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-Papa !!! Tirs.
-Il se réveille ! -Je n'ai rien à voir
avec la mort de ton père. Je peux faire un gros effort financier.
-On pourrait utiliser Deluca. -Deluca
ne doit pas parler.
-Je m'en occupe.
-Moi, ce que je veux, c'est être avec toi.
Tu l'aimes encore ?
-T'allais pas m'attendre dix ans. Tu es ma femme.
Je t'aime toujours autant.
-Tuer Charles ? -Après,
je serai aux commandes.
-D'où tu sors ça ?
-C'est Marc.
-Que faites-vous ? -Je gagne du temps
avec mon fils.
Je le ferai.
-Tire !
Tir.
-Tu as menti !
*-Tentative d'assassinat cet après-midi, à Ajaccio,
*contre le présumé parrain de la Corse-du-Sud,
*Charles Luciani.
*Il aurait essuyé des tirs
*à la sortie du restaurant Le Bing,
*mais n'aurait pas été touché.
-J'appelle Sampiero et je te tiens au courant.
D'accord ?
*Journal télévisé.
Il s'éloigne et sort.
*...
Elle soupire.
*...
*Tonalité d'appel.
*...
-(Réponds...)
*...
Réponds, s'il te plaît !
*-Ici, Santu. Laissez un message. Elle raccroche.
Elle soupire profondément. *-Répondeur d'Anto Natali.
*Laissez un message.
Conversations mêlées.
...
La voiture ralentit et s'arrête.
*Musique techno en fond. Voix indistinctes.
Claquements de portières.
-Bonsoir. -Bonsoir.
-Tu connais Santu ? -Oui.
-Il est là ? -Non.
-T'es sûr ? -Oui.
-Là, si on entre,
y a personne ? -NON.
*...
-Putain, mais comment j'ai pu être aussi con ?
Mon père m'a doublé, ce putain de traître !
-Je suis là, moi,
je te lâche pas.
Briquet.
Aboiements au loin.
...
Viens, faut pas s'éterniser.
Il s'éloigne.
Combustion.
...
Chanson en corse.
...
-Tu plaisantes ?
C'est quoi, cet endroit ?
-C'est ici que tu vas te faire oublier
le temps que ça se tasse.
Les Gaulois sont pas là. Tu seras tranquille. Viens.
Claquements de portières.
Ouverture.
Claquement.
Il pose la clé.
-Combien de temps ? -Le temps que je décide
de la suite. -La suite
est simple : je fume Charles et basta !
-Oh ! Tu viens de te rater.
Plus le droit à l'erreur.
Tu attends mon feu vert.
File-moi l'arme. -Non.
-Santu, je plaisante pas.
-Et si on me trouve,
je reste ici à poil ?
-Si on te trouve, ce sera
les flics. Et si t'as l'arme qui a tiré sur Charles,
tu seras marron.
Allez ! Je t'en ferai parvenir une autre.
-Quand ?
-Au plus vite.
Oh !
Rire bref. Tu me fais confiance ?
Je t'appelle.
Il sort, claquement de porte.
Claquement de portière.
Il ouvre la boîte à gants.
Fermeture.
Cris de mouette.
...
-On ne voit jamais
leurs visages.
Claquement.
-Séréna...
Où tu vas comme ça ? -Je vais travailler !
-Où est ton neveu ? -Si je savais,
je te le dirais ? -Bon, Séréna, faut
qu'on lui parle.
Tu comprends ou pas ?
-S'il a rien à se reprocher,
qu'il se montre !
Mm ?
-C'est tout ?
-On le trouvera, avec ou sans toi.
D'accord ? Alors, fanfaronne pas trop.
Allez !
Claquements de portières et démarrage.
*Tonalité d'appel.
*...
-T'es où ? *-Ca va.
*Le petit est en sécurité.
-Faut pas qu'ils le trouvent. *-Pour ça, tu dois m'aider.
-Comment ? *-Va travailler.
*Parle de rien à personne.
*Je te contacte très vite.
-OK. *Il raccroche.
Quelqu'un se déplace dans l'appartement.
Il déplace un objet avec le pied.
...
Il freine puis coupe le contact.
-Tu ne réponds plus, alors je suis passée ici.
-Le hasard fait bien les choses.
-Le passager a le même blouson
que toi. Si tu sais quelque chose, tu devrais me le dire.
