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Xhosa
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Yoruba
Zulu
Effervescence.
Brouhaha, bips et sonneries.
-Je respire Francoeur.
Je m'endors, je pense Francoeur.
Je me viderais de mon sang
pour mon patron.
Mon patron a ma confiance, j'ai la sienne.
Pour le meilleur...
Acclamations.
-C'est votre fille ? C'est la mienne.
-Ou pour le pire :
Marie-France Trémeau. - On est favoris
dans tous les sondages.
Détonation. - Ah !
Non, non, s'il vous plaît.
On attend le résultat.
♪ -Deux candidats que tout oppose.
♪ -Marie-France Trémeau a fait une campagne solide.
♪ L'ancien garde des Sceaux, sous-estimé,
♪remonte au dernier moment.
-On est à 1h15 du résultat.
Cette primaire de droite ne devrait pas échapper à M.-F. Trémeau,
Mais on ne s'interdit pas d'espérer.
Je me suis pas présenté.
-C'est César Casalonga, le meilleur apparatchik que je connaisse,
(mais je lui dirai jamais.)
-Elle, c'est Marylin,
La meilleure communicante de Paris, mais elle ne veut pas le savoir.
Elle soupire.
T'as le temps de te faire un café ?
♪ -Dans une heure sortira la fumée blanche des ordinateurs de Droïde,
la société informatique qui a organisé cette primaire
Réservée aux adhérents du parti.
-Ca y est, les dés roulent, donc je suis serein.
On basculera vers autre chose.
-Vers la victoire ?
Il inspire.
-C'est bien.
On se retrouve plus tard.
♪-Le résultat sera fiable, peu après la clôture du scrutin.
Benjamin Pinguet, PDG de Droïde, aussi fils
du sénateur J.-C. Pinguet, garantit une sécurité absolue.
♪Droïde a repris le modèle américain.
♪Des huissiers... - Que fait le patron ?
- Il écrit son discours de victoire. - Un seul ?
-Démosthène en prépare un autre.
- C'est très bien comme ça. - Voilà.
Donc... - Le paragraphe
Sur l'engagement est un peu long. - Oui.
C'est mieux. - Oui, c'est mieux.
♪ -La seule chose que je sache,
c'est que mon projet est le seul possible
♪pour rendre ce pays indépendant et prospère.
-Redoutez-vous que votre challenger crée la surprise.
- Ce n'est jamais gagné d'avance. - Elle sait qu'elle a gagné.
-Quoi ?
-Regarde ses yeux. Elle sait qu'elle a gagné.
-La politique qu'il a menée est une aberration.
- J'ignore comment, mais c'est sûr. - Les estimations la placent devant.
Cliquetis des claviers.
Tout le monde s'arrête.
- Il se passe quoi ? - Ca bugge, apparemment.
-T'as la même chose ?
-Je sais pas...
Vibreur. - Major.
Oui.
- (Le vote est suspendu.) - Je t'entends pas.
-(Ecoute. Le vote...)
-Silence !
-(Le vote est suspendu, il y a un bug.)
-Laissez-moi dix secondes. On passe sur le système de secours.
-Rien ne vaut mieux qu'une urne en plastique
Et un bulletin de papier. - T'aimes bourrer les urnes.
-C'est général.
C'est une cyberattaque ? - Il est trop tôt pour le dire.
- Je préviens le patron ? - Non, attends la confirmation.
-On perd le kernel.
Je réarme ? - Oui, bah oui !
-On réarme, alors.
Climatisation et grésillements.
Il tape une commande au clavier.
OK.
Le vote reprend.
Soupirs de soulagement.
-On s'y remet, allez.
-T'as des retours du Nord ?
Son téléphone sonne.
-Alors ?
-(Le vote reprend. Je demande un rapport ?)
-C'est préférable.
-Très bien.
-J'aurais aimé être un type ordinaire, une vie rangée,
avec un crédit, deux enfants, un patron qui me maltraite un peu,
une femme qui me maltraite un peu.
Mais voilà, je n'ai rien de tout ça,
je suis juste un apparatchik.
Brouhaha dans le bar.
-En Bretagne... Monsieur César Casalonga est là !
-On y croit, hein.
Acclamations.
-Monsieur Casalonga.
Quelques mots. - Oui.
-Vous avez l'air confiant, vous avez des infos ?
