All language subtitles for Ophelia.2018.MULTi.COMPLETE.BLURAY-COJONUDO.Fr

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Original subtitles

Vous croyez sans doute conna�tre mon histoire.

Elle a souvent �t� racont�e.

Elle est depuis longtemps pass�e � l'Histoire.

C'est un mythe.

OPH�LIE

J'ai plus vu de choses du Ciel et de l'Enfer

que le commun des mortels n'en peut r�ver.

Mais j'�tais d'une nature obstin�e

et j'ai toujours suivi mon c�ur et parl� avec franchise.

Il est grand temps...

que je vous raconte moi-m�me, ma propre histoire.

Prenez garde l�-dessous !

Attention, Oph�lie !

As-tu encore cette souris dans ta poche ?

- Silence ! - Viens !

La�rte, je viens avec toi !

Non !

Cela est tr�s plaisant � lire.

Rentre � la maison, Oph�lie !

Mais je pense � tous ces livres !

L'heure est � l'�tude.

Ils en ont de la chance !

Je t'enseignerai la lecture.

Silence, ouvrez votre livre d'heures.

Prends garde aux dragons, ils sont f�roces !

Des dragons ?

Y a un passage secret.

Il y a trois lapins � d�pecer !

- Petite coquine ! - Oph�lie !

Laisse-moi. Je veux regarder.

Prince Hamlet !

Il nous quitte pour la c�l�bre Universit� de Wittenberg,

il f�te ses quinze ans aujourd'hui.

Plus tout � fait un bambin, pas tout � fait un homme.

- Depuis qu'il est... - A-t-il insult� le Prince ?

C'est son oncle. C'est le fr�re du roi.

Nulle pomme... de discorde en eux.

Mais souvenons-nous que c'est une pomme qui a tent� la belle �ve dans le jardin d'�den.

J'ai toujours cru que c'�tait un serpent.

C'�tait la pomme de la connaissance,

et la connaissance tue l'innocence

tout comme la neige hivernale tue les bourgeons de l'�t�.

Alors j'ai fort � craindre de l'Universit� pour mon fils,

car il y acquerra beaucoup de connaissance.

� notre Prince !

Au Prince !

Puisse-t-il un jour quitter les flancs de sa m�re !

Je crois la pomme innocente dans cette affaire.

Oph�lie !

Qu'est-ce... qu'une "Oph�lie" ?

Votre Majest�, c'est une...

enfant semblable � une dent de serpent

et c'est un serpent de taille, dans le jardin de mon devoir.

C'est elle ?

C'est la copie et tout le portrait...

de sa d�funte et tr�s regrett�e m�re.

Mon Oph�lie, ma fille, mon joyau.

Un joyau qui a grand besoin d'�tre poli.

Il reviendrait � une femme de polir pareil tr�sor,

mais h�las, je n'en suis pas.

C'est h�las vrai.

Je n'ai pas d'instruction,

mais je ne regrette pas d'�tre n�e fille,

je n'aurais pas voulu �tre gar�on.

J'en ferai une de mes demoiselles d'honneur,

et nous t�cherons de polir le joyau.

- Mais... l�chez-moi ! - Tiens-toi tranquille.

Cesse de gigoter !

Ne bouge plus !

C'est une vraie trag�die !

Dieu du Ciel.

�a suffit !

Elle est trop belle pour vous !

Elle l'est juste assez.

Vous dansez comme une ch�vre, Oph�lie.

Son p�re est un flatteur.

Il sort tout droit du ruisseau, de la boue.

Avez-vous vu qu'elle ne porte que des fleurs dans ses cheveux et jamais de bijoux ?

J'ai senti qu'elle s'�tait roul�e dans la boue.

Elle empestait la boue des potagers.

Son p�re ne peut lui offrir de bijoux... des gens de peu.

Mais que voit la Reine dans cette sauvageonne ?

Vous revoil�, Oph�lie.

Pourquoi avoir tant tard� cette fois encore ?

Prenez garde.

Majest�.

Vite, avant que l'eau ne refroidisse.

Quelle est cette odeur ?

C'est celle d'un jardin !

Des p�tales pour mon bassin ?

Mets-les toutes.

Lumineuse id�e, mesdames, merci.

C'est trop d'honneur que de vous contenter, Majest�.

Posez les fleurs l�-bas.

Tirez l'�dredon.

Bonne nuit.

Emmenez les bougies, mes yeux sont trop las pour lire.

Je pourrais vous faire la lecture.

Une jouvencelle qui sait lire ?

Mon fr�re me l'a appris.

Bonne nuit, Majest�.

Dormez bien, Majest�.

Majest�.

Fermez la porte derri�re vous.

As-tu vu les poules s'�charper dans la basse-cour,

chacune s'acharnant sur plus faible qu'elle ?

Pourquoi te traitent-elles ainsi ?

Je ne suis pas noble, Majest�.

Je ne fus point �lev�e � la Cour.

Ma s�ur et moi, nous f�mes mises au couvent en France.

Mais l� aussi, il y avait des poules pour nous tourmenter.

M�me les s�urs ?

Mais j'avais ma s�ur pour me d�fendre.

Fais-moi la lecture, je suis tout ou�e.

Une dame d'Alen�on qui avait fait un mariage d'argent

rencontra un gentilhomme, qui lui offrit du plaisir.

Ce n'est pas un livre de pri�res.

Il y a bien plus important que la pri�re.

Continue.

Le gentilhomme fit en sorte de se trouver seul avec elle,

dans un verger.

L�, il s'�cria :

"Madame, mon c�ur vous est tout acquis".

Elle protesta, all�geant qu'il n'aimait que son rang...

et il r�pondit :

"Madame, rien ne peut �galer vos gr�ces...

