All language subtitles for le-fou-du-labo-4-1967

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Original subtitles

C'est toi qui m'en donne des

aigreurs.

Et bientôt leur noce dort.

C'est beau l'amour et ils veulent que je me marie.

Salut, Balanchon. Bonjour.

Bonjour,

M. Balanchon.

Bonjour.

Bonjour, professeur. Encore une minute et il va crever. Il va crever.

Bonjour, M. le professeur. Bonjour.

Bonjour, M. le professeur. Bonjour.

Alors, Oscar.

Comment ça va ce matin ? Très agité, comme toujours, monsieur le professeur.

Bon, ce soir, faudra lui donner un calmant.

Comme ça, Oscar fera un gros dodo.

Bois bien, là, ça fera tomber la température.

Depuis quelque temps, Balanchon nous inquiète, monsieur le directeur. Il ne

se confie plus à personne.

Il travaille en secret.

Vous savez bien que c'est sa nature.

Il fait têter des petits lapins.

Oh, monsieur le directeur, pas d'enfant.

Petit complexe de frustration paternelle. Non, tout ça n'est pas très

grave. Cette fois-ci, c'est sérieux. Balanchon perd complètement les pédales.

L'assistant qui l'a renvoyé affirme qu'il cherche à expérimenter sur ces

cobayes un nouveau gaz mystérieux.

Explosif, ce gaz.

Sait-on jamais ? Il s'agirait d'un gaz inodore.

Ce gaz s'attaquerait au centre du contrôle de la personnalité consciente.

Il lèverait toutes les inhibitions, toutes les interdictions.

Un gaz de vérité, en quelque sorte.

S'il réussissait... Vous plaisantez, je suppose.

Pas du tout.

Quelle découverte ce serait pour la défense nationale.

Mais... Mon cher, avec Balanchon, il faut s'attendre à tout.

C'est une voix, c'en est trop. On va s'expliquer.

Vous savez ce que c'est ? Un assassin, un danger public.

Ah, M.

Balanchon fait des scènes ? Eh bien, M.

Balanchon va voir arriver.

Balanchon, cette fois-ci, on va s'expliquer.

Un de ces jours, vous allez faire sauter la boîte. Et nous, avec.

Pulvérisés, désintégrés.

Quel joli feu d'artifice.

Décidément, avec vous, on ne risque pas de s'ennuyer.

Balanchon, il faut que je vous embrasse.

À bientôt.

Je vous laisse travailler.

À la prochaine.

Mal à vous.

C'est pas tout à fait ce que je cherchais.

Mais en attendant, ça l'a drôlement mis de bonne humeur.

Quel être extraordinaire, la joie de vivre avec Balanchon. Quel être exquis,

délicieux, raffiné. Oh, Balanchon, Balanchon...

Faites-moi rectifier ça pour la signature.

Allez.

Allô ? Qui ? La DST ? Oui, je ne quitte pas.

Allô ? Oui, bonjour.

Quoi ? Ah, des espions ! Oui, on va vous à la DST. Vous envoyez partout des

espions. Mais c'est un vice.

Mais je réponds de tous mes collaborateurs parfaitement.

Oui ? Mais non, mais non, mais pas du tout.

Et si les mauvaises langues vous apprêtent que les Américains ont la

bombe atomique, dites-vous bien que les flûtes ne viennent pas de chez nous.

N'y allez pas, c'est pas le moment, ça va mal, il est furieux. Je n'en espérais

pas tant.

Je vous dérange ? Si vous me demandez ça pour essayer votre gaz de vérité, ça,

vous vous fatiguez pas, je vous le dis tout de suite. Vous m'emmerdez,

Balanchon, vous m'emmerdez ! Oui, oui, je sais, monsieur le directeur.

Je sais, je vous emmerde. Mais malheureusement... Ce n'est pas mon gaz

qui vous le fait dire.

Nous n'en sommes pas encore là. Alors qu'est-ce que vous venez de foutre ici ?

Je voulais juste vous demander, monsieur le directeur, de respirer.

De respirer lentement.

Allez.

Respirez.

Respirez. Respirez.

Vous croyez que j'ai le temps de respirer ? Vous croyez que j'ai envie de

respirer ? Quand les services se créent, ils s'imaginent que notre laboratoire

est un nid d'espions.

Non, je... Balanchon...

Situation dramatique.

Montanté. Dramatique.

Malenchon, il y a eu des fuites.

Non. Et alors ? Alors, on me coupe tout nouveau crédit en attendant le résultat

de l'enquête.

C'est pas vrai.

Trois milliards.

Trois milliards sur lesquels je comptais.

Sous le nez.

C'est la ruine.

C'est une catastrophe.

C'est un désastre.

C'est la pérésine. C'est Waterloo.

Ça me fait du bien de vous apprendre cette nouvelle à vous le premier. J'ai

une telle affection pour vous.

Moi aussi, monsieur Granger.

Comme était que je vous embrasse.

Encore ? Dites donc, ça a l'air de marcher, mon petit truc.

Qu'est-ce que vous racontez ? J'ai l'impression d'avoir fait une drôle de

découverte.

Bonjour, M. Marchand. Bonjour, Élise.

C'est fantastique.

Un gaz qui rend euphorique.

Euphorique et bon. Mais c'est l'arme absolue.

Vous imaginez une armée euphorisée abandonnant ses armes pour embrasser l

'ennemi et chantant l'hymne national pour célébrer la défaite.