- Non. - Twitter a explosé.
-On attend, comme vous.
-En cas de défaite, Francoeur va-t-il
Dicter ses conditions pour soutenir Trémeau ?
-Tous les candidats se sont engagés à soutenir le vainqueur.
Pourquoi parler de défaite,
On a encore 15 mn pour attendre la victoire.
Acclamations. Et surtout...
Quoi qu'il arrive,
je suis très fier de notre campagne
Et de nos militants, qui ont été formidables.
C'est grâce à eux. Merci.
Je boirais bien un coup. - Ah bah oui !
Acclamations.
- Merci. - FRANCOEUR ! FRANCOEUR !
-Cinq plombes qu'il est coincé.
-Il est 54. Dans 6 mn, Droïde me transmet le résultat,
MM. les huissiers le constateront et je préviendrai les candidats.
Moi seule.
On se dispute plus haut.
- Lève-le ! - No me diga !
-Pose, pose.
Recule. - Attends.
Excusez...
-Je veux juste passer, en fait.
-Attendez.
-Pose.
-Je voudrais juste passer.
-Désolée ! Accroc.
- Vous pouviez attendre ! - J'ai pas le temps !
Il soupire.
-Oui, César.
On referme la porte.
-Tiens.
Quoi ?
Tu t'es battu ? - Avec un grizzli.
-Ca t'apprendra à vendre la peau de l'ours.
-Devant l'histoire,
On se présente avec une chemise propre.
-5 mn, et c'est bon.
La bague tinte au contact de la main courante.
-Il est favori dans tous les sondages quasiment.
-Marie-France...
Le résultat...
-Quoi ?
C'est une blague ? - L'info vient de Texier.
- Quoi, Texier... Il a appelé ? - Non.
On est passés par nos montres. Ni vu ni connu.
Désolé.
On conteste ?
D'une voix chevrotante. - Les résultats sont tombés.
C'est fini, c'est lui.
C'est le jeu de la politique. Merci à tous de votre soutien.
Merci de votre...
De votre amitié sans faille.
On s'est battus, on a fait ce qu'on devait.
Excusez-moi.
-Je vous ai raconté
Comment un sanglier m'a coursé étant môme ?
-Oui. Sonnerie.
Il enclenche le frein.
-Oui, Olympe,
je t'écoute.
-Je t'appelle en premier.
♪Je te proclame vainqueur dans 5mn. Tu as 1 680 voix d'avance.
Félicitations, t'es notre candidat.
-Oui !
C'est génial, papa, bravo ! - On l'a fait !
-Bravo ! Désolé pour ton discours de défaite.
- Tu saignes. - Bof...
-Baptiste.
On ouvre une porte.
Ouais ! Acclamations.
Jusqu'à la victoire !
-FRANCOEUR, PRESIDENT ! FRANCOEUR, PRESIDENT !
FRANCOEUR, PRESIDENT ! - Merci.
Merci à toutes et tous.
-Monsieur Casalonga, cette victoire,
c'est une surprise ? - Pour vous, peut-être.
Les sondages sont discutables,
On est allés chercher les voix une par une.
Le vrai combat
Commence demain matin.
- Qu'attendez-vous de Mme Trémeau ? - La même chose
que tout le monde.
Multiples sollicitations. - Laissez-moi passer.
♪...
-On est avec vous, Marie-France !
Applaudissements.
-Madame Trémeau, ce doit être une immense déception.
-C'est le jeu. C'est le jeu politique.
-FRANCOEUR, PRESIDENT !
-Merci. Paul, Marie-France.
- Merci ! - Francoeur, Président !
-Merci, Paul.
-La victoire en mai 2025 !
♪... On scande "Francoeur".
♪...
-Enfin oui, c'est très joli.
Incompréhensible.
-Bonsoir, ça va ?
-Viens.
-Avec un score pareil,
C'est à qui perd gagne. On sort divisés comme jamais.
-C'est elle, tu l'as vue.
Elle va contester le résultat ? - Pas impossible.
Mais les mauvais perdants, on n'aime pas trop.
Elle va grappiller tout ce qu'elle peut.
-Faut dire à Texier qu'elle se calme.
C'est mon projet qui s'appliquera.
Passe une bonne soirée. - Toi aussi.
-A priori,
On ne va pas contester le résultat.
-A priori ?
