All language subtitles for La.Ceremonie.1995.720p.BluRay.x264.AAC-[YTS.MX]

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Original subtitles

Sous-titrage FR ?

Mademoiselle.

Vous êtes Sophie Bonhomme ? Oui, madame. Je suis Catherine Lelievre.

Je vous en prie, asseyez-vous.

Merci, madame.

Vous voulez boire quelque chose ? Un thé, comme moi ? Non, ce n'est pas la

peine. Merci.

Un autre thé, s'il vous plaît.

Bon, ben, il faudrait que je vous explique la situation.

Nous habitons une maison un peu isolée, près d'un gros bourg, à une dizaine de

kilomètres ici.

C'est assez grand, je vous le cache pas.

Mais en fait, nous ne sommes que trois.

La belle-fille ne vient que le week-end, et encore, pas tous.

Nous recevons de temps en temps, ça fait du travail supplémentaire.

Et la maison est très bien équipée.

Je n'ai pas peur du travail, madame.

En général, c'est moi qui fais la cuisine.

Mon mari rapporte les courses une fois par semaine, ou bien on passe la

commande par Minitel.

Donc vous serez libre assez tôt.

Je sais faire la cuisine.

Ah oui ? La maison isolée ne vous ennuie pas trop ? Je ne sais pas.

On se débrouillera.

Je vous amènerai en ville de temps en temps, si vous voulez.

Il m'occupe un peu d'une galerie de peinture.

Vous voulez voir mes références ? Ah oui, bien sûr.

Madame Dutoit ne peut pas me garder parce que son mari est mort et parce qu

'elle va vivre avec son fils en Australie.

Ben, dis-donc.

Alors, vous êtes libre tout de suite ? Oui.

Je suis restée longtemps chez elle, mais il n'y a jamais eu aucun problème.

Elle vous le dira.

Il y a là son numéro de téléphone et son adresse.

Je l'appellerai ce soir.

Mais je pense que ça va aller.

Il n'y a pas de raison.

La maison est assez difficile à trouver la première fois. Je viendrai vous

chercher à la gare.

Vous êtes renseignée sur les heures de train ? Vous savez à quelle heure j

'arrive ? À 9h.

9h du matin.

Bon, ça serait possible quand ? Mardi ? Mardi.

Oui.

Oui, mardi.

Aujourd'hui, on est quoi ? On est samedi.

Ça vous laisse tellement chez l'année.

Ça ira ? Oui, mardi, c'est très bien. Merci, madame.

On a un marché conclu.

À mardi.

Madame Dutoit me payait 5 500.

Oh, excusez-moi.

6 000 ? Ça va.

Bonjour. Bonjour, toi.

Alors ? Je vais te raconter ça.

Dis-donc, toi, t'attendais hier soir.

Oui, mais hier soir, j'étais prise.

Bon, t'aurais pu donner un coup de fil.

Ton père s'était donné toute ton absence.

Tu veux que je t'aide ? Non, tu es gentille. J'ai quasiment fini.

Où sont les hommes ? Ah oui, c'est vrai, t'étais déjà parti. On nous a livré la

télé, on a installé le satellite. Tu penses qu'ils sont en train de zapper

comme des malades ? Tu te rends compte, Gorgon ? C'est formidable.

Avoue que c'est formidable.

C'est formidable.

Maintenant, il faut que tu fasses ton choix.

Je sais pas, qu'est-ce que t'as envie de voir ? La bouchée de soleil.

Je te touche du poing, je crois qu'elle est pas mal. Pas mal, pas mal ? Mais qu

'est-ce qu'il te faut ?

Mais elle parle pas de la télé, Crétinus.

Je parlais de la nouvelle bonne, mon chéri. Mais Koukat, t'as pas honte ? La

bonne, c'est humiliant.

Comment faut-il l'appeler ? Elle s'appelle comment, d'abord ? Sophie.

Malheur. Je sais pas, mon employé de maison, gouvernante.

Tu me vois en train de dire ma gouvernante ? Ça y est, mon chéri.

Bonne, c'est un terme assez gratifiant, tu sais.

Bonne. Bonne à tout faire.

Bonne à tout faire.

Qui peut s'en vanter ? T'es idiot.

C'est qu'elles sont bonnes, non ? Ouais.

Elle sait faire la cuisine, la bonne échange. Gilles, on fait la messie, là,

après, ça nous échappe. Après ce qu'elle dit. Mais selon son ancien patron, elle

est même assez douée.

Mais tu l'as prise à l'essai, de toute façon, non ? Eh bien, non.

Comme une idiote, j'ai oublié de lui dire.

Je suis sûre que ça va aller très bien.

Je le sens.

Alors ? De toute façon, il faut quelqu'un.

Je ne te le fais pas dire.

Elle n'est pas trop moche, au moins.

Pourquoi tu veux te dénier avec elle ? Je ne peux pas projeter à ce garçon d

'aimer les belles choses.

Sa question est tout à fait pertinente.

Merci, Garbo.

Tant pis.

Comme toutes les questions pertinentes, elle attend une réponse ad hoc.

Écoutez... Je n'en sais rien.

Je n'ai pas remarqué.

En tout cas, elle n'est pas monstrueuse.

Sinon, je m'en serais aperçue.

J'espère qu'elle est mieux que la gravose de la semaine dernière.

Aucun rapport.

Vous avez fini ? Je vais écouter moi. Oui.

Avant de manger les coquilles.

Bon, en tout cas, vous allez pouvoir la juger sur pièce à partir de mardi.

Elle arrive au train de 9h.

J'ai cru vous avoir raté.

Non, non, c'est moi. J'ai pris un train plus tôt.

Vous n'avez pas attendu trop longtemps, j'espère ? Non, non.

Bon, venez.

Ma voiture est sur le parking, juste devant.

J'ai eu de la chance.

Madame Lelière ? Excusez-moi de vous déranger, vous savez, je suis Jeanne

Marshall, la postière de Saint-Coulomb.

Ah oui, bien sûr. Je n'ose pas vous demander, mais si vous rentrez chez

vous, vous ne pourriez pas m'emmener jusqu'à la poste ? Vous aussi.

Bien sûr, parce que là j'ai mon bus que dans une heure et je n'ai pas qu'à m'y

rester toute seule au guichet toute la journée.

Mettez-vous devant Sophie, avec moi. Bon, madame.

Je vous en prie.

Moi, je préfère prendre trois jours comme ça par mois pour aller voir ma

famille. On peut faire ça à la poste plutôt que de prendre toutes ces

vacances d'un coup.

Mais vous pourriez prendre un mois de vacances en famille, non ? Ah non, ça,

ça me dit rien du tout, alors.

Sophie, s'il vous plaît, est-ce que vous voulez être gentille et regarder dans la

boîte à gants ? Il doit y avoir des cigarettes.

C'est royal, là.

Si.

Ah, excusez-moi. Ah, non, oui.

Ah, merci.

C'est tout naturel. Au revoir.

Au revoir.

Salut. Au revoir.

Elle doit se demander qui vous êtes.

Mon mari ne peut pas la blairer.

Elle pèse comme un âne mort.

Ne vous inquiétez pas, la maison est vraiment très facile.

Oh, pardon.

Venez, suivez-moi.

Vous êtes fortes, hein ?

Voilà.

Vous avez la douche à côté.

Installez-vous, prenez votre temps.

Je vous ferai visiter la maison plus tard. Je peux venir tout de suite ?

Je rangerai après.

Euh, non, non.

Je vais prendre un café en vous attendant.

Ça vous va, la chambre ? Je sais pas, madame.

Enfin si, bien sûr, ça va.

Merci.

Par ici.

Voilà, votre domaine.

On verra ça tout à l'heure.

Venez.

L'aspirateur et tout ça, c'est sous l'escalier.

Ça l'a mangé.

Faites attention avec la tapisserie, elle est fragile.

Ici, très facile, savon, eau.

Parfait.

La chambre.

Vous êtes gentille, vous changez les draps. Oui, madame.

Je compte sur vous pour ranger tout ça.

La bibliothèque.

Oh, je suis en retard.

Sophie, tout vous paraît clair ?

Je ne sais pas.

Je crois, oui.

Bon, alors, je file. Je file.

Je rentre vers 6 heures.

