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Ce matin, on se lève du pied gauche ou du pied droit.
Et demain, ce sera comme le bon Dieu voudra.
Ne cherchons plus rien à nous dire. Je ne peux pas te lire l'avenir.
Quoi qu'il en soit, il vaut mieux choisir ce moment-là.
Et tralala.
Bonjour !
Salut
Hercule !
d'un délire quand je me laisse envahir tout va bien quel
tralala quel tralala
Annabelle dit qu'il faut faire des squats tous les jours en se brossant les
dents si on veut pas avoir des fesses molles. Pourquoi tu me dis ça ? Tu
trouves que j'ai les fesses molles ? Non.
C'est pour moi, l'équitation ça fait un cul plat.
On te vient à toi.
Non pas maintenant, je colle.
Bah justement.
Oh ! Quoi ? Tiens, réflexe.
Putain ! Oh, excuse-moi.
Merci.
Pardon, tiens.
Vas-y, vas-y, ouvre, c'est un cadeau.
Pourquoi je serais qu'un cadeau et pas moi ? Récupe-toi de tes fesses molles.
Mais arrête-là ! Je t'ai inscrit à la lutte.
Pourquoi ? Pourquoi ? Parce que j'ai pas envie que tu zones devant ta switch
pendant toutes les vacances, voilà pourquoi.
J'ai pas envie de faire de la lutte, moi.
Mathias.
Essaye la lutte, si t'aimes pas, personne te forcera à continuer.
T'as encore acheté cette merde, là ? Ouais.
C'est toi qui sais pas si c'est bon. Bah si, justement, regarde.
Tu vas être trop stylé là-dedans.
T'as besoin d'aide pour faire ta valise ? C
'est dans la tête tout ça.
Je ne veux pas.
Allez. Non, je ne veux pas.
Papa ! Dis au taxi d'attendre.
Faites des gosses.
Maman, je vais être en retard.
Non, non, papa te dépose en taxi, passe dans mon club.
Cool. Allez, route.
On s'était dit, toi et moi, c'est pas comme les autres.
Ciao, bon voyage. On s'était cru, toi et moi, c'est différent.
Vous ne pouvez pas être là. Je voudrais juste voir mon fils. Je ne peux pas. Je
suis désolée, je ne peux pas. S'il vous plaît.
Laure, Laure, je veux juste parler 5 minutes.
Mathias ! Laure, j'appelle.
Mathias ! Laure ! Mathias ! Laure ! Mathias ! Laure
! Oh mon Dieu, Laure !
Laure ! Il
l'a vue ? Euh, non, non, non. Il était dans sa
chambre.
Elle était prise en charge.
Oui, oui.
Ok, donc tu peux y aller.
Agathe, tu peux y aller. Frère, je peux pas la laisser comme ça.
Écoute mon ange, je suis vraiment désolé que tu te sois tapé ça, mais c'est mon
problème, c'est à moi de régler ça.
Ok, d'accord, je rentre à la maison.
Bisous.
Bisous, ciao.
Je suis désolée.
Dans six mois, Mathias aura 18 ans.
Vous pourrez le contacter sans passer par son père. Dans six mois, je serai
plus là.
Cancer.
Métastase, tout ça.
Plus rien à faire.
Mais il faut en parler à Fred. Il filtre mes appels.
Est-ce que vous pouvez dire à Mathias que j'ai besoin de le voir ?
C'est son père qui décide.
Je vous le demande à vous. Mais moi, je peux rien faire. Mais vous savez très
bien que j'ai jamais fait de mal à mon fils.
Laure, un jugement a été rendu. Mais Fred a menti.
Il a toujours menti. Vous êtes bien placée pour le savoir.
Je vous demande pardon.
Vous vous rendez compte qu'à chaque fois qu'il vous baisait à l'hôtel, il me
ramenait un cadeau.
Comme pour me féliciter d'être assez conne.
D'ailleurs, il est où, là ? Encore un de ses colocs ? Appelez-le.
Bonjour.
Maman ! J'ai le droit d'embrasser mon bébé, quand même.
T'as été ? Non.
Ok.
Mais je la déteste ! Louise, on te demande pas de devenir sa meilleure
amie, on te demande juste de partager une chambre avec elle.
Faut que t'appelles pour me changer de chambre.
