All language subtitles for Bazar - Patricia Plattner (2009) Bernadette Lafont, Lou Doillon, Vimala Pons, Alexandra Stewart et Teresa TavaresFrançais

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Original subtitles

Bonjour. J'ai un recommandé pour vous.

S'il vous plaît, si vous voulez bien signer...

- Merci. Bonne journée, madame. - Vous aussi. Au revoir.

Encore une lettre recommandée.

Voilà.

Bonjour, madame.

Gabrielle Mathey, du Bazar de l'ange.

Bonjour, madame. Vous avez trouvé facilement ?

Ben, je suis là.

Suivez-moi.

La maison...

est à vous.

Vous comprendrez aisément que j'aie un peu de mal.

Tout a été tellement précipité, ces derniers temps.

C'est toute mon enfance.

Je vous comprends.

Mais vous verrez, vous vous sentirez plus légère.

Excusez-moi. Le téléphone.

Oh. Attendez un instant. Je voudrais le prendre en photo.

Tournez-le un peu par là, s'il vous plaît.

Oui. Pas mal.

Vous pouvez le soulever, s'il vous plaît ?

Un, deux...

Voilà.

C'est pas que ça m'emmerde, mais ça pèse.

C'est quand même du boulot.

Il est de mauvais poil ou il n'est pas sympa ?

- Il n'est pas sympa. - Merci.

Mais il est poli. C'est déjà ça.

Sa langue a fourché.

Merci.

Je n'en peux plus.

Active-toi, Niko. T'as vu ce qui nous reste à faire ?

Besoin d'un coup de main ?

Ne vous occupez pas de moi. Vous ne pouvez pas vous le permettre.

En plein coeur.

Pardon, mais je me tape la bourge depuis ce matin. J'en peux plus.

- Et j'aime pas les fouineurs. - Un : je ne fouine pas, je chine.

Et deux : moi, je n'aime pas les voleurs.

Pourquoi vous ne m'avez pas dénoncé ?

J'attendais l'occasion.

Tout va bien ?

Oui. Merci, madame de Senger. Ce jeune homme m'a rapporté un objet

que j'avais semé en route.

C'est une babiole. Gardez-la.

- Fred. - Gabrielle.

- Toujours pas de café ? - Non, merci.

Une "babiole" ? Je n'en reviens pas.

Gardez-la.

C'est mon anniversaire. Vous ne pouvez rien me refuser.

- Vous allez vendre tout ça ? - Je me laisse toujours embarquer.

Je n'imaginais pas autant de merveilles.

Madame, je vous téléphone, pour les meubles.

Oui. Pas de problème. Au revoir.

Pour le retour, prenez...

Ne vous inquiétez pas. J'ai passé l'âge de me perdre.

Merci pour le coup de main.

Le téléphone !

Oh ! Marina !

- Dan ! - Bonjour.

- Ma poulette ! - Maman.

Heureusement que vous êtes là. J'ai déjà fait le tri.

Dan, tu dois trouver un camion. Il y a de très beaux meubles.

Bon. Vous pouvez me rentrer ça... Et celui-là, aussi.

- Le reste, ce sera pour le marché. - D'accord. OK.

- Bon. On y va ? - Oui.

Je t'ai préparé des surprises, pour ton anniversaire.

- Les anniversaires... - Oh ! Dis donc !

Tu as encore trouvé un ange.

C'est un cadeau.

- Bon courage. - Bonne soirée.

Attends-moi.

Qu'est-ce qui se passe ? On a été cambriolés ?

Qu'est-ce qui se passe ?

Mais... Mais parlez !

Madame Mathey ?

Bonjour. Je me présente. Monnier. Huissier de justice.

J'officie pour le compte de vos propriétaires.

- C'est quoi, cette blague ? - J'en connais de plus drôles.

Madame Mathey,

conformément aux injonctions envoyées en recommandé,

vous deviez libérer ce local pour hier soir, minuit, dernier délai.

Je fais d'ores et déjà procéder au changement de serrure.

Vous ne pouvez pas. Je n'ai pas lu ces lettres.

Je ne suis pas au courant.

Vous les avez reçues, c'est le principal.

- Appelez François. Qu'il vienne. - Maman...

- Appelez-le ! Qu'il vienne ! - C'est fait. Il arrive.

Il a épuisé toutes les voies de recours,

même les plus farfelues.

Vous, foutez-moi le camp !

Ici, c'est mon Bazar. Personne n'y touche !

Madame Mathey,

mes clients ont respecté vos droits sans broncher

durant les 5 années qu'a duré cette procédure.

Il est temps de cesser ces enfantillages.

- Monsieur, j'ai terminé mon travail. - Très bien. Merci.

Oh là là. Pas de précipitation.

- Monnier. Huissier de justice. - J'avais cru comprendre.

J'ai là une ordonnance du juge Rochas

qui vient de nous accorder 24 heures

pour partir, eu égard aux 30 ans de ma cliente dans ces mûrs.

Vous n'avez pas pu y résister.

Faites entendre raison à votre cliente.

Demain, je mettrai vos antiquités sur le trottoir.

Mesdames, messieurs, mes respects.

Au revoir.

- On n'y croyait plus. - Le juge me devait quelque chose.

Moins une et elle lui volait dans les plumes.

C'est notre dernière cartouche.

La justice a un temps que les hommes n'ont plus.

Ah. Salut.

Bon. Je m'occupe d'elle.

Hector a trouvé une camionnette. Il ne va pas tarder.

Bon. Ben, je sais.

Le Bazar, c'était toute ta vie, mais maintenant, tu changes.

Il y a une vie, après le travail.

C'est pour ça qu'on me fout à la porte ?

On ne te fout pas à la porte, tu vends ton pas de porte.

