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C'était ça.
Faites vite.
Tout est prêt.
Presque.
À
vos
places, mon Dieu.
Mettez le véhicule à l'avant, sur les côtés, pour voir si tout va bien.
Je le vois derrière.
Tiens-le, bon Dieu ! Merde, ce vieux mec ! Il y
en a encore un qui
arrive ?
Ça marche ! Tire ! Mais tire ! Jean, c'est prêt ! Allez, sors de là ! Mets en
marche la voiture ! Allez, poussez !
Attention, bloquez-vous !
Thomas
et son groupe sont repérables ! Couvrez-les ! Thomas, c'est à nous !
Là, c'est bon.
Par là.
Philippe, vas-y.
Et lui, qu'est-ce qu'on en fait ? Tu l'emmènes.
Allez, avance.
Alors,
tu viens ou tu restes ? Je fais comme prévu. Bon, balance.
Et tu t'asseves après.
Nous, c'est le rouge.
Allez, cessez celle-là.
Vous avez une minute pour l'ouvrir.
Attends ! Toi, à la deuxième explosion, tu fais signe au camion de vêtements.
Attends ! Vous me faites de foutus soldats.
Ah non, lui, il est très bien.
Il faut prendre ce chemin-là, allez.
Qu'est-ce que tu fous, là ? J'ai mieux aller avec vous.
Je sais que ça... Passe-moi la flingue.
Pas celle-là, les bidons ! Pas rien ? Rien ! Allez, allons
-y ! Faut se méfier, ils vont chercher du secours ! La
grenade ! Mais
baisse-toi, vous !
Philippe, baisse-toi !
Pourquoi tous ensemble ? On ouvre les autres, c'est plus le cas.
La barre à mine ! La barre à
mine ! Oh merde, il est dans le canyon.
Bon, les fusils ! Éloignez-vous, colonel, on va tirer !
On est tous dans deux cellules. On nous y a mis quand vous avez attaqué.
C'est bien une grenade.
Occupe-toi des prisonniers.
Thomas t'attend là-haut. Vite ! Vous passez les pieds au chaleur.
Non, pas vous, monsieur le curé. Vous restez ici. Et ceux-là, on les relâche
pas ? C'est des droits communs, ça nous regarde pas.
Couvrez-nous.
Encore lui ? Qu'est-ce t'attends pour lui tirer dans le vis ? Avec la gueule
qu'il a ? Non, attends, attends.
Hop ! Ça fait pas de mal, et puis ça occupe. Allez, bidon !
Je le arrive, il ouvre, ça tombe, puis ça explose. Vicieux, va !
Par
ici, avec moi ! Ils ont réussi.
Décrochez ! Nous, on reste armés jusqu'après votre sortie de la ville.
Décrochez ! Les locaux, par ici, avec moi !
Tout va ? Tout sauf le retard.
Octave a oublié sa barre à mine. Alors pour ouvrir les cellules... Ils sont
vraiment pas faits pour ça.
Il y en a assez qui sont faits pour ça.
Le chauffeur est mort.
Attention ! Arrête ! Qu'est-ce qui se passe ? Arrête ! Coupez le moteur ! Une
patrouille allemande !
Les salauds !
Ils vont nous bloquer la sortie de la ville.
Si vous attaquez, on peut pas risquer la vie des douze libérés.
Allons d'où ils viennent ? On passe devant la caserne. Il y a un plan de
secours et c'est vous le responsable.
Allons-y, Jean, tu nous suis. Les libérés sont au complet ? Oui, tout le
monde est là.
Je vais prévenir les responsables. Mais vous pouviez pas arriver à l'heure. Où
est-ce ? C'est chez moi. Et puis ma femme qui est pas au courant.
Ça va faire une histoire.
Que
personne
ne sorte.
Place les sentinelles.
Et occupe-toi des douze gars de la prison.
Vous allez abeuter les voisins ? Mets-toi aussi face à la sortie.
Vous y êtes, face à la sortie ? Où sont les plans de la ville ? La sortie est
par là, je reste là, moi. Alors, on reste la journée ici, on repart cette
nuit ? Les gens ne savent rien, avec tous les chruches qui sont en ville.
Paco, tu prends Philippe et tu viens avec moi.
À partir de maintenant, on prend nos décisions au fur et à mesure. Faux
conseil, mon blessé ! Moi aussi ? Moi aussi, alors ! Ça le suffit ! Il a eu
peur, au lieu de rester, il nous a suivis.
On n'a pas pu ramener son corps.
Il va falloir prévenir sa famille qu'elle se cache. Il va y avoir des
représailles terribles.
Ma femme, des amis.
Ils ont un blessé.
Il a les pieds brûlés. Vous auriez pas de la pommade ? Allez, allez, toi.
Ma sœur vous donnera ce qu'il faut.
Micheline ? Tenez, vous allez faire peur aux enfants.
Alors là, la prison, ma maison.
Initialement, vous deviez sortir par là.
Venez par ici.
Tenez, essuyez-vous.
Les enfants dorment.
Là, c'est la chambre des petits.
Ils vont surveiller la rue, ici.
De la fenêtre, on voit très bien la rue.
La fenêtre, là.
Viens, toi.
Du balcon, on peut voir toute la rue.
Ici, c'est la chambre des moyens.
Là, celle des grands, c'est là. Vous avez beaucoup d'enfants. Neuf, alors, s
'ils se réveillaient.
Hé, te montre pas, surtout.
Vous avez réveillé tout le monde.
Qui êtes-vous ? C'est vous, l'aîné ? Non, l'aîné, c'est papa.
C'est pas là, c'est plus haut.
Bah, tant mieux.
Je vous fais attendre.
Je mériterais une fessée, hein ? Surtout placée comme ça.
La fessée, ce sera pour plus tard.