Tout le monde commence à faire ça, les moniteurs vont jamais s'en sortir. Mais
allez, s'il te plaît, c'est rien, elle est trop bizarre.
J'ai dit non ! Mais alors j'y vais pas à ce stage de merde. Eh ben n'y va pas à
ce stage de merde, tu rembourseras ton argent de poche.
De toute façon t'as rien à dire, c'est papa qui paye.
Pardon ? Tu changes de ton jeune fille.
Quoi ? Elle
est
partie.
Tu changes de ton Louise.
Oui.
T'as peur des souris toi ?
Allô ? Allô, Agathe ? Je suis
allée trop loin, je suis vraiment désolée.
Comment vous avez eu mon numéro ? Vous avez laissé votre contact à l'accueil.
J'ai pas toujours été comme ça.
On vit pas les mêmes choses.
Non, c'est vrai.
Je voudrais revoir mon fils.
S'il vous plaît.
Je vais essayer.
Merci.
Mathias ? Louise
?
C'est moi, c'est moi ! Putain, Fred ! Ça te fait rire, tu m'as fait peur ! Qu
'est
-ce que tu fais là ? Qu'est-ce que je fais là ? J'habite ici, non ? Non, le
colloque c'est fini plus tôt, j'ai loué une bagnole et je suis rentré.
Non mais qu'est-ce que tu fais là ? À faire une machine tout seul dans le noir
à 6h du matin ? Mais la lumière a sauté, et puis je fais toujours une machine
quand je rentre, c'est quoi le problème ? T'es sûr que ça va ? Tu m'as fait
peur.
Donne-moi ça parce que toi t'es dangereuse.
Voilà.
Pas ouf, c'est un cadeau.
C'est un pigment provençal.
Je me suis dit que c'était peut-être la bonne teinte pour ton nouveau meuble.
C'est bon ? Je me suis planté ? Oui ? Non ? Non.
Non ? Non.
Non. C'est super gentil. Bah oui, c'est gentil.
Je connaissais pas ce petit côté... Bon,
j'allais faire le petit déjeuner.
La femme à poil.
Vous vous rendez compte qu'à chaque fois qu'il vous baisa à l'hôtel, il me
ramenait un cadeau ? D'ailleurs, il est où là ? Un de ses colocs ?
Il faisait beau à Marseille ? Il fait toujours beau à Marseille.
Pourquoi ton coloc a été annulé ? Non, non, il a pas été annulé. Il y a un
intervenant qui a resté bloqué à Francfort.
C'est quoi son nom ? Ma parole, c'est un interrogatoire, ça.
Non, mais tu me racontes jamais rien.
Ils s'appelaient Kruder ou Kruger, je sais plus, Mein Oberführer.
J'ai vu Laure.
Elle veut absolument revoir Mathias. Non, non, je suis pas d'accord. Elle a
un cancer.
On devrait au moins le dire à Mathias. Non, écoute, il en a assez babé. Cette
femme-là, tu la laisses rentrer dans ta vie et être la pourrie. D'accord.
Je vais juste faire passer le message.
Hé ! Ça y est, t'es réveillée ? T'as senti l'odeur des pancakes ? Oui.
Ça va ma chérie, t'as bien dormi ? T'as faim ? Oui.
Alors ? Content de commencer ton stage à 12 000 dollars ? On boit.
On va commencer à bof. Je dois partager ma chambre avec une meuf trop bizarre.
Bonjour Louise.
Bonjour maman.
Tu t'en fais un autre direct ? C'est cuit ? Ouais, il sent super bon. On va
pas avoir des pancakes.
Qu'est-ce que t'as fait ? Oh la vache, mon cœur, t'as décidé de me tuer ou
quoi, toi ? Qu'est-ce que t'as fait ? Quoi ? Et là ? Qu'est-ce que c'est, ça
? Ah, je sais d'où ça vient.
C'est des bruits, ça.
Des bruits ? T'as tapé ? J'ai été attaqué dans la rue.
Il était bourré, il a fait chier un mec dans un bar, voilà, et ça a dégénéré
dans la rue, il a fallu que je les sépare.
Toi ? Toi, tu t'es séparé ? Bah oui.
Et ? Non, mais écoute, c'était un peu n'importe quoi.
