All language subtitles for Quiet Days in Clichy (1990) EN

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Original subtitles

.

Jeten prie... Chasse-les.

Tudors ? Tute sens mal ?

Je me sens comme Ln taureau.

Un réve, peut-étre...

Tu les as vus, aussi ?

Toujours le méme cauchemar ?

Ce ne sont jamais les mémes.

♪ en ai assez de cette merde.

Je n'écrirai plus rien.

On dirait un enfant.

Léve-toi.

Je veux te regarder.

Tues parfate...

Mais tu n'as pas le droit...

de te ref user a moi.

Des petites fleurs de péché comme toi,

ily en a une infinité, & Paris.

Une infinité. .

Et elles ne m'ont jamais privé d'une haise.

Javais une sacrée réputation, jétais un "sensei",

un expert en la matiére pendant trés longtemps.

♪ étais un type obscéne, tu sais ?

Naturellement.

Ca alors !

Iy a personne.

Elle serait seule ?

Pauvre petite.

Yous la connaissiez ?

Pas vraiment.

Ce n'est que plus gentil & vous.

Ce n'est rien.

Américain ?

C'est flagrant ?

Depuis quand étes-vous ici ?

A votre avis ?

- 15jours ? - Pas mal, 12 jours.

Trop tét.

Cousin finir chop-chop.

Vous, attendre.

Trop tét, chop-chop ? Qu'est-ce quila ? Venez.

Jai jamais vu ¢a. Jaurais di venir bien avant.

Comment ¢a ?

Vous &tes la par hasard ? Bon Dieu...

Je cherche un appartement.

En voici un.

Il'est trop cher.

C'est un lieu historique.

Vous étes le seul homme a ne pas 'avoir connue.

Regardez.

Cestelle?

Superbe, non ?

Elle I'était encore, récemment.

Elle travaillait encore ?

Jusqu'a la fin.

C'était la plus demandée. Monsieur...

"Joey".

Dréle de rencontre.

Du meilleur augure.

Certaines choses se perdent.

Elle avait la finesse des grands pianistes.

Cortot, Geiseking... Yous connaissez ?

Il faut.

Venez voir.

Cette marchandise ne vieillit pas.

Mon Dieu!

Elle n'a pas ddge. Etrange...

Les miracles ne vieillissent pas, ils disparaissent.

Elle ne donnait rien sans rien.

On la disait de sang noble. Avistocratie russe.

Vous venez ?

Ou?

A lincinération Il faut deux témoins, c'est Ia loi.

Voila qui est fait.

A part vous, personne n'est venu.

Bizarre, non ?

C'est une publicité don't on se passe.

Et lendroit n'est pas trés gai.

Manouche est morte, vive Manouche.

Le cul le plus chaud de Paris, réduit en cendres.

Tout se tient. Feu céleste ou infernal, qui peut le dire ?

Je suis son héritier.

Non'! Ga représente quoi ?

Pas d'argent, probablement des dettes.

Dréle d'endroit pour faire connaissance.

On Ia déja dit. Vous étes Frangais 7

Frangais, Anglais, de Varsovie...

Mon pére était un émigrant polonais.

I était sculpteur, peintre

et pote, comme Michel-Ange.

Oscar Wilde, vous aimez ?

Je déteste, mais ga va bien ici.

Je dois prendre I'urne.

De quoi vous occupez-vous ?

De tout et de rien.

Mais, entre ce tout et ce rien ?

Je ne suis & Paris que pour Proust.

Ce n'est pas croyable ! C'est vraiment dréle.

Proust, c'est dréle ?

Non, tragique, mais il est aussi ma raison d'étre.

Je sais tout de Proust.

Ouila vécu, ses restaurants préférés,

les boutiques, les clubs, les bordels... Tout !

Yous écrivez un livre ?

Une sorte d'almanach.

Un almanach.

Jadore les almanachs.

Ce n'est pas Proust qui m'intéresse, mais I'argent.

Bien sir, pas de sentiments.

Il'avait des qualités.

Il'a meublé un bordel avec les meubles de sa mére.

Génial, non ?

Nul doute.

Quel soulagement.

Jai craint que vous n'aimiez pas les hutres.

Je les adore, c'estla chair vivante.

Attendez, vous avez dit "chair vivantg" ?

Vous aimez ¢a aussi ?

Jadore.

Vous allez réinventer Manouche ?

C'est impossible.

Dieu merci, vous ne dévorez pas que le papier.

Je vous deving, vous les désirez toutes.

Je crois réver,

vous étes un étre humain.

Non, ¢a suffit avecga I

La route du palais enchanté

ne saurait étre pavée de biére. II'vous faut du bon vin.

Proust aimait Ia biere.

Et il mangeait des frites. On I'emmerde.

On a un autre programme. Un Montrachet !

Le vin préféré de Manouche.

Attendez-moi.

Ga m'al'air bien compliqué.

Tu me plais, je veux que tu tamuses.

Vous ne vous riez pas de moi ?

Le pauvre Yankee qui recherche un logement, lamour...

Parce qu'a New York...

New York ? Bon sang, il faut

repartir & zéro.

Nous y sommes, Ecoute-mol, Joey,

on va chez Sébastien,

et Sébastien est obscéne,

vraiment obscéne.

Vraiment.

"L'obscénité est la sainteté, le bien de la chair.” D. Lawrence.

Pas de littérature, on est saturé.

Le sexe, c'est un restaurant. Tu entree et tu manges.

Tu es dégueu.

Trop sentimental. La gastronomie a ses limites.

Et ¢a boit de la biére avec les hutres.

Il faut jouer le jeu ou partir. Sébastien est un génie

Ou un crétin friqué.

Ga, Cestle vrai génie.

Que c'est bon.

Nom de Dieu...

La couleur pense.

Cest une fatalité,

je ne choisis que des sujets choquants.

Yous étes Américain ?

Ga parait évident.

Evident mais sans importance.

Veinard, le sujet aujourd'hui est : "de Hollywood & Sodome”.

Sensualité, sentiment de la mort, tragédie et désir.

Malheureusement, je suis de New York.

Mais c'est magnifique ! La cité d'azur et d'or.

Ce soir, nous donnons un prix & nos amis de New York I

Pourquoi

Btes-vous venu dans ce cloaque, mon ami ?

Pour vous rencontrer.

Vous étes vraiment drble, Joey.

Yous me connaissez ?

Tous les Américains sappellent"Joey".

Venez, Joey.

Hommage au jeune écrivain étranger, bourré de talent

Pour vous il faut doubler la mise. Deux cadeaux!

Détendez-vous, comme la fleur de lotus prise par la neige.

Je vais me laisser convaincre.

Jouissez !

On st tous des morts pas encore en fonction.