Si on m'appelle ou si vous avez besoin de quelque chose, vous m'appelez à la

galerie. Le numéro est à côté du téléphone.

Gilles rentre à 5 heures. À tout à l'heure.

Vous avez fait la jardinière de lagunes ? Bien sûr, madame. Je vous la porte

tout de suite.

Merci.

Alors, elle est bien ? Écoute, jusqu'à maintenant, elle est épatante. Je croise

les doigts.

En tout cas, tout est rangé et la cuisine est simple et bonne.

Oui. Et toi, elle te plaît, le gastronome ? Ça va, oui.

Vous la mettez au milieu de la table, comme ça, on s'en servira.

Bien, madame.

Il faudra peut-être quand même y apprendre à se faire bien.

Elle sait certainement. On peut quand même pas lui faire passer un examen.

Alors, on part quand, papa ? Le bateau sera à Bonifacio à partir du 20.

Mais je m'occupe des billets d'avion.

J'espère qu'on va pas encore s'enculer comme l'année dernière.

On peut prolonger, si vous voulez.

Ah non, moi, je suis mon père. J'ai un copain qui fait une fête pour son

anniversaire. Ça va être génial.

Et Sophie, elle part aussi ? Bah non.

Elle vient à peine d'arriver.

Je sais même pas si elle saurait où aller.

En tout cas, on n'est pas envahis par son entourage.

Pas une lettre, ni un coup de téléphone.

Heureusement qu'elle a la télé.

Attention, les enfants.

Ce poulet a l'air succulent.

Vous l'abrutissez exprès avec cette vieille télé qu'elle a dans sa chambre.

Allons, bon.

Non, mais moi, je suis soulagée. Je n'ai plus rien à faire. Je n'ai même pas à

lui faire la conversation.

Vous la laissez croupir, oui. C'est un être humain, pas un robot.

Pourquoi pas que tu exagères un peu ?

Impeccable, sauf ton bureau.

J'ai l'impression qu'elle n'aime pas toucher aux livres. J'aime autant ça.

Plutôt qu'elle s'amuse à ranger mes papiers.

Vous ne vous rendez pas compte que vous l'abrutissez ? Pourquoi vous ne la

laissez pas prendre la voiture ? Rien que ça.

Pourquoi lui la tienne, toi ? J'y ai pensé.

J'ai l'impression qu'elle sait pas conduire.

Bon, on gérera ça demain.

Si elle ne sait pas, on lui fera donner des leçons.

Ça te va, Melinda ? C'est pas trop paternaliste ? Paternaliste, non, mais

démagogique, oui.

Dis-donc, toi, je t'interdis de fumer.

C'est plus facile de ne pas commencer que d'arrêter.

Il y a une chose qui m'intrigue.

Pourquoi vous ne prenez pas la machine à laver ? J'aime pas.

Je fais plus vite comme ça.

J'aime pas les machines.

Sophie, si vous avez envie d'aller en ville, la femme peut vous prêter sa

voiture.

Je sais pas conduire.

Si vous voulez passer votre permis, on peut râler le son.

Non, non, c'est pas possible.

Je vois trop mal.

Ah bon ? Vous n'avez pas de lunettes ? Je sais pas.

Elles sont plus à ma vue.

Il faut arranger ça tout de suite.

Je vous fais prendre un rendez-vous.

Vendredi.

Comme ça, je vous déposerai le matin en partant et Melinda passera vous prendre.

J'ai compris.

Melinda, on est au Pondici vers 11h.

Profitez-en pour faire une petite balade.

Dites au tout-vible de m'envoyer sa note d'honneur.

J'ai compris.

Bonne journée.

Vous n'avez pas la monnaie ? Non.

Vous avez ce qu'il faut en pièces.

Et voilà.

Est-ce que je peux vous aider ? Vous n'en auriez pas des plus claires ? Si,

bien sûr.

Suivez-moi.

Elles ne sont pas trop chères ? Oh non.

Regardez.

Parce que j'ai que 100 francs.

Alors tout va bien ? Je les prends.

Allez, Sophie, je suis désolée de vous avoir fait attendre. Ça fait rien,

mademoiselle.

Alors, vous les aurez quand ? Quoi ? Vos lunettes.

Ah, mercredi.

Déjà ? Ah ben c'est bien, ça, ça vous ferait une occasion de revenir en ville,

vous qui n'y allez jamais.

Ça va, c'est pas trop dur à la maison ? Non, non.

Vous savez, vous ne pouvez pas vous laisser faire.

Surtout s'ils vous en demandent trop.

Ils sont bien contents de vous avoir, alors vous pouvez en profiter un peu.

J'ai compris.

Vous dérangez pas, Sophie.

Je prends juste un verre de lait.

Vous pouvez vous repasser mon tailleur blanc. Merci d'avance. Tiens, c'est pour

vous.

Moi, je repasserai mes affaires ce soir.

Mais si vous avez le temps.

Oui, oui, je vais le faire.

J'aime bien repasser.

T'as pas ce billet d'avion ? Non, ma parole, tu nous prends pour des tarés.

Tiens, Philippe, tant que tu penses. On mettra ça à fournir.

Bien, monsieur.

Au revoir, Sophie.

Je vous enverrai une carte postale. Merci.

J'espère que vous ne manquerez de rien.

J'ai passé une commande. On vous livrera dans la semaine.

Si il vous manque quelque chose, vous pouvez toujours appeler.

De toute façon, nous sommes là, le 2.

Eh bien, voilà.

Bonne semaine, Sophie.

Merci. N'oubliez pas d'aller chercher vos lunettes. Non, madame.

Au revoir, Sophie.

Au revoir.

On va commencer la nuit avec un boutin, un livre qui est plus que ça, puisque c

'est un dictionnaire.

Les dictionnaires, avant, c'était très ennuyeux. Maintenant, ils les font avec

beaucoup d'images, avec des thèmes, des sujets, etc.

Et c'est devenu très intéressant à lire.

Bonjour, j'amène la commande de Madame Lelievre.

Il y en a encore une.

Oh, dis donc, fais soif.

Vous auriez pas une petite bière ?

Thank you.

Non, laissez faire.

Vous avez vu le Téléthon hier soir ?

La région s'est drôlement bien défendue.

500 000 francs, rien que pour les Bretons.

Je ne sais pas. Mais si, si, si.

Il faut me signer le papier de livraison.

Je ne sais pas signer le nom de mes patrons.

Mais mettez le vôtre, ça n'a pas d'importance.

Vous, alors.

Allez.

Voilà.

Emballé, c'est pesé.

Bon bah les gigots.

Si vous avez besoin de quelque chose, passez un coup de fil et...

Non, pas celle-là.

C'est ceux-là les meilleurs. Et en plus, c'est les moins chers.

Ils sont au lait ? Bah oui, regardez, c'est écrit dessus.

Sélection de chocolat au lait extra fin. Ah bah oui.

Merci. De rien.

Alors, vous êtes comment chez les Lolièvres ? Bien.

Surtout qu'ils sont pas là, hein.

Oh non.

Ils vous ont pas encore écrit depuis qu'ils sont partis ?

Non.

C'est peut-être bien de travailler pour eux, mais ils ont la chance de vous

avoir retrouvés.

Tant qu'ils cherchaient.

Merci. Au revoir.

Je vais rentrer.

Vous pouvez pas rester un peu ? Non.

Il peut y avoir des coups de téléphone.

Ça fait une droite à pied d'ici.

Je vous ai bien accompagné, mais il faut que je roule.

Je comprends.

Je fais la journée continue.

Si vous passez, revenez.

D'accord ? D'accord.

Il n'y a pas beaucoup de monde ici.

Ça me laisse du temps pour lire.

Je vous dérange pas ? Non.

Il y a une carte qui est arrivée pour vous quand je suis passée par là. Je

voulais la porter.

Je vais vous ouvrir la porte. Oh, pensez-vous !

Mais vous avez une voiture.

Ah, je veux. Elle n'est pas toute jeune, mais tient encore le coup.

Tenez.

De toute façon, je n'ai pas mes lunettes.

Je vais vous les lire, si ce n'est pas indiscret. Oui.

On passe des vacances formidables. On pourrait presque se baigner. On pense à

vous, Melinda.

Ouais.