Il voulait pas que j'en parle, alors j'en ai pas parlé.
Quoi ? Rien.
Comment ça, rien ? Bah non, rien. Mais si, t'as quelque chose, là. Non. Si ?
Là.
Quoi ? Là, t'es inquiète.
Mais non, je suis pas inquiète. Mais t'es inquiète. Non, je suis pas
inquiète. Non.
Mais j'aime bien. Arrête. J'aime bien quand t'es inquiète, t'es mignon.
Arrête. Non, je suis pas inquiète.
Arrête, non !
Marseille.
Il te reste plus que l'Antarctique.
Oui, je sais, mais les généticiens veulent pas. Ils sont trop frileux.
Salut.
Ça va, mon grand, maintenant ? Dis donc, on sent que le mec a commencé la lutte.
Ça t'a plu ? J'ai pas envie de faire de la lutte.
T'as raison, t'es fatigué pas.
Vous avez une autre carte ? Désolée.
Attendez, attendez. Pardon, excusez-moi.
Ok, il faut garder ça.
Inutile de laisser un message.
Je suis désolé, j'ai oublié.
Agathe ! Pourquoi tu me fais pas un virement automatique ? Ouais, je sais,
je le fais, là, en ce moment.
On attend du monde ? Oui, j'avais envie de voir des gens. J'ai invité les De
Broglie.
Mais pourquoi tu m'as rien dit ? T'as pas le monopole de l'impro, Fred.
Non, non, c'est pas vraiment du yoga, en fait, c'est... C'est pas vraiment une
thérapie en soi, tu vois.
C'est plutôt une façon d'être. C'est un genre de méditation.
Non, non, non, c'est beaucoup plus complexe.
Ça va vraiment très loin, tu sais.
Mais viens, viens essayer, tu verras bien.
Oui, oui, oui.
C'est nouveau, ça.
C'est à Fred.
C'est profond.
C'est un lac.
Ah, le fromage.
Voilà. Bon, désolée, Agathe, mais y a des noix dans le chèvre. C'est pas
grave, j'en prendrai pas. Ah, merde, j'ai oublié.
Philippe, doucement avec l'alcool, hein.
C'est mauvais pour la mémoire et puis ça rend violent.
De ce côté-là, on est tranquille. Quand il est bourré, il ronfle.
Moi, on m'a dit qu'il se battait en soirée.
Pardon ? C'est quoi cette histoire, Philippe ? D'habitude, tu fais jamais de
cachoterie. Qu'est-ce qui se passe ? C'est parce que c'est pas très glorieux.
Oui, t'as honte.
Non, mais c'est pas... Non, mais vas-y, raconte.
J'étais bourré, je me suis pris la tête avec un type dans un bar et Fred a dû
nous séparer. Ah, j'ai raté ça. C'était pas dans la rue ? Bah oui, dans la rue,
devant le bar.
Il s'en est pris plein la gueule.
Bon, arrête.
Je savais pas que c'était la débauche, vos collègues.
Celui-là, c'était l'aventure. Et quoi, c'était le soir du suicide aussi ?
Ouais, bienvenue à Marseille.
Quel suicide ? Bon, on peut parler d'autre chose, que c'est un peu glauque,
là. Non, non, c'est quoi cette histoire de suicide ?
Il y a une femme qui est morte à l'hôtel.
Elle était au même étage que nous.
Oui, tu vois, qui est fan d'enquête policière. T'as rien vu, t'as rien
entendu, t'étais bourré. C'est qui cette femme ? Mais on la connaît pas.
Il y a pas d'enquête, c'était juste des questions de routine, voilà. Ah si, si,
il y a une enquête.
Le réceptionniste de l'hôtel, il me l'a dit.
Il y a une enquête qui a été ouverte.
Bon, je vais chercher le reste.
Personne veut du fromage ?
T
'as vu ? C'est un lac.
Je t'avais demandé de ne pas en parler.
T'as vu comment il était gêné ? Même eux, ils parlent plus que nous.
Alors qu'ils baissent plus depuis dix ans.
Fred, c'est quoi cette histoire d'enquête ? Fred, c'est quoi cette
histoire d'enquête ? Je l'ai croisé dans le couloir quand je suis arrivé.
Je te jure, il faisait peine à voir.