Choisis ta chambre, je les connais toutes.

Tu les as aussi essayées ?

- Elle est muette. - Vraiment ?

Clestun fait ?

C'est pareil, & New York ?

On n'y fait que des bébés.

Je suis un peu dégu, je mattendais a autre chose.

Vraiment ?

Jene te le fais pas dire.

Viens, cette fois, tu ne pourras pas te plaindre.

Tu es aussi un cadeau ?

Non, désclée.

Je peux venir ?

Pas question.

Nous y voila.

Seigneur... Grandeur et décadence.

C'est le coeur de la maison.

IIn'y a rien de plus particulier, tu verras.

Les digux de 'Antiquité descendaient sur Terre

pour baiser avec les humains,

forniquer avec les animaux, les plantes ou les éléments.

Alors, pourquol réprimer nos instincts naturels ?

Seulement quand on est perdu, on peut se retrouver.

Pour le poéte, et en particulier le poéte yankee,

la route du ciel passe par I'enfer.

L'extase extréme ne conduit pas a laveuglante lumiére céleste,

mais dans les ténébres nocturnes des chiottes

Joey, respire la nutt, parfum poilu de I'étemité.

Je crois que Sébastien la dégu.

C'est un jeu. Tt ou tard, on y passe tous.

Sébastien ne fait pas de cadeaux.

Tu es vexé ?

Non, il m'a donné & réfléchir.

Fantastique, elles sont encore en vie !

Joey, prends-en une.

C'est un passeport pour 'éternité.

Non, effagons d'abord le péché originel.

Comment ¢a ?

5 ans d'assurances a N.Y. sont un crime qu'il faut expier.

Tu as coupé les ponts ? Tu entends ca, Karl ?

Fantastique ! Comment te sens-tu ?

Karl est ivre.

A cette heure, le Pernod est cruel.

Nul n'y échappe.

Il est d'une liberté magnifique.

C'est de I'alcool pur, lui aussi.

Et vous, que faites-vous a Paris ?

Ma chérig, va thabiller, maintenant.

Jévite ce genre de question.

Vous venez ici pour baiser, tomber amoureux,

pour apprendre & aimer le vin,

et aprés, vous écrivez.

Moi, je suis né a Brooklyn.

Autant dire 'Himalaya ou lile de Paques...

♪ ai beaucoup & oublier. Comme pour un mariage,

ces années gachées 3 la Western Union.

Voila, c'est pareil tous les soirs.

Pour moi, la Western Union, C'était..

Comme la Sibérie pour Dostoievski, I'enfer.

Et un putain de bonheur.

Jaaifait le croquemort, le balayeur,

le libraire, le v.r.p., lagent d'assurances

et le controleur de musée.

Jaurais fait le mac ou la pute pour venir écrire ici.

L'espoir de humanité est dans la sainteté de chacun.

Quoi ? Parlez en anglais !

Un Américain...

Vous tombez bien, [attends depuis plus d'une heure.

Merde alors ! Ol étais-tu ?

Derriere la porte. Quelqu'un dort, & coté.

Quiestu ? Allons, d'odl sors-tu ?

Ou est ma grand-mére ?

Qui?

Manouche. Je suis Colette.

Bon sang ! Attends-moi a cété, j'arrive.

C'est vous ?

Mo, quoi ?

Tout ce désordre.

On & de la visite.

Parfait, quil entre.

Elle est déja assise et elle a 6té son chapeau.

Ou est grand-mére ?

Elle est morte.

Elle m'a écrit.

Elle me proposait de venir habiter chez elle

Dis-moi, tu étais déja venue ?

Dis, tu étais déja venue ici ?

C'est pas vrai, elle n'est pas morte.

Quiclest, lui ?

Un ami de ta grand-mére, il va te raconter.

Je fais du café.

Il prépare du café.

C'est une blague 7 C'est Adrienne qui tenvoie, non ?

Tu es I'ami de ma grand-mére ?

Oui, c'est ui et il va tout texpliquer.

Pas de café, pas d'aspirine, seulement du lait.

Dis-lui, qu'elle est morte.

C'est vrai, malheureusement.

Tu lui ressembles.

Tues le proprio ?

Tu hérites de tout ?

Dis-moi, ma petite, as-tu des pieces d'identité ou autre ?

Tu es gémeau ?

Ma grand-mére ['était.

Que de surprises !

Que fait-on de celle-la ?

Tu as uneidée ?

Allons réfléchir a tout ca chez moi.

Elles ne sont pas pour moi, Karl.

Ce ne sont que des paysannes.

Des mains de lavandiére. .

Ce ne sont pas des seins, mais des mamelles...

Et regardez-moi ces fesses, une vraivache !

Monsieur Regentag aime ce qui est raffiné.

Pas du tout.

Mais lart

est mort,

c'est tout le probléme.

Ce n'est que du toc.

L'art n'est plus qu'idolétrie du faux.

Moi, jaime ce qui est vrai.

Donnez-moi quelque chose de vivant.

De I'oriental, peut-&tre ? Japonais, genre Hokusai ?

I faudrait que je voie...

Jaurai ce qu'il vous faut demain aprés-midi.

Vous allez me laisser comme ¢a, un jour entier sans rien ?

Quelque chose en costume ? Faites votre choix.

La mise en scéne, ga vous connait.

Venez donc, mademoiselle.

Ne soyez pas timide.

On va beire du champagne !

C'est Colette.

Alors la, Karl, vous n'avez jamais fait mieux !

Vous achetez ces photos ?

Etau prix fort, si Cest tout de suite.

Mais... elle n'est qu'une enfant !

Parfait.

Garde la pose...

Et maintenant, les fleurs.

"Docteur, écoutez-moi, fai 85 ans et je cours

"encore apres les filles."

"Bravo, dit le docteur, c'est une chance."

"Quelle chance ? Je n'arréte pas de courir

"et je ne sais plus pourquoi."

Elle est connue, ma grand-mere la racontait.

Tu lui ressembles tellement.

Tu m'as étonné, pour Regentag.

Pourquai ?

En ét¢, on nage bien nus dans le canal.

En public ?

Bien sir, et avec les garons.

Pour moi, c'est pareil.

Alors, tu le referais ?

Pourquoi pas ?

Tu as d'autres parents, & Paris ?

Non, je n'ai personne.

Tu dois repartir.

Tu ne veux pas ?

IIn'y a que des étables, la-bas.

Ettes parents ?

Arréte de la torturer, ony réfléchira

Comment ¢a ?

Ne lécoute pas, c'est un Américain.

Vraiment ? D'Hollywood ?

Pourquai ?

On y fait des films.

Tu dois te méfier de lui parce qu'il est &crivain.

