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Original subtitles

Journal ! Journal !

Lindbergh le Chanceux a rιussi ! Edition spιciale ! Lisez les nouvelles.

M. l’agent, excusez-moi. Oω se trouve le Casino Central Park ?

Tout droit. Vous y κtes.

- Merci. - Avec deux sandwiches au jambon.

Le Chanceux ! Lisez les nouvelles.

Lindbergh le Chanceux a rιussi !

Bonjour, Mlle Oelrichs.

Je reviens tout de suite.

Ηa doit κtre quelqu'un d'important.

J'en ai pris une, une fois.

J'ai un ami qui a la mκme...

un peu amochιe.

Des traces de balles par-ci par-lΰ.

Il l'a hιritιe d'un gangster.

Pas une mauvaise voiture.

LEO REISMAN ET SON ORCHESTRE

Une clι en or ! Pourquoi ?

ΐ quoi peut servir une clι ?

Pour une serrure, figurez-vous.

Venez m'aider, voulez-vous ?

Edouard.

Je serai placιe entre le colonel Rutherford et le prince Kaminsky...

les deux plus grands raseurs de New York.

Philip, je pense exiler le prince en bout de table.

Oui, Mlle Oelrichs.

- De quoi s'agit-il ? - Je cherchais M. Leo Reisman.

- Je suis de l'orchestre. - ΐ l'arriθre.

- Merci bien. - Passez donc par les coulisses.

Les coulisses. Je les trouverai. Merci.

Le bureau de M. Reisman ?

M. Reisman ?

Merci.

- Souhaitez ? - Bonjour, M. Sherwood.

- Bonjour. - Oh, M. Reisman.

- Oui ? - Je suis Eddy Duchin.

Mais oui, je vous reconnais.

Tu te souviens, Leo. L'ιtι dernier ? On ιtait perdus. Il pleuvait.

- Les Berkshires ? - Oh, oui, bien sϋr. Entrez.

Vous m'avez fait peur.

Je me souviens. Vous m'avez prκtι votre impermιable.

- J'ai presque oubliι de vous le rendre. - Je jouais du piano.

Trθs juste. Beaucoup de piano.

Sacrι orchestre que vous aviez.

Il n'est pas permis d'κtre si mauvais, mκme pour de l'argent.

C'ιtaient des ιtudiants gagnant un peu d'argent de poche.

- Ils n'ιtaient pas professionnels. - Que faites-vous ΰ New York ?

Videz les poches, Lou.

- Quoi ? - ΐ New York.

- Je suis venu de Boston lorsque... - Jimmy Walker vient ce soir.

- Superbe. - Le maire ?

C'est son endroit prιfιrι. Vous ne connaissez pas le Casino ?

Toute la haute sociιtι s'y rιunit.

C'est un cadeau de Mme Vanderbilt.

M. Reisman a jouι au bal de dιbutante de sa fille.

- Oui, je sais... - La pince ΰ billets vient de...

On dirait un commissaire-priseur.

Duchin va vouloir quitter ses ιtudes et devenir musicien.

- C'est exactement ce que... - Oω ιtudiez-vous ?

Je suis diplτmι. Je vous l'avais dit.

L'Institut Pharmaceutique du Massachusetts.

Oh, oui, bien sϋr. Je me souviens.

Vous allez κtre apothicaire ΰ New York.

Les drugstores rapportent bien si vous faites de bonnes glaces.

Je ne serai pas pharmacien.

J'ai dιcidι d'accepter l'offre de M. Reisman.

- Mon offre ? - Κtre pianiste dans votre orchestre.

C'est pour ηa que je suis ici.

Je ne vous ai pas offert du travail.

- Quoi ? - Je ne vous ai pas offert du travail.

Je vous ai dit que j'aimais votre faηon de jouer...

mais sans plus.

Et vous m'avez dit...

de venir ΰ New York.

Ce que M. Reisman a dit, est de venir dire bonjour si vous ιtiez de passage.

Il m'a aussi dit que j'avais un style trθs personnel.

J'ai un pianiste depuis des annιes.

Mais je suis ici. Je ne peux pas rentrer.

Pourquoi pas ?

Je... ne peux pas rentrer.

C'ιtait dιjΰ dur de partir.

Ils ne voulaient pas que vous partiez ?

M. Reisman, quand un pauvre petit tailleur...

repasse des pantalons et travaille d'arrache-pied...

pour que son fils fasse des ιtudes et ait une chance...

ce n'est pas facile de lβcher ce rκve.

Ils ne voulaient pas que je devienne musicien...

ils voulaient que je reste et sois pharmacien...

un membre respectι de notre communautι.

- Ce n'est pas si mal. - Mais pas ce que je veux.

Je ne peux pas rentrer. J'ai coupι la corde.

Eddy, votre pθre a peut-κtre raison.

Restez en contact, d'accord ? Je suis dιsolι, Eddy.

Au revoir et bonne chance.

Il nous souhaite bonne chance.

Il sait jouer. Il a un style trθs personnel.

Il ne se perdra pas.

J'aime beaucoup ηa. Du Chopin ?

- Oui. - Lequel ?

Un Nocturne.

Rejouez-le-moi.

Je me plaindrai ΰ Reisman.

- Ηa m'est ιgal. - Comment ηa ?

Il n'est pas mon chef.

Il ne veut pas de moi.

J'ai cru κtre engagι.

J'ai rκvι...

rentrer chez moi au volant d'une Rolls Royce...

riche ΰ millions et m'ιcriant...

"Ηa y est pθre, je suis cιlθbre !"

- D'oω κtes-vous ? - De Boston.

Et... dιcidι ΰ conquιrir New York.

Croyez-moi.

Bien sϋr.

D'ici lΰ, que comptez-vous faire ?

- Gagner ma vie dans une pharmacie. - Au piano ?

Non, je suis potard.

