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Musique légère
Léger brouhaha
Déclencheur
-Il y a assez moi ?
-C'est-à-dire ?
-T'es loin, non ? On voit pas trop le tableau ?
-Bah... Si, mais on te voit bien quand même.
T'en fais pas. -OK.
-Top, Leslie.
-Ouais ? -Super.
-OK, lance la choré.
*Musique rythmée
*---
-C'était super ?
-Très bien.
-Ouais ? -OUAIS.
-Tu veux voir ?
Mets le retour, Théo.
-Ouais. On va le revoir ?
*Musique rythmée
*---
-La robe est magnifique.
Notre collection
est géniale. Les couleurs sont oufs.
-Le make-up est cool. -Mmh.
-Le jaune de la robe va pas trop avec le tableau.
-Je peux changer le jaune à l'étalonnage.
-On peut pas, non.
-C'est une collab. -Ouais, non.
-Change plutôt les couleurs du tableau.
-Super idée ! Ouais.
-Ouais. -OK.
-Ouais, super, on fait ça.
Musique intrigante
-Euh...
-Merci d'être tous venus à cette réunion
préparée depuis longtemps avec Maryline Ménard,
la généalogiste. -Mmh.
-Et ma collaboratrice, Jocelyne Jean-Baptiste.
Vous le savez, vous êtes les descendants
d'une femme née en 1873,
Adèle Meunier,
née Vermillard.
Maryline a mené une véritable
enquête. -Ah, oui.
-De deux ans, pour dévoiler vos liens familiaux.
Je vous laisse la parole.
-Merci.
Donc, Adèle Meunier a eu trois enfants,
dont vous êtes les descendants, répartis
en trois branches distinctes.
S'il te plaît...
Voilà. Donc, là, vous avez l'intégralité de votre famille.
Nous allons maintenant faire apparaître...
Euh... voilà.
On a mis en gris les personnes décédées.
Vous avez en couleur
toutes les personnes
de votre famille qui sont vivantes et qui sont peut-être ici.
-Nous avons fait
ces recherches,
car la communauté territoriale veut racheter la maison
et le terrain attenant d'Adèle Meunier.
Je passe la parole à M. Duquesne,
le responsable de la zone d'activités économiques.
-Concrètement,
nous voulons agrandir la zone commerciale existante
pour en faire un pôle européen très attractif.
Evidemment, il y aura un parking
de 3 000 places.
Et même...
Euh...
un écoparking,
qui se situera sur l'emplacement actuel
de la maison familiale.
-Alors, la maison, semble-t-il,
est restée fermée depuis 1944.
Elle ne peut être ouverte qu'avec les héritiers.
-Ah. -Vous choisirez 4 représentants
pour ouvrir la maison avec les autorités compétentes.
-Non. -Présente-toi.
-Non.
-Mais si, c'est...
Il le faut. -Non !
-Merci.
-Merci.
Petit rire
-Merci.
-Merci.
-Merci.
-Avec plaisir.
-Autorisez-vous l'ouverture de la porte ?
-Oui, allons-y.
Vrombissement
Fracas
Musique mystérieuse
-Oh, là, là !
C'est formidable, ces photos.
-Mmh.
-Non ?
-Ouais.
-C'est toute l'histoire de votre famille, ça.
-C'est quoi, ce tableau ?
Soupir -Je ne sais pas et...
il est assez beau.
-Ouais.
-Ca, je sais pas ce que c'est. -Mmh.
Soupir
-C'est touchant, quand même.
De se dire qu'on...
qu'on descend de tous ces gens-là.
-Ouais.
-Mmh.
-Alors, là, j'ai regardé.
Alors,
elle,
je crois que ça pourrait être ma grand-mère.
Et, si j'ai bien compris, là, c'est Adèle Meunier,
dont vous nous avez parlé. C'est ça ?
-Oui, ça pourrait bien être
Adèle Meunier, puisqu'il y a trois enfants.
Ophélie. -Mon arrière-grand-mère.
-François. Et le bébé, ce serait Louis.
-C'est ton arrière-grand-mère ? On est éloignés.
-Ah ! -Parce que...
C'est la soeur de mon arrière-grand-père, Louis.
Et donc, c'est ta grand-mère qui est partie vivre en Algérie ?
-Non, c'est ma mère.
-Ta mère ? -Ouais.
-D'accord.
C'est la grand-tante amoureuse d'un Algérien.
-Oui. -Je pensais...
-Elle a eu deux enfants d'un 1er mari.
Ensuite, elle est partie, elle a rencontré mon père, Mohamed.
Et je suis né de cette union.
-Voilà. -Ouais.
-C'est plus clair.
OK. Il bâille.
-Bon, bah...
-Ca va ?
-Oui. Non, pardon, je...
J'ai travaillé 15 h hier sur un shooting.
Je vais me poser dans un coin.
OK ? -OK.
-Vous avez vu ?
Il y a un calendrier de 1944.
Et les jours sont rayés jusqu'au 4 septembre.
Ils ont peut-être été victimes des bombardements sur Le Havre ?
-Ah. -La ville a été
complètement rayée de la carte. -Ah oui ?
-Autour de ces dates-là.
Musique mystérieuse Conversation lointaine
-Gaspard !
-Adèle ? -Gaspard !
Adèle !
Tu pars ?
-Oui.
-Pourquoi tu m'as pas dit que c'était aujourd'hui ?
-Je savais que c'était dur pour toi, mais...
tu sais, c'est dur pour moi, aussi.
Te le dire trop longtemps avant, c'était pire.
Tu m'aurais dit de rester.
-Bah, oui, reste.
Tu peux pas partir.
-Si.
Je veux aller à Paris, Gaspard.
Je veux savoir qui est ma maman.
-C'est dangereux d'aller à Paris toute seule.
-Je t'écrirai.
-Tu sais pas écrire.
-Bah, je...
je trouverai quelqu'un.
Soupir attendri
-Comme ça, tu penseras à moi.
-Ca va même pas tenir le voyage.
Hennissement
-Tiens.
-Doucement.
-M'en veux pas.
J'ai plus de famille ici et je sens que...
je pourrai pas grandir si je connais pas ma maman.
Le cheval renâcle.
Tu me fais confiance ?
-Bien sûr que oui.
Musique triste
Rire léger
Elle renifle.
Elle soupire.
-Seb ?
Ca va ?
-Ouais. -Bah, là,
il faut qu'on parte bientôt.
Je t'attends là-bas. -J'arrive.
Céline tape à l'ordinateur.
-Ca vous dit, on fait un tour de table ?
-Euh... -C'est-à-dire ?
-Je sais pas, on dit ce qu'on fait.
D'où on vient. Ce qu'on veut.
On est une famille. -Bonne idée.
-On se connaît pas. C'est bizarre. -C'est vrai.
-Bah, toi, par exemple, tu fais quoi, Seb ?
-Je suis créateur de contenus "digitales".
-D'accord.
-"Taux".
-Quoi ?
-Digitaux.
-Ah, oui, "taux". Des contenus digitaux.
-J'espère que tu n'en as pas créé qu'un.
Il rit. Rire gêné
-Et toi, tu fais quoi ?
-Je suis ingénieure dans le domaine du transport.
-D'accord. -Voilà.
J'ai fait un Master Prospective, Innovation, Disruption au Cnam.
Je travaille
sur des projets disruptifs pour une filiale de la SNCF.
-Disruptifs ? C'est-à-dire ?
-Oui, pardon.
Il y a 2 façons d'envisager l'avenir.
-Soit une suite logique du présent,
soit en intégrant l'idée de la rupture.
-D'accord. -Voilà.
-T'es plutôt de quel côté, du coup ?
-Je crois beaucoup aux ruptures.
Mmh.
Technologiques, je veux dire.
Rire léger
-Tu dis ça parce que tu viens de te séparer, non ?
-Euh, oui. Rire gêné
Enfin...
C'est un peu compliqué.
Petit rire
-Toi, je te demande pas.
C'est évident.
T'es prof de français. -Ah, oui.
-Absolument. Notification
Dans un collège. -Ouais.
-Aujourd'hui, un prof
doit aussi être community manager. -Ouais.
-Je passe ma vie sur WhatsApp.
Soit avec les parents,
les élèves ou les autres profs.
C'est infernal.
-L'administration doit toujours
vous presser le citron. L'Education nationale,
ils changent de ministre, mais c'est de pire en pire.
-Ouais. Je vais pas me plaindre,
j'aime mon métier.
Je bosse avec les élèves, pas les ministres.
Ca nous change pas grand-chose. -Ouais.
*Jingle de la SNCF
Elle râle.
Moi, personne me le demande...
-Pardon ! -Je suis apiculteur.
-Oh, là, là. -Ah, oui.
-APICULTEUR ? -Ouais, ouais.
-C'est bien. Il en faut. -Bien sûr.
-Pour le petit-déj. -Apiculteur,
c'est un peu réducteur. Je fais du miel, je m'occupe des abeilles,
mais je milite surtout beaucoup à l'UNAF.
-L'UNAF ?
-L'Union nationale de l'apiculture française.
On se bat contre la mainmise du grand capital,
toutes ces merdes.
Les OGM, les pesticides, les saloperies.
Si ça continue, on se rend pas compte,
il y aura plus d'abeilles. Téléphone
-Bah, oui.
-Excuse-moi, ma copine rentre
de Dubaï. -Ouais.
-Ouais. Allô ?
-Ce qui est extraordinaire...
*-Ouais, Seb, t'es où ?
-Dans le train.
*-Avec Capu et Lisa, on se prépare pour aller au Silencio.
*On fête le début de la fin de la Fashion Week.
*Tu nous rejoins ?
-Grave. *-Ah, cool !
*Ca va être ouf. Trop contente. A toute, bisous.
-Mmh.
-Elles indiquent aux autres abeilles
l'orientation du soleil et la distance.
