Vous ne devez pas être

dans les embouteillages, avec votre vélo...

Vous venez d'arriver donc.

-Que faites-vous là ?

-Je vous attendais.

-Bonjour, Constance.

-Bonjour, ça va ?

-Oui ! On a un médecin décédé aux urgences de La Timone.

-D'habitude, c'est les patients. -C'est drôle, ça !

-Elle est jolie la petite... voiture.

-La Timone, Meyer.

Bonjour, Sentier. -Bonjour, M. le juge.

-Bonjour.

-Alors ? -Alors, professeur

Philippe Lalande, 58 ans. Chef du service de gynécologie,

marié, un enfant.

-Les causes du décès ?

-Un coup porté derrière l'oreille.

-C'est ce qu'a dit le légiste ? -Disons que

tout le monde a donné son avis. On est dans un hôpital.

-On a des témoins de l'agression ? -C'est là où ça se corse.

J'ai échafaudé une théorie

en vous attendant.

D'après l'infirmier qui lui a porté secours,

il est arrivé de l'extérieur en voiture.

-Il travaillait

aux urgences ? -Non.

-Pourquoi il y est passé ? -Je me suis demandé aussi.

-Et la réponse ?

-Presque, j'y viens.

D'après le légiste, un hématome sous dural au cerveau a provoqué

son décès suite à un coup. Or, il faut entre 1 et 36 heures

à un caillot pour se former.

On peut se dire... -Il a été agressé

ailleurs. -36h avant sa mort.

-Il s'est senti mal. -Il s'est traîné jusqu'ici.

-Pour se faire examiner.

-Du coup, j'ai vérifié... -Sa voiture.

-Voilà. -Le siège était recouvert de sang.

-Ben voilà.

Un bébé chouine.

-(T'es tout seul.

-Bonjour !

Vous pouvez garder Tony ?

-Oui. Bien reposée ?

-Oui ! Les couches sont là,

les tétines à l'intérieur.

Mettez-vous toujours sur vitesse 2. Ca, c'est un "back up".

-Quoi ? -Un change, au cas où.

Normalement, il dort toute la matinée. Je dois voir des agences

pour un appart, je reviens.

-T'es sage ?

Je vais être en retard. Merci, M. Meyer.

Antoine me l'avait dit, vous êtes cool.

-Trop. Trop cool.

Il y a maman qui est partie. T'es avec ton papi.

C'est qui qui va te faire un gros bisou sur le bidon ?

Qui c'est ?

Oh putain, ça pique !

Un si petit truc qui fait des trucs qui puent autant.

-On a l'air d'être au bon étage.

-C'est votre 1re fois ? -Oui, depuis ma naissance.

-Excusez-moi. Oui, Barth ?

-Oui, Constance. Je t'appelle parce que là...

Les selles du petit sont vertes. Est-ce que c'est normal ?

-J'en sais rien.

Tant qu'elles sont pas phosphorescentes !

-Oui, très drôle. Je fais quoi ?

-Je sais pas, change-lui sa couche.

-Je t'embrasse.

Pas besoin d'elle pour savoir ça.

-Je peux vous renseigner ?

-Je suis le juge Delcourt et voici la juge stagiaire Meyer.

Je vais être direct. Tout porte à croire que le professeur Lalande

a été assassiné.

Il a eu le temps de vous parler avant de s'écrouler ?

-Non. Non, il n'a rien dit.

-Un événement inhabituel dernièrement ?

-Non. Non, je ne vois pas.

-Quelqu'un pouvait lui en vouloir ?

Il se serait confié à l'un d'entre vous, même pour un détail ?

-Le professeur était apprécié.

-Il avait toujours un mot gentil,

il nous encourageait.

-On n'était pas proches,

il y avait quand même une barrière.

-C'est Jelena, la sage-femme du service du professeur Lalande.

-J'arrive pas à réaliser.

Vous savez, c'est un dingue qui... Il s'occupait de tout le monde.

