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CHICAGO, DANS LES ANN�ES 30
Mlle Ginger d'Amour.
Mlle Cindy Consuelo.
Mlle Joy Hampton.
Et la nouvelle coqueluche de Chicago, Mlle Vicki Gaye.
Mets-la sur la liste.
Et celle-l� ? Tu crois qu'elle viendra ?
C'est du haut de gamme, Louis.
C'est pour une soir�e, pas pour l'acheter.
TRAQUENARD
100$ pour venir � la soir�e.
100$ pour venir � la soir�e de Rico Angelo.
Pour la soir�e de Rico, 100$.
Rico Angelo, le roi du racket.
L'empereur !
Tu y vas ?
Je connais ce genre de soir�e.
Tout ce qu'ils veulent, c'est montrer leur fric.
Et � la fin, ils sont trop saouls pour autre chose.
C'est 100$ de gagn�s.
Je reste � la maison ce soir. Eddie risque d'appeler.
Comme hier soir ?
Je t'ai entendue faire les cent pas toute la nuit.
Il n'a pas appel� depuis quand ?
3 semaines.
Presque 1 mois. Vicki, que dois-je faire ?
L'appeler ou en trouver un c�libataire.
Il m'a dit que son divorce �tait en cours.
Merci, Joy.
Touche � mes affaires et je t'arrache les yeux !
�coute, ma grosse, continue � gonfler
et tu seras plus l� pour r�ler !
Laisse-la !
�coute, Joy, rentre � la maison. Je ne serai pas longue.
Et rappelle-toi,
ce n'est qu'un homme.
"Ce n'est qu'un homme" ? Comment fais-tu, Vicki ?
Je me suis fix� une r�gle :
Ne jamais se laisser serrer dans un coin,
ni les laisser s'approcher de trop pr�s.
Ils abandonnent tr�s rapidement.
Tu ne t'es jamais laiss� serrer dans un coin ?
Une fois seulement.
Dans une petite grange sombre de l'Oklahoma.
J'avais 15 ans.
C'�tait tr�s romantique.
Avec les compliments de Rico.
Entre, ma poule.
Avec les compliments de Rico Angelo. Mettez-vous � l'aise.
Allez, Rico !
Amusez-vous ! Oubliez-la, elle est rien pour vous.
La plus belle fille du monde, c'est tout.
Allez, patron, �a va aller. Venez par l�, les filles.
Voici M. Angelo.
Et Louis La Chance.
Louis Canetto.
Salut, beaut�. Le vestiaire est dans la chambre.
C'�tait quoi, cette com�die ?
- Tu sais, avec la photo. - C'est une photo de Jean Harlow.
Jean Harlow, la star de cin�ma ?
Elle s'est mari�e aujourd'hui.
M. Angelo donne une soir�e pour l'oublier.
Pour l'oublier ?
Il la conna�t ?
Non, mais il a vu tous ses films.
Il a le b�guin pour elle.
D'apr�s lui, elle l'a trahi.
�a peut se comprendre.
On va s'amuser, je peux vous le dire.
Venez, mes jolies. Allons rejoindre les autres.
Plein de beaux gar�ons souhaitent vous saluer.
Allez, venez. Qu'en dites-vous ?
J'aimerais pouvoir mettre �a en lieu s�r.
Allez, juste une fois.
Reste pr�s de moi. Tu me portes chance. Vas-y pour 500.
Ravi de vous rencontrer, surtout en dehors de mon tribunal.
Vous m'y rendez souvent la vie difficile.
Mon job est de convaincre le jury, non de vous rendre la vie facile.
Allez, ma belle, essaye encore.
Allez, les d�s. Six.
Essaye encore.
Allons-y ! Et voil� le 6 !
C'est d�j� 400 de gagn�s.
Encore une partie.
T'�loigne pas trop, ma jolie, faut qu'on parle.
Joli coup, Rico.
O� l'avez-vous touch�e ? Entre les yeux ?
On se verra une prochaine fois.
Je lui ai fait son affaire.
Elle m'a doubl�, Tommy. Elle a ce qu'elle m�rite.
Vous �tes compl�tement saoul, Rico.
Fichez-moi la paix.
Qu'est-ce que vous regardez ?
Allez vous amuser. Laissez-moi.
J'avais besoin de me d�fouler. Je me sens d�j� mieux.
F�licitations.
Vous croyez que je suis ivre, hein ?
On se verra plus tard. Amusez-vous. Profitez de la soir�e.
On est l� pour s'amuser !
Je passe.
- Bonsoir. - Voudriez-vous me raccompagner ?
Pas sp�cialement. Pourquoi ?
Voulez-vous danser avec moi ? Juste une danse.
Cela me rapprocherait de la sortie.
Pourquoi ne pas rendre son argent � Louis ?
Rien ne vous �chappe.
Attendez, je rentre. Je vous raccompagne.
Puis-je vous aider ?
Laissez-le. Laissez-le. Y a que Rico pour l'aider.
Je raccompagne mademoiselle, Louis.
Bien, M. Farrell.
Voulez-vous rentrer un instant ?
Je n'ai pas d'alcool, mais je peux vous faire un chocolat.
Un chocolat ?
Je n'en ai pas bu depuis l'�ge de 9 ans.
C'est peut-�tre une nouvelle recette.
J'aurais d� vous pr�venir, j'ai une colocataire.
Joy, je ne suis pas seule.
Asseyez-vous.
- Quelle soir�e... - Il y a eu de bons moments.
M. Canetto commen�ait � �tre un probl�me pour moi.
Pas si vous aviez �t� au courant.
M. Canetto est en libert� provisoire.
Il sera jug� pour meurtre jeudi prochain.
Un assassin ? Il semblait vous craindre.
Oui, je suis cens� le d�fendre.
- Je ne me suis pas pr�sent�e. - Vicki Gaye.
J'ai entendu tout � l'heure. Depuis longtemps � Chicago ?
Quelques mois.
3 ans.
Que faisiez-vous avant le Golden Rooster ?
J'�tais danseuse.
Pas de talent ?
Je pense que si. Pas d'acheteurs.
Vous avez renonc�.
- C'�tait �a ou renoncer � manger. - Et ensuite ?
Mannequin.
Quel genre ? Pour des calendriers ? Des magazines coquins ?
- Dites-moi si je br�le. - Ce n'est pas la peine.