C'est des danses spécifiques. C'est beau à voir.
-Ouais. -Des mouvements d'ailes.
Il imite les ailes.
Mmh.
-Des changements de rythme et d'orientation.
Roulis de la charrette
-Tout va trop vite, aujourd'hui.
Non ?
-Mmh.
-Les jeunes prennent plus le temps de vivre.
C'est vrai, ça.
Vas-y que je te fais ci, vas-y que je te fais ça.
Pop, pop, pop.
Et puis vous autres, la jeunesse,
c'est plus comme avant.
On avait le goût de dire des choses, juste comme ça.
Pour le plaisir d'échanger des politesses.
Je sais pas, moi.
"Bonjour, madame. Comment vont vos moutons ?"
"Bien, merci, monsieur. Et vous ?"
*Jingle SNCF
*-Mesdames, messieurs.
*Il est interdit de fumer dans l'enceinte de la gare.
-On se répartit les tâches ? -Oui.
-Et on informe les autres.
-Ouais. -Je peux appeler le promoteur.
C'est mystérieux de pas donner de montant et de pousser à vendre.
-Je trouve ça étrange. Je vais me renseigner sur le tableau
et les objets.
-On est sûrs ?
On est obligés de la vendre, la maison ?
-Non, on est pas obligés. -Bon.
-Si on sépare en 30 parts, c'est un peu...
-Ca va.
-On voit ça sur le groupe.
-A bientôt. -On s'appelle.
-Ouais, salut. -Je vais par là aussi.
-Salut. -Salut.
Musique douce
Conversations indistinctes
Rires
-Arrête.
-Regarde l'église !
-Escale ! Cloche
On arrive à l'escale !
On arrive à l'escale !
Rires
-Bonjour.
-Bonjour. -Bonjour.
-Vous allez à Paris ? -Oui.
-Vous y êtes déjà allée ?
-Non. -Nous non plus.
On... on vient du Havre.
Et vous ?
-Je viens de Saint-Jouin-Bruneval.
-Ah oui ! C'est pas loin.
Moi, c'est Lucien.
Lui, c'est Anatole.
-Excusez-moi. -On part travailler à Paris.
Et toi, tu vas faire quoi ?
-Je vais retrouver ma maman.
-Ah.
Cloche
Il rit.
Sirène de bateau
-Ma grand-mère m'a élevée.
Et là, elle vient de mourir.
Donc, j'ai décidé
d'aller retrouver ma mère à Paris.
Au moins pour la prévenir.
Mmh.
-Tu l'as pas vue depuis combien de temps ?
Cloche
-Vingt ans.
-Et tu nous avais pas dit que t'avais 21 ans ?
-Si, oui, j'ai 21.
Musique douce
-Et donc,
Anatole est peintre. -Peinture.
-Et...
Ils rient.
-Moi, je suis photographe.
-Parce qu'il sait pas dessiner.
-N'importe quoi ! Qu'est-ce que tu racontes ?
-C'est ça... -Non, non, non.
Il dit ça, car il est peintre.
Et dans quelques années, ça existera plus.
-Ca n'existera plus ? -Bah, évidemment !
Ca sert plus à rien. Il rit jaune.
Ca sert plus à rien. -Ca existera toujours.
Tu crois vraiment que ça peut disparaître ?
-Tout le monde le sait.
-La peinture, c'est pour les bosseurs,
la photo, c'est pour les fainéants. -Non, tu peux pas dire ça.
Arrête.
-Pourquoi vous voulez quitter Le Havre ?
-Tout se passe à Paris.
-Son oncle connaît du monde là-bas.
-C'est quelqu'un de très important.
-Du coup... -On va trouver du travail.
-Presque sûrs. -Sûrs.
-Presque sûrs. -Presque ?
-On en a déjà parlé. On est presque sûrs.
Tu l'as pas vu depuis longtemps. -Oui, mais c'est mon oncle.
-Mais ça fait longtemps. -Et alors ?
-Tu comprends ? -Il va me reconnaître.
Rire Non, mais...
-Je le connais pas. -Tu racontes quoi ?
Je te parie qu'il va nous trouver du travail.
-OK. -OK. Tu me paies un coup ?
-Les photographes pensent qu'à boire.
-Arrête ! N'importe quoi !
Il rit.
Propos indistincts
Ils rient.
Cloche d'école Brouhaha
-Valentina, comme d'habitude, c'est parfait.
Maïmouna, en forte progression.
C'est très bien. -Merci ! 18 !
-Alors, Malone, je sais plus quoi te dire ni quoi faire.
-Pourquoi ?
-"Jean Valjean, je connais pas."
-C'est vrai, je sais pas c'est qui.
Rires -Je sais pas qui c'est.
-Oui, moi non plus.
Brouhaha de la rue
-Donnez-moi une idée du montant. *-Je vous arrête. Vous êtes qui ?
-Je suis mandatée par 30 ayants droit.
C'est légitime de connaître le montant de la transaction.
Vous voyez ce que je veux dire ?
*-Légitime ? Je vous connais pas.
-Bon, écoutez, si vous le prenez sur ce ton,
on peut décider
de vendre ni la maison ni le terrain.
Léger brouhaha
Cri de rage étouffé
Connard !
Soupir excédé
-Ca va ? -Oui.
-Un peu. -Ah.
-Céline, ça va ? Soupir gêné
-Quel connard, ce mec !
Les femmes peuvent pas parler d'argent.
On est chez les fous.
-Elle fait un peu coincée.
-Non, elle est sympa. C'est Céline.
C'est Mme Business, quoi.
Son cerveau, c'est un tableau Excel. -Ah !
-Ouais.
Un peu reloue. Sympa, mais reloue.
Ou reloue sympa.
-Mmh. -Ouais.
Regarde un peu les photos.
-Oui...
-Descends, tu vas voir la maison.
-Ah ! Ah, ouais !
-Tu l'as vue ? Elle est belle ? -Magnifique.
-Tu sais ce qu'ils veulent en faire ?
-Non.
-Un supermarché, quoi ! -Mais non !
-Ouais, avec un parking. C'est n'importe quoi, enfin !
Encore un projet
européen de mes deux, putain !
-Ah ouais !
-Le maire, il croit qu'on voit rien, il est de mèche.
Il greenwash tout, il nous dit : "C'est écolo,
"il y a des panneaux solaires." Ils nous prennent pour des cons !
-Je voulais te dire, Guy.
Maman est fière de toi pour cette histoire familiale.
-Tu sais, ça me fait plaisir.
Je découvre des choses.
Sur moi, sur nous.
Sur notre famille, quoi.
Oh, là, là !
Elles travaillent, là. T'as vu ?
-Oui. -Ah, ouais.
Ah, vous m'avez manqué, là.
Mes chéries, mes abeilles.
Elles m'ont manqué !
Je suis bien d'accord, mes abeilles.
Faut pas aller vers le Roubion, il y a du Roundup.
-Adèle ?
Adèle ?
Réveille-toi.
Viens voir. -Qu'est-ce qu'il y a ?
-Viens.
Brouhaha
-T'as déjà vu un immeuble pareil ?
-C'est tellement beau ! Sirène
Petit rire
Sirène Brouhaha
-Ca doit être fou. -Impressionnant !
Il rit.
Brouhaha
-C'est immense ! -Incroyable !
-Regardez, on voit des gens là-haut.
-Il parait qu'on peut monter dedans.
-J'adorerais monter. Vous imaginez la vue ?
On décide d'y aller ?
-C'est impressionnant.
-On loge au-dessus d'un bistrot, le Rat mort.
-C'est un endroit connu.
-Voilà. Si jamais t'as besoin de...
-Il a raison. Ou même de...
-Non, c'est gentil, mais il y a peu de chances que...
-Avancez. Bienvenue à Paris.
-Ah bon ?
-Louis, les bagages !
-Bon, bah...
Au revoir.
-Au revoir.
-Au revoir.
Musique mélancolique -Merci, monsieur.
-Avancez, avancez.
-Bon...
Tu sais comment on y va ?
Musique rythmée
*-Le musée d'Orsay, musée...
*Propos indistincts
*---
Brouhaha léger
-Abdel ?
-Comment ça va ?
Rire Tu n'as pas changé.
-Oh... J'étais sûre que tu dirais ça.
Je sais que j'ai beaucoup changé.
J'ai pas encore trouvé la méthode
pour me restaurer comme les tableaux.
Elle rit. Allez, viens.
Je savais que tu serais là.
-Tu connais mon amour pour Baudelaire.
Elle rit.
-On se met là ?
Et toi, alors, comment vas-tu ?
-Je suis proche de la retraite.
Elle s'exclame. Déjà ?
-J'ai calculé qu'en 40 ans de carrière,
j'ai eu dans les 5 000 élèves.
-Oh !
-Est-ce que je leur ai apporté quelque chose ?
-Oh, bah, si !
Moi, tu m'as beaucoup apporté.
Bah, oui.
Mon goût pour l'histoire de l'art, c'est toi !
-Ouais. -Mais oui.
-Bah, je sais pas.
En tout cas, c'est ce que j'ai fait.
Elle acquiesce.
Tes filles vont bien ? -Oui.
-Oui ? -Elles ont plus de 30 ans.
-Oh ! Trente... Il acquiesce.
Mais là, je les vois presque plus.
Et ton fils ?
-Ecoute, ça va. Il vit à Lyon.
-Mmh. -Voilà, donc...
Je me retrouve seule.
-Mmh. -Mais bon.
J'ai le temps d'écrire mon livre.
-Tu écris un livre ? -Oui.
Un livre de conseils pour comprendre les chefs-d'oeuvre.
-Mmh. -Leur accorder du temps,
ne pas en voir trop à la fois, être seul face à la toile.
Se demander pourquoi l'un nous attire,
l'autre nous repousse.
Bribes de conversation
Musique mystérieuse
-C'est vrai. Elle rit.