-On vous demande s'il s'est passé quelque chose ces derniers jours,

un événement, même anodin, qui aurait pu perturber le professeur.

-Oui.

Suivez-moi.

Vous voyez le petit là ?

Mercredi dernier, on a eu un accouchement très difficile.

Une jeune femme est arrivée et elle n'arrêtait pas de vomir.

Puis, elle a perdu connaissance, on a dû procéder à une césarienne

d'urgence, la vie du petit était vraiment en danger

et le professeur a réussi à le sauver in extremis.

-Bon... qu'est-ce qu'on a après ?

-Mais la mère est tombée dans le coma.

Une patiente, ça se présente mal, ça va être une césarienne.

-Où est Alison ? -Bonjour.

-Bonjour, M. Tessier.

Je suis le professeur Lalande, venez avec moi.

Le bébé va bien,

mais votre femme est tombée dans le coma.

Elle devait déjà souffrir d'un traumatisme crânien sévère.

-Non, elle allait bien quand on est arrivés.

-Calmez-vous. -Elle se réveille pas, t'es mort.

Lâche-moi !

-Je ne sais pas comment cette femme s'est fait ce traumatisme,

mais c'était pas la faute de Philippe.

-Vous avez le nom de ce père ? -Tessier.

-Il est revenu depuis ? -Non.

-Vous avez prévenu l'Aide à l'enfance ?

-Pas encore.

On espère toujours que la mère va se réveiller de son coma.

Excusez-moi.

-Le professeur Lalande, vous l'avez rencontré ici dans cet hôpital ?

-Non, à son association, il y a 20 ans.

C'est un foyer pour femmes en difficulté.

-Où est-ce que vous l'avez vu pour la dernière fois ?

-Là-bas, hier.

Il s'occupait d'un problème administratif,

une fois de plus. -Il était comme d'habitude ?

-Oui.

En même temps, s'il avait eu un problème, il m'en aurait pas parlé.

-Très bien. Merci, madame.

-Au revoir. -Au revoir.

-Il a l'air de bonne humeur... C'est pour vous, ça.

-Vous avez débranché votre téléphone ? Vous étiez où ?

-Bonjour.

-On a un homicide sur les bras.

-Vous avez aussi une procédure au cul, enfin sur le dos,

devant le Conseil supérieur de la magistrature. A cause de qui ?

-D'un avocat ?

-Ce serait trop simple. Vous savez ce que disait Voltaire ?

Hein ?

"Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Mes ennemis,

je m'en charge."

-Je comprends pas. -Ah ouais ?

Et l'affaire Brunet, vous la comprenez ou je vous la mime ?

-C'est la famille d'accueil qui

avait organisé un faux enlèvement. -Pour éviter de rendre Paloma.

-Ils ont lancé une procédure contre vous, Meyer, et donc,

contre le juge Delcourt.

-Que nous reproche-t-on ?

-Ils considèrent que Meyer a fait preuve de partialité

pendant l'instruction. Vous auriez dit...

Je vais pas chercher,

je vais citer de mémoire.

"Paloma a le droit de connaître sa mère." C'est bien ça ?

-Oui ! Où est le problème ?

-Comment vous saviez que la mère allait récupérer son enfant ?

-Meyer a eu le bon réflexe.

C'était dans l'intérêt

de l'enfant. -Vous écoutez ce que je raconte ?

-L'Aide à l'enfance m'a dit que la demande était en bonne voie.

-Voilà ! Là, on avance.

Une dernière question et attention à votre réponse,

c'est peut-être la dernière.

Répondez-moi ce qui serait bon que j'entende.

Vous n'avez pas rencontré la mère biologique ?

Alors que le jugement n'est pas prononcé, n'est-ce pas ?

-Vous n'avez pas fait ça quand même, Meyer ?

-Je voulais lui donner des nouvelles de Paloma.

-Et voilà !

-Je suis désolée.

-On s'en contrefout !

C'est pas ça qui va sortir Delcourt de ce bourbier. Vous, encore moins.

-Tout ce que vous avez fait pour arriver à cette place

va être balayé en une seconde !