II'pidge sur du papier

tout ce qui vit.

Tu connais Hollywood ?

QOui, jly ai travaillé.

Quoi, tu veux devenir actrice ?

Je veux faire de la danse.

Grand-mére me 'avait promis.

Pourquoi pas ? 3 étrangers & Paris, la ville est & nous.

Tu connais sirement Adrienne, du Melody !

Celle & la jambe de hois, 10 ans d'Opéra-comique.

Elle sait tout sur la danse. Formidable !

A cette heure-ci, New York est une poubelle.

Elle sent 'alcool et la pisse.

N'y pense pas, tu es ici!

Regarde-la.

Regarde-la.

Elle do it natre.

Toi, tu dois renatre, tout liguider, recommencer 3 zéro !

Ne joue pas a [Américain en quéte de vérité a Paris.

Non...

Respire cet air, cette odeur de sexe.

Le truc, c'est de la respirer & fond

comme un médicament !

Un chien mort...

Tu n'aimes pas baiser ?

Dis, tu n'aimes pas baiser ?

Si, Jaime pendant. Aprés, c'est la mort.

La mort, C'est la vie.

On est la & cause d'une vigille pute qui m'a confié cet ange.

O va-t-on la coucher ? Mon hétel est ignoble.

Vous pouvez venir chez moi.

On y tiendra tous. Varsovie, New York...

la créme de la France profonde.

Elle aurait pu faire pire.

Qui?

La vieille pute morte.

Odette.

- Comment ? - Gilberte

Qu'est-ce que tu dis ?

Albertine, créature proustienne.

- Tu trouves ? - Tout & fait.

Bonne nouvelle, le pére Regentag est revenu.

I'nous a enfin invités chez lui. Le miracle "Colette"...

Gupta a pris tes affaires ?

II'va s'eccuper de tout.

I faudra se contenter du it. Va, je suis occupé.

Un jeune colonel qui ignorerait ce qu'est Thonneur ?

Jai la violence en horreur.

Vous n'étes pas un héros ?

Non, désolé.

Vous avez tout apporté ? Parfait, prenez un verre.

A tout & Iheure.

Notre pays est éternel.

Vous tombez & pic ! ♪ ai & vous parler.

Quand vous voulez.

Bientdt. Observez, il y a ici de la matiére, pour un écrivain.

Yous dansez, docteur ?

Désolé, je ne sais pas danser.

Un analyste, ca sait tout.

Yous me flattez.

Craignez-vous le transfert ?

Aube vingt et un.

Le reliquaire du temple.

Tu n'as rien vu de bien ?

Qui est cette fille ?

Pas la moindre idée.

Inconnue au bataillon. Atout & heure.

Je suis vraiment née en Amérique.

Ou sont les trous ?

Yous me cherchiez ?

Vous n'attendiez pas cette question ?

Non, je dois I'avouer.

Vous me cherchiez...

On estles seuls a vouloir filer d'ici.

Depuis longtemps, a Paris ?

IIfaudra vous y habituer ou partir.

Yous étes écrivain ?

Comment avez-vous deviné ?

L'encre sur votre pouce.

Partons, sinon on ne sortira plus d'ici.

Allez donner un coup de main au vestiaire.

Ou étais-tu fourré ?

Parici, par-la...

Vous nous présentez ?

Joey.

Vous devez &tre Joey.

Je plaisante.

Karl m'a parlé de vous. Ania Regentag

Ma chérie, tu restes, aprés ?

Je ne sais pas.

Yous étes Américain ?

Incroyable ! Connaissez-vous Mme Zubarski ?

Elle m'a prédi, et Nys vous le confirmera,

que je rencontrerais un écrivain américain

de New York. Jele savais I J'y ai vécu.

Je me sens trés New-Yorkaise,

bien qu'étant née en Pologne, comme Karl

On est tous un peu mélangés, dorigines diverses.

- Vous connaissez ? - Oui, "Stormy Weather".

Je vous rends & votre amie, & plus tard.

Jai une idée en téte.

Comment vous expliquer...

A New York, les gens sont comme morts.

C'est dans leurs yeux.

Peut-étre la peur ?

Non, ce sont des zombies. Je dévore le visage des gens.

Et plus je dévore, plus jai faim.

Vous comprenez ga ?

Vous déchiffrez les visages ?

Ca m'arrive.

Ne me regardez pas comme un livie ambulant.

Je ne suis pas fait que de papier.

Dréle d'Américain...

- Je parie que vous détestez Paris. - Au contraire, je suis au paradis.

N'y croyez pas trop. Vous pourriez &tre deg...

Ici, c'est la vie. Jai vécu I'enfer, pour y venir.

Me direz-vous votre nom ?

Situ veux.

Tu I'as vu tout de suite ?

Quoi ?

Que je me faisais payer. Ca se litsur mon visage, non ?

Je ne sais pas lire.

Les Américains sont stupides.

Tu viens maider ?

Ga t'lennuie de me payer ?

Ga vaut siirement le coup.

Je déteste Paris. Mais pas seulement Paris,

toutes les villes.

C'est I'enfer.

Les gens y deviennent durs, indifférents, sourds.

Pas d'odeurs naturelles, de sensations propres.

Pour toi, c'est différent, Paris...

Tu en feras un livre, peut-&tre un beau livre.

Ca arrive.

Nys... Pourquoi "Nys" ?

Ce n'est pas mon vrai nom.

IIn'y a rien de vrai, ici.

C'est Nys, comme la ville de Nice.

Une maison a la campagne.

Des étables, des vaches, des insectes...

Un animal, voila ce que jaimerais étre.

Tu comprends ?

Ici, tout s'écoule,

la Seine, le sang, le sperme, les mots.

C'est 'hystérie.

Je veux marréter et regarder.

Jiaime ce qui s'écoule.

Laisse-moi partir.

- Pourquoi ? - Tu aimes Paris.

Et dans une heure, tu te branleras avec ta Remington.

Elle est noire ?

Qui, elle est noire.

Et puis, tu me dois déja 200 francs, mon amour.

Les culottes des jeunes filles abritent des merveilles

C'est vrai.

Magnolias, houx...

fioles de parfum...

boutons de velours...

Ne va pas croire

quilyauntrou.

Mon pére m'a fait aimer la campagne.

Pas la nature, mais la terre en elle-méme.

Les mottes, le lait, les mamelles.

C'était un poivrot, ma mére aussi.

IIs étaient d'une propreté insensée.

Je pensais rester [3-bas,

mais ils sont morts ensemble, le méme jour.

Aprés, on m'a mise aux enchéres.

Le ver mange la pomme et le verreste.

Tu vois ? Tu n'es qu'un con d'Américain,

solll de paroles.

I'reste le trognon, il faut que tu comprennes ga.