Pourquoi pas ? J'ai un professeur...

qui lui jouait du banjo. Alors !

- Je bavarde trop ? - Peut-κtre.

Lou, obtenez les partitions pour "Lucky Lindy".

On nous le demandera beaucoup.

- Il a embrasι l'imagination. - Jouez encore. Si, si.

- M. Reisman. - Bonsoir, Mlle Oelrichs.

Leo, faites-moi une faveur.

Une chanson spιciale ce soir ?

Non, autre chose.

Jouez sans interruption.

Oh, ma chθre, je ne peux pas.

Vous le pouvez si vous embauchez un pianiste supplιmentaire.

Vous avez un protιgι ?

Vous avez devinι.

- Il vous va ? - Il me va.

Alors, c'est convenu ?

Vous κtes un ange.

Ηa y est : vous κtes engagι.

- Je suis en retard. - Quoi ?

Un travail.

Quoi ? Vraiment ?

Oui, et tβchez de jouer bien.

- Merci, Mlle... ? - Oelrichs. Marjorie Oelrichs.

Merci, Mlle Oelrichs.

Venez mettre... une blouse de pharmacien !

Bientτt ΰ moi ?

Aidez-moi, je vous prie.

Merci.

Je peux le boutonner.

Dans combien de temps ?

Prκt maintenant ? Bien.

Oh, vous voulez que je m'assoie.

Merci, M. Sherwood.

- Allez-y, c'est ΰ vous. - Oui, monsieur.

- Attention ! - Oui, monsieur ?

Jouez en sourdine.

On ne veut pas dιranger leur repas.

- Bien, monsieur. - Eh bien, allez-y.

Gare au smoking, j'y tiens.

Si nous dansions encore ?

- Allons. - Vous κtes infatigable.

Allez, les autres, venez danser.

Ηa alors ? Danser au son du piano !

- Allons planter nos choux ! - C'est une idιe.

Voici le maire. Tous en scθne !

J'ai gaffι ?

Non. Le maire arrive.

C'est lui ?

Allez.

Sortez de lΰ.

- C'est Jimmy Walker ! - Oui, je sais. Quittez l'estrade.

C'est un super morceau. Le maire l'a ιcrit, vous savez.

Oui, je sais.

Bonjour...

Mlle...

MARJORIE OELRICHS dιcoratrice d'intιrieur

Quels "comptes" fantastiques !

Je suis dιcoratrice, pas comptable.

Mon oncle, tu es banquier...

alors, fais mon bilan.

Ne la gronde pas trop.

- Si... un peu. - Walter.

- Il faut que ce soit prκt mardi. - Bien, Mlle Oelrichs.

Posez ηa lΰ... Oω dois-je signer ?

Pour moi ?

- Oui. - Comme c'est gentil.

Je vous prιsente M. et Mme Wadsworth. M. Duchin.

Le virtuose d'hier soir.

- Comment allez-vous ? - Oh, oui, je me rappelle.

- Votre musique nous a charmιs. - Merci.

Marjorie, une fois pour toutes, vas-tu fermer boutique...

et venir en week-end ?

Non, je travaille.

Ah, ce maudit magasin.

- Tante Edith... - Tu ne sors plus.

- L'Europe, Palm Beach... - Je sais, ma chθre, mais enfin.

J'ai mieux ΰ faire ici.

Tu ne la convaincras pas.

Tant pis, mais ne te fatigue pas.

- Au revoir. - Au revoir.

Laisse-la.

J'aurais prιfιrι qu'elle se repose.

- Des parents. - Oui. Ma tante et mon oncle.

Ils m'ont ιlevιe. Je les adore.

Mettez de l'eau, voulez-vous ?

Ηa les choque que je travaille.

Pourquoi travaillez-vous ?

- Pourquoi pas ? - Vous avez de quoi vivre.

Il faut un but dans la vie...

l’argent n'en est pas un.

Je croyais que si.

Non. L'argent est un mauvais maξtre.

Il faut viser plus haut.

Pour κtre franc...

j'ai envie de ce "mauvais maξtre".

Quel curieux homme vous κtes.

J'ai lu des tas de biographies.

Singer, Ford, vous voyez le genre.

Je n'ai jamais vu en chair et en os...

quelqu'un voulant faire fortune.

Est-ce que... ?

Vous rιussirez ? Oui, je crois.

Vous κtes de ceux qui crιent.

Je vous envie ce privilθge.

Je joue du piano, c'est tout.

Et ainsi, vous crιez du bonheur.

Merci. Je m'en souviendrai.

Oh, M. Sherwood ! J'espθre ne pas κtre en retard.

Vous arrivez ΰ temps.

Je serai prκt en 4e vitesse.

C'est bien vrai ?

- Je suis engagι ? - Ils jouent.

- Maintenant ? - Pour les entractes seulement.

- Le piano de l'entracte. - Je vois.

Je suis en retard car je suis allι louer un smoking.

J'espθre qu'il me va.

- Il est bien ? - Parfait.

- Oh, bon. - Eddy, c'est ΰ vous...

- Maintenant ? - Attendez.

Calmez-vous. Allez...

Comme dynamisme, il se pose lΰ.

Ah, vous voilΰ.

- Jouez en sourdine. - Merci, M. Reisman.

- Bonjour, M. Duchin. - Bonjour.

Elle vous plaξt ?

C'est pour aller dans le monde ?

Tu l'as achetιe cher ?

- Non... d'occasion. - Combien ? Avoue.

- Elle appartenait ΰ un Vanderbilt. - Elle a un grand air.

Et elle pιtarade ΰ ravir, je parie.

- Et moi ? - Grand air aussi... et pιtaradant.

Attends.

Tu manques deux cachets ce soir.

C'ιtait une invitation personnelle de la part de Mme Wadsworth.

Ce soir, je suis invitι.

- "Invitι". Tu saisis la nuance. - Trθs bien.