-Elle est pas en état de décider. Elle tombe de haut.
Va falloir m'aider à l'apaiser.
-La poignée de main refusée, on aurait pu l'éviter.
Il y a des images qui restent.
-J'ai bien réfléchi. Vous allez diriger ma campagne.
Vous pouvez aussi élever des chèvres dans le Larzac.
-Les chèvres attendront.
César, il fera quoi ?
-Il fera du César. J'ai besoin qu'il ait les mains libres.
Tenez-le informé de tout.
-La réciproque n'est pas vraie ?
-Je vais avoir une liste de courses.
La défaite doit comporter des avantages.
-Tu sais ce que Démosthène te répondrait ?
Vae victis. Malheur aux vaincus.
-Ton intello, je m'en cogne.
Félicitations. - Merci, Texier.
Marie-France était
une adversaire redoutable,
J'espère qu'elle sera une partenaire formidable.
-On en parlait.
♪...
-On était moins nombreux il y a 6 mois.
-Et dans 6 mois, il y aura plus personne. C'est qui ?
-C'est Jérémy Caligny,
Le neveu de l'ancien ministre.
Il animait le pôle numérique de Trémeau.
Il est ambitieux, pas manchot. Il ira loin.
- C'est pour ça qu'il nous choisit. - Parce qu'il te ressemble.
On va danser ? - Tu vas danser, je te regarde.
♪Tonalité.
♪...
♪-Paul Francoeur. Laissez-moi un message.
♪...
♪Tonalité.
♪...
Son téléphone sonne.
-Attends.
Allô ?
-55 %. C'est un beau score.
-Merci, mais on a fait moins. A qui ai-je l'honneur ?
-Un ami. Un des seuls qui vous racontent pas de salades.
- J'aime savoir qui sont mes amis. - Vous êtes assis sur une bombe.
- Pardon ? - Vous êtes assis sur une bombe.
Quand elle pétera,
C'est pas votre joli costume qui vous protégera.
-On peut se voir ?
Allô ?
Allô ?
♪...
Rires. - OK !
-C'est bon, tout va bien. Il exulte.
♪-France Inter. Jingle.
♪-La droite se réveille avec un champion mais très divisée.
♪Pour le candidat, le défi est de taille.
♪Unir son camp, gérer une opposante interne,
♪s'assurer, sécuriser son soutien
♪pour se consacrer à ses adversaires,
♪Janvier, le Président sortant,
♪dont la candidature n'est pas un secret,
♪et l'extrême droite, toujours plus puissante.
♪Pour le camp Trémeau, c'est au vainqueur de bâtir l'unité.
♪En jeu, les inévitables négociations
♪sur les places au gouvernement et les investitures aux législatives.
♪Pour Francoeur,
c'est une victoire à la Pyrrhus, son début de campagne sera délicat.
-Monsieur le candidat. Ca va, et toi ?
-Ouais...
♪-Arrivée au QG dans 18 mn. Température extérieure à 8 degrés.
♪Votre ceinture, César. - Je me ferai jamais à Bernadette.
Une voiture qui conduit toute seule...
♪-Merci, César. - C'est l'avenir.
-C'est mon côté boomer.
T'enchaînes un déj avec les barons,
le choix des porte-parole, un plan budgétaire.
-Les corvées du vainqueur. Tu vois Texier ?
- A 14h. - Laisse-le venir.
Trop souvent le vaincu a imposé sa loi au vainqueur.
-Si j'étais Trémeau, je demanderais la commission d'investiture.
-Tu serais pas ici.
-Pour préparer la suite, elle doit choisir les députés.
Elle y gagne quoi qu'il arrive
Tout en restant en dehors du gouvernement.
-Moi vivant, elle n'y entrera jamais.
- Toujours en avance d'un café ? - Je dors jamais après une élection.
-Je dors ni avant ni après. Il y en a toujours une qui arrive.
-Bonjour, messieurs.
-Les deux mêmes, s'il vous plaît.
-Bon...
Si on gérait ça tous les deux ?
On doit afficher notre unité dès le 1er meeting.
-Dès ce week-end.
Tu proposes... ? - Ce n'est pas moi le problème.
- Elle le vit comment ? - Pas très bien.
Hier soir, elle était amorphe, méconnaissable,
Très digne au fond.
Depuis ce matin, la colère domine.