-J'ai pas vu l'heure !
Montre-moi ce tableau dont tu m'as parlé.
-Alors...
Voilà.
-Mmh, mmh.
C'est sûr que ça fait impressionniste.
Avant la guerre, on en copiait pas, donc...
Euh...
Le mieux, si tu es d'accord, c'est de le montrer à Dounia,
une très bonne amie qui est conservatrice au musée du Havre.
-Au musée du Havre ? -Oui.
Allons-y ensemble.
Ca me ferait plaisir.
*-Je t'avais mis des coeurs et l'emoji bisous.
-Mais tu comprends bien...
Papi, quoi ?
-Je te dérange pas ? -Si.
Quoi ? -C'est pour savoir
si tu déjeunes ici.
-Oui. Je viens te voir après.
-OK, OK.
-Ferme et éteins.
-Ah, bon...
-Mettre un coeur à chaque fois, ça n'a aucun sens.
-Si, je te dis, pour moi, ça a du sens.
-On se voit jamais.
Et quand c'est prévu, tu me poses un lapin
et tu mets un coeur ?
-Bah, oui.
Pour moi, c'est important.
*-Pour moi, ça devient pénible.
Il soupire.
-Euh...
Y a de l'eau dans le gaz
avec Leslie ?
Petit soupir
Tu l'as revue, la chanteuse qui est venue ici
y a quelques jours ?
-Pourquoi tu me demandes ça ?
-Pour rien. Comme ça.
J'avais l'impression qu'elle te plaisait.
-N'importe quoi !
-Pas du tout.
-Bah, si.
Soupir outré
C'est toi qui l'aimes bien.
-C'est vrai.
Rire amusé Elle chante bien.
Il rit. -Qu'est-ce qu'il y a ?
-Non, rien. Je me demandais...
Tu vis avec ton grand-père ?
-Ouais, j'habite chez lui.
Ca te choque ?
-Pas du tout. C'était marrant de vous voir ensemble.
-Ouais, je comprends.
C'est un peu lui qui m'a élevé, donc...
J'ai un peu du mal à partir et à le laisser seul.
Tu vois ? -Je comprends. Il a l'air sympa.
-Ouais, il l'est. -Il l'est pas ?
-Si, si, il est cool.
On ira en bas, là-bas.
-Là ? -Ouais.
Musique douce Brouhaha
-Attention, là, dégagez !
Propos indistinct
Léger brouhaha
Musique techno -Vas-y.
Vas-y !
Encore.
Encore.
Commence doucement à lever les bras.
Très doucement, parfait.
Bips Voilà, encore un peu.
Tout doucement, vas-y.
Encore. Voilà, parfait !
A la flèche, commence à tourner.
Stop !
Vas-y, un peu, stop !
Encore.
Encore.
Vas-y.
Encore.
Euh, parfait. Et...
Mais sors. Continue la piste cyclable.
-T'es sûr de toi ?
-Ouais. Ca va être super. -OK.
-Remets les bras.
Vas-y, avance.
Parfait.
-Il y a pas trop que moi, là ?
-Euh... Que toi, ça pourrait marcher.
Mais j'essaie de mettre un peu de Paris avec toi.
C'est toi et Paris, disons. -OK.
Ca fait pas trop cliché "vieux Paris" ?
-Ecoute, Paris, c'est Paris.
C'est vieux, c'est cliché, mais...
Avec toi devant, ça fait un peu moins cliché.
Toi, tu déclichises à peu près tout.
-Ah, waouh, je déclichise...
Eh ben,
on essaie, alors. -Quand tu veux.
Musique douce à la guitare
Si la nuit m'écoute
Si le passé
Me parle
D'autres vies
Quelque chose me pousse
A te chercher
Dans les rues de la ville
La nuit m'a donné ton...
Visage
Je sais ton nom
Je sais ton âge
Je t'attendais
Depuis toujours
Comme s'il fallait
Me perdre pour...
Trouver un sens
A cet amour
Elle frappe.
Brouhaha de la rue
-Oui ? -Maître Gosset, c'est bien ici ?
-Oui, c'est ici, entrez.
-Merci.
-Mme Odette Vermillard m'avait mandaté, il y a 20 ans,
pour lui envoyer 100 francs chaque mois.
-J'avais que votre adresse pour la trouver.
Je...
-Elle m'apporte l'enveloppe chaque premier du mois.
Mais vous...
Vous ne l'avez jamais vue ?
-Non. Jamais.
-Eh bien...
Vous n'avez pas son adresse ?
-Non, je l'ai pas.
J'espérais que vous l'auriez.
-Non, je ne l'ai pas.
Il se racle la gorge. Je...
Je sais où est son lieu de travail.
-Ah oui ?
Brouhaha de la rue
-Oui ?
-C'est... c'est bien ici que...
travaille Odette Vermillard ?
-Euh, oui.
Déposez vos affaires ici.
Clochette
Suivez-moi.
Attendez là. Rires de femmes
-Non ! -Mais si, si, si.
-Déjà, désape-toi.
Elle rit. -Peut-être, mais c'est normal.
Il y avait au moins cinq chatons.
-Elle aimerait parler à Odette.
Brouhaha
-Vous désirez voir Odette ? Pour ?
-Je veux juste lui parler.
Petit rire
-Allez, venez !
Brouhaha
Les femmes rient.
Venez.
-Oh !
-Montrez-moi ça.
Rires
Vous attendez ici ?
-Oui.
Brouhaha
Porte
-Bonjour.
-Bonjour.
Pas précipités Rires
Porte -Ah, non !
Rires
-Bonjour.
Mme Yvonne m'a dit que vous vouliez me voir.
-Oui.
-Elle est où, Odette ?
Elle rit. -C'est le colonel ?
Elle rit. -Oui.
Dépêchez-vous, j'ai un client. Je peux pas le faire attendre.
Dites-moi.
Pourquoi vous vouliez me voir ?
-C'est Maître Gosset.
Il m'a dit que vous seriez ici.
-Adèle ?
-Oui, madame.
-Tu peux nous laisser ?
Eugénie ferme la porte.
Elle soupire.
Tu m'appelles pas madame, d'accord ?
Je suis ta maman, tu peux m'appeler maman.
-Si vous voulez. Je...
En fait, je suis passée voir Me Gosset.
C'est lui qui m'a dit que je pouvais venir
sur votre lieu de...
Donc, je suis venue, je...
Claquement de langue Pourquoi vous êtes jamais venue ?
-Tu peux me tutoyer.
-Pourquoi t'es jamais venue pour me voir ?
-Alors, elle est où, ma salope ? -Colonel !
Musique lyrique Brouhaha
Elle soupire.
-C'est tout ça que je voulais pas que tu voies.
J'avais pas envie que tu saches.
Quelqu'un ouvre la porte.
-Bah, alors, tu fais quoi ?
-J'arrive. -Oui, oui...
-Tu m'attends une minute ?
Je reviens tout de suite.
Je vais m'arranger.
Rires
-Ah, te voilà !
Quand même !
-Ca va pas être possible, aujourd'hui.
-Ah bon ? -Oui, désolée.
-Comment ça, Odette ?
-J'ai besoin de... Il me faudrait
un petit moment.
Une petite heure.
-On ne le fait pas attendre.
-J'ai rendez-vous. -Oui, on le sait.
Un instant, hein.
-Une petite heure. -Non, Odette.
Elle pleure. Cloches
Léger brouhaha
-Adèle !
Musique techno
*-I love my dress.
*---
*It makes me smile.
*---
*Yeah.
*Colors of love.
*---
*-Si la nuit m'écoute
*Si le passé
*Me parle d'autres vies
*Musique douce à la guitare
*Quelque chose me pousse
*---
*A te chercher
*Dans les rues
*De la ville
*---
*La nuit m'a donné ton...
*Visage
*---
-La réunion avec la famille a commencé.
-J'arrive. -Tu viens ?
-Oui. -Mais grouille !
Tu vas tout rater ! Soupir exaspéré
*-Je t'attendais...
*-...de ce tableau.
*-On a prévu de montrer ce tableau au musée du Havre.
*Mon amie du musée d'Orsay pense à un tableau impressionniste.
*-Moi, j'ai parlé avec le responsable
*de la communauté régionale
*pour obtenir la valeur de la maison.
*Il a rien voulu me communiquer.
*-Sincèrement, vendre cette maison
*chargée de l'histoire de notre famille
*pour en faire un hypermarché,
*ça me fait mal. -C'est Guy.
*-L'avenir, c'est mettre du béton partout ?
*C'est ça qu'on veut pour nos enfants ? Des parkings ?
*-A la campagne, on a des voitures. C'est pratique, les parkings.
-Vous avez un problème de filtre. *-Je sais !
*Je veux l'enlever, je sais pas faire.
*Ma petite-fille l'a mis. J'arrive pas à l'enlever.
-Allez dans "réglages". *-J'y suis.
*Il y a écrit "chat de réunion". C'est ça ?
-Non, c'est le "tchat" de la réunion.
Ca n'a rien à voir.
Allez dans "filtres". *-Le parking me choque pas.
*C'est plutôt la façon de faire.
*-Je suis d'accord.
*-Il faudra qu'on y retourne.
*Pour se renseigner sur le tableau et le reste.
-Oui. D'après mon petit-fils,
il y a des choses sur notre famille
dans la maison. *-Oui, il faut faire un inventaire.
*-Oui !
*Si ce tableau a de la valeur, y a peut-être d'autres trucs.
*-Si y a du fric à se faire, faut pas hésiter.
*-Vous avez parlé de...
*de photos anciennes ? *Exclamations
*---
*-C'est parti ?
-Ben, voilà !
*-Les photos anciennes.
*C'est un nid à emmerdes. En général, ça vaut rien.
*-Deux, trois jours là-bas, ce serait l'idéal.
-Mmh. *-Vous en pensez quoi ?