Quelle bourrique !

Mais je ne veux pas partir à la retraite.

Personne ne te le demande, mais prendre du recul,

tout le monde te le conseille.

Regarde Gilles.

Il ne travaille plus, mais il est heureux.

Mais quel ennui ! Le chalet,

les feux de cheminée... les sapins, je les déteste !

Et les voyages ?

- Et je vais être grand-mère. - C'est pas merveilleux ?

Regarde. Un bébé grand comme ça.

T'es pas contente ?

Je suis ravie.

T'as vraiment un caractère de cochon, Gabrielle Mathey !

On ne charge pas le chandelier. Je le rachète à Gabrielle.

Qui est-ce qui a pris ça ? Qui l'a pris ?

Non, non, non.

Non. Je reprends. Ça, on le garde.

Mais oui !

Non, parce que je l'ai racheté à Gabrielle.

Merde !

On casse tout ou on range ?

Que fais-tu là ? Tu es descendu de tes montagnes

par l'opération du Saint-Esprit ?

- Elvire. - Ah... j'aurais dû m'en douter.

C'est pas une fille, que j'ai, c'est une mère poule.

Des vrais amis, aussi.

Sans vouloir gâcher ton anniversaire, ça sentait déjà le roussi.

Tu sais, Gilles, dès demain, je cherche un nouveau Bazar.

Moi qui t'espérais dans mes montagnes.

Mais oublie, Gilles. Oublie !

- Je n'y tiendrais pas 1 heure. - On peut toujours rêver.

Tu m'as volé un rêve, il y a 20 ans.

- Tu ne voulais pas te poser. - Tout le monde peut se tromper.

Bon. On commence par où ?

La bibliothèque, s'il te plaît.

Ah. Ben, bonjour, Gabrielle Mathey !

Dis-moi. Le bouddha, là, tu veux le garder ?

Ben, évidemment !

- Mais on peut prendre le lustre ? - Pas question.

Demain, on apporte tout au garde-meuble.

- Je vais trouver un autre local. - Bien sûr.

Elles sont fermées les agences, maintenant.

Je sais. Oui.

Je t'aime, maman.

Moi aussi.

- Bonjour. - Bonjour.

Fred,

d'Annemasse.

Je suis venu voir votre magasin.

Vous fermez ?

Disons qu'on ferme pour moi.

J'étais venu voir vos antiquités.

Ben, elles sont à la remise.

Je ne vais pas tarder à y aller moi aussi.

Ça vous va pas, de parler comme ça.

Ça vous intéresse ?

Vous l'avez volé, celui-là ?

Oh. Excusez-moi.

Merci, pour l'ange.

Avec Niko, on a trouvé ça.

On l'a un peu nettoyé.

Ah, il est beau. Mais vous en voulez combien ?

Je sais pas, moi. C'est vous qui savez.

Je vous le prends en dépôt.

Dacodac.

On boit un verre ?

- On m'attend pour une fête. - "Une fête" ?

Oui. Une fête pour fêter la fermeture du Bazar.

Mais vous pouvez m'accompagner, si vous voulez.

Ce sont mes meilleurs amis.

C'est là ?

Il est beau.

Doré à la feuille.

Il a le sang chaud, ce garçon.

Très mignon. Il ne faudrait pas qu'il me cherche.

Il n'est pas gay, ce mec-là !

Ça se guérit, ça.

Ah, mais attends. Tu le veux pour toi !

Mais qu'est-ce que tu racontes ?

Je comprends. Oui, oui.

Oui, mais alors Gilles...?

Gilles me barbe.

François, je vais m'asseoir. Je suis pétée.

On attend qui, là ?

Senoras y senores...

Ma princesse...

Ma chérie, tu ne travailles pas, cette nuit ?

C'est pas tous les jours qu'on fête la fermeture.

Vous êtes bien partis.

Ah. Je veux, mon neveu.

- Bonjour. - Fred.

Je suis un ami de...

Je suis là par hasard.

Fred. Elvire. Ma fille.

À boire pour donna Elvira, subito !

Champagne.

Champagne !

Vous êtes peu loquace, jeune homme.

J'aime faire tapisserie. Et ça n'emmerde personne.

Nous sommes comme une grande famille.

Essayez de nous découvrir.

Ce soir, je ne découvre pas, j'accompagne.

Vous aimez les enfants ?

J'ai pas la place.

- Chacun sa life. - Sa "life" ?

Ah !

Élégant. Très élégant.

Gilles !

Quoi, Alexander ? C'est élégant, ce que le jeune homme vient de dire.

T'es qui, toi ?

J'aurais pas dû venir. Je vais me casser.

Ici, personne ne se casse.

Oh ! Il est magnifique. Il est beau !

Merci. Vous êtes des anges.

Ah non, Gabrielle.

Je t'en prie, plus de collection d'anges.

Ou alors bien montés.

Quel cochon, alors !

Au Bazar de l'ange !

Au Bazar de l'ange !

Qui, après 30 ans, te fait un peu de place.

Merci.

- Santé. - Santé.

Et on a une surprise pour toi.

Oh non ! J'ai horreur des surprises.

Je vous préviens.

Si c'est un saut en élastique ou un tour en deltaplane,

je ne vous parlerai plus jamais.

"Bon pour un voyage

"dans n'importe quelle ville d'Europe."

- Venise. - Tanger.

- Barcelone. - Rome.

- Lisbonne. - Saint-Pétersbourg.

Reykjavik.

Ou une thalasso, si tu préfères.

Il me manquait plus que ça.

Vous vous débarrassez de moi en me flanquant dans un avion !

Et toi, avec ta thalasso, barre-toi dans tes montagnes.

Je crois que j'en ai assez entendu.