Je passe mon bac cette année.
Moi aussi.
Dans un drôle de collège. Ça n'empêche pas.
Vous devez être fort en gymnastique.
Un camion allemand.
Hein ? Un camion ? Paco ! Un camion allemand, là-dehors ! Arrêtez-vous à ta
place. Ça y est, j'ai la pommade ! Nos bacs, la lumière ! C'est parti ! Il y a
une patrouille.
Il est pire. Il y a treize libérés.
Qu'est-ce que tu racontes, Paco, à la fenêtre ? On n'a pas libéré douze
hommes, mais treize.
Eh ben, c'est formidable ! Et comme ils se connaissent pas entre eux, impossible
de dire qui est le treizième. Donc, c'est un mouchard.
Alors, on est foutus.
Et il a tout vu. Ma maison, la cour... Chut ! Mes enfants... Chut ! Il va leur
tomber dessus, ce commissaire-là.
C'est mon oncle Émile. Il travaille au barrage hydroélectrique.
Il a un émetteur.
Il envoie des messages à Londres.
Et vous dites ça comme ça ? Mais oui, tout le monde le sait.
Gévry, Gévry, t'en tombais dessus ? Oui, il y en a partout.
La ville est cernée.
Cernée, déjà ? Tiens, vous parliez de 100 soldats.
Vous pouvez multiplier par 5 ? Il fallait nous le dire hier.
On nous avait mis dans une trappe. Il fallait sortir à temps et pas l'embiner.
Ah, je vous permets pas ! Ils nous proposent quoi ? Tenter une sortie,
parce que dans deux heures, ils seront 2000, ils râtissent en maison par
maison, puis ils vous trouveront.
Parce qu'ils ont des méthodes, eux. C'est pour ça qu'ils ont gagné la
guerre. Ils l'ont pas encore gagné. Oui, n'empêche qu'ils sont partout.
De Moscou à Marseille, de Norvège en Sicile. On sait, on sait, t'énerve pas.
Alors qu'est-ce que t'es venu nous proposer ? Vous allez prendre le quart
de la centrale électrique du barrage. Il emmène les ouvriers tous les matins.
Seulement, il n'y a que 27 ouvriers.
Vous êtes 32 ? 33.
Comment ? Vous êtes 20 plus 12 ? 13.
Enfin, on avait bien précisé que les douze condamnés à mort, les autres
détenus, c'est des droits communs. T'excites pas.
Il y en a un treizième qui s'est faufilé parmi les douze. Oui, probablement un
mouton. Alors supprimez-le. Mais on sait pas qui c'est. Je vais le trouver, moi.
Non, non, non, mais vous n'allez pas tout ici.
Non, mais vous devez être sérieuse, ma femme.
Mais t'es fou, Émile, de supprimer, supprimer.
Tu remets ça, toi, hein ?
Il y a deux bonnes sœurs qui pédalent en danseuse.
En danseuse ? Bon, ce sont elles. Venez.
Paco, on s'en va. C'est elles qui vont vous conduire.
Allez, on s'en va. On s'en va déjà ? Broubac, on s'en va.
Ah,
t'arrives toujours au bon moment, toi. Le danger de la guerre, c'est que on
peut pas l'appétir de ça.
Si la guerre coupait l'appétit de ça, il n'y aurait plus de guerre.
Dépêchez-vous.
Allez, nous autres.
Bougez pas, Marion. Oui, celui-là est de notre groupe aussi.
Celui du coin à la branche, je ne le connais pas.
Mais il a été torturé.
Avec leur système de cloisonnement, on ne peut pas les connaître tous.
Surtout ceux qui opèrent en ville.
Là, en face, l'anel, professeur. Celui-là, c'est Vatsky, un responsable
de Paris. Il a été pris dans la région. Donné, probablement.
Maquis du Sel.
Celui-là, je ne le connais pas.
Lui non plus.
Voilà, vous les avez tous vus. Hé, ouf ! La pommade pour ton blessé.
Vous l'avez trouvé ? Vous les avez rangés un par un.
Oui, mais c'est terrible. Si c'est un mouchard, on est fait à la première
patrouille allemande. Et puis, il a tout vu ici.
On perdra du temps, mais il faut savoir qui c'est. C'est moi que vous cherchez.
Vous n'avez seulement pas prévu de me libérer.
Pourquoi vous ne le disiez pas ? Vous n'avez rien demandé. Vous étiez là avec
votre lampe. Alors, maintenant que vous savez, on peut partir.
Si vous ne voulez pas de moi, je m'en vais. Mais il se fout de vous. Pas du
tout. C'est monsieur qui m'a enlevé aux Allemands. Bon, ça va.
Retournez avec les autres.
Si vous ne voulez pas de moi, je m'en vais. On vous a dit, retournez avec les
autres.
Il fait l'imbécile. Vous le gardez à vue. Bon, allez, salut.
Oui, Jean.
Pierre.
T'as vu le type, là ? Bon, surveille-le. T'as ton couteau ? Toujours. Reste
derrière lui. S'il veut partir, s'il crie, tu l'abats.
Je vais fermer la grille.
Qu'est-ce que tu fais là, toi ? Veux-tu aller te cocher ? Une mitraillette à
chaque coin.
sous le bras à cause de cette amoutine espagnole. Paco et Philippe derrière.
Personne ne tire avant moi.
Mon colonel, vous resterez ici. On vous cachera en ville.
Choisissez-en cinq côtes les plus indispensables pour la résistance.
On tente une sortie difficile.
La camionnette ouvre le chemin, elle nous prévient. Après, je conduirai ceux
qui restent au couvent. Au couvent, il n'y a aucun danger ? Dans celui-là,
aucun.
En effet.
Attention, on s'arrête !