- Au revoir. - Amuse-toi bien.

- Voilΰ Eddy Duchin. - Bonjour, Eddy !

- Vous venez jouer ? - Non. Pas aujourd'hui.

- Quel dommage. - Je suis si dιηue.

Le Casino est si vibrant depuis son arrivιe.

Hι, attention !

Vas-y doucement.

Elle est ΰ moi.

- Bonjour, M. Duchin. - M. Wadsworth.

- Heureux de vous avoir parmi nous. - Merci.

Merci.

Merci.

Mlle Oelrichs.

- Bonjour. - Ah, quelle joie !

Je ne savais pas... ?

Si. Invitι de votre tante. Vous habitez avec eux ?

- Oui. - Et un peu le vτtre, j'espθre.

- Je passe un moment agrιable. - J'en suis ravie.

J'ai entendu dire que vous avez dιcorι la maison des Whitney.

C'ιtait fort intιressant.

Vous savez, depuis que je vous ai vue le ciel m'est tombι sur la tκte !

- Vraiment ? - Des disques...

des cachets mirifiques.

Tenez, l'autre soir...

j'ai jouι pour le prince de Galles !

Je bavarde trop ?

Ce soir, je m'amuse...

je suis ici en invitι.

- J'adore. - Marjorie, viens.

Excusez-moi.

Linus Larrabie a cette idιe fabuleuse pour une fκte sous-marine.

- Nous porterons des filets. - Merci.

- Rien que des filets. - Merci beaucoup.

Edith, as-tu bien expliquι ΰ M. Duchin...

qu'il doit jouer ?

Mais oui, pourquoi ?

Alors, qu'attend-il ? Dis-le-lui.

Dis-lui toi. Je prιfιrerais.

- C'est toi qui l'as engagι. - Trθs bien.

Mme Wadsworth. C'est une soirιe exquise.

Pourquoi lui as-tu dit de jouer ?

Parce qu'il est lΰ pour cela.

- Lui qui se croyait invitι. - Oh, c'est ridicule.

C'est son travail.

Je me suis couvert de ridicule.

Homme du monde ΰ la manque.

Idiot prιsomptueux...

qui se croit invitι pour lui-mκme.

Un jour, quand j'ιtais petite fille...

j'ιtrennais une belle robe.

Il pleuvait. Je courus chez des amis...

pour faire admirer ma robe neuve.

J'ai glissι dans une flaque.

On s'est moquι de moi.

J'ai cru mourir de confusion.

Et vous voyez : je suis lΰ.

D'autres robes ont suivi...

et d'autres faux pas aussi.

- Et c'est ainsi qu'on progresse. - En apprenant ΰ tenir sa place.

Et la vτtre ce soir... est ΰ mon cτtι.

Y κtes-vous mal ?

Et maintenant, Mesdames, Messieurs...

Eddy Duchin joue "Dizzy Fingers".

- Vous devez κtre fiers de lui. - Oh, oui.

C'est un fils admirable.

- Vous chantez ici ? - Non, Mlle Oelrichs est...

- Dιcoratrice. - Vous connaissez Eddy depuis... ?

Depuis qu'il est ΰ New York.

Pourquoi m'examinez-vous ainsi ?

Je crois que vous aimez notre Eddy.

Il reste encore un point ΰ ιclaircir.

Eddy vous aime-t-il ?

ΐ lui de rιpondre.

Si j'ose lui demander.

Ah ! Enfin un peu de calme.

- Tu as si bien jouι. Bravo. - Bravo !

Bonjour. Merci, Lou.

- Nous sommes si fiers de toi. - Merci.

Alors, vous vous entendez ?

- Je l'espθre. - C'est fκte chaque soir ici ?

Chaque soir, oui.

Tu vois, j'ai tout.

Qui a tout, veut davantage.

C'est encore un de ses dictons.

Je voudrais la parole.

Vas-y.

Mes chers parents...

vous avez peinι pour m'ιlever.

Je vous dois tout, je le sais...

et mon cœur vous en sait grι.

Mais il y a autre chose.

"Chose", c'est moi, sans doute.

Veux-tu m'ιpouser, oui ou non ?

Maintenant, oui.

Que dis-tu de ηa ?

Rusι, comme son pθre.

Oui, je n'ai fait ma demande que...

quand je savais la rιponse.

C'est plus sϋr, n'est-ce pas ?

Bien plus sϋr.

Alors : ma demande... officielle.

devant ma mθre et mon pθre...

Consens-tu ΰ m'ιpouser ?

- Mazel tov ! - Oh, maman.

Mazel tov.

Mazel tov.

Ne bougez pas, M. et Mme Duchin.

Encore une, s'il vous plaξt. Voilΰ.

Regardez le gβteau.

- ΐ notre maison. - Notre maison.

Nos amis qui nous croient au loin !

Oh, regarde. Viens.

Prends cette clι d'or.

ΐ quoi sert-elle ?

C'est ta clι.

Ta clι de notre porte.

- Tu as froid ? - Oh, ce n'est rien.

Non, c'est le vent. Je hais le vent.

- Pourquoi ? - Pour rien.

Regarde !

Le Casino ! Ce soir, je ne joue pas !

Tu ne m'en veux pas au moins ?

Toi et la musique, je vous confonds.

Chιri, cette confusion m'est douce.

J'ai obtenu ce que je voulais...

mκme toi !

Moi, c'ιtait couru d'avance.

Toi, tu es tout.

Disons : ton meilleur atout avec...

le talent que Dieu t'a donnι.

Le reste compte si peu.

Tout pourrait s'ιvanouir...

Tant que tu m'as. Et mκme si...

Non. Tu es plus que tout.

C'est mon rκve, chιri.

Je ne veux plus rien... que pour toi.

Le plus gros diamant du monde, par exemple.

Non, surtout pas.

Rien de ce qui s'achθte.

Toi, et rien que toi.