- Les 5 phases du deuil commencent. - Parmi lesquelles la négociation.
- L'acceptation aussi. - Ouh !
On en est loin, là.
- Voici, messieurs. - Merci.
On en est très loin. - Merci.
Pour moi, Trémeau doit faire un geste.
Si ce n'est par plaisir, par intérêt.
-Ah, par intérêt ? Mais quel intérêt ?
-Si elle s'engage auprès de Paul, elle préserve la suite.
- Qu'est-ce que je peux lui dire ? - Paul va l'appeler.
(1) Elle décroche, il propose de la voir.
(2) Elle accepte. - Elle voudra savoir sa proposition.
-J'en sais rien. Dis-lui que tu ne sais pas.
-Tu ne me donnes pas beaucoup de billes.
-L'important, c'est qu'elle décroche son téléphone.
Pas par plaisir... - Par intérêt.
-Voilà.
-"Bureau César", là.
-Vous m'avez mis où ?
Voilà.
Ca, ça va devenir le bureau du patron.
Je prends celui d'à côté.
-J'ai pas de bureau, je rentre à Cabourg ?
♪-Tout était prêt
♪pour votre meeting. Je peux pas m'asseoir sur 8 000 boules.
-Asseyez-vous où vous voulez ! ♪-Madame, on avait un contrat.
-On viendra pas. ♪-Pourquoi ?
-Vous n'êtes pas aux normes handicaps, on rompt le contrat.
♪-Je vous envoie les huissiers.
-Envoyez-les chez M.-F. Trémeau, la réservation est à son nom.
-Les casse-couilles de mauvaise foi, j'en peux plus.
Bon, elles sont où, les autres tables ?
-Tu aurais dû
Me libérer le créneau.
-On va pas se précipiter dans tous les médias.
- Il faut saisir le momentum. - Laisse-moi du temps,
il faut trouver l'unité.
-Les médias n'attendront pas, et l'histoire s'écrira sans nous.
Tu veux toujours un récit décalé sur la campagne ?
-Leïla Argument, connais pas.
-Elle a écrit des romans, des pièces, et reçu le prix Inter.
Elle fait des ateliers en prison,
Elle est soutenue par la critique. Elle va plaire au patron.
- Elle a des arguments ? - T'es con...
-Un piano ?
Tu lui dis de rien publier avant l'élection, pas un mot.
Je l'appelle. - Tu peux pas.
Elle a pas de 06, il faut appeler son agent ou lui écrire.
-Suivez-moi, j'ai peu de temps.
Installez-vous.
Deux choses.
Votre entrisme, frapper à toutes les portes, ça ne se fait pas.
Je vous reçois sous la contrainte. - M'auriez-vous reçu sans ça ?
-Je vous reçois car mon patron a insisté.
Il souhaiterait que vous puissiez intégrer l'équipe.
Ne vous emballez pas, il le fait en hommage à votre oncle.
Les pistonnés doivent faire deux fois plus leurs preuves.
-Pistonné par un mort...
-La normalité, c'est pas ici.
-Si vous voulez pas de moi, j'irai ailleurs.
-Il paraît que vous avez fait du bon boulot.
-Si tout s'était joué sur les réseaux, Marie-France aurait eu
Les 2 000 voix manquantes. - 1 680.
-C'est juste.
-J'ai repéré des comptes anonymes qui ont pilonné Paul.
-Hm. Marie-France a pas été épargné non plus.
-Mais ça ne venait pas de nous.
-Ou on vous l'a pas dit.
On a longtemps essayé d'avoir une taupe chez vous.
-Vous connaissez...
Leïla Argument ?
-Leïla, oui. C'est un phénomène.
Elle a tout compris. Pourquoi ?
Elle vous intéresse ?
-OK, Caligny.
Allez voir Marylin.
- C'est où ? - 1er bureau à gauche en entrant
Dans l'open space. - Ca marche. Merci.
- Caligny. - Hm ?
-A la 1re connerie, c'est la porte.
Vous ferez les plafonds aussi.
-On est dans le rouge, si le parti n'obtient pas son prêt.
-Oui...
Tu connais Leïla Argument ?
-Non. Je devrais ? C'est qui ?
-Camarade !
-Oui, euh...
-Whisky ?
-Dans beaucoup de Perrier.
-T'as vu le petit Caligny ? Il ressemble à son oncle.
