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C'est chiant, parrain. À mon avis, Cliford, vous devriez faire donner le
relais des chiens. Après, s'il s'est oublié des bouches, il sera sans tard.
Vous me rendrez service, ma chère Ida, en me laissant diriger mon équipage,
comme je l'entends. Bien, bien. Moi, ce que j'en disais, vous savez.
Allez-y. La direction démarre, monsieur. Merci.
Pour moi, c'est un cochon qui va se serpenter dans un trou d'eau ou un côté.
Oui, je crois bien aussi, parrain.
Mais elle a fait une assez belle chasse, n'est-ce pas? Très belle chasse. Très
belle chasse.
qui donneront le signal.
Tu ne restes pas pour la purée ? Moi ? Non.
Un accident à la nuit, certainement.
Mais poursuivez sans moi, je vous en prie.
Allez, je crois qu'on a besoin d'eux.
Où est votre mari ? Il a voulu descendre dans la mine, je n'ai pas pu l'en
empêcher. C'est grave ? On a déjà remonté un mot à trois blessés.
On attend de savoir s'il y en a d'autres.
Comment est-ce arrivé ? Si j'ai bien compris, c'est une galerie provisoire
qui s'est effondrée.
Vous savez, quand on prospecte un euro filant, une map d'eau qui éclate, un
boisage qui sèche, ça arrive.
Vous avez dit, Sir Clifford, que dans ce terrain-là, nous courions un à l'autre.
Qu'est-ce que vous voulez faire ? Des parades à 600 mètres de parbandes qui
tournent toujours à côté, disons ? J'avais raison,
Constance.
Nous tenons le plus important gisement de la région.
Et personne ne voulait me croire.
Vous aviez raison, Sir Clifford.
Mais les soubriqués ne comprennent pas qu'on prenne des risques pareils.
Ce sont les risques de leur métier, mon cher.
Cela fait partie des règles de jeu.
J'en sais quelque chose, moi.
Le but qui m'a broyé les gens pendant la guerre faisait partie aussi des règles
de jeu.
Faites aux familles les condoléances au nom de la compagnie.
Le déchâtelé passera à voir les femmes.
Dommage qu'il ne soit pas premier au fond, celui-là.
Alors, mon cher Ticor, si j'ai bien compris, ce nouveau puits va s'ouvrir au
milieu de ton parc.
Je l'instaurerai sur la pelouse, si c'était utile.
Mais alors, si je comprends bien, tu vas me faire gagner beaucoup d'argent, mon
garçon. Oui, parrain.
Nous allons être la compagnie la plus forte du groupement.
Je le voulais, j'y suis arrivé.
Du fond de mon fauteuil, un roulette avec mes jambes mortes.
C'est vrai que j'ai eu Constance.
Constance, vous n'êtes pas obligé de vous conduire en héroïne pour le restant
de vos jours.
Parce que le hasard de la guerre a fait de votre mari un héros.
Vous n'écoutez plus.
À quoi pensez-vous ? Ah, rien, je l'en sais.
Vous disiez ? Je disais qu'il est affligeant de voir ce beau corps vivre
une existence de nonne.
Je conçois que vous ayez pour pit-fog une grande tendresse.
Mais l'essentiel de l'amour manque, Constance.
J'ai une question que je ne me pose pas.
Nunc respicit Ophéus.
Mais tu es resté très fort en latin.
C'est une merveilleuse phrase sur Ophéus et Odysse, lorsqu'ils sont un peu morts
tous les deux et qu'ils ne craignent plus de la perdre.
Constance, ma chérie, vous soyez gentille de me trouver dans la
bibliothèque mon exemplaire d'Ovid.
Laissez-les à moi, nous nous perdons dans une citation.
J'y vais.
Fallait largement demander à Timmy de parler moins.
Constance est vraiment merveilleuse avec toi.
Ça, c'est une chose curieuse, parrain.
Quand Constance est absente, j'ai froid aux jambes.
Décidément, vous ne me suivez pas.
Constance.
Non, Michaelis, je vous en prie.
Constance.
Mais enfin, Constance, vous n'accepterez jamais qu'un homme... Écoutez-moi,
Michaelis.
Quand Clifford est revenu de la guerre avec la moitié du corps en miettes, au
bout de quelque temps, je me suis révoltée contre le sort qui me privait
de ce que vous appelez l'essentiel de l'amour.
Alors j'ai écouté un homme qui me disait à peu près ce que vous m'avez dit ce
soir.
Ça aurait pu être vous si vous étiez passée à ce moment-là.
J'ai très vite renoncé.
Je n'y trouvais pas de plaisir et je n'aime pas tricher.
À présent, je suis tranquille.
Il m'est seulement désagréable d'être considérée comme un objet de pitié ou
comme une proie désignée sous prétexte que je suis la femme d'un infirme.
Maintenant, s'il est absolument nécessaire à votre vanité de m'avoir
embrassée, eh bien faites-le si vous en avez encore envie.
Non, Constance.
Pas dans ces conditions.
Vous voyez que ce n'était pas bien grave.
Vous feriez beaucoup mieux de devenir l'amant de ma soeur. Mais je l'ai été.
Vous pouvez aller dormir, Lewis.
Je vous ai gardé bien tard.
Bonsoir. Bonsoir, madame. Bonsoir, monsieur.
Bonsoir, Lewis.
Vous n'êtes pas trop fatigué, mon chéri ? Non, absolument pas.
Vous avez vraiment une résistance extraordinaire.
Vous avez entendu ce que les gens disaient quand nous avons quitté la mine
après l'accident ? Oui, j'ai entendu.
Dommage qu'il ne soit pas crevé au fond.
Il souhaite tout ce que je crève.
Il ne pense qu'à ma mort.
Comme ça, il pourra reprendre la mine.
Il aurait fallu que j'ai un fils.
J'ai toujours regretté de ne pas avoir un enfant de vous, Clifford.
Vous le savez.
Nous avons vu tout, sauf cela.
Elle était beau, notre amour.
Depuis ce premier jour, quand nous sommes avancés l'un vers l'autre en
souriant, sans nous connaître.
Jusqu'à ce matin gris de la guerre, quand je suis revenu sur cette petite
voiture.
Vous avez posé votre main sur mon bras, sans rien me dire.
Tout était impossible ce jour-là.
Vous avez tout rendu possible en posant votre main sur moi.
Est-ce que je vous ai assez dit merci, Constance?
Oh, mon chéri.
J'en arrive à me demander s'il ne serait pas souhaitable
que vous ayez un enfant de notre âme.
Je vous ai heurté, mon amour.
Je vous fais de la peine.
Non, je suis surprise.
Mais vous me comprenez.
Oui, je vous comprends.
Évidemment, la chose n'est pensable que pour des gens très évolués, tels que
nous.
Notre amour ne serait pas en cause.
Au contraire.
Je ne sais pas, je suis incapable d'imaginer.
Je vais dormir maintenant.
Bonne nuit, ma chère.
Bonsoir.
Vous ne m'embrassez pas ?
Réfléchissez.
Vous verrez que j'ai raison.
Dans combien de temps croyez-vous qu'on puisse commencer les travaux ? Dans un
mois, en comptant largement, Sir Clifford. Les experts seront là demain
pour les repérages.
Vous savez que votre nouveau garde est un homme difficile.
Prévenez-le qu'il ne leur tire pas dessus s'il les rencontre dans ses bois.
J'y ai pensé.