C'est tout simplement une question de quantité. Mais nous sommes sauvés.

Ma fortune, enfin, notre fortune est faite.

Donnez-moi donc la formule de votre gaz.

Ben, c'est que... C'est que quoi ? C'est que je ne l'ai pas.

Quoi ? Enfin, pas encore.

C'est en laissant tomber ma cendre de cigarette dans une préparation, tout s

'est mis à bouillonner.

C'est un peu comme ça que Fleming a découvert la pénicilline.

Par accident.

Et c'est tout ce qui vous reste là-dedans ? Ben, j'en connais à peu près

les composants.

J'aimerais bien en faire l'analyse. Ben, il n'y a plus qu'à l'espérer.

Dites-moi, l'effet de votre machin, ça dure combien de temps ? A voir la tête

que vous faites maintenant.

Pas plus d'une minute.

C'est insuffisant, il faut pouvoir maintenir l'ennemi au moins une heure en

état d'euphorie et de bonté.

Aujourd'hui, en une minute, on gagne une bataille, mais pas la guerre.

Bon, bon, alors, encore un petit coup pour vous remonter le monde. Non, non,

là, malheureux, là, là, pas de gaspillage. Non, ça m'est encore resté

de mauvaise humeur, j'en ai l'habitude.

Alors, avant toute chose, pour retrouver la formule, vous disposez de tous les

crédits qui me restent. Car vous avez priorité sur toutes les autres

recherches. En ce qui concerne votre sécurité... Oh non, surtout pas de

surveillance.

Je veux ma liberté.

Et pas de DST, hein ? Comme vous voudrez.

Vous comprenez, j'ai pas envie d'être enfermé dans un blocos.

J'ai des parents à nourrir, il faut que je m'en occupe.

Vous avez ma parole.

Pour commencer, de quoi avez-vous besoin ? Qu'on me foute la paix.

Vous l'aurez.

Ben, enfant, donnez-moi quand même encore une petite bouffée.

Monsieur Bouchard.

Mais montrez donc le modèle fort Apache à Monsieur le Baron.

Salut.

Ah ouais, dans

le genre cow-boy, c'est vraiment ce que nous faisons de mieux pour l'été.

Vous ne trouvez pas que les bords sont un petit peu trop larges pour la taille

de mon mari ? En pied, vous pouvez pas vous rendre compte, il faut voir ça à

cheval.

Vous croyez ? Le cheval, ça change tout.

Si M. le Baron veut bien se donner la peine.

Vous savez, même à cheval... Que voulez-vous, madame, c'est la classe.

Alors que M. le Baron se fasse une raison.

M. le Baron n'aura jamais l'air d'un gardien de vache.

On va essayer dans un monsieur le baron le genre mexicain. On sait jamais.

J'écoute.

Patron, il y a du nouveau au centre.

Le professeur Eugène Balanchon a fait une découverte qu'il qualifie d

'extraordinaire.

J'ai pas pu savoir quoi.

Bravo. J'ai été dérangé.

Puis quelques temps, je suis obligé de me méfier.

On parle d'espionnage à la boîte.

Il a encore eu des fuites dans les fuites, quoi.

À quoi il ressemble, votre bonhomme ? En dehors de la science, c'est pas une

lumière. Si vous le prenez pour un crétin, c'est qu'il doit pas être si

bête que ça.

Il va falloir s'en méfier de ce Balanchon.

Cette fois-ci, il va m'entendre.

Balanchon ! Votre mission

sera particulièrement délicate.

Rappelez-vous qu'il ne veut pas entendre parler de DST.

Il s'agit de le surveiller, de le protéger, sans qu'il s'en aperçoive.

Balanchon est un inconscient.

Et il est buté. Il était un animal.

Pour ça, on est à l'habitude.

On a été pendant deux ans au service de sécurité du président de la République.

Ah, alors.

Bah si ils continuent à réduire les crédits comme ça, on va finir sur un

tandem tous les deux. Ouais.

Eh ben je crois que poursuivre notre bonhomme, ça serait quand même plus

pratique.

Je t'ai déjà dit de ne pas respirer quand je passe 15 secondes.

Après le sinalone, la haute voltige.

Décidément, hein ?

Voilà les femmes. Non seulement elles vous écrasent, mais il faut encore les

ramasser.

C'est le type. Il filait comme un fou au volant de la voiture de sport.

Un vrai bolide. Il a grillé le feu rouge et il a renversé la fille sur les clous.

C'est pas grave, monsieur l'agent. J'ai rien de cassé.

Et vous trouvez ça drôle ? C'est du propre.

Ça va vous coûter cher, mon petit bonhomme.

Pauvre fille.

Oui, mais je vais vous dire, c'est l'émotion.

Ce n'est rien.

Vous savez, les femmes s'évanouissent facilement. Mais vous êtes un salicot en

plus.

Ah mon Dieu, quel choc. Je m'en doute.

Quel coup ça m'a fait quand je vous ai renversé.

C'est vous à pied qui avez renversé ce monsieur dans sa voiture ? Non, moi j

'étais dans la voiture.

Ah, alors le piéton c'était vous.

Non, moi je n'ai pas démarré assez vite devant mademoiselle.

Alors vous l'avez renversé, c'est ce que je dis. Non, c'est moi qui ai renversé,

monsieur, je m'excuse.

Assez de politesse ! Qui était le piéton ? C'est moi, monsieur l'agent.

Ah, vous, foutez-moi la paix ! Bon, alors.