-Il est bon.
Le problème, c'est qu'il le sait.
-C'est quand les gens sont mauvais qu'ils l'ignorent.
-Je vais l'intégrer, mais en douceur.
Merci.
-Allez, santé.
Je veux pas que Trémeau soit trop près
Mais je peux pas me permettre qu'elle soit trop loin.
Maintenant, elle va être...
Comment elle va être ?
-Intenable. Ingérable.
Epouvantable.
Je suis rancunier. - La rancune ne sert à rien.
-Une bonne mémoire est utile.
-Tu l'as entendue ce matin. "Nous devons relever
"les défis de notre temps, surtout sur les frontières européennes."
Je ne vais pas réagir à toutes ses provocations.
J'aurai à faire avec nos adversaires en course.
-Tant qu'on ne l'arrêtera pas, elle continuera.
-Alors on va l'arrêter.
Elle me tient, bien sûr, mais je la tiens aussi.
-Les investitures pour les législatives ?
Texier m'a dit qu'il voulait aller vite.
-On fera ça le plus tard possible. Je veux choisir ma majorité.
-Ca va être un sacré bras de fer, mais j'adore l'idée.
-Tu vas t'en occuper.
Officiellement, tout est en stand-by,
Mais on travaille en chambre circo par circo.
On approche personne avant fin avril et on laisse dire
qu'on investira les plus fidèles
Et que les contours de la majorité sont évolutifs.
On va leur faire craindre une recomposition politique.
-Magnifique. Jusqu'où,
la recomposition ? - Alors ça...
Tout ce que je sais,
C'est qu'avec ça, ils ne réfléchiront pas à autre chose.
Tu prépares tout.
Qu'est-ce que tu fais là ? Je t'ai pas entendue.
- J'ai apporté le dessert. - C'est gentil.
T'as mangé ? - Non, mais j'ai pas très faim.
- Tiens ! - Je veux bien un verre.
-Ben viens t'asseoir, mon chou.
-Merci, merci.
- T'as passé une bonne journée ? - Vous aussi ?
- Oui. - Pas mal.
- Pas mal. Une de ces journées ! - Bonne journée.
-Allez.
-Phase 2 du mardi : j'enfile mon costume de père Noël
Et je fais plein de cadeaux.
Karim. César.
On veut renforcer notre dispositif. On a lu ta tribune sur la Défense.
Tu pourrais t'en occuper pour la campagne ?
OK.
C'est noté.
Je ne promets de ministère à personne, ça porte la poisse.
Ma question est simple : es-tu OK pour bosser ?
Non ? Voilà.
C'est bon.
Je comprends bien, Maguelone.
Sache que Paul a beaucoup insisté.
N'interprète pas mal ma démarche.
Oui.
Sur les Territoires, y a des idées de Trémeau qui nous intéressent.
D'accord ?
OK.
-Merci.
-Bonjour, messieurs.
- Madame. - Bonjour.
Messieurs. - Marie-France.
César s'éclaircit la gorge.
Cadeau.
-Ah !
Des calissons. - Je sais que tu en raffoles.
-Merci, Paul.
Je veux pouvoir dire
Que tu as repris certaines de mes propositions dans ton programme.
-Bien sûr.
-D'ici demain, je te dirai lesquelles.
-Je veux qu'on les choisisse ensemble.
-Il faut qu'elles soient compatibles avec ce que je défends.
-Nous sommes de la même famille politique.
Elles sont forcément compatibles.
-Très bien, écoute. César et Texier regarderont ça.
Ils sont dans une bonne phase.
-Le petit Caligny est venu de lui-même, comme un grand.
-Maguelone aussi. C'est le grand débauchage.
-Si on prenait personne de chez vous, tu dirais
Qu'on vous méprise. - J'aimerais qu'on en parle avant.
Je n'en recommande que certains.
-Je crois surtout qu'ils sont dociles.
-Pas nous.
Moi, je ne plie pas.
-Toi et moi, on sait ce qui importe.
- Le service des Français ? - What else ?
-Parlons de la seule chose...
- qui compte vraiment.
- C'est-à-dire ? - Les investitures.
- Pour les législatives. - Laissons ça à nos seconds.
- Laissons ça à nos patrons. - TE FOUS PAS DE MA GUEULE.
-Nous donnerons les investitures après la présidentielle.