Si c'est si insupportable, fais-toi rembourser le billet.

Non, je le garde !

Je suis fatiguée. Je rentre.

- Je t'appelle un taxi. - Non, je la raccompagne.

- Au revoir. - Salut.

C'est qui, ce mariolle ?

Ah. Ça fait du bien, un peu d'air.

Bravo !

- Et vous, alors ? - Quoi, "moi" ?

- Comment vous allez rentrer ? - Par le tram.

- Il va falloir se dépêcher. - Je vous raccompagne d'abord.

Non, parce que j'y vais à pied. Mais... vraiment...

Allez-y. Allez-y.

Et vous ?

Salut.

Salut.

Il m'est arrivé un truc, là...

Ça va ?

Tu veux un verre d'eau ?

T'as pas l'air bien, là, Niko.

Va te coucher.

Ah. Euh... Rita t'a envoyé une carte postale.

Elle est sur la table.

Bonjour, madame.

Je cherche un local commercial quartier de Plainpalais.

Vous dites que je rêve ?

Oui, je rêve, madame.

Quelle conne !

- Bonjour, Gabrielle. - Salut !

- Il paraît qu'on t'a virée ? - Ben oui.

- Dis. T'aurais pas quelque chose ? - C'est difficile, en ce moment,

mais on peut penser à mon dépôt, éventuellement.

On va y penser.

- En tout cas, je te souhaite... - Merci.

- Ciao, bella. - Ciao.

Donnez-moi une chaise. Je suis grand-mère et retraitée.

Tu veux pas une grosse camomille, aussi ?

Ne te moque pas de moi, toi.

Bon. Alors, c'est quoi, les merveilles du jour ?

Ben, rien de nouveau.

Ah si. Regarde.

Je suis tombé sur un très beau dessin, là.

- Pas mal. - C'est joli, hein ?

- Combien ? - 150.

Madame...

c'est combien ?

C'est un dessin de Chambon. 1947. 400 F.

350. D'accord ?

OK. Vendu.

Je vais vous l'emballer. Merci.

Ah, Marina, le cadre, il n'est toujours pas vendu ?

Ah oui.

Il y a un mec qui l'a réservé pour 500,

mais il doit prendre des mesures pour sa cheminée.

- Merci. - Merci à vous. Au revoir.

Allô ? Pourrais-je parler à Fred, s'il vous plaît ?

Il sera là vers 17 h ?

Merci.

Votre adresse, s'il vous plaît.

À "Annemasse" ? Merci.

Prêt pour ce tournoi de fléchettes ?

Vous êtes venue ?

Bonjour.

Vous avez trouvé facilement ?

C'est quand même pas le bout du monde !

Si vous le dites...

- Pierre. - Gabrielle. Enchantée.

Un petit verre, madame ?

Ah. Vous, c'est Nicolas, si je me souviens bien.

- "Nikolai." Je préfère "Niko". - Ben, d'accord.

J'ai vendu votre cadre,

un peu plus cher que ça, évidemment,

mais...

j'ai pris ma com. C'est normal.

- C'est normal. - Du suisse. On partagera après.

- Bien. Santé ! - Oui.

Merci.

- Salut. - Salut, Émilie.

C'est intéressant, ça.

D'où ça vient ?

C'est Niko.

Ah ? Mais j'aime beaucoup !

Vous exposez ?

Juste comme ça.

Il y en a d'autres ? J'ai des clients que ça intéresse.

- Ah oui ! - Non.

En fait, non. Je préfère pas.

Ah bon.

Écoutez. Si vous changez d'avis,

au marché aux puces à Genève, demandez Gabrielle.

Tout le monde me connaît. Et merci pour le verre.

Au revoir.

On s'en va ? Je vous emmène dîner ?

OK.

Vous venez souvent ici ?

Non. C'est la 1re fois.

C'est ça, l'image que vous avez de moi ?

- Vous n'auriez pas autre chose ? - Si.

Alors, comme ça, t'es déménageur ?

Non. Je fais plein de trucs,

mais je suis surtout peintre en bâtiment.

Ah bon ? J'ai peut-être un boulot pour toi.

Je veux repeindre mon appart, pour une vie nouvelle,

des murs tout frais. Ça te dirait ?

Dacodac.

- Je vais me refaire une beauté. - C'est pas nécessaire.

Arrête ton char. Je pourrais être ta mère.

Tu ressembles pas à ma mère.

Pourquoi tu dis rien ?

Je te regarde.

Tu as l'air si libre !

Il revient quand, ton Pedro ?

Pedro...

il ne vient pas en Suisse.

J'ai décidé de partir là-bas.

Je vais le rejoindre en Argentine.

Et qu'est-ce que tu vas faire en Argentine ?

- Je vais accoucher là-bas. - Mais tu es folle !

J'ai donné mon congé à l'hôpital, pour une année sabbatique.

- C'est quoi, cette histoire ? - J'ai besoin d'être avec lui.

Avec sa famille, je serai bien entourée.

Moi aussi, j'aimerais bien t'entourer.

Je t'abandonne pas, maman.

Mais tu t'en vas.

Cet après-midi, le ciel sera nuageux, sous des températures de 10 degrés,

moins 1 en montagne, à 2 000 m.

La perturbation attendue sera sur nous durant la nuit...

Merde.

Il me fait chier, celui-là.

Et voilà. Croissant français le dimanche matin.

C'est gentil.

- Tu m'offres un café ? - Mais oui !

Et les murs, alors ? Tu me fais visiter ?

Ben, fais comme chez toi. C'est tout droit.

Bon.

Alors ?

Il y a du taf, hein !

Il faut que tu t'en ailles quelque jours, si on veut bosser.

Tu joues aux échecs !

Ben oui. Même que je me défends bien.