Plus un mot ! Silence, pour Dieu !
Taisez
-vous ! Asseyez-vous ! On ne peut pas se tirer ! Pas du tout, j'ai failli tomber
! Chut !
Je
crois qu'on les a semés, mais il faut faire vite !
On vous laisse aussi le blessé au manque de docteur dans la montagne. On s'en
occupera et Dieu l'aidera. Ça m'étonnerait. Il est juif.
En temps de guerre, Dieu fermait les yeux. Il ferait mieux de les ouvrir. Il
en verrait des choses.
Allez-y, passez dans le car.
Vous mettez tous des bleus.
Asseyez-vous là.
Tiens, tu fais débarbouiller les gars.
Et toi, là, toi.
Arrête de pêcher vous, débarbouillez-vous.
Toi, Florent, tu peux toujours te frotter.
Pourquoi ? Pour te ressembler ? Au revoir, mon colonel. Et merci. À
bientôt.
Vous plorquez les armes, hein, les gars ? Mais gardez-la à portée de la main. Et
les ouvriers ? Ils n'ont rien vu, rien entendu. Ils attendaient que je passe
avec le quart.
Dans un quart d'heure, on s'inquiète parce qu'on ne t'a pas vu. Dans une demi
-heure, on prévient la direction allemande.
Et les barrages ? Et les barrages ? J'ai un laissé-passer collectif pour 27
ouvriers.
Ça doit marcher.
Évidemment, s'ils demandent vos papiers personnels ou s'ils veulent vous
fouiller, on leur tire dessus.
Et si on leur tire dessus, adieu, Bert. Ils m'offrent pas le kilo, votre plan.
Non, hein ? Est-ce qu'on a une chance de passer ? À mon avis, pratiquement pas.
Il y aurait des diversions en ville au moment où on va passer.
Alors, ça peut marcher.
C'est qu'ils ont l'air bien gamins, vos gars.
Faut pas oublier que vous êtes des ouvriers qui vont au boulot. Alors, faut
faire la gueule. Sinon, à la moindre connerie... Aucun danger de ce côté.
Attention, attention, les gars. Il y a du fridolin dans l'air.
Attention, il y en aura pour tout le monde.
Personne ne bouge avant moi.
Attention, papa, tu bouges trop.
Tu les laisses faire tout seuls ? Mon bahut peut rester là ? Ce sont les
ouvriers que j'amène tous les matins au barrage électrique.
Tu te souviens, Barcelone ? Voilà le laisser-passer, tout est en règle.
C'est mes ouvriers. Tous les matins, je les confie au barrage. Un peu trop.
Qu'est-ce qu'ils attendent pour faire la diversion en ville ? Juste que je vous
dis que tous les matins, je les confie au barrage.
Merde, ma pastille.
La diversion est arrivée au point.
On est sauvés les gars ! Mais j'ai eu chaud aux noisettes ! Et nous alors ?
Salut. Cazal a bien calculé son coup, hein ? Cazal, il a fait la guerre d
'Espagne.
Si t'avais ton violon, on ferait un orchestre formidable.
On pourrait danser. Tu sais, moi, ma musique, ça peut pas se danser.
Merde ! Jacques, c'est ça le prix d'Espadrille, ils ne tiennent plus.
Ah, ça fait plaisir d'être à la campagne ! Merci, Cazal.
Je m'en vais aussi. Vous restez avec nous.
Allez, ne le quitte pas. Tu lui bandes les yeux ? Non, c'est pas la belle.
Dis-donc, on lui bande même pas les yeux, qui sait, ce type-là.
C'est du boulot pour Kirk.
Faut se méfier des étrangers.
Quand j'aurai arrivé au camp, hein,
vous me disiez rien, total, trois jours après, on apprenait qu'il venait de
Londres.
Quelle pointure tu chausses ? Je sais pas.
C'est des bottes allemandes ? Oui.
Alors t'étais en prison avec des bottes allemandes ? Et alors ?
Allez, allez.
Allez, Groubac, continue l'histoire de ta bonne femme.
Une longue chevelure blonde.
Racine blanche.
Je suis poisson et je la regarde, vent et je la caresse, eau et je l'embrasse.
Partout, les deux mains sur les hanches, les seins pointés vers le haut comme
dans une prière.
Les hanches, douces, rondes comme la terre est ronde, et grandes comme elle.
Le ventre, profond et souple comme la mer.
Comme une dune de sable chaud. Sur lequel on se roulerait dessus comme des
dingues. T'as un gueule.
Je vais vous gâcher tout. On commençait à avoir des anges et tu nous parles de
putes.
Bon, on s'arrête ici.
Florent, prends Moot et va voir si on n'a pas de la visite. Moot, viens avec
moi. Les autres, installez-vous. On attend ici.
T'as parlé ? Ouais.
Il m'a demandé qu'est-ce que vous allez faire de moi. T'en fais pas, je lui dis.
Il m'a demandé où m'emmenais-vous. Tu verras, j'y ai dit.
Quoi encore ? C'est tout.
Je crois qu'il est pas rassuré. Ça n'empêche pas de la garder partout.
Alors toujours le béguin ? Il se voit pas souvent, mais quand il se voit, ils
se font la gueule. Enviez les femmes pour les garder, faut les faire rire. Il
vaut mieux les faire rougir, c'est plus sûr.
Tu peux pas les foutre la paix. Oh, hé ! Si seulement je pouvais la voir une
fois. Je devrais être sûr qu'elle pense à moi. Mais oui, elle pense à toi dans
le dîner. Faut lui la paix.
Écoute, mon oncle, il paraît que la prochaine opération, c'est l'attaque de
la perception.
Action combinée, tous les maquis.