"il leur manque la seule chose qui peut embellir un visage,

"qui se trouve �tre la m�tamorphose...

"par l'extase !"

"Monseigneur me g�te infiniment," s'�cria-t-elle

"et je ne saurais demander autre chose".

"Ayez piti�, gente dame," supplia-t-il,

"car l'amour me fait perdre l'esprit".

Aussit�t, la dame s'�vanouit.

Le gentilhomme, la voyant � demi-conquise,

put enfin lui faire sentir la longue duresse

d'une passion trop longtemps contenue.

Le Prince !

Le Prince ! Il arrive !

Le voil� !

Regarde donc cela, Horatio. Je t'avais dit que l'accueil serait bon !

Il est si beau, et si grand !

Sa prestance est royale.

Mon cher fils !

- Quelle joie d'�tre ici ! - Oui !

Viens, Horatio.

Je ne veux point te perdre � la fin du voyage.

Le festin nous attend !

O� sommes-nous ?

Je me souviens que la p�che �tait bonne ici.

Allons plus loin, Hamlet, euh, essayons plus loin.

On trouve de merveilleux poissons dans cet �tang !

Le poisson aimerait remonter sur la rive.

Ce poisson est le bienvenu.

Un poisson ne va point vers qui veut le p�cher.

Monseigneur, c'est une dame de compagnie de la Reine.

Elle me tiendra donc compagnie pendant que je p�che !

Ce n'est gu�re la compagnie dont j'aurais r�v�.

Deux ennemis se partagent votre c�ur.

L'un est bassesse, l'autre est bont�.

Cette dame a devin� mes pens�es.

Ces pens�es seront votre infortune.

Allons-nous-en, Hamlet.

Ce poisson est du vif-argent !

Donne-moi mon filet !

C'est tr�s ressemblant et les couleurs sont douces.

Les fils sont de toute beaut�.

Que j'aimerais �tre seule dans la for�t.

Et � demi-nue !

C'est une for�t tr�s dense, il y a des milliers de fils !

Elle a peut-�tre rendez-vous avec quelque pr�tendant.

Oui !

Vous �tes-vous d�j� promen�e dans le bois attenant au ch�teau, Majest� ?

Je ne hante ni les bois ni les bosquets.

Je n'oserais pas m'y risquer seule.

Sans un galant, impossible.

Hamlet, viens.

Cela te pla�t-il ?

C'est tr�s vivant.

Quand j'en aurai fini, cela sera plus vrai que nature.

Mais o� est le chasseur ?

Tu vois, il a laiss� ses fl�ches l�.

Ce sont les fl�ches de la Dame.

Continue, Oph�lie.

C'est Diane, d�esse de la chasse.

Elle habitait au fond des bois...

et n'avait jamais vu d'homme jusqu'� la venue du chasseur Act�on.

Un chasseur ?

Et non un p�cheur ?

Il se cacha pour la voir se baigner.

Fut-il puni pour cette ind�licatesse ?

Oui, sans merci.

Diane le changea en cerf et ses propres chiens le d�vor�rent.

Mesdames, pensez-vous que cette punition soit juste ?

Seigneur, cette histoire est r�currente.

La beaut� rend les hommes � l'�tat de b�tes.

Je me l'�tais toujours imagin�e en jouvencelle.

Oui, tr�s belle, impulsive.

Diane est trop �g�e dans cet ouvrage.

C'est... le portrait de Sa Majest� votre m�re, Seigneur Hamlet.

Non.

Ce n'est pas ressemblant !

D�liez vos fils et recommencez !

- Allons avec elle. - O� est l'�lixir ? - Vite, elle va d�faillir.

- Comment a-t-on pu la perdre ? - Allez chercher l'�lixir.

Elle n'avait pas lieu de se f�cher !

Majest� !

Majest� !

Vous seriez-vous perdue ?

J'ai v�cu assez longtemps pour ne plus me perdre,

mais point encore assez pour ne plus rien sentir.

Votre fils est de retour...

Vous devriez �tre joyeuse.

Et pourtant vous souffrez.

Une m�re souffre souvent de voir grandir son fils.

Et � le voir s'�loigner.

Si j'�tais votre fils, je ne m'�loignerais pas de vous.

Et pourtant vous n'�tes pas mon fils, mais mon beau-fr�re !

De par le droit, je suis votre beau-fr�re.

Mais le droit n'est point mon fort.

La rumeur dit que vous �tes un homme volage, messire.

La rumeur est fausse.

Je suis un homme de c�ur.

On �touffe ici.

J'ai sans doute besoin de prendre l'air.

Je me sens aussi quelque peu opprim� le soir

et je prends l'air sur les parapets.

Vous pourrez m'y rejoindre.

Non.

Je ne peux y consentir.

Bonjour, Oph�lie.

Pendant un instant, j'ai cru voir un fant�me !

Nous avons diss�qu� un cadavre au cours d'anatomie.

Pas de place pour un fant�me.

Seigneur, je dois vous croire sur parole.

Je ne sais rien de votre anatomie.

Mon c�ur ne bat plus.

Vous seriez mort si c'�tait le cas.

Pourtant, je suis bien vivant.

Les apparences sont trompeuses.

Voyez cela ?

Une innocente fleur.

C'est pourtant de la belladonne,

la plus mortelle des morelles.

Belladonne veut dire "belle dame".

Et vous dites que c'est du poison.

Promettez-moi de danser avec moi un jour.

Je suis r�put�e pour danser comme une ch�vre.

Vous excellez aujourd'hui, Monseigneur.

Mon neveu ! Venez !

�prouvez votre science du combat.

Je m'en voudrais de vous blesser.

Et moi de vous blesser.

Nous... nous battrons pour le plaisir.

Je n'ai pas de plaisir � combattre.

Le chevalier gagnant portera mes couleurs.