Ah ouais ?

Je te prends quand tu veux.

Ah ! Ben, je vais faire du café.

La chambre d'Elvire, ma fille.

- Elle n'habite plus là ? - Ben non.

Il va falloir virer tous ses cartons.

Tu viens ?

- Il est magnifique, ce bateau, là. - Oui. C'est mon Titanic.

Il ne fait pas chaud, chez toi.

Dans ce pays, on rêve de pays chauds, de mers chaudes,

d'horizons lointains, dans le ciel.

Moi, j'ai ma boussole, pour pas perdre le nord.

- C'est toi, là ? - Oui.

- Tu t'évapores ou je te revois ? - Non, non.

Moi, je suis libre comme l'air.

Tant mieux.

C'est bien rangé.

On retrouve des papiers qui devraient être là, ensemble.

On les cherche là, et on les cherche je ne sais où...

Tu me fais voir du pays.

Bon. La bonne nouvelle : tu peux tenir quelques mois

sans problème, mais liquide une partie du stock.

Là, tu peux penser à une nouvelle aventure. Hein ?

Allô ? Allô ? Il y a quelqu'un ?

J'ai un amant.

Qui s'appelle Fred.

Oui.

François, j'ai envie de marcher.

On bouge ?

On va marcher.

François, Fred... il n'a que 25 ans.

Ben, et alors ?

Et alors ? Tu profites !

Étonne-nous, Gab. Étonne-nous.

Tu nous maintiens en vie.

Un, deux, trois, quatre, cinq.

Un, deux...

C'est une question de doigté. Ça ne se commande pas.

Torche-toi un peu moins, t'auras les yeux en face des trous.

Je capte pas. Pourquoi tu l'as pas dit à la vieille ?

- Tu dis pas ça. - Oh ! J'ai peur !

- Tu dis pas ça. - Oh ! J'ai peur !

Escort boy, avec la belle gueule que t'as !

Ça doit rapporter plus que peintre d'appartement.

T'as le vin mauvais.

Va cuver. Demain, il faut qu'on parle boulot.

Elvire !

Elvire ! Regarde. Qu'est-ce que tu en dis ?

Ça change, non ?

Je sais pas.

Aide-moi à trouver un soutien-gorge. Oublie ta crise de jeunisme.

- Je sais plus quoi me mettre. - Splendide.

- Splendide, madame. Magnifique. - C'est pas son avis.

- Si. - Tu dégotes des mariolles, toi.

C'est pas possible !

Mon conseil : remets le blouson où il était.

C'est vraiment immonde.

Les hormones. Elle est enceinte.

Vous allez être grand-mère ? Je vous fais un rabais. Allez.

Et nous passons maintenant au lot du Bazar de l'ange

de Mme Mathey.

Nous commençons bien sûr par un ange,

un ange en plâtre peint portant flambeau,

pièce créée à la deuxième moitié du XIXe siècle

dans le Piémont.

Pour cet ange de Vercelli, on démarre à 5 500 F.

5 600.

5 700.

- 5 800. - Qu'est-ce que tu fais ?

- Je te l'aurais offert. - Monsieur au 3e rang.

5 900 une fois.

Mon Bazar s'éparpille, mes anges s'envolent,

ma vie m'échappe.

Ma petite Gabrielle, on dirait une épitaphe.

Une paire d'icônes peintes

et serties dans un cadre de mosaïque de miroirs.

La paire doit rester solidaire.

On démarre à 3 500 F.

3 800.

4 200, sur ma bouche, tout au fond.

4 200 une fois. Pas de regrets ?

Joli coup, madame Mathey.

Fred !

Fred ! Attends-moi.

Fred !

Tu es venu ? Comment tu as su ?

Ben, c'est une vente publique, non ?

- On va faire un tour ? - Ouais.

Allez.

T'as pas faim ? Tu veux pas qu'on aille manger ?

On vient à peine de démarrer, là. On va manger après, non ?

Allez. Allez, viens.

- Et il y a des chambres, à l'étage. - Ah oui ?

Bois un verre. Ça te fera oublier tes mollets.

L'heure de vérité.

Ferme les yeux.

Vas-y.

Je te préviens. Si je gagne, c'est moi qui paie.

Je m'en fous, je vais gagner.

T'es bien sûr de ton coup !

Ouais.

Allez.

Fin de la balade.

Dis donc. Tu conduis comme un dingue !

Mais il est tard ! Tu vas me ramener ?

Je peux pas passer la douane. J'ai pas les papiers.

Tu fais la tête car tu as perdu ?

Arrête. Avec ces emmerdeurs de flics, on sait jamais.

- Mon chantier, tu attaques quand ? - Je t'appelle dans la semaine.

Désolée. Je suis en retard.

C'est pas grave. Ça me gêne pas, de garder ton bout de chou.

Et puis j'ai rien de mieux à faire en ce moment.

- T'as pas de nouvelles ? - Non.

Gabrielle...

Vas-y ! Pourquoi t'y vas pas ?

- Tu crois ? - Oui.

- Qu'as-tu de mieux à faire ? - J'y vais.

Vas-y. Va.

Annemasse, monsieur.

Gabrielle !

Bonjour.

Ah. Bonjour, Gabrielle.

- Vous buvez quelque chose ? - Oui... Non.

Vous ne savez pas où je peux trouver Fred ?

Ah. Ben... non.

Demandez à Niko. Il est là.

Merci.

Bonjour.

Ah. Bonjour, Gabrielle.

Je cherche Fred.

- Une partie de fléchettes ? - Mais non.

Vous savez où il habite ?

Buvez un coup, pour la soif, et je vous amène chez lui.

Pierrot ! C'est pour moi !

Fred est votre ami ?