Moi, je comprends les vacances.

J'aime pas.

En plus, la Corse, il paraît que c'est dangereux. Ça saute tout le temps.

Il y a même des pirates.

Des pirates ? Ben oui, des mecs qui font sauter les bateaux.

Dites donc, ça a l'air au moins grand ici.

Voilà, vous devez avoir un sacré travail.

Oui.

Ah là là, oui ! Quel boulot !

Mais bravo, c'est nickel. On mangerait par terre. Vous devriez même faire un

tour chez moi.

Ah là là ! Ça, c'est la classe ! Ah, cette télé ! Ben dis-donc,

ça rapporte la conserve.

Comment ça marche ? Je sais pas.

T'as jamais essayé ? Non.

Les autres qui...

J'ai pris un bouquin, ça fait rien ? Voyage au bout de la nuit.

Tu crois que c'est bien ? Je sais pas.

Céline, c'est le prénom de ma mère.

Ils l'ont piqué à la bibliothèque.

J'aimerais bien voir en haut, tu crois que c'est possible ? Oui.

Comment ça s'éteint ? Comme ça.

On suit toi, vu ce que t'en dis. Si vous voulez.

Ah, j

'aime bien

comme c'est décoré.

Et couche dans la même chambre ? Ben oui.

Oh là là, tous ces vêtements ! On voit bien qu'elle

a des mannequins.

On me dit que non, mais moi je suis sûre que c'est vrai.

Les mannequins, c'est comme les actrices, elles ont souvent des faux

noms.

T'as pas vu des photos qui traînent ?

Tu sais, moi aussi, j'ai fait de la pipe quand j'étais petite.

Mais ils m'ont pas choisie.

Ils ont pris une grande marée de blondes, et moi, je suis sur le CPL.

En blonde.

Mais moi, je voudrais surtout faire du cinéma.

Pas toi ? Je sais pas.

J'ai vu ses photos.

Et un jour, elle est venue à la poste.

Et je l'ai bien reconnue.

Elle aussi, elle m'a reconnue. J'ai vu qu'elle m'observait.

Remarque, peut-être qu'elle était pas sûre, hein. Qu'elle se demandait où elle

m'avait déjà vue.

Je ne comprends pas pourquoi elle est venue s'enterrer à la campagne.

Je me suis dit qu'elle voulait peut-être se faire oublier, après tout ce qu'elle

a fait à Paris.

Il doit se passer drôle de choses ici.

D'ailleurs, c'est une maison qu'un inconnu vient d'après ce qu'on dit au

bourg.

Lui, il paraît qu'il n'est pas blanc-bleu non plus.

Il paraît qu'il écoute tout le temps la musique.

C'est vrai ? Oui, ça arrive.

Non, parce que j'ai connu quelqu'un qui travaille dans son usine de conserve et

il paraît qu'il écoute de la musique dans son bureau.

Mais lui, c'est pas le père, il a seulement la grande fille.

Elle est sympa ? Oui.

Elle n'est pas méchante.

Ça va ? Oui.

C'est pas la plus grande et la plus belle, mais c'est pas mal quand même.

Ils t'ont refilé leur vieille télé, mais c'est mieux que rien.

Moi, j'en ai même pas.

Si tu veux, je pourrais venir te tenir compagnie de temps en temps.

Si vous voulez.

On se tutoie, je te dis ! Bon, va falloir que j'y aille quand même.

Je peux me laver les mains ? Oui, j'ai du savon.

Bon, laisse faire.

Si tu veux, on pourrait sortir ensemble un jour.

Je vais trois fois par semaine au secours catholique.

Faut aider les autres, tu sais. Ils ont besoin de bénévoles pour l'hiver.

Trier les dons, les vêtements, enfin... Tout ça, quoi.

Ça te dirait ? Peut-être.

T'es libre le dimanche ? Ça dépend.

Jean était sûr. Il respecte même pas le jour du Seigneur.

Faut pas te laisser faire, hein.

Eh ben, à bientôt.

Et merci pour la vie.

Si t'as envie, tu viens me voir quand tu veux. Tu me déranges jamais, d'accord ?

D'accord.

Vous avez des problèmes ? Ben oui, c'est encore la batterie.

Pourtant, ils me l'ont réparée il n'y a pas longtemps.

Vous voulez que j'y mette un coup d'œil ? Je veux bien, parce que je ne regarde

rien du tout.

Vous savez, je ne prouvez pas les miracles, mais en tout cas, j'aime bien

la mécanique.

Alors, moi, pas du tout.

Moi,

c'est plutôt la poésie.

Ah bon ?

Et vous voulez publier ? Non, pas encore.

Enfin, j'attends un peu.

Essayez de démarrer pour voir.

Ça marche ?

C'est la batterie qui doit se balader un petit peu. Tu dois faire des courts

-circuits.

Merci en tout cas.

J'ai les mains dégueulasses, vous n'aurez pas un chiffon ? Si.

J'ai un petit mouchoir.

Merci.

Merci encore.

Je vous en prie, mais je serais vous, j'irais voir un garagiste.

Au revoir.

Quelle surprise.

On ne te voit pas beaucoup en ce moment. Tu es un amoureux ? Non, pas du tout. J

'ai des examens.

Déjà ? Je crois que je les prépare.

Ça, c'est sûr.

Tu aimes toujours la chasse ? Peut-être.

Gilles et Catherine y sont nous.

Ils sont partis se promener.

Ils ont la prétention de ramasser des champignons. Pourquoi tu es resté tout

seul ? Je ne sais pas.

Je vais dresser les fusils.

Bien sûr, de toute façon, ça ne leur fera pas de mal.

Est-ce que notre cher père ou de Sophie prend en selle son de conduite ? Ma foi,

on n'en a plus à venir parler.

Mais Gilles m'a dit qu'on la voit souvent au bourg.

C'est peut-être qu'elle préfère la marche à pied, après tout.

Alors, je reste écouté.

Écoute, j'essaierai de venir un de ces dimanches, mais je te promets rien.

Je vais dresser les cheveux.

Non, Sophie, n'arrêtez pas.

Je travaillais même le dimanche.

J'aimerais passer.

Donc, continuez. Ne vous occupez pas de moi.

Non, monsieur.

Gorgo, ça t'embête pas de m'emmener ? Je suis hyper à la bourre, ma pétrolate est

malade. Bien sûr que ça m'embête. Allez, viens quand même.

Salut maman ! À ce soir ! Sophie.

J'ai un rendez-vous ce matin. J'ai peur de ne pas avoir le temps de revenir.

Je vous ai fait la liste des courses.

Je laisse à côté du téléphone avec le numéro.

Alors vous les appelez vers 2h30 et ils livreront dans la journée.

Mais faites-le, parce qu'il n'y a plus rien à manger dans la maison.

Oui, madame.

Merci. A tout à l'heure.

Qu'est-ce qui t'arrive à cette heure-ci ? J'ai pensé que tu pourrais m'aider.

Le téléphone est tombé en panne et Mme Lelièvre me demande de passer une

commande pour ce soir.

Tu pourrais pas les appeler ? Donne-moi ça.

Je vais d'abord enlever les réclamations. Je connais ton numéro.

Non, c'est pas la peine.

Monsieur va le faire.

Je l'ai prévenu.

Il aurait pu prendre la liste, alors.

C'est-à-dire qu'il savait pas que je devais passer cette commande.

Comme une idiote, j'ai oublié de lui dire.

Ouais. C'est au tout de son standing, hein.

Bon, alors... 99...

Allô ?

Oui ? Oui, je voudrais faire une commande, s'il vous plaît.

C'est pour la famille Le Lièvre.

Alors, deux paquets de spaghettis, deux laitues, quatre côtes de veau,

Deux fois quatre côtes d'agneau.

Quatre beefsteaks dans le brownsteak.

Trois boîtes de sardines à l'huile.

Trois boîtes de sardines au piment.

Pourquoi elles veulent des sardines ? Elles en fabriquent. Peut-être qu'elles

sont meilleures que les leurs.

Bon, vous avez noté les sardines ? D'accord.

Alors, six vichys célestins.

Bon, d'accord.

Quatre paquets de café.

Oui.

Non, carte noire.

Bon. Deux paquets de serviettes bleu marine.

Ah ben d'accord.