Mais je suis ΰ toi.

Ta chance me fait parfois peur.

Non, n'aie pas peur.

La chance m'est fidθle.

Un bon ange veille sur nous.

Tu parles... comme un conte.

Mais...

nous vivons un conte merveilleux.

Si nous dansions sur ma musique ?

Maintenant.

Mme Duchin, fais-moi l'honneur.

Redis ηa.

Viens, Mme Duchin...

j'ai le don d'ubiquitι.

Je serai au piano... et dans tes bras.

Je ne savais pas que tu dansais si bien.

Oh, Eddy. Eddy, mon amour.

Je t'aime.

Je t'aime, Mme "D".

J'aime tes mains.

Mκme loin du clavier...

elles m'enivrent encore...

et davantage.

J'en ιtais amoureuse...

avant mκme de t'aimer.

C'est moi qui "bavarde trop" ?

Oh, quel orage.

Marjorie, quoi ! Qu'as-tu ?

- Rien. - Comment ηa, rien ?

- Parle ! Explique-toi ! - Non.

Dis-moi, je t'en prie.

C'est le vent.

Je hais le vent !

Comment ηa ? Pourquoi ?

Un cauchemar... qui m'obsθde.

Je ne peux l'oublier.

Essaie de l'oublier.

J'essaie de toutes mes forces.

Mais il revient toujours.

Le vent nous sιpare...

J'essaie en vain de te rejoindre.

Calme-toi. Tu divagues.

Peut-κtre.

Mais voyons, chιrie.

Je suis lΰ.

Gronde-moi, veux-tu.

Je crains d'avoir gβchι ta soirιe de noces.

Comment le pourrais-tu ?

Bonjour, Mme Duchin.

Je suis trθs inquiθte. Qu'y a-t-il ?

Chιri, es-tu malade ? Tu m'as dis d'accourir.

Qu'en dis-tu ?

TOUS LES SOIRS - EDDY DUCHIN avec son ORCHESTRE Casino Central Park

- En voilΰ une rιaction ! - Reprenez vos esprits.

Et M. Reisman ?

Il part en tournιe.

- Ηa s'est dιcidι quand ? - Il y a un mois.

- Il va parcourir l'Europe et... - Un mois ?

- Il sera parti... - Tu le sais depuis un mois...

et tu ne me l'as pas dit ?

Tu m'as bien cachι deux mois...

que tu attendais un bιbι.

- Traξtre ! - C'ιtait notre surprise.

- Κtes-vous heureuse ? - Je suis si heureuse, si heureuse.

Prends place ici, Mme Duchin.

Le premier gala...

d'Eddy Duchin et de son orchestre...

devant un public de choix.

"You're My Everything."

Mme Duchin, danses-tu ?

J'ai beaucoup dansι autrefois...

mais en ce moment...

Une danse ΰ trois ?

Pardon de te tenir ΰ distance, M. "D".

Quelqu'un s'est glissι entre nous.

Ηa t'ennuie ?

Non, tant que tu es ΰ moi.

Oh, elle est superbe.

- Bonjour, Harry. - Bonjour, Eddy. Quoi de neuf ?

Excusez cet "intermθde", mais...

je viens d'avoir un hιritier.

Je vais jouer pour lui et sa mθre...

qui nous ιcoutent.

C'est affreux.

N'y a-t-il aucun espoir ?

Cela n'a rien ΰ voir avec l'accouchement.

Croyez-moi. Nous avons tout essayι.

On vous demande.

Pardonnez-moi un instant.

Le docteur est catιgorique.

Elle ne passera pas la nuit.

Et maintenant, bonsoir.

Eddy Duchin et son orchestre...

vous disent ΰ tous : Joyeux Noλl !

Marjorie, j'arrive.

Comment allez-vous l'appeler ?

Joyeux Noλl !

Fιlicitations !

- Nous avons applaudi votre ιmission. - C'ιtait merveilleux.

Joyeux Noλl.

- Joyeux Noλl. - Il faut que je vous parle.

Ce n'est pas vrai.

C'est toi ?

Je t'ai ιcoutι.

Tu l'as vu ?

Notre fils ? Oui.

Je l'ai appelι un petit singe...

mais c'est vraiment un poupon, tu sais.

Bien sϋr.

Parle, toi.

Je suis fatiguιe.

J'y pense. Ce sera amusant.

Devant la cheminιe, nous mettrons...

trois paires de chaussons.

J'ιtais fille unique...

Noλl n'ιtait jamais bien gai.

Joyeux Noλl, Mme "D".

Un cadeau de Peter et son pθre.

Bon vieux Pθre Noλl...

cette fois, tu m'as gβtιe.

Retournons chez nous.

Quand pourrai-je rentrer ?

Bientτt.

Trθs bientτt.

Tu as tant besoin de moi. Toujours...

Oui, tant et toujours.

Toi qui m'as aidι ΰ mes dιbuts...

quand assise prθs du piano...

tu me consolais et m'encourageais.

Toi, mon guide constant.

Je serai toujours prιsente...

je te guiderai toujours. Oui, toujours.

Oω est ta main ?

Ici.

Toujours je veillerai sur toi et sur Peter.

Je suis le bon ange dont tu parlais...

ne l'oublie pas.

L'ange qui veille jour et nuit.

L'ange au cœur plein d'amour.

Pour vous... pour tous.

- Tu entends ? - Il n'y a rien.

- C'est le vent. - Non, tout est calme.

- J'ai peur du vent. - Chιrie, il n'y a pas de vent.

Calme-toi.

Tout va bien.

Tu sais...

tout chez nous attend ton retour.

La chambre de Peter est prκte.

Son berceau est installι.

Son petit landau aussi.

Et dans trθs peu de temps...

nous promθnerons notre fils.

Nous l'emmθnerons au parc...

aux lieux qui nous sont chers.