On ne {'a jamais violée ?

Pas méme ton grand-pére ?

IIne ta jamais tripoté les fesses ?

Ceci peut 'intéresser :

jaivu plein de fois mon grand-pére se masturber.

Belle scéne pour toi, non ?

Inutile, je n'écris jamais.

I se mettait prés d'une haie et voulait que je regarde.

Je ne 'en aimais que plus. C'est bizarre, hein ?

II'ne m'a jamais touchée.

Iy a pas de fagons Iégales d'aimer.

Tu ne dors pas. Parfait.

Ecoute, C'est trés important.

- Tu es Américain... - Qui, je sais.

Alors il faut que tu apprennes certaines choses.

Tu travailles ?

Bon, je te demande ceci:

as-tu jamais

dormi avec quelqu'un

qui pisse au lit, ne mange que des bonbons,

des glaces, et qui boit du lait ?

Non, jamais.

Alors ne le fais pas, Joey. Surtout, ne le fais pas.

Elle ne dort pas ici. Elle sort.

Tu savais ?

Elle finira par nous envoyer en tdle.

Elle n'a pas de grand-mére.

Manouche n'est pas sa grand-mere.

Il'y a anguille sous roche. Demande-lui ou elle va

Demande-lui, bordel...

Chez moi, il 'y a pas de livres.

Personne ne It.

Ettoi ?

Moi non plus.

Pourquoi lirais-je ?

Ici, ce serait différent.

Tu devrals étudier.

Pourquai ?

Je vais aux toilettes.

Problémes en vue...

Je sais, mais va expliquer ¢a a Karl.

I'couche avec elle ?

II'ne veut pas me le dire.

Arréte, I'y suis pour rien.

Bien entendu.

Détoumement de mineure,

ca fera pas un pli.

En tout cas, elle est étonnante, elle s'adapte & tout.

Au pire, elle apprendra quelque chose de nous.

Tu crois que ¢a en vaut la peine ?

Je ne peux pas I'enfermer.

Baise-la, si c'est ce que tu veux.

Mais ne I'améne pas ici, clest dangereux.

C'est la petite-fille de Manouche ?

C'est sa réincamation, regarde son visage.

C'est son portrait.

Que dois-je faire ?

Je sais pas. Raméne-la guand elle sera grande.

Vous étes dans la merde, Colette est partie.

Comment ?

I faisait si beau !

Tu peux le dire.

Jai peur du tonnerre.

Et t veux vivre a la campagne ?

Mais je ne veux pas disparaitre avant [heure.

Ne me regarde pas.

- Pourquoi ? - Je suis affreuse.

Non, tu es trés belle.

Dis, avec qui parlais-tu ?

Allons, qu'est-ce que ca peut te faire ?

Dis-le-moi.

Un ver intellectuel.

Le cerveau est un organe qui est exagérément surestime.

Tu le savais ?

Alors, ale le courage de t'en passer.

C'est eure idéale pour mourir.

I'ne fait plus jour, pas encore nuit. C'est le néant.

Tu n'aimes pas étre heureux.

Je veux apprendre.

Alrs...

Plus de culpabilité, pas de mort,

pas de vertige, pas de douleur

et pas de pensée...

Apprends & me faire jouir.

Viens, je te ferai ton nceud de cravate.

Pas ce soir, Myriam.

Jet'aivue, sors de 13.

Désolée de vous décevoir, Joey.

Excusez-moi, je pensais que...

C'est trés flatteur.

Votre fille peut-elle attendre 5 minutes ?

Vous avez parlé & Karl ?

Oui, mais Ia n'est pas la question.

Pourquoi ne viendriez-vous pas me voir demain ?

Et voila,

clest sans issue.

Vous avez le sens de ['évidence.

II'n'y a pas que la force qui compte.

Observe mes pieds. Tu vois ? Tu ne sais pas faire.

Parle pour toi Tu ne tiens pas debout.

Jaloux ? Fais attention.

A quoi?

- Colette, voyons. - Arréte !

Elle est comme un animal.

Elle ne vit que pour le plaisir.

Tu I'as baisée ?

Ne sois pas ridicule.

Tu es amoureux de cet animal.

I fallait la renvoyer.

Ce n'est pas si facile.

Mets-la dans le premier train.

Elle nous a raconté que des bobards.

Tu as peur qu'elle parte ?

C'est fait, depuis 3 jours.

Elle do it essayer d'améliorer son ordinaire.

Elle te plait ?

Pourquoi me demander ¢a ?

Tu devrais lessayer.

Classigue... Tu es jaloux.

Trouve-la et elle est & toi.

Cette petite salope ta ferré.

Joey, vous avez de merveilleux compagnons.

Nietzsche, Emerson, Thoreau, Whitman,

Strindberg, Dostoievski, Lawrence, Joyce...

Je vous envie, croyez-moi.

Méme si j'étais un esprit libre, comme vous,

je ne pourrais pénétrer dans ce monde-la.

Quelgu'un a dit, sans doute I'un de vos amis,

que pour étre génial, il fallait &tre réveur.

Eh bien, en ce moment, clest trop difficile pour moi.

Non, je vous en prie...

Attendez encore un peu.

Ce n'est pas le moment.

Les gens ont hesoin d'étre rassurés, actuellement.

IIs veulent qu'on les amuse afin d'oublier leurs soucis.

La situation politique empire de jour en jour.

Siles choses

se passent comme je le pense,

vous allez écrire un livre superbe.

Je n'en serai malheureusement pas ['éditeur.

"Parfois, je me demande pourquoi ♪ attire les gens deranges.

"Névrosés, psychopathes, déments.

"Et les Juifs."

Nous sommes attirés par vous, ma femme et moi.

Ne vous justifiez pas.

Attendez, nom de Dieu !

Jai quelque chose & vous proposer.

- Prenez. - pourquoi ?

Ne jouez pas au Yankee avec un Juif. Asseyez-vous.

Ma femme a été amie avec Proust, Apollinaire et Diaghilev.

Elle a connu le Kaiser et Tolstoi.

Vous I'aurez remarque, elle sait raconter une histoire.

Mais elle ne sait pas I'écrire.

Elle est trop impatiente, trop nerveuse.

Sielle savait écrire,

son livre ferait un malheur.

Jai pensé & vous.

Qu'en dites-vous ?

Soyons clairs, cet argent est a vous,

méme si vous décidez de ne pas aider Ania.

Sivous acceptez, vous en aurez davantage.

Vous ne vous en repentirez pas.

On a vu tant d'horreurs que plus rien ne peut nous étonner.

Nous nous préparons, c'est tout.

En ce moment, la Ittérature est comme un jeu,

une priére non exaucée.