-Non, mais papi, trois jours là-bas, j'y arriverai pas.
Je suis à la bourre au taf.
J'ai un shooting
et deux clips à monter.
-De quoi tu parles ? Les shootings,
ça passe après. Téléphone
-Je prends l'appel.
-Oh, oh, oh ! -Quoi ?
-C'est la chanteuse, hein ?
Il rit. -Mais je t'emmerde.
Il s'exclame. Porte
C'est bon signe, ça.
*-Je te dérange pas ? -Non, pas du tout. Euh...
Alors, t'as pu mater ?
-Oui, j'ai vu ton montage.
J'ai trouvé ça archi-beau. Je suis choquée.
-OK. Ah, cool.
Euh, non, ça, c'est pas grand-chose.
C'est un petit montage que j'ai fait comme ça,
pour que tu te fasses une idée.
-Comparé au style que tu m'avais montré, c'est différent.
*J'étais pas convaincue.
-Oui, alors, ça, c'est parce que...
En fait, je fais des tafs alimentaires.
Et justement, là, je sens que j'ai besoin de partir ailleurs.
Et avec toi, ça m'aide, parce que...
j'aime tellement ta chanson, ça me porte.
*-Si je peux t'aider, c'est cool.
-C'est pas trop cliché, la Seine ?
*-Pas du tout. C'est simple, c'est beau, c'est Paris.
-Ouais, cool. OK, cool.
-Trois jours en Normandie, c'est rien.
C'est toute l'histoire de la famille, quand même.
Ca peut t'intéresser.
Musique douce à l'accordéon
Brouhaha
Il soupire.
Tintement
Aboiement au loin
Conversations indistinctes au loin
Claquement
Brouhaha lointain
Brouhaha
Une femme chante.
-Excusez-moi ? -J'arrive !
Et voilà ! -MERCI !
-Deux absinthes. -J'arrive. Tout de suite.
-Georgette ? -Oui ?
-J'ai acheté un cheval. -Non !
-Oui ! -Nanar !
Nanar, t'es au courant ?
Etienne a acheté un cheval. -Quoi ?
-Tu sais pour le cheval à Etienne ?
-Il a pas de cheval.
-Oui, mais maintenant, il en a un.
Brouhaha
Oui ? -Bonjour, madame.
Je cherche deux garçons.
Anatole et Lucien. Ils devaient loger au-dessus du café.
Vous savez si...
-Les deux Normands ? -Oui.
Je les ai vus sortir, mais pas revenir. Voilà !
Attends-les dans le fond.
Ils repasseront. -Merci, madame.
-Une carte !
-Georgette, du pain !
-Oui, je t'amène ça !
-Ca a duré presque trois jours.
-Bois pas de trop
Tu sais que t'es teigne
Et quand t'as un petit coup de sirop
Tu fous des beignes
Si tu te faisais coffrer un soir Dans une bagarre
-Y A PLUS PERSONNE QUI VIENDRAIT ME VOIR
A SAINT-LAZARE
-Je finis ma lettre en t'embrassant
Adieu, mon homme
Bien que tu sois pas très caressant
Je t'adore comme
J'adorais le bon Dieu comme papa
Quand j'étais petite
-ELLE EST SI BELLE ET SI GENTILLE Ils tapent.
-On l'aime bien -QUI CA ?
-Nini Peau d'chien -OU CA ?
A LA BASTILLE
A LA BASTILLE
-Des poires, des pommes, des salades.
Il y a tout sur mon étalage !
Clochette -Bonjour.
-Bonjour.
-Bonjour.
-Elle est arrivée hier soir ?
-Ouais. Elle vous cherchait.
-Il fallait l'envoyer là-haut.
-J'allais pas la réveiller.
-Ca va ?
-Alors,
il s'est passé quoi ? -Ouais ?
-T'as retrouvé ta mère ?
-Euh... oui.
-T'es pas restée avec elle ?
-Non. Elle balbutie.
En fait, elle pouvait pas me loger.
-Nous, on peut. -Oui, bien sûr, on peut.
-C'est possible ? Ca vous dérange pas ?
Georgette rit.
-Tu demandes à des charognards s'ils ont faim.
-N'importe quoi. -C'est pas du tout ça.
-Les emmerde pas,
laissez-les,
c'est le matin. -Au lieu de rien faire,
aidez-moi pour le déjeuner.
La petite paie pas la nuit, mais faites mes courses.
J'ai besoin de patates,
de lait et de beurre.
De la farine aussi !
-Oui, bah...
-Il faut aller où ?
-Chez Titi. C'est à Barbès, juste à côté.
-C'est sûr... -Et voilà !
C'est plus rapide par les champs.
-Merci.
-Merci. -Voilà.
-C'est cette porte ? -Oui, c'est ça.
Bêlements
-Ca doit être là, non ? -Je pense.
-Laissez-moi les deux seaux.
Je m'occupe des patates.
Allez chercher le lait.
Il est dans la grange. -D'accord.
-Y a rien, y a pas de lait.
On fait quoi, on l'attend ?
-Non, il a dit de se servir. -C'est où ?
-Bah, là, derrière.
-Où ça ? Beuglement
-Ah, ouais, d'accord.
Oh ! Rires niais
Beuglement
-Vous pensez que c'est par là ?
-Je sais pas.
-Excusez-moi, la rue Caulaincourt ?
-Euh... c'est là-bas.
Après le potager, à gauche.
-Merci ! -Merci.
-En France métropolitaine... -Ouais ?
-Y a plus aucune, mais aucune forêt primaire.
-C'est-à-dire ? -C'est-à-dire
que tout a été planté par les hommes.
Toute la verdure que tu vois,
ça a été planté par l'homme.
-Exactement. -Ah.
-Je disais ça, car c'est difficile de définir ce qu'est la nature.
-C'est vrai.
-Me permettez-vous de procéder à l'ouverture ?
Ils rient. -C'est vrai...
-Il était...
-Procédez donc.
Elle soupire.
-Bon, alors. -On en a pas parlé,
mais on fait quoi ?
-Soyons méthodiques. -Ouais.
-Chacun choisit une pièce et liste les objets.
-OUAIS. -Notez ça sur vos smartphones.
Ca vous va ? -Euh...
J'ai un phone, mais bon, il est pas très smart.
Ils rient.
Musique mystérieuse
C'est incroyable !
C'est trésor sur trésor, là-haut !
-Eh !
Il y a des objets intéressants !
Je fais la liste. Ca va être long, là-haut !
Soupir
Soupir d'effort
-Tu peux le poser.
Voilà.
Comme ça, on a un lit en plus.
Et on peut poser un drap. -Oui.
-Comme ça, tu seras plus tranquille.
C'est pas mal, là.
C'est bon, c'est prêt ? -Oui.
-Bougez pas.
-A midi, on a une formule.
-Anatole, viens voir.
-Quoi ? -Viens voir !
Léger brouhaha
-C'est qui ?
-Je sais pas.
-Tu crois vraiment ce que t'as dit sur la peinture ?
-J'ai dit quoi ?
-Que ça existera plus, à cause des photographies.
-Bah, ouais, je pense.
Pourquoi les gens voudraient continuer à peindre ?
-Regarde.
Anatole sait que la photographie existe, et pourtant,
ça lui donne pas envie d'arrêter.
-Ouais, c'est vrai.
Je comprends pas pourquoi.
-Alors, ça, c'est mes croquis.
Un carnet que je tiens.
-Mmh.
-Bah, c'est joli, quand même, ce qu'il dessine.
-Bien sûr que ça l'est. Attends.
Regarde ça.
C'est une de mes photos.
Regarde tous les détails. Les tuiles,
les reflets dans l'eau, les arbres.
C'est si beau !
Aucun peintre ne peut faire ça.
Aussi précis.
-C'est fou, quand même.
-Bah, ouais.
-Non, mais je veux dire...
Comment les gens font pour inventer ces machins ?
-Tu sais, en fait, le principe de la photographie,
c'est assez simple.
Quand t'épluches une pomme... -Mmh.
-Si tu laisses la moitié au soleil,
elle va devenir marron.
-Mmh.
-En revanche, si tu la laisses dans le noir,
elle reste blanche.
Une photo, c'est pareil.
-Très bien.
Vous avez un trait, c'est ce qu'il me faut.
Rendez-vous demain matin. -D'accord.
-Vous ferez un essai.
-A demain. -Oui.
-Merci.
Merci.
-Anatole, je peux te demander quelque chose ?
-Euh, ouais.
-Est-ce que je... Soupir gêné
J'ose pas demander.
-Si, vas-y.
-Tu sais écrire, toi, non ?
-Oui, bien sûr.
Raclement de la plume
-"Tu me manques beaucoup.
"Tu m'avais dit,
"il y a longtemps, que...
"Que j'étais faite pour apprendre à écrire.
"Je ne sais pas si c'est vrai, mais...
"là, je me rends compte à quel point
"j'aimerais tant savoir faire ça.
"J'ai vu ma maman, je sais pas ce que je dois faire.
"Je te raconterai. J'ai pensé à rentrer,
"mais je sens qu'il y a des choses
"que je dois approfondir, ici, à Paris."
Musique douce
-C'est fini ?
-"Adèle."
-C'est bon.
Je vais faire les dessins de la boulangerie.
-Non ! -Si !
-Incroyable !
Bravo !
Rire timide
-Il m'a commandé une fresque.
Une allégorie des moissons.
Peindre des gens dans les champs,
de façon très réaliste.
-Bravo. -Une technique que je connais pas.
-Tu vas apprendre. -Et tu paieras vos repas.
Mmh ? J'aime les artistes comme ça.
-Bravo.
Je suis contente pour toi.
-Adèle ?
-Oui ?
-J'aurais besoin de prendre mon carnet.
Dis-moi quand on peut ouvrir.
-Oui.
Dans pas longtemps.
-Quoi ?
-Rien.