Avec les hommes de Luciani après lui,
il est fichu.
-Tu crois que je sais pas ?
-Je dirige encore l'affaire. Pour la suite, décide.
Même s'il tue Charles, c'est 30 ans de prison.
-Je sais pas où il est ! Ca va ?
-Ouais... Eh ben,
je peux rien faire pour toi.
On frappe à la porte.
Il ouvre.
-Entre.
Claquement de porte.
Il est où, Marc ?
-Il a pas pu venir. Je t'ai apporté à manger.
-Putain !
Tonton a dit quoi, sinon ?
-De te tenir tranquille jusqu'à son signal.
Et appelle personne
avec ce téléphone. -OK.
-Les hommes de Charles te cherchent.
-Je vais les abattre. -Redescends ou tu vas mourir.
-Qu'est-ce que t'as ?
T'étais la première à vouloir sa mort.
-J'ai peur pour toi.
-T'inquiète !
Et ce sera fini.
-Bon, j'y vais.
-Tata !
Merci.
Elle sort.
Briquet.
...
-Tu dis à ton papa de m'appeler.
Conversations indistinctes.
Rire.
...
-Oh ! Allez faire un tour.
En corse.
-Désolé, Charles.
Je sais pas où il est... -Ca va.
Je sais pas si c'est l'air de la mer ou le bruit des vagues...
J'ai envie de te croire.
J'ai raison de te croire, non ?
-Oui.
Rire bref. -T'as 48 heures pour me le trouver.
Sinon, je commence par te prendre ta paillote,
et puis...
Et après, tout
le reste.
En corse.
...
Tape.
-Tiens mieux ton fils, il va s'attirer des ennuis.
-Touche pas un cheveu de Santu, sinon...
Il rit.
...
Ils s'éloignent.
Ton maître est venu te demander la même chose que moi ?
-Pas ici. -Touche pas !
-Quoi ? Je te réponds pareil : "Je sais pas où il est" !
-Pourquoi t'énerver ? -Je suis ni sa mère,
ni son père. Si t'avais fait ton travail, il en serait pas là.
-D'où tu me parles comme ça ? Je sais que t'as donné le flingue.
-Depuis que ton mari a ressuscité, ton fils est incontrôlable.
Pourquoi Anto était avec Santu ?
Il était pas contre la vendetta ? -Il l'est. Il a détourné le tir.
-Ma soeur, t'es encore plus bête que ce que je pensais.
-Je connais Anto. -Non.
Tu le connaissais y a 10 ans.
C'est différent. Je t'appelle si j'ai des nouvelles de Santu.
-Pff ! J'y arrive pas, là.
J'ai pas la tête
à ça...
-Je vais aller parler à mon père.
-Pour lui dire quoi ?
-De laisser Santu tranquille.
-Tu crois qu'il va t'écouter ? -Bien sûr
qu'il va m'écouter.
Fais-moi confiance.
*Tonalité d'appel.
*...
*Bip.
-Tonton, je vais pas passer ma vie dans ce trou.
Rappelle pour me dire où ça en est. A prestu.
Il pose le téléphone.
Voiture en marche.
...
Arrêt.
Claquement de portière.
Cri étouffé.
-Allez, viens...
Gémissements étouffés.
Il se met à courir. Oh, Antoine !
Tirs.
Aboiements au loin.
...
Il lâche l'arme.
Il s'éloigne.
...
-Comment ça va, maman ?
-Là, ça va. Elle est sous calmants. Sinon, elle est trop agitée.
Vibreur.
-C'est Santu ? -Je t'ai dit que je n'avais plus
de contacts avec lui. -Pourquoi tu te tends ?
-Fais pas ton flic ici. Fallait pas
lui mentir. -Comment tu sais ça ?
Séréna... Ton neveu,
c'est mon fils. Il va se faire flinguer si ça continue.
Parle-moi. -Si t'avais assuré,
Charles serait mort.
-Arrêtez avec les vendettas !
Il aurait pris 30 ans de prison.
Tu as envie de ça ? Oh !
Je sais que t'y tiens autant que moi.
Je te remercie
de t'en être bien occupée... -Toussaint,
c'est toi ?
Pourquoi vous criez ? -Maman...
C'est Anto.
Ca va, tout va bien...