Qui était le piéton ? Il n'y avait pas de piéton.

Quoi ? Je n'ai jamais éclaté de piéton de ma vie, monsieur l'agent, et je ne

vous permets pas de... Bon, alors là, ça va mal finir. Ça va mal finir, moi je

vais vous embarquer tous les deux.

Il est là, le car, il est là.

Mais monsieur l'agent, puisque nous ne portons plainte ni l'un ni l'autre...

Mais... En tout cas, un conseil. Ne venez plus vous faire écraser dans mon

secteur. Puisque je vous dis, monsieur l'agent, que... Vous avez vu un bolide

conduit par un fou. Je sais. Oui, monsieur l'agent, j'ai tout vu. Eh bien,

moi, je peux vous assurer que ce que vous avez vu n'est rien à côté de ce que

vous allez voir. Mais... Mais... Le car ! Mais qu'est-ce que ça veut dire ?

Mais... Mais... Vous n'avez pas de manière... Il faut désaffecter vos

blessures immédiatement.

Vous savez, c'est... Ce ne sont que de simples écorchures. J'ai une trousse à

pharmacie dans ma voiture. Venez.

Mes compliments.

Vous êtes une femme bien organisée. Disons prévoyante.

Ah, c'est moi qui les traîne.

Ça va piquer, non ? Allons, allons.

J'espère que vous n'avez rien cassé.

Non, ça va, tout fonctionne.

Vous êtes sûre que vous n'avez pas une fracture du crâne ? Non, je sais me

recevoir. J'ai suivi les cours de judo de l'école universelle.

Théoriquement, je suis ceinture noire par correspondance. On voit bien que

vous êtes costaud.

Mais il ne faut pas présumer de vos forces.

Non, allez, rassurez-vous, je suis en pleine forme. Et puis vous risquez dans

cinq minutes de vous écrouler au beau milieu de la circulation.

Non, non.

J'habite à deux pas d'ici. Vous allez venir prendre un petit verre de cognac

pour vous remettre.

C'est plus prudent.

Prudent, prudent.

Vous croyez, vous ? Mais c'est un ordre. Ah.

Quand je pense que j'ai failli vous tuer.

Vous savez que vous êtes mon premier deux roues ?

Ah ben alors là, là vous avez raison, ça s'arrose.

Ça va terminer par un mariage ? Ben ouais. Eh ben tu vas voir que les

garçons d'honneur, ils vont être bons pour le service de nuit. Oh.

Ben tiens, tiens, regarde là.

Voilà.

Ah ben t'as raison.

Moi, je dis que si on se tape tous les feux rouges, on finira par les promener,

oui. Mais non, t'énerve pas. Crois-moi, ils ont autre chose en tête que l'indice

de performance.

Vous avez l'air soucieux.

Je vous ai mis en retard.

Vous pourrez téléphoner de chez moi.

Vous êtes marié ? Non, vieux garçon.

Vieux, ça vous va pas du tout.

J'aime mieux célibataire.

Vous vivez chez vos parents ? Ah non, ce sont mes parents qui vivent chez moi.

Vous êtes un bon petit.

Disons que je ne leur en veux plus de m'avoir mis au monde.

Avec l'âge, on s'habitue.

Pessimiste ? Non.

L'optimisme, c'est de voir les choses comme elles sont.

On ne peut avoir que de bonnes surprises.

Moi, je suis optimiste. Je m'attends toujours au pire.

Avec moi aussi, vous vous attendez au pire ?

J'habite au premier, je vous montre le chemin.

Entrez.

Débarrassez-vous.

Il ne tient pas, votre porte-manteau ? Vous êtes bien équipé.

Vous savez, quand on roule sur deux roues, il faut tout avoir sous la main.

Puis je suis très bricoleur.

Un peu de musique ? Bien sûr.

Ça vous plaît ? C'est très, très joli.

Vous savez que la musique est employée comme thérapeutique pour certaines

névroses. C'est passionnant.

Merci.

On a fait une expérience très curieuse.

Chaque matin, un cochon d'Inde a été réveillé en musique.

C'est charmant.

Au bout d'un mois, il était deux fois plus gros que les autres cochons d'Inde

réveillés normalement.

C'est terrible, ça.

Simple influence du moral sur le physique.

Vous travaillez dans un laboratoire ? Dans un laboratoire ?

Pourquoi ? Eh bien, vous, parlez de cochons d'Inde.

J'adore les animaux.

Et à parler cochons d'Inde mélomanes, qu'est-ce qui vous intéresse dans la vie

? Vivre. Ce n'est pas un but.

Vous trouvez, vous ?

Vous avez bien une passion ?

Elle

est vraiment number one, cette môme-là.

La classe américaine, quoi.

Moi, j'estime qu'il faut prendre la vie comme elle vient.

Le plaisir comme il se présente.

Et ne jamais se poser de questions.

Vous êtes comme toutes les femmes.

Vous préférez en poser aux autres.

Lui, avec son air okidor de français moyen, n'inspire pas du tout confiance.

Il est effectivement assez sournois. Mais pensez-vous, c'est le refoulé

typique, le nourrisson attardé qui pleure encore sa mère.

Elle va nous l'emmailloter, le baby.

Vous êtes étrange.

Mystérieux. Seul le mystère m'intéresse.

Ainsi, notre rencontre... C'est merveilleux, le hasard.

Je ne crois pas au hasard, moi.