Vous vous �tes bless�e ?
Ce n'est rien. Excusez-moi.
Avait-elle une raison de se tuer ?
Saviez-vous qu'elle �tait enceinte ?
Qui �tait son amant ? Dites-nous son nom.
Vous n'avez pas v�cu un an avec elle sans savoir qui �tait son amant.
Laissez-la tranquille, �a suffit.
�a vous regarde ?
Vous la contacterez d�sormais � cette adresse.
Thomas Farrell. C'est vous ?
Elle a besoin d'un calmant. Apportez-lui un verre d'eau.
Oui, M. Farrell.
Vous ne devez pas rentrer chez vous. Je vous trouve un h�tel ?
Comme vous voulez.
Asseyez-vous.
Je vais voir pour ce chocolat.
Il aura plut�t un go�t de cognac, mais �a vous fera du bien.
Si seulement j'avais �t� l�...
Si j'�tais rest�e � la maison,
elle serait encore en vie.
Probablement.
Mais demain soir ? Et les autres soirs ?
Le suicide dans le milieu du music-hall semble
monnaie courante. La joyeuse ambiance des night-clubs.
Au fait, notre chaleureux h�te de ce soir, M. Rico Angelo,
poss�de une part importante du Golden Rooster
et il pourrait vous aider.
Puisque vous �tes danseuse - ce que je veux bien croire -
vous devez pr�f�rer danser
plut�t que de d�filer � moiti� nue.
Voici votre certificat m�dical. Je vous le laisse.
Au cas o� vous seriez appel� � t�moigner au proc�s,
vous serez excus�.
- Et je souffre de quoi ? - D'un d�but de paralysie g�n�rale.
- �a me para�t de 1er ordre. - De 1er ordre et sans doute vrai.
Vous partez ?
Asseyez-vous et mangez un morceau.
Je veux bien g�rer vos affaires, mais pas manger avec vous.
Pourquoi ?
Parce que vous �tes une crapule.
Une crapule ! C'est la meilleure ! T'as entendu ?
La ferme !
Encore une chose. Dehors, Louis.
Il y a une fille au Golden, V. Gaye. Je veux un meilleur job pour elle.
O.K. Prends-en note.
Votre jambe ne vous g�ne pas toujours.
Ne vous f�chez pas.
Arrangez �a et ne mentionnez pas mon nom.
"Canetto attendu sur la chaise �lectrique."
"Canetto bient�t condamn�."
"Plaidoirie de Farrell aujourd'hui."
Oubliez �a. Rien d'autre ?
L'Express n'est pas encore sorti.
Le jury ne va pas �tre facile � s�duire.
J'en fais mon affaire.
Mettez ces coupures de presse dans le dossier.
Une Mlle Vicki Gaye est l�.
Qu'elle entre. Lou...
Bonjour.
Asseyez-vous.
La police vous emb�te ?
- Je voulais vous voir. - Pour raison professionnelle ?
Personnelle. Je voulais vous remercier.
Vous l'avez d�j� fait.
Le Golden m'a propos� un num�ro de danse. Il para�t que vous...
Mlle Gaye, �a ne m'int�resse pas.
On m'attend au tribunal. Autre chose ?
Voici l'argent que M. Canetto m'a donn�. Je d�sire le lui rendre.
C'est un geste qui vous honore.
Mais il n'a pas besoin d'argent, juste d'un bon avocat.
Je pr�f�re le lui rendre.
Pourquoi ?
Pour remonter dans votre estime.
Une femme a le droit de gagner sa vie.
Il est difficile d'�valuer sa fiert�.
400$, ce n'est pas cher.
On vous demande au tribunal.
La section 181 de la cour d'assises, �tat de l'Illinois, est en s�ance.
Le juge Bookwell pr�side. Asseyez-vous.
Silence, s'il vous pla�t. Silence.
La d�fense est-elle pr�te ?
Oui, Votre Honneur.
Observez sa d�marche.
COUPABLE
Messieurs,
je voudrais que vous observiez le visage d'un homme mort.
� cet instant, je ne donnerais pas cher de la vie de L. Canetto.
Vous avez devant vous un avocat vaincu.
Vaincu non par les faits
ni par les d�clarations des t�moins de l'accusation,
mais par des faits qui ne rel�vent h�las pas
de votre pouvoir, ni de celui de la cour.
Tenez-moi �a.
Merci.
Vous avez �t� appel�s ici
en tant qu'honn�tes citoyens, afin de d�cider
si Louis Canetto devait vivre ou mourir.
Mais cette d�cision a d�j� �t� prise � votre insu.
"Canetto attendu sur la chaise �lectrique."
"Canetto bient�t condamn�."
Voil� o� se juge le proc�s : Dans la presse.
Par des journalistes en mal de sensations,
des sales fouineurs qui remuent les ordures de notre ville.
Ils ont d�clar� Louis Canetto coupable.
Ils l'ont jug� � votre place,
vous refusant le droit de juger par vous-m�mes.
En d'autres termes, ils vous ont dict� votre conduite.
� votre place, messieurs, je n'appr�cierais pas.
M. Farrell, ce n'est pas
la presse que nous jugeons ici.
Excusez-moi, Votre Honneur.
J'ai dit que j'avais �t� vaincu par la presse.
Je dois aussi subir la d�sapprobation de la cour.
Maintenant, messieurs,
je vous demande un peu de patience.
Vous regardez ma montre.
Pas tr�s belle, n'est-ce pas ?
Mais elle a une grande valeur sentimentale.
Mon p�re me l'a donn�e quand j'�tais enfant.
� l'h�pital.
Elle marche encore bien.
J'essayerai de ne pas trop la regarder
pendant la r�capitulation des faits.
NON COUPABLE
De toute ma carri�re, je n'ai jamais vu un jury
bafouer aussi ouvertement la justice.
Vos noms seront ray�s de la liste des jur�s.
O� puis-je trouver M. Farrell ?
Essayez chez Nick, le bar clandestin au coin de la rue.
Je cherche M. Farrell. Il est l� ?
Oui, il vient d'arriver.
Parce que c'est le meilleur avocat de l'Illinois !
Avec ses beaux discours et ses mots savants.
- Buvez quelque chose. - Un whisky, M. Farrell ?
Il ne boit pas. Apporte-lui un caf�.
Sers-le � c�t�, Nick.
C'est pas bien ici ?