Vous et les votres étes des optimistes du siécle dernier.

Quand on danse au bord du volcan, on finit par tomber dedans.

Je pars quand je veux !

Pour qui te prends-tu, vieux con ! Tire-toi !

Je te raméne chez toi !

On va nulle part Je m'en vais avec elle.

Sale porc!

Jai peur de dormir.

Tu semblais tranquille.

Ga pourrait paraitre n'importe quoi.

Mais c'est Iheure du scorpion,

le mois du chacal et [armée du désespoir.

Tu m'ennuies, jai envie de partir.

Pars avec eux.

Méme repousse, le vieux bouc ne s'avoue pas vaincu.

Lors de ma prochaine réincamation,

jaurai ton age et je te rencontrerai a Clichy.

Je suis capricome.

Le temps joue pour moi.

Les temps changent.

Je dis ga pour parler, puisque tu ne veux pas baiser.

La discussion est close, Joey.

Tu me cherchais ?

Le hasard... Je regardais ces dessins.

Je ne te demande pas qui c'était.

Merci. Tu permets que je rentre ?

Jetaccompagne.

Jiaime mieux pas.

Pourquoi ¢a ?

Excuse-moi.

Il'y a un probléme ?

Jai peur, on a forcé la porte de chez moi.

- Quiafaitca ? - Ce n'est pas la premiére fois.

- Tu I'as signalé ? - Pas a la police, c'est inutile.

Je dois partir. C'est dangereu, ici.

Je ne comprends pas.

Un bon Juif, c'est un Juif mort I

"Sauvages et tendres Les délices du mariage

"Douces entrailles Embaument la couche”

Shalom!

"Tendre et obscéne, L'éventail des ans

"Rire de la jeunesse, Regret larmoyant de I'4ge

"Obscéne et gaie, La vie maritale.”

Karl tient absolument au voyage de noces,

mais Joey n'est pas décidé.

C'est Joey qui ne peut pas vivre sans elle.

Karl en a déja assez, Iui.

Pauvre Joey.

Shalom et mazeltov !

Toi, Joey,

toi, Karl et toi, Colette, approchez !

Les témoins aussi.

Les alliances.

Embrassez-vous, maintenant.

Les photos illustreront le calendrier proustien.

On commencera par llliers, puis les cathédrales,

Ia Vivanne et Cabourg.

C'est pour son bien.

Tu pourrais écouter.

On a décidé, non ?

On commence par Chartres ou Cabourg ?

Comme tu veux.

Vous y allez comment ?

En voiture. Colette adore voyager en voiture.

Quitaditca?

C'est normal.

A ton age, on aime ce qu'on ne connait pas.

Dieu merci, tu es 13.

C'est fini, je vais te ramener.

Emmeéne-moi chez toi.

Evitons les plus célébres.

Allons ailleurs, je déteste les églises.

Ce sont des cathédrales, c'est pas pareil.

On pourrait éviter Chartres et Amiens.

Les plus chéres & Proust...

Disons Rouen, Jumiéges et St-Wandrille, les méconnues.

Allez vous-en !

Elle est foutue !

C'est pas une photo souvenir.

"Lartiste,

"mort depuis des siécle,

"a laissé la cette figure de pierre

"qui chaque jour meurt,

"perdue au milieu des autres.

"Un jour, vint un homme pour qui la mort n'existe pas,

"jetant loin de lui le vide qui nous opprime,

"qui dans cette marée de pierres, apercut les lois de la vie."

Karl!

Bien dormi ?

Ga grouille d'insectes, ici.

♪ ai méme vu un scorpion.

Sois vigilante. Joey est reveille 7?

Je ne sais pas.

II'ne pleut pas toujours, en Normandie ?

Vite, la journée est & nous.

Quoi de plus merveilleux que la vie conjugale ?

Rien ne vaut 'amour fantasque.

Stop ! C'est la que venait Elstir.

Clestqui?

Le peintre inventé par Proust.

Ce ne sont pas que des vacances.

Allons nous baigner.

Jamais en voyage de noces.

Alors firai toute seule.

Dréle d'animal...

On ne pouvait pas mieux tomber.

Tu vas réclamer ta part de mariage ?

Non, jadmets qu'elle te revient de droit.

Tu en as hérité, non ?

Tu crois qu'elle m'aime ?

Tu prétends qu'elle est une Manouche bis.

Manouche aimait-glle ?

Ta foutue logique...

L'esprit n'a rien a voir la-dedans.

Alors, laisse-toi mener par tes pulsions.

Jefermerailes yeux.

Personne ne peut la rendre heureuse.

Tais-toi, tu es d'un lugubre...

Franchement, Joey,

crois-tu que je finirai sanglotant au téléphone ?

Il faut vivre le mensonge comme un conte de fées.

IIn'y a rien & faire.

♪ étais prét & étre d'une fidélité a toute épreuve.

Mais elle m'a comme chétré.

C'est la campagne, Ga vous joue des tours.

Et n'oublie pas les écarts du ceeur,

entre les douces lévres rosées et les culs en goutte d'huile

Je n'aurais pas di partir, la campagne me hérisse !

Et ton calendrier ?

Trop c'esttrop !

Halte au pseudo-intellectualisme !

C'estd'un surfait, d'un bidon !

C'est pitoyable ! Nom de Dieu.

Il'y a de I'eau.

Je sais.

Surtout quand notre femme refuse nos ardeurs.

On est loin du spirituel...

C'est du coté de chez Swann ?

Tu connais ?

Vous en parlé toute la matinée.

Swann, Odette,

Marcel, Charlus...

♪ ai faim, moi.

A A la fourche...

♪ en ai marre d'attendre !

Vous dites que vous m'aimez

mais vous ne faites rien pour moi.

♪ y vais seule !

Continuons jusqu'a Meseglise.

Non, traversons ici pour voir les clochers de Martinville

Non, tu mélanges tout.

On ne les voit que si I'on est en dehors de Combray.

Suivons le fleuve en laissant Guermantes derriére nous.

Je veux des madeleines.

Arréte tes éneries.

Jen ai jamais mangé.

Moi non plus. On les donnera a Colette.

Gaditquoi ?

C'est en francais.

Tu as peur?

Tu le ferais ?

Situ me le demandais.

Pourquoi le ferais-je ?

A ton age, tu te sentirais plus libre.

La liberté est un mattre.

Situ as peur, tu es condamné.

Regarde, je n'ai pas peur, moi.

IIs font suggéré ¢a ?

Tu crois quils le font encore ?

Quiils sont comme toi ?

Quiils ne peuvent pas saréter ?

Pourquoi ne veux-tu pas de moi ?

Tu me trouves trop vieux ?

Je n'ai jamais que 60 ans de plus que toi.