-Je t'avais dit de quitter le domaine et Vanina.
Si Anto avait repris sa place,
on n'en serait pas là. -Quoi ?
-Il fallait m'écouter. -Garde tes leçons de morale.
Cette histoire va trop loin.
Tu dois calmer le jeu, papa.
-On essaye de me tuer et je vais trop loin ?
-Tu dois épargner Santu, stopper l'escalade !
-Je passe pour quoi ?
Pour un faible ?
On dira que je suis fini et tous voudront ma tête.
-S'il te plaît, écoute-moi pour une fois !
Si, demain, Santu meurt, tu seras le suspect numéro 1.
Et tu vas tout perdre, tout !
T'as pas fait tout ça pour ça, hein ?
Fais un geste.
Epargne-le.
C'est mieux pour tout le monde, pour toi, pour tes affaires.
Claquement.
La voiture s'éloigne. Il démarre la moto.
...
-C'est où ? -A la sortie de...
On frappe à la porte.
Il arme le pistolet.
-Oh ! Il frappe.
...
Regarde, Séréna.
Le beau-frère nous visite. -J'ai rien à voir avec toi.
-Tu me suis ? Tu joues
à quoi ? -Où est mon fils ?
-Beau-frère... -Non,
putain !
-Santu ne me répond plus.
Et si je le savais, je te dirais rien.
-Tu dirais rien ?
Ecoute-moi !
-Lâche ou je te rendors vraiment. -Tu me braques, toi ? Tire !
-Tu baises la flic, on sait ! -Tire !
-Fais double jeu avec ton fils,
pas avec moi. -Il sacrifierait son neveu.
T'as pas de figure !
-Maintenant, dégage de chez moi ! -S'il lui arrive quoi
que ce soit,
je t'ouvre en deux !
Et toi, tu vas ouvrir les yeux, un jour ?
C'est le clébard de Charles, sa serpillière ! Réfléchis !
-Dégage !
Voilà ! Claquement de porte.
Ecoute-moi bien, toi.
La prochaine fois, je lui colle une balle dans la tête.
Elle soupire.
Ouvertures.
...
-Alors ?
-Il a rien voulu entendre.
Soupir.
-Tu te fous de moi ? -Tu sais
ce que ça m'a coûté d'aller
le voir ? -Ce que ça t'a coûté ?
Ca me coûte quoi, à moi ?
Mon fils. -Ton fils
a essayé de le tuer !
De le tuer ! Réveille-toi !
-Je suis parfaitement réveillée. T'es un lâche qui craint ton père
depuis toujours. Soupir.
Un minable !
-Vanina, s'il te plaît... Je ferais tout
pour toi, mais j'allais pas
lui tirer dans la tête !
Elle soupire.
*Tonalité d'appel.
*...
*Bip. -Ah, tonton !
C'est Santu. Pourquoi tu prends plus mes appels ? Merde !
Donne-moi ce putain de feu vert, là !
*Tonalité d'appel.
*...
Tu réponds pas non plus, Séréna, putain !!!
Coups.
*Tonalité d'appel.
Un homme. *-Allô ?
-Carlo, c'est Santu. Trouve-moi un bolide, les plaques refaites.
*-Ca va. -Une kalach ?
*-Ca va coûter cher.
-L'oseille, c'est pas un problème.
J'arrive. *-Vas-y.
Il pose le téléphone.
...
Dérapage.
Mitraillage.
...
Aboiements au loin.
Vrombissement.
Aboiements au loin tandis qu'il s'éloigne.
...
*-Ton neveu vient de mitrailler ma façade.
-Attends... Qui te dit que c'est pas un coup des Bastiais ?
-Oh ! Tu me prends vraiment pour un con ?
-Ce morveux va comprendre, je te jure.
*-Comprendre quoi ?
Maintenant, y a plus rien à comprendre.
*Il raccroche. -Charles va le tuer.
-C'est moi qu'il va tuer. -Tu penses qu'à ta gueule !
-Oh ! Je pense à nous, ma chérie.
Et si je veux remplacer Charles, Santu doit m'obéir.
T'inquiète. J'ai un plan.
-Tu vas pas lui livrer Santu ?
-Mais non, jamais de la vie.
Hé !
Tu me prends pour qui ?
On frappe. -C'est lui.
-Reste ici.