Le déchâtelier qui monte ce matin en forêt va passer la voiture.
Excusez ma tenue, madame. Je n'attendais pas de visite.
Oh, ça ne fait rien.
Sir Clifford m'a chargé de vous dire que les ingénieurs de la mine vont avoir
affaire dans le parc.
Entendu, madame. Je les laisserai passer.
Laurent, j'en croise.
Je crois que ça va tomber.
Vous ne voulez pas vous abriter un moment ? Non, merci.
J'aurai le temps de rentrer.
Vous étiez sur le recours, madame.
Merci.
Vous avez raison.
Je le savais. Je suis du pays.
Je connais le temps.
Ne prenez pas la peine, je vous en prie.
Flash, couchez.
Non, non, laissez. J'adore les chiens. Là, il va vous salir.
Flash, couchez.
Que vous faites là ? Je prépare les nids pour les poules
couveuses auxquelles on met les œufs de faisan.
Pourquoi le faites-vous couper dans le sable ? Les faisans ne font leur nid
dans la terre.
Le sable remplace l'heure.
L'orage est passé, madame.
Ce que je ferai, c'est un moment.
J'espère que je ne vous gêne pas.
Madame n'a pas à me demander de permission. Madame est chez elle.
Et de revenir quelquefois dans cette cabane, je peux vous en demander la
permission ? J'y travaille, madame.
Ça ne me dérange pas, vous savez.
Sœur, Clifford veut que j'élève des faisans.
Je pourrais trouver un coin pour les élever ailleurs, si madame a besoin de
cette cabane pour son usage personnel.
Non, non, ne faites rien.
Je n'ai absolument pas besoin de cette cabane.
Je disais ça...
Faut-il venir vous aider ? Oui, je vous en prie.
Laissez-moi voir.
Oui.
Là, vous souffrez ? Oui, beaucoup.
Vous avez dû vous démettre ou vous faîlez quelque chose ? L'humérus,
probablement.
C'est bien peur qu'on soit obligé de vous mettre en place.
Comment savez-vous ça ? Vous avez aussi des connaissances médicales ?
J'ai été soldat.
La guerre m'a appris bien des choses.
La solitude aussi.
Je vais vous remettre à cheval.
Je vais vous raccompagner.
Allez, viens.
C'est votre jument qui a fait une faute ? Non, c'est moi.
J'ai hésité devant l'obstacle.
Bien, bien, ma chère.
Nous voilà tous les deux.
C'est encore heureux que le garde-chasse se soit trouvé là.
Je ne le connaissais pas.
Comment l'avez-vous engagé, Clifford ? Il n'y a que trois mois, il a remplacé
Smith. Son père a été forgeron-chef à la mine.
D'ailleurs, il a été mineur, lui aussi, à un moment.
Oui.
Pendant la guerre, il a été nommé officier.
Résultat, c'est maintenant un déclassé.
Mais c'est aussi difficile de trouver un bon garde.
Il n'a qu'un seul défaut, mais il est taille. C'est sa femme.
Oui, je sais.
Ils s'en séparaient. Et depuis, il vit tout seul.
Et elle, lui, avec le reste du pays ? Il faudra faire une radio.
Mais il est à peu près certain que le numéros est cassé, madame.
Je suis désolée, Clifford.
C'est à cause de vous qu'il va s'occuper de vos jambes.
Alors, est-ce bientôt fait, madame Bolton ? Tout de suite, sir Clifford,
tout de suite.
Eh bien, est-ce fini ?
Mon Dieu que nous sommes impatients. Voilà, c'est fait.
Je vois que je n'arrive pas encore à aller aussi vite que Lady Chatterley.
Mais si, vous allez aussi vite.
Et même, je te reconnais, vous le faites mieux.
Seulement, je ne suis pas Lady Chatterley.
Rien ne remplace la main d'une épouse.
Vous me soignez très bien, Madame Bolton.
Ce sera tout de même très agréable quand Lady Chatterley pourra recommencer à s
'occuper de vous.
Le docteur Patridge est en train de lui enlever son plâtre.
Pas de douleur ? Une petite gêne ? Non, pas de peine. Alors, docteur, je peux
vraiment partir sans aucune inquiétude ? Ma sœur n'a plus besoin de moi ?
Absolument que, madame.
Un léger sentiment de gêne pendant quelques jours et il n'y paraît pas
plus. Et si vous voulez repasser, il faudra repasser à un autre endroit.
Celui-là, maintenant, est sali. Au revoir, les déchets. Merci, docteur.
Est-ce que vous allez s'enlever, madame ? On est en train, madame.
C'est amusant, j'ai l'impression d'avoir ce bras plus léger que l'autre.
Eh bien, ma petite Constance a quelque chose de malheur et bon. Ta fracture
aura prouvé que ton mari peut très bien se passer de toi.
Tu crois ? Mais voyons.
Tu vas me faire le plaisir de garder la mère Bolton.
Elle est ton ange, cette femme-là.
Et puis pour toi, fini l'esclavage.
Je voudrais bien que tu perdes cette mine de papier mâché.
C'est rien, ça.
Et que j'aurais fait ma vie normale.
Mais prenais le grand-père.
Mais Constance, tu n'as pas une vie normale.
Ce n'est pas de prendre n'importe où que tu as besoin.
Où ai-je besoin, selon toi ? De faire comme tout le monde, de prendre un
amant.
Écoute-moi bien, Hilda, je suis heureuse. J'aime Clifford.
Ma vie est toute simple.
Je me réveille le matin, je me dis qu'il vient dormir.
Je vais dans sa chambre, je lui fais sa toilette.
S'il fait beau, je vais un peu au jardin.
Et puis, après le déjeuner, il dort un moment.
Et puis, c'est l'heure du thé, il me fait un peu la lecture.
Et puis ? Et puis nous nous guidons pour nous habiller pour le dîner.
Après le dîner, nous jouons aux échecs, nous parlons.
Puis après le dîner vient la nuit.
Mais il n'y a pas que les nuits. Non, mais il y en a tout de même autant que
le jour, il ne faut pas l'oublier.
Je ne connais rien de plus nostalgique que le récit de ton bonheur, ma chérie.
Je vais dire à Clifford que cet été, qu'il le veuille ou non, je t'emmène à
Venise. Mais il ne voudra jamais.
Moi, je vais lui dire deux mots avant de partir à mon cher beau-frère.
Il y a des années qu'elle n'a pas changé d'air. J'exige qu'elle vienne avec moi à
Venise cet été. Ne vous énervez pas, Ilda. C'est inutile.
Je suis entièrement de votre avis.
Constance a besoin des vacances. Elle ira à Venise avec vous.
Mais Clifford, comment ferez-vous sans moi ? Je vous regretterai.
Et je vous attendrai.
Et Mme Bodrum s'occupera de moi.
Et elle commence à prendre très bien mes habitudes.
Parce que vous comptez garder Mme Bolton ? Ses soins étaient tellement fastidiés
pour vos constances.
Au revoir, ma petite Hilda.
Faites un bon retour.
Et merci.
Au revoir, Clifford.
Accompagne-moi, je te laisse en bas du parc.
Vous m'avez beaucoup touchée, Clifford, pour Venise.
Je suis sûre que ça me fera beaucoup de bien.
J'en suis sûr aussi.
Pourquoi ne venez-vous pas avec nous ? La mine peut tout de même se passer de
vous pendant un mois.
La mine peut en effet se passer de moi.