Apparemment, elle avait un enfant.
Les histoires de suicide, ça les amuse, pas moi.
Tu me dis jamais rien.
Jamais.
Je me fais des films pour rien.
Au revoir.
Vous êtes devant un grand lac, l'eau est sombre, profonde, et vous vous
avancez pour voir ce qu'il y a sous la surface.
Voilà.
Vous respirez et vous sentez vos poumons qui se remplissent d'air.
C'est une sensation qui est...
douce, chaude, agréable, et vous commencez à descendre dans le lac.
Et vous descendez.
Comment tu te sens, toi, en ce moment ? J'ai mal au ventre.
Tu as des problèmes de digestion ? Est-ce que t'arrives à dormir, la nuit ?
Bof.
Est-ce que tu arrives à te concentrer ?
Qu'est-ce que tu fais comme métier ? Je suis siège femme.
Enfin, j'étais.
Tu m'as l'air un peu fermée au niveau du thorax, non ? Je
sens comme un poids.
Tu te sens empressée ?
Agathe, je pense que tu retiens quelque chose.
Il va falloir que tu apprennes à t'ancrer dans la terre.
T'as un jardin ? Laisse passer le rire.
Voilà.
Respire.
Lâche. Voilà.
Tout le monde ? Maintenant, vous allez sortir à votre rythme
de l'eau.
Doucement. Voilà.
Et en respirant, petit à petit...
Tu fais quoi ? Rien.
Cool.
Tu veux de l'aide ? Je dois te parler de ta
maman.
Quoi comme cancer ? Grave.
Elle veut te revoir avant la fin.
Si tu veux, je viens avec toi.
Et ton père a pas besoin de le savoir.
Bonjour. Bonjour.
Ça va ? Oui, ça va. Et toi ?
Bon, je vais vous laisser.
Mathias, je t'attends en bas.
Non, reste.
T'es pas trop fatiguée ? Non, non.
Tu veux quelque chose ?
T'as tellement grandi ! T
'es beau ! Comment ça se passe à l'école ?
T'as des chouettes copains ? C'est les vacances.
Ah oui, c'est vrai.
Et... Raconte-moi ce que tu fais.
Qu'est-ce que tu aimes ? Rien de spécial.
Tu veux quelque chose ? T'as des chouettes copains ? Il a du mal à
montrer ses émotions.
Fred tolère toujours pas les fumards ? Pour moi, c'est foutu de toute façon.
J'en reviens pas que Fred ait accepté.
Il est pas au courant.
J'ai l'impression qu'il n'est pas toujours... Je
crois qu'il me ment.
Je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout ça.
On n'est pas amies.
Non.
Agathe ?
J'ai été naze. Mais non, t'as fait de ton mieux.
Je pensais pas qu'elle serait comme ça.
Qu'elle serait comment ? Aussi maigre.
C'est la maladie.
Elle était si faible.
Elle m'a fait de la peine.
Je sais pas si je veux la revoir.
En tout cas, t'as fait ce qu'il fallait aujourd'hui.
C'est toi, ma mère.
Agathe ? T'es où ? Bah, tu peux venir s'il te plaît ?
Je te présente monsieur Chartin,
il est de la police.
Bonjour.
Bonjour, qu'est-ce qui se passe ? Je travaille pour la brigade criminelle
belge déléguée par la police française sur l'affaire Lelanne.
C'est le suicide à Marseille.
Une enquête de routine, vous inquiétez pas.
Une enquête ? Et pourquoi ?
C'est un suicide, non ? Comme je disais à monsieur, il n'y avait pas d'empreinte
sur le câble avec lequel la victime s'est pendue.
C'est plutôt embêtant.
Ah bon, elle s'est pendue avec un câble ? Un chargeur d'ordinateur, ça marche
aussi bien.
Enfin, qu'autre chose.
On avait juste besoin de réentendre les témoignages.
Bon, c'est... Ah, oui.
Pardon pour le dérangement.
J'ai ce qu'il me faut.
Donc, pour l'instant, je vais vous laisser en famille.
Ah, la famille.
Ah oui.
Si jamais quelque chose vous revient...
Je sais, c'est jamais très agréable, ce genre de petite visite. Y a pas de
problème. Et voilà.
Bon. Ben, merci, hein.