Même le seul, à vrai dire. Il n'est pas fait pour vous.

C'est un conseil d'ami ?

Il ne vous aime pas. Ça le rend fier. C'est tout.

- Qu'en savez-vous ? - Vous ne le connaissez pas.

Vous croyez le connaître, parce qu'il vous baise.

- Ça suffit. Fermez-la ! - Justement, j'ai la gorge sèche.

Et tenir la chandelle, c'est pas mon truc.

Voilà. C'est là.

Qu'est-ce que tu fous là ?

Ben... Je gèle. Tu me laisses entrer, quand même ?

- Qu'est-ce que tu fous là ? - Ah, c'est toi qui fais tout ça.

Je m'en doutais.

T'as rien à foutre ici.

Mais écoute.

J'ai pas eu de nouvelles, je m'inquiétais.

Il fallait pas. Je bossais. C'est tout.

- De quoi t'as peur ? - De rien.

Mais t'écoutes personne, toi.

Fais attention. J'étouffe très vite.

Mais c'est beau, ce que tu fais !

Allez, viens.

Oui ?

Joanna, tu vas bien ?

Oui, mais tu entends ?

J'ai la crève, j'ai la grippe... Je sais pas.

Je sais bien, mais là, c'est un peu tard.

Et tu entends comment je parle ? J'ai plus de voix.

Mais oui ! O peut y aller demain.

Elle dure combien de temps, cette expo ?

Elle dure un moment !

Ma chère Gabrielle, je suis ravi de vous voir.

- Cher ami ! - Ça me fait très plaisir.

Vous êtes content ?

- Ça marche du tonnerre. - Ben, tant mieux.

Ça, c'est n'importe quoi.

Attends. C'est Behringer. Son travail s'arrache à prix d'or.

Que veux-tu que ça me foute ?

Ben, je ne suis pas fan non plus, mais...

mais c'est tendance.

Ah.

Ça, j'aime bien.

- Pas terrible, cette expo. - Tu trouves ?

Il y a des choses intéressantes.

"Intéressantes" ?

Tu as l'air d'aller mieux.

Écoute, Joanna, je voudrais te parler.

Pas la peine. Et je suis très pressée.

Ciao.

Mais Joanna...

C'est bon. Rattrape-la. On se voit ce soir.

Joanna !

Excuse-moi. J'aurais dû te dire la vérité.

Gabrielle, de quoi tu as l'air, avec ton gigolo pendu à ton bras ?

C'est sûr que quand on est mariée depuis 40 ans au même homme,

on est moins exposée,

mais on s'amuse peut-être moins, non ?

Que tu baises avec lui et que ça te fasse du bien, tant mieux.

That's great!

Mais que tu l'introduises dans ta vie et que tu passes ton temps

avec lui, c'est ridicule, franchement.

Tu ne veux pas aller boire un thé ?

Pas de tea for two. C'est trop facile.

Je n'ai pas eu de tes nouvelles depuis des semaines.

Bon. Écoute. Appelle-moi un de ces jours.

Si je n'ai rien de mieux à faire, ce sera avec plaisir.

Ciao.

Welcome home.

- Tchin. - Tchin.

C'est bizarre.

Je ne ressens rien.

Pourtant, je suis venue tous les jours pendant 30 ans.

Jamais je n'aurais pu imaginer ma vie sans le Bazar.

Je ne ressens rien.

Et toi ? C'est quoi, ta vie ?

Pas grand-chose.

Des voyages, des petits boulots...

jamais longtemps dans la même ville.

Des stations balnéaires en saison.

J'adore la mer, parce que...

on est là...

et ailleurs en même temps.

Et aussi parce que ça me rappelle des souvenirs.

Mon père.

Mon père... c'était Porto.

On y allait tous les étés.

C'était ça, pour moi, le bonheur,

jusqu'à sa mort, il y a 5 ans. Un cancer foudroyant.

Et puis ma mère s'est remariée, et puis je me suis barré.

J'avais l'âge, remarque.

J'ai plus d'attaches.

J'ai seulement des rêves.

Et l'amour ?

Comme ça.

J'étais très amoureux d'une fille. Rita.

Elle était trop possessive.

Elle n'a pas compris.

Elle voulait qu'on se marie.

Tu sais, je veux pas m'attacher.

Tais-toi.

Tu vas dire des bêtises.

Ah. Tu es là, toi.

- Ça va ? - Oui.

- Un café, ça te dit ? - Oui.

C'est incroyable. Avec ces gardes de nuit, je suis déboussolée.

Je sais plus quelle heure il est. Pardon, pour ta grasse mat.

Ma chérie, calme-toi. Qu'est-ce qui t'arrive ?

C'est...

C'est Pedro.

Il n'est pas là.

Je viens de faire ma 1re échographie

et il n'est pas là.

Tu vois, je...

je ressens des émotions, des trucs qui montent, et...

et je suis toute seule.

Assieds-toi, ma chérie. Tu vas bientôt le retrouver.

- Et puis je suis là, moi. - Ouais.

On peut la voir, cette échographie ?

Tiens.

On voit pas grand-chose. C'est tout petit.

- Il a le nez de Pedro. - C'est pas vrai.

Si, si. Je t'assure.

Tu finiras bien par t'entendre avec lui.

Si c'est un bon père, je lui trouverai toutes les qualités.

Excuse-moi.

Je crois que vous vous êtes déjà rencontrés.

Oui. On s'est vus à l'anniversaire.

- Je suis Fred. - Ouais. T'étais déjà là par hasard.

Bon. Ben, je vais enfiler quelque chose.

C'est vrai, il a un beau cul.

Vous portez des capotes, au moins ?

Mais voyons, je suis ménopausée, docteur.

Je ne parlais pas de ça.