Mais il vaut beaucoup mieux que vous soyez seul. Je ne pourrais que vous
gêner.
Gêner ? Mais en quoi, grand Dieu ? Pour ce dont je vous ai parlé avant votre
accident.
Avant mon accident ? Ce voyage peut être une excellente occasion pour vous.
D'avoir cet enfant que nous souhaitons tous les deux.
Clifford, je me demande parfois si vous m'aimez.
N'est-ce pas la plus belle preuve d'amour que je puisse vous donner que de
désirer un enfant né de vous ? Né de moi ? Et d'un autre homme ?
Tel que je vous connais, Constance, vous serez incapable de choisir un homme mal.
Alors vous envisagez froidement... Moi, j'aurais évidemment là une formalité.
Excusez-moi, je veux dire... un sacrifice de votre part.
Mais... puisque nous l'aurions désiré ensemble, cela serait presque
comme si nous l'avions eu ensemble, cet enfant.
J'aurais tant voulu avoir un enfant.
Quand vous êtes revenu de la guerre, Clifford...
Je l'ai pleuré comme s'il était mort, notre enfant.
Il ne peut plus naître, maintenant.
Mais l'important, ce n'est pas de faire un enfant.
Il ne faut tout de même pas accorder une importance exagérée à ses gestes. L
'important, c'est de l'élever.
Donnez-moi un fils d'un n'importe quel homme sain, normalement intelligent, et
j'en ferai un chatelet capable de me succéder ici.
Mais personne ne pourra croire.
Je suis guéri.
Ne croyez pas que je pourrais guérir.
Certains blessés, peut-être, moins attendent que moi, ont été guéris.
Le médecin affirmera qu'il m'a guéri.
Et cet enfant sera le mien.
Mais enfin, Clifford, l'homme qui fera réellement ce fils m'approchera, enfin.
L'amant que vous avez eu,
Quand vous étiez étudiante à l'étranger avant notre mariage. Je ne vous aimais
pas. Y pensez-vous depuis souvent ? Mais non.
Non.
Les rapports, purement sexuels, si on ne les grandit pas autre mesure avec la
littérature, passent comme l'accouplement des oiseaux. L'esprit n
'en retient rien.
Mon esprit, en tout cas, est décidé à n'en rien retenir.
Le destin me miroir de combat.
Mais je suis résolu à être plus fort que lui.
Mais enfin, Constance, l'amour, c'est la vie que nous avons.
C'est cette entente tous les instants, nos habitudes comme une.
Ne pensez pas seulement à ce qui est bas.
Je n'avais pas pensé bas que de refuser de faire un enfant sans amour.
Le fils de Cavaline, c'est Marie.
Avec qui ? Je vais vous dire.
On annonce les fiançailles du lieutenant de Vesseur, Axel Sandé-Cavaline,
Lorraine Regal, fils aîné de Contre-Marne-Cavaline, avec l'aide de
Barbara Mardel, fille unique de Thélode Mardel.
Ce n'est pas cette petite blonde qui est venue se tirer à la chasse avec les
Cavalines ? Il me semble.
En tout cas, elle a posé une belle fortune.
Il est moins mauvais que d'habitude.
Je vous ai mis quelques gouttes de fleurs d'oranger pour essayer.
Vous êtes pleine d'attention, Madame Bolton.
Vous cherchez tout ce qui peut me faire plaisir.
Beau temps, n'est-ce pas, Lady Chatterley?
Pourquoi restez-vous enfermée une promenade qui vous ferait du bien?
Vous avez votre petit visage aujourd'hui.
Vous ne voulez pas sortir, Clifford ? Non, merci, je suis très bien ici.
Vous n'avez pas envie de respirer autre chose que cette odeur de soufre ? Ça ne
me gêne pas.
C'est mon oxygène, moi.
Mais allez-vous-même, ne vous gênez pas pour moi.
Bonjour madame.
Qu'est-ce que vous êtes en train de faire ? Je ramasse des aies de fourmis.
Pourquoi ? Pour nourrir les petits faisans.
Vous venez les voir ? Si vous voulez.
Mal au cœur de voir saigner une belle forêt de cette façon.
Moi aussi je trouve ça triste, mais il le faut. Il le faut ? Pourquoi ? Pour
gagner plus d'argent.
... ... ... ...
Il y a pas de quoi pleurer.
Merci.
Venez.
Je vous raccompagnerai jusqu'au bar.
Vous regrettez ? Oh non.
Et vous ? Regretter ça, non.
Mais il y a tout le reste.
Quel reste ?
Vous voyez que vous regrettez ? En un sens, oui.
Je croyais en avoir fini avec toutes ces choses et voilà que j'ai recommencé.
Recommencer quoi ? La vie.
Il n'y a pas moyen de l'éviter.
Si on l'évite, autant mourir.
Vous me détestez maintenant ? Non, je ne vous déteste pas.
Si seulement il n'y avait pas tant d'autres gens dans le monde.
Je crois qu'il vaut mieux que je ne vous accompagne pas plus loin.
Bonsoir.
Vous voulez que je revienne ? Bien sûr.
Enfin, c'est vous qui déciderez.
La conquête de Crosmore a donné naissance à un fils samedi à Londres.
La démagrée de Crowley a donné naissance à... Ça ne vous intéresse pas, il me
semble.
Ah, si, si, Clifford, je vous écoute.
Ah, l'exactitude même.
Je m'excuse, Clifford. Je vais me reposer un peu.
Vous ne vous sentez pas bien, Lily Chatterley?
Ah, si, un peu fatiguée. Ce n'est rien.
Ça allait finir par me faire aimer les potions, Mme Bolton. Ce serait un grand
succès, Sœur Clifford.
Je vais prendre un peu l'air.
Est-ce qu'on ne va pas bavarder si vous venez ici chaque soir ? Personne ne
sait.
On le saura bientôt.
Pourquoi ? On sait toujours.
Et qu'est-ce que vous ferez quand on saura ? Vous y avez pensé.
Le domestique de votre mari.
Je n'y peux rien.
Vous pouvez ne pas venir si vous voulez.
Je ne le veux pas.
Pensez-y.
Que ferez-vous si on ne l'a pas en sorte plus fort de tout le monde ? Eh bien, je
pourrais m'en aller. Où ? Je ne sais pas, n'importe où.
Vous savez où c'est, vous, n'importe où ? Vous êtes Lady Chatterley, je suis un
garde-chasse.
Si j'étais un gentleman, ce serait différent.
Alors, vous ne voulez plus ? Je ne voudrais pas qu'il soit trop tard.
Il faut y penser.
C'est pour vous que vous avez peur ? Oui.
Oui, j'ai peur.
Je réfléchis.
J'ai peur des choses, des gens. Je me moque des gens. Je me moque de ce qu'ils
peuvent penser.
Vous dites ça.
Vous dites ça parce que juste en ce moment, vous n'avez qu'une idée, venir
dans la cabane.
Tant pis.
Tant pis pour le reste. Venez.
Mais tu es nue.
Tu es nue sous ta robe, tu ne le disais pas.
Qu'est-ce que tu as ? Ça me fait drôle d'effet que vous me tutoyiez.
Je veux que ce soit seulement ma main qui prenne des libertés avec toi.
Il faut que je m'en aille.
Qu'est-ce que tu as ? Je ne peux pas vous aimer.
Tu ne peux pas ? Eh bien, ne t'en occupe pas.
Je voudrais vous aimer, mais je ne peux pas.
C'est horrible.