-Pourquoi tu me regardes comme ça ?
Rire gêné -Mais rien.
En fait, si, c'est pour mon travail.
-Ah oui ?
-Je dois dessiner une jeune fille,
mais j'ai presque jamais fait de nus.
-De nus ? C'est quoi ?
-Tu demandes à des gens de poser nus,
pour apprendre comment c'est fait, un corps.
-Vous faites ça ?
-Ouais. Rire léger
-Toi, t'as déjà fait ça ?
-T'es obligé, pour apprendre dessiner.
Mais j'en ai pas fait beaucoup.
-Y a des filles qui font ça ?
Qui acceptent ? -Oui, il y en a plein.
Il déglutit. -Ouais, ouais.
Elle rit.
-Quoi ?
-T'es bon, toi.
-Quoi ?
-Ben, je... je te vois venir, là.
-Mmh.
Quoi ? Elle rit.
-Tu voudrais me demander de faire ça ?
-Oui, je demandais si tu pouvais, peut-être, poser pour moi.
-Me mettre nue devant toi ?
-Oui. On habite la même chambre, ce serait pratique.
Ouais. Ouais.---
Ouais. -Tu serais d'accord ?
-Si je fais ça,
tu m'apprendras à lire et à écrire ?
-Ah, oui !
Oui. -Ca va ?
Vous faites quoi ?
Vous faites quoi ?
Elle rit.
-Bah...
-On se réveille. -Mmh.
-Photographe ? -Mmh.
-Et voilà ! -Merci.
-Où sont les deux autres ?
-Ils ont dit qu'ils descendaient.
-Ah bon ?
-Nanar ! -Alors, ça,
c'est un Lancaster & Son Instantograph.
-Ah !
-C'est très pratique, on peut l'emmener partout.
-Mais vous savez l'utiliser ?
-Bah, oui, je fais ça depuis longtemps.
-Oh, c'est dingue.
-Si vous voulez que je vous tire le portrait,
c'est possible.
-Ah, oui ! -Bah, oui !
Oui, oui !
-Choisissez une belle robe et... -Oui ! Oui !
-Je choisis un beau décor.
-Rose a de belles robes.
Elle rit.
-Pourquoi tu dis ça ?
Elle rit. -Quoi ?
-Je sais pas. -Rose,
quand on lui donne à nettoyer... -Non, Violette.
-Quoi ? -Rien, rien.
-C'est quoi ? -Il y a rien.
-Quand on lui donne une robe à nettoyer
qui lui plaît,
bah, elle la met, le soir. -Non !
-C'est pas vrai. -Pour se pavaner.
-Arrête, j'ai jamais fait ça ! -Tu voles
les robes des clientes ? -Jamais !
C'est arrivé une ou deux fois.
Je suis pas une voleuse.
Je suis une bonne blanchisseuse.
-Oui. -Hein ?
-Oui. -Eh oui.
J'emprunte parfois des robes. Rires
J'y fais attention. -Mais tu les rends ?
-Evidemment ! Je les lave, même, après.
-Bon, vous me direz quel jour vous voulez faire ça.
-Oui, là, plie ton genou, un peu.
Plie-le.
Euh, fléchis un peu plus le pied.
C'est bien. Tourne le visage vers la fenêtre.
Tu peux mettre ta main droite un peu plus haute ?
Monte le menton.
C'est très bien. Bouge pas.
-Me regarde pas comme ça.
-Je dois te regarder, si je te dessine.
On frappe.
-Oui ? -Non !
-Quoi ? -Ouais ?
-Il y a quoi ?
-J'ai trouvé un trésor.
-Ah bon ?
-Un trésor ?
C'est... -Regardez.
-C'est là ? C'est ça ? -Ouais.
Regardez. -Arrête !
-Ah, c'est ça ?
-Bah, oui. Des documents, des photos, des lettres.
"Lundi 13 mai 1895."
-"Chère Adèle.
"Voilà
"plus d'un mois
"que tu es partie."
-"J'ai envie de te voir.
"J'ai des choses à te dire, mais j'attendrai ton retour."
-"Pour te dire ces choses que j'ai à te dire.
-"Mais que je te dirai quand nous serons tous deux,
"tout seuls, à ton retour."
-On ne comprend rien, là.
Vous voulez lui dire quoi ?
-Bah, que j'ai envie...
-Envie de... -Que j'ai envie de...
de lui dire que Marguerite a mis bas.
-Eh bien, voilà.
Ca, elle va être contente. -Mmh.
"La Marguerite a mis bas.
Rires attendris
"Le petit veau va bien."
-"On l'a nommé Minot,
"parce que je me souviens que tu aimes les chats.
"J'espère que tu n'as pas de soucis."
-"Et que...
"tu te portes aussi bien que Minot."
-"Que tu te portes
"aussi bien que Minot."
Petit rire
-"Le temps est long sans toi."
-C'est beau, ça.
-Ouais.
-"Nous t'attendons tous avec impatience."
-"A bientôt, Gaspard.
"Gaspard.
"A bientôt, Gaspard." -"Gaspard."
-"Gaspard."
-"Gaspard."
-Merci.
-Bon, c'est des bonnes nouvelles.
-Oui.
-C'est étrange, leur écriture.
C'est très distant, très pudique. Presque maladroit.
-Plus simple. -Ils avaient peut-être pas
un lexique très développé.
-Attends, elle est à Paris, en fait.
-Ouais. -C'est ça.
-"Un mois que tu es à Paris."
-Ah, oui.
-S'il lui écrivait après un mois, je suis sûr qu'on va...
-Cherche d'autres lettres.
Léger brouhaha
Elle soupire.
-Je suis heureuse que tu sois revenue.
Je te trouvais pas.
J'ai eu peur de jamais te revoir.
-Ca aurait rien changé par rapport à avant.
-Si.
Ca aurait été très différent.
-Bah, non.
-Pour moi, si.
Vraiment très différent.
Tu m'en veux, hein ?
-Ben, oui.
Oui, bien sûr que je t'en veux.
Si un jour j'ai des enfants, jamais je pourrai faire ça.
De les abandonner et de jamais les...
-Je t'ai pas abandonnée.
-Oui, je sais.
T'as envoyé de l'argent, c'est ça ?
-Oui.
C'était ma façon de pas t'abandonner, de penser à toi.
-C'est pas une façon de penser.
Pas une vraie façon de penser à moi.
Léger brouhaha
Quoi ?
-T'es quand même mieux comme ça, non ?
Tu fais un peu plus parisienne.
Je m'entendais pas avec ma mère.
Visiblement, elle a été gentille avec toi.
C'est tant mieux.
Elle supportait pas qui j'étais.
Quand t'es née, c'est elle qui a pas voulu que je reste modèle.
Elle a voulu te garder.
Je devais changer de métier, si je voulais te voir.
Pour elle, les modèles étaient des traînées.
Alors que non, pas forcément.
Toutes les modèles ne deviennent pas ce que je suis devenue.
Moi, j'aimais vraiment ça.
Etre modèle.
Rencontrer des artistes.
-C'est pas une raison suffisante.
T'aurais pu essayer de me revoir, malgré tout.
-Je sais que ça t'a manqué.
Pardonne-moi.
C'est compliqué de t'expliquer, mais crois-moi, c'était pas facile.
J'ai jamais pu l'expliquer à ma mère.
Elle s'est bien occupée de toi ?
-Ouais.
-Comment elle va ?
-Elle...
Elle vient de mourir.
-Ca te fait quelque chose ?
-Bah, oui.
-J'ai l'impression qu'on fait une enquête.
-Mmh. Ouais, j'avoue.
C'est troublant d'entrer dans l'intimité de ces gens.
-Quand tu dis "ces gens", bah, ces gens, ils sont de notre famille.
Moi, j'ai l'impression que, en découvrant des choses sur eux,
on découvre des choses sur nous.
-Tu dis la même chose que mon père. -Ouais.
-Il m'appelle jamais et là, tout le temps.
Il veut savoir où on en est, ce qu'on a appris.
*-Bonjour, vous êtes sur le répondeur de Thomas...
*Bip Elle soupire.
*Musique douce Léger brouhaha
*------
-Ca va pas ?
*------
*--- Petit soupir
-C'est juste ma vie qui est un peu...
-On peut faire quelque chose ?
*---
-Non, je crois pas.
*---
-J'y vais.
*---
*--- Elle soupire.
Je crois que...
Aujourd'hui, l'amour a besoin d'être réinventé.
Elle se mouche.
J'ai lu ça,
je sais plus où.
Dans un train, je crois.
-Ah oui ?
-L'amour, c'est une réinvention de la vie.
Et réinventer l'amour,
c'est réinventer cette réinvention.
*--- Petit rire
J'adore cette phrase.
De toute façon, pour moi, la relation homme-femme,
elle n'est plus envisageable de la même manière.
Céline renifle.
-Ah, non, vous pouvez pas être ici.
-Je vous emmerde.
-Bah, Guy !
-C'est incroyable !
Je suis là pour un truc !
Réfléchissez un peu !
-Oui, d'accord... Bonne journée !
Elle rit.
-Mais elle a aucun tact. Non, mais...
Pardon, excuse-moi. -Non.
Non. -Pardon, je gère.
-C'est pas la peine. -Attends. Madame ?
-Bah, tiens.
-Rien à voir. -Non.
Donne-moi ça. -Attends.
-Je vais l'éteindre. -Non, Guy.
-Confisqué. -Guy !
-J'éteins le portable.
C'est bon, c'est fini.
-Bah... -Tu vas te sentir mieux.
Allez. -T'as raison.
-Ouais.
Il soupire.
-Bon...
Désolée de ramener une ambiance pourrie.
-Mais non. -Non, mais...
-On est en famille.
-T'inquiète pas, on a tous nos problèmes.
-En fait, c'est mon mec.