Si tu voyais ta tête, docteur !

Ben, je sais pas. Il est bien plus jeune que moi.

C'est...

"Impensable." Je sais ce que tu penses.

Quelle pomme je suis !

Je culpabilisais. Je me disais que je te laissais seule.

Je vais te laisser. Je te laisse avec ton mec.

Quelle mouche te pique ?

Appelle quand tu veux que je vide ma chambre. T'auras de la place.

- Allez, salut. - Qu'est-ce qui te prend ?

Écoute. Viens ici !

Il faut qu'on parle. Elvire !

Lâche-moi.

Tiens. Tu me prends les enjoliveurs ?

Pousse-toi un tout petit peu.

Ah oui ! Bien !

Allez.

À moi. Allez, vas-y.

Allez, vas-y.

Mets-toi à côté.

À côté. Vas-y.

Ça va ? T'as ce qu'il te faut ?

Merci.

Merci, merci, merci.

La sculpture, elle est où ? Elle est là ?

Ben, évidemment !

Celle-là, je la reprends.

20 minutes, 200 degrés, et on n'en parle plus.

Celle-là, je l'aime beaucoup.

Déjà, c'est comme ça, la sculpture.

Moi, je vois pas. Moi, je vois pas.

Enfin ! Écoute. Alors, celle-là...

Celle-là, elle est bien.

- Attends ! - Celle-là.

- La rouge. - D'accord.

Tu vois ?

Lumière...

OK. Bon. Reprends celle-là, s'il te plaît.

Il faut un choix entre les deux, au moins.

Celle-là est grise. Celle-là aussi. Donc, les deux sont grises.

Elles sont grises, de toute façon. Tu vas pas les voir rouges !

- Celle-là. - Celle-là est bien,

mais celle-là est bien aussi.

Tu me demandes de choisir. C'est moi qui choisis ?

- Bon. Je la mets de côté ? - Oui.

C'est une aventure passionnante, ma chère Gabrielle,

de lancer un nouvel artiste,

mais il faut beaucoup d'opiniâtreté,

de la patience,

et une certaine fermeté, aussi,

ne jamais lâcher,

pousser toujours plus loin l'artiste au-delà de ses limites.

Lancer un artiste, c'est donner à voir à des gens

des choses jamais vues

et que, pourtant, ils reconnaîtront immédiatement.

Nous en sommes conscients. N'est-ce pas ?

Oui, oui, oui.

Je ne dis pas que... c'est inintéressant. Non.

Mais avant d'exposer un travail, il faut...

- C'est du Behringer, ça. Non ? - Oui.

- Cadeau de l'artiste. - Ah !

- C'est moi qui l'ai découvert. - Ah ouais !

Ben, moi, je trouve ça...

Comment ?

À chier.

À chier et prétentieux.

Fred, attends dehors, s'il te plaît.

Si Madame n'a plus besoin de mes services...

Encore un peu jeune, votre protégé, chère Gabrielle.

- Je suis désolée. - Non, ne vous excusez pas.

C'est toujours un plaisir, de passer un moment avec vous.

- Encore mille excuses. - Je vous en prie.

J'ai été heureux de vous voir. À très bientôt.

Au revoir.

Ce guignol me casse et tu me défends même pas.

À quoi tu joues, là ?

Cet homme fait la pluie et le beau temps, dans l'art.

Au lieu d'essayer de le convaincre, tu le provoques. C'est nul.

En plus, tu me fais passer pour une conne.

Apprends à écouter la critique.

Il n'a pas entièrement tort, si tu veux savoir.

Depuis qu'on baise, mes sculptures te branchent nettement moins.

Tu sais quoi ? Tu me gonfles. Je me casse.

Ah ! Tu fais coursière, maintenant ?

Why not? Pour une reconversion, c'est une idée.

C'est juste un prétexte pour te voir un peu.

- Alors, tu t'es disputée avec Fred ? - Pas que. Avec tout le monde.

Je suis au courant. Enfin, ma boîte vocale est au courant.

Elle est saturée par les messages de Joanna et d'Elvire.

Donne mon numéro à Fred aussi.

Ma messagerie voudrait le rencontrer, maintenant.

Mais François, plus personne ne me comprend.

C'est des grands mous, ça. Question de curseur.

Ils sont habituées à mon mode de vie, mais le tien est trop récent.

De toute façon, je ne sais plus où j'en suis, avec Fred.

Fais gaffe.

Fais gaffe, avec la confusion des sentiments.

C'est beau, mais ça ne durera qu'un temps.

Profite.

Profite.

Dis donc, il est cracra, ton jouet !

Ah oui. Effectivement, il ne fait pas envie.

Oh ! Marina !

- Cadeau. - Waouh !

Oh, que tu es mignonne !

C'est quoi ?

Ah, génial !

Excellent. On va pouvoir s'entraîner. Attends. En fait...

je vais le mettre là. - Et il y a les fléchettes.

- Pardon. - C'est dans la petite boîte.

Donne.

Ici.

Je l'ai trouvé sur le stand, juste là-bas.

Eh ben !

Hola, Gabrielle !

Et voilà. C'est pas mal, là. Non ?

Bonjour, Gabrielle.

Hé ! Qui fait une partie ?

- Ben, donne. - Je cartonne.

- Tu cartonnes ? - Oui. Tu vas voir.

Joli. Joli. Joliment de côté.

Tu veux aller déjeuner ?

- Allez. Salut, hein ! - Ciao.

- À plus. - À plus.

Tu te souviens ?

Oui.

Ta déclaration ici, 4 mois après la mort de Paul.

À part nous, rien n'a changé.

Oh. S'il te plaît, pas de nostalgie.

Tu as raison.

- À propos, je t'ai repéré un local. - Ah ?