Mon chéri,
tu es restée une jeune fille.
Aujourd'hui, tu étais absente très loin, au bout du monde.
Pendant que je t'aimais.
Ça arrive, tu sais.
Faut pas en faire un drame.
La vie d'un homme et d'une femme est faite de jours ajoutés aux jours
patients.
C'est l'humble, l'amour, et laborieux, et patient.
Au fond, ça n'est pas pour les riches.
Il y a eu aujourd'hui, il y aura demain.
Demain, nous serons peut-être tout près là-dessus.
Si je ne peux pas vous aimer, alors c'est pas horrible.
Ne pense pas.
Si tu penses, tu contraries tout ce qui dans toi veut bien aimer.
Nos mains, elles se connaissent.
Laisse-les faire seules.
Aujourd'hui, tu m'es devenue étrangère, Tonaco, parce que je t'ai dit tu.
Tu crois que je ne l'ai pas vue ? Tu me laissais faire les gestes.
Tu étais déjà rentré au château.
Au milieu de tes domestiques et des invités, tu t'effarais là-bas qu'on
avait pu te dire tu.
Tu sens bon.
Bonsoir, madame.
Pourquoi avez-vous dit ça ? Pour rien.
Bonsoir.
Je me demandais si vous étiez perdue.
Sœur Clifford ne m'a pas demandé ? Non, d'ailleurs le gang n'a pas encore sonné.
Venez faire la table et deviner la garde, s'il vous plaît.
Constance, nous vous attendons pour servir le thé.
Demandez à Mme Bolton de le faire, je monte chez moi.
C'est pas à Mme Bolton de tenir le rôle de maîtresse de maison.
Le thé n'est pas une cérémonie religieuse. Le monde ne va pas s
'écrouler parce que je n'aurai pas servi le thé. Mais enfin, Constance.
Je vous demande pardon, chérie.
Je me sens à vous, je ne sais pas pourquoi.
Je voudrais m'en aller, m'éloigner un peu d'ici.
Partons pour Venise.
Quel caprice incompréhensible.
Vous y irez dans un mois avec Hilda ? Mais non, un mois, c'est trop loin.
Partons maintenant, tous les deux.
Partir tous les deux ? Mais quelle idée saugrenue.
Ma chère Constance, vous êtes dans cet état parce que vous êtes assez vraie.
Non, vous ne comprenez pas.
Laissez-moi parler.
Depuis 15 jours, vous avez tourné en rond sur votre cheval et c'est tout.
Vous avez même cessé de faire vos promenades en forêt.
Vous devriez vous intéresser à quelque chose.
Je sais bien que la mine ne vous intéresse pas. Clifford, je vous en
prie. Quoi ? Clifford.
Enfin quoi ? Rien.
Si je comprends bien, c'est moi qui vais servir le thé.
Depuis quelque temps, Constance est vraiment trop nerveuse. Des excuses, mon
Dieu, là, des excuses.
Les excuses ne constituent pas les raisons.
Et Constance a toujours très bien compris que la bonne éducation consiste
à éviter de rendre la vie odieuse à ses semblables, même si on a des excuses.
J'aurais moi-même si je voulais ce qu'on peut appeler des excuses.
Moi, il y a douze ans, madame, que mon mari est mort.
Comment vivez-vous depuis, madame Bolton ? Comme ça, de la vie des autres.
Vous n'avez jamais cherché à le remplacer ? Non, ça n'aurait pas eu de
sens.
Ce que j'ai connu avec mon mari, ça ne se retrouve pas.
C'est la mine qui l'a été tuée ? Ici, dans le pays, c'est toujours la mine qui
nous les prend.
ou le coulcrisou, ou la maladie qui vient d'aussi d'elle, mais plus
lentement.
Vous étiez heureux tous les deux ? Comme l'homme et la femme quand ils sont bien
couplés, madame.
Presque aussi fort que le loup et la louve, avec le louveteau entre eux.
Seulement, les enfants grandissent, ils nous quittent, tandis que l'homme et la
femme... Ça a dû être affreux pour vous.
Au début, je répétais comme une idiote. Mon petit, pourquoi m'as-tu quitté ?
Je me réveillais et je pensais, mais pourquoi n'est-il pas dans le lit à côté
de moi ? Il m'a fallu des années pour comprendre qu'il ne
reviendrait pas, que je ne sentirais plus jamais la chaleur de son corps.
La chaleur de son corps ? Oui, c'est ça, sa chaleur.
Je sais que s'il y a un ciel, il sera là et il se couchera contre moi.
Pour que je puisse dormir.
Sinon, c'est qu'il n'y aura pas de ciel.
C'est donc si beau que ça.
Et ça peut durer, vous croyez, cette chaleur ? Oh, madame, qu'est-ce qu'il y
a d'autre qui puisse durer ?
Je croyais qu'on ne devait pas dévoiser dans ce secteur.
Je croyais qu'on ne devait pas dévoiser dans ce secteur.
C
'est
bon.
Dire que vous abattez tout ça.
Je sais bien que cette forêt était belle. Je l'ai su avant vous.
Petit garçon, je me suis nourri de cette forêt.
C'était ma forêt.
Je vous assure, j'y ai couru avant de m'y faire rouler comme une
loque.
Mais la loque peut décider même de sa chaise.
On n'a pas trop.
Mais la forêt d'acier qui s'élèvera au cours du puits sera encore plus belle.
Pour avoir davantage d'argent.
Maintenant, vous savez très bien, c'est pour être plus fort.
Et vous avez besoin d'être fort sur cette chaise.
C'est la première fois, Constance, que je n'ai honte devant vous.
Laissez-moi, je vous prie.
Je continuerai, celle-là.
Dépechez vos envoyants quand on vous appelle.
Vous êtes odieux. Pourquoi ? Parce que je vis à mon garde ce français.
Je lui donne 30 000 francs par mois et une maison pour vous aider de ce
service. Ça fait, je vous dirais, garder votre maison avec 30 000 francs.
Il serait enchanté de le dire.
Mais c'est un luxe qui ne peut pas se rire.
Sortez-moi d'ici, Malence.
C'est quoi que le mot d'arrêt, grand-père ? Il faut me pousser.
Et vous êtes ridicule, Constance. Mais on se peut très bien le faire tout seul.
C'est ridicule.
Ridicule.
On m'avait dit qu'un jour, il faudrait que je vienne au cottage.
Me voilà.
Je me suis sauvée.
Je rentrerai au matin avant qu'il se réveille.
Vous êtes venu.
Autant être pendu pour un mouton, pour un agneau.
Vous dînez seulement ? Oui.
Je fais toujours une tournée la nuit tombée. Je mange après.
Vous voulez du thé ? Oui, mais c'est moi qui vais le faire.
Faut-il enlever votre assiette ? Si vous voulez.
L'été est sur la cheminée.
Laissez-le dans l'armoire.
Tu vas, tu viens dans cette maison.
Tu as l'air d'être ma femme depuis toujours.
Il y a seulement trois semaines, quand tu me rencontrais, tu avais envie de me
gifler.
Et cette nuit, tu as quitté ton château pour me rejoindre.
J'ai venu toute seule à travers le bois.
Quel courage.
Ça vous amuse de me servir ? Ça ne m'amuse pas, ça me paraît naturel.
Moi aussi.
C'est vous ? Oui.
Cette photo a été prise quelque temps avant mon mariage, quand j'avais 21 ans.