Les poup�es d'abord.
Ce n'est pas un hasard, je suppose.
- J'�tais au tribunal aujourd'hui. - Oui, je vous ai vue.
Tr�s int�ressant.
Tous les proc�s en assises le sont.
J'ai une question � vous poser.
Je me suis soi-disant vendue en prenant l'argent de L. Canetto.
En quoi �tes-vous meilleur ?
Louis Canetto est un assassin.
Il est coupable, vous le savez. Et vous l'avez fait acquitter.
Pourquoi ?
Un malade du cancer a droit au meilleur m�decin.
Et un condamn� � mort, au meilleur avocat.
Voil�. Et mes honoraires sont ceux d'un grand chirurgien.
Votre fiert� vaut plus cher ?
Oui, c'est mon m�tier.
Les truands ont eux aussi droit � un avocat.
Et �a vous pla�t.
On ne m'a pas forc�.
J'aurais pu faire autre chose. Mais c'�tait le plus rapide.
Je vais toujours au plus rapide.
Vous avez remarqu� que je boitais davantage devant le jury ?
Pour obtenir sa piti�.
Et l'utiliser par la suite.
Vous voulez de la piti� ?
�h bien, vous avez la mienne. Pour diverses raisons.
Sortez d'ici.
Blinkey, ouvre-moi.
Salut, beaut�.
Merci.
Quelle prestation ! J'ai ador� le coup de la montre.
Ravi de vous avoir diverti. Ce sera diff�rent la prochaine fois.
Tenez.
Gardez-la en souvenir.
Merci.
C'est le jour des pourboires.
Nick, sers-les. C'est ma tourn�e.
C'est la 3�me fois qu'il vient, cette semaine.
Et ce soir, nouveaut�, il picole.
Il ne vient jamais te parler ?
Et maintenant, Mlle Vicki Gaye !
J'ai grandi dans ce quartier.
C'est l� que nous nous baignions. Elle �tait vaseuse, mais fra�che.
Quand le pont se levait, nous nous tenions aux poutrelles.
C'�tait � celui qui tiendrait le plus longtemps.
Un jour, l'un d'entre nous gagna haut la main.
Mais il tomba et se retrouva coinc� dans les engrenages.
Comme pris dans un broyeur � viande.
Sa hanche ne fut pas bien remise. Depuis, il tra�ne la jambe gauche.
Il avait 12 ans, �a lui �tait un peu �gal.
Il �tait devenu en quelque sorte le h�ros de la bande.
Mais plus tard, quand il vit ses copains
se promener les nuits d'�t� avec leurs petites amies,
il comprit que quelque part, il s'�tait fait avoir.
Un jour, je me suis jur�
que, malgr� mon infirmit�, je deviendrais un homme, un vrai.
Respect�, admir�,
envi� m�me.
C'�tait mon but.
Le droit �tait le chemin qui y menait.
Le droit p�nal �tait le moyen le plus rapide.
Je suis respect� aujourd'hui.
Certains juges de cette ville me craignent,
des politiciens me d�testent.
Mais tous me respectent.
Une fois, j'ai d�vi� du chemin. Je me suis mari�.
C'�tait une actrice.
Choy�e, dorlot�e... splendide.
Sa beaut� l'autorisait � tout obtenir :
Appartement de luxe, fourrures, bijoux...
J'�tais amoureux et heureux de lui faire plaisir.
Jusqu'� cette nuit o� elle m'a dit,
couch�e dans son sublime lit d'apparat,
que mon infirmit� l'indisposait.
Le divorce ne faisait pas partie de ses plans.
Je suis parti cette nuit-l� et ne l'ai plus revue.
O� est-elle maintenant ?
Dans l'appartement, avec les fourrures et les bijoux.
Et un ch�que en d�but de mois.
Je tenais � vous le dire.
� ce que vous sachiez.
Je vous raccompagne.
Depuis que tu es une artiste, �a ne t'int�resse plus,
mais j'ai rencontr� deux gar�ons de Saint Louis.
Non, merci.
J'ai d�j� parl� de mon loyer de retard.
Je l'ai m�me arrondi � 200$.
J'ai un rendez-vous.
Douze roses.
Une belle douzaine.
Il doit �tre bourr� de fric.
Pour les plus beaux mois de ma vie
- Qu'en pensez-vous ? C'est joli ? - Tr�s bien.
�a ne vous ennuie pas pour ce soir ?
�a me fait plaisir de vous voir comme �a.
Et moi, �a me fait plaisir de me sentir comme �a.
Il nous faut de la musique.
�a n'irait pas, sans musique.
Chopin. Nocturne. Qu'en pensez-vous ?
Tr�s appropri�.
- Vous connaissez ? - Non, Monsieur.
Moi non plus. �coutons-le.
Jesse.
Bonsoir, Jesse.
Bonsoir, Mlle Vicki.
Joyeux anniversaire.
Alors, �a te pla�t ? J'ai tout pr�par� moi-m�me.
Jesse a, bien entendu, dress� la table, achet� les fleurs,
cuisin� le repas et j'en passe,
mais j'ai tout pr�par�.
C'est tr�s beau.
Tiens. Voil� quelque chose qui est vraiment de moi.
Qu'est-ce que c'est ?
- Tu as fait une folie. - Oui.
Nous avions un accord.
J'ai juste pens� que �a t'irait bien.
Je ne t'ai jamais rien offert.
Tu ne m'as pas laiss�. Tu gagnais ta vie,
je ne pouvais rien faire pour toi financi�rement.
Juste pour une fois...
Alors ?
Oui, Lou, qu'y a-t-il ?
O� �a ?
Rico est l�-bas ?
Je viens d�s que je peux.
Passez me prendre.
Je dois partir. Il y a une r�union, un d�ner.
Un d�ner ? � 2 h du matin ?
C'est une heure normale pour Rico Angelo.
- Des ennuis ? - Si je n'y vais pas, sans doute.
- Je t'appelle un taxi. - Je t'attends ici. J'y tiens.
Vraiment, c'est un grand honneur pour moi
d'�tre ici ce soir pour rendre hommage � Frankie Gasto.
Un gar�on intelligent. Ambitieux.
Et qui plus est, un gars en qui on peut avoir confiance.
Rien n'est trop grand pour lui.
Ces derniers temps, Frankie a fait du bon boulot
en mettant sur pied ces cha�nes de billards. Du grand art !