Pourquoi vous m'avez pas dit que vous étiez allée voir Jennifer ?

Vous avez fait une grosse connerie qui va rejaillir sur moi, en plus.

-Je m'excuse. Je voulais juste aider cette gamine,

j'ai oublié de vous en parler. -Tu parles !

Vous saviez ce que vous faisiez.

-Ca me faisait de la peine qu'elle sache pas pour la garde.

-Vous n'êtes pas assistante

sociale. Vous devez rester impartiale, sinon comment

on peut vous faire confiance pour délivrer un jugement ?

Oui, Sentier ?

-J'ai localisé Tessier. On fait quoi ? On le serre ou pas ?

-D'accord.

Je le cuisine ou vous le voulez ?

-Vous l'interrogez. Epargnez-nous le vocabulaire des flics

des années 80, on est en 2017.

-Il est malade, ce mec. -Il veut pas qu'on le serre ?

-Si, mais il faut surveiller

notre façon de parler.

Bon, laisse tomber !

On se met une pile, tu ramènes ta fraise, on va serrer Tessier.

Qu'est-ce qu'il y a ? Ca va pas ?

-Tu crois qu'ils peuvent se tromper en faisant le test ADN ?

-Je sais pas, mon grand.

Qu'est-ce qui t'inquiète ? D'être le père ou de pas l'être ?

-Je crois que je ne sais pas trop.

-Tout ce que je peux te dire, c'est que quel que soit l'âge,

on n'est jamais prêts. Mais on apprend.

De toute façon, si c'est le cas, tu vas pas le rendre.

Fais déjà ce test, d'accord ?

-Allô !

-Ouais. C'était un rendez-vous à rallonge.

-Oui, désolée. Merci !

J'ai vu des appartements super.

-Cool.

-Ca va, mon amour ?

-On en parlera plus tard, j'ai rendez-vous à la fac.

-Tu m'embrasses pas ?

C'est quoi, son problème ? -Rien.

-Il est pas bien ? -Tout va bien, il est en retard.

En même temps, il peut pas être en avance sur tout.

-(As-tu été sage, mon petit amour ?)

-Bon alors, vous venez ?

-Ca va aller, Mme Lalande ?

-Oui.

Merci. -Il se passait des choses étranges

dans la vie de votre mari

ou est-ce que tout allait bien ?

-Notre vie était simple, bien réglée.

Si quelque chose n'avait pas fonctionné, je l'aurais vu.

-Il aurait pu vous cacher quelque chose ?

-Il passait sa vie à sauver

la Terre entière.

Il travaillait énormément.

Il partait tôt le matin, il rentrait tard le soir.

Moi, je m'occupais de tout le reste.

Il a passé des années à se sacrifier pour toutes ses causes.

C'est notre fille.

Chloé ?

-Je peux lui parler ?

-Oui.

-Meyer !

-Quel âge a votre fille ?

-Elle vient d'avoir 18 ans.

-Excusez-moi mais j'ai d'autres questions à vous poser.

-Je suis Constance Meyer.

-Je sais, je vous ai entendus quand vous êtes arrivés.

-Ca va aller ?

-Mon père m'a appris à aller de l'avant.

Je l'admirais.

Il pouvait passer des heures à essayer de résoudre un problème

pour quelqu'un qu'il ne connaissait pas.

Je ne le voyais pas beaucoup.

-On va trouver celui qui a fait ça. -C'est pas ça qui le ramènera.

-Je sais, mais ça va t'aider, crois-moi.

-On s'est couchés vers 22h.

Tout était parfaitement normal.

Philippe a lu et je me suis endormie.

-Et ce matin, vous l'avez vu ?

-Oui.

Il est parti plus tôt que d'habitude.

-Vers quelle heure ?

-Vers 6h30.

Ca m'a étonnée car il n'a même pas pris de café.

-Pardonnez-moi, mais vous habitez

à 10 mn en voiture de l'hôpital et des témoins l'ont vu se garer

sur le parking des urgences à 8h30.