Peut-être que nous, on s'occupera de la ville. Alors tire à la voie. Tu peux pas
la fermer ? Vous attaquez la personne, c'est drôle. C'est pas drôle, c'est
utile. C'est drôle aussi, non ? Je crois que c'est un paysan.
T'as vu ses mains ? Elles blanchissent en prison.
Alors il lui est resté un bon moment.
Et en plus, on lui a donné des bottes allemandes.
On verra tout ça là-haut.
Les gars, des bolets ! Oh, vite les yeux, c'est formidable ! Dans cette
saison, y a pas de bolets dans la région, c'est des rhodophylles livides.
Tout ce qu'il y a de mortel.
Rhodophylles livides.
On tombe de sommeil. Après.
Tu prépares à manger.
Corvée d'eau, les gars, pour les nouilles.
C'est pas ici qu'on attraperait une indigestion.
Ni la vérole.
On en a assez depuis hier soir ? Il faut régler le cas du type. Le plus vite, le
mieux. Va dire à Hardy de faire son feu dans la grange, à cause des avions.
On s'occupera de lui après.
L'avion ! L
'avion ! L'avion d'observation.
Il va du côté de Mande. Il finira par nous repérer.
C'est ici ! Regarde ce salaud ! Mais qu'est-ce qu'il vous prend ? Il peut
pas me voir ! Il est beaucoup trop loin ! Mais c'est pas possible ! Vous pouvez
pas me voir ! Il était trop haut ! Maintenant, tu vas nous dire qui tu es.
Et ce que tu faisais avec les condamnés à mort ? Près des bottes de nazis ? Je
tardais.
Quoi ? Je tardais le matin. Le matin ? On attend toujours le matin en prison.
Depuis quand ?
Deux nuits. Et tu savais qu'on allait venir ? Pourquoi on t'a condamné ? J'ai
pris son papier.
C'est pas assez pour te condamner à mort.
Aussi à cause des bottes.
La réponse est tout.
Vous voulez pas que je me croie ? Depuis quand t'as pas de papier ? Depuis la
débâcle. Ils se foutent de nous.
Tout le monde peut avoir trois ou quatre fausses cartes.
Et les bottes, tu les as piquées sur un cadavre allemand ? Pas du tout un
Allemand qui se battait dans une rivière.
Et après ?
Dans la montagne, je suis tombé sur une patrouille et ils ont vu les bottes. Ils
t'ont pris pour un héros.
Possible. Je ne tuerais pas pour une paire de bottes pour être un héros.
Pourquoi c'est ta religion qui te défend ? La religion en ce moment, elle est
plutôt souple. Qu'est-ce que tu faisais dans la montagne ? Je vais chez les
paysans. Tu trouves des cheveux qui se baignent, tu rencontres des patrouilles
et t'es jamais tombé sur un maquisard. Tu sais qu'ils sont dans la montagne.
Et quand ils sont en prison, tu t'y trouves aussi.
Je ne suis pas un indicateur.
La guerre, ça ne m'intéresse pas. Bonne excuse.
Ce n'est pas une excuse, c'est une explication.
C'est pas parce que vous faites la guerre... Tu n'as pas le droit de faire
ça ! Vous êtes pire que les nazis ! Tu n'as pas le droit de faire ça !
Excusez
-moi pour votre étui, ça me fait très mal quand on me tient les cheveux.
Ça suffit ! Vous restez avec lui.
Vous n'allez pas vous battre, non ? C'est inadmissible de se dégrader comme
ça devant lui. Enfin, Paul, c'est pas tes méthodes. Voyez pas son jeu, non.
Mais non, Jean. Mais si. En fait, il a rendu le revolver. Mais justement, c'est
très malin.
On compromet la sécurité du groupe.
Mais rien n'est prouvé.
Oh, il est un fait que ce type-là n'est pas clair. Il nous cache sûrement
quelque chose.
Mais il faut être doublement vigilant.
Et s'il est innocent ? Rappelle-toi le fermier de Vannes. Et le pharmacien.
Avec leur cul, maintenant, est-ce que tu crois vraiment qu'ils étaient coupables
? C'est indolérable de me sortir ça à chaque fois.
Et de critiquer les décisions du passé. C'est contre tout esprit militaire.
C'est de l'intellectualisme ! Qu'est-ce qui se passe ? Ils n'arrivent pas à se
mettre d'accord sur une décision à prendre.
Ton nom ? Attendez.
Vos amis en ville pourront vous renseigner.
Ils vous diront si j'ai pas été arrêté sans papier.
Ça ne prouve rien et ça lui fait gagner du temps.
Parce que tu sais qu'on a des amis en ville qui peuvent savoir tout ça.
Comment pourriez-vous exister sans eux ? Il y a le motard qui arrive.
Oui, Robert, c'est presque un nom de guerre, ça.
Ah, mais si j'avais su ça plus tôt, je me serais fait soldat. Mais quel côté ?
Je vous ai déjà dit que la guerre ne m'intéresse pas. Elle nous concerne
tous. On est pour ou contre les Vosges.
Moi, je suis contre personne. Je veux essayer de vivre tranquille, loin des
excités, qui se harnachent d'armes et d'idées.
Mais ils parlent de nous ! Mais de vous, des Allemands, des Américains, des
Russes.
Vous voulez tous du bien à l'humanité, que vous exterminiez.
Après tout, il a raison, tout le monde prétend que... Attends, tu commences à m
'emmerder. Tu te mets contre nous, maintenant ? Mais Paul, c'est absurde.
Je ne veux aucun malentendu entre nous.
Je vais demander au QG une enquête rapide.
Les responsables de l'opération doivent savoir.
Si c'est un ennemi... On discutera encore. Non.
On le liquidera.
Et c'est toi qui t'en chargeras. Si c'est un ennemi, oui.
Ou si le cul, je l'ordonne.
D'accord, Paul.