Aussi, je voudrais
lui offrir ce pr�sent.
Une queue de billard miniature.
Avec inscrit en lettres d'argent :
"De la part de Rico � Frankie."
Il me coupe la parole !
Je suis tr�s heureux
de remettre ceci � Frankie Gasto, un homme remarquable.
M�me s'il a commis quelques erreurs.
Par exemple, en tentant de faire main basse
sur l'empire que j'avais b�ti.
�a s'appelle l'ambition.
Et un gars qui a de l'ambition doit avoir ce qu'il m�rite.
J'aurais pu confier cette t�che � quelqu'un,
mais j'aime r�gler mes affaires moi-m�me.
"De la part de Rico � Frankie."
- Esp�ce de cr�tin ! - Il m'a doubl�.
Il l'a bien cherch�. Il m'a doubl�.
Emmenez-le d'urgence � l'h�pital.
Il m'a doubl�. Je devais lui montrer.
S'il meurt, j'essaierai d'expliquer cela au jury.
Tommy ?
Je m'inqui�tais.
- C'est du sang, Tommy. - Ce n'est pas le mien.
Tom, Gasto s'en est tir�. Il va vivre.
Dites � Rico d'aller � Miami et d'attendre de mes nouvelles.
Ne d�croche jamais. Moins tu en sauras, mieux �a vaudra.
Quitte tout cela avant qu'il ne soit trop tard.
- Maintenant. - Pour faire quoi ?
M'installer dans une ville de province et attendre le client ?
Pourquoi pas ? Tu gagnerais ta vie.
Bien s�r ! Ils attendent tous apr�s moi.
Ils attendent tous l'avocat boiteux
dont la r�putation est encore plus boiteuse.
La difficult� se situe � cet endroit-l�.
Cependant, il semble y avoir un petit espoir :
Une s�rie d'interventions par le Dr Karl Lynden
de l'H�pital Royal de Stockholm
consistant en plusieurs ost�otomies.
L'ost�otomie d�signe l'action de briser les os.
Puis on maintient les os avec des fils et des vis.
Enfin, on proc�de � des greffes � un mois d'intervalle.
Ce sera long et contraignant,
inconfortable et douloureux.
Mais vous �tes habitu� � la douleur maintenant.
Je dois ajouter que le succ�s n'est pas garanti.
Je vais y r�fl�chir.
Tu m'avais cach� que tu souffrais.
Fais-le. Peu importe le temps que �a prendra.
Une ann�e loin de toi ?
D�s que tu auras besoin de moi, appelle-moi et je viendrai.
Bonjour, Jesse. M. Farrell est l� ?
J'ai fait les agences de voyage.
Ils peuvent vous organiser n'importe quel voyage.
Il doit se reposer avant sa 1 �re op�ration.
Que pensez-vous de la C�te d'Azur ?
"S�jour de r�ve � Antibes." "Antibes", c'est joli comme nom.
M. Farrell est parti, Mlle Vicki.
Il est parti pour New York hier soir.
Son bateau partait cet apr�s-midi.
Il m'a charg� de vous donner ceci.
Je ne voulais pas dire au revoir.
Comprends-moi, j'ai besoin d'�tre seul maintenant.
Nous avons d�j� attendu si longtemps.
Une ann�e de plus ou de moins...
Prends soin de toi, ma ch�rie.
�cris-moi.
Je t'aime.
Je voulais vous voir de pr�s.
Je suis Genevi�ve Farrell, la femme de Tommy.
Je vous aurais reconnue.
Nous nous ressemblons, vous ne trouvez pas ?
On dit qu'un homme �pouse toujours la m�me femme.
Il ne peut vous �pouser, mais �a ne change rien.
Je suis au courant pour Stockholm. Comment va-t-il ?
Bien.
- Il vous �crit r�guli�rement ? - Oui.
�a fait un bout de temps qu'il est parti maintenant.
Plus d'un an.
J'esp�re que �a va marcher. Tommy est bel homme...
Que voulez-vous ?
Je voulais voir comment vous �tiez.
Moi, je sais comment vous �tes.
Vous n'aimez pas Tommy. Que cherchez-vous ?
J'ai renonc� � beaucoup de choses en �pousant Tommy.
En outre, cette op�ration peut tout changer.
Il est normal que vous sachiez. J'ai �crit � Tommy.
Je lui ai propos� de revenir si l'op�ration marchait.
Vous n'aviez pas le droit.
Je suis sa femme, ma ch�re.
Ma ch�re, vous �tes mari�s, un point c'est tout.
REJOINS-MOI, MA CH�RIE.
Reste o� tu es.
Chicago, U.S.A. ?
Un appel important pour M. Farrell.
De Chicago.
- Quoi, Chicago ? - Chicago, aux U.S.A.
Monsieur, t�l�phone ! De Chicago, U.S.A.
Oui, Rico.
Bient�t. Je ne sais pas exactement.
Moi aussi, j'ai h�te de vous voir.
Je vous appelle... d�s que j'arrive.
C'est ma fa�on de vous souhaiter la bienvenue.
C'est pas du toc.
�a vous pla�t ?
Il faut qu'on parle.
On a du temps � rattraper. Plus tard, d'accord ?
- Salut, Farrell. - Louis.
Pourquoi n'�tes-vous pas venu accompagn� ?
Y a du beau monde ce soir. Tout le gratin de la ville.
"Amenez-vous par l�. Dites bonjour � mon pote."
Content de vous revoir.
- Comment le trouvez-vous ? - Bien.
Il marche bien, non ?
Bient�t, il n'aura plus besoin de sa canne.
Je veux vous pr�senter quelqu'un.
Cookie La Motte, je te pr�sente Tommy Farrell.
Voici donc l'homme de g�nie.
Vous savez qui est Cookie ?
Tout le monde sait qui est Cookie.
Le plus jeune assassin ayant �chapp� � la chaise. � 16 ans ?
15 ans et demi.
Veuillez m'excuser.
Cookie n'est plus un voyou. Nous sommes associ�s dor�navant.
Il contr�le le sud de l'�tat et moi, le nord.
Mais si je voulais que vous le rencontriez,
c'est qu'il est dans le p�trin.
Qu'a-t-il fait comme b�tise ?
Avez-vous entendu parl� d'un certain Jeffrey Stewart ?