Vous avez une idée de l'endroit où il a pu aller pendant ce temps-là ?

-Ca, je sais pas.

Peut-être qu'il est retourné à l'association.

Je suis désolée.

Il ne m'a rien dit, en tout cas.

Tout semblait normal,

comme d'habitude.

A part qu'il ne rentrerait pas ce soir.

-Jelena Markuzik, ça vous dit quelque chose ?

-Bien sûr.

Ils travaillaient ensemble.

Philippe l'a aidée quand elle est arrivée en France.

Il lui a fait obtenir des papiers,

elle a pu reprendre des études de sage-femme.

Elle est très volontaire.

-Leur relation était professionnelle ?

-Vous avez des éléments qui vous autorisent à me demander ça ?

Vous pensez mon mari capable de me faire une chose pareille ?

-Je cherche un mobile qui aurait pu causer sa mort.

-Mon mari n'entretenait pas de liaison, encore moins avec elle.

Alors ne le faites pas passer

pour ce qu'il n'était pas. -Qu'y a-t-il ?

-Il insinue que ton père aurait pu avoir une relation avec Jelena.

-Je pose des questions.

-Calme-toi, maman.

Personne ne lui veut de mal.

-J'ai besoin d'être seule avec ma fille.

-Ca ne doit pas être simple de vivre avec quelqu'un

qui est plus dévoué aux autres qu'à sa famille.

-La réaction de sa femme n'est pas normale. Elle s'est vite emportée.

-Elle a perdu son mari, ce matin.

Elle a construit sa vie autour de lui.

-Se sacrifier pour un mari parfait, OK, mais s'il a rompu le contrat,

ça donne un mobile. -Elle n'avait pas l'air d'accord.

-Arrêtez de me regarder comme ça, j'ai juste fait mon travail.

-Mais j'ai rien dit. -Vous le pensez très fort.

-Celui qui a déclenché une procédure

devant le CSM, c'est vous ! -Défoulez-vous !

Je pense que la compassion n'est pas un obstacle à la justice.

-Je pense qu'elle empêche le discernement. Il faut être neutre.

-Le juge idéal, c'est un mélange de vous et moi, non ?

-Je commence à avoir une certaine compassion pour votre mari.

Téléphone.

-Oui, Sentier ?

-Qu'est-ce qu'il me veut, Quiring ?

-"Si vous êtes dispo ce soir, on peut dîner

"et parler de votre audience."

-Un problème ?

-Non, rien. Il a dit quoi, Sentier ?

-Tessier a un alibi pour ce matin, il n'était pas à Marseille.

-Allons-y et doucement.

Où étiez-vous

ce matin entre 6h30 et 8h30 ?

-C'est pas ma faute, c'est tout ce que je peux dire.

-Votre faute pour ?

-Pour Alison.

-Racontez-nous, c'est le moment. Après, ce sera trop tard.

-Je savais qu'on dirait que c'était de ma faute si elle allait pas bien

mais je voulais pas ça.

-Vous vouliez pas quoi ?

-J'ai voulu ramener Alison chez elle en moto.

-En moto ?

Enceinte de 8 mois ?

-Je sais.

J'ai glissé dans le virage en bas de chez elle.

Sa tête a cogné le sol, je l'ai amenée

à l'hôpital.

Mais j'ai rien dit,

j'ai eu peur qu'on nous retire l'enfant.

-Je vous redemande :

où étiez-vous ce matin entre 6h30 et 8h30 ?

-Je n'avais aucune raison de me venger de ce médecin et puis,

il avait sauvé mon enfant.

Mais je ne voulais pas qu'on m'accuse.

-Pour la dernière fois,

où étiez-vous ce matin ?

-Dans un car de supporters.

Je rentrais de Metz pour la Coupe de France.

-D'accord.

Vous êtes allé voir un match de foot à l'autre bout de la France,

alors que votre petite amie dans le coma a accouché.

-Et vous n'avez pas pris le temps de reconnaître l'enfant ?