Coquin !

Vous portez d�j� les couleurs d'une dame !

Excellent choix si la dame est aussi ribaude que ses couleurs.

Prenez garde, Monseigneur.

Le petit a le sang chaud finalement !

- Bien jou�, Hamlet ! - Quelle ma�trise !

C'est excellent !

Hamlet !

Vous ergotez sur le sens de la vie,

mais en attendant, vous ne faites rien de la v�tre.

Votre �p�e, Monseigneur.

Eh bien, je me trompais.

Il vous reste beaucoup � apprendre.

Je n'apprendrai rien � la pointe d'une �p�e.

Je pr�f�re aiguiser mon esprit.

Quelle splendide cr�ature !

Oui, je suis une libellule !

Ne jouez pas avec moi.

Qu'il est beau !

Le petit poisson a besoin d'eau.

D'eau, non.

De vin ?

C'est l'�gal d'un serment que de boire dans la m�me coupe de vin.

Votre corsage est d�graf�.

C'est qu'il fait chaud, messire. J'�touffe.

Eh bien, allons dehors. Je vous montrerai les �toiles.

Je suis s�re de vous manquer.

Je sens comme une lourde barre entre mes oreilles.

Je ne crois pas avoir jamais ressenti cela, Horatio.

C'est heureux pour vous.

Bonjour, ch�re demoiselle.

Le bal vous a-t-il plu ?

J'ai aim� la f�te.

Il est malais� d'aimer � la fois la f�te et son lendemain qui chante.

Dieu soit lou�, l'�t� touche � sa fin.

Mes �tudes me font moins de mal que mes loisirs.

Retournez-vous �tudier ?

Nous partons pour Wittenberg aujourd'hui, oui.

Seigneur...

Va donner �a aux cochons !

Oph�lie !

Je voulais vous dire au revoir.

Au revoir !

Hier soir, Oph�lie. C'�tait...

Vous allez tacher vos pantalons.

Eh bien, au revoir !

- Essayez de comprendre. - Oui, j'essaie.

Mon p�re me l'interdirait.

Il souhaite me voir h�riter de son tr�ne.

Et je ne suis pas n�e.

- Non, Oph�lie. - Je me suis fourvoy�e.

Vous n'�tes avant tout qu'un Prince.

Adieu.

Au revoir, p�re...

Au revoir, m�re.

Au revoir.

Tu vas me manquer.

Bonne chance, mon fils !

Connais-tu le bois juste en dessous du ch�teau ?

J'ai jou� � l'or�e de ce bois.

Dans cette for�t habite une femme.

Tu iras la voir demain et me rapporteras ce dont j'ai besoin.

Assure-toi de n'�tre pas suivie.

Personne ne doit savoir. Et quoi que tu fasses,

ne regarde jamais son visage.

Parce que c'est une sorci�re ?

C'est une gu�risseuse.

Elle s'appelle Mechtild.

Bonjour ?

Que veux-tu ?

C'est la Reine qui m'envoie.

Pour quoi ?

Pour avoir ce qu'il lui faut.

Et que lui faut-il ?

Il lui faudrait...

une nouvelle jeunesse,

un r�pit des d�sirs qui la tourmentent.

Une bonne nuit de sommeil... sans r�ves.

Et un mari qui fait l'amour, et non la guerre.

Mais ce qu'elle veut,

ce sont deux onces de mon �lixir.

Ne touche pas � �a !

Je ne sens plus mes doigts.

C'est le poison d'un serpent du Nouveau Monde.

Un simple toucher engourdit la chair.

En abuser peut te tuer.

Pourrais-je apprendre vos secrets ?

Tu es demoiselle de compagnie.

Sois une compagne !

Pour qui ?

Pour ton mari � venir... qui d'autre ?

L'�poque est trouble, Ma Reine.

Le temps n'est plus aux intrigues de mon fr�re.

La Norv�ge menace de nous envahir.

Chaque jour nous luttons pour la paix.

Ce n'�tait qu'un jeu.

Il joue au fou

alors que nous sommes sur le pied de guerre avec nos voisins.

Ne m�disez pas de votre fr�re.

Claudius porte mon nom, mais son sang est impur et vici�.

Nous connaissons tous cette histoire, et je n'ai aucune raison de la croire.

C'est le fils de sa m�re. Le sang de mon p�re ne coule point dans ses veines.

� pr�sent, vous insultez votre m�re ?

Elle fut ce que sont toutes les femmes,

tout comme vous.

Vous oubliez qui je suis ?

Je vous en prie, restez avec moi,

parlez-moi...

Je vous suis devenue invisible.

Vous vous donnez pourtant en spectacle,

tous les yeux sont riv�s sur vous, ne les sentez-vous pas ?

Mon royaume m'appelle.

Je vous ai flanqu� la frousse, pas vrai ?

J'ai vu une ombre.

Un spectre.

Vous devriez �tre couch�e, non ?

Ici, c'est pas un endroit pour une jeune femme.

Dis-moi, mon fr�re,

comment conna�t-on l'int�rieur d'une personne ?

Il est des hommes qui, pour les �tudier, volent des cadavres au cimeti�re.

Ce que je cherche � savoir,

c'est o� r�side l'amour,

et la v�rit�, ou la folie ?

Seule la science le sait.

J'ai entendu l'ami du Prince, Horatio, il...

a soudoy� des fossoyeurs pour d�terrer un corps.

Rosencrantz ?

Guildenstern, que se passe-t-il ?

Vive le Roi ! Longue vie au Roi !

Gardes, � vos postes !

Le Roi ?

Mordu par un serpent venimeux dans son jardin.

Est-ce douloureux ?

Il en est mort.

In nomine Patris...

P�re a �crit � Hamlet.

Il devrait �tre ici.