Laisse-nous, s'il te plaît.
-A quoi tu joues avec le gosse ? -Ca va. Retourne prier
pour lui dans ta montagne. Je gère. -Tu gères ?
Tu gères rien du tout. -A quoi
tu joues, là ?
Au grand-père modèle ? Tu l'as abandonné, alors...
-Tu vas le sacrifier
à force de le manipuler. -Hé !
C'est ton vieil ami qui veut sa peau.
Si tu veux sauver ton petit-fils, crève Charles.
-Ton âme est perdue, mon fils.
Il s'éloigne et sort.
...
Je peux t'en prendre une ?
Briquet.
Ton père, ça a été le mort de trop, pour moi.
A l'époque, on luttait ensemble, pour la cause...
On était des compagnons de lutte.
Tout ça pour un idéal,
la Corse libre...
Et quand Charles a dérivé,
on s'est éloignés.
-Il aimait pas Charles. -Ou ce que Charles est devenu.
L'affairisme.
Alors, il a rompu les liens et est retourné à la terre,
celle pour laquelle
on se battait.
Il me manque.
-Il me manque aussi.
-Séréna... Mon fils et Charles
sont des prédateurs, des loups.
Toi, tu es un chien de berger.
Tu es là pour sauver les âmes perdues.
Et moi...
Moi, j'ai prié dix ans pour le comprendre.
Ne perds pas autant de temps que moi.
-Putain...
Ressac.
...
Elle frappe.
On ouvre.
...
-Séréna ?
-Faut qu'on parle.
-De quoi ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
Quoi ? -Santu a tiré
sur la maison de Charles.
-Non... -Il a mis
un contrat sur sa tête.
-Et Marc ? Briquet.
...
-Il m'a promis de l'aider. -Non ! Il va
protéger ses intérêts, putain !
-Tiens. C'est l'adresse de la planque
et son numéro.
Depuis tout petit, je lui monte la tête avec la vendetta.
Maintenant, ça va le tuer.
-Non, parce qu'on va empêcher ça !
T'as compris ?
Vibreur.
...
-Oui ?
Anto. *-Je sais où est Santu.
*Je viens te chercher.
-Tu crois qu'on va le convaincre ? *-Ensemble, oui. OK ? J'arrive.
Vrombissement.
Santu ?
-Santu ?
Ouvertures de portes.
...
Claquement.
-Il a dû changer de planque. -Appelle-le.
-Il répondra pas. -On essaie quand même,
s'il te plaît.
Merci.
Elle soupire.
*-C'est Santu. Laissez un message.
-Répondeur.
*Santu, c'est maman. Rappelle,
*s'il te plaît.
*On est inquiets, avec ton père. *-Fils, dis-nous où tu es.
*On veut te protéger, rappelle. *-Je t'aime, mon fils.
Il frappe.
On ouvre.
...
-Poto, ça va ? -Et toi, poto ?
-Tout le monde te cherche. C'est chaud.
-Je peux rester un peu chez toi ? -Longtemps ?
-Je me casse ? -Non, entre.
-Sûr ? -Reste autant que tu veux.
-Mais... -Oui, t'inquiète.
-Merci.
Oh, le paradis !
Assieds-toi, je te crève !
Comme au collège !
Suite inaudible. *Rap avec chanson en corse.
*...
Il coupe le contact.
-Y a une solution. -Laquelle ?
-Les flics
géolocalisent le numéro.
Il va se faire tuer s'il reste dehors.
-En prison aussi ! Charles a des hommes partout.
Hors de question
que tu files son numéro aux flics.
Promets que tu le feras pas. Il soupire.
-Je te le jure.
-Tu es conscient
que ton petit-fils a dépassé les bornes ?
C'est fini pour lui, tu le sais.
-Charles, redescends s'il te plaît. C'est qu'un enfant.
-Pas s'il a une arme. Au même âge, on militait.
Et on éliminait pour moins que ça.
-Et regarde où ça nous a menés. Il rit.
-Je suis là où je voulais être. Tout va bien pour moi.
-Mais à quel prix, Charles ?
-Tu crois que je vais attendre qu'il me colle une balle ?
-Tu veux pas
entendre raison, hein ? -J'ai aussi perdu un fils.
Même deux, avec Dume qui est du côté des Natali.
Alors, pas à moi.