Tu me diras tes préférences. - Ah non.
On règle ça maintenant.
-On progresse.
-Et je veux tout voir.
-Je ne vais pas te laisser construire ma majorité.
-Nos électeurs ne veulent pas des centristes, ce sont des mous.
-En me choisissant, ils veulent éviter les extrêmes.
-Non, arrête !
Ne recommence pas !
Décaler les investitures, c'est un casus belli !
-Je ne vais pas te laisser le volant et les clés du camion !
-Grossière erreur !
On se casse.
Il se comporte comme s'il avait fait 100 % des voix.
-Elle se comporte comme si elle avait gagné. "J'exige."
Elle n'aura rien ! - Il ne sera jamais élu.
Après la défaite, je récupérerai le parti
Et je préparerai la suite.
Quatuor à cordes No 14,
"La Jeune Fille et la Mort", allegro, Schubert.
♪-Distance au toit : 10 cm.
♪Messieurs,
♪vous êtes arrivés à votre QG de campagne.
-Ah... ! J'adore sa voix.
-Attendez.
Maintenant que t'es dans la course, ta vie va être passée au crible.
- Elle ne l'a pas déjà été ? - On change encore de dimension.
-Je ne crains pas ce qui est vrai mais ce qui est faux.
La rumeur. Plus tu la démens, plus on y croit.
C'est ça, la maladie de la vie politique aujourd'hui.
-Le faux,
C'est mon boulot.
Crissements de pneus au loin.
Y a-t-il quelque chose que je dois savoir ?
Qui pourrait sortir, qu'il faudrait expliquer.
-Toi et moi, ça fait combien d'années qu'on collabore ?
17 ans ?
-Et quatre mois.
-En 17 ans, j'ai été mis à poil plusieurs fois.
Quand j'ai été nommé garde des Sceaux, on a tout épluché.
-Tout ? Absolument tout ?
-Tu sais tout ce que tu dois savoir.
Et toi ?
Tu es une cible, toi aussi.
Tu n'as rien à me dire ?
Un petit conflit d'intérêts ?
Un selfie ? Une gâterie dans une chambre d'hôtel ?
Hm ?
-Conflits d'intérêts : des centaines.
Pour le reste,
j'ai une vie de moine. - Les moines, méfiance.
Bernadette, fiche César.
♪-César Casalonga. Sexe : masculin.
♪Né le 20 mai 1981 à Calvi.
♪Diagnostiqué précocement hypermnésique.
♪Il est second au concours général de latin 1998.
-Second.
Tu me l'as jamais dit. - Ne le dis pas à Démosthène.
-Allez. Il toque à la vitre.
-Rosalie.
Il verse des croquettes.
♪ -Les 1ers sondages post-primaire donnent Francoeur au coude-à-coude
♪avec Janvier et l'extrême droite Rousseau.
-A ce soir.
♪-Quoi, t'as reporté la commission d'investiture ?
-Ca te plaît, l'opposition, Olympe ?
Tu veux y rester encore 10 ans ?
♪-Le parti a son mot à dire.
-Le parti ne sera rien si je perds. C'est le gagnant qui décide.
Quand je perdais,
Personne ne me demandait mon avis.
- Tu peux rappeler Texier ? - A lui de le faire.
Tout est calé pour demain ? - Oui. Et les prises de parole ?
-Trémeau est capable de se pointer à l'improviste. On improvisera.
-L'improvisation, c'est pour les baltringues.
-Premier discours.
Deuxième discours.
-Pourquoi deux discours ?
-Elle vient, elle vient pas...
Sonnerie.
-Allô ?
Trop aimable. Je ne vais pas changer de forfait téléphonique.
Soupirs.
-Trémeau est annoncée sur CNews avant le meeting.
-J'y crois pas. Si elle vient,
On s'en sert, si elle vient pas, aussi.
- Elle ira au clash. - Qu'elle y vienne.
- Et si c'était du spin ? - Du spin tonic ?
-Joli !
-Vous êtes trop sûrs de vous. La machine à perdre, sans moi.
- Sans toi ? - Ouais, désolé.
-Comment on va faire sans toi ? Petit rire.
Marie-France viendra pas à Charleville.
Le meeting se fera sans elle. - Non mais c'est du bluff.
Elle peut pas faire ça, il y aura toute la famille.