Un jour comme aujourd'hui, il devrait �tre loin de la cour.

Longue vie au Roi Claudius !

D�ment �lu, grave et sobre... Votre Majest�.

Longue vie au Roi.

- Vive le Roi. - Longue vie au Roi.

Votre Majest�.

Votre Majest�, en l'honneur de ce jour...

- Cela me touche, merci. - Votre Majest�.

Tiens, prends-les...

Oh, te voil� !

Je ferai de toi une de mes demoiselles.

Aujourd'hui la Reine m'aime plus que toute autre,

mais elle est changeante,

un autre jour, c'est peut-�tre vous qui aurez sa faveur.

Ne m�disez pas d'elle : c'est d�j� trop en dire.

� un royaume, il faut un Roi et � un Roi, il faut une �pouse.

Je ne vois pas ce qu'il y a de chang�.

Mais elle �tait d�j� l'�pouse d'un roi.

Mon p�re est-il inhum� ?

- Que fait-il ? - Depuis longtemps, Seigneur.

Hamlet !

Tu as mis longtemps � revenir.

Si longtemps que les couronnes mortuaires ont prestement disparu ?

Soyez le bienvenu, Hamlet. Nous sommes tr�s heureux que vous soyez revenu.

Trop tard � ce qu'il semble.

Trop tard pour honorer votre d�funt p�re.

Son honneur est d�j� souill�, comme chacun peut le voir.

Il souffre honorablement, comme tout fils dont le p�re tr�passe.

Son p�re avait perdu son p�re, qui �tait �galement le mien,

mais nous vivions nos peines comme des hommes.

C'est �tre homme que de s�duire une femme pour une couronne ?

- Hamlet. - Vous allez trop loin, jeune homme.

Les nobles... m'ont d�ment �lu.

Apparemment, je suis le seul ici pr�sent � n'avoir point oubli�.

Vous oubliez la mani�re dont on salue un Roi !

Je suis votre Roi.

Venez, Gertrude...

Allons d�ner.

Rendez-le-moi !

Arr�tez !

- Non ! - Un sacr� morceau qu'on a pris dans nos filets !

Je vous en supplie ! L�chez-moi.

L�chez-la !

Ou quoi ?

L�chez cela ! Vous me paierez cet affront !

Vous voulez que je paye ? Elle veut que je la paye !

Laissez cette fille, celle-ci est une vraie catin !

L'air empeste soudain, c'est suffocant.

Peut-�tre un bain serait-il de mise.

- W�... ! - Que dis-tu, la belle ?

Laisse-la !

Rentrons, Monseigneur !

Gouvern� par une fille, � ce qu'on voit !

Rengainez ! Hamlet, non, rentrons !

Merci, Seigneur, mais je n'avais nul besoin d'�tre sauv�e.

Vous parlez de besoin. J'ai besoin de vous.

Vous m'avez manqu�, Oph�lie.

Je devrais m'excuser de mon comportement l'�t� dernier.

- Vous "devriez" ? - Je dois.

- C'est oubli�. - Oubli�, mais non pardonn�.

Les deux.

Je ne vous ai jamais oubli�e.

Pardonnez-moi, mais j'en doute.

O� est votre eau, Oph�lie ?

- Couvrez la Reine ! - Hamlet ?

Mais que se passe-t-il ?

De quel oubli parle-t-on ?

Hamlet ?

Ce n'est qu'un petit ruban crasseux.

Mon �lixir, je te prie.

Encore.

Au revoir, ma s�ur.

Je vais poursuivre mes �tudes en France.

Tu vas partir ?

Il se passe des choses �tranges en ce ch�teau.

�tranges, en effet.

Il court toutes sortes de rumeurs ici.

Et toutes sont effrayantes.

On dit... que le Prince ne te voit plus gu�re comme une enfant.

Je ne suis plus une enfant.

Oph�lie...

il te faut craindre...

l'atteinte que pourrait subir ton honneur,

la seule sauvegarde, c'est la crainte.

Prot�ge donc ton honneur et je prot�gerai le mien.

La�rte, � bord !

Ni le temps ni la mar�e ne vous attendront.

Tiens... voici ma b�n�diction, mon fils.

N'oublie pas...

de r�server ton jugement.

Ne sois ni familier ni vulgaire,

pas de combat, ou sinon, victorieux.

Sois bien mis, mais sans trop d�penser.

Ne sois ni emprunteur ni pr�teur.

Avant tout, sois loyal envers toi-m�me.

Au revoir, p�re.

Au revoir, Oph�lie.

N'oublie pas nos propos.

Que t'a-t-il dit ?

Cela touche au Seigneur Hamlet.

Oui, Hamlet.

On raconte qu'il a couru dans la chambre de la Reine

et t'a d�visag�e en prof�rant d'�tranges paroles.

Oui, c'est cela.

Et t'a-t-il fait quelque offre de... de son amour ?

Non.

Me mens-tu, ma fille ?

Oui...

Un "oui" menteur est l'�gal d'un "non".

Non.

C'est donc "oui" ?

Voil� qui pourrait s'av�rer tr�s avantageux pour nous.

Je refuserai tout commerce avec lui.

Tu es une vilaine fille d'�tre aussi vertueuse.

Oph�lie ! Entrez.

Les filles sont interdites de biblioth�que.

Sauf si elles sont dans les livres.

Mais je crois que vous avez d�j� hant� ce lieu.

Entrez.

Un jour, je veux �tre gu�risseur.

C'est qu'il y en a plusieurs sortes.

Alors un docteur, un homme de science.

Savez-vous que les tombes sont pill�es pour la science ?

Hamlet est en d�tresse.

Il est d'une grande sauvagerie avec moi.

Mais m�me dans sa folie, il y a de la suite, croyez-moi.

De gr�ce, parlez-lui.