-Si Alison ne s'en sort pas,

comment voulez-vous que je regarde mon fils en face ?

J'y arrive pas.

J'ai eu peur.

Le bébé va bien ?

-Pourquoi ? Ca vous intéresse ?

-Allez le voir, M. Tessier. C'est la meilleure façon de le savoir

et d'aider Alison.

-(C'est qui qui est là ? Qui arrive là ?

(C'est qui ? C'est...

-Ca va pas de m'appeler comme ça. -Je rigole !

Pas la peine de s'énerver. Tu as l'air de tout sauf d'une mamie.

-Je suis la seule à m'inquiéter

pour cet enfant ? -Si on angoisse,

ça l'aidera pas. -Elle est où,

Rebecca ? -Ils sont sortis.

-Sortis !

-Bon allez !

Je vais aller voir mamie Constance parce qu'elle est très énervée.

A tout de suite.

-J'ai une plainte du Conseil de la magistrature.

-Une plainte, tu vas t'en sortir.

-Ce genre de procédure, ça peut être grave.

-Mais grave comment ? Comme ton visage là ?

-Grave, je peux être révoquée. -Tu t'en fais peut-être pour rien.

Comme quand tu croyais avoir raté l'exam, t'es arrivée dans les 1ers.

Fais-moi confiance.

Entre ta fille qui vit en couple comme si elle avait 50 ans,

ton fils qui fait

des enfants au Canada alors qu'il pourrait encore prendre

le biberon le matin et toi ! Heureusement que je suis solide.

Je porte plainte !

-Tu t'arrêtes jamais. -Non.

C'est ce qui t'a plu.

-Oh, des cailles ! -Oui ! Des cailles pour ma caille.

-Et alors, on boit pas ?

-Donc, je ne m'arrête jamais. -Non.

-Sentier est là, Quiring aussi. -Oh non...

-Ton petit-fils ? -T'as rien dit ?

-Non, tu m'as dit de me taire.

-Parce que la situation n'est pas très claire.

-Pour info, le juge Delcourt a son audition auprès du Conseil,

ce soir. -Déjà ?

-Oui.

On n'a pas encore la date pour toi.

J'espère que ça va bien se passer,

parce qu'avec un nouveau-né à la maison, ça change tout.

-Merci, Fanny.

-Le portable de Lalande a borné

le matin de sa mort. -Désolée.

-On vous attendait.

-Le portable de Lalande a borné le matin de sa mort à 7h38.

Il a déclenché un relais

dans la zone de son assoce, c'est là qu'il est allé avant de mourir.

-Ah, d'accord...

-"Ah, d'accord", vous n'avez pas autre chose à dire ?

J'espère que vous serez plus loquace

devant le Conseil.

-J'organiserai

une perquisition pour savoir qui était présent ce matin-là.

Sinon, ça risque d'être compliqué. -Exactement.

-Faites attention avec Lalande. Ici, c'est quelqu'un d'important.

-Oui, et ? -Et rien.

Comme vous êtes déjà sous surveillance,

pas de conneries, hein ?

N'est-ce pas, Meyer ?

-Bonjour.

Juge Delcourt et juge stagiaire Meyer,

on aimerait parler à un responsable.

-Il n'y en a pas, on est tous bénévoles.

-On aimerait voir les listings des membres de l'association.

-Je peux pas vous les donner, c'est confidentiel.

-Pas pour nous, c'est une procédure d'homicide.

-Ne vous inquiétez pas,

on ne va arrêter personne, on enquête sur le meurtre

de Lalande.

Quel genre de femmes viennent ici ? -Ce sont des femmes en détresse.

Beaucoup sont d'origine étrangère, il y a aussi des femmes aisées,

et de tous les âges. -Le professeur

venait souvent ici ? -4 fois par semaine.

Il consultait gratuitement. -Qui était là hier matin ?

-Je peux vous donner la liste des bénévoles de permanence.

Pas besoin de perquisition.

-Bonjour, Mme Lalande.

-Bonjour.