Je connais un avocat de ce nom.
Charg� depuis peu d'enqu�ter sur le racket.
C'est lui. Il ambitionne de devenir s�nateur ou un truc du genre.
Et il cherche � coincer Cookie.
En le faisant passer devant un jury sp�cial.
S'il obtient une incrimination,
Cookie devra passer en jugement.
Et moi apr�s.
En d�fendant Cookie, vous me d�fendez aussi.
- Qu'en pensez-vous ? - Je peux �tre franc ?
Quittez la ville, Cookie. Quittez l'�tat.
Vous n'avez aucune chance.
Pourquoi ?
Trop de t�moins g�nants.
Des t�moins ? Quels t�moins ?
Pour n'en citer que quelques-uns : Manny Nichol, Sol Hordsmann,
Frank Canary, Lippy Burke... La liste est longue.
Je ne peux tous les citer.
Des t�moins ? Ces types sont morts.
Justement. Tout enqu�teur un peu comp�tent
sait qui les a refroidis.
Vous savez quoi, Rico ?
Votre homme de g�nie ne me pla�t pas.
Je n'aime pas son sens de l'humour.
Cookie, va � c�t�.
J'ai � parler � Tommy.
Vous n'avez pas �t� tr�s aimable. Vous l'avez bless�.
Je ne le savais pas si sensible. Vous avez trouv� l� un bel associ�.
C'est un gar�on intelligent.
Tr�s. C'est aussi un psychopathe.
C'est ce que j'aime chez vous, Tommy : Votre classe.
Vos beaux discours, vos mots savants... et apr�s ?
Il est fou, Rico. C'est un fou dangereux.
Parce qu'il �limine quelques salauds qui le g�nent ?
Peut-�tre que moi aussi je le suis alors ?
Vous �tes pr�visible, Rico, pas lui.
Il tue parce que �a l'amuse.
Il est comme un chien enrag�,
sauf qu'il n'a pas encore l'�cume aux l�vres.
Enrag� ou pas,
il est dans le p�trin. Et moi aussi. Alors, au travail !
D�sol�, Rico.
Je voulais vous en parler.
Je pars sur la c�te commencer une nouvelle vie. Dans la l�galit�.
Ce ne sera pas facile au d�but, mais j'y arriverai.
�a ne me pla�t gu�re, Tommy.
� peine remis, vous envoyez balader vos amis.
Je ne le vois pas ainsi.
Vous savez tout de moi, Tommy : Mes combines,
qui j'arrose, mes amis, mes ennemis,
les vivants comme les morts.
Je vous ai toujours tout confi� comme � un pr�tre, Tommy.
Seulement, un pr�tre ne parle pas.
Vous me connaissez.
Bon, d'accord.
J'exag�re.
Disons que j'ai besoin de vous, Tommy.
Vous �tes comme un fils pour moi.
Que fera le pauvre Rico sans vous ?
Il se trouvera un autre avocat. Ce n'est pas ce qui manque.
Mais il n'y a qu'un Tommy Farrell.
Pas disponible, Rico.
Je n'ai jamais pu sentir les alcooliques repentis.
Et idem pour les truands.
On peut �tre honn�te et d�fendre un truand.
Je peux d�fendre n'importe quel truand.
Pourquoi pas Cookie ?
Je me retire pour de bon, Rico.
On ne me quitte pas comme �a. Personne ne m'a jamais quitt�.
Except� moi. Il faudra vous y faire, Rico.
Je n'aime pas faire �a.
Vous m'obligez � �tre m�chant.
Vous m'avez parl� de votre hanche.
Comment elle tenait avec des fils, des �pingles et tout le bazar.
Supposez qu'elle re�oive un coup de barre de fer.
Un bon coup.
�a ferait quelques d�g�ts.
Vous marcheriez moins bien.
Peut-�tre plus du tout. �a me fait mal d'y penser.
Essayez, Rico.
Moi ? Non, vous �tes mon pote.
Je ne pourrais pas faire �a.
Mais je connais quelqu'un qui pourrait.
Qu'il essaye alors.
Parlons de votre amie.
Une tr�s jolie poup�e. Je ne l'ai vue qu'une fois, mais...
elle a un vrai visage d'ange.
Vous connaissez l'effet du vitriol sur un visage ?
Y a un gars pour �a aussi.
Si vous la touchez,
si quelqu'un la touche, je vous tue, Rico.
Vous ne me tuerez pas, Tommy.
Personne ne la touchera...
parce que vous d�fendrez Cookie.
Allons-y et soyez aimable avec lui.
Qu'il vienne. Je ne me d�place pas pour des voyous.
Quel caract�re !
J'aime �a.
�coute,
c'est mon dernier travail pour Rico. Il comprend.
D�s que j'en aurai fini...
N'essaye pas de te justifier. Tu as accept� cette affaire.
Tu m'as demand� de t'accompagner. Voil�, je suis l�.
Salut.
Je viens vous dire bonjour en passant.
Alors, �a gaze ?
Je me disais que demain, sur place,
vous voudriez peut-�tre me faire r�p�ter, me conseiller.
Mon conseil, c'est de vous taire.
Et de trouver une tenue correcte.
- Je voulais juste me rendre utile. - Bien. Savez-vous lire ?
Dites-moi alors comment faire.
Si je suis accus�, je passerai devant un jury.
- Vous savez y faire avec un jury. - Stewart aussi.
J'suis pas inquiet.
Rico dit que je suis en de bonnes mains. Les meilleures.
Pas vrai ?
�a vaudrait mieux.
M. Field.
En tant que jur� �ventuel, �tes-vous contre la peine capitale ?
Non, monsieur.
Pourriez-vous condamner l'accus� � la chaise �lectrique ?
S'il le m�rite, oui.
L'�tat accepte ce jur�.
- Merci. - Je vous en prie.
� votre tour, M. Farrell.
M. Field.
Avez-vous une id�e sur cette affaire ?
Sur la culpabilit� ou non de l'accus� ?
Non, monsieur.
Connaissez-vous Cookie La Motte ?
- Vous lisez les journaux ? - La page des sports.
- Rien d'autre ? - Les bandes dessin�es.
Il a quelque chose de louche qui m'�chappe.
Acceptez.
Il ne me pla�t pas.
Il est O.K.
Rico dit qu'il est O.K.
Acceptez.