- O� cela ? - Sur les remparts � minuit.

Ne pillez pas ma tombe quand je ne serai plus.

Oph�lie, ne soyez pas morbide !

Mon corps r�pugne � illustrer un de vos cours d'anatomie.

Vous tremblez, Oph�lie.

Vous m'avez fait peur, Seigneur.

On dit que l�-haut se prom�ne un fant�me.

Je crois l'avoir aper�u l'autre soir.

Il s'agirait de l'�me tourment�e de mon p�re.

Attention, voici la sentinelle.

Parmi les demoiselles de la Reine, vous �tes la seule � conna�tre ses secrets.

Dire que l'on conna�t un secret, c'est d�j� le r�v�ler.

Ne me dites qu'une chose, Oph�lie.

Ma m�re �tait-elle fid�le � mon p�re, son mari, le Roi ?

Je ne peux vous le dire.

Mais vous ne pouvez mentir.

Fantasque.

Ma m�re est comme toutes les femmes : inconstante, fragile.

Monseigneur...

vous �tes trop injuste.

L'inconstance en amour n'est pas l'apanage de mon sexe,

mais plut�t un trait de famille.

Pardonnez-moi.

Je vois comment agissent les autres.

Mais vous n'�tes pas comme eux.

Pas vous, Oph�lie.

Consolez-vous, Monseigneur.

Oph�lie...

mon v�ritable amour.

La Reine.

Elle veut son �lixir.

Elle veut, elle veut...

Elle obtient tout ce qu'elle veut.

Elle a peur de sentir.

Et toi ?

Que crois-tu savoir ?

Tu pr�tends avoir le c�ur bris�,

que tu es innocente et bless�e.

Mais tu ne saurais cacher ta vraie nature sous l'habit d'une demoiselle.

Tu es sauvage et remplie de d�sir.

Ils te d�nuderont, ils te jugeront,

et la mort sera ton plus cher d�sir.

Sois-en s�re, ils te jetteront dans les flammes.

Sais-tu pourquoi je passe pour une sorci�re ?

� 19 ans, je fus engross�e par un homme qui avait jur� de m'�pouser.

Quand mon b�b� mourut dans mon ventre,

la rumeur d�clara que c'�tait l'�uvre du diable.

Les �mes vertueuses accoururent pour chasser le d�mon.

Au b�cher, la sorci�re !

Mais ils ignoraient... que j'avais la science des poisons.

Trois gouttes sur la langue

et le poison mime la mort en s'en moquant.

Ils me crurent morte.

Elle respire encore ?

Ces gouttes de poison ne vous tu�rent pas ?

Ils trouv�rent mon cadavre,

le jet�rent et d�clar�rent avoir triomph� du Diable.

J'avais sur moi mon antidote et ainsi, je restai en vie.

Mais sans mon enfant.

Qu'advint-il de son p�re ?

Il s'est mari� tout r�cemment.

Oph�lie.

Oph�lie.

Confessez-vous, car je suis le gardien de votre �me.

En aimez-vous un autre ?

Non, je n'aime que vous.

Alors rejoignez-moi demain � la vieille chapelle pr�s du lac.

- Vous serez d�guis�e en paysanne. - Et vous en berger ?

Les gens vont jaser, je crois qu'ils jasent d�j�.

Eh bien qu'ils jasent.

Oph�lie...

Je veux vous �pouser.

Ils ne le permettront jamais !

Oph�lie, ils n'en sauront rien.

Mais vous serez un jour Roi du Danemark.

Si vous �tes � mes c�t�s, je remplacerai l'or du tr�ne par un doux tapis d'herbe.

Et le moment venu, nous nous �vaderons de ce ch�teau.

Mon Bien-aim� parle et me dit :

"L�ve-toi, mon amour, ma belle, et viens !"

Qu'il me baise des baisers de sa bouche,

car son amour vaut mieux que le vin.

Mon bien-aim� est � moi, et je suis � lui.

Que tu es belle, mon amour,

que tu es belle !

Tes yeux sont des colombes.

Tu es belle, � ma compagne...

Notre lit, c'est la verdure.

Car voici l'hiver pass� :

la pluie a cess�, elle s'en est all�e.

Les fleurs paraissent sur la terre.

Imprime-moi comme un sceau sur ton c�ur, parce que l'amour est fort comme la mort.

Bonjour, Votre Majest�.

Tu es bien matinale.

Ou ne t'es-tu pas couch�e ?

On m'a dit que tu passais tes journ�es avec un jeune homme du commun,

habill�e en paysanne.

Tu ne le nies m�me pas ?

Tu me remercies de ma gentillesse en perdant ta vertu ?

Ton honneur est tomb� plus bas que terre.

Vous voil� !

Bonjour, ma Reine.

M'apportez-vous ce que je d�sire ?

Oui.

Quel est ce regard ?

On dirait que tu as vu un spectre.

Laisse-nous, Oph�lie.

Pourquoi t'attardes-tu ?

Votre manteau est d�chir�, Majest�.

Pourrais-je vous le raccommoder ?

L'as-tu d�j� fait ?

Je sais ravauder, Majest�.

Tu sais � quoi je fais allusion, Oph�lie.

Mon neveu manifeste un �garement certain.

Il hante les corridors la nuit.

Sais-tu pourquoi il agit de la sorte ?

Peut-�tre saurais-tu le gu�rir...

Peut-�tre en es-tu � la fois la cause et la cure.

Ton p�re affirme que mon neveu est amoureux de toi.

Est-ce vrai ?

Mon p�re m'a assur� que cela ne se pouvait.

T'a-t-il dit qu'il t'aimait ?

Jamais, Votre Majest�.

T'a-t-il donn� une preuve de son amour ?

Jamais.

Ce n'�tait que pure innocence, Votre Majest�, si j'en crois ce que je sais.