Très chouette. Un petit village sur la route de chez moi,

à 20 minutes de Genève, à peine.

Oui, je sais.

Trop dur pour toi.

Mais pourquoi tu es si gentil avec moi, Gilles ?

Je bafoue notre relation, je te traite très mal...

Tu fais comme si de rien n'était.

Tu es libre de vivre ta vie, Gabrielle,

et moi,

j'ai tout mon temps.

J'en peux plus, Gilles.

Ce garçon prend trop de place dans ma vie.

Il faut que je me mette sérieusement à chercher un nouveau Bazar.

Et avant,

pourquoi tu ne ferais pas un voyage avec le billet qu'on t'a offert ?

Je vois pas l'intérêt de partir seule.

Que dirais-tu de la farandole des desserts,

pour une fois ?

C'est pas terrible.

Vas-y, Fred !

Fred ! Fred ! Fred !

- Qu'est-ce que tu fais ? - Attends.

Allez.

Il faut que je vous parle.

Je suis désolé, mais tu vois, là,

c'est la finale inter-bistrots du championnat du coin.

Et tu vois, là, je suis superoccupé.

Vas-y, Fred. Vas-y.

Hé !

Là, tu commences à me chauffer, papy.

Je m'en voudrais que tu te casses le cul en tombant par terre.

- Je m'appelle Gilles. - Ah. C'est Gilles, les gars.

Salut, Gilles !

Ne m'obligez pas à vous frapper devant tous vos amis.

Tu m'impressionnes trop, papy. T'es un dur à cuire.

Qu'est-ce que tu me casses les couilles !

Ça y est ? T'as fini de faire le mariolle ?

On peut discuter d'homme à homme ?

Allez. On reprend tout à zéro.

- Gilles. - Je sais qui t'es, merde.

Arrête de jouer les petits cons.

Gabrielle dépérit à vue d'oeil.

T'as foutu ta merde, alors il faut assurer.

Tu devrais être content, je te rends ta place.

À cause de toi, je vais la perdre.

Mais je t'interdis de lui faire du mal.

Ne la laisse pas tomber comme ça ou je te casse la tête.

Si ce que tu as vécu avec elle compte pour toi, va le lui dire.

Je suis pas le grand artiste qu'elle voulait !

Ça va, champion ?

Ex-champion,

catégorie mouche.

Laisse-moi passer.

Laisse-moi passer.

Tiens.

Oh ! Elles sentent bon !

Elles sont belles.

Ça te dirait, d'aller faire un tour ?

La vie avec toi, ça me plaît.

Avec toi, je suis quelqu'un.

Avec toi, je suis comme dans un rêve.

C'est merveilleux.

Merveilleusement merveilleux.

T'as du sel sur les lèvres.

Je crois que t'as gagné.

- Comment vous sentez-vous ? - Mal.

Je suis épuisée.

Votre corps s'est déshydraté. Buvez beaucoup.

C'est un classique, l'intoxication aux fruits de mer.

Merci, docteur.

Au revoir, madame.

Au revoir, docteur.

Votre mère a besoin de repos, de boire beaucoup d'eau et de dormir.

Je vous enverrai une infirmière pour voir si tout va bien.

Mes hommages.

Au revoir, docteur.

Bon. Je vais nager.

Ben, tu t'es levée ?

Ça va mieux, alors ?

- Elle était bonne ? - De quoi ? La mer ?

Non.

La fille sur la plage.

- Ne me dis pas que t'es jalouse. - Non.

Je me disais que tu la sautais pendant que j'étais toute seule, ici,

et abandonnée.

J'y crois pas.

- Elle est enceinte ? - Oui, de moi.

- Elle me l'a fait dans le dos. - Pourquoi elle est là ?

Un de ses potes m'a aperçu hier. Il lui a dit. Il lui a téléphoné.

Elle a cru... Je sais pas.

Pourquoi t'es venu, alors que tu veux plus la voir ?

Ses parents sont à 200 bornes. Personne pouvait savoir.

- C'est un acte manqué. - Je ne veux pas de ce gosse.

Écoute. Moi, je me fous de vos histoires,

mais je te fais plus confiance. - Tu m'emmerdes.

Fred ! Fred !

Fred...

C'est dégoûtant.

Vous avez l'âge d'être sa mère !

Ben...

Allez.

Au boulot. On n'a plus beaucoup de temps. On se reposera plus tard.

C'est quoi, ce bordel ?

Oh ! C'est quoi, ce bordel ?

Pardon.

On va boire une bière. Je vais t'expliquer.

Non. C'est quoi, l'explication ?

Un cadeau pour ta mère. Je lui avais promis.

Avant de la planter au Portugal ? On s'appelle, entre mère et fille.

Vas-y. Donne les clés.

C'est entre Gabrielle et moi.

Occupe-toi plutôt de tes fringues qui nous empêchent de bosser.

- Tu sais, je vais appeler Gilles. - Tu te prends pour qui, toi ?

Tu fais le caprice de la fille qu'a plus sa maman pour elle ?

Toi, t'es comme ta mère. Tu sais pas faire confiance.

Elle n'a jamais fait confiance à personne. C'est dans sa nature.

Oui, je sais, c'est moi, l'emmerdeuse.

Écoute. J'ai réfléchi.

C'est pas drôle, hein !

Je sais que j'ai été hyperchiante, mais...

je suis désolée.

Tu m'en veux pas ?

Non, je t'en veux pas.

- C'est joli, ce que vous avez fait. - Merci.

Je peux vous aider ?

Non.

Mais oui !

Ce sont mes ailes !

- Ah. Salut. - Tu les sors d'où ?

Ben, elles étaient posées là, sur l'armoire.

Je les avais pas vues depuis 20 ans.