Peut-on conna�tre votre d�cision, M. Farrell ?
Acceptez-vous ce jur� ou non ?
- J'accepte, Votre Honneur. - Suivant.
UN JUR� SOUDOY� ! LA MOTTE ENVOL�
Un jur� soudoy� ! La Motte envol� !
Mettez-les dans ce taxi.
Cookie est � Whiting dans l'lndiana, � l'Harbor Grill.
Il veut se d�barrasser de Jeffrey Stewart.
S'en d�barrasser comment ?
Devinez. Vous savez ce que �a signifie pour moi ?
De gros ennuis. Allez le raisonner.
Je vous avais pr�venu.
Le chien enrag� a d�sormais l'�cume aux l�vres.
Ce n'est pas � moi de le raisonner, c'est votre associ�.
D�brouillez-vous tout seul.
Une cabine t�l�phonique !
Prends les bagages et attends-moi � l'appartement.
Fais ce que je te dis.
Whiting. L'Harbor Grill.
Vous allez faire comment ?
J'ai des amis tr�s serviables qui sont pr�ts � m'aider.
Vous allez laisser les avocats de cet �tat tranquilles, compris ?
Ne touchez pas � Stewart.
- Il est � Chicago et moi, ici. - Vos amis y sont, c'est pareil.
Vous �tes mon avocat ou le leur ?
Si vous �tes un g�nie, qu'est-ce que je fais l� ?
Moi, je peux faire quelque chose. Et vous ?
Si vous ne faites rien, au moins fermez-la !
Je dois vous dire que Rico n'appr�cie pas votre projet.
C'est mieux ainsi. Vous lui direz...
Ce soir, la carri�re agit�e de Cookie La Motte a pris fin.
La Motte et quatre de ses acolytes ont �t� tu�s � Whiting.
Les quatre corps n'ont pas encore �t� identifi�s.
Selon la rumeur, la tuerie aurait �t� command�e
par le roi de la p�gre, Rico Angelo.
Celle-ci annonce le d�but d'un r�glement de comptes sanglant.
Dans ce cas, toute personne proche de La Motte
serait menac�e.
La guerre priv�e que se livrent les membres du milieu
ne signifie pas que la loi ne s'applique pas � eux.
Nous saisirons demain le jury d'accusation
contre toute personne
ayant �t� en relation avec Rico Angelo et son empire.
Tout va bien. Tout va bien.
Je ne pouvais pas t'appeler, et la route grouillait de flics.
Je me disais : "Et s'il a �t� tu� ?"
Si Rico voulait me tuer, il l'aurait fait cette nuit.
�coute-moi.
Il nous faut agir, et vite.
J'ai un peu d'argent ici. Il faudra s'en contenter.
Prends-le. Saute dans le 1er train en partance.
Va sur la c�te et pr�viens-moi.
- Qu'avons-nous fait ? - Rien.
- Pourquoi fuir ? - Chicago est en train d'exploser.
Je vais certainement �tre cit� en justice.
Si tu as des ennuis, ma place est avec toi.
Vas-tu faire ce que je te dis ?
Non, je ne partirai pas sans toi.
Comment se passe votre charmante soir�e ?
J'ai r�fl�chi � cette histoire de jury.
Sans votre t�moignage, ils n'ont rien.
Si vous ne parlez pas, ils n'ont rien contre moi.
Alors, planquez-vous, Tommy. Partez en voyage.
Bravo ! Un chef-d'oeuvre de strat�gie !
�a vient de vous ou de Lou Forbes ?
Faites ce que je vous dis et vous n'aurez pas d'ennui.
Pensez � votre hanche et � votre poup�e, c'est un conseil.
Maintenant, filez !
Va faire tes valises. Je passe te prendre.
Police.
Bonjour, M. Farrell.
Peut-on savoir o� vous �tiez cette nuit ?
�a n'a pas d'importance.
Nous savons que vous �tiez � Whiting.
Allons-y, M. Farrell. Vous aussi, mademoiselle.
- Pour quel motif ? - Vous, comme t�moin.
Elle, comme vous voudrez.
Allons-y.
Quand vont-ils fixer la caution ?
Dans la matin�e.
- Je vais la faire payer. - Vous �tes s�r ?
Ils savent que Farrell �tait � Whiting.
En payant, vous signez votre acte.
Tr�s intelligent.
Que dois-je faire ?
Rien. Attendre. Tant que Farrell ne parle pas...
Il ne parlera pas.
Laissez-le mijoter un moment.
O.K., mais je veux que la fille sorte.
- Qu'elle reprenne son job au Golden. - Pourquoi ?
Simple pr�caution.
Tant que je pourrai l'approcher, il ne parlera pas.
Il n'y a aucune charge pr�cise contre la pr�venue Gaye ?
Exact, Votre Honneur.
En l'absence de charge,
je demande que Mlle Gaye soit lib�r�e sur parole.
Demande rejet�e.
La cour accepte l'avis de l'avocat g�n�ral.
Rien concernant la pr�venue.
Par contre, pour Thomas Farrell,
en plus de l'accusation de subornation de jur�,
nous rappelons � la cour qu'il est un t�moin-cl�
dans l'affaire Rico Angelo.
Nous voulons nous assurer
de sa pr�sence au proc�s.
La caution pour Mlle Gaye sera de 5000$.
Pour M. Farrell,
de 200000$.
Venez par l�, quelqu'un se charge de votre caution.
Alors, de quelle humeur �tes-vous ? Si on parlait, pour changer ?
Peut-�tre envisagez-vous de vous installer ici ?
La nourriture est bon march�, le lit potable, pourquoi pas ?
De plus, vous finirez bien par me juger un jour.
Ce n'est pas pour demain.
- Je voudrais vous aider. - Quelle g�n�rosit� !
Au fait, quand commence votre campagne �lectorale ?
Le jour o� vous parlerez.
Je recommence, qui a tu� La Motte ?
Des inconnus.
Encore une fois, qui a soudoy� le jur� ?
- Pas moi, vous le savez. - Je le sais.
Ce n'est pas votre genre. Mais le jury ne le sait pas.
Quand j'�tais en exercice, il n'y a pas si longtemps,
ma sp�cialit� �tait de d�fendre les coupables.
La v�tre est d'accuser les innocents.
J'ai besoin de vous pour faire tomber Rico Angelo.
- Vous me menacez. - Je vous ai pr�venu.