Ah ? Ce n'est pas par hasard que vous m'avez renversé avec votre voiture.

Pourtant... Remarquez, je ne dis pas que vous l'avez fait exprès. J'espère bien.

Mais en quelque sorte, c'était écrit.

Qu'est-ce que vous en pensez ?

Je pense que c'est troublant d'être ainsi.

Tous les deux, sans savoir qui nous sommes.

C'est vrai.

Je ne sais rien de vous, ni vous rien de moi.

Vous auriez pu avoir le visage de ma mort.

Vous serez le sourire d'une journée.

Attendez-moi, poète.

On n'entend plus rien.

Je vous dis que c'est plutôt bon signe.

In the pocket, le Balanchon.

Je vous le disais bien qu'il cachait son jeu, votre savant.

Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Que cette fois, il va falloir qu'elle y

passe. Elle n'a pas l'habitude de coucher avec le premier venu.

T'en sais quelque chose. Relax, les gars, relax !

Ne vous impatientez pas, j'arrive.

Ne vous pressez pas, j'ai tout mon temps.

Qu'est-ce qui se passe ? On n'entend plus rien.

Il doit être en train de lui donner sa formule.

Et moi, je te dis que le soleil, c'est un truc à filles. Là, tiens, le voilà

qui ressort.

Eh bien, nous, on n'est pas encore rentrés.

Qu'est-ce qu'il y a encore ? Et qu'est-ce qui s'est passé ? Quoi, quoi,

quoi ? La maison est dans le noir et tu me demandes ce qui s'est passé ? Eh ben,

une panne. Non, pas une panne, ta mère ! Je ne discuterai plus avec un gâteux. Un

gâteux, tu voudrais bien, pour m'envoyer à l'asile.

Alors, alors, c'est pas grave, les plombs ont sauté, quoi. Non, les plombs

n'ont pas sauté.

Les plombs, ça ne saute pas.

Et alors ? Les plombs, on les fait sauter.

Et qui les a fait sauter ? Ta mère.

Et pourquoi ? Pour m'emmerder.

Trois vêtements.

Un jour, elle fera sauter le quartier, ta mère.

Pourquoi t'as pas remis les plombs toi-même ? Parce que monsieur est un bon

arrière.

Tu voudrais bien que je m'y occupe, hein ? Pour pouvoir refaire ta vie.

C'est malin.

Laisse-moi faire papa, je m'en occupe. Tu l'as entendu, ta mère, hein ? Ce

soir, t'as été témoin.

Alors, ma vie, tu vois ce que c'est.

Oui, oui, un court-circuit comme avant-hier.

Avoir fait deux guerres, s'être évadé trois fois, et se retrouver

prisonnier d'une mégère dans un pavillon de banlieue, ça alors... Fallait pas me

dire que tu m'aimais pour la vie.

J'avais le cœur plus gros que le ventre.

C'est ici.

Attention, hein.

Le patron veut qu'on le ramène vivant. Oui, mais c'est marrant, il n'y a pas de

lumière. Il n'est peut-être pas rentré.

Va voir, Mario.

Non, non,

non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non,

non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non.

Vite, vite, vite !

Je t'assure que j'ai entendu des coups de feu. Je te dis que c'est un tuyau d

'échappement.

Ah, ça ne vous suffit pas.

Cette fois-ci, vous allez comprendre.

Si jamais on lui a tiré dedans, qu'est-ce qu'on va prendre, dis donc ?

Quand tu auras fini de t'amuser, tu pourras peut-être penser à la lumière.

Oui, papa.

Dans le Jean-Pierre Tranquille, on le retient, votre nabuse. Vraiment pas eu

le temps de voir d'où ça partait.

Un dingue. Un forcené.

Oui, ben, raccrochez vos flingues et achetez des guitares.

Vous avez de l'avenir comme duétiste.

Un gars qu'il faut avoir vivant, c'est pas notre boulot.

Parce que vous vous prenez pour des tueurs.

Et ça critique les Américains.

Mais aussi, t'as des gars comme vous, on les paierait pas au tarif syndical. Mais

patron... Non, ça va.

Décidément, quand on a travaillé là-bas, on peut plus se faire aux petits

artisans. Je vais m'en occuper, courant France, faut tout faire soi-même.

Alors, cette fois, compris, hein ? Avec ce tordu, pas de zèle.

On le suit de loin, on fait de la présence.

Dis-donc, dis-donc, dis-donc, t'es encore grossi, toi, depuis hier.

Ah, non, mais aujourd'hui, je prie mes précautions, moi.

J'ai mis ma petite laine.

Mais qu'est-ce qui se passe encore ? C'est une inondation.

C'est encore toi qui a voulu bricoler ? Non, c'est ta mère.

Mais d'où ça vient ? Demande à ton père.

C'est un tuyau ? Non, c'est un robinet.

Et quel robinet ? Celui que ton père n'a pas voulu refermer.

C'est ta mère qui l'a ouvert, c'est ta mère qui le refermera.

C'est terrible tout de même. Je peux plus vous laisser seuls.

Ah, quand elle est là, elle crame.

Regardez quoi elle s'est mise quand t'es pas là.

Je n'ai pas fermé un robinet que je n'ai pas ouvert. C'est un principe.

Ah oui, par principe, ta mère sort plus de fermer quoi que ce soit.

Même son clapet. C'est pour dire quoi ? Pour dire que le robinet de la

baignoire, c'est toi qui l'as ouvert.

Non, c'est toi.