J'étais passée voir si je pouvais me rendre utile à l'association.

-Dans le cadre de la perquisition, vous permettez ?

Pour quelle raison vous avez besoin de consulter ces registres...

confidentiels ?

-Je suis venue voir Jelena, je pensais la trouver ici.

-Pourquoi vous vouliez la voir ?

-Elle est passée chez nous, il y a quelques jours.

Elle voulait parler à Philippe en privé.

Bonjour, Jelena.

-Bonjour, Françoise.

Je...

-Entre.

-Excusez-moi.

-C'était habituel qu'elle vienne chez vous ?

-Non.

Ca m'a surprise.

Je les ai entendus parler d'une patiente syrienne,

venant d'un camp de migrants.

J'ai senti quelque chose qui n'était pas normal.

-Oui ? Qu'est-ce qu'il y a ?

-Rien, je m'inquiétais. -De quoi ?

-Pourquoi Jelena est là ? -Pour le travail, laisse-nous.

-Vous en avez reparlé

avec votre mari ensuite ? -Oui.

Il est venu m'en parler.

Il m'a dit que...

Jelena voulait des jours de repos, rien de plus.

Sur le coup, j'étais rassurée. Je me suis dit que c'était rien.

-Mais quand il est mort, vous avez changé d'avis.

-Je ne veux pas nuire à Jelena, c'est pas le but.

Elle lui a toujours été dévouée, il la respectait.

-Et évidemment, vous n'avez trouvé aucune trace du passage

de cette Syrienne dans le registre.

-Non.

Je sais ce que vous vous dites.

-Je ne me dis rien. Il partageait des secrets professionnels,

ce qui paraît normal quand on travaille ensemble.

-Partager des secrets, c'est le début d'une liaison, non ?

-Oui, Sentier. On a besoin

d'identifier une femme syrienne qui aurait consulté à l'association.

C'est peut-être pas précis, mais on n'a que ça.

Vous faites le tour des hôpitaux, de la Croix-Rouge, les associations

humanitaires, vous interrogez tout le monde. C'est précis, ça !

Très bien, merci.

Pourquoi nous avoir caché que vous aviez rendu visite

au professeur Lalande chez lui ?

-Je ne vous ai rien caché, je pensais pas que c'était important.

-Il serait peut-être temps de nous dire la vérité.

-Je suis allée lui demander des jours de congé.

-Vous étiez malade ? -Non, fatiguée.

Juste fatiguée, rien de grave.

-Vous n'avez pas parlé que de ça ? Vous étiez sa maîtresse.

-Pardon ? Non !

Non.

-Une Syrienne, ça vous dit quelque chose ?

-Je savais que cette histoire allait poser des problèmes.

-Quel genre de problèmes ?

-Il y a 3 jours de ça, j'étais à l'association. Il était tard.

Je finissais de ranger des papiers, le professeur est arrivé avec elle.

-Vous avez son nom ? -Non.

Je lui ai demandé qui c'était, il m'a pas répondu.

Il m'a dit qu'il n'avait pas besoin de mon aide,

je suis repartie.

-Votre aide, pour quoi faire ?

-Pour...

Pour une intervention.

-Quel genre d'intervention ?

-Un avortement.

-Vous savez si elle parlait français ?

-Non.

-Vous pourriez la décrire ?

Donc, je me suis trompé, il était bien fidèle,

mais il pratiquait des avortements clandestins.

-Il faut identifier cette Syrienne. -Comment ?

-Ils ont dû communiquer.

-Mais comment l'avortement et le meurtre peuvent être liés ?

Qui peut vouloir se venger ?

-Le père de l'enfant, un proche, quelqu'un de croyant, même

un militant anti-IVG.

Qu'est-ce qu'il a ?

-Bizarre. Hier, il m'invite à dîner, et là, il m'évite.

-Vous avez parlé de ma plainte ? -Non, mais je n'y suis pas allé.

Je vous l'aurais dit. -Vous êtes là !

-Vous l'avez retrouvée ?