Je peux �tre tout aussi intrigant que vous, sinon plus.
La diff�rence, c'est que je suis du bon c�t�.
Et je n'ai aucun droit, except� un.
Celui d'avoir la paix. Vous permettez ?
J'aimerais lire mon journal.
C'est un bon avocat qu'il vous faut.
Peut-�tre. �a vous tente ?
Je ne serais pas mauvais.
Je trouverais bien une astuce digne de la v�tre.
J'ai toujours admir� votre coup de la montre. Dites-moi,
d'o� vous vient cette montre ?
D'un grossiste. D�fendez-moi et je vous en donne une.
Je n'en aurais pas besoin.
Ce que je veux, c'est une d�position contre Rico Angelo.
Une fois la d�position sign�e, vous �tes libre.
Merci, j'y r�fl�chirai.
Excusez-moi, M. Stewart. Il a une visite.
J'ai pens� que vous aimeriez un peu de compagnie.
Allez-y.
Merci.
C'est une fille bien, Farrell.
Ils ne m'ont pas laiss�e venir avant.
Comment vas-tu ?
- Et toi ? - Bien.
Je danse au Golden Rooster.
Je suis mieux pay�e qu'avant, c'est dr�le non ?
Sais-tu qui a pay� ta caution ?
Le Golden. Pourquoi ?
Rien, juste pour savoir.
Pourquoi n'a-t-il rien fait pour toi ?
Il aurait pu te faire sortir.
Angelo pr�f�re ne pas me conna�tre.
Il ne veut pas prendre de risque.
Et si j'allais le voir...
Reste loin de lui. Ne t'approche jamais de Rico Angelo.
J'allais justement t'�crire.
�a n'est plus si important, mais...
ma femme demande le divorce.
Un peu tard, non ?
Pas pour moi.
M. Farrell, c'est termin�.
Mlle Gaye,
je voulais vous dire
que vous aurez un laissez-passer permanent.
Nous ne le gardons pas ici par plaisir.
En fait, c'est Rico Angelo que nous voulons.
Si nous pouvions amener Farrell � parler,
nous ferions tout pour l'aider.
- Il serait libre ? - Oui.
- Le lui avez-vous dit ? - Tous les jours.
- Et qu'a-t-il r�pondu ? - Rien.
- Alors pourquoi m'en parler ? - Vous, il vous �coutera.
Il risque 20 ans de prison. Vous le saviez ?
Oui.
BONNE ANN�E
Un instant.
Que voulez-vous ?
Vous souhaiter une bonne ann�e.
Bonne ann�e et dehors !
J'ai dit dehors !
J'ai un message pour vous.
De la part de Rico Angelo.
Il veut que Tommy sache qu'il appr�cie son silence.
Vous mentez. Rico Angelo n'a rien dit du tout.
C'est vrai.
Faut bien meubler la conversation.
N'emp�che, Tommy a raison de se taire.
C'est vrai,
ses amis appr�cient vraiment.
Je souhaite qu'il parle,
qu'il creuse une belle tombe pour ses amis et les y enterre.
Vous y compris.
Il faut �tre gentille avec moi.
Un jour, vous pourriez avoir besoin de moi.
Et pour quelle raison ?
On ne sait jamais.
Au cas o� Tommy parlerait sous la pression.
Je pourrais vous �tre utile.
Beaucoup de gars ont peur de Rico Angelo, pas moi.
Vous avez raison. J'ai sans doute besoin de protection.
Vous n'avez pas � chercher loin.
J'ai toujours eu un faible pour vous.
- Vous voyez ce que je veux dire ? - Louis, je voudrais savoir.
Suis-je vraiment en danger ?
Ne vous en faites pas.
Si Tommy parlait,
Rico me ferait du mal ?
Je ne sais pas.
Peut-�tre que non.
Il me tuerait, c'est �a ?
Pas si je suis l�.
Merci, Louis.
Qu'est-ce qui vous prend ? Vous �tes folle ou quoi ?
M. Stewart ?
Je voudrais voir Tommy. J'ai besoin de le voir.
Mais vous avez un laissez-passer.
Pas l�-bas. Je ne peux pas lui parler l�-bas.
Nous devons �tre seuls.
Vous pensez qu'il parlera ?
Je ne sais pas.
Je ferai ce que je pourrai.
Mais je dois le voir en t�te-�-t�te.
Je vous en prie,
aidez-moi.
� plus tard, Farrell.
Le t�l�phone sonnera dans quelques minutes. Trois fois.
Je devrai alors partir.
Ils ne me laisseront plus revenir.
Pour la derni�re fois, vas-tu parler � Stewart ?
Tu as peur, c'est �a ? Pas pour toi, pour moi.
Peur que Rico se venge sur moi.
Qui t'a dit �a ?
Je n'ai pas peur, moi.
Vivre ainsi ne nous m�ne � rien.
Au moins, nous sommes en vie et tu es hors de danger.
Tu le penses vraiment ? Tu es si s�r de toi ?
Alors, �coute-moi bien.
J'ai eu la visite hier soir dans ma loge de Louis Canetto.
Il est entr� quand je m'habillais.
Il a fait comme s'il �tait chez lui.
C'est lui qui m'a dit.
Puis, il s'est approch� de moi. Tout pr�s.
Et il a pos� ses mains sur moi.
Alors, dis-moi que tout va bien.
D�sol� pour ce que je t'ai fait.
C'est inutile. Il me prot�ge.
Raccompagnez-la chez elle.
Envoyez-moi Farrell.
Nous avons d� payer un loyer entier pour votre rencontre.
C'est l'argent des contribuables...
Vous auriez pu vraiment nous �tre utile, Farrell.
Puisque vous ne voulez pas jouer le jeu,
nous ne pouvons rien faire de plus.
C'est � vous, je crois.
Il vous faudra signer en partant.
Pouvez-vous m'expliquer ?
Il n'y a rien � expliquer. Vous �tes libre, c'est tout.
Vous �tes libre.
Que direz-vous aux journalistes ? Que j'ai t�moign� ?
Je les laisserai en tirer leurs propres conclusions.
C'est ce qu'ils penseront. Et Rico Angelo �galement.
Il pensera que je l'ai balanc�.
Mais vous savez ce que vous faites.
� la seconde o� je sortirai d'ici, je serai un homme mort.
�a, c'est votre probl�me.