Vous l'aimez ? Quoi ? Ce portrait.
J'ai aimé ce portrait.
Mais elle, elle avait tout arrangé pour le faire.
Elle voulait avoir sa photo agrandie comme une actrice de cinéma.
Si vous ne l'aimez pas, pourquoi le gardez-vous là ? Oh, je ne sais pas. Je
ne le regarde jamais.
Vous savez même plus qu'il était là.
Alors pourquoi ne le brûlez-vous pas ? Vous avez raison.
Voilà bien ce que j'étais.
Un jeune curé.
Voilà bien ce qu'elle était, une bravache.
Le puceau et la bravache.
Il ne faudrait jamais garder ces choses-là. Il ne faudrait jamais les
faire faire, surtout.
Vous aimiez votre femme ? Aimer ? Aimer, vous sœurs clifordes.
Mais, vous teniez à elle ? Moi, tenir à elle ? Je ne peux même pas penser à elle
sans avoir envie de vomir.
Alors, pourquoi ne divorcez-vous pas ? C'est horreur des juges et des
tribunaux.
Mais un jour, elle reviendra et...
Vous serez forcé de la reprendre.
Jamais.
Pourquoi l'avez-vous épousée ? Elle était votre inférieure.
Mme Bolton m'a parlé d'elle. Elle n'a jamais pu comprendre pourquoi vous l
'aviez épousée.
J'étais très jeune.
Je venais d'avoir ma première maîtresse, l'ensemble.
La fille d'un instituteur, une mijaurée qui prétendait que la moi est une chose
dégoûtante. Tu sais, une de ces femmes qui veulent un grand amour dans les
nuages.
Puis Bertha est arrivée.
Ça m'a changé.
Celle-là ne me repoussait pas.
Au contraire.
Même pour le feu, c'est pas bon.
Pourquoi n'êtes-vous pas restés heureux ensemble ? Moi, je vais te dire.
Tu comprends ? Il y a deux sortes de femmes.
Celles qui veulent un homme pour pouvoir dire qu'elles en ont un, comme elles
veulent une cuisinière électrique ou un aspirateur, mais qui ne veulent pas de
son corps.
Elles s'y résignent comme un mal nécessaire, c'est tout.
Elles restent étendues comme des souches.
Ça les ennuie un peu, mais ça leur est égal.
Et puis, il y a celles qui veulent tout connaître, tout savoir.
Toutes les caresses, les sensations.
Celles qui ont besoin d'un instrument, pas d'autre chose.
C'est pas un homme qu'elles veulent, c'est l'instrument de leur plaisir.
Entre les deux, il y a peut-être les vraies femmes, capables de partager,
tout simplement.
Peut-être.
Une femme qui aurait compris.
Une qui serait que l'homme et la femme qui s'accouplent si le cœur est chaud en
même temps.
C'est encore ce qu'il y a de plus honnête et de plus fière sur cette
terre.
Si le cœur est chaud en même temps.
Seulement, il faudrait qu'une femme comme ça existe.
Je ne sais pas ce que c'est que de croire à une femme.
Mais à quoi croyez-vous donc alors ? Je ne sais pas.
À rien ?
Comme tous les hommes que j'ai connus.
Je ne crois à rien parce que vous ne croyez à rien.
Vous ne voulez qu'une aventure sensuelle toute, ou du roman comme dans les
magazines.
Mais rien donné de vrai.
Rien de vous-même.
Jamais.
Je crois qu'il vaut mieux que vous partiez.
Mais je ne peux pas rentrer avant le matin, maintenant.
Eh bien, vous irez coucher en haut.
Moi, je dormirai en bas.
Alors, c'est moi qui sortirai.
Mais... Mais qu'est-ce qui est arrivé entre nous ?
Mon chéri, ne nous disputons jamais. Ne nous quittons jamais.
Nous n'avons que nous deux au monde.
Si on m'avait dit,
je crois que je serais morte de honte.
Et maintenant, c'est la honte qui est morte.
Je t'ai regardé dormir.
Tu avais l'air d'un animal sauvage perdu dans la forêt du sommeil.
Tu serais heureux que j'ai un enfant de toi.
Le loup, la louve et le loup-jeton.
Celui-là, ce serait un vrai enfant.
Bientôt, je veux venir vivre ici avec toi pour toujours.
Ici ou ailleurs.
Tu crois que je me le permettra ? C'est moi qui me le permet.
C'est plus sombrio.
C'est le jour, Mme Bolton.
Oui, Sœur Clifford, c'est le jour.
C'est à vous de jouer, Sœur Clifford.
Je vais essayer de téléphoner.
J'étais obligée d'avancer mon voyage pour Venise. C'est une surprise, madame
Bride. Je vais prévenir monsieur.
Mais il pleut donc toujours chez vous.
Je vais seulement descendre la fille de Venise. Je repars demain matin.
Bien, madame.
Vous n'avez pas rattrapé ? C'est merveilleux. Tu riais comme une folle.
Quand j'étais petite, j'ai eu souvent envie de courir toute nuit sous la
pluie. Mais je n'ai jamais osé le faire.
Ça me paraissait indécent.
Honte.
Et c'est toi.
Oh non.
Ce soir, j'étais heureuse.
Parce que tu m'as appris à ne pas avoir honte.
Ce soir, j'étais heureuse.
J'étais forte.
Je ne t'ai pas appris.
C'est toi qui as compris que ce corps était resté le même que ton corps d
'enfant. Tout aussi innocent.
On t'a appris à ne plus oser dire son nom.
Mais il est encore ton ami, comme autrefois.
Tu te rappelles que tu as eu honte la première fois que je dis son nom.
On appelle pourtant un iris.
Un iris ? C'est parmi toutes les fleurs que le bondu a faites pour attendre.
Humblement, le pollen, il est aussi innocent que les autres.
Seulement, il y a si longtemps qu'on s'est mis à tout embrouiller, à
confondre la joie et le péché.
C'est pas vrai.
La joie est tendre et forte.
Quand elle est tendre, elle est pure.
Tu es fort, toi aussi.
Tu es tendre.
Et c'est pour ça que je t'aime.
Qu'est-ce que je vais faire toujours demain sans toi ? Tu tricoteras chez
toi.
Et tu penseras à ce pauvre Miller qui est en train d'acheter du grain à la
foire d'Islay.
Qu'est-ce qu'elle peut faire ? Je ne comprends pas votre affolement.
Elle a été surprise par la pluie, elle s'est mise à l'abri tout simplement.
Madame Bolton va la rencontrer sur son chemin.
Ça fait évident.
Depuis quelques tours, je trouve Constance bizarre.
Je ne suis pas du tout fâché que ce voyage à Venise se précipite. Je couche
ici ce soir, nous filons demain.
Je dois absolument être là pas le 24.
Une fois, nous sommes d'accord.
Elle a vraiment besoin des vacances.
Monsieur Mellors vous avait raccompagné, madame. On commençait à s'inquiéter. On
croyait qu'il lui était arrivé quelque chose.
Au revoir.
Au revoir.
Savez-vous l'heure qu'il est ? Tiens, il va.
D'où venez-vous ? Qu'est-ce que vous avez fait ?
Oh, j'ai été surprise par l'orage.
Alors je me suis abriquée dans la cabane du garde-chasse.
J'y ai même fait un petit feu.
Mais quelle surprise de te voir.
Oh, mais tu m'as l'air en pleine forme.
Pourquoi tu ne nous as pas prévenu?