-Non, pas encore, mais on continue de chercher.

J'ai la liste des bénévoles qui s'occupent du camp de migrants.

Des gens qui distribuent

de la nourriture... -D'accord, et ?

-Chloé Lalande est dans cette liste.

-On aimerait parler à votre fille.

-Oui ! Pourquoi ?

-Chloé ? Vous avez mis en relation

votre père avec une migrante syrienne ?

-Qu'est-ce qui s'est passé ?

Chloé !

-C'est moi qui ai demandé à papa de s'occuper d'Azna ce soir-là.

-Quoi ?

-Expliquez-nous un peu mieux.

-Avec des amis du lycée, on distribuait de la nourriture

dans le camp des migrants.

Personne ne le savait.

Azna avait besoin d'aide alors j'ai appelé mon père. C'était pour

qu'il soit fier de moi et pour qu'il l'aide.

Sans-papiers, elle pouvait pas aller à l'hôpital.

-D'accord. Et ? -Il m'a dit d'appeler

un taxi, de l'amener à l'assoce et qu'il s'occuperait d'elle.

-Pourquoi tu m'as rien dit ? -Je sais pas.

Papa m'avait dit de ne pas t'inquiéter avec ça.

Quand je l'ai déposée, il m'a interdit d'entrer.

-Cette jeune femme, tu l'as revue ?

-Non. -Elle a un mari ?

Vous avez un nom ?

-Djafar.

-On doit retrouver le mari. -L'avortement s'est mal passé,

il est revenu pour se venger. -Attendez. De quoi vous parlez ?

Quel avortement ?

Papa ne l'a pas aidée à avorter, il l'a aidée à accoucher.

Qui vous a dit ça ?

...

Pleurs d'un bébé.

-Chut.

On frappe.

-Police !

...

Jelena Markuzik ?

-C'était pas un avortement.

C'était un accouchement.

J'ai menti.

C'est tout ce que j'ai trouvé pour pas qu'on remonte

jusqu'à moi et au bébé.

Philippe était à l'association, c'est lui qui m'a appelée.

Il avait besoin de mon aide.

Azna perdait beaucoup de sang

et la vie du bébé était en danger.

On a fait ce qu'il fallait.

Il a réussi à leur sauver la vie à toutes les 2.

Après, lui, il est rentré chez lui. J'ai essayé de les convaincre

d'aller à l'hôpital mais Azna était terrorisée, elle...

Elle avait peur d'être expulsée, elle voulait aller en Angleterre.

Je ne pouvais pas les laisser comme ça.

Alors, je les ai hébergées pour la nuit.

...

Et le lendemain, quand je me suis réveillée...

Azna ?

...

Azna était partie.

J'avais pas ressenti ça depuis plus de 20 ans.

-Que s'est-il passé il y a 20 ans ?

-J'ai accouché d'un bébé mort-né,

et... c'est Philippe

qui m'a pris en charge.

J'ai trouvé ça tellement injuste que là, c'est un peu comme si...

Comme si on me le rendait.

Elle chante.

...

-Vous avez fait quoi ensuite ?

...

-Je...

...

Je suis allée voir Philippe.

Je lui ai dit que la petite et sa mère étaient parties,

il était... Il était vraiment désolé.

Je lui ai demandé de prendre quelques jours de congé

parce que j'étais fatiguée, un peu malade mais...

Il me connaissait bien.

Je crois que c'est là qu'il a compris.

On frappe.

...

-Jelena, c'est moi, c'est Philippe.

-En fait, je voulais qu'il sache. Je ne voulais plus lui mentir.

-Elles sont ici ?

-Azna est partie, mais le bébé est là.

Philippe !

Attends ! C'est elle qui me l'a laissé.

Elle m'a fait confiance.

-Tu ne peux pas la garder.

-Elle va peut-être revenir, essayer de la retrouver,

c'est mieux qu'elle reste ici.

-Tu ne te rends pas compte de ce que tu fais.

Tu...

Tu dois vraiment être fatiguée.

Bon !