D'ailleurs, vous n'en croyez pas mes yeux.

Enfin, ton père s'est décidé à prendre un bain.

Menteux !

On est prêts un dimanche dernier.

C'était la fête des mères.

J'ai mieux foutre le compte.

Je finirai par la noyer.

Oui, c'est ça.

Essuie-toi les pieds avant de sortir.

Mère indigne ! Il m'énerve ! Maman, je t'en

prie, ne pleure pas.

Il est déjà assez épongé comme ça.

Jusqu'ici.

M. le professeur Eugène Balanchon, s'il vous plaît.

Retirez vos chaussures et remontez le courant.

Qu'est-ce que c'est ? Monsieur le professeur Balanchon ? C'est moi, oui.

Je suis de la DST.

Je viens de la part de M.

Granger. Ah non, ça suffit pour aujourd'hui. Écoutez, après ce qui s'est

passé, on nous a chargé d'assurer votre protection.

Bon, écoutez, vous direz... De ma part, à ce cochon de Granger... Mais pourquoi

ne pas le lui dire vous-même ? Il vous attend dans ma voiture.

Il n'a pas osé venir.

Écoutez, je voudrais qu'on me foute la paix une fois pour toutes. Ce serait

tellement gentil qu'on me foute la paix. Allez.

Ne vous en faites pas.

Il n'ose pas se montrer, quoi. Dans toute cette affaire, M.

Granger se devait de considérer avant tout l'intérêt de la défense nationale.

Ah bon ?

Son seul excellent. Je parie qu'il est en train de bouffer, le salaud. Mais

bon, on va en faire autant, passe-moi le panier.

Ah, jambon.

Veuillez excuser ces méthodes un peu cavalières, monsieur le professeur.

Considérez-les comme un hommage.

En effet, cet enlèvement est la preuve que je ne vous prends pas pour un

imbécile. Il est également la preuve que vous en êtes un.

Avec vos procédés de gangster, qu'est-ce que vous espérez de moi ?

Je n'ai pas l'habitude de vivre d'espoir, monsieur le professeur, et je

vais vous l'expliquer clairement dans un instant.

Je suis convaincu, monsieur le professeur, que vous ne me ferez pas

perdre mon self-control en m'obligeant à utiliser des méthodes que moi-même je

réprouve.

Je vous laisse toute la nuit pour réfléchir.

Je viendrai prendre le petit déjeuner avec vous, et je suis sûr que vous me

donnerez la formule de votre invention.

Vous avez tout ce qu'il faut.

À demain matin.

Qu'est-ce qu'il y a ? Quand je pense qu'il suffirait peut-être d'une piqûre

ou d'un gaz pour que vous soyez un héros au lieu d'un traître.

Un traître ? Est-ce que les Français peuvent être nationalistes ? Vous

transmettez tout de même bien vos renseignements à quelqu'un.

Ah, pardon, M.

Balanchon, je ne les transmets pas, je les vends.

Nuance ! Ah, oui, nuance.

Vous n'êtes pas un traître, vous êtes un vendu.

Les plus riches sont les plus forts.

La raison du plus fort est toujours la meilleure, donc en vendant au plus

offrant, je suis toujours sûr de servir la bonne cause, celle de l'intelligence.

Avez-vous pensé aux imbéciles qui pourraient vous faire fusiller, sans

chercher à comprendre ? Être fusillé pour de l'argent, c'est encore la seule

certitude de ne pas mourir pour rien.

Allez.

Et si vous voulez jouer les Roméo, dites-vous bien qu'en bas de la fenêtre,

j'ai placé deux Juliettes aussi efféminées que ces messieurs.

Solong.

6, 21, en deux.

Oh la vache, je parle qu'il s'est ouvert les veines.

Nous avons fait ça ? Oh, ben qu'est-ce que le patron va nous briser ? Eh

bien, où est-ce qu'il est ?

Bon, ben c'est pas encore la bonne formule.

Eh bien, on verra ça plus tard.

Oh vous, quelle surprise.

Aujourd'hui, c'est pas hasard. Mais c'est encore une chance.

Vous voyez, tout arrive.

Après tout ce qui s'est passé, ils ont décidé de vous torturer et de vous tuer.

Alors j'ai pas pu, enfin, je... Il a fallu que je vous prévienne.

C'est vraiment gentil. Je vous remercie beaucoup.

Vous êtes en danger de mort.

Ben oui, mais c'est embêtant, parce qu'aujourd'hui, c'est samedi, et je dois

faire le marché pour mes parents.

Je vous emmène monter.

Allez, venez.

Bon, d'accord.

Mais j'emmène mon Solex avec moi parce que je voudrais conserver mon autonomie

de mouvement.

C'est tout de même bizarre, ça.

Sacré Balanchon.

Il a bien caché son jeu.

Qu'est-ce que ça veut dire ? Il n'est jamais trop tard pour bien faire.

Il commence à m'inquiéter sérieusement, celui-là.

Dites-moi, Merchant, je compte sur vous dans la boîte.

Vous me le surveillez de près.

Soyez tranquille, monsieur Granger.

Je ne le perdrai pas de vue.

Alors comme ça, vous êtes une espionne.

J'en avais encore jamais vu.

L'organisation de vos chars est strictement commerciale.

Ils vendent ces renseignements au plus offrant.

Oui, je sais.

Mais c'est bien triste.

Quoi donc ? De travailler sans idéal.

Alors, j'ai voulu tout de suite vous prévenir.