Une pute de la rue me traiterait mieux.

Ton corps est une coquille vide.

Pour la premiére fois, jaime quelque chose qui me dégolte.

Essayez Berlin.

Certains lieux y sont magigues, par moments.

Des idées y naissent.

♪ y suis allée.

C'est différent,

vous n'avez rien écrit.

Je vous attendais,

mon cher...

Je suis a sec.

Comme disait Flaubert :

"Je passe le matin & mettre une virgule

"et ['aprés-midi & I'enlever.

A dire vrai, la politique...

Hitler, je...

Et Colette ?

Je vous en prie,

n'en parlons plus.

Joey I'a fait fuir.

I1'ui & fait des propositions contre nature.

Elle a compris que vous étiez deux cochons.

Raison de plus pour rester.

La premigre chose qu'on comprend tout de suite ici,

c'est que pour devenir fou,

il faut avoir un hon équilibre mental.

Pour étre seul, il faut se méler & la foule.

En d'autres termes,

sion est & la recherche de paix et d'ordre,

il faut mettre la ville & sac.

Tout le contraire de New York.

C'est insensé, non ?

Colette est comme ¢a.

Une sphére infinie

avec une circonférence qui est omniprésente,

et un centre qui se trouve nulle part.

Saint-Augustin.

Tel est le chemin aisé vers la prompte agonie.

Le sexe et la douleur sont synonymes ?

Chére Ania,

ils sont indissociables !

Séparer un sadique

d'un masochiste, c'est comme séparer quelqu'un

quimange de quelgu'un qui digére.

L'expérience individuelle,

iln'y a que ga de vrai.

L'une aprés lautre.

Pour aller ot ?

Ou?

Je lignore. En avant... nulle part.

Nous nous rencontrerons sur ce chemin-Ia.

Ne vous emballez pas.

Diarriver au néant demande beaucoup d'efforts.

Nys et moi, par exemple...

Tu me flattes.

Que voyez-vous, Ania, franchement ?

Un couple trés attirant.

Vous ne voyez absolument rien.

Raison pour laquelle il faut aller de lavant.

La campagne ne ta pas réussi.

C'est évident.

Les moustiques m'ont sucé le cerveau.

Vous devriez essayer, madame.

Intellectuellement, C'est dévastateur.

Mesdames, bonne nuit.

Ga ne vous intéressera pas.

Vous vous trompez.

Pourquai ?

Tout peut &tre décrit.

C'est votre métier, non ?

On ne décrit pas la misére humaine !

Physique ou morale, c'estimpossible.

Nous ne voyons que de la merde autour de nous.

Je vais commencer par prendre quelques notes.

Nectar des dieux...

Votre mari vitici ?

On se ressemble trop pour vivre ensemble.

Allez, continuez, laissez-vous aller,

je jouerai a I'explorateur.

Je déteste les psychanalystes.

Je comprends... Continuez..

Je suis née & Odessa.

A Odessa...

♪ ai payé le prix pour en partir,

pas seulement en argent.

Je vais tout vous dire.

Faites, e vous prie, libérez-vous

Ga va vous surprendre,

car une révolution n'a rien d'érotique,

mais on nous a violés.

Tous les deux.

Dans le train pour Vienne.

Vraiment ?

C'est quelque chose qu'on ne peut oublier.

Il faut savoir ¢a, pour comprendre Ernest.

On shabitue a umiliation.

On peut méme en étre dépendant,

comme une drogue, vous comprenez ?

On estaccro.

Un peu de cocaine ?

I faut écrire tout cela.

Pas seulement pour moi.

Le danger de la violence, clest qu'elle est contagieuse.

Je me penche sur le passé.

Mais pour I'avenir,

pas pour le passe.

Pour n'étre plus rien, comme vous avez dit.

Ernest aime regarder.

Moi, je ne veux que vivre le passé.

Qui, c'est ridicule,

ca rend tout encore plus douloureux.

Pleurer ou rire,

c'estla méme chose.

Tas remarqué ?

Ecrivez, Joey ! Ecrivez ce gue vous voyez.

C'est vrai.

Sacrément vrai!

Peur qu'on vous saute dessus ?

C'est ce que vous comptez faire ?

Yous aimez les boches ?

Je le suis un peu.

Arrétez de vous payer ma téte.

Ga, C'est pour les baratineurs.

C'est la vérité, parole de scout.

Tues Juif.

Tu aimes ?

Etlui ?

Et Baudelaire ?

Bien sr.

Les miens sont migux.

Clestvrai ? Tu écris des poémes ?

Tu as gagné I

Ce n'est pas du toc.

On paie jusqu'a 1000 francs pour coucher avec moi.

Des clients sérigux.

Des connaisseurs, pas comme toi.

Jai pas envie d'aller les chercher, jai faim.

Il'y a un bidet chez toi ?

QOui, mais jai pas 1000 francs.

Avec moi, tu as la poésie en prime.

Tu veux fumer ?

Boche, tu ne bois pas,

tun'as pas mille francs...

Qu'est-ce gu'on fait ?

On m'a proposé

5000 francs rien que pour regarder.

Les hommes sont bétes.

IIs ne distinguent pas la poésie de la prose.

Tu peux toucher gratis.

Tu es un vrai cochon, avoue-le.

Rien ne peut me choquer.

Je connais les Yankees.

Joey, I'écrivain.

Tu aimes les cochonneries. Alors écoute,

je te prends 200 francs.

Cent pour la poésie et cent pour I'amour.

Pas un sou de plus, pas un de moins.

"Oh, Yankee,

"Ne te retourne pas

"Situ ne m'as pas reconnue Ne te retoume pas

"Situ n'as pas vu Mes ailes de soufre

"Parce que je suis lange

"Qui vient te faucher

"Je suis

"lange exterminateur."

"Parce que je suis L'ange exterminateur

"L'ange qui libére L'ange quite vide"

♪ e n a I ma r re I

Qui est-ce ?

Un cadeau.

Mon "Chant de Swann.."

La multiplication des bites...

C'est de la piquette !

C'est 200 francs, avec du Saint-Emilion 1929.

Tues Karl ?

Je sais tout.

Je suis une sorciére.

"La poésie, C'est de la sorcellerie.” Balzac.

Pose ton cul et mets-toi & ton aise.

Enléve mes chaussures

et mes bas.

Dis-moi la vérité, Joey.

Tu es un hoche, un Yankee,

et aussi un peu pédé.

Pas si vite, mon ami.

Jai mon propre rythme.

Tiens.

Tu veux voir la huitieme merveille du monde ?

Pas de blagues.. O est mon sac ?

Ol I'as-tu mis ?

Dans la salle de bains ?

Attention,

je suis I'ange exterminateur.