Nous l'emmθnerons aux lieux qui nous sont chers.

Tu te souviens...

Joyeux Noλl.

Joyeux Noλl !

Tu manqueras ΰ New York.

New York ne me manquera pas.

Ce voyage au Brιsil lui fera du bien.

Changement de public, de climat...

le soleil, la gaietι.

Et surtout, il lui faut du sommeil.

Tu pars, mon oncle ?

Tu n'as pas vu ton fils depuis plusieurs semaines.

Dis-lui au moins au revoir.

ΐ quoi bon. C'est un bιbι.

Je vois.

Il est bien chez vous.

Merci de vous en κtre chargι.

C'est ce qu'aurait souhaitι sa mθre.

Adieu. ΐ mon retour.

Eh bien, Lou !

C'est la fin d'une ιpoque.

Peut-κtre bien, Eddy.

Peut-κtre.

Tournons la page.

Que m'importe ? Tout a le mκme aspect mort.

AMBASSADOR Coconut Grove

EDDY DUCHIN ET SON ORCHESTRE TOUS LES SOIRS

Bonjour.

- Bonjour. - Tu as renoncι ΰ dormir ?

Je travaille.

Et la journιe de 8 h ?

La nuit de 8 h, plutτt.

- Il n'y a rien de Boston. - Il y a une lettre de ton oncle.

- Oh, cette vie d'hτtel. - Et alors ?

Aprθs 5 ans de tournιe, j'en ai assez.

On dιmolit notre vieux Casino.

New York te rιclame.

On t'offre un contrat superbe.

- On devrait accepter. - On y fait un jardin d'enfants.

Tu m'ιcoutes ?

Trois fois que ton oncle t'ιcrit.

Il s'inquiθte. Tes parents aussi.

- Pourquoi ? - ΐ propos de ton fils...

que tu... ignores.

Ιcoute, je t'ai dιjΰ dit que je parle ΰ Edith.

Il se porte bien. Moi aussi...

Que veut-on de plus ?

Il se peut que Sherman aille ΰ l'ιtranger en mission.

Il craint la guerre.

Pourquoi faut-il que tu changes de sujet chaque fois que je parle de ton fils ?

- Assez. - Il faut que tu le voies.

Assez sur ce sujet.

Je respecte ton chagrin...

mais il n'excuse pas tout.

Tu en veux ΰ ton fils parce que sa mθre est morte.

Tais-toi ! Je ne veux rien entendre !

Tu crois que sans ton fils, Marjorie serait vivante.

C'est faux.

Encore une fois, assez !

Je raye New York de ma vie.

- Il n'y reste rien. - Tu y as ton fils et il grandit.

- Tu dois le voir. - Il est mieux ainsi.

- Il est heureux. - Qu'en sais-tu ?

Tu fais fausse route depuis 5 ans.

Marjorie est morte.

Prends garde de ne pas enterrer ton fils.

Ta famille te rιclame.

Qu'elle l'ιlθve, soit !

Mais qu'il connaisse son pθre.

Tente au moins l'expιrience.

C'est peut-κtre la guerre demain.

Allons faire un saut ΰ New York.

Trθs bien.

Peter, voici ton pθre.

- Bonjour, Peter. - Enchantι, monsieur.

Vous allez passer une journιe magnifique.

Qu'allez-vous faire tous les deux ?

On verra ηa en cours de route.

- Ηa te va ? - Oui, monsieur.

Eh bien, on y va ? Au revoir, Edith.

- Au revoir, tante Edith. - Amuse-toi bien.

Une glace ?

Une promenade ΰ dos de poney ?

ΐ quoi joues-tu d'habitude ?

Oh, ηa dιpend.

Ηa dιpend.

Regarde.

Regarde. Ils plongent.

Ces phoques me rappellent San Francisco.

Il y a un rocher oω ils viennent par centaines. Des sauvages.

Pas apprivoisιs comme ceux-ci.

Ce sont des morses... pas des phoques.

Coucou, Peter.

Mon oncle !

Tu es content de voir ton pθre ?

Je ne vais pas te revoir...

- jusqu'ΰ ton dιpart pour l'Europe. - Oui.

- Ηa ne m'amuse pas, crois-moi. - Il croit la guerre mondiale proche.

Je sais.

- Je reste en contact. - Oui.

- Au revoir, Peter. - Au revoir, monsieur.

Merci, monsieur, je me suis bien amusι.

Tant mieux, Peter. Moi aussi.

Merci pour le ballon.

EDDY DUCHIN S'ENGAGE DANS LA MARINE

Numιro 2, feu !

Central, feu !

Numιro 4, feu !

Nappe d'huile ΰ bβbord.

Nous avons rιussi.

Cessez le feu.

- Vous m'avez demandι ? - Oui, Eddy, entrez.

- Alors, comment ηa se passe ? - La lutte est chaude.

Ηa se corsera encore au Japon.

- Asseyez-vous. - Merci.

Nous ferons escale ΰ Mindanao pour nos rιparations.

Le bureau de la "Guerre Psychologique"...

vous rιclame encore.

La "Guerre des Nerfs" userait les miens.

Vous κtes ici depuis deux ans.

Vous savez bien que moi...

je ne demande qu'ΰ vous garder.

Merci.

Mais vous, pourquoi vous obstinez-vous ?

D'habitude, on tient ΰ sa peau.

Il paraξt que oui.

Si je tiens ΰ rester ici...

c'est par ιgoοsme.

Dans le feu de l'action...

on oublie ses chagrins.

La guerre, c'est dit-on, l'enfer.

Pour moi, c'est plutτt...

le salut.

Sortez-les d'ici. C'est ηa. Dιpκchez-vous.

Du chewing-gum ?

Oui ou non ?

Essaie de faire ηa.

Maintenant, continue.

"Cher Peter, j'ai tant ΰ te dire...

Nous nous connaissons si peu.