Mais, qui est-ce qui a bien pu vous pousser à tout m'avouer ? Une espèce d

'impulsion.

Vous avez donc de...

de la sympathie pour moi.

Vous êtes... tellement... différent des autres que... que je...

Vous n'allez tout de même pas dire que... que vous...

Eh ben... jamais j'aurais cru...

que... si vite... Depuis que nous nous sommes quittés...

Bien.

Voilà.

C'est un genre.

Enfin, écoutez, je me connais, j'ai tout de même pas une tête de séducteur.

Votre intelligence, votre sensibilité, tout s'exprime sur votre visage.

Dans votre genre, vous êtes beau ? Beau ? C'est pas possible.

Vous faites une dépression nerveuse ou alors vous vous droguez.

Allons, assez de complexe.

Regardez-moi.

Ça y est, j'y suis.

C'est le gaz. Comment ? Le gaz ? Le gaz.

Eh oui, vous êtes conditionné par le gaz.

Ah bon ? Chez vous, j'ai fait une expérience.

Je vous ai fait respirer un gaz.

Un certain gaz qui... Enfin que... Mais ce serait trop long, je vous expliquerai

plus tard.

Chez vous, l'effet s'est prolongé.

Eh oui.

Quel est votre groupe sanguin ? Groupe A.

Je m'en doutais.

Donc, par adjonction de nicotine à la formule CH227, il y a prolongement sur

le groupe A des interactions évolutives du système nerveux de l'encéphale. Et

comme je suis du groupe zéro, ça s'accoupe, c'est simple, quoi.

Vous avez tout de même une drôle de façon de parler d'amour.

Heureusement que Marchand vous a téléphoné.

Je me demande pourquoi elle est allée prendre Balanchon à son travail. J'avais

dit chez lui.

Où qu'ils sont maintenant ? On le retrouvera bien. En tout cas, mes

renseignements sont précis.

Tous les samedis à la même heure, il vient faire son marché ici.

Allez, go, toi !

Allons, ne traînez pas, vous n'êtes pas en sûreté ici.

Non, mais vous n'imaginez pas une ratatouille sans tomates ? Alors là,

vous l'auriez entendu, mon père.

Bon, maintenant, il me faut du persil, de l'ail, de l'échalote.

Hydrogène, azote, chlorure de sodium.

Voyons, voyons, l'effet du gaz a donc repris retardement.

Exactement comme sur les cochons d'Inde.

En vous couchant, vous n'avez pas ressenti des fourmis dans les pattes ?

Enfin, dans les jambes ? Non, mais j'ai senti comme un besoin irrésistible de

venir vous dire toute la vérité.

La vérité ? Oui, allez, venez.

J'approche du but.

Vous êtes un sujet d'expérience exceptionnel.

Tout n'est plus qu'une question de densité de gaz et de dosage en fonction

du sexe et de la libido.

C'est simple, il suffit de faire attention aux doses. Attention ?

Attention à quoi aux doses ? Non, attention là, dans la voiture.

Le voilà.

Recule.

Recule, il va tirer.

C'est un malade.

Ce gars-là est capable de tout. Il fallait le prendre par surprise.

Surtout me le tuer pour encore.

Quand c'est lui une patte à la rigueur, mais pas la tête.

Pas la tête.

La police, toujours à se mêler de ceux qui ne les regardent pas, ceux-là. Vous

en avez peur ? Je veux qu'on me foute la paix.

Allez, dépêchez-vous, foutons le camp.

T'as fini de tourner, dis.

C'est extraordinaire.

Évidemment, il suffirait maintenant, après analyse, que je puisse

rééquilibrer les composantes du mélange gazeux. Et tout le monde pourrait être

heureux. Il n'y aurait plus de guerre.

Peut-être que non. Ce ne serait plus qu'une question de quantité, de densité

de produit.

C'est merveilleux, vous êtes un vrai savant, mais vous me faites un peu peur.

Pourquoi ? C'est tout de même impressionnant de penser qu'il suffit d

'un peu de chimie pour créer de l'amour.

Il vaudrait mieux, bien sûr, que sur Terre, beaucoup d'amour permettent de se

passer de chimie.

Oui, mais ça, c'est pas encore au point.

Vous croyez ?

Bonjour, chère madame. Bonjour, monsieur Granger. Entrez.

Merci.

Est-ce que monsieur Balanchon est là ? Oui, oui, il est ici.

Monsieur, c'est avec émotion que je m'adresse aux parents d'un homme que je

considère comme l'une de nos plus sûres valeurs nationales.

Le respectateur ? Tant pis.

Allez-y.

Madame, monsieur, la paix du monde est en danger. Qui est le responsable ?

Votre fils ? Qu'est-ce qu'il a encore fabriqué, cet abruti ? Oh, le pauvre

petit.

J'ai besoin de votre concours. Il faut que vous m'aidiez à le protéger, malgré

lui. En effet, Eugène Balanchon, l'un des chercheurs les plus remarquables de

nos laboratoires, vient de faire une découverte.

Eugène a découvert quelque chose ? Puisqu'il n'est même pas foutu de

trouver à mon gamin-mère ? C'est une découverte qui intéresse la Défense

Nationale et qui, malheureusement, intéresse également une mystérieuse

organisation d'espionnage.

Dites-vous bien, monsieur, que les secrets de mon fils ne m'intéressent pas

du tout.

Vous n'êtes donc pas fier de lui ? Le jeu n'est pas raté. Un savant, monsieur.