L'opération Percepteur est avancée. C'est pour quand ? Pour venir chercher
les destructions. Je vous emmène. Jean Ancel.
Ouf, mes affaires. Les salauds d'avion m'ont fait perdre un temps fou.
Pour le type.
Je veux une enquête rapide. On attendra la réponse.
D'accord, Paul.
Qu'est-ce que tu fous là, toi ? Je t'avais dit de surveiller le type.
Bernard va dire aux hommes de se reposer.
Les menuisiers ? Je fais un peu tout.
Laisse tomber, va te reposer.
Qui, moi ? Oui.
Les mouchards ne reviendront pas avec cette purée.
Tu crois qu'ils nous apporteront à manger ? Des clous, oui.
J'ai connu un homme qui mangeait des clous.
Un homme des couleurs ? Non, c'était un Anglais dans une foire.
Il les digérait ? On n'a jamais su, il est mort.
Toujours tes histoires racistes.
Alors, Pépé ? Encore le guédou ? Tu m'as fait
peur.
T'es pas d'ici, toi. Non, Pépé, je suis suisse.
Ils me disaient aussi que t'avais un petit air colonial.
Non, par là, Pépé.
Non, non, moi, je vais par là. Oh non, par là, il y a trop de brouillard, Pépé,
par là.
Non, non, non, par là, Pépé.
Merde ! Mon prisonnier ! Mon prisonnier s'est tiré ! Qu'est-ce qui t'arrive ?
Aidez-moi au lieu de me regarder !
T'as pas vu mon prisonnier ? Non. Qu'est-ce qu'il y a ? Mon prisonnier s
'est tiré.
Abruti ! T'as pas vu mon prisonnier ?
T'amuses pas à ce jeu-là !
Ici, c'est comme à l'école.
Faut demander.
Tu vois, une fois de plus, il aurait pu s'enfuir. Oui, peut-être. Il aurait pu
descendre en ville et nous donner au boche.
Faudrait quand même qu'on sache ce qu'il a dans le ventre.
Je suis de ton avis, un bonhomme, il faut 20 ans pour le faire. Il faut pas
le gâcher.
Tant que c'est pas indispensable.
J'arrive pas à lui dessiner son nez.
Oh, c'est le moche de Barrel. Peut-être que c'est encore celui-là. Il dit qu'il
est cultivateur et végète à Villepont.
C'est la mode de verger, ici.
Ça marche encore, Pépé ? Maintenant.
Alors, on entre ici comme dans un moulin.
Ah, les centres qui sautent à tout le monde ! Alors, pendant des mois, on voit
personne et... Viens, Pépé, on va te sculpter.
Ah, mais ne me pousse pas comme ça, Blanbec ! Il a l'air de se connaître.
Est-ce qu'il prouve qu'ils sont de la même région ? Oui, ou qu'ils travaillent
pour le même patron.
Oh, un vieux comme ça.
Et alors ? Et là, le bon Dieu, il a dit de respecter les vieux.
Comme il répond pas le bon Dieu, on peut lui faire dire ce qu'on veut.
Mais qu'est-ce que j'ai fait pour être traité comme un moins que rien comme ça
? Assieds-toi, comment tu t'appelles ? Pasvin.
Jules Ferdinand.
Et tout le monde m'appelle Henri.
Pourquoi ? Parce qu'on me confond avec mon frère et puis j'aime pas mon frère.
Où habites-tu ? À Villepont.
Pasvin de Villepont, ben tout le monde me connaît là-bas.
Qu'est-ce que t'es venu faire par ici ? Mais j'ai allé chez mon frère.
Il va crever.
D'habitude, je prends le quart.
Mais comme ces messieurs l'ont supprimé, j'ai pris le raccourci.
C'est le seul passage.
Mais pardi, vous le savez bien, puisque vous le gardez.
J'ai déjà dit tout ça à votre militaire, le suisse.
Il n'y a pas comment me faire comprendre, moi.
Enfin, chez les passe-mains, il n'y a jamais eu d'ivrogne, quoi. On n'a jamais
eu notre nom dans le journal.
Je suis prêt à vous croire. Je peux partir ? Je
suis bien tombé.
Est-ce que tu sais où tu es tombé ? Dans un maquis. Tu sais ce qu'un maquis ? Des
rebelles.
Des rebelles de l'ordre nouveau.
Des patriotes.
Je les connais, quand ils ont désarmé les gendarmes.
C'était pas vous.
Je vous aurais remis.
T'as une bonne mémoire.
C'est pas parce qu'on a passé la soixantaine que... La tête et les
jambes, ça marche.
C'est solide.
Vous croyez pas que je suis passe-main de Villepont ? Et que je vais voir
Prosper, mon fumier de frères ? Tout ça, on vérifiera.
Et alors après, je pourrais partir ? Non.
Mais je suis pour la résistance, moi.
Voyons, à preuve que quand les Allemands sont venus, j'aurais dit vous êtes des
salauds, des assassins. J'aurais pu leur dire tout ça.
Non, mais je l'ai pensé.
Et ils savaient que je le pensais.
Je suis pour le maquis, moi.
Mais t'es pas rassuré avec nous ? Non, enfin, si, si.
Mais mettez-vous à ma place, quoi.
Et toi, tu vas te mettre à la nôtre. Qu'est-ce qui arrive si tu vas dire en
ville que t'as rencontré le maquis ? Ah, mais je dirais rien. Non, mais pas pour
du mal, pour causer. Ça arrive aux oreilles des Allemands.
Ils rappelent qu'avec leurs tanks, leurs avions... Je dirais rien du tout. Je
suis un pacifiste.
Enfin, sauf en temps de guerre, bien sûr.
Tu parles peut-être en dormant.
Et puis un bon petit coup, de temps en temps.