Le temps nous a manquι...

mais dθs mon retour...

- je rattraperai le temps perdu. " - Ici le capitaine.

J'ai reηu l'ordre...

de cessez-le-feu.

La guerre est terminιe.

Ce sera plus tτt que prιvu.

Plus tτt.

- M. Duchin. - Bonjour, Charles.

Je vais annoncer ΰ M. et Mme Wadsworth que vous κtes ici.

Merci.

M. Wadsworth.

M. Duchin est ici.

Eddy ! Sois le bienvenu !

Sois le bienvenu. Nous ne t'attendions pas avant demain soir.

J'ai trouvι un amiral qui avait aussi hβte de revenir que moi.

C'est une telle joie de vous revoir.

Raconte-nous tout.

Je reviens pour de bon. Oω est Peter ?

Avec Chiquita au parc.

Je vais me consacrer ΰ lui.

- Je dois rattraper le temps perdu. - C'est parfait.

Je vais monter un nouvel orchestre.

J'ai un contrat ici...

je pourrai rester avec Peter.

Si j'allais ΰ sa rencontre ?

- Que d'impatience ! - Oui, je bous.

J'ai hβte d'organiser notre vie.

Parle-moi un peu de cette petite amie de Peter : Chiquita.

C'est une charmante enfant.

- Espagnole ? - Une Anglaise, malgrι son nom.

Son pθre ιtait un de mes associιs ΰ Londres.

Toute sa famille a ιtι dιcimιe durant le Blitz.

Je l'ai recueillie pour tenir compagnie ΰ Peter.

- Elle et lui s'adorent. - Tante Edith. Oncle Sherm.

Devinez ce que j'ai fait.

Des 8 au patinage.

Bonjour, Peter.

Quelle joie de te revoir, Peter.

Tu es content aussi, j'espθre.

Oui.

Tu ressembles ΰ ta mθre.

ΐ vous, il paraξt.

As-tu reηu mon yatagan ?

- Oui. - Bien.

Et la poupιe pour ta petite amie ?

Une vraie poupιe japonaise.

C'est une des plus...

Une poupιe ravissante, d'ailleurs.

Je suis ravie de vous connaξtre. Soyez le bienvenu.

- Merci. - Eddy, c'est Chiquita Wynn.

Je vous voyais en "format rιduit" !

Je suis navrιe de vous dιcevoir.

Excusez-moi. J'ai manquι d'ΰ-propos.

Non, c'est juste que l'air marin...

a corrodι mon sens de l'humour.

Je remonte dans ma chambre.

Non. Reste avec ton pθre.

Et... la surprise ?

Un autre jour, ma tante.

M. Duchin, voulez-vous vous asseoir ici ?

Veuillez ιcouter : Peter Duchin.

- Mais qui lui a appris ΰ jouer ainsi ? - C'est Chiquita.

Je lui ai jouι et rejouι vos disques.

Nous les aimons tant.

Excusez-moi. J'ai mal ΰ la tκte.

- Est-ce vrai ? - Tu connais les enfants.

Non, je ne les connais pas.

Ce sont des ιnigmes.

Il a peut-κtre mal ΰ la tκte.

En tout cas, c'est pour lui un choc de vous revoir et...

il a la pudeur de ses sentiments.

Je crois que vous devriez...

l’apprivoiser peu ΰ peu.

Mais je l'aime d'un seul bloc.

Il s'agit de lui, non de vous.

Vous κtes lΰ, c'est l'essentiel.

En voici une. Lance-la dans le gant.

Trop haute.

Lances-en une autre.

Signe ces contrats et... au boulot.

J'ai recrutι que des as. Tous ceux que nous voulions.

Ces 5 derniθres semaines, j'ai tout mis en place.

Partitions, contrats, tout est prκt.

La publicitι aussi.

Je suis fourbu.

Dans la zone de frappe.

Une balle. Un ratι.

Une vraie paire d'amis ?

Une haute, Chiquita.

Peter, viens ici, veux-tu ?

- Je signe... oω ? - En bas.

Et les doubles aussi.

- Tu m'as appelι ? - Oui, va te changer.

Nous sortons dθs que j'ai terminι.

Quoi faire ?

T'ιquiper pour la rentrιe scolaire.

Mais Chiquita...

Je m'en suis dιjΰ chargιe.

Quoi ?

Pour vous ιviter cette peine.

Retournez tout. Je veux l'emmener. C'est mon rτle et j'y tiens.

Mais tout est dιjΰ commandι.

Il est facile d'annuler la commande.

Va te changer, mon fils.

Je n'essaye pas...

de vous voler votre fils, M. Duchin.

Bien au contraire.

Dιsormais, je m'occuperai de Peter.

C'est parfait.

Mais mieux vaudrait ιviter de nous disputer devant lui.

Mlle Wynn, vous κtes l'invitιe des Wadsworth...

et non une nourrice.

Je ne vous donne pas d'ordres.

- Vous me faites des remontrances. - Je n'en ιtais pas consciente...

Et cela doit cesser !

Peter vous juge en fonction de moi.

Arrκtons lΰ. Nous ne voyons pas les choses de la mκme maniθre.

Chaque enfant a besoin d'un pθre. Je le sais, croyez-moi.

- Vous montez mon fils contre moi. - Vous m'insultez.

Ce n'est pas moi qui ai mis un mur entre vous deux.

- C'est moi ? - Lΰ n'est pas la question.

Peter possθde tous vos disques.

Il les a cachιs ΰ votre arrivιe.

- Cachιs ? Pourquoi ? - Pourquoi ?

ΐ quoi bon aimer quelqu'un...

qui partira peut-κtre demain.

Ηa signifie quoi ?

ΐ vous de juger.

Vous κtes vraiment trθs forte.

Au fait, je n'y avais jamais songι...

peut-κtre n'κtes-vous pas...

l’homme que l'on prιtend.