-Les journalistes disent que t'es trop rigide.
-Ils ont raison. Si je cède à ça,
Elle et mes adversaires me piétineront. On avance.
Je te dis
Qu'elle viendra. - Parfait.
Bonne soirée, messieurs. - Salut.
Bonne nuit, repose-toi.
- C'est bon ? - Parfait.
A demain. Bonne nuit. - A demain.
Symphonie No 8 en si mineur, "Inachevée", Schubert.
Musique électronique rapide.
-OK. J'efface.
-Attends. Il y a un changement.
Sauvegarde tout sur disque dur. - Sérieux ?
- On part avec les fichiers. - C'est pas le contrat initial.
Il devait pas y avoir de traces. - Je prends des risques. Tu copies.
-Me touche pas !
-Je rajoute 30 000 de ma poche. Ca va ?
- Pff... - 30 000.
-Tu fais chier.
Allez !
♪-Test. Un, deux. Un, deux.
♪Test.
-Je veux savoir si c'est un micro-cravate ou un micro cygne.
-Tu me dis ça quand t'as l'info.
-Je te présente Leïla Argument. César Casalonga.
-C'est vous, alors, le deuxième cerveau de l'homme
Qui dirigera la France dans 6 mois. - Les jours impairs.
-Les autres jours, vous faites relâche.
Vous connaissez mon travail ?
-Très bien.
-Vous mentez. J'ai l'habitude.
-Maryline.
Les journalistes me gonflent. - Parle avec la sécurité.
- Tiens-les. - Je reviens dans 2 mn.
-Pourquoi Francoeur ?
-Vous voulez savoir si je vote à droite.
-A votre âge, la question se pose ? Elle éclate de rire.
-Disons que j'ai un faible pour les outsiders.
- Il ne se voit pas ainsi. - Ce qui en fait un personnage,
un Don Quichotte moderne. - On vous offre une coupe,
On a un espace pour les invités.
-Merci. Non, je préfère être avec les vrais gens.
-Ah.
- Leïla ! - Leïla !
-Une photo, s'il vous plaît.
Agitation.
-Je savais
qu'elle te plairait.
Sonnerie.
-Oui, allô ? ♪-C'est Paco. Tu m'entends ?
Il désactive le son dans la voiture.
Conversation indistincte.
-Commence par descendre d'un ton.
On va continuer à se vouvoyer, OK ?
Je vous ai promis les disques, vous les aurez.
Eh ouais, on avait un deal.
Je vous donnerai les disques quand vous aurez payé.
-(Merci.) On joue quelques notes au piano.
Lire le présent.
Déminer le futur.
Contrer l'adversaire.
Voir loin
les trains qui vous foncent dessus. C'est mon job.
Les dévier, parfois, on y arrive.
Il zozote. - "Et ses..."
- Recettes. - Bravo.
"Je veux une France qui tient
"sa pa..." - role.
-Sa parole.
-"Et mettre fin à cinq années
"de coalition écolo-socialiste."
On sollicite M.-F. Trémeau de toutes parts.
♪-Marie-France ! ♪-Marie-France !
-Ah.
Paul. Regarde, elle est venue.
- Merci à vous. - Je te l'avais dit.
Elle ne peut pas résister à l'appel de la foule.
- S'il vous plaît ! - Marie-France !
-Votre venue, c'est un soutien au candidat Francoeur ?
-Oui.
♪ C'est à qui ? ♪-Allez-vous vous exprimer ?
-Je vais vers les loges.
- (A tout à l'heure.) - (Ouais.)
- Bienvenue à Charleville. - On m'a fait un accueil formidable.
Un accueil formidable.
Hier soir, j'ai décidé
De venir t'écouter. - Très bien.
-Tout va bien.
Personne n'entre.
- Il faut que tu m'accordes 2mn. - Appelle-moi, la prochaine fois.
-Comment je fais ? Tu as la durée de son intervention ?
C'est pas la reine de Saba. - Un peu, quand même.
On scande "Marie-France".
♪-Marie-France, on t'aime !
-Merci, mes amis. Merci beaucoup.
Paul,
tu as entendu le message de la primaire
et je te remercie d'avoir repris à ton compte
Ma proposition de rétablir les peines planchers.
Et je sais que, comme moi,
Tu t'interroges beaucoup sur l'espace Schengen.