-Alors, savoir que Dume est pas ton fils,
ça devrait rien te faire...
-D'où tu sors ça ?
-Du passé.
Celui dont tu parlais.
Demande à ceux qui restent, tu sauras.
Jet.
Il soupire.
On frappe à une porte.
-Sortez de là !
-Calme-toi !
-Touche à ma mère, je te tue ! -Vous seriez déjà morts. Donne
ton téléphone et suis-moi.
Charles ferme la porte.
Oh ! Ton téléphone, j'ai dit !
Allez !
Il le pose sur une table. Va faire un tour dehors.
Te fais pas remarquer. Il referme à clé.
-Tu en as mis du temps à venir me voir.
-Je sais.
La vie nous a séparés.
-Tu as tes affaires...
Comme me dit souvent Joseph à l'oreille, la nuit.
-Je suis désolé, pour lui.
Tu sais que je n'ai rien à voir dans tout ça ?
-Charles, je vois tout, ne l'oublie pas.
-(Samia !
(Samia, appelle mon frère,
(c'est urgent.) -(OK.)
-Je savais
qu'une tempête allait arriver. Y avait trop
de noir... Tu vois
le noir, dans tout ce bleu ? -Je ne crois pas
à tout ça. -A force de pas croire,
ton coeur est mort.
-Tu savais, pour Dume ?
Elle se lève.
-Avec ta femme, on était amies.
Des soeurs.
On se disait tout.
Encore aujourd'hui.
Tu sais, elle est toujours triste.
Souvent, elle pleure.
Ne lui en veux pas.
-C'est qui, le père ?
Dis-le-moi.
Di mi !
-Pars, Joseph va bientôt rentrer.
Séréna, ouvre à ton père,
s'il te plaît !
Séréna !
-Sampiero !
-Séréna, ouvre à ton père !
Il ouvre. Séréna !
-Allez,
c'est bon !
-Qu'est-ce que tu fous là ? -Oh ! Détends-toi.
-Ta mère et ta soeur n'ont rien. -Tu pensais trouver Santu ?
Si tu le touches... -Tt tt !
-C'est moi que tu as en face de toi.
-Tu aurais dû le laisser me tuer quand il en a eu l'occasion.
Elle pleure. -Maman...
-J'ignore ce qu'ils se sont dit, mais ça va pas.
J'appelle les urgences.
Pleurs.
-Je suis là. Tout va bien.
-Oh ! -Tout va bien.
-Mon Toussaint !
Mon fils ! Merci d'être venu !
-Tout va bien, maman. OK ?
Claquement.
Aboiements au loin.
...
Clapotis.
...
*-C'est Santu... -Ce petit con me fait chier !
Réponds !
Alors ?
-Alors, rien.
Personne ne l'a vu en ville.
Notification.
-Putain...
Dites partout que je paierai celui qui parlera.
-Personne aime balancer.
-Mais tout le monde aime l'argent.
Alors, tais-toi et obéis.
-OK, boss.
Ils s'éloignent.
-(Putain...)
Allez, réponds !
*Tonalité d'appel.
Démarrage de voiture. *-Répondeur de Séréna...
Pépiements.
...
Il hume.
-L'avantage, avec la nature,
c'est que, quand tu t'occupes d'elle,
elle te le rend. -Moins ingrate
que certains hommes, oui.
Je suis pas venu pour philosopher.
Il crache.
-T'es venu me demander de quitter le domaine ?
-Non, pas du tout.
Tiens.
-C'est quoi ?
-Tu savais ?
-Qu'avant, nos parents étaient amis, oui.
-Ils semblent plus qu'amis, là. -Possible.
C'était y a longtemps. Nos parents étaient pas encore en couple.
Tu l'as trouvée où ? -Ton père est passé voir ma mère.
Il lui a fait sortir ses vieux souvenirs.
Il cherche quoi ? -Comment tu veux que je le sache ?
-Ca te dit rien, ça ? -Non. Et Santu, t'en es où ?
-Je m'en occupe. -Retrouve-le avant mon père.
-J'ai pas besoin de tes conseils.
-"Crime passionnel",
ça simplifierait notre enquête.
Mais 40 ans après, ça tient pas. -Je sais.
-Ta mère n'a
rien dit ? -Elle a perdu la tête
depuis le guet-apens. -Et la date ?