Faudrait juste que vous restiez disponible, quoi.
Disponible.
Pas de folie à une olulu ?
Pas de voyage dans les prochains jours.
Vous êtes sérieux, là ? Toujours.
Monsieur ?
Agathe ? T'as un nouveau câble ? Non.
Si.
Ben non.
Si. Non, c'est pas un nouveau câble.
Pourquoi tu fais une machine à 6h du matin ? Qu'est-ce qui t'arrive là ?
Comment tu t'es blessé ? Je te l'ai dit.
T'as rien à me dire.
Qu'est-ce que tu veux savoir ? Je sais pas, je comprends pas.
Pourquoi tu as un nouveau...
Câble.
Ce n'est pas un nouveau câble. Arrête de me prendre pour une conne ! Je sais que
c'est pas le câble avec lequel t'es partie ! Agathe, tu redescends, d'accord
? Tu te calmes.
Je te laisse une chance de m'expliquer ce qui se passe. Arrête de me mentir.
Sinon j'appelle.
T'appelles qui ? Donne-moi cette carte.
Ne me touche pas ! Ouvre cette porte ! Ouvre cette porte ! Explique-moi
où j'appelle ! Regarde cette putain de porte !
Raccroche ! Putain, Agathe, raccroche ! Agathe, c'est un accident
! Agathe, je te jure, c'était un accident ! Raccroche ! Allô ?
Papa ? Agathe ? Qu'est-ce qui
se passe ? Pourquoi vous criez ?
On aurait besoin d'un petit moment pour s'expliquer, tu comprends.
Agathe ! Ça va, Mathias.
Retourne dans ta chambre.
On avait tous pas mal picoté ce soir.
Quand je suis rentré, je l'ai croisé dans un des couloirs de l'hôtel.
Elle était tubée et tenait à peine sur ses jambes.
Alors j'ai voulu l'aider à rentrer dans sa chambre.
Mais elle a cru que...
Je sais pas, elle a pris ça pour des avances.
Tu la connaissais ? Non, non, je l'avais jamais vue.
Quand je lui ai dit non, elle est devenue complètement hystérique. Elle a
commencé à m'insulter, à me frapper, elle était complètement folle.
Moi, j'ai eu peur que quelqu'un rentre dans la chambre, tu comprends ? Elle
était là à me frapper, je voulais juste qu'elle s'arrête. Je voulais la
contenir, je voulais qu'elle se calme.
Ce qui s'est passé après, je ne sais pas comment c'est arrivé.
J'ai eu peur.
Alors j'ai pris la première chose qui me tombait sous la main et j'ai voulu faire
passer ça pour un suicide.
Mais la police s'en serait rendue compte si elle était déjà morte.
Quand je l'ai hissée à la porte de la chambre, elle... Elle a commencé à...
Elle était vivante.
Oh mon Dieu.
Mais tu l'as laissée comme ça ? Mais pourquoi t'as fait ça ? Je sais pas. Tu
sais pas ?
Ah, tu sais pas ? Non, je sais pas. Mais pourquoi t'as pas appelé l'ambulance ?
Non, je sais pas, non, je sais pas pourquoi, je sais pas pourquoi j'ai pas
appelé l'ambulance, je sais pas.
J'ai pensé à toi, j'ai pensé aux gosses, je sais pas pourquoi.
Dis-moi que tu plaisantes.
Tu devrais me comprendre, toi, Agathe, t'as déjà été à ma place.
Si, t'as déjà été à ma place.
Sors.
T'as déjà été à ma place, Agathe.
Sors.
J'ai oublié.
Bonjour, je voudrais voir l'inspecteur Chartain, s'il vous plaît. Il est un peu
trop tôt, madame, pour Chartain.
Je vais attendre.
Oui, fin de place.
Je pourrais avoir le 218, s'il te plaît ? Le 218.
Voilà. Merci beaucoup.
Pourquoi tu dors là ? Elle est où, Agathe ? Je sais pas, mais sa caisse est
plus là.
Tu l'as vu partir ? Non.
Qu'est-ce qui se passe ?
Madame Jacobs ? Qu'est-ce que vous faites ici ?
J'ai perdu mon portefeuille.
Je venais faire une déclaration, mais mon mari vient de m'appeler, il l'a
retrouvée. Ça, c'est de la chance.