Cinq kilos de lessive au mot.

Bon, on leur dira.

Voilà.

Merci beaucoup.

Bon, alors.

Voilà. Il leur manque les bouteilles de vichy, le café, ils n'en ont plus.

La lessive non plus.

Et les paquets de serviettes bleu marine, rupture de stock.

Ben oui, hein.

Même dans les grandes surfaces, ils n'ont pas toujours tout.

Tu peux aller voir à côté, si tu veux.

Merci.

Tu es gentil.

Salut. Au revoir.

Oh, attends.

Regarde.

T'as pas envie de le voir, celui-là ? Ben si, pourquoi pas.

Ah, Paul Newman, j'adore.

Alors, je peux venir ? Oui.

C'est quand ? Là, dimanche.

J'ai une idée. Je t'emmène au secours catholique. Parce que là, tu sais, on

fait la collègue pour l'hiver.

Et puis après, je t'attends au milieu et au bout du chemin.

D'accord.

Au revoir.

Bonjour.

Alors, il me faudrait du café carte noire, six bouteilles de Vichy Célestin.

De la lessive homo et des serviettes en papier bleu marine.

Vous avez ça ?

Vous

êtes chargé comme un diable ! Un pauvre sourcil, viens ! Venez.

Merci madame.

Il n'avait pas tout au Super U, alors je suis allée chercher le reste à la

coccinelle. C'est très gentil, Sophie.

De toute façon, j'aime bien marcher.

Ah, à propos, c'est l'anniversaire de Melinda, dimanche.

Il y aura un peu de monde.

Vous pourrez être là ? C'est-à-dire que dimanche, je dois aller au secours

catholique. Ah bon ? Ah ben, c'est bien de s'occuper des autres.

J'y vais avec la postière.

On trie les vêtements pour l'épouse.

Ah bon ? Je comprends.

Écoutez, vous ferez ce que vous pourrez.

J'essaierai de me débrouiller.

Fermez vite, il y a du vent.

Tu as vu ça ?

Attends, j'aide Sophie.

Il n'y avait pas de serviette bleue. Ah, je me débrouillerai.

Qu'est-ce que tu fais là, toi ? J'avais du travail ici.

Non, mais est-ce que tu as vu ça ? Non, mais regarde ce paquet. Il a été ouvert

et refermé n'importe comment.

Tu crois ? Qu'est-ce qu'il y a dedans ? C'est pour Melinda. C'est sans doute un

cadeau pour son anniversaire.

Elle va être persuadée que je l'ai ouvert.

Il doit être quand même. Mais les lettres aussi sont collées, ça se voit.

Je commence à avoir marre de cette fille.

Je veux bien que la poste récupère les cas sociaux, mais au moins qu'ils

fassent leur boulot correctement.

Les cas sociaux ? Oui, tu sais bien, cette fille qui a amené sa gamine toute

amochée à l'hôpital, elle en est morte.

Je pense qu'on lui parlait de ça. Mais si.

C'est vrai qu'on n'a pas pu

trouver les mauvais traitements.

Enfin, elle a été poursuivie et jugée.

Comment tu sais tout ça ? C'est dans les journaux.

C'est bizarre que tu t'en souviennes pas.

Tu sais bien que je n'aime pas lire les journaux.

Rien ne prouve que c'était la même.

Mais si, ils ont publié sa photo. J'ai reconnu tout de suite.

Je te garantis qu'elle va entendre parler de moi.

Ça ne prouve rien.

Sinon j'aurais porté plainte.

Alors c'est qui ça va ? Vous vous en sortez ? Vous voulez que je vous aide ?

Non merci mademoiselle.

C'est génial, c'est vous qui avez fait tout ça ? Oh non, moi j'ai juste fait

les quiches et les tartelettes au fromage. C'est gentil, en tout cas

merci. C'est normal.

Il n'est pas encore midi ? Oh non, il est 11h30, vous n'êtes pas en retard, ne

vous inquiétez pas.

C'est Jérémie.

C'est Jérémie.

Mais il n'est pas en retard au moins.

Tu peux la laisser là ? Oui, bien sûr. Bon anniversaire. Qu'est-ce qu'il fait ?

T'as qu'à regarder.

Alors, la fête commence.

Mon frère Gilles, mon copain Jérémy.

Salut. Bonjour.

C'est génial. Ça te plaît ? On m'a dit que c'était le meilleur enfant pour son

pays. Tu me le prêteras ? Non.

Je te le piquerai. C'est ça, c'est ça.

On va voir mes parents ? Concerto pour flûte et harpe, Cochelle 299.

Voilà Jérémie.

Mes parents.

Bonjour, Jérémie.

Bonjour, madame. Bonjour, Jérémie.

Bonjour, monsieur.

Regarde, il m'a offert ça.

C'est formidable.

Tu vas être content, papa. Il a reconnu Mozart.

Vous aimez Mozart ? Beaucoup, monsieur.

Mais Linda m'a dit que vous étiez un vrai fou de musique.

Elle n'a pas présenté ça comme un défaut, j'espère.

T'es bête.

Asseyez-vous, Jérémie.

Vous êtes le bienvenu.

Vous êtes le premier, Jérémy.

Nous attendons un couple d'amis et puis il y a des cousins de mon mari.

Chérie, tu peux demander à Sophie un peu de glace ?

David.

Vraiment, Catherine, les petites quiches sont admirables.

C'est notre Sophie qui les a faites.

Elle est un peu particulière, mais c'est une vraie paire.

Vous avez de la chance.

Alors, quel effet ça fait d'avoir 20 ans ? Pas grand-chose, j'avoue, mais je suis

contente, je suis couverte des cadeaux. Il y a un philosophe, Paul Nisan, qui a

dit, je ne laisserai personne dire que 20 ans est le plus bel âge de la vie.

Vous ne pouvez pas exagérer tout de même, il y a pire. À propos de

citations, j'en ai une moins fameuse.

mais qui est aussi assez effrayante. Il y a chez les gens de bien beaucoup de

choses qui me répugnent, et certes non le mal qui est en eux.

Mon Dieu ! Mais qui est-ce qui a dit ça ? Nietzsche.

Je vous préviens que je ne prépare pas un goleton.

C'est plutôt une espèce de buffet.

C'est une excellente idée.

Merci, mon chéri. J'aurais pu demander à Sophie.

Elle n'est pas là.

Comment elle n'est pas là ?

Bah va voir, tout est prêt. Elle est pas là.

Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Excusez-moi.

Sophie ! Sophie !

Jeanne ? Jeanne ? T'en as pris du temps

? Je suis en retard.

J'ai pas pu venir avant. C'est pas grave.

Regarde ce que j'ai trouvé, des viroles.

T'aimes ça ? Ah oui.

Je t'emmène chez moi, on va aller faire.

Puis après on ira au secours catholique. D'accord.

Les salauds, ils ont pas voulu nous flasher avant, hein ? Ils ont du monde

et c'est l'anniversaire de Melinda.

Il a fallu que je prépare tout.

Mais je suis partie en douce. T'as bien fait.

Faut avoir leur tête.

Y'a pas quelqu'un à son anniversaire.

C'est le mien aussi. C'est vrai ? Ah ben, ils ont ça tombé, les Jérômes.

Ah, c'est génial, ça.

Tu prends le vin en bas du frigo ? J

'espère

que j'ai pas mis trop d'ail.

Je vais pas faire de mal.

Le pain est frais, je l'ai pris ce matin.

Ça te

plaît

? C

'est vrai que c'est ton anniversaire ? Oui.

J'en ai appris sur toi.

Des choses bien, j'espère.

Il paraît que t'as tué ta fille.

Qui c'est qui t'a raconté ça ? Je le sais.

Comment tu le sais ? Je le sais.

C'est pas vrai, elle s'est brûlée toute seule.

Sinon, on n'a rien pu prouver.

Tu veux voir des photos ? C'est pas toi qui l'as fait ? On n'a rien pu prouver,

je te dis.

Le juge a dit qu'on n'avait pas de preuves.

Comment veux-tu qu'une mère tue son enfant ? Ce n'est pas possible.

Même s'il n'est pas normal.

Moi aussi, j'en sais sur toi.

T'aimes la glace au chocolat ? Oui.