C'est pareil.

Comment ? Autant dire un malfaiteur. Qu'est-ce qu'ils nous apportent, vos

savants ? Qu'est-ce qu'ils nous apportent ? À cause d'eux, il n'y aura

bientôt plus d'oiseaux, plus de poissons, plus de fleurs, plus de vignes

et plus de brûlés.

Et en plus, on sera tous radioactifs.

Ah, parlons-en, vous savons.

Ils sont même pas fichus de nous guérir d'un rhume de cerveau et ils veulent

aller dans la Lune.

Quelqu'un aura peut-être la paix enfin sur la Terre quand tous les cons seront

dans la Lune. Monsieur, je me permets de vous rappeler que nous travaillons pour

la grandeur de la France.

Elle continuera bien sa croissance toute seule, la France.

Depuis les Gaulois, elle a grandi sans vous, la France.

Sans même que vous ayez besoin de lui donner le biberon.

Maintenant, vous êtes sous ma protection.

Seulement, je vous préviens, ça va leur faire un drôle de coup.

Mon père est un peu contrariant, mais c'est pas un méchant bonhomme.

C'est inquiet et navré que je me vois dans l'obligation de me retirer. Puisqu

'aux arguments de la raison scientifique, vous jugez bon d'opposer

vos rêveries d'anarchistes.

Il s'agit pas d'anarchistes.

Quoi que leur bombe à eux, à côté de celle de vos savants, c'est des pétards

de 14 juillet.

Moi, j'en fais, être anarchiste à 20 ans.

Malheureusement, j'ai mal tourné.

J'ai rencontré ma dame.

Elle avait 20 ans.

Bien roulée.

Les jambes bien faites. Mais ce jour-là, j'aurais mieux fait de m'en casser une.

Faites pas attention, il a faim.

Voyez-moi, elle est une mariage.

C'est pas la rigolade.

Dans la vie, il faut choisir.

On est heureux ou on rigole.

Heureux. Ça peut être ça, le bonheur.

Quand en plus, on engendre un atomiseur de populations sous-développées.

Un bourreau de cochon d'Inde. Un assassin.

Excusez.

Justement, on parlait de vous.

Qu'est-ce que vous faites là, vous ? C'est ce que j'étais en train de me

demander.

J'ai entendu que vous aviez fait connaissance.

Oui.

Je vous présente une petite camarade.

Mademoiselle...

Comment vous vous appelez déjà ? Régine.

Régine. Régine Leclerc.

Régine.

C'est charmant, non ? Eugène, tu n'es pas sérieux ? Tu ne connaissais même pas

le nom de mademoiselle ? Ben voilà, c'est-à-dire que... Pour une femme, un

nom, pour l'important, de toute façon, elle nous prenne le nôtre.

Je m'excuse, mais une femme, il y en a assez d'une à la maison.

Je pensais que mon expérience t'aurait servi de leçon, n'est-ce pas ? Maman.

Vous n'allez tout de même pas recommencer.

Mon cher Balanchon, étant donné la profession que vous exercez, permettez

-moi de vous dire que votre comportement est plutôt léger.

Vous voudriez tout de même sélectionner un peu mieux vos relations.

Et vous, monsieur Granger, je vous conseille de surveiller un peu mieux vos

collaborateurs. Mais de qui voulez-vous parler ? D'un certain marchand.

Mon secrétaire ? Oui.

C'est un espion.

Marchand, un espion ? C'est effarant.

Qui vous l'a dit ? Régine.

Mais comment le sait-elle ? C'est une espionne.

Oui, enfin, je... Je vous expliquerai ça plus tard.

Je prenais déjà pour un savant.

Maintenant, il se prend pour James Bond.

Les ESS et les 007, ça, c'est des gars.

Si je veux voir des vrais espions, je vais au cinéma.

C'est ça. Va faire un tour, ça nous changera les idées.

Mon pauvre Balanchon, va falloir vous faire examiner par un psychiatre.

Monsieur Granger, méfiez-vous des calmes.

Décidément, quelle famille ! Vous avez rien demandé ? Attendez, monsieur.

Le devoir d'un bon citoyen, c'est de pas venir emmerder le monde à domicile.

Vous êtes un malotru. Et maintenant, je ne m'étonne plus que votre fils ne soit

pas tout à fait normal. Vous ne savez pas tout. Je suis un père indigne, un

soifard, un gueulard.

Mais à mes moments perdus, je suis aussi un assassin.

Ton père est un monstre. Je ne veux plus le voir.

Qu'il ne revienne plus, qu'il aille au diable.

Eugène, on enlève ton père.

Mon nounou, mon beau nounou.

T'en fais pas maman, je m'en occupe, ça va leur coûter cher !

Ainsi s'achève l'attaque des Indiens, première partie de notre spectacle.

Ne manquez pas notre prochaine attraction, Bagarre au Saloon.

J'espère que vous allez passer un bon week-end dans mon petit parc d

'attractions.

Aujourd'hui, les clients sont blasés. Du rêve, c'est ce qu'ils demandent.

Ils sont de grands enfants.

Et le mari qui enlève sa maîtresse en fin de semaine est tout heureux de

pouvoir s'imaginer le lundi qu'il accouchait avec la fille du shérif.

Votre séjour à tous les trois sera absolument gratuit.

À condition, bien entendu, que votre collaborateur, M. Eugène Balanchon, me

fournisse tous les renseignements voulus sur la mystérieuse découverte qu'il

vient de faire.