Et Vicki Gaye ?
�a aussi, c'est votre probl�me. C'est vous qui l'avez voulu.
Je demande votre protection. Pas pour moi, pour elle.
D'accord.
Nous l'enverrons sur la c�te et l'y prot�gerons.
Bon, allez chercher la dactylo.
Quelqu'un vous attendra � L.A.
C'est lui qui viendra vous chercher.
Et surtout ne quittez pas votre compartiment.
R�digez un mandat pour Rico Angelo
et toutes les autres personnes cit�es.
C'est tout ?
Vous pouvez partir. Si vous le voulez.
Vous pouvez �galement rester.
�a serait plus s�r.
Il n'y a plus aucun endroit s�r pour moi d�sormais.
Attendez.
Vous voulez �a ?
Merci, mais je n'ai pas de permis.
� propos,
si vous avez des difficult�s � trouver M. Angelo,
il ne sera pas loin derri�re moi.
Qu'on le prot�ge.
Salut, Nick.
Une bi�re.
Content de vous voir, M. Farrell.
Il n'y a personne aujourd'hui ?
Il est encore trop t�t, M. Farrell.
Dis-leur que je suis venu et que je repasserai.
Farrell lib�r� !
On dirait qu'il cherche � se faire tuer.
Il se montre partout.
� se demander si c'est pas plut�t lui qui cherche Angelo.
- Je viens finir ma bi�re. - Bien, M. Farrell.
- Salut, Nick. - Content de vous voir.
All� ? Oui, il vient d'arriver.
Pour vous, M. Farrell.
Farrell, Rico veut vous voir.
Oui, c'est ce que je pensais. O� est-il ?
Ne posez pas de questions.
Rico est l� ?
- Passez-le-moi. - Quelle importance ?
Prenez la porte du fond.
Vous entendez ?
Sortez par la porte du fond.
Tout le monde dehors.
Louis,
reste ici. Vous aussi.
- Vous ne pouvez pas... - La ferme !
Vous n'avez pas �t� dur � d�goter.
De toute fa�on, t�t ou tard, vous m'auriez trouv�.
Vous �tiez une cible facile aujourd'hui.
Je n'�tais pas inquiet. Je vous connais.
Vous r�glez vos affaires vous-m�me.
Stewart et vous avez eu une petite conversation.
Jusqu'o� �tes-vous all� ?
Jusqu'au bout.
Pourquoi ?
Je veux savoir :
Pourquoi avez-vous fait �a ?
Cela va vous para�tre �trange, mais je n'aime pas la prison.
Nous allions vous faire sortir.
Comment ? Dans un cercueil ?
Voil� ce que vous allez faire.
Vous allez trouver ce Stewart de malheur et vous r�tracter.
Vous vouliez vraiment sortir de taule
et vous lui avez racont� n'importe quoi,
vous avez fabul�.
Rico, vous r�vez. Il est trop tard.
Peut-�tre que non.
Demandez � votre avocat. Dites-le-lui.
Si Rico le dit, c'est vrai.
Je pense que vous le ferez.
Oui, vous le ferez.
De la part de Rico � Tommy, hein ?
Oh, non. Pas pour vous.
Pas pour vous, mon ami.
Amenez-la.
Enl�ve-lui �a.
Vous avez eu peur, hein ? Peur � crever ?
C'�tait possible et �a l'est encore.
J'avais raison,
un vrai visage d'ange.
- Vous ne pouvez pas faire �a. - On parie ?
- Forbes pense que si. - Je vous connais mieux que lui.
Rappelez-vous, Rico, dans ce quartier, � deux pas d'ici.
Vous ne me connaissiez pas alors, mais moi, si.
Rico Angelo, le roi des gosses.
Admir� par tous. Et comment avez-vous r�ussi ?
En �crasant les plus faibles ? Non. Pas vous.
Rico avait toujours affaire aux plus forts.
Et il les rembarrait lui-m�me. �a, c'�tait Rico.
Et vous �tes toujours ce Rico l�. C'est pourquoi vous ne ferez pas �a.
Un jour, un des gosses,
un des petits... Son p�re lui avait donn� une montre.
C'�tait un ivrogne mais n'emp�che...
Le gosse en �tait tr�s fier. Il montrait � tout le monde
sa montre.
Un jour, un grand a vol� la montre.
Il a tabass� le petit et lui a pris sa montre.
C'est alors que Rico s'est point�.
Il a cass� la figure au grand,
a rendu sa montre au petit en disant :
"Rentre chez toi. Dans mon coin, t'as rien � craindre."
Vous vous en souvenez, Rico ?
Moi, oui. Le gosse, c'�tait moi.
Balivernes !
Vous en avez fait, du chemin, depuis,
en sortant du ruisseau pour vous hisser au sommet.
Cela ne s'est pas fait par hasard.
Il fallait un homme de classe.
Et �a, ce n'est pas digne d'un homme de classe.
C'est digne des salauds qui vous entourent, pas de Rico.
Pas du Rico que j'ai connu.
Rico Angelo,
le roi des gosses.
Vous savez quoi, Rico, quelque part vous �tes toujours le roi.
Vous allez croire �a ?
La ferme, esp�ce de minable !
Boucle-la quand je parle, compris ?
- Mais, Rico... - Ferme-la !
Me touche pas ou je t'explose la cervelle !
Laisse-le parler.
Continuez.
Vous avez pris des voyous et vous voil� dans le p�trin.
Peut-�tre, mais je m'en sortirai.
Je vous fais une proposition.
Mais remettez-la dans le train.
Vous allez trouver Stewart ?
Et retourner en prison ? �a ne servirait � rien.
Je vais vous d�fendre.
- Comment ? - Ils ne le laisseront pas faire.
Pas au tribunal, pauvre minus. J'organiserai votre d�fense.
Je dicterai ma plaidoirie � cet idiot.
En r�futant ma d�position point par point.
- Je peux le faire, Rico. - C'est possible ?
R�pondez.
Encore un beau discours, hein ?
Des mots savants.
Vous avez de la classe, Tommy, c'est ce qui m'a toujours plu en vous.
Ils arrivent.
Un de nos hommes a trouv� �a l�-haut.
Il y a vos initiales dessus.
�a a encore march� ?
Gardez-la. En souvenir.
Adaptation : Isabelle Fauvel
Sous-titrage : T�l�tota
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