Prends-la en haut du frigo. Sors-la maintenant pour qu'elle soit fondue.

C'est bien toi là sur la photo ? Marie ?

Bon ben je

vais le lire moi.

L'incendie est criminel, mais le criminel est en liberté.

La police a pu prouver l'origine criminelle de l'incendie.

qui a ravagé le 15 rue de la Providence, au cours duquel M. Jacques Bonhomme a

trouvé la mort, mais elle n'a jamais pu mettre la main sur le coupable.

Sa fille, entièrement dévouée à se veiller à paralyser, était sortie

quelques minutes pour faire des courses.

Elle a été rapidement mise hors de cause, mais peut-on en dire autant des

promoteurs qui, sur l'emplacement de ce modeste pavillon, ont pu réaliser un

petit immeuble de prestige.

Hé !

C'est bien toi, là, sur la photo, hein ? Tu t'appelles bien Sophie Bonhomme ?

Oui.

Non, laisse ça, on fera ça plus tard.

Tu vas pas tout de suite, ton père ?

On

n'a rien pu trouver ?

C'est pas tout ça.

On va aller faire le bien maintenant.

Ça nous changera.

Bonjour, Mme Lantier.

C'est gentil d'être venue, Jeanne, on a bien besoin de vous.

Oui, justement, j'ai amené une amie pour nous donner un coup de main. Sophie, je

vous présente Mme Lantier.

Soyez la bienvenue, Sophie, vous ne serez pas trop.

On nous donne beaucoup de choses, mais la plupart est inutilisable.

Tenez, venez par là.

Voilà, c'est tout ça.

Allô, Boulot, qu'est-ce qu'on fait ? Tu fais comme moi, ce qui n'est pas trop

pourri, tu le gardes, et puis le reste, tu le fous en l'air.

Il manque les boutons.

Tu vois l'article ? En tout cas, c'est pas la lettre, c'est quoi ton pourri ?

Allô ? Du ballet.

Allez, dépêchez-vous, vous êtes en retard, l'abbé nous attend.

Dis pas alors, les enfants vous arrivent, ils sont en retard.

Allez, allez, dépêchez-vous.

Oh, regarde ça.

Elle est plutôt trouée, leur charité.

Qu'est-ce que c'est que ça ? C'est cette choré qui a

fait une chorale. Il répète un dimanche sur deux.

Arithmétique, cours moyen, première et deuxième année.

Ils ont du culot, quand même.

Ils nous prennent vraiment pour des poubelles, hein.

Tu trouves pas ? Je sais pas.

Est-ce que tu as remarqué que Madame Lanty sent le vieux tabac ?

Marc, quand il verra la bêlée de bois, je le sais pas mieux. Lui, c'est un

lapis.

Marc, c'est mon père qui sortait lapis.

Bonsoir, Sophie. La fête est finie. J'espère qu'on vous aura pas laissé trop

de travail.

Bonsoir, mademoiselle.

Bonsoir.

Bon anniversaire. Merci.

C'est Sophie qui m'a dit au revoir et bonne soirée.

Au revoir.

Viens, on va passer par là.

T'as bien mis la 2 ? Non, c'est la 1, ça !

Ah,

ils nous emmerdent avec leurs pubs ! Paul Newman !

Annazelle, regardez ces lettres. Elles ont été systématiquement ouvertes et

recollées. Très mal, d'ailleurs. Et ce n'est pas la première fois.

Mes paquets sont ouverts aussi.

Alors, j'ai à vous prévenir que j'ai décidé de porter plainte.

Je ne sais pas, moi. Écoutez, ça arrive tout déchiré. Je n'ai plus rien. Qu'est

-ce que vous voulez que j'y fasse ? Parfait.

L'enquête vous déterminera.

Mais je vous signale qu'avec votre prédécesseur, ça n'arrivera jamais.

De toute façon, je ne vois pas comment vous pouvez prouver.

Mademoiselle, regardez-moi bien.

Oui, mais je vous vois, ça va très bien.

Vous vous en êtes déjà sorti une fois grâce à l'absence de preuves, mais vous

ne vous en tirerez pas une deuxième fois, ce serait trop facile.

Eh non, mais dites-donc, pour qui vous vous prenez de ma côté devant votre

courrier ? Parce que moi, j'en sais plus sur vous que vous en savez sur moi.

Parce que vous, vous lisez peut-être des ragots dans les journaux, mais moi, je

sais qui vous êtes, vous et votre famille.

Je sais que votre femme, c'est une putain, et puis que l'autre, elle va

aller pas mieux.

D'ailleurs, c'est pas étonnant qu'elle se soit suicidée.

Non mais, vous avez vu le cible ?

Alors,

tu lui as remonté les bretelles ? Folles ! Où est-ce que tu vas, toi ? Au foot.

Bonjour Sophie, pardon de vous déranger. J'ai oublié sur mon bureau un dossier

dont j'ai absolument besoin.

J'envoie le chauffeur le prendre.

Vous pourriez le lui donner ? Bon, il est sur la pile de gauche.

C'est facile à trouver, dessus il y a écrit le...

Nous sommes les mini-gums, on se surnomme sa gomme. On est aux gommes

trois pommes, nous on est la gomme. Je suis nag.

C'est Coco.

C'est MC.

C'est Jojo.

Sous-titres par Jérémy Diaz

C'est écrit dans nos cœurs, on est des minikums.

On restera frères et sœurs même quand on sera grands.

Qu'est-ce qui est arrivé avec ce dossier, Sophie ? Je ne l'ai pas trouvé.

Enfin, il était là sous votre nez.

Et quand le chauffeur est venu, il n'y avait personne.

Le téléphone a coupé.

Peut-être, mais je vais rappeler tout de suite.

Ça n'a pas sonné.

Il faut que j'aille à la cuisine. Non, attendez une seconde. Quand le chauffeur

est arrivé, il n'a trouvé personne.

J'étais allée faire les courses puisque le téléphone ne marchait plus.

Marie est là ? Oui.

Arthur est là.

Je sais ta bonne niche.

Elle commence à me courir singulièrement sur le haricot.

Ce n'est pas une secrétaire, Georges.

S'il était plus maligne, peut-être elle le ferait par le ménage. Pour prendre un

dossier sur un bureau, il n'y a pas besoin d'être Einstein quand même.

Je me raccrochonnais, elle se tire, tout ça pas croyable.

Mais elle est comme ça.

Il y a des choses qu'il ne faut pas lui demander.

Passer les commandes, répondre au téléphone, ranger les livres, ce n'est

pas son domaine.

Excuse-moi, mais la maison, elle est impeccable.

Je t'excuse tout à fait.

Je te jure que je commence à en avoir plein le dos.

Tu ne t'en rends pas compte à quel point elle a changé.

Il y a des moments où elle est à la limite de l'insolence.

J'ai l'impression qu'elle est de moins en moins là.

Écoute, chérie, je n'ai vraiment pas envie de recommencer comme avant.

Il n'en est pas question, mon amour.

Mais personne n'est irremplaçable.

Non, mais sans doute, mais... Je sais le mal que j'ai eu pour la trouver.

En tout cas, il faut que je me tape d'aller porter ce dossier à la Réunion

maintenant. Oui, chérie.

J'espère que ça ne va pas durer 107 ans.

Attendez pas pour l'île.

Je crois qu'on va regarder un film devant la télévision. Tu vas faire un

petit plateau ? Oui.

Sans moi ? Sans toi.

Un bon film.

Elle était bonne selon elle quand même.

Ouais, fameuse.

Pourquoi tu dis ça ? Je veux dire que Sophie est vraiment une bonne

cuisinière. Ouais, elle fait bien les cuisines.

Enfin bon, c'est pas nouveau.

Mais qu'est-ce qu'il y a ? Rien.

Sois gentille, j'ai des cigarettes dans la chambre. Tu peux pas aller les

chercher. Tout de suite, là, maintenant ? Oui. Ça t'embête ?

Non, non, pas du tout.

Il est bizarre, tu trouves pas ? Il dira rien, non ?

Merci, mon chéri.

Tant pis.

Faudrait savoir ce que tu veux.

Je veux bien que tu fumes, mais en ma présence.

T'es folle, mais j'ai envie de te faire plaisir.

Je suis embêtée, tu sais.