Ce ne sont que des jeux d'enfants !

Vous teniez l'autre jour des propos diff�rents.

J'ai chang� d'avis sur bien des choses.

Je suis pr�occup� par l'�garement de son esprit.

Votre fille va nous servir d'app�t.

Nous en aurons le c�ur net.

Nymphe !

Que faites-vous hors de l'eau ?

Monseigneur, j'ai des choses � vous r�v�ler.

- Est-ce ainsi que l'on salue son �poux, Oph�lie ? - Non.

N'�tes-vous point ma femme ?

Vous jouez � des jeux, Seigneur, rien n'est comme il y para�t.

J'ai de vous des souvenirs qu'il me tarde de vous rendre.

Moi, je ne vous ai rien donn� ! J'ai pris...

Votre p�re fut empoisonn�, il est vrai.

Un jour, je vis votre oncle dans un endroit o� l'on fait les poisons.

Je ne le reconnus pas alors, mais je le revis sur les remparts,

d�guis�, justement le jour o� votre p�re, le Roi, fut piqu�.

Donc ce...

donc ce n'�tait pas un serpent... mais Claudius.

Je me dois de repousser

vos attentions, Monseigneur, elles me sont interdites.

�tes-vous s�re que c'est vrai ?

Oui, car ce matin j'ai trouv� le poison dans son manteau.

Si cela est vrai, il m'a vol� ma couronne.

Vous disiez ne point vouloir cette couronne.

Le jour de nos noces, vous me l'avez jur�.

J'ignorais alors qu'il me l'avait vol�e.

Criez comme si vous aviez peur.

Secourez-le, vous, cieux cl�ments !

Ils disent que je suis fou !

Fou d'amour, disent-ils, pour moi.

Eh bien soit, je serai fou !

Et ils ignorent ce que je leur r�serve !

L�, je ne vous comprends pas, Seigneur.

Non et cela vaut mieux.

Restez innocente comme la neige.

Dites quelque chose !

Dites quelque chose !

Puisse Dieu vous gu�rir !

Un grave danger vous menace. Il va falloir que vous partiez.

Il y a un couvent � Saint-�milion, ma m�re y v�cut petite fille.

Vous serez en s�curit� chez les nonnes.

- Hamlet, vous ne pouvez pas faire cela ! - Vous irez dans ce couvent !

Allez !

Il semble fou.

Je crois votre fille tr�s dangereuse.

Nous devons la marier et cela, d�s que possible.

J'ai l� un garde qui fera mes volont�s.

Je vous salue, Seigneur Hamlet.

- � qui dites-vous bonjour, mon amour ? - Seigneur Hamlet !

Entrez, je vous en prie !

Messieurs, vous �tes les bienvenus !

Voil� qui r�glera tout, Horatio.

L'adult�re, le meurtre, la trahison !

- Il a commis tous ces crimes ! - Non !

- Monseigneur, vous ne... - Elle n'aurait pas d� venir !

Le voil�, lui !

Venu pour me vendre un poisson !

Je ne vends pas de poisson, Seigneur !

Mais quel merveilleux poisson !

Hamlet !

Viens t'asseoir pr�s de moi.

S'il y avait une personne plus jolie, m�re, avec qui je voudrais m'asseoir.

Ne vous couchez pas Monseigneur, relevez-vous.

O� puis-je me mettre...

- m'�tendrais-je entre vos genoux ? - Non, Monseigneur.

- Je veux dire la t�te sur vos genoux. - �tes-vous marri, Monseigneur ?

"Mari" ? En effet !

Vous ne l'ignorez pas !

Ma m�re e�t un mari,

mais devint veuve il y a deux heures.

Tenez votre langue et composez-vous, Monseigneur.

Ils veulent me marier � un autre.

Si vous vous mariez, �pousez un fou.

Autrefois, j'ai connu un fou !

Il s'appelait Yorick. Il se moqua du fr�re du Roi.

Oui, je l'ai connu.

Il a fait rire le Roi.

Et cette m�me nuit, il paya de sa vie !

C'est une triste histoire, Monseigneur.

J'en connais de plus tristes encore.

Elle commence maintenant.

Je vous avais dit d'aller au couvent.

De la lumi�re.

De la lumi�re !

- Qu'on apporte de la lumi�re ! - Ce n'est qu'un simple spectacle !

Hors de ma vue, allez, ou je vous passe tous par les armes !

C'est nous qu'on regarde � pr�sent !

Fais-les tous sortir, ou ils seront pendus !

Je suis votre Roi !

Le Roi sait que la pi�ce est vraie !

La vengeance est � moi !

Vite, allons-y ! Allons !

Hamlet, non.

C'est une trahison... que de menacer son Roi.

Appelez les gardes !

J'avais cru ton amant trop humble.

Mais je vois qu'il vise la couronne.

Vous plus que toute autre devriez comprendre.

J'ai �t� une m�re pour toi

et tu as mont� mon fils contre moi.

Pardonnez-moi.

Majest�, vous m'avez �lev�e.

Tu fais trop de protestations.

Tu ne peux savoir ce que c'est d'aimer un fils.

Je sais ce que c'est d'aimer le v�tre.

Je te d�fends de t'approcher de mon fils.

Et je ne veux plus te voir.

Nous sommes d�faits.

La Reine t'a renvoy�e,

et ce sera sans doute bient�t mon tour.

Si nous arrivons � te marier,

tu leur sembleras moins mena�ante.

- Quoi ? - D�s demain...

Il ne faut pas tra�ner.

Je vous en prie, non, je ne peux le supporter !

Notre nouveau Roi demande du sang !

Et moi, j'essaie juste de survivre.

Survivre n'est pas suffisant.

Tu ressembles tant � ta m�re.

L� point de convenance.