Ça se refuse pas.
Tu vois ? Je boirai plus que de l'eau jusqu'à la fin de la guerre. Elle durera
pas longtemps.
De toute façon, t'es bien là.
Vous voulez pas dire que je vais rester avec vous tout le temps ? Dans le temps,
ne changez de compte.
Opération n'est pas demain.
Qu'est-ce que c'est que ça ? Un emmerdeur. Un nouveau maquisard.
Et qu'est-ce que c'est que ça ? Je sais pas. Les Anglais nous ont pas rajouté ce
machin sans mode d'emploi. Je sais même pas à quoi ça sert. Il fait quand même
gaffe, il m'a trépété, il fait de charges. Qu'est-ce que c'est que ce
maquisard ? Non, non, je sais pas, maquisard, moi.
Non, non, à mon âge, je suis un pépé, moi. Y'a pas d'âge pour servir la
patrie, grand-père.
Présente Félix, spécialiste en coffre-fort.
On en est à bord par les SS.
Il nous sera précieux demain.
Aïe, on parle de la prison.
Ils se renseignent. S'ils nous encombrent, on a carte blanche.
On attendra leur décision.
C'est une sorte de canon. Sans pied ? Alors moi, qu'est-ce que je vais faire
ici ? Ça vous aidera à faire la cuisine.
J'aurai pas un fusil, moi ? Pourquoi vous voulez faire la guerre, grand-père
? J'ai bien fait l'autre.
Et un uniforme encore.
Non.
Naturellement, tu peux pas me dire comment vous avez fait.
Ben non.
Alors, comme je vois, avec un fusil de chasse, tu projettes des bouteilles d
'essence. Et comme toi, des postillons.
J'ai déjà dit que tu bouffais salement. Mais mon chéri, toi... Et naturellement,
tu t'es pas encore lavé.
Ben quoi, y'a que les gens sales qui salent, c'est bien connu. Les frisés n
'ont qu'à te suivre à l'odeur.
Tiens, tu vois, ça c'est Pradel.
Là, la place, la perception, la gendarmerie. C'est bien foutu, non ?
On y va demain.
C'est pas elle, ça. Tu vas la voir.
C'est là, la gendarmerie ? Là, j'ai connu une veuve rondouillarde avec des
yeux.
Un gros pif.
Celui-là peut pas voir une pomme sans penser à des cochonneries. J'appelle ça
des tendresses.
Oh, arrête avec ton tupeau.
Hé, Florent a une idée.
On crasse des souterrains. Les allemands arrivent, personne.
Ils s'étirent, on ressort.
Parait que ça, c'est l'Afrique. Quel chinois, alors, celui-là. Le sol est
rocailleux.
Pour demain, on nous a encore confié la partie la plus délicate de l'opération.
Le QG nous trouve très efficace.
Ah, j'ai oublié de vous transmettre les félicitations du QG pour la prison de
Sarlande.
Depuis cette nuit, les Allemands nous cherchent à Sarlande.
Ça nous donne deux heures d'avance pour opérer à Pradel.
Cette opération nous procurera l'argent nécessaire pour que nos maquis se
mettent à l'abri pendant le ratissage de la région par les Allemands.
Tous les maquis participent à l'opération.
Les copains-sœurs iront les routes et stopperont la centrale électrique.
Je veux dire... Il veut dire ? Qu'est-ce que vous allez faire de moi ? Ils nous
laisseront partir.
Enfin... Ouais.
Vous viendrez avec nous.
Jean, à toi.
Voilà où ça mène, la sensiblerie.
Bon, c'est une opération éclair.
Plus on est rapide, plus on a de chances d'éviter l'ennemi.
Chacun de vous aura une responsabilité bien précise.
Deux d'entre vous resteront là.
Un observateur, près de la ville.
Les camions entreront dans la ville.
Notre objectif n'est pas militaire, mais économique.
C'est la fenêtre de l'école, là-bas ! Tu vois toute la vallée !
Allez, vas-y !
Surveille le gendarme ! Y a personne
par là ! Cassez tout ! C'est l'enfant de la Libye pour les Allemands !
Ma femme ! Mais non, c'est
pas ta femme ! Mais qu'est-ce que tu fous là ? Va-t'en !
Où les mains ! Sacré Maurice va ! Toujours là ! Non, c'est pas Maurice, ça
! Où les mains, mademoiselle ! Allez, Mouzon ! Des armes !
Bon, ça suffit comme ça, allez ! Allez, mets-les dehors !
Il n
'y a plus personne ? Il n'y a plus personne ici ! Faites
le tour pour voir s'il n'y a personne ! C'est moi Titus ! Ah, c'est toi ! Je
suis grillé, j'ai peur pour ma famille, emmenez-moi de force ! Bon, allez !
Descendez, allez !
Allez, tous en bas ! Allez ! Allez ! Allez ! Allez ! Allez ! Allez
! Allez ! Allez ! Allez ! Allez ! Allez ! Allez ! Allez ! Allez ! Allez ! Allez
! Allez ! Allez ! Allez ! Allez !
On peut pas casser, faut appeler la perception.
Si vous permettez, je vous dirai que l'interurbain n'est pas débranché. Qu'il
y ait une ligne directe avec Sarland.
Allô, Sarland ? Passez-vous à la Gestapo.
Ici Mélisse de Pradel.
Les terroristes viennent d'arriver en ville.
Allô ? Mais vite ! Ils viennent de couper l'électricité ! Ils doutent de
rien, les pépés, là ! Allez, restez là. Si vous sortez, ils vous bousillent.
Peut-être surveiller un peu derrière aussi.
Merde ! C'est coupé. Moi, reste là, surveille l'entrée.
Personne ne bouge.
Les hommes, debout sur les chaises.
Premier qui bouge, je le descends.