J'ai l'impression qu'il ne va plus très bien entre Georges et Sophie.

Pourquoi tu dis ça ? Il dit qu'elle commence à prendre à son aise.

Je ne l'ai pas remarqué, moi.

Elle est là-haut dans sa chambre avec une copine. Une copine ? Oui, tu sais,

la fille de la poste.

Quoi ? Elle est là ? Ah oui ? Ma

charge va être furieuse.

T'as qu'à pas lui dire.

Quoi ? Je vois pas d'autre solution.

Ou bien, ou bien.

Je peux pas.

Je vais pas commencer à lui cacher des choses.

C'est fou, on peut jamais être tranquille.

Il y a longtemps que tu regardais la télé, c'est-à-dire qu'il y a aussi une

question d'histoire. Parce que je suis vieux, c'est ça que vous voulez dire ?

Non, non, c'est dit comme ça. Non seulement je suis petit, mais je suis

vieux. C'est pas la question, je n'ai pas dit ça. Moi, je trouve que tu es

normal.

Non, mais je veux dire... Je peux revenir demain, il y a un film avec

Alain Lebon.

Il suffit de ne pas se faire voir. Ne me touche pas.

On ne joue plus, d'accord ? Voici la question pour l'abbé Pierre. 300 000

francs en jeu.

Bonne chance, Gérard.

Bonjour, Sophie.

Bonjour, monsieur.

Sophie, j'ai peur d'avoir quelque chose de désagréable à vous dire.

Ma femme et moi, nous ne souhaitons pas intervenir dans votre vie privée.

Vous fréquentez qui vous voulez.

Mais nous ne souhaitons pas que votre ami vienne chez nous comme hier soir.

Alors, il ne se fait de mal ? Non, je ne veux pas discuter de ça.

Je n'accepterai pas que vous vous fassiez venir chez nous quelqu'un qui

raconte n'importe quoi sur ma famille.

Et qui se permet d'ouvrir mon courrier.

On ne vous empêche pas de l'avoir, encore que je ne vous y pousse pas.

Enfin, c'est votre affaire, moi je n'ai pas... Regardez ce que vous me laissez

faire.

Dis donc, t'en fais une gueule, Gorgo ? C'est la bonne ife.

Je sais pas ce que t'en penses, mais je commence vraiment à la trouver.

Répugnante ? Exactement, oui.

Je te jure, si elle n'avait pas ta mère avec sa trouille de se retrouver sans

personne, je la foutrais à la porte, c'est enstenante.

Dis donc, tu l'as eu père Kant, ta mobilette.

Je vais pas faire le taxi, la de Vitam était en arme.

Salut ! T'as pas pu attendre jusqu'à ce soir ? Non, c'est à cause de ça.

Pourquoi ? Le père de l'élève, il a encore fait une scène ? Je sais pas, il

a dit que tu pouvais plus venir.

Je les ai sûres.

Non, mais de quoi ils se mêlent ? Mais tu vois pas comment ils t'exploitent ?

Et toi, tu continues à leur laver leur linge sale. T'es vraiment une pomme, tu

sais. Même sa fille a le trait de facho. Sa bonne femme, elle reçoit des mecs

toute la journée dans sa boutique. Dans sa soi-disant boutique. Moi, je l'ai

vue, la boutique, y a jamais un chat.

La galerie, tu parles de galerie.

Et le fils, c'est complètement taré. Moi, je te l'avais dit, c'est lui qui

nous a dénoncés quand il nous a vus.

Et tu n'auras même pas le droit de continuer à avoir qui tu veux. Et merde

alors ! Mais je ne vais pas les obéir.

Ils me font marrer.

Ils font semblant d'être gentils, mais qu'est-ce qu'ils peuvent comprendre ?

Ils ont tout.

Le seul problème qu'ils ont, c'est de savoir s'ils vont s'acheter une voiture

rouge ou une voiture bleue.

Aucun cousin machin ne va pas avoir piqué la moitié de l'héritage de la

grand-mère.

Ah, si j'avais eu le dixième de ce qu'ils ont, j'aurais été heureuse, moi

je peux te dire.

J'aurais pu avoir ma vie comme je voulais, en tout cas.

Pas le contraire de ce que je voulais.

T'as pas cessé de bouffer la laine sur le dos, non ?

Laisse

-moi là.

Ah, mais y'a pas de raison, je te dépose devant ta porte ! De toute façon, à ce

temps-ci, y'a personne.

C'est que ça, c'est la voiture de la fille, qu'est-ce qui lui arrive ? Elle

doit avoir des chagrins d'amour.

Elle peut pas en garder un, alors hop, retour chez papa, maman.

Ah, c'est facile.

Tu sais rien, toi ? Tu devrais savoir, tu dis jamais rien.

Bon, allez, je te laisse ici, sinon on va encore t'emmerder.

T'as, je te renseigne.

Tu me raconteras.

Bonsoir. Allez, à plus tard.

Bonjour, Sophie.

Bonjour, mademoiselle.

Faut que je fasse des coups de téléphone, ça me coûterait moins cher.

Faut que j'appelle en Angleterre, Jérémy est en stage.

Ils vous attendent pas ? Bon, j'y vais.

Salut.

Alors c'est bien, tu vas tenir le coup ? C'est bien.

Mais j'aimerais mieux être avec toi.

Et toi, comment ça se passe ? Écoute, j'ai un vrai problème.

Grave ? Un peu.

J'ai dix jours de retard.

Ça t'est déjà arrivé ? Jamais, c'est la première fois.

Je suis sûre que je suis enceinte, c'était jamais le cœur.

Je te jure, de toute façon, je te laisserai pas tomber.

Si mon père apprend ça, il va être fou.

Oh, mais non, c'est pas si dramatique.

Mais tu peux pas savoir.

Pour lui, l'éducation sexuelle, c'est une obsession.

Depuis que j'ai 12 ans, il me parle de pilotes préservatifs.

Il est sûr que grâce à lui, ça peut arriver à n'importe qui sauf à sa fille.

Et puis, je suis encore sous sa sécu.

Si je me fais avorter, il le saura forcément et c'est sûr, il va me jeter.

Mais non.

De toute façon, le plus important, c'est nous.

C'est pas ton père.

Alors on va discuter tous les deux, on va se décider entre nous, et après je

lui parlerai, d'accord ? D'accord.

Tu me rappelles demain ? D'accord, je te rappelle.

Je t'aime, Melinda.

De toute façon, on en aura des enfants.

Et si c'est pas celui-là, on recommencera, t'en fais pas.

Je t'aime aussi, je te rappelle.

Vous allez vous escarter les yeux.

C'est un test, c'est moi qui le prépare.

Pourquoi pas ? Catherine m'a dit qu'on ne peut pas vous interdire de faire

venir votre ami.

C'est vrai.

Il ne faut pas vous laisser faire, vous avez le droit de fréquenter qui vous

voulez.

Il est terrible de faire le bien des gens malgré eux. C'est complètement

fasciste.

Nous aussi on fait le bien avec Jeanne.

On aide au secours catholique.

Je sais, vous nous l'avez déjà dit.

Où sont les TICT ? Il y a une case dans les boutoirs.

Si vous aviez un enfant, vous l'appelleriez comment ? Je ne sais pas.

Moi, je n'aime pas mon prénom.

Sophie, c'est joli.

Ça veut dire sagesse en grec, vous le saviez ? Non.

Il n'y a pas de sucre ?

Tiens, on va s'amuser un peu.

J'ai vu qu'il y avait un test marrant.

Voilà.

Êtes-vous une salope ? Ils ont pas avec le dos de la cuillère.

1. Il vous annonce qu'il est tombé amoureux d'un homme.

1. Vous éclatez de rire.

B. Vous lui faites passer un test HIV.

C. Vous demandez le divorce.

D. Vous demandez à connaître l'autre. E.

Vous lui proposez de vivre à trois. F. Vous exigez que cela reste secret.

On va faire autrement. C'est vous qui allez me poser des questions, on verra

quelle salope je suis.

J'ai du travail, moi.

Il y en a pour cinq minutes.

J'ai pas mes lunettes.

Assieds-les, voilà.

Tenez.

Sophie, je vous ai choquée ?

Je suis désolée.

On va garder la mode ? Oui, j'aime mieux.