C'est vous qui avez essayé d'appeler hier soir.
Non, si, si.
J'ai dû faire une erreur de manipulation en enregistrant votre numéro. C'est
bizarre parce que moi j'ai essayé de vous rappeler et ça n'a pas répondu,
madame. Je coupe toujours ma sonnerie le soir, je suis désolée.
Autrement, rien de nouveau ? Écoutez, je dois vraiment y aller.
Madame Agathe Jacob, je vous sentais en danger.
Allez, vous faites quoi ici ?
Très... liquide ? Très liquide.
Maman ? Bon anniversaire, mon caillou.
Ah quoi, t'avais oublié ? Eh,
bonne fois que je suis invitée.
Mais qu'est-ce qui se passe ici ? Rien, rien.
Ah si, si, si, si.
Non, non.
Eh quoi, tu veux rester habillée comme ça toi ? Excuse-moi.
Ambiance, ambiance.
T'étais où ? Faut que tu me parles à Gathe parce que je vais devenir dingue.
T'as parlé aux flics.
Je suis... Je suis absolument et profondément désolé.
Regarde-moi, Agathe, s'il te plaît. J'ai besoin de toi, moi.
Comment t'as pu la laisser comme ça ? Je vais pas l'expliquer.
J'ai paniqué, voilà.
Je savais plus ce que je faisais.
C'est un collier traditionnel amérindien. Et tu peux aussi l'accrocher
au-dessus de ton lit. Et il capture tous tes mauvais rêves. T'as peur des mauvais
rêves, toi, Charlotte ? On a tous nos démons derrière.
Oui, et puis ça peut être très utile en ce moment. Mais dis donc, ça marche, tu
sais. Je l'ai essayé, moi.
Mais je suis sérieuse. Merci, maman. Je sais que tu es sérieuse, mais t'as un
sale problème.
Attends, j'ai à la cave, il peut m'en consulter.
Qui en veut ? Pas tout le monde. Non, pas moi. Si, si, toi. Si, si. C'est ton
anniversaire, tu vas prendre un petit bout.
Allez, j'insiste.
Eh bien, déjà un anniversaire sur ma petite fille, puis toi maintenant, qui
ne veut pas manger.
Qu'est-ce qu'on se marre ? Écoute, entre son stage de cheval et l'anniversaire de
sa mère, elle a choisi. Donc on fera autre chose avec elle plus tard.
Ah, dis, il faut absolument que je vous parle de ma prochaine tournée.
Bah, quelle tournée ? La tournée des bars.
Oh, j'ai monté un duo piano-voix avec un musicien
juste délicieux.
Oui, on réinterprète les sept péchés capitaux de Kurt Weill. Tu connais ?
La pièce. Non, pas les sept péchés capitaux, parce que ça, tout le monde
connaît. Eh bien, je crois que je peux dire que j'ai jamais été aussi loin dans
la fragilité, enfin, vocalement parlant, je veux dire.
Enfin, j'ai l'impression de m'être débarrassée de tous mes automatismes
techniques. C'est juste incroyable, vraiment.
Je me sens complètement, complètement en connexion avec ce texte. J'ai jamais été
comme ça avec aucun musicien. C'est vraiment comme une absorption.
Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui se passe ? Tiens, un coup de figuette.
Ça va, Gat ?
Non mais qu'est-ce qu'elle a là ? Faites quelque chose là, qu'est-ce qu'il lui
arrive là ? Elle est où ? Je sais pas, dans une chaise ? Je la trouve
pas ! Je la trouve là ! Oh si, si, si, un petit peu.
J'insiste.
Maman, j'ai rencontré un garçon.
Il m'a cueilli une rose Et maintenant je voudrais des tulipes et des pensées
Des violettes, des iris, des pétunias, des bleuets Maintenant je voudrais d
'aimer l'empire des prés Des gentianes, du lilas, des orchidées
Maman,
j'ai rencontré un garçon
Il m'a offert un diamant.
Et maintenant, je voudrais des agates et des rubis, des topaz et du jade, des
lapis lazuli. Maintenant, je voudrais des opales et des saphirs, de l'ambre,
des émeraudes et de l'argent.
Maman, j'ai rencontré un garçon.
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