Savoir derrière.
On ne vous veut pas de mal.
Le maquis barre les routes, la gendarmerie est neutralisée, le courant
est coupé, la ville est à nous.
C'est scandaleux ! C'est vous le directeur ? Depuis dix ans. Dix ans là
-dedans.
Allô, la poste ? Passez-moi la milice.
La milice ! Ici, la perception.
Comment ça, y a un os ? Comment ? Le maquis.
Allô, c'est toi, le coq ? C'est moi, Tepard.
Oui, tout va.
Comment ? Voilà, c'est fait.
Une autre ? On n'est pas des voleurs.
La résistance a besoin d'argent.
Cet argent servira à vous libérer.
Là y est, j'ai la poste.
Reste en contact.
Nous savons que vous avez plus d'un million en caisse.
Où est cet argent ? Il est dans les coffres.
Descendez. Où sont les coffres ? Ne bougez pas. Je reviens.
Feuille d'impôt.
Gardez votre argent. Allez au suivant.
Pas d'argent.
Suivant.
Hé, Pépé, faut pas rester ici. Rentre chez toi. Tu as de bien grands cheveux,
menti. C'est pour mieux le cacher, Pépère.
Pauvre France.
Il n'y a plus personne.
Donnez-moi du papier, je vais vous faire un reçu.
Quelle valeur donner à votre signature ? Vous le présenterez aux autorités
légales de la France libre.
Mettez-les avec les autres !
Personne ne bouge jusqu'à mon retour.
Il est l'heure de faire comme prévu.
Personne ne bouge. Cop, restez à vos places.
L'argent.
Ouf, l'argent !
C'est un tireur isolé ! Viens ! Viens, petit ! Viens plus près !
Regarde ce salaud, il se tire ! Laisse ! Eh non, il se tire pas !
T'as vu ? Allons-y en éventail !
Nous, par la côte !
Oui, je crois.
Mais m'aidez ! Il n'est pas complètement mort ! Je vous le balance !
Ce n
'est pas possible, il n'était pas tout seul.
Mais si, sûrement.
Exagère un peu, il n'a rien fait. Il n'est pas encore mort, qu'est-ce qu'on
en fait ? On l'emmène.
Juste la cuisse. Je vais te faire un garrot. Prends quelqu'un de la banque et
trouve un toubib.
Il est là. Tu peux pas attendre le docteur, il faut respecter le plan.
Il a une balle dans le ventre.
Surtout pour lui. Pour tous, les bolches sont à moins d'une heure.
Mais les autres maquis vont quitter leur position.
Tu m'emmerdes ! Tu es sûr qu'il ne pardonne pas ? Laissez-le-moi ! Laissez
-le-moi ! Laisse ! Allons, on n'en capte plus que ça.
Paul, il faut être raisonnable. Tu devais pas quitter ton poste. Retourne
-y.
On part dès que le toubib est là.
Il était malade, il était en convalescence de maladie.
S'il vous plaît, il n'a que 20 ans. L'autre aussi a 20 ans. Il fallait y
penser avant de laisser aller chez les boss.
Qu'est-ce qui se passe ? C'est rien, mets ton moteur en marche, soyez prêts à
partir. Qu'est-ce qu'ils font ? Ils leur coupent le courant.
Tu vois le cinquième, c'est un homme à nous. Arrange-toi pour l'emmener. Allez,
va les aider !
Je ne permettrai pas que de sales gaullistes me touchent.
Embarquez-le, on l'emmène.
C'est inadmissible. Vous n'avez pas le droit.
Monsieur s'est péturé l'oreille. Mais non, une femme enceinte. Docteur Mollat,
c'est pour mon fils. Sauvez-le.
Cette femme est pire qu'une balle dans la cuisse de la terre.
Tais-toi, maman.
Je t'en supplie, tais-toi.
Merci, Dieu.
Lui, il faut l'opérer immédiatement. L'opérer où ? À l'hôpital. Vous foutez
de moi, les SS arrivent dans un quart d'heure. Il sera mort ce soir ou demain
matin, au plus tard.
Bon, alors vous venez avec nous. Non, ce n'est pas possible.
On m'a enlevé d'un accouchement difficile. Une césarienne qu'il faut
faire le plus vite possible, sinon la mère à l'enfant y passe.
Mais lui, vous pouvez le laisser. Ma question.
Ah, tenez, pour calmer sa douleur.
Quelqu'un parmi vous sait faire les piqûres ? Oui, moi.
À la fesse, pas trop à la fois, ça l'achèverait.
Bon, allez, en route. Ça laisse à lui rendre. Merci, docteur.
Attention, la vieille s'est accrochée à l'arrière. Elle se décrochera bien.
Locke, allez, allez décrocher.
Oh, Florent, ça va ? Oui, ça va.
Allez, ils arrivent.
Allez, on s'en va. Boubac et Martin sont partis.
Parti ou ça ? Grubach était dé-soulagé. Martin, il a rien dit. Je crois que
Grubach connaît une veuve dans le pays.
Les salauds, ils en ont profité, ils sont partis.
C'est pas des salauds, c'est des enfants.
Non, petit père.
Tiens, je t'ai trouvé un violon pour te refaire les doigts.
Ne me dis pas de conneries, mon... Bon, je vais les attendre. Pierre Kepako,
avec moi.
Thomas et les autres avec Jean. Le fric aussi.
Si on les laisse, ils vont se faire piquer.
Mais Paul, dans deux minutes, tous les barrages sont lâchés.
Vous voulez pas les gars de la poste et à l'école ? Je fais l'explorant, c'est
plus prudent.
Tiens, prends la groupe A.
Vous partiez sans moi ? Et ta veuve, alors ? Remariée.
Mais j'ai récupéré ma balle. On en reparlera là-haut.