Mais Constance, vos cheveux s'en trempaient. Comment se fait-il que votre
robe soit sèche?
Parce que j'ai couru sans vêtements sous la pluie.
Nuit dans la pluie.
Et là, je vous fais jeu, je vais devenir folle.
Mais non, je ne suis pas folle.
Je me suis séchée avec une vieille carrière près du feu. Une serviette ? Et
à qui appartenait-elle ? Au Garchas ? Et où était-il pendant ce temps-là ? Qui ?
Le Garchas ? Ah, il n'était pas là.
Et s'il était arrivé pendant que vous vous séchiez ? J'imagine qu'il serait
mort de peur ou qu'il aurait décampé au plus vite. Elle a réponse à tout,
Clifford. Il faut en prendre votre partie.
Je précipite mon départ pour Venise et je t'enlève demain.
Mais nous ne devions partir qu'à la fin du mois.
Quelque chose vous empêche-t-il de partir demain ? Ah, non, non, rien.
Constance, le gang veut le dîner et vous n'êtes pas encore habillée.
Oui.
Non, je ne suivrai pas ici.
Tant pis, je ne connaîtrai jamais Venise.
Pourquoi ? Parce que j'ai un amant.
Tu t'en doutes, d'ailleurs, depuis tout à l'heure.
Raison de plus pour venir.
Ça fera beaucoup de bien à ton amant de les quitter.
Mon amant n'est pas un de ces hommes à qui ça fait du bien de les quitter.
Alors je ne te suivrai pas parce que je ne lui ai jamais parlé de ce projet de
voyage.
Tu feras l'avertir demain ? Non, il n'est pas là demain.
Il est à la foire d'Islay.
À la foire d'Islay ? Oui, pour acheter du grain.
Parce que mon amant est garde-chasse.
Un garde-chasse ? Oui.
Il est même le garde-chasse de mon mari.
C'est piquant, n'est-ce pas ? On voit très bien ça dans une pièce française.
Petite, tu es devenue folle.
Non, pourquoi ? C'est toi qui m'as conseillé la première de tromper
Clifford. Je t'ai conseillé de prendre un amant, mais je ne t'avais pas dit de
prendre un garde-chasse.
Je te jure bien que je ne m'attendais pas à celle-là.
Entrons, Madame Bolton.
J'ai froid aux jambes.
Alors, ces 24 heures de réflexion ne t'ont pas fait changer d'avis. Je te l
'ai dit, je ne partirai pas avant de l'avoir prévenu. Je vous fais partir à 8
heures du soir et tu n'es même pas sûre qu'ils seront de retour.
Ne sois pas fâchée.
Tu prends la gauche et tu prendras la deuxième route dans la forêt.
Mais pas seule.
Je suis avec ma sœur, je vous expliquerai. Venez.
Ma sœur Ida, M. Mellors.
Tu ne veux pas descendre et venir avec nous jusqu'au coquage ? Ce n'est pas la
peine. Je viens d'être en pente demain à croiser du chemin de la Grand-Route à 6
heures du matin.
Je vais vous expliquer.
Tu ne veux vraiment pas descendre ? Je ne crois pas que ce soit nécessaire.
Est-ce que vous croyez vraiment que le jeu envahit la chandelle ?
Mais quelle chandelle ? Cette escapade avec ma sœur. C'est elle qu'il faut le
demander. Ne me chicane pas, Judas.
Je n'ai pas envie de chicaner.
Il faut observer une certaine continuité dans la vie. On ne peut pas toujours ne
faire que des bêtises.
Qu'est-ce que vous voulez dire avec votre continuité ? J'ai cru comprendre à
ce qu'a dit votre sœur que vous étiez en train de divorcer.
Quelle continuité y a-t-il là-dedans ? La continuité de votre entêtement, oui,
peut-être. De quel droit me parlez-vous sur ce temps ? De quel droit venez-vous
embêter les autres avec votre continuité ?
Pauvres garçons, vous croyez que je m'occupe de vous ? Oui, je le crois.
Bon gré, mal gré, vous êtes plus ou moins ma belle-sœur. Nous n'en sommes
pas encore là, je vous l'assure.
Ne me faites pas attendre demain.
On rattrape cette nuit perdue.
Pourquoi tu étais aussi désagréable avec ma sœur ? C'est une fille qui mérite des
claques.
Avec ta sœur ? Parce que nous partons ensemble en voiture.
Elle va passer la nuit à l'hôtel à Manfeld et nous prendrons la route
demain.
Où allez-vous ? Très loin, en Italie.
Pour longtemps ? Au moins un mois.
Regarde-moi.
Tu savais ce départ d'aventure ? Non.
Alors pourquoi tu décidais de partir si vite ? Si loin, si longtemps.
Je reste, si tu veux.
Je ne te demande pas de rester.
Je te demande de m'expliquer pourquoi tu as décidé de partir.
Mon chéri, je vais te dire.
Il y a très longtemps que ce voyage était projeté. Bien avant que nous...
Depuis, j'ai pensé que je ne pourrais plus partir.
Mais ma soeur est arrivée hier pour m'emmener sans m'avertir. Comme convenu.
Je lui ai dit que je ne partirais pas, mais... Mais quand elle a appris qu'il
était ton amant...
Elle t'a persuadé qu'il valait mieux partir, n'est-ce pas ? Ne serait-ce que
pour voir clair entre nous.
Ce sont exactement ces mots, n'est-ce pas ? Ne mens pas.
Oui.
Elle t'a dit aussi que si tu refusais de partir, ton mari aurait des soupçons.
Et qu'il ne fallait pas, dans ton cas, donner des soupçons à son mari.
Peut-être même que ça ne ferait du bien à moi aussi de voir que tu pouvais te
passer de moi.
Elle a dû aussi te dire ça.
Regarde-moi, mon chéri.
Ce que j'avais toujours dit, que les autres finiraient par nous séparer.
C'est dur le courage.
Mais la vérité est belle, mais elle coupe.
Tout le monde n'ose pas la prendre à pleine main.
Une petite dame voit le tout.
Une petite dame comme les autres.
Mais vous ne comprenez pas, vous ne voulez pas comprendre.
C'est pas seulement ça, il y a autre chose.
Quoi ? Mon mari veut que je parte.
Il veut que j'aille là-bas à Venise.
Parce qu'il souhaite que là-bas j'aie...
J'ai une sorte d'aventure que je rencontre quelqu'un et je revienne avec
un enfant.
Je voudrais un héritier pour un ami.
Mais c'est de vous, c'est de vous seulement que je veux un fils.
C'est parfait, mon ignoble.
Alors c'est peut-être pour ça que vous êtes venu me voir, moi aussi, pour que
je donne un nouveau maître à cette bouillie de mine. Comment pouvez-vous
croire ça ?
Eh bien, tout ça, en somme, est très clair, maintenant.
Nous avons failli chanter la rengaine, rien que nous deux, n'importe où, au
bout du monde.
Toi et moi.
Seulement, toi et moi, ça voulait dire toi dans le château et moi dans la
forêt. Toi avec ton parfum de femme riche et moi avec ma sœur. C'est mal, c
'est mal. Tu dis n'importe quoi, le temps va faire mal.
Et puis... Et puis... Si cet amour avait donné un fruit,
s'il avait dû en somme un accident, ça se serait très bien arrangé tout de
même. Puisque Sœur Clifford avait besoin d'un enfant.
Seulement moi.
Je vous aimais comme un vrai homme aime une vraie femme.