Vous êtes dyslexique ? Hein ?

Excusez-moi.

Je veux dire...

Je ne savais pas.

Vous ne pouvez pas lire ? Vous ne savez pas ? Vous auriez dû nous le dire, vous

savez. Il y a plein de gens comme vous.

Je peux vous apprendre si vous voulez.

L'autre jour, à la télé, j'ai fait une émission sur ça.

Sur l'analphabétisme.

Il y avait un médecin et une femme.

Elle racontait qu'elle avait trouvé le moyen de soigner les gens comme vous.

Même beaucoup plus vieux.

Elle a écrit un livre. Je suis sûre que mon père vous enverra la voir à Paris.

Si vous répétez à quelqu'un le mot que vous avez dit, je raconte à votre père

que vous êtes enceinte.

Quoi ? Si vous parlez, je raconte tout.

C'est pas moi la salope.

C'est vous.

Vous n'avez qu'à pas vous mêler de ce qui vous regarde pas.

Tous les rythmes de la danse et encore de la danse. Oh là là, vous étiez très

très nombreux au bal il y a 15 jours avec Cyril, avec Anne-Marie, avec

Séverine, Cédric et tous les autres.

L'après-midi, France 2 s'appelle désormais, grâce à vous, France 1.

Sophie, on est là.

Oui, Melinda.

Eh bien, ma petite fille, voilà une bonne surprise.

Qu'est-ce qui t'arrive ?

Je vous laisse, hein. Non, non, coca reste.

Faut que je vous raconte tout.

C'est pas la java mondaine, ni même le tango chinois.

C'est bien la valse qui nous enlace et qui nous fait chavirer.

Paris, vous y, Paris, vous êtes, Paris qui n'en fait qu'un seul.

Paris sac, Paris sac, sac.

Cette fille et ses mauvais garçons.

Mais enfin, qu'est-ce que tu as découvert de si terrible ? Elle est un

alphabète.

Quoi ? Ça, c'est pas vrai.

Ah, mais oui, bien sûr.

On aurait dû y penser.

Mais j'avoue que ça n'est pas venu à l'esprit.

Comment croire que ça existe encore ? Et qu'on puisse en avoir tellement honte.

En tout cas, c'est pas une raison pour te faire du chantage.

Bon, pardonne-moi, mais je la vire, c'est en ce moment.

Oui.

Oui, on peut pas laisser passer ça.

Entre une qui sait pas lire et l'autre qui lit ce qui la regarde pas, tu parles

d'un duo.

Eh bien, mes enfants...

Vous pouvez déjà voir ce qui m'amène, Medina m'a tout raconté.

Je suis désolé, mais je ne peux pas garder quelqu'un qui fait du chantage.

Je sais que la vie est dure, que... Si vous êtes un alphabète, ce n'est

certainement pas entièrement de votre faute.

Dans un sens, je vous plains.

Mais... Le chantage, ça... Le chantage, je ne le supporterai pas.

J'ai faim.

Ça ne nous intéresse pas.

Vous savez que je pourrais vous renvoyer dès ce soir.

Nous n'avons signé aucun contrat.

Ça ne doit pas être trop dur.

Vous pouvez garder votre jour encore une semaine, le temps de vous retourner.

Nous sommes demain jeudi, alors... Il faut que dans huit jours, vous ayez

disparu.

C'est bien compris ?

Je vous donnerai un certificat de travail avec votre feuille de paye.

Mais je ne veux pas qu'on me téléphone pour me demander des renseignements sur

vous.

Si vous me comprenez, ça vaut mieux pour vous.

Bien sûr, si vous trouvez quelque chose plus tôt, n'hésitez pas.

Le plus vite vous serez parti, mieux vous vous remporterez.

Évidemment, il n'est pas question que vous vous occupiez de la maison.

Voilà.

Au revoir.

Le PDG de Prémagaz a un petit peu craqué sur la voile et son entourage et a

décidé de nous aider dans la saison. Puis ensuite, ça a abouti sur un contrat

de trois ans.

Ah, c'est long, hein ? Qu'est-ce que c'est ? Bonjour, madame, c'est le

secours catholique.

On vient vous faire penser à ce qu'on froid et qu'on faim. Et puis, si vous n

'avez pas des vêtements, des petites provisions que vous pouvez donner.

D'habitude, c'est l'abbé et l'élegoire qui pensent. Eh bien oui, mais cette

fois, c'est nous.

L'abbé, il fait la chorale.

Entrez, entrez.

Qu'est-ce que c'est ? C'est des petites pour le secours catholique. Ah bon ? On

avait mis des choses de côté.

Tu veux que j'aille les chercher ? Non, ne t'inquiète pas de ça.

Je l'avais mis de côté.

Parce que vous passez toujours à la même époque.

Oh, mais dite-toi, c'est vraiment des rebuts, hein ? Quoi ? On va pas prendre

n'importe quoi, hein ? On n'est pas à la décharge municipale.

Mais qu'est-ce que vous faites ? Je te dis.

Tu vas m'aider ? Ça, allez.

Du balai.

Non, mais regarde-moi ça.

Du balai.

Ça chaleure.

Bon, ça, tu peux garder.

Ça, pas mal.

Quitte dans la daté périmée.

Vous les empoisonnez, les pauvres ? Qu'est-ce qu'il y a ?

Allez, on sort.

Le reste, vous faites une bête. Au revoir, merci, et à la prochaine.

Non, mais... Mais moi, je vais prévenir le secours. Vous allez voir, vous n'avez

qu'à pas nous refiler des saloperies ! Malfaisant ! Allez, fini pour aujourd

'hui. On leur amène tout ça et basta.

On s'est bien marrés, hein ? Oui.

Ils ont quand même fini par décider de foutre l'appel dimanche.

Ils m'ont virée.

Viré, viré ? Ah, les salauds ! J'en étais sûre, hein.

C'est Melinda ? Oui.

Ah, cette bagnole, alors ! Je crois que c'est la batterie qui fait des courjus.

Tu m'en raconteras, hein.

Mais avant, on va aller se pousser cette camelote.

Oh, ça tue ! Allez

!

Vous

voilà, vous deux.

Voilà, on va ramener tout ça.

On a fait attention, il n'y a que de l'utilisable.

Posez ça dans un coin.

Monsieur l'Abbé veut vous parler.

Ah, vous voilà.

Ce que j'ai à vous dire est très grave.

Je suppose que vous faites ce que vous pouvez, comme vous pouvez.

Mais nous, nous ne pouvons plus accepter la façon dont vous vous conduisez.

Nous sommes très tolérants.

Vous êtes des bénévoles et on ne peut pas trop en demander.

Mais c'est la réputation du secours catholique qui est en jeu et votre

comportement est inadmissible.

Des gens sont venus se plaindre.

Et je dois dire que j'ai même eu du mal à croire ce qu'on a raconté.

Je ne sais pas ce qui vous a pris, mais vous avez largement dépassé les limites

du tolérable.

Voilà.

Enfin, en un mot, nous ne voulons plus que vous travailliez avec nous.

Non, non, je ne comprends pas bien. Vous ne voulez plus qu'on fasse le bien ?

Vous devriez peut-être vous faire soigner.

Ah oui, c'est une bonne idée ça.

Salut.

Il court, il court, le furet, le furet du bois joli. Il fourre, il fourre,

le curé, le curé avec madame Lantier. Ah oui, tu crois ? Oui.

Eh ben dis-moi.

Je crois pas. Alors raconte-moi comment ils t'ont viré.

Melinda, y'a rien à dire.

Ah ben dis-donc, t'as pour tirer les verres du nez, faut sauver le bonheur,

hein.

Bon allez, on va aller chez moi, puis on va se faire une petite bouffe.

Ah oui, j'ai faim.

Je sais pas si j'ai quelque chose à bouffer, par contre.

Elle est formidable, ta cafetière.

Dis-donc, tu vas pas rester chez ces salauds.

De toute façon, t'auras pas de mal à trouver du boulot.

Et puis en attendant, t'as qu'à venir vivre ici.

Tu crois ? Ben oui.

On rigolera.

Tout à l'heure, on ira là-bas prendre tes affaires.

D'accord ?