Ma mère me forçait à les mettre pour mon spectacle de Noël.

- Tu me les prêtes ? - Ben oui ! C'est tes ailes !

Tiens.

- Vas-y. - Merci.

Oui ! C'est beau, ça. C'est joli.

Tu veux que je fasse ma chanson de Noël ?

- Tu sais jouer ? - C'était une petite chanson.

Tiens.

- Bon. Tu rigoles pas. - D'accord.

Un matin Je me sentais triste et seule

Il y avait de la neige partout sur le lac

C'était le jour de Noël ou le lendemain

Quand j'ai entendu à ma fenêtre tac tac tac

Là, de toutes les couleurs un perroquet

Que j'ai laissé entrer

Eh non, j'ai pas eu peur

Quand l'oiseau s'est mis à parler

Bonjour, Elvire Je viens jouer avec toi

Car je sais que tu t'ennuies

Ne le dis pas à ta maman Elle me tordra le cou

Et toi, tu serais punie

Non, ma maman n'en veut qu'aux méchants

Le soir, il s'est envolé

Mais le lendemain, il était là

Un jour, il m'a dit très sérieusement

Qu'il avait des nouvelles de mon papa

Il m'a dit que pour le revoir Il me fallait un talisman

Une rose

Et moi, j'ai dit au perroquet Mais j'ai pas de jardin...

C'est joli, hein !

Tu me passes la photo ?

Ah ! Je l'ai trouvée. Elle était coincée sous l'armoire.

C'est la dernière photo de mon papa.

Il avait promis de revenir pour mes 5 ans.

Je l'ai attendu,

et il n'est jamais venu.

Tu vois, là, c'est Gilles.

Lui, il est revenu.

Les hommes que j'aime s'en vont toujours loin de moi.

Promets-moi d'aller voir un docteur.

- Je te file des numéros, si tu veux. - Excuse-moi.

Niko ?

Niko, ouvre !

- Fred ! - Ouais ?

Je crois qu'il va pas bien.

Niko, ouvre.

- Ça y est. Ça recommence. - Quoi ?

Ben, il vomit du sang.

Niko !

Tout va bien. Il y a quoi ?

Au boulot, si tu veux qu'on finisse à temps.

Allez. Hop, hop, hop ! Allez. On y va.

Vite, Fred. Appelle le 144.

Un ange.

Accroche-toi, mon pote. Tiens. Mets ta tête sur le côté.

Qu'est-ce que t'as mangé ?

Ben, j'ai rien mangé. Il n'y a rien qui passe.

Oui. Il a craché du sang.

Là, il vient de tomber par terre. Il n'est pas bien.

Oui.

Je suis un alcoolique.

Tu vas pas t'en sortir avec ce prétexte.

- Accroche-toi. - Alors tu me donnes tes ailes.

OK. Je te donne mes ailes mais tu t'endors pas.

D'accord.

Ça y est. Ils arrivent dans 10 minutes.

Tiens.

- Mes ailes. - Mets ta tête sur le côté, comme ça.

L'oxygène.

Son rythme se dérègle.

Arrête.

Il est mort.

J'aurais aimé mieux le connaître.

J'aurais peut-être pu faire quelque chose pour lui.

- T'étais pas obligée de venir. - Non, mais c'était ton ami.

C'est ma faute. J'ai rien vu venir.

Je voulais t'impressionner, et je l'ai tué au travail.

D'après Elvire, ce serait arrivé un jour ou l'autre.

C'était mon ange gardien.

Souvent, les anges sont près de nous, mais on ne les voit pas.

C'est quoi, tes plans, maintenant ?

Je vais repartir.

Je vais reprendre la route.

J'habitais chez Niko, je vais pas rester.

Mais les objets, les sculptures...?

C'est pas la 1re fois que j'abandonnerai.

- Ils sont peut-être à la décharge. - Je peux essayer de les vendre !

- Tu ne lâches jamais l'affaire. - Jamais, surtout quand j'y crois.

- Tu sais, Rita... - Arrête.

Je t'ai pas menti.

Elle l'a peut-être pas fait exprès.

Maintenant, c'est moi qui suis le salaud.

Au moins, avec moi, il n'y avait pas ce risque.

- Pour les travaux. - Non. C'est un cadeau.

Au départ, c'était une commande.

Et si tu n'en veux pas, tu peux l'envoyer à Rita,

ou même le lui apporter.

Peut-être que tu seras content de voir l'enfant.

Merci.

Dépêche-toi. Ils attendent.

Calme-toi. Tu es excitée comme une puce.

- Donc, tout est ma faute ? - Mon ours adoré.

Et voilà.

Oh, Elvire !

- Tu viens avec moi ? - Oui, oui, oui.

- Je viens avec toi. - Je vais passer devant.

Bon. Allez, hop.

Je suis heureuse.

J'en reviens pas, qu'il vienne.

Seules les preuves d'amour comptent. Et là, ton Pedro, il assure.

Lui qui aime la famille, il va être comblé.

"La famille..." C'est plutôt un clan.

Des petites fleurs.

Oui. Merci.

- Tiens. - Merci.

Merci beaucoup.

Oh, il sait pas ce qui l'attend, Pedro.

Ah non ! Il sait pas.

Pedro !

Ça te dirait, d'aller faire un tour ?

Il m'est arrivé un truc, là...

Mais c'est qui, ce mariolle ?

- Venise. - Tanger.

- Barcelone. - Rome.

Lisbonne.

Et l'amour ?

Moi, je suis libre comme l'air.

Un ange.

C'était lui, mon ange gardien.

Les hommes que j'aime s'en vont toujours loin de moi.

On peut toujours rêver.

Adaptation : Tinh-di Tang pour Eclair Group

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