Pour le meilleur et pour le pire, comme dit le curé.
Pour le lit, mais aussi pour la soupe ensemble et tous les petits malheurs de
la vie partagée.
Une femme sur qui je pourrais poser ma main le soir quand j'entre chez moi.
Et ce que j'avais à me donner, tu ne le sauras jamais sans doute.
Mais c'était encore plus que le château de ton mari.
Va chez ta sœur dès ce soir.
Et bonnes vacances à Venise.
Oui, Lady.
Je ne veux pas partir. Ce voyage n'a pas de sens. C'est une folie.
Je ne veux pas partir.
C'est moi maintenant qui veux que tu partes.
Si, tu m'as dit, regarde.
Bon, je ne t'ai pas dit là. Si, tu m'as dit là, mais moi, je ne t'ai pas dit où.
Je l'avais vu avant toi, la gare. Oh, merde, finissez, quoi. On s'en fout si
vous avez dit où, si vous avez dit là.
Elle sortait de chez lui, vous êtes sûr ? Oh, chialant, mon vieux, de chez mes
lords. Elle cavelait sur la route. Oh, chialant. Elle cavelait sur ses grands
talons comme une folle. Et sous la pluie, encore.
Ben, dis donc, vers ça, t'entends ? Je croyais qu'il ne s'intéressait plus à la
chose, ton homme des voix.
Pourrais-tu ? On se casse, parce que le chialant avec lui, c'était jamais fini.
C'est en fait, je t'ai trouvé une fameuse remplaçante.
Une
Qu'est-ce qu'il se passe avec le coup de ton méloir ? Tiens, donne-moi la même
chose. C'est malheureux de faire ça à un indien. Qui c'est le clifant ? Tu vas
pas le plaindre, il faut qu'il parle à l'ouvrier. C'est tout de même à la
guerre qu'il a pris ça. Mais après, si l'obus avait éclaté plus près, qu'il l
'écrivait complètement, tu crois qu'on aurait pleuré nous autres ? Non, père,
je vais faire ça. Tu écrives plus trop aussi.
Je vais pas ta plage, je vais laisser toi faire.
C'est encore trop long après tout.
Je vous dis pas qu'il ne me le paiera pas, si c'est vrai.
Qu'est-ce que tu fous ? Qu'est-ce que tu fous ? Allez, passez vite, madame,
passez vite.
Alors, c'est là où Lady Chatterley vient s'amuser. Je t'interdis. Tu n'interdis
rien du tout.
Qu'est-ce que tu veux m'interdire ? Ce n'est pas la vérité ? Mais qu'elle y
amène ses livres.
Constance Chatterley qui a écrit dessus.
Alors, c'est ça que vous faites quand vous êtes au lit ? Vous lisez ? Tu es
bête.
Moi, j'étais venue avec des intentions plutôt gentilles.
Ça m'aurait amusé de faire l'amour avec un homme qui couche avec une lady.
Il m'a battue. C'est un salaud, une brute.
Je me suis sauvée, mais elle est toute déchirée.
Vous n'avez pas dû chercher des crosses ? Pourquoi ça t'avance ? Je crois que
les bofs, ça va m'empêcher de parler.
Mais je me vengerai. Tout le village sera. Le village ? Ça n'a rien à voir. C
'est le mari qu'il faut qu'il sache.
Comment ça ?
Il faut lui faire une lettre.
On la signe pas.
Je la ferai, moi, tu verras.
Je la trousserai.
Trousser, c'est mon affaire.
Prenez-la.
Oh, ne te fâche pas.
Tu vois que c'est moi.
Je n'ai rien avec moi.
Oui.
Tu vois qu'avec moi, tu es heureuse comme une fille qui a eu tout ce qu'elle
avait besoin.
Mais qu'il n'y a rien d'autre.
Oui.
Mais pourquoi tu as cet air-là, bon Dieu ? Qu'est-ce qu'il y a d'autre, hein ? Qu
'est-ce qu'il y a d'autre ? C'est toi.
Quoi de gare ça, salicieuse ? Quoi en plus ? C'est pas ce que tu crois.
Tu peux pas comprendre.
Du sentiment, hein ? Pas de merde, alors. Du sentiment ? Pauvre idiot.
Tu vois ? Moi, ça me fait chaud dans tout le corps.
Je le sais.
Soit disant, il faudrait aussi que ça fasse chaud au cœur.
Soit disant.
Non.
Semelor. Dis-toi la Semelor.
Mais tu n'écrites pas la lettre.
Il est arrivé un baronne pour la madame.
Quel baronne ? Un baronne Wunter.
Je n'ai pas bien compris son nom.
Merci. C'est vous, Leslie.
Quelle bonne surprise.
Bonjour. Bonjour.
Le valet de chambre n'avait pas compris votre nom.
Quand êtes-vous arrivé ? Tout à l'heure. Et vous restez quelque part avec nous, j
'espère. Vous allez voir la vie est merveilleuse ici.
Oui, Constance.
Constance ? Je ne sais pas. On venait quelque part.
Je ne comprends rien à ma sœur. Tout le monde est gai, tout le monde s'amuse et
elle, elle est toujours seule.
Elle se balade le nez en l'air, regardez les vieux murs.
Ma petite Hilda, j'apporte de mauvaises nouvelles.
Il faut que je te parle très sérieusement et que je parle très
sérieusement à Constance.
Mélange, savez-vous que vous êtes un objet de scandale dans ce pays ?
Personne ne me l'a jamais dit en face.
C'est vous qui me l'apprenez, monsieur.
Il paraît que vous recevez des femmes dans votre cottage.
Ça, c'est une chose qui ne regarde que moi.
Non, on ne parle que de vos débordements.
Les déchâts eux-mêmes ont été mêlés à vos histoires immondes.
Et votre propre femme se répand partout en raconteur.
Je ne peux pas coudre la bouche de ma femme, malheureusement, ni celle de
toutes les comères du pays.
Hélas,
est-ce qu'il vous serait difficile de trouver une autre place ? Rien de plus
facile, Sir Clifford.
Très bien.
Je vous ferai verser trois mois l'indemnité.
C'est inutile.
Je n'en veux pas. J'ai mes raisons pour préférer partir sans rien.
Vous avez décidément très mauvais esprit, Mellors.
Je crois en effet que plutôt vous partiriez mieux sur vos droits.
Oh, parrain ! Mais quelle bonne surprise ! Non, ça n'est pas une bonne surprise.
Leslie arrive directement de chez toi.
Mais qu'est-ce qu'il y a à Clifford ? Pas qu'il forme, il se porte très bien
sur toi.
Mais qu'est-ce que c'est, alors ? C'est ennuyeux à dire.
Oh, Leslie, expliquez-lui, vous.
Eh bien, voilà, ma chère enfant, tu sais que je n'ai pas l'habitude des détours.
Je ne sais pas les faire.
D'ailleurs, je m'embrouille et je reviens toujours à mon point de départ.
Alors, j'aime mieux foncer tout de l'un.
La malignité publique veut que tu sois la maîtresse de ton garde de chasse.
C'est la femme de cet homme, si je comprends bien, une certaine Bertha, qui
mène la danse.
Elle raconte que vous avez été vus ensemble, que... enfin Dieu sait quoi.
Un vrai scandale de village.
Naturellement, Clifford a reçu des lettres anonymes.