Enfin, en fait, je pensais que ce serait mon mec,
mais comme d'habitude, il avait super envie,
mais pas assez, donc, pas envie de se fixer.
Fin de l'histoire.
-Si je peux me permettre,
un de perdu...
-Mais ouais, dix de retrouvés !
-Surtout quelqu'un comme toi.
-C'est sûr. -Tu dois pas avoir de mal...
Pour... -Si, si.
Ils rient.
-Si tu veux un peu de love, va en Italie.
-Euh, le "e",
c'est écrasé, la boucle, c'est le "l".
-Ouvre !
-C'est bon, elle t'en a trouvé une.
-Normalement, c'est ta taille.
Par contre, fais attention.
Si ma patronne l'apprend, elle me tue.
-Promis, je fais toujours très attention.
-Tu vas voir, elle est si belle.
-T'es prête ?
-Mmh.
Elle soupire.
"Quintette à cordes n.3"
Brouhaha
-On vient juste d'arriver.
-Avec du jus de citron, c'est pas mal du tout.
-Etonnant. Vous devriez goûter.
-Je te présente Anatole et Adèle.
-ENCHANTE. -Mon oncle.
Théophraste.
-Théophraste, enchanté.
Alors, ça vous plaît ?
-Ah, oui, c'est fou. -C'est beau.
-Très beau. Les paysages aux murs...
-Asseyez-vous.
A Paris, y a pas plus moderne.
Tout le monde est là.
Quand verra-t-on vos oeuvres ?
-Bientôt, à Montmartre... -Oui.
Applaudissements
-Ah, c'est Sarah Bernhardt.
-C'est qui ?
-Sarah ?
Donnez-leur quelque chose.
Une réplique,
pour Paris.
-Chut.
-Soleil,
je te viens voir
pour la dernière fois.
-BRAVO.
-Formidable ! -Bravo !
-Bravo !
- Exceptionnel ! -Bravo !
-Hé ! -Ah !
Il rit. Théophraste.
Comment ça va ?
Tu as toujours les bonnes adresses.
-Pareil pour toi, hein ?
Ils rient. Je te présente mon neveu,
Lucien.
Je lui parlais de toi.
Il veut devenir photographe.
-Bonsoir.
-Enchanté. -Enchanté.
-Passez me voir.
Les neveux de mes amis sont
presque mes neveux.
Ils rient.
-Vous êtes partout.
-J'en dis autant de vous.
Mmh ?
Musique classique
-Félix !
-Oui, j'arrive.
-C'est Félix, un ami
et un grand photographe.
-Je sais pas si je pourrai rester.
Le problème avec Paris, c'est que la vie est chère.
-Vous n'avez pas l'air d'avoir de problèmes.
Elle rit. Mmh ?
-Mais cette robe est pas à moi.
J'ai dû l'emprunter.
-Ecoutez, jolie comme vous êtes,
vous trouverez des façons de gagner de l'argent facilement.
Mmh ? Elle soupire.
-Que voulez-vous dire ? -Des gens pourraient...
facilement avoir envie de vous offrir des robes
comme celle-ci.
-J'avais 20 ans quand t'es née.
J'étais modèle et un homme riche voulait s'occuper de nous.
Il l'a fait, mais que pendant quelques mois.
Et il m'a demandé de te confier à maman.
Il m'a entretenue quelques années, puis il s'est lassé.
Et il m'a vite foutue à la porte.
A ce moment-là, j'ai voulu te revoir.
Mais maman n'a pas voulu.
Alors, il a fallu que je fasse un choix.
Ouais.
J'ai choisi de pas retourner en Normandie.
J'avais envie de vivre, d'être libre.
Et surtout, de pas écouter ma mère.
-Et c'est qui, mon père ?
-J'avais deux amants, à l'époque.
Un peintre et un photographe.
Le photographe était déjà très connu.
Le peintre ne l'était pas, mais il avait quelque chose
d'un peu particulier.
Je sais pas, je l'aimais bien.
Je sentais qu'il avait du talent.
-C'était qui, le photographe ?
Brouhaha
-Euh, Félix Nadar.
-Félix Nadar ?
-Ouais. Tu le connais ?
-Bah, évidemment !
Il a salué mon oncle, l'autre soir.
C'est lui
que je dois passer voir. -Attends, lui ?
Je sais pas si j'oserai le revoir. -Ah, ben...
-Si c'est ton père, tu dois savoir.
Brouhaha
-Je vais vous demander un léger sourire.
Ca, ça, ça.
Ca, voilà !
Attention, on ne bouge plus.
On ne bouge pas.
On ne bouge pas...
On ne bouge pas.
Et voilà.
C'est fini, vous pouvez bouger.
Il rit. Aidez-la, Timothée.
-Oui. Madame ?
-Merci.
-Je vous en prie.
-Merci, monsieur Nadar. -Je vous en prie.
Je vous montrerai le résultat d'ici deux semaines.
-J'ai hâte.
-Les photos de famille, ça a plus rien à voir.
On ne pose plus du tout de la même façon.
-C'est normal.
Aujourd'hui, c'est n'importe quoi.
On prend des photos tout le temps, des selfies.
Pour prendre une photo, t'en prends cinq.
-Tu sais ce que j'ai lu ?
En deux minutes, on en prend plus que pendant le XIXe siècle.
-Toutes les deux minutes ? -Ouais.
-Aujourd'hui, tout le monde est photographe.
On peut tous faire de belles photos.
-C'est pas parce que t'as un appareil
que t'es un bon photographe.
Toi, justement, tu me montres ton genre de photo ?
-Ouais, j'ai mon Insta, mais c'est pas représentatif
de ce que j'aime faire.
Euh, ça, on s'en fout... Alors, non...
Tiens. Regarde, ça, j'aime bien.
-Ouais, je comprends.
Elle est bien, celle-là.
-Je pourrais pas te dire ce que j'aime dans cette image,
mais il y a un truc.
-Mmh.
-Au Havre, j'ai travaillé pour Firmin Kaiser
et Gustave Le Gray.
-Je connais le travail
de Gustave.
Vous maîtrisez les plaques au collodion sec ?
-Non, surtout les plaques au collodion humide, mais...
-Excusez-moi, mais je...
J'ai l'impression de vous connaître.
Est-ce que je vous ai déjà
photographiée ?
-C'était sans doute ma mère.
Elle vous a bien connu.
-Ah. Comment s'appelle-t-elle ?
-Odette. Odette Vermillard.
-Odette... Ah, oui !
Odette, bien sûr.
Je l'ai bien connue.
Enfin, c'était les années 1870.
On était fous.
Rires légers
Je vais voir
si je retrouve pas quelque chose.
-Voilà.
Voilà.
Odette.
-Je connais celle-ci.
-Et vous,
je peux vous photographier ?
Très bien.
Voilà, on va faire la mise au point.
Il soupire.
Bougez pas.
Voilà.
-Elles ont été photographiées
par Nadar. -C'est incroyable.
Ouais. -Elles étaient belles.
-Avec Seb, on se disait qu'elle, c'était la mère d'elle.
-Ah, oui. -C'est fou. Peut-être.
-Elle fait un peu plus jeune.
-Elles ont vraiment un mystère, ces photos.
On se demande c'était quoi leur vie.
Non, mais là, moi, ça me...
ça me fait partir très loin.
Très loin.
-Non, mais t'imagines ?
Je vais peut-être travailler pour Nadar !
Elle rit.
Bon, alors ?
Tu penses que c'est ton père ?
-Non.
Je sais pas. J'ai rien ressenti de particulier.
-Prochain arrêt...
-J'imagine pas que c'est lui. -Saint-Louis !
*Musique douce Rires
-Ah, voilà !
*---
-Oh ! Elle rit.
-J'ai rencontré M. Nadar. -Ah oui ?
Et alors ?
-Il se souvenait bien de toi.
Elles rient.
Mais je... je sais pas.
J'ai rien ressenti et lui non plus, je crois.
*---
Elle soupire.
Et le peintre ?
C'était qui, le peintre ?
Cris des mouettes
Sirène de bateau
-Ah !
C'est Calixte.
-Bonjour !
-BONJOUR.
-Bonjour.
-BONJOUR.
-Calixte, enchantée.
-Bonjour.
-Alors, ben, Dounia.
Nous étions à l'école du Louvre ensemble.
C'est une spécialiste des impressionnistes.
-Ah. -Eh oui.
-Et donc, Abdelkrim, mon ex-professeur, au lycée.
Mais pas que... Rires
-Oui, et mes cousins,
euh, Céline. -Oui, enchantée.
-Enchantée. -Guy.
-BONJOUR. -Et Seb.
-Bonjour. -Bonjour.
-Enchanté, bonjour. -BONJOUR.
-Vous me suivez ?
-Oui. -Allez.
-Et là, nous avons
une très belle collection
d'Eugène Boudin.
Un précurseur.
-C'est beau. Avant, on faisait... Guy rit.
Depuis l'invention du tube...
-Hé ! Hé, Abdel !
-Quoi ?
-Tu nous expliqueras "mais pas que" ?
-Non, il y a rien à expliquer.
-Enfin... -Allez !
-C'était une bonne élève. -Attends !
Ils rient. -Non, mais...
Il balbutie.
Il l'imite.
Ils rient.
-Abdel !
-Je ne l'avais vu qu'en photo, donc j'avais des doutes, mais là,
c'est clair qu'il appartient à un impressionniste.
-C'est troublant, oui.
C'est pas le tableau d'un amateur. -Mmh.
-C'est clairement de l'époque impressionniste.
-Ah oui ? -Mmh.
-Il y avait ça, aussi,
dans la maison.
Vous savez ce que ça pourrait être ?
-La toile semble de la même époque.
En revanche, le style, lui, est bien plus moderne.
Ou alors, c'est juste une ébauche.
C'est difficile à dire.
-Ce que je peux vous proposer,
c'est des analyses plus poussées.