Vous l'aimiez.

Je parlerai � la Reine.

Et j'implorerai son pardon.

P�re ?

Horatio, vous �tes troubl�.

Que faites-vous ici ?

Est-ce Hamlet ?

Non, Hamlet est vivant.

Votre p�re a �t� tu�.

Pas le mien, celui d'Hamlet ?

Non, le v�tre. Monseigneur Polonius.

Pardonnez-moi ! Pardonnez-moi, Oph�lie !

Hamlet est fou � lier !

Il a cru que c'�tait son oncle.

Il a d�gain� son �p�e avant que je puisse lui dire...

... qui �tait derri�re cette tenture.

Ce fut un accident, non par la faute d'Hamlet, mais par la mienne.

Non !

O� est Hamlet ?

Il s'en est all�.

O� �a ?

En Angleterre.

Avec Rosencrantz et Guildenstern.

Les ordres du Roi.

Pour sa propre s�curit�.

Quel gentil Roi de songer � sa s�curit�.

C'est pour vous blesser, Oph�lie.

Vous ne pouvez imaginer son angoisse.

O� est mon p�re ?

Plus de gardiens !

O� est-il ?

Qui a tu� mon p�re ?

Je veux faire la justice.

�il pour �il ! Oui, �il pour �il !

Qui a tu� mon p�re ?

Calmez-vous.

Il est juste et bon de vouloir venger son tr�pas,

mais il n'est pas mort de ma main.

Mais alors qui ?

Hamlet.

Alors Hamlet mourra de la mienne.

Non, La�rte, non.

Ce n'�tait qu'une erreur.

� pr�sent, il faut consoler votre s�ur.

- Emmenez-moi vers elle. - Je vais l'envoyer chercher.

Venez.

J'ai beaucoup de choses � vous dire.

Il est heureux que vous vous mariiez aujourd'hui.

Vous �tes aussi enfl�e qu'une grosse truie.

Vous avez de la chance de trouver un mari,

sans famille et sans... une once de vertu.

N'allez pas au moins laisser de bougie br�ler pour votre amant le Prince...

Une seule bougie ne suffirait pas.

M�me s'il �tait mort entretemps ?

S'il meurt, moi aussi je mourrai.

Vous �tes bien vivante.

Vivante.

Mais mari�e.

� Hamlet ?

Alors vous �tes sa veuve.

Hamlet a d�j� �t� tu�.

Mon Rosencrantz et Guildenstern sont partis avec lui.

Ils n'aimaient pas leur mission, mais ils ont d� ob�ir au Roi.

Que leur a donc ordonn� le Roi ?

Je ne dirai rien !

Dites-le-moi.

Dites-le-moi ou je vous jure que je...

D�s que le bateau quittait le port, ils devaient le jeter par-dessus bord.

Et ils sont partis hier soir.

Oph�lie !

Hamlet est mort, Horatio.

Mort ?

Rosencrantz et Guildenstern avaient pour ordre de le tuer d�s le d�part du bateau.

Le bateau est encore au port.

Le d�part est ajourn�, il n'est pas parti.

Alors il est vivant.

Horatio, nous pouvons le sauver.

- Je... - Horatio.

Le Roi vous demande.

Avez-vous vu ma fianc�e Oph�lie ?

- Non, pas r�cemment. - Tout le ch�teau la cherche.

Le Roi a fait verrouiller toutes les serrures.

La derni�re fois que je l'ai vue, elle �tait souffrante.

Le Roi a interdit � quiconque d'entrer ou de sortir.

Tu sais, la Reine pense que tu as perdu la raison.

Quant � moi, je crois que la raison n'est pas ce qui te fait d�faut.

Personne ne te regrettera, ni p�re, ni m�re, ni mari.

Oui.

Nous avons retrouv� un vieux pr�tre de village qui,

sans trop se faire prier,

nous a cont� une tr�s �trange histoire.

Il dit que tu as un �poux,

et qu'il a lui-m�me c�l�br� ton mariage.

Maintenant, si tu �tais mon enfant...

Votre seul enfant est mort avant d'�tre venu au monde.

Oui, un gar�on.

Ils accus�rent sa m�re de sorcellerie et voulurent la br�ler.

Mais cela, vous le saviez d�j�.

Car c'est vous qui avez cri� aux sorci�res.

C'est vous qui avez mont� le village contre la femme qui vous aimait.

Majest�, on a entendu un cri.

Ta promise nous donne bien du souci.

Nous nous marions aujourd'hui, Votre Majest�.

Il est hors de question que tu �pouses une tra�tresse.

Laissez-nous.

Tu n'oseras rien me faire.

Le Roi te soup�onne de trahison.

On conna�t le ch�timent r�serv� aux tra�tres.

C'est la mort.

Quel g�chis.

Tu pourrais peut-�tre m'emmener dans les bois et m'y laisser.

Et le Roi n'en saurait rien.

Votre p�re �tait un homme bon.

Mais vous �tes deux fois l'homme qu'il �tait.

Chantez avec moi, La�rte.

Ma ch�re s�ur, venez.

Asseyez-vous, et restez calme.

Voici du romarin, c'est comme souvenir.

De gr�ce, souvenez-vous.

Et voici des pens�es en guise de pens�es...

De la rue, pour vos regrets, et pour vos s�urs.

Et aussi un peu pour moi...

De petites marguerites, pour les amoureuses.

Vous pourrez les effeuiller � loisir.

Je vous donnerais des violettes, mais elles se fan�rent quand mon p�re mourut.

Fid�le Horatio, viendrez-vous sur ma tombe ?

Oph�lie.

Venez avant que je ne sois froide.

D�terrez-moi comme il faut

et je vous jure que vous aurez une belle le�on d'anatomie.

Du fenouil pour vous.