Et il en a souffert ? Non, non, il ne croit à rien de tout ça, si je comprends
bien. Mais il m'a envoyé pour te demander de rentrer tout de suite, afin
de faire taire ses ragots.
Mais je ne peux pas.
Vous ne pouvez pas comprendre.
Explique-toi, Sacrebleu, si tu as un chagrin.
Oui, parrain.
Et ça peut s'arranger ? Non.
Sacrebleu Hilda, réponds-moi si ta sœur est devenue muette.
On se pense à un amant, Leslie.
Ah.
Évidemment.
Mais Sacrebleu, qu'est-ce que j'y peux, au fait qu'elle est un amant ? Au fait
que j'ai un amant et un parrain.
Mais j'attends un enfant de lui.
C'est vrai, Constance ? Faut avertir Clifford.
Mais non, Hilda.
C'est le père de mon enfant qu'il faut que j'avertisse.
Cette fois, ma petite, tu es folle.
Laissez. L'amant de Constance est un homme de la plus basse condition.
C'est vrai, c'est le garde-chasse de Clifford.
Oui, para.
Et je l'aime.
J'ai d'abord cru que ce n'était que mon corps qui avait trouvé la paix.
Je me suis aperçue que cette intimité profonde avec un autre être, c'était la
seule façon pour que deux âmes se connaissent.
C'était la même chose, tout simplement.
La seule façon de sortir enfin de la solitude.
Et que ceux qui n'ont pas connu ça ne savent rien.
Rématite, moi qui ne comprends jamais rien, pardonne-moi d'être un peu brutale
et de te dire que j'ai compris quelque chose dans ma chienne de vie.
C'est que le scandale est toujours le scandale, quoi qu'on fasse.
Et malheur à celui qui le provoque.
C'est dans l'abîme, c'est vieux, mais le truc est toujours bon.
Alors tu sais ce que tu vas faire, ma petite fille.
Tu vas rentrer immédiatement chez toi et faire taire les gens de ce sacré pays en
ne revoyant plus cet homme.
Jamais.
Où allez-vous ? Dans le chapeau.
Je m'excuse, madame, mais je ne dois laisser passer personne sans
autorisation. Vous êtes idiot, mon ami. Vous n'en connaissez pas Lady Chatterley
? Oh, pardon, madame.
Je ne savais pas, je suis le nouveau garde.
Je viens juste d'avoir les consignes.
Et l'ancien garde ? Il part ce matin, madame, à ce que je crois.
Merci.
Vous mettrez des fleurs sur la table ? Je veux que ce soit un repas de fête.
Constance ! Constance ! Constance ! Elle est
folle. Je ne comprends pas.
Montez, je parlerai avec les fourbes.
Elle est allée faire un tour.
Elle voulait que je vous parle d'abord.
Elle était gênée de vous dire.
Quoi ? Vous la trouverez très nerveuse, mais dans son état. C'est une chose qu
'il faut lui pardonner.
Rassurez-vous, elle arrive tout de suite.
Vous auriez pu vous dispenser de cette visite.
Si c'est pour me dire adieu, ce n'était pas la peine.
Olivier, vous partez ? Vous voyez bien.
Pourquoi je vous fais ça ? Là où je vais travailler, on ne veut pas de chien.
J'aurais pu le donner, mais je l'ai tué.
On aime comme on peut.
Pour où partez-vous ?
Pour ailleurs, ça doit vous suffire.
Prends le coin de Milly.
Maintenant, si Madame veut, elle peut s'adresser à Chambert, le nouveau garde
-chasse. Il a 25 ans.
Il est robuste.
Je pense qu'il plaira à Madame.
J'attends un enfant de toi.
Complément.
C'est un cadeau que je serais ravi de faire à Sir Clifford.
Puisqu'au fond, c'est ce qu'il souhaitait.
D'ailleurs, tout ce qui vient au monde sur la propriété appartient au Seigneur,
n'est-ce pas ? Les petits lapins, les petits faisans, les petits mélorses.
C'est la règle.
Qu'est-ce qu'il faut faire pour que vous me croyez ? Si ça ne vous est pas venu à
l'idée, c'est en effet qu'il n'y a rien à faire.
Tout quitter, partir avec toi, je te l'ai déjà proposé. Et tu m'as acheté
dehors.
Alors je suis partie pour venir au lieu de rester à pleurer à ta porte.
Je suis revenue pour te dire que j'ai un enfant et que je suis prête à te suivre.
Quand j'aurai donné à mon mari l'explication, je lui dois.
Si tu retournes une fois au château, il est inutile de revenir, Lady Chatterley.
Je le dois, Olivier.
Je t'aime, mais je ferai ce que j'ai à faire à rugby parce que j'estime que je
le dois et que je serai lâche de t'obéir.
C'est toi qui m'as appris à secouer ma lâcheté de femme.
Tu verras si tu m'aimes assez pour secouer ton orgueil.
C'est bien ? Posez-le là.
Oui, monsieur.
J'ai un peu tardé à vous répondre, Constance.
Voilà ma réponse.
C'est le perso où je suis né.
Mon père et mon grand-père, ils sont nés aussi.
C'est malcommode, mais solide.
On n'aura qu'à refaire les dentelles.
Mon fils n'y naîtra pas, Clifford.
Je vous dis que j'aime l'homme qui l'a fait. Je vous demande ma liberté.
Je veux garder cet enfant, Constance.
Votre attirance pour cet homme est un sentiment passager qui s'effacera.
Mon titre est le fils qui doit en hériter un jour.
Restons-en, eux.
Non, Clifford.
Je veux le père et l'enfant dans une seule et même vie.
Je vous les demande.
Vous ne les aurez pas, Constance.
Kifford, quand vous êtes revenu pour la première fois sur cette voiture, j'ai
posé ma main sur votre bras.
Je vous ai souri.
Nous sommes rentrés ensemble à la maison.
Vous avez senti que je vous rendais un monde en paix.
Aujourd'hui, c'est moi qui suis pauvre et blessée.
Donnez-moi la paix à votre tour.
Je ne le puis pas.
Alors c'est bien, vous l'aurez voulu.
Le père de l'enfant que je porte est Olivier Méloz.
C'était donc vrai.
Ce que disaient ces lettres ignobles était vrai.
Oui, c'était vrai.
Alors, ce voyous.
Voilà ce que vous avez choisi.
Et moi qui vous faisais confiance, faut-il qu'il y ait de la bassesse en
vous ? Faut-il que les femmes aient la nostalgie de la boue ?
Rendez-moi ma boue si vous croyez que c'est de la boue. Rendez-moi moi-même,
je vous en prie.
Non, vous n'êtes qu'instinct, obscurité, désordre, comme toutes les femmes.
Mais ma tête à moi reste claire.
J'ai voulu cet enfant.
Je l'ai décidé, imposé, c'est moi qui l'ai fait.
Quoi que vous fassiez, il me pétient maintenant.
Je la ferai élever comme je l'entends.
Je le materai lui aussi.
J'extirperai de lui tout ce qu'il aura pu hériter de vous.
Et de l'autre, je vous ai dit, c'est l'éducation qui fait les hommes.
J'y mettrai vingt ans, s'il le faut.
Mais malgré vous, malgré lui, malgré le monde entier,
j'en ferai un chatadé.
Non, Clifford, parce que vous ne le connaîtrez jamais.
Nos plans ont changé.
Lady Châtelaine ne dégênera pas avec nous aujourd'hui.
J'ai fait ce que j'avais à faire.
C'est à toi de décider maintenant.
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