Elle sort d'ott ? Du musée des horreurs ?

Elle pue la mort.

Elle est plus fraiche que Manouche.

“Tout en susurrant des petite riens,

"elle te bouffera le kiki."

Laisse-lui son rythme.

Tu as peur?

Edith, chérie, ou es-tu ?

On simpatiente.

♪ ai laissé mon rasoir surle lavabo.

Un suicide ? Ce serait la catastrophe !

Avec du sang plein les murs... Et la police !

Toiettes idées a la con. Enfongons cette porte I

Alors, il n'y a plus de musique ?

Je vous apporte ['art, la poésie,

et que faites-vous ?

Vous vous branlez en matant ?

"Je viens te libérer

“Libérer ton dme

"Ouvrir tes cuisses béantes

"Laisse-toi aller

"Dans e liquide feetal

"Le liquide séminal

"Je viens..."

Les 200 francs d'abord !

QOublie 'argent.

Ga suffit!

A moi de rigoler Jai envie de tirer sur quelqu'un !

Pédés de merde.

Arréte-la !

Vous allez déguster.

Toiet tes théories. . Prends le revolver !

Excusez-moi.

Elle est zinzin.

A la masse, oui.

Je tavais dit de ne pas la brusquer.

Donne-lui 200 francs etqu'elle se tire.

Dites a ma mere que jarrive tout de suite.

Voulez-vous attacher ma robe dans le dos ?

♪ espére ne pas avoir été désagréable

Je suis désolée.

Cent francs pour la poésie, merci.

Yous étes un ami des arts, Dieu vous le rendra.

Ces Américains...

Elle avait de beaux yeux.

Les putes n'ont pas d'yeux.

Elles n'ont rign.

Cent francs de foutus, et regarde-moi ce bordel.

On dirait une vieille ménagére.

Je me fous du bordel.

Je suis comme Manouche : la féte est finie, obscurité,

puis on remet ¢a.

Une érection, une giclée, et on remet ga.

C'est la vie.

Méme si je perds la mémoire,

je n'oublierai jamais ma premiére chaude-pisse.

Proust avait sa madeleine, jai la mienng

Avant de baiser, il faut se faire baiser.

Cette petite pute frigide de Colette fera laffaire.

Tulasvue ?

Siffle-la, elle do it faire des passes pas loin.

Jentends ses ailes bruire.

Elles sont encore la ?

Vaudrait migux les vendre, non ?

Tu écris ?

Tu travaillais ?

Je me concentre grace a I'encre.

Tu as quelque chose de chaud ?

Du lait ou un peu de thé ?

Certainement.

Allons, les filles I

Nous voici dans I'antre de Karl !

Est-ce que je réve ?

Les miracles existent.

Regardez partout, mes petite papillons.

Prenez du bon temps.

Joey, dis-moi la vérité !

Est-ce la méme Colette ?

Te voila ! "Il voulait devenir artiste

"mais se refusait & tout sacrifice.”

Comme c'gst charmant.

Tu me dégodtes.

Colette est de retour,

nous avons un échange culturel avec le soleil lsvant,

et tu te sers du lait.

Pour elle.

Vous fétez ¢a avec du lait ?

- On dérange ? - Penses-tu.

Non, attends, attends !

Mitsouko et Mitsouko.

Deux Mitsouko ! Les mystéres de ['Orient...

Montons, c'est plus confortable.

Vire-les, elles sont solles.

Non, attendez... Attendez !

Mon cher Joey, Theure de la vérité a sonné.

Choisls.

Eh bien...

Elles sont impossibles. Emmene-les, veux-tu ?

Tu n'as pas honte ?

On fait la fine bouche ?

"Aux moments délicats,

"lécrivain ne parlait que de sa peur de la mort et du sexe

"avec un narcissisme typiquement yankee."

Montez, je vous rejoins.

Vous avez entendu ¢a ?

Iva nous rejoindre !

♪ ai toujours admire Hokusai.

Vous ne connaissez pas ?

Le maitre de ['art érotique japonais. Vous allez voir.

Comment ga marche ?

Appuie 3.

Tu n'es pas content ?

De quoi ?

Que je sois revenue.

Tu m'attendais, non ?

Depuis quand ?

Dis-moi...

A quel point me veux-tu ?

Dis-le moi, cochon !

Je ne taime pas.

Je ne taime pas Je ne taimerai jamais.

Sais-tu que tu me donnes des idées folles !

Comme quoi ?

Se promener la nuit au Bois en caléche.

Tu as peur de vieillir.

Pour grand-mére, on ne devenait jamais assez vieux.

Eh bien, je fais de mon mieux.

Tu es un peu sodl.

Embrasse-moi.

♪ ai une furieuse envie de faire 'amour.

Catedit?

La, maintenant ?

En fait, tu ne m'aimes pas.

Je le savais déja, a Brooklyn,

[Amérique est la source de tous les maux

Hitler n'arrangera rien.

Mais on sait & quoi s'en tenir.

Défaitiste.

Que vois-tu autour de toi ?

Des zombies qui te laisseralent te suicider sans bouger.

IIs diraient : "Un Juif de moins."

Tout do it pourrir avant de renaitre.

Cesse de blablater, Joey,

et écoute la nouvelle.

Mesdames, Messieurs, ily a quelque chose a féter :

mon départ de Paris.

C'est insupportable, je m'en vais.

Assieds-toi, connard.

Je te présente mes amis.

C'est affreux, je ne les verrai plus ici.

Au vaingueur, le butin !

Bravo, monsieur Gustave.

C'est merveilleux, Joey. Je n'en reviens pas.

On viendra vous voir.

Vous allez & la campagne ?

Qui, & Rouen.

On fait des produits laitiers, du fromage...

Du fromage ! Formidable !

Rouen, c'est si pres.

Tous les amis de Nys sont invités & venir.

Je dois vraiment partir Abientdt, excusez-moi.

Vous avez bien pris la chose.

İl faut étre généreux, de temps & autre.

S'oublier un peu.

Buvons pour oublier.

Cela vous étonne ?

Je ne choisis pas un homme mais la liberté

Jiaimerais mourir comme ville et renaftre comme arbre.

Pour I'amour du ciel, dansons !

Deux mots de plus et je gerbe.

Que fais-tu ? Que cherches-tu ?

Jattends... Jeregarde...

et Jai ce que je veux.

Tu n'as pas a faire semblant.

Tu n'as pas envie ? Un probléme ?

Pas du tout

Je le sens bien.

Tu sens quoi ?

Que ce n'est pas le moment. Tues loin.

Dis-moi ce qui ne va pas.

Je ne me sens pas coupable parce que passagérement,

je ne suis pas [érotomane que tu connais.