C'est pourquoi j'affirme ici,
Devant vous, mon soutien pour toi, Paul.
Notre devoir aujourd'hui,
C'est d'oublier nos petites divergences.
Tu peux compter sur moi, mon cher Paul,
pour mener une campagne de clarté
Et de fermeté.
Les Français le demandent,
Et je sais que, comme moi, tu partages cette conviction.
-Quel serpent, celle-là !
-Le laxisme budgétaire, ça suffit.
Le laxisme judiciaire, ça suffit.
-Ca suffit !
-Le laxisme sécuritaire, ça suffit.
- Elle va s'arrêter où ? - Schengen,
ça suffit ! - Elle veut éclipser le patron.
-Ca suffit ! Ca suffit !
-Il va devoir être bon.
-Je vous demande d'apporter votre soutien à notre candidat,
Paul Francoeur !
-FRANCOEUR ! FRANCOEUR !
-Francoeur ! Francoeur !
La foule scande "Francoeur".
-Paul !
...
-Mes chers amis, vous n'imaginez pas
Mon plaisir d'être ici avec vous ce soir.
-On est suivis depuis la station.
-Arrête ta parano.
-Nous avons l'immense responsabilité
De remettre la France sur le chemin de la confiance.
Et de mettre fin
à cinq années de cette coalition écolo-socialiste
Qui a abîmé notre pays comme jamais.
Huées.
-J'entends
ceux qui disent que la dette de l'Etat n'a pas d'importance,
Qu'il suffirait de ne jamais la rembourser.
C'est une vue de l'esprit.
Je veux une France qui sait tenir ses comptes.
Qui sait adapter ses dépenses
à ses recettes.
Je veux une France qui tient sa parole,
Qui respecte ses engagements et qui paie ses dettes !
Laissez-moi vous dire que pour l'instant,
Nous en sommes loin.
Rires.
Mais jamais je ne perdrai de vue cet objectif.
- Il veut quoi, ce con ? - Quoi ?
-Double, connard.
Forte accélération.
Putain, merde !
Merde.
Non !
Clameur.
Paul tousse.
Encouragements.
-Merci.
L'effort,
L'initiative, la création de valeur.
La création tout court.
Je veux une France
qui entreprend, qui valorise
la réussite et l'innovation.
L'alarme de la voiture s'est déclenchée.
Je vous propose le chemin du courage.
La France est grande lorsqu'elle est courageuse,
lorsqu'elle fait face et se mobilise
Pour affronter le danger.
Lorsqu'elle sait se mobiliser !
-ON VA GAGNER !
ON VA GAGNER !
ON VA GAGNER ! ON VA GAGNER !
♪-Pinguet est mort. - Pardon ?
♪-Pinguet est mort. On s'est fait choper sur la route.
Pinguet a merdé. Maintenant, il faut payer pour les disques.
-Je suis en meeting, je vous rappelle ?
♪Vous êtes qui ? - Vous le saurez quand on se verra.
-Votre numéro ?
Il raccroche.
Des sirènes retentissent.
-Divisés, nous sommes vulnérables.
Unis, nous sommes invincibles !
- FRANCOEUR, PRESIDENT ! - Merci à tous.
-FRANCOEUR, PRESIDENT !
-Vive la République
et vive la France !
-FRANCOEUR, PRESIDENT ! FRANCOEUR, PRESIDENT
La foule entonne la "Marseillaise".
-CONTRE NOUS DE LA TYRANNIE,
L'ETENDARD SANGLANT EST LEVE.
ENTENDEZ-VOUS
DANS NOS CAMPAGNES
MUGIR CES FEROCES SOLDATS
QUI VIENNENT
JUSQUE DANS NOS BRAS
EGORGER NOS FILS ET NOS COMPAGNES ?
AUX ARMES, CITOYENS !
FORMEZ...
-C'était grand, mais je vais devoir gérer ce qu'a dit Trémeau.
Regarde, elle fait le buzz.
Partout, partout.
-Le sénateur Pinguet ne passe pas une bonne soirée.
-Pourquoi il est parti ?
-Il a dit : "Il est entre la vie et la mort."
- Mais qui ? - Son fils.
-Benjamin. Il a eu un accident de voiture.
-Comment tu sais ça ?
-C'est pas le fondateur de Droïde ? ♪-Vous êtes assis sur une bombe.
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