Avec les rayons X et la microfluorescence,
on aura des données plus tangibles. -Mmh.
Puisque nous sommes là,
je peux pas m'empêcher de vous montrer un lieu mythique
de l'histoire de l'art.
Voilà.
Alors, c'est ici
sur le quai de Southampton, le Grand Quai,
que se trouvait l'hôtel de l'Amirauté.
Il était à peu près là. C'est depuis cet hôtel
que Monet a peint ce qui est considéré
comme le 1er tableau impressionniste,
"Impression, soleil levant".
Voilà.
C'est en voyant cette oeuvre et en ne la comprenant pas
qu'un critique d'art
de l'époque, Louis Leroy,
a baptisé l'impressionnisme.
-Ouais, bah, c'est...
Ca a un peu changé, quand même.
-Ah, oui. -C'est vrai que...
-Merci.
-Voilà.
-Sympa. -Je t'ai dit.
Calixte rit.
-On s'assoit.
Ils rient.
-Euh...
Je sais pas m'y prendre,
mais ça fait longtemps que...
que je voulais vous en parler. Voilà.
J'ai ramené de l'ayahuasca.
-Mais non !
-C'est-à-dire ?
-Vous connaissez pas ?
-Je... -Bah, si.
-Non. -Si, si.
-Connais pas.
-Je sais pas si vous y croyez, mais moi, oui.
C'est une plante chamanique,
qui permet de rentrer en communication avec les anciens.
-Si ça marchait, ce serait insensé.
-C'est gentil, merci,
mais moi, les rites chamaniques, je n'y crois pas trop.
-Je crois que ça marche même si on y croit pas.
-Ca marche pour tous.
Je veux bien essayer.
-Mais non. C'est pas dangereux ?
-Comme toute expérience mystique, ça l'est.
Voilà.
On sait pas où on va, on sait pas quand on revient.
-Ouais. -Mais c'est une expérience.
-Là, c'est bien, merci. -Tiens.
-Pour l'instant, je ne sens rien.
-Mmh.
Le vent souffle.
Cri d'insecte
Le vent souffle.
Elle soupire.
Le vent souffle.
-Moi aussi, je veux bien.
Ils halètent.
Le vent souffle. Elle gémit.
Musique psychédélique
Cris---
Elle hurle.
Musique intrigante
-Très étrange.
On dirait le tableau d'un enfant.
-Ah bon ?
Ou alors, ce tableau n'a pas été terminé.
-C'est consternant.
-N'est-ce pas plutôt votre regard qui n'est pas prêt à appréhender...
-Calixte. Non. -Oui...
-C'est peut-être une nouvelle vision.
-Vous êtes prêts ?
-C'est Félix Nadar. -Mais oui !
Oh ! -On bouge plus.
-Berthe Morisot.
-Ah bon ? -Pissarro !
-On bouge pas. -Degas, Sisley, Cézanne.
Renoir.
-On bouge pas. -Claude Monet !
Elle soupire.
-On ne bouge pas.
-Calixte, ils font une photo.
-Vous pouvez bouger. -Oh, là, là.
-Très bien.
Berthe rit. Hein ?
-Oh, c'était long.
Léger brouhaha
Rires
Bon, allez !
Petit rire
-Vous êtes Adèle ?
-Non, moi, c'est Odette.
Adèle, c'est ma fille.
-Odette ?
-Waouh, waouh... -Tu viens faire quoi ici ?
-J'étais curieuse de voir tes tableaux.
Et puis je voulais te la présenter, aussi.
Adèle babille.
-Viens, suis-moi.
-Oh...
Waouh...
-Que veut dire cette toile ?
-Là est la question.
-C'est "Impression, soleil levant".
-Impression ? -Ouais.
C'est le premier tableau impressionniste.
-Impressionniste... Légère exclamation
-J'aime la formule.
-Ca te fait quelque chose ?
Adèle babille.
-Bien sûr.
-Je suis la fleur
des murailles Dont avril est le seul bien
Il suffit que tu t'en ailles
Pour qu'il ne reste plus rien
-Voilà. -Mmh.
-C'est magnifique. Magnifique. -Merci.
-Je suis très fan, vraiment.
-Vous êtes ? -Je...
Je suis admirative, pardon.
-Ah ! Rire gêné
Puis-je avoir votre adresse ?
Je voudrais vous envoyer un...
recueil.
-Un recueil ? -Mmh.
-Oui.
Adèle babille.
-Tu te souviens ?
-Oui.
Tu l'as gardé ?
-Bien sûr.
Cet instant
qui était important pour toi,
il est devenu important pour moi.
-Comment elle s'appelle ?
-Adèle.
-Victor Hugo m'a draguée.
-Mais arrête !
-Si. Victor Hugo. Regarde !
-Ah, ouais !
-Tu vois ?
Coucou.
Oh, là, là...
Viens avec moi.
Viens !
Non, me touche pas.
-Ca aurait été plus approprié
de finir vos toiles avant de les accrocher.
Rire gras Rires moqueurs
-Tu te prends pour qui, toi ? -Hé !
Tu y connais quoi ? -Calixte !
-Oh ! -Connard !
Connard ! -Calixte !
-Ca va pas ? Calmez-vous.
Vous savez à qui
vous avez affaire ? Elle grogne.
-Tu n'y connais rien ! -Comment ça ?
Elle grogne. -Monsieur Leroy !
Monsieur !
Musique mystique Dispute étouffée
-Quoi ? Je suis un expert. -Non !
-Monsieur Leroy !
Il inspire.
-Hé, ça va ?
-Seb ?
Seb soupire.
Seb ?
Il soupire. -Ca va ?
-Seb ? Seb ? -Ca va ?
-Seb, Seb ! C'est nous. Il gémit.
Ca va ? Il soupire.
-Oui.
-Ca va ?
-Ouais, c'était dingue.
-Ah ouais ? -Ca a marché pour toi ?
Ca m'a rien fait.
-Ca a marché. Victor Hugo t'a draguée !
-Victor Hugo ? -Oui.
Elle rit.
Mais si !
-Ca me changerait de mes plans pourris.
-Ah, bah, en tout cas,
il y en a un pour qui ça a marché.
-Ouais. -Moi, je suis parti super loin.
-Ouais. -Ca va ?
-Où est Calixte ?
Elle ronfle.
Apparemment, je suis pas le seul.
-Regarde.
Propos indistincts
-Il faut respecter ce process.
-Attends, est-ce qu'elle...
Il soupire.
Chuchotements
-Merci beaucoup.
Merci.
Au revoir.
-Ca va, Calixte ?
-Elle pleure encore, mais ça va.
-Mais non !
-Elle est dévastée d'avoir dormi 26 h.
-Ah, dis donc.
-Elle est en boucle.
Elle s'en veut d'avoir frappé Leroy.
Il rit. -Leroy ?
Ils rient. -J'ai pas tout compris.
Mais...
Bon, je crois que ça va aller.
-C'est puissant, ton truc.
Ca va, Seb ?
-Oui.
Elle, c'est Odette.
Je crois.
Il balbutie.
C'est elle, la... la mère d'Adèle.
-Ah ouais ?
C'est l'inverse, en fait.
-Ca va ?
Rire gêné -Oui...
Ouais, ça va.
Euh...
J'ai perdu mes parents à mes cinq ans.
Ils sont morts dans un accident de voiture.
C'est mes grands-parents qui m'ont élevé.
Et là, j'ai plus que mon grand-père.
Il voulait que je vienne ici,
que je m'occupe de tout ça, alors que...
pour être honnête, au début, j'en avais rien à foutre.
Et là, en découvrant ces gens et vous, j'ai...
J'ai un peu l'impression de découvrir ma famille.
Une vraie famille. Petit rire
-D'habitude, je préfère être circonspecte
et attendre les certitudes.
Donc, pardonnez-moi si vous trouvez que je manque d'enthousiasme...
J'ai reçu les résultats des 1res analyses.
Je crois pouvoir vous affirmer
que votre tableau est un tableau de Claude Monet.
-De Claude Monet ?
-Oui.
Avant de s'extasier, il faut que... Il toussote.
Ce soit confirmé
par d'autres experts.
Mais si l'information
est confirmée, ça voudra dire que ce tableau
a une valeur inestimable.
-Mais... enfin, quand vous dites
"inestimable",
vous, vous l'estimez à combien, environ ?
-Je veux dire que c'est difficile de l'estimer.
-Enfin, juste comme ça, pour savoir, à la louche.
Elle rit. Pour savoir.
-Bien sûr. -Je vous en prie.
En plus, avec les photos de Nadar que vous m'apportez,
ça pose
des questions.
Sur la vie de votre aïeule.
C'est très troublant.
D'après les analyses, le tableau date des années 1890,
alors que ce morceau de toile daterait des années 1870.
Soupir
Bruissement d'eau
-Qu'est-ce que tu peins ?
Il soupire.
-La venue du jour.
-Le soleil est pas rouge.
-Il l'est plus, mais il l'était.
Je peins pas le port, mais juste un instant.
Qui était là.
Il y a pas longtemps.
Elle rit.
-C'est bizarre, ce que font les reflets.
-Mmh.
-C'est comme une danse.
On dirait qu'ils font... tch, tch.
-Ils font comment ?
-Tch, tch, tch.
Il l'imite.
-Ca marche plutôt bien.
Musique mystérieuse
-Oui.
Comme ça, c'est bien.
Léger brouhaha
-C'est V-E-A-U.
-Ah bon ?
-Mmh. -E-A-U.
On frappe.
C'est qui, elle ?
-Bonjour. Rire joyeux
-Salut, Georgette. -Alors, ça va ?
-C'est ma maman. -Oui.
-Bonjour, madame. -Bonjour.
-Bonjour. -Euh, Lucien et Anatole.
-Je peux m'asseoir ? -On peut aller se mettre là-bas.
-D'accord.
Je voulais te donner ça avant que tu partes.