Mais

Linda, elle est enceinte. Oh là là ! Ça fait du foin ? Je sais pas. Comment tu

le sais ? De toute façon, pour eux, c'est pas un problème.

Qu'ils le gardent ou pas, c'est pas un problème.

C'est con, il n'y a rien à bouffer, là.

C'était parfait.

Je t'en prie, chérie.

Du jambon salade. Non, la salade était parfaite, vous ne trouvez pas ? N

'insiste pas, c'est Melinda qui l'appelle. Non, mais je n'insiste pas,

mais je me comprends.

Les enfants, on n'a plus que dix minutes avant que ça commence. Allez, vite,

vite, vite.

Des méchants, des méchants, allez.

Le mieux, c'est de l'emmener là.

La télé dans la bibliothèque pour la stéréo. Mais comment tu vas déplacer ce

monstre ? Je sais rien, ça roule.

Puis j'ai une rallonge pour l'antenne.

Félicité de la série You, finalement.

J'aime bien le père, non ? Tu vois que je peux l'enregistrer sur le

magnétophone ? Ouais, tu le passes à ton micro, je t'arrangerai ça. C'est

décidément une génération de bricoleurs.

Oh, boyou ! C'est vrai, il s'est bougé.

Dis-moi, j'espère que Jeremy ne va pas te téléphoner au milieu du deuxième

acte. Non, on s'est déjà parlé deux fois.

Le gros événement n'est pas pour demain.

J'y trouverai le livret bilingue.

Italien, français.

Tu sais, t'en as aussi dans les compacts. Non, c'est pas la même chose.

Mozart, nous voilà.

T'as branché le magnéto ? Ouais, ouais, c'est bon.

Moi, quand je me suis retrouvée avec le gros ventre et l'autre salaud qui s

'était tiré, j'avais personne pour me consoler quand je pleurais, je peux te

dire.

Ni pour me dire quoi faire, ni pour me dire où aller si j'avais voulu le faire

sauter.

Moi, je ne voulais pas. Moi, je voulais le garder. Je n'avais pas peur de l

'élever.

C'est pour ça que quand les flics, après, disaient que j'avais fait exprès

de la laisser mourir, ils auraient mieux fait de penser que si j'avais vraiment

voulu m'en débarrasser, j'aurais pu faire avant, qu'ils pensent.

C'est ça, je ne pleurerai jamais. Toujours dans son coin.

Je crois que si je ne lui avais pas donné à manger, je ne l'aurais pas

réclamé.

Elle avait presque 4 ans.

Moins de 12 jours.

Je suis rentrée, j'avais des paquets dans les bras.

J'ai senti quelque chose contre ma jambe.

Moi, je n'ai pas compris que c'était elle. Je ne savais pas ce que c'était. J

'ai eu peur.

C'est machinable. J'ai balancé ma jambe comme ça pour m'en débarrasser.

C'était l'hiver. Il y avait un poêle qui chauffait.

Il y avait deux pièces. J'ai été porter mes paquets dans la cuisine.

Je les ai mis les uns à côté des autres. J'en ai même défait un ou deux. Je ne me

souviens plus bien.

Et puis c'est seulement quand je suis terminée dans la pièce que j'ai vu qu

'elle était contre le poil.

Elle ne bougeait pas, elle avait la joue toute cloquée.

Ça m'a complètement paniqué. Je ne sais plus ce que j'ai fait.

Bon, après, je suis allée chez la voisine.

J'espérais qu'elle me disait, la garce, tu parles de ce qu'elle a trouvé à me

dire. C'est, hein, qu'est-ce que vous avez fait ? Bon, elle a dit qu'il

fallait appeler la police.

C'est elle qui a appelé. Moi, j'étais dans un coin, incapable de rien faire.

Après, les gendarmes sont arrivés, je leur ai expliqué, mais ils n'ont jamais

venu. Ils m'ont mis en prison.

Après, il y a eu d'autres flics.

Il y a eu un juge d'inclusion. Celui-là, je n'ai jamais pu savoir ce qu'il avait

dans la tête.

Peut-être qu'il n'avait rien du tout.

Après, il y a eu le jugement.

Là, je crois que le juge m'a cru. Il n'a pas été méchant.

Il a dit qu'il n'y avait aucune preuve que ce que je disais n'était pas vrai.

Il a dit que lui, il pensait que c'était un affreux accident.

Ils m'ont lâché.

À la pause, ils ont été bien, ils m'ont repris.

Ils m'ont juste déplacé de Rennes à ici pour qu'il n'y ait pas de raconteurs,

des trucs comme ça.

Et toi, avec ton vieux, comment ça s'est passé ?

Arrête-toi là.

Pourquoi on peut bien s'approcher ? Parce qu'on vient prendre tes affaires,

je te le demande.

Mais il te fiche encore la trouille, Alain ?

Allez viens, dépêche-toi !

Ouais d'accord.

Ça m'étonne pas qu'ils aiment la chasse.

Vous avez raison.

Allez, on monte. Non, non, non, c'est pas moi.

Ah, dis donc, ils ont baisé, c'est pas possible ! Tiens ! Allez !

Allez ! Tiens, toi, la pétasse ! Ça, ils vont savoir qui c'est !

Allez, toi ! Comme ça, il n'y aura pas de gel ! Alors, on se peut prendre le

chocolat ? Oui.

Ah non, mais attends ! On va le bercer !

Je vous sers un café ? Je suis de l'enregistre. Mais non, pas les deux

actes.

Allez.

Allez, les frères.

Allez, viens !

Je ne sais pas.

Ça leur faisait peur.

Tiens.

Comment ça marche ce truc-là ? Mais ce n'est pas comme ça qu'on s'en sert.

Je l'ai vu faire.

Non. Tu m'avais caché ça. Je sais même où sont les balles.

Oh là là.

Attention, tu vas le casser.

Justement, il faut le casser.

Non.

Comment tu trouves ? Ce que j'aime bien, c'est que c'est très homogène.

Il n'y en a pas un qui cherche à tirer la couverture.

Vous n'avez pas entendu du bruit tout à l'heure ? Non, c'est Sophie qui devait

rentrer en douce.

Ah oui, sournoisement, oui.

Moi, j'ai cru que c'était un bruit de verre cassé. Mais non, c'est dans l

'opéra, c'est la stéréo.

Tu repis, toi ? Mais non, je vis.

Je digère ce que j'ai entendu.

Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Jérôme ? J'ai l'impression qu'elle n'a pas se

tiré là.

Tu crois ? Je vais voir.

Laisse-lui donner sa soirée d'adieu. J'en ai pour une minute.

Laisse-toi, tu vas rater le début du deuxième acte.

Qu'est

-ce

que c'est que ce bordel ?

Vous allez le faire le pire au plus vite, sinon j'appelle la police.

Vous avez dit de me permettre les pieds ici.

Ben voilà un qui aura plus mal aux dents.

Qu'est-ce que c'est ? Il y a un coup de feu ?

Mais non, c'est la postière qui s'en va, la vieille caisse pourrie.

C'est le trier, c'est ce que je préfère.

Mais Georges, qu'est-ce qu'il fabrique ? Il a tiré sur ces deux folles et il sait

pas comment vous le dire.

Gilles, vas-y, je suis inquiète.

Mais taisez-vous, ça va, il lui faut la porte.

Allez, on y va.

Il est mort votre mari ?

Ça va.

On a bien fait.

Va falloir que je m'en aille.

Tu sauras comment faire.

Oui, je vais tout ranger.

Après, faudra que t'appelles la police.

Tu leur diras que t'as tout trouvé comme ça.

Oui, pour rien prouver.

Tiens, je prends ça.

Ça me tente.

C'est à Melinda.

C'est Jérémy qui lui a offert pour son anniversaire. Ben justement, elle n'en

aura plus besoin.

J'y vais.

Ah ouais !

La voiture était au milieu de la roue.

Sans lumière, juste là, dans le coin du tournant. Quand on l'a vu, c'était trop

tard, on n'a pas pu l'éviter.

La voix petite.

Je le vois bien, monsieur l'abbé.

On n'est pas responsable. C'est arrivé comme ça, c'est la fatalité.

La pauvre enfant.

C'est que ça.

Il dort le crâne, vous croyez que c'est le moment ?

Il est mort votre mari ?

On a bien fait.

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