Mlle Wynn.

Croyez-moi, je suis prκt ΰ tout...

pour gagner son affection.

Ηa ne sera pas de trop.

Vous savez tant de lui, moi : rien.

Ηa, c'est vrai.

Parlez, expliquez-moi.

Vous aurez des surprises pιnibles.

Parlez, je vous en prie.

S'il vous plaξt.

Bien. Prenez cinq minutes.

Ηa vous a plu ?

Formidable, M. Duchin.

- Bien. - Tu peux venir un instant ?

Excusez-moi.

On dιbute dans 8 jours.

Il reste des tas de trucs ΰ voir.

Quel chic type, ton pθre !

Ah ηa, c'est vrai.

- Qui a mes anches ? - Elles sont dans la boξte.

On va jouer ηa comme ηa et passer...

Vas-y !

Un trθs bon numιro, Peter.

- Merci. - "Bien", comme tu dis.

Jouons encore.

Et le dentiste qui t'attend ?

Si on n'y allait pas ?

Demande ΰ ton pθre.

Toi, ton avis ?

Ce serait notre troisiθme annulation.

Tu as rendez-vous ?

Vas-y. Mlle Wynn a raison.

Trθs bien.

Salut les gars ! Je dois aller chez le dentiste.

Rιpιtons, nous n'avons que peu de temps.

On dιbute dans une semaine.

Allons-y, les gars. Eddy attend.

Reprenons au thθme.

Chiquita, si nous dansions ?

- Fιlicitations, Eddy. - Bienvenue, Eddy.

Je suis heureux d'κtre lΰ.

Alors, tu t'amuses ?

Prends ma place, veux-tu ?

L'orchestre n'a jamais jouι mieux.

- Croyez Cugat. Il s'y connaξt. - Merci.

- Qu'as-tu ? - Ce n'est rien.

Je reviens dans une minute.

Qu'as-tu ΰ la main ?

Rien.

Un bon massage et ηa ira.

- Il fait chaud ici. - Je sais.

Mais ηa, le public s'en moque.

Laisse-moi seul, veux-tu ?

Je suis fatiguι, voilΰ.

- Le mιdecin... ? - Non, ηa va.

Tiens, regarde.

Eddy, un homme ΰ la quarantaine...

devrait se faire examiner deux fois par an.

Deux fois par an.

Soit. Je verrai un mιdecin.

Papa !

M. Duchin.

Papa !

J'ai peur.

Peux-tu me garder ?

Bien sϋr. Grimpe.

Papa ?

Oui ?

Papa, je t'aime !

C'est quoi la Fκte du Travail ?

Ce que c'est ?

Un jour oω l'on chτme.

Je meurs de faim.

- Un chic gosse, hein ? - Oui.

Je crois te voir faisant irruption chez Reisman.

On ne m'opθre pas des amygdales !

J'ai faim. Je veux manger.

Oui, oui, mon petit ogre. Monte te laver.

La cuisiniθre est malade, je vais te prιparer quelque chose.

D'accord !

L'Amιrique est toujours peuplιe d'Indiens sauvages.

Le docteur l'a examinι ?

Oui et moi aussi. Tout va bien.

Tenez, des nouvelles d'Europe.

J'improvise ΰ dξner. Vous restez ?

Non, merci, Chiquita.

C'est la femme rκvιe pour toi.

- Η'aurait ιtι... ! - Il y a d'autres docteurs.

Le docteur Richter est un spιcialiste. Tu pars ?

Oui, je rentre... mιditer.

Peut-κtre ΰ plus tard.

La vie est cruelle parfois.

Avez-vous envie de dξner ?

Non, mais de tailler une bavette.

Puis-je ?

- Tailler quoi ? - Une bavette.

Ce qui veut dire ?

C'est une vieille expression...

Bavarder, oui, bavarder.

Bavardons.

Sur quel sujet ?

Choisissez.

"Voici l'ιtι, les oiseaux chantent."

Et d'un.

Au suivant.

"Ce pain enveloppι de Cellophane et dιbitι en tranches...

C'est le comble du luxe !"

Soyons sιrieux.

Je suis heureuse...

que vous et Peter soyez rιunis.

Il me manquera.

Pourquoi ? Vous partez ?

Je retourne en Angleterre.

Qu'allez-vous y faire ?

C'est mon pays.

Ce qui veut dire ?

Que vous allez vous marier ?

Il reste ΰ trouver le mari.

N'avez-vous jamais pensι ΰ... moi ?

Franchement, non. Je...

Je sais trop bien combien vous aimiez la mθre de Peter.

Il faut que vous sachiez.

J'ai adorι Marjorie...

c'est indιniable.

Elle reste l'amour de ma jeunesse... de ma vie.

L'amour perdu ΰ jamais.

L'amour unique.

Le bonheur que la vie...

ne peut donner qu'une fois.

Le premier amour...

La venue du premier enfant...

La tendresse des parents...

Ce n'est qu'une fois.

Je l'ai su trop tard.

J'ai vιcu dans un rκve...

qui s'est ιvanoui.

Je vous en prie, Chiquita...

Ne nous quittez pas... jamais.

Quoi ?

Je n'aurais pas dϋ.

Je vous admire plus que tout.

Comprenez-vous ?

Je comprends de moins en moins.

- Partez, je vous en prie. - Κtes-vous fβchι aprθs moi ?

Alors, quoi ?

Chiquita, voulez-vous...

Je vous aime.

- Vous le savez ? - Sincθrement, non.

Je ne comprends pas.

Cela vaut mieux.

Je vais mourir. C'est clair, hein ?

Clair et simple.

Inutile d'user d'euphιmismes.

"Diagnostic regrettable."

Je sais que je suis condamnι.

Condamnι... ? Le docteur a dit... ?

- Le docteur a dit... - Que j'avais un an ΰ vivre.