-78, c'est mon année de naissance. Sonnerie.
Je vois pas le rapport. -Pardon...
Ouais, Franck ?
*-Deluca a été tué. Arme du même calibre
*que celle utilisée contre Charles.
-Sûr ? *-Certain.
-On m'a rien dit. *-On était dans une zone blanche.
-Je vous rejoins.
-Y a un problème ?
-Ils ont retrouvé Deluca, mort.
-Charles est en train de faire le ménage.
-Même calibre que l'arme
utilisée contre Charles.
-C'est un coup monté, ça peut pas être mon fils.
-On doit le retrouver
avant Charles.
T'as pas une piste ?
-J'ai le numéro de Santu.
Mais j'ai juré à Vanina de pas le donner.
-Trop tard pour les cas de conscience.
-Promets-moi une chose...
Quand tu l'auras géolocalisé, laisse-moi
le convaincre de se rendre.
-Je te promets.
Je te promets ! -OK.
Elle s'éloigne.
...
-La balistique confirme que c'est la même arme.
-On nous met sur une fausse piste.
-On fait quoi ?
Ajaccio va se transformer en bain de sang.
-Géolocalise-moi ce numéro
en urgence.
-C'est celui de qui ? -D'après toi ?
-Tu l'as eu comment ?
-A ton avis ?
Claquement.
*Tonalité d'appel.
Anto...
C'est lancé.
Vrombissement.
Freinage.
*Rap.
*...
-Tu me fais venir dans ton quartier de cloches,
c'est important ? -J'ai entendu parler d'une prime.
-Nabil, tu peux nous laisser, s'il te plaît ?
*...
-Je t'écoute.
-Dis-moi d'abord combien.
*...
-Pour mon neveu ? 10 000.
-Pas en dessous de 100 000. -100 000, rien que ça ?
Ton info a intérêt
à être solide.
*...
*Tonalité d'appel.
*...
*-Ouais, Paul-Ma ? -Je te prends une pizz' ?
*-Ouais, une reine blanche, s'il te plaît.
-Ca marche. Il raccroche.
Hein ?
-T'es un bon, toi.
Pas un mot.
Et fais en sorte de pas être chez toi demain matin.
*...
Vrombissement.
Ronflements.
...
Il referme la porte doucement.
Freinage.
-Le convoi armé est parti.
Tu viens en tant qu'observateur, compris ?
-Oh ! On y va, là ! Allez,
on bouge !
Allez !
Crissement de pneus.
-Paul-Ma, t'es où ? Rappelle-moi.
Scooter.
...
Il s'éloigne.
Machine à café.
...
Ecoulement.
...
Moto.
...
Tirs et bris de verre.
...
Sirènes en approche.
Tirs.
...
-Oh !
...
-Oh !
...
Tir.
Moto.
...
Souffle court.
...
Il soupire.
Ressac.
...
Ouverture électrique.
...
-Ah ! Le voilà !
-On part faire une oursinade. -Rien à taper de tes oursins.
Il rit.
-Tu parles mal, toi.
-Bon, il est où, mon argent ?
-Tu sais que Santu s'en est sorti ?
Les flics étaient là. C'est bizarre, non ?
-Et ? Je m'en bats les couilles, des flics.
Vous l'avez loupé, vous êtes des caves.
Maintenant, je veux mes sous.
-T'entends, François ?
Il veut ses sous. -Il a raison de demander.
-Comment ça ?
-Comment tu nous as appelés ? -Des caves.
-Ca va.
Je vais chercher ton argent.
Tir.
Chute.
Deux tirs.
...
-Tu m'avais promis.
-Les hommes de Charles l'auraient tué
si on n'était pas arrivés. J'avais pas le choix.
J'avais pas le choix.
-Pff !
Il soupire.
Sonnerie de téléphone.
...
Anto. *-Santu !
-Papa.
*-Mon fils,
dis-moi où tu es. *-T'inquiète pas, je vais bien.
*Je dis rien
pour te protéger. *-C'est à moi de te protéger.
-Je vais tous les tuer jusqu'au dernier.
*Juré, sur la mémoire de "missiavu".
-Non ! Non, Santu ! *-Je te le jure.
Bris du téléphone.
Il pleure.
-(Réponds-moi, s'il te plaît. Réponds, s'il te plaît !)
Cliquetis.
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