Lui-même ne connaît pas la formule. Oui, mais je suis convaincu qu'il va la

retrouver, la formule.

Et vite ! Parce qu'il aime bien son Teddy, son Liddell

Sweetheart, son goût de bosse.

Il voudrait pas qu'on leur fasse du mal, c'est sûr.

D'ailleurs, c'est pas compliqué, on va lui demander ce qu'il en pense.

Si vous faites erreur, une erreur dramatique... Il va pas en rire, il

chocote.

Je voudrais parler à monsieur le professeur Eugène Balanchon, s'il vous

plaît. De la part de monsieur Beauchard.

Vous allez voir comment je vais me le farcir, moi, la merloque de

Ménilmontant. Chut, voulez-vous vous taire ? C'est pas le moment, vous êtes

inconscient. Quand on a fait Verdun, on a pu perdre des peaux rouges.

Oui, j'attends.

Allô, monsieur Balanchon ? Oui, c'est moi.

Ici Beauchard.

Ah bon ?

Et ils sont tous en bonne santé.

Pour l'instant.

Il ne tient qu'à vous de les maintenir en bonne forme.

Moi, ça ne m'amuse pas du tout de torturer les gens.

Je ne suis pas sadique pour un sou, mais il faut bien vivre.

Alors, avec moi, c'est un principe.

Heureusement, il m'en reste encore quelques-uns.

Qu'est-ce que je dois faire ? Vous me remettrez tous les documents relatifs à

votre invention et après vérification et contrôle de l'expérience...

Je vous téléphonerai demain à la même heure pour vous fixer un rendez-vous.

Entendu.

Je vais réunir toutes les pièces.

Dès que j'aurai terminé, une petite expérience en cours.

You are a good boy.

Bye.

Mon pauvre marchand.

Quel dommage que mon gaz de vérité...

ne soit pas encore tout à fait au point.

Il aurait suffi d'une petite pulvérisation nasale.

Sans aucune souffrance, vous m'auriez appris où se trouve Beauchard

et quel est son quartier général.

Il va donc falloir trouver autre chose pour vous faire parler.

Malheureusement, ce sera certainement beaucoup plus douloureux.

Pas ça.

Pas ça ! Dans une certaine mesure, c'est une chance pour moi.

Je suis un savant sensible.

J'aime trop les animaux pour me résoudre à les faire souffrir.

Donc vous voyez, vous tombez bien pour cette dernière et dangereuse expérience.

Non, non ! Vous allez m'éviter de sacrifier un pauvre petit lapin qui n'a

jamais fait de mal à personne.

Je vais tout vous dire ! Ah, vous voyez ?

Au revoir.

Regine, t'avais pas les épaules.

C'était pas ton job.

Tandis que là-bas, à Caracas, tu feras ton chemin.

Comprends-tu ? Qu

'est-ce qui te prend ? Il n'y a pas matinée pour nous, aujourd'hui.

Mon petit Balanchon, bravo.

C'est plus marrant que les guignols.

Vite.

Depuis la maternelle, je n'en ai pas joué à ça, moi. Oui, oui. Oh ! Attendez,

attendez.

Dépêche-toi, écoute, on n'a pas le temps. Et maintenant, le shérif, c'est

moi. Oui, c'est ça. Viens, viens, vite, vite. Allez, au revoir.

Et comme si vous...

Allez, papa, foncez.

Allez, voilà, ils sont là.

Tu les vois, pépé ?

Mais où est-ce qu'il est ?

Oh la vache !

Regardez !

Oui, monsieur le professeur, vous êtes un précurseur, car avec vous, tout

recommence sur de nouvelles bases.

Et c'est pour moi un très grand honneur de pouvoir en ce jour et en

présence de monsieur le ministre, de pouvoir rendre hommage non seulement à

la valeur d'un collaborateur exceptionnel, mais aussi à un ami

véritable.

Nous savons que vous approchez du but et que votre gaz euphorisant, recette de

bonheur universel, n'est que le prélude d'une découverte plus prodigieuse

encore, un gaz qui fera dire la vérité.

Est-il indiscret, mon cher Balanchon, de vous demander où en sont vos recherches

en ce qui concerne ce gaz de vérité ?

Elles sont en bonne voie. Il ne me reste plus qu'à expérimenter le procédé.

Monsieur le ministre,

mesdames, messieurs, nous devons nous féliciter de cette nouvelle révolution

scientifique.

Monsieur le professeur, je serai bref.

Car c'est toujours un peu de mot.

qu'on définit le génie.

Le génie.

Le génie et quel génie ? Le génie de la science.

Remarquez bien, monsieur le ministre, que la science, je m'en fous éperdument.

Ce qui m'intéresse dans tout ça, c'est le fric.

Je sais que sur ce plan, monsieur le ministre, vous ne me contredirez pas,

car vous avez beau être un parfait imbécile, un sinistre crétin, Vous n'en

avez pas moins fait, fortune, dans la politique.

Mais je dis bravo, et c'est très bien ainsi.

Laissons les idéalistes comme ce brave Valençon travailler pour nous. Nous

devrions le décorer. Il le mérite. Car enfin quoi ? Il s'est fait tout seul.

C'est aussi bien ainsi parce qu'évidemment, avec un père alcoolique,

une mère hystérique... Mais oui, mon pauvre Balançon, vous savez, quand on

est le fils d'un provocateur... Un salopard ! Un salopard, moi !

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