Ηa s'appelle l'hιmatιmθse. Ce n'est pas contagieux...

mais ηa vous engloutit et vous disparaissez.

Je refuse de le croire.

C'est ce que j'ai dit au mιdecin.

Il a tournι ses talons et hochι de la tκte.

- Un autre docteur ? - Chiquita, ηa suffit.

J'en ai vu trois : mκme diagnostic.

Eddy, ils...

Alors, tant pis pour l'amour...

ou l'avenir que nous aurions pu...

Qui est au courant ?

Mon imprιsario.

Et Peter ?

Pas encore.

Regarde.

Le courant est fort.

C'est drτle comme la rιalitι peut paraξtre irrιelle.

Je dois appeler mes parents ΰ Boston...

et dire bonjour.

Eddy, je serais si fiθre d'κtre votre femme.

Je ne veux pas de pitiι.

Cela n'a rien ΰ voir avec la pitiι.

Non, je ne pourrais pas.

Eddy, je vous aime tant.

Vous m'aimez ?

Et depuis si longtemps.

Je veux κtre votre femme.

Tu sais...

si ce n'ιtait un cadeau de mariage d'Edith...

il passerait par la fenκtre.

Oui, ce n'est pas un Renoir !

Rι diθse.

Ηa te plaξt, lΰ ?

On ne peut plus se retourner ici.

Bien sϋr... avec deux pianos.

Je me suis mariιe pour le meilleur et pour le pire...

mais deux pianos ?

Tout le monde n'a donc pas deux pianos ?

Hι, c'est oncle Lou. Vous voyez ? Il n'a pas oubliι.

Lou a promis de l'emmener au cinιma.

Les albums ?

- Papa, tes albums sont ici. - Bien. Merci, Lou.

- Il n'y a pas de quoi. - Bonjour, Lou.

- Je peux l'emprunter un moment ? - Si tu promets de le ramener.

Promis.

Emmenons Lou aux Bermudes avec nous au printemps.

- On n'ira pas aux Bermudes ? - Si, si.

Et l'ιtι prochain en Italie et en France aussi ?

Je veux aller en gondole.

- Je suis prκt. Au revoir, papa. - Au revoir, Peter.

- Au revoir, Chiquita. - Amuse-toi bien.

Sϋrement ! Merci.

Dernier au but a l'amende !

Lou, prends la voiture.

Tu me confies ta Rolls !

Une Rolls ?

C'est quoi ?

Dernier au but a l'amende !

Tu l'aimes mieux ici ?

Tu dois le dire ΰ Peter.

- Non, je ne peux pas. - Tu le dois.

Je ne saurais pas comment.

Peut-κtre pas ce soir.

Ce soir, la semaine prochaine, dans un mois...

Quelle est la diffιrence ? Je ne pourrais pas.

Je veux savoir pourquoi.

Pourquoi faut-il dιtruire un homme deux fois ?

Tu travailles et travailles, et juste quand...

Tout...

Quand c'est trop beau, on te prend tout.

Je ne veux pas mourir.

Je lui dirai.

Je lui dirai.

Mon Dieu, aidez-moi ΰ trouver les mots.

C'est ici que tu jouais.

Le Casino ιtait ici, n'est-ce pas ?

Oui, exactement.

Dis-moi, papa, comment se fait-il...

qu'il y avait un dancing au centre du parc ?

C'ιtait la mode alors.

Et tu habitais lΰ-haut ?

Moi ΰ ta place...

j'aurais fixι un cβble...

de chez moi au Casino.

Chaque soir...

je l'aurais enfourchι et...

atterri en toboggan au piano.

Comment n'y ai-je pas pensι !

Le chiendent, c'est pour remonter...

Peut-κtre...

qu'avec un peu d'ιlan...

Mais de quoi voulais-tu me parler ?

Eh bien...

je pensais qu'on pourrait marcher ensemble.

Lorsque j'ιtais dans la marine dans le Pacifique...

j'ai voulu t'ιcrire.

J'avais tant de choses ΰ te dire.

Tu n'as jamais connu ta mθre...

quand je l'ai perdue...

Peter, j'ai besoin de toi.

Crois-moi, mon petit.

Si je te quittais, ce serait bien malgrι moi.

Quoi ! Tu repars en tournιe ?

Non, pas prιcisιment.

Tu pars pour longtemps ?

Pour longtemps, mon petit.

Chiquita t'accompagne ?

Non, elle restera avec toi.

Je t'aime plus que tout au monde.

Mais, je...

je dois te quitter.

Tu es obligι ? De partir, je veux dire ?

Eh bien, ηa m'est ιgal.

Tu ne le penses pas.

Ne me dis pas ce que je pense.

Tu dis que tu dois partir et me quitter encore une fois.

- C'est bien ηa ? - Non, Peter. Ιcoute.

Tu n'as pas besoin d'expliquer.

Je m'en sortirai sans toi.

Je l'ai dιjΰ fait.

Tu dois comprendre, Peter. Ιcoute-moi.

Je t'ai dit que c'est contre mon grι.

Ne dis pas ηa ! Ce n'est pas vrai.

Personne ne peut te commander.

Il y a quelqu'un qui nous commande tous.

Tu te souviens les hτpitaux que j'ai visitιs rιcemment, les docteurs ?

Oui, mais tu vas bien maintenant. Tu nous l'as dit.

Non, je suis malade, Peter.

Je suis trθs malade.

Et c'est pour cette raison que je ne serai plus avec toi longtemps.

Comprends-moi, tβche de comprendre.

Comprends-tu ?

Oui.

Je...

Je crois que je comprends.

Papa !

Vous m'avez manquι tous les deux.

Je n'ai personne pour m'aider.

Je prendrai soin d'elle, papa.

Et si on faisait un peu de musique au piano double ?

De Duchin.

Tu fais de grands progrθs.

On croirait quelquefois que c'est moi.

Adaptation : Nadia Seery

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