-C'est quoi ?
-C'est ce peintre
qui me l'a donné.
J'aimerais que tu l'aies.
Pour moi, c'est lié à ta naissance.
Tu préfères le moustachu ?
Elles rient.
-Euh... -Non ?
-Oui...
Oui, mais je...
J'ai l'impression qu'il est gentil avec moi
parce qu'il me trouve jolie.
-Bah, alors ?
Ne lui en veux pas. C'est pas une maladie d'être jolie.
-Non, mais je sais pas.
J'aimerais bien ne pas être que jolie.
-Mais toi, il te plaît ?
-Oui, il me plaît, mais...
-Mais quoi ?
-Je sais pas si c'est bien de...
T'en penses quoi ? Tu crois que...
-Je suis pas la bonne personne pour te conseiller.
-Si, si, vas-y.
Dis-moi ce que tu penses.
-Prends ce qu'il y a à prendre.
Fais des bêtises.
Tu vas peut-être regretter,
oui, mais...
il vaut mieux regretter ce qu'on a fait que ce qu'on a pas fait.
-Tu regrettes de m'avoir faite ?
-Non.
Justement.
Pas du tout. Je regrette pas.
-On regarde l'objectif.
Et on ne bouge pas.
Toux gênée
J'y vais.
Claquement
On ne bouge pas.
On ne bouge pas.
C'est bon, vous pouvez bouger.
-Dis donc. -C'est ma première photo.
-Moi, j'ai souri.
Ca me fait drôle.
-Magnifique.
-Mmh.
-On dirait une photo. -En couleurs.
Rires
Musique entraînante Brouhaha de fête
-On va tout rater !
-Non, on va y arriver.
-Allez !
-Plus vite !
-On y est presque.
-Attendez-nous. -Attendez.
Rires et aboiements
-Attends-nous !
Cri de joie et soupir
Alors ?
-On la voit. -Allumée ?
Elle rit.
-On voit l'avenue de l'Opéra ?
Ils halètent.
-C'est fou.
-Ah, ouais.
-C'est beau. Elle rit.
-C'est beau. -C'est dingue.
Musique intrigante Rires
C'est beau.
-Incroyable !
Ils halètent.
Si ça se trouve,
un jour, toutes les rues seront éclairées comme ça,
avec de l'électricité. Elle rit.
-Quand même, il faut pas rêver.
Bah, si, faut rêver.
-Regarde l'avenue.
-Quoi ?
Qu'est-ce qu'elle a ? -C'est l'avenue de l'avenir.
Ils rient.
Quoi ? C'est vrai !
Ils halètent.
-Demain, je vais là-bas.
Avenue de l'Opéra.
-Ah ouais ? Pourquoi ?
-M. Nadar nous montre une démonstration de cinématographe.
-Qu'est-ce que c'est ?
-Alors, j'ai pas bien compris,
mais c'est des photographies qui bougent.
-Ah ouais ? -Ouais.
-Ca va servir à quoi ?
-Bon, bah, on va boire un coup ?
-Ah, oui ! -Ouais.
Rires
Brouhaha
Musique douce
-Alors ?
-Elle est adressée à Adèle Vermillard.
-Ah oui ?
-Et elle est signée par un certain Anatole.
-Un amant. Rires
-12 avril 1916.
-"CHERE ADELE..."
-"Moi aussi..."
-"Moi aussi, je pense à toi.
"Je suis ravi que tu saches lire et écrire.
"Mes leçons n'ont pas été inutiles.
"Moi qui pensais avoir été un mauvais professeur.
"Savoir que tu es devenue institutrice me remplit de joie."
-"Me remplit de joie."
-"Je suis mobilisé à Verdun. Je ne sais pas ce que je vais y faire.
"J'espère que j'aurai du temps pour dessiner.
"Porte-toi bien, j'espère à très bientôt."
"-A très bientôt."
-"ANATOLE."
-Je... je reviens.
-Fais voir.
-Ouais, merci.
-Quand je pense qu'on a hérité d'un Monet !
-Ah, oui, c'est... C'est plutôt une bonne nouvelle.
-Je vous avertis.
J'aimerais que chacun fasse un don.
Un Monet, c'est à tout le monde. -Bah...
-Ouais. Bon courage, quand même.
-Pourquoi tu dis ça ?
Selon toi, les gens voudraient pas et préféreraient l'argent ?
Rires gênés
-Bah... -Moi, je pense pas.
Musique techno Propos indistincts
Rires
Conversation indistincte
-Je suis parti en voyage.
Je t'aime bien, toi.
Bon, ben, je... j'espère qu'on va se revoir vite.
-Ouais, j'espère.
Petit rire
Si vous êtes disponibles vendredi,
il y a un pot pour mon départ à la retraite.
-Tu pars à la retraite ?
-Ca se passe où ?
-Dans mon collège.
-Super, je peux.
-Oui. -Moi aussi.
-Je peux filmer.
-Filmer ? -Ouais.
-Je sais pas ce qu'il y aura à filmer...
-Ca te fera un souvenir.
-Avec plaisir.
On se voit vendredi.
-Vendredi ? -Super !
Il balbutie.
Conversation indistincte
-A vendredi.
-Je vous envoie l'adresse.
-Euh, toi, t'es pressée, là, ou...
-Euh, bah...
J'ai une journée assez chargée, mais...
Toi, tu fais quoi ?
-Je fais rien, moi.
-Ah, rien du tout ? Rire gêné
-Du tout. Elle rit.
-On boit un café ?
-Ouais ! -Ouais.
Allez, super. -Ca roule.
-Je t'aide ? Non ? -Non.
-Y a un café, juste là, qui est pas mal.
-Ouais.
Conversation indistincte
Acclamations
Ils scandent son nom.
Acclamations
-Monsieur Belkacem !
-Bravo !
-Monsieur Belkacem !
-C'est pour vous, monsieur.
-Bravo !
-"Je sais pas ce qu'il y aura à filmer" ?
Il rit.
Petit rire
-Voilà.
Je m'y attendais pas.
Allez. -Merci pour cette année.
-T'as pleuré ? T'es ému ?
Acclamations
-C'était beau.
*-Voilà, c'est ça, notre famille.
*On a réussi à reconstituer
*le puzzle de ce qu'on a en commun.
*-Et donc, la question qui se pose, c'est savoir quoi faire du tableau.
*Et... *-Euh, après
*en avoir discuté à quatre, on pense faire une donation.
*-Vous rigolez ?
*Une donation ?
*Donner un Monet ? Vous savez ce que ça vaut ?
*Et ma retraite ? *-Vous savez ?
*-Et les cadeaux de Noël ?
*-C'est inestimable. *-L'Etat nous pompe en permanence.
*L'Etat, ils me prennent tout, moi.
-Oh, là, là, la famille, quel plaisir !
Regarde ça ! *-Attendez !
*Ecoutez-vous. *-Je m'en fiche, moi !
*Conversations mêlées
-Bon, papi, je... je voulais te dire.
Euh...
Bah, merci.
-Ah, mais pour quoi ?
-Ben, merci, parce que...
ça m'a fait du bien de m'occuper de ça.
Je sais mieux ce que je veux faire.
-Tant mieux. -Ouais.
-Tu m'expliques pourquoi ?
Il soupire.
-Je regardais toujours devant.
Ca m'a fait du bien de regarder derrière.
Musique mélancolique
-Excusez-moi.
Excusez-moi.
Je... je cherche M. Monet.
-Je vais le prévenir. Entrez.
Allez-y.
Porte
Pas approchants Raclement de gorge
-Bonjour.
Vous vouliez me parler ?
C'est Odette qui vous a donné ça ?
-Oui, monsieur.
-J'étais sûr qu'un jour, j'allais te revoir.
La vie, ça passe vite.
J'ai fait de la peinture.
Et puis j'ai...
j'ai fait ce jardin.
Pour faire des peintures.
J'ai beaucoup voyagé.
J'ai peint des gens, des villes, des paysages.
Mais là, j'ai envie de rester ici, chez moi,
dans mon jardin.
Les voyages, je les fais ici.
Tu as voyagé, toi ?
-Non.
Je suis juste allée à Paris.
-Et ça t'a apporté quoi ?
-J'ai rencontré ma mère.
Et j'ai appris à écrire. Enfin, commencé à apprendre.
Et j'ai rencontré des gens, aussi.
-Et c'est déjà pas mal.
Moi, j'aimerais faire quelque chose avec ça.
Je sais pas encore quoi.
-Quoi ?
-Tu serais d'accord de rester un peu ici avec moi ?
Quelques jours.
-Oui.
-J'aimerais faire ton portrait.
-Je peux vous poser une question ?
Vous l'avez aimée, ma mère ?
-Oui.
-Vous vouliez pas rester avec elle ?
-Tu as déjà été amoureuse ?
-Oui.
-Et tu n'as jamais eu du désir pour un autre ?
-Si.
-Mmh.
Reprends la pose.
"Clair de lune"
-Pourquoi tu m'as demandé de venir ici ?
Porte
-T'es revenue ?
-Oui.
Soupirs émus
Petit rire
-Si la nuit m'écoute
Musique douce
Si le passé
Me parle d'autres vies
Quelque chose me pousse
A te chercher
Dans les rues de la ville
La nuit m'a donné ton...
Visage
Je sais ton nom
Je sais ton âge
Je t'attendais
Depuis toujours
Comme s'il fallait
Me perdre pour
Trouver un sens
A cet amour
Je t'attendais
Depuis toujours
Si le ciel se couvre
Si les années
Se perdent dans l'oubli
Quelque chose me trouble
Je veux trouver
Le monde que tu construis
La nuit m'a donné ton visage
Je sais ton nom
Je sais ton âge
Je t'attendais
Depuis toujours
Comme s'il fallait
Me perdre pour
Trouver un sens
A cet amour
Je t'attendais
Depuis toujours
Musique techno
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