On va confier la petite aux services sociaux.

Après, tu prendras du repos. -Arrête, je suis pas fatiguée.

Je veux la garder, tu comprends ? Je peux m'occuper d'elle.

-Jelena ! Reprends-toi.

Tu n'es pas la mère de cet enfant,

il y a des organismes qui sont là pour s'en occuper.

-Il n'a même pas essayé de...

comprendre ce que je ressentais, rien.

Le bébé pleure.

Philippe ! Je t'en supplie. Je t'en supplie !

-Jelena, il le faut ! -S'il te plaît.

Et là, je suis devenue comme folle.

Je voulais protéger la petite.

Et je l'ai frappé.

Je sais pas ce qui m'a pris. -Qu'est-ce que...

-Attends, laisse-moi... -Me touche pas.

Je... Je préviens les services sociaux...

qu'à 15 heures...

tu m'amènes à l'hôpital.

On trouvera une histoire...

qui tienne la route.

-Mais je peux pas l'expliquer.

Je ne voulais pas le tuer.

Après, j'ai raconté cette histoire d'avortement et on m'a crue.

J'ai menti à tout le monde et tout le monde m'a crue.

-Qu'est-ce que vous comptiez faire ?

-Je sais pas, j'étais bien avec elle. J'étais heureuse.

Je voulais juste...

Je voulais juste que ça continue.

Vous allez faire attention à elle, hein ?

-Vous avez une chance de retrouver sa mère ?

-On a lancé la police des frontières sur sa trace.

-Elle devait pas avoir le choix pour laisser sa fille comme ça.

-Meyer, que faites-vous là ?

-Je suis venue voir une amie qui vient d'accoucher.

-Moi aussi, je suis venu passer prendre de ses nouvelles.

-Attention, vous pourriez avoir une plainte.

-Je viens d'être auditionné au sujet de votre procédure.

-Comment ça s'est passé ? -Pas très bien, je dirais.

Je leur ai expliqué qu'un peu de compassion était nécessaire.

C'est l'esprit et la lettre. -Pas sûre qu'ils vous aient écouté.

-Moi non plus, mais je l'ai dit quand même.

Je vous fais confiance, ne baissez pas les bras.

C'est qu'une audition. Vous avez traversé bien pire, non ?

M. le procureur !

-Ah, Boris !

Un problème avec l'audition ? -Non, je voulais vous voir pour

autre chose. Je ne suis pas là en tant que magistrat mais

en tant que fils.

-On va dans mon bureau ?

-Non, ce ne sera pas nécessaire.

En tant que fils, je n'ai pas à me mêler de la vie sentimentale

de ma mère. Je vois bien

ce que vous faites, mais pas besoin d'avoir mon accord et on n'a pas

à développer des liens car vous avez une histoire avec ma mère.

-Ce n'est pas du tout...

-Tant que nos rapports resteront professionnels,

tout ira bien pour moi.

-Bien.

D'accord, Boris.

-Bonne soirée, M. le procureur.

-Bonne soirée.

-Bon, tu l'ouvres ou pas ?

-Je crois que je flippe. -Tu veux que je le fasse ?

-Ouais, vas-y.

-Alors...

Les nommés pour la meilleure tata sont Alice Meyer dans...

-C'est pas drôle là ! Alors ?

-Je sais pas, je comprends rien. -Donne-moi ça.

-Je te laisse leur annoncer.

-Alors ?

-Alors c'est mon fils.

-C'est vrai ?

Félicitations, mon grand ! J'étais sûr que c'était un Meyer,

il est beau, il est grand, il sent bon...

-Comment je vais faire avec ma vie, mes potes, mes études ?

-Tu vas t'appuyer sur tes parents. Ca sert à ça, les parents.

-Rebecca, viens !

-Mon fils, bienvenue dans le monde des...

Dans le monde des pères ! -Des papas !

-Viens ! Venez, mes chéris.

-C'est tellement mignon.

Vous êtes prêts ? -Oui !

-A la une, à la deux, à la trois !

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