Je pourrais t'aimer mais ca serait inutile.

Pourquai ?

Tu n'as pas besoin de moi.

De qui ai-je besoin ?

De la petite Colette, clest bien son nom ?

Quel rapport ? Elle est partie.

Elle a disparu, s'est évanouie dans la nature.

Dire que ¢aa 15 ans. Un homme trouve toujours...

Garde tes conneries pour Gustave.

Que me veux-tu ?

Sites pas content, va te faire foutre.

Je ety vois pas, a la campagne.

Elle ta ferré, cette petite garce.

♪ aime fourrer mon nez dans le jardin d'Eden

Je dirais qu'elle est...

un détour sur la route de 'enfer.

Mon Dieu, c'est lui!

II'ne peut pas tout avoir & lceil.

Espéce d'abruti!

Emmene-le vite, compris ?

Gustave...

Autrefois, il y avait un fleuve.

Quand il pleuvatt, tout fleurissait.

Il'y avait des nymphéas bleus...

Tu ne m'écoutes méme pas.

Tu veux me dessécher par manque d'amour.

Tuy arrives.

Méme le desert vieillit si1 personne ne vient le vorir.

Les voila.

A Paris, il y avalt les incroyables

nymphéas bleus de Cézanne et Monet.

Tu ne connais pas Paris,

sinon, tu ne pourrais tempécher de m'aimer.

Je parle et je parle, comme Bouddha,

mais je ne suis qu'un vieux debris tombé amoureux trop tard.

Crime ¢t chatiment.

Qu'est-ce que tu veux, Joey ?

Une dose mortelle de chtouille.

Tu aimerais mourir ainsi ?

Mais avant de décrocher,

jaimerais faire une halte & Clichy.

Pas longtemps...

“Etici, dans cette ville superbe et merdique,

"il se trouvait au bon endroit au bon moment."

Si on allait chez Wang Wo, manger des crabes et...

Comme deux vieux pédés ?

Des psychotiques,

bisexuels, homosexuels...

Ce sont des gens sensibles.

Jen ai un sous les ysux.

Pas le genre & se marier, ton Proust ?

Il draguait dans les gares et au Bois de Boulogne.

Monsieur, j'aimerais beaucoup vous offrir une coupe

de champagne cu une biére glacée au Pre Catelan.

Foutre et soufre sur les baiseurs.

Monsieur ! Monsieur !

Savez-vous que vous avez un cul magnifique ?

Qui est-ce ?

Un mormen a la bite plongée dans I'encre.

Vas-y, je ne peux pas.

Je travaille.

Karl, Joey, Alfred, qui que vous soyez !

Quand vous aurez fini de...

Les parents de Colette.

Colette nous a souvent parlé de vous.

Henri Ducarouge.

Pardonnez-moi,

vous étes...?

C'est un devoir embarrassant...

Notre Colette a habité ici.

Laisse-moi parler !

Je ne sais pas trop quoi penser de tout ¢a...

Mais étant donné ma position,

je suis légalement responsable

et je me dols de prévenir la police.

Voyons d'abord de quoi il s'agit.

Voila qui est juste,

madame.

Nous I'avons trouvée chez sa grand-mére.

Voila.

Nous n'avons pas de famille ici.

Alors nous avons cru que...

Etilya la montre.

La montre ?

Un chronographe en or, cadeau de sa grand-mere.

Alors, Manouche. .

Voyons, il y a un enfant! D'abord, rendez-nous la montre.

Tu es bien sire ?

Ou 'as-tu laissée 7?

Je ne lai pas vue.

Je dois aller a la police ?

Non, laissez-nous du temps.

Colette, essaie de te souvenir.

Yous connaissez Marcel Proust ?

♪ écris un essai sur lui. Raison de ma présence 4 Paris.

Yous étes écrivain ?

C'est évident, Henri, Regarde-le

Colette vous a dit que nous étions d'lliers ?

Mon étude est en face de la vieille maison de Proust.

Non, elle ne nous a jamais parlé de ¢a.

On en a, des choses & raconter.

Vraiment ?

Les Américains s'intéressent & Marcel Proust ?

Qui, partout on sintéresse & Proust.

Vos photos ?

Certainement, c'est mon métier.

C'est une sorte de temple proustien, ici.

Actuellement, je termine un album...

Un album ?

Disons, un calendrier de luxe qui colitera trés cher.

Nous vous en enverrons un exemplaire a Illiers.

Absolument, ca va sans dire.

Henri, voila la montre.

Jen étais slire.

Messieurs, permettez...

nous vous devons des excuses.

A I'évidence,

la compagnie de Proust ne peut qu'inspirer des sentiments

de la plus pure spiritualité.

Avec quelques exceptions...

Qu'entendez-vous par la ?

Vous n'ignorez pas

que la rumeur lui attribue un comportement amoureux

Pas un mot de plus, monsieur.

Il st indigne de vous, un écrivain,

de préter I'oreille a ces ragots.

Proust a tellement aimé sa mére,

qu'il lui a dédié

le chef-d'ceuvre de Ia littérature modeme.

Je vous approuve.

Et permettez-moi de vous dire qu'ily aen vous

quelque chose de tout & fait proustien.

Yous trouvez ?

Savez-vous que tout le monde e luidit?

Alors... a llliers.

On vous montrera la haie de jasmin et la Vivonne.

Rien n'a changé, la-bas.

Etles nymphéas...

On vous racontera des choses incroyables sur lui.

Vraiment ?

Un jour, Marcel était tout trempé et samére...

Allons, ma chére,

tu leur raconteras ¢a & lliers.

Absolument.

IIs sont partis !

Tu as vu ses nichons ?

Quand on ira & lliers, pas tout de suite,

tu prendras la fille et moi, la mére.

On sera parents !

II'me tarde !

Tu reverras ta Colette.

Jai soif.

Tu as raison, fétons ca.

Pas ici, c'est trop sinistre.

O tu voudras.

Viens, allons-nous en.

Passons par la.

Je veuxaller au Melody.

C'est la folie, partons.

Elles y sont peut-étre encore.

Elles doivent déja tapiner dehars.

Hé, le Yankee !

Respire la douce odeur de la vieille Europe !

Bon Dieu, c'est toi !

Tu mas fait une peur du diable.

Que faites-vous ici ?

IIs ont tout brilé, les salauds.

Jaivuca.

Ol est Karl ?

II'se noie dans le bordel etil rate le mailleur.

On peut rester ?

Quelle question.

On les emmerde, on va faire du bordel aussi.

On restera ici pour toujours, qu'en dis-tu ?

Pourquoi pas ?

Que veux-tu maintenant,

espéce de vieux cochon ?

Jouir de la derniére minute.

Sous-titrage : VECTRACOM

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