Et des ancolies...

pour la flatterie.

Vous en aurez besoin, car mon p�re n'est plus l�.

Emmenez-la !

Emmenez-la !

- L�chez-la ! - L�chez-la !

Il est clair qu'elle a perdu la raison.

Laissez-la partir.

Qu'elle s'en aille... hors de ma vue.

Suivez-la !

Oui, Majest�.

Assoyez-vous.

Mangez !

Je n'ai plus gu�re d'app�tit ce soir.

� poison mortel... Prends piti� de moi.

Oph�lie !

Horatio !

O� est Hamlet ?

Oph�lie, j'ai exauc� votre d�sir.

J'ai pris un poison qui mime les effets de la mort.

O� est Hamlet ?

Au port ! Nous devons nous y pr�cipiter.

Je me sens faible, Horatio.

Qu'est-ce que c'est ?

Des soldats en reconnaissance.

C'est l'ennemi norv�gien.

Ils veulent prendre le ch�teau.

Allez en avertir la cour.

Je ne vous laisserai pas seule.

Vous devez les pr�venir, Horatio.

Allez, je continuerai toute seule.

Oph�lie... Au revoir.

Je vais mourir.

Donnez-moi le rem�de.

Tu as pris le poison ?

J'en ai trop pris. Je vous en prie.

Les bois sont pleins de soldats.

Des soldats ?

Encore pire, bois.

Va-t'en.

J'ai gard� votre secret.

Claudius est venu vous voir.

C'est l'une de vos potions qui a tu� le Roi.

Il l'a choisie.

Je n'ai jamais rien pu lui refuser.

Pourquoi l'aurais-je fait ?

Je n'en avais cure.

Qu'ils s'�tripent si bon leur semble, l�-haut sur la colline.

M�me maintenant ?

M�me cela, vous n'avez pas pu le lui refuser ?

Je l'ai aim� autrefois.

Et lui aussi m'a aim�e.

C'est lui qui cria aux sorci�res quand votre b�b� mourut.

J'ai assist� � sa confession.

C'est lui qui lan�a la meute � vos trousses.

Il vous aurait laiss� br�ler.

Non.

Non, pas lui.

Il aime le pouvoir.

Et c'est tout ce qu'il aime.

Il s'est moqu� de moi.

Alors qu'il br�le.

Prends �a.

Tu... tu es plus en danger que je ne l'avais cru.

N'avancez pas.

Qui �tes-vous ?

Une amie.

Esprit, aie piti� !

Que Dieu me pardonne, Oph�lie.

Ce n'est pas mon sang que vous avez sur les mains.

Je ne savais pas que Claudius voulait le tuer.

Vous lui avez donn� raison.

J'avais perdu la mienne.

Il a d�truit la vie de votre s�ur.

Claudius ?

Vous ignoriez qu'il �tait l'homme qu'elle aimait ?

Sur ma foi, non, tout homme plut�t que lui !

Oh, ma s�ur !

Pardonne-moi.

Prenez ma main.

Mais tu es toute de chair.

Et pourtant, j'ai vu mon cher fils sauter dans ta fosse.

Hamlet ?

Il a quitt� le bateau quand il a appris ta mort.

Je dois rentrer � Elseneur.

Non, il est trop tard.

La�rte a provoqu� Hamlet en duel � cause de ton p�re,

ils sont pr�ts � se battre.

Non.

O� est ma s�ur ?

Elle saura me conseiller.

Je ne peux attendre.

Hamlet n'�coutera que moi.

Claudius t'enverra � la mort.

Je suis d�j� morte.

Tout est fin pr�t ?

Je viens d'oindre votre �p�e.

Une petite goutte a suffi.

O� est Hamlet ?

Jeune homme, quel est ton nom ?

Osric, Sire.

Va chercher Hamlet, dis-lui de venir, le combat va commencer.

� vos ordres, Majest�.

Vous n'avez rien � craindre.

Ferons-nous des paris ?

Je n'ai que peu d'app�tit pour les paris.

Je parierai sur La�rte si vous me l'accordez.

Hamlet est de tr�s loin le meilleur bretteur.

Le meilleur bretteur ne gagne pas toujours.

Deux ennemis se partagent votre c�ur.

L'un est bassesse, l'autre est bont�.

Oph�lie ?

En chair et en os.

Vous �tes vivante ?

Mon amour.

Vous �tiez... vous �tiez dans mon r�ve.

Et quand j'ai ouvert les yeux, vous �tiez l�.

Vous devez comprendre,

je ne veux pas me battre.

C'est le v�u de La�rte.

Votre soif de vengeance est-elle �tanch�e ?

Non.

Elle br�le encore en moi.

Je le craignais.

Hamlet, nous pouvons tous deux prendre la fuite.

Nous pouvons nous r�fugier au couvent.

Toutes les histoires ne finissent pas par une bataille.

O� �tes-vous, Hamlet ?

Venez.

Je viens.

Je viens.

Maintenant.

J'ai jur� de me venger.

Vous avez jur� de m'aimer et d'�tre � moi.

Je suis � vous.

Oph�lie.

Je vous rejoindrai, Oph�lie.

Hamlet !

Au revoir, mon amour.

Le voici !

- Courage, Hamlet ! - Courage, La�rte.

Peut-�tre croyez-vous conna�tre mon histoire.

On vous a dit qu'elle se terminait par la folie,

par des c�urs bris�s,

du sang vers�, la perte d'un royaume.

C'est bien une histoire.

Mais ce n'est pas la mienne.

Je ne perdis pas mon chemin.

Je ne cherchai pas � me venger.

Au lieu de cela, je d�couvris le moyen d'esp�rer...

... qu'un jour je pourrais raconter ma propre histoire.

Tout comme un jour, mon amour...

... tu raconteras la tienne.

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