Les Blancs, on s'en va ! C'est à nouveau, il vient avec nous !
Julien ! Julien ! Julien, fonce à
ta mère ! Florian, viens,
on s'en va ! Non, Florian, toi tu restes ! Ouvre l'œil, Gazal passe te prendre !
En cas de danger, tu vas le prévenir, il est sur la place !
Oui, le garrot. Il faut le laisser de temps en temps, sinon la circulation s
'arrête.
Ils ont l'air un peu belos, les gendarmes.
C'est rien, c'est rien. C'est l'électricité qu'on rétablit.
Martin, les Allemands ! Les Allemands arrivent ! Allez, fonce ! Allons, brûle
-toi, Martin ! Allez, monte, salaud !
Combien y sont ? Un convoi de camions et de half-tracks.
Allez, fonce ! Il y en a plusieurs.
Il y en a d'autres par ici.
Retourne, on passera par la vallée du Nord.
Il est touché ! Il pourra tomber sur les Allemands ! Il est blessé, ce salaud !
Le
corps me bloque, c'est pénal ! Aidez-moi !
Rien, le vieux ! Laisse-toi de là, mon Dieu ! Préparez vos armes ! Pierre,
prends le FM ! Aide-moi !
Hey ! Tourne à gauche ! À gauche, par là !
Eh ben dis donc ! T'es pas un occulte de Martin ! Koubak
fait couper des branches pour les brancards.
On échappait de justesse.
Hé, des brancards ! Alors, Pépé, on n'est plus fait pour ces jeux-là, on
vieillit.
Ah, mais toi aussi, petit, tu vieillis.
Mais tu le sais pas encore.
Faut remettre le mort au sien.
On va être ravis.
Félix, viens m'aider.
Camouflez le camion.
Là où on a raté, c'est avec les flics, quand ils étaient bien alignés devant le
FM. Tiens.
Il y en a qui travaillent pour la résistance.
Ouais, quand on est flics, on est flics. Et moi, les flics... Quand t'as intérêt
à la mettre en vieilleuse.
Sachez que je ne suis pas communiste et que si vous continuez... Ici, on est
contre les boches, c'est tout.
Prenez les sacs, vous viendrez avec moi. C'est pas mieux comme ça ? Oui.
Je vais au QG.
Pars pas tout seul.
Non.
Dis donc, double les sentinelles, parce que s'ils attaquent, on sera aux
premières loges.
Pour Philippe, je crois qu'il n'y a rien à faire.
Je tâcherai de chercher un médecin.
Pouscule pas trop le type, il s'est bien comporté. Quelles sanctions on prend
contre Groubac et Martin ? Rien. Mais enfin, quoi la foutaise de Martin ? Un
coup tel... On ne coupe pas la patte à un âne parce qu'il a fait un faux pas.
Bien, faudrait qu'on en reparle.
Salut, Forrest. Salut.
C'était nous, Bruce.
Tu t'en occupes. Comment ça s'est passé ? J'ai un blessé grave. Le doubi est là
? Ah non, il dirige le maquis du sud.
Viens, on t'attend.
Des choses importantes arrivent.
En ce qui concerne notre plateau, l'ennemi considère que c'est le fer de
lance de la résistance du département. Il fera donc tout pour nous anéantir.
Tous les renseignements concordent.
Les Boches préparent une offensive massive, une sorte de ratissage de la
région. Notre point faible est là, l'accès du plateau.
Et ça, c'est votre passage, Casal. Qu'est-ce que vous proposez ?
Vous le savez bien, il faut le miner.
Comme les boches viendront avec du matériel lourd, si le passage saute, le
matériel ne peut plus passer.
Et alors ? En deux heures, ils auront rétabli le passage.
Le temps qu'il nous faut pour disparaître. Dans ce cas, mon groupe ne
sert plus d'avant-garde. Vous êtes où ? Où à moi abandonné. Il faut te replier
chez Casal, dès demain matin.
Ça doublera les effectifs pour le passage.
Et nous, alors, qu'est-ce qu'on fait ? C'est très simple.
On s'éloigne et on se met hors de portée.
Absolument.
Quelquefois, la victoire est dans la fuite.
Le mouchard... On adopte la tactique de la guérilla.
Dis-donc, et mon type ? Justement, parce que vous n'êtes pas d'accord, on essaie
d'avoir des renseignements en ville.
Seulement, tu sais, en ce moment, on a d'autres chats fouettés. Oui, bien sûr,
mais je peux pas le garder indéfiniment.
Ben, dis-moi, c'est ta fille ? Ah oui ? Jeanne ! Mais je croyais que les
chleux... Elle a sauté du train qui l'a emmené en Allemagne. Ah, comme gros bac
! Le mouchard va chez toi.
Un Pizzler Storch.
Où t'as appris à couper les cheveux ? Bon, appris, c'est beaucoup dire. On les
a tellement coupés. Avec le FM, on le descend comme un moineau. Ça va pas, non
? Allez, planque-toi.
C'est vrai, ça, je comprends pas pourquoi on leur tire jamais de fil.
Viens, mettez-le là, il y a de la lumière.
Eh, oh, tout seul. Allez, lui.
Alors quoi, tu surviens plus le type ? Ils viennent faire la piqûre à Philippe,
c'est plus la peine.
Ouf, viens.
C'est pas toi qui fais les piqûres ? Il les fait mieux que moi.
Mais Philippe, c'est mon pote. Moi, je peux pas.
Alors, ouf ! Je pourrais en
abonner avant de s'en servir.
Eh ben, dis donc ! Eh, tu connais quelque chose ? Oui, j'ai un cousin qui
est à l'Académie des sciences. Et moi, un oncle panthéon, il est gardien.
Ah ben, le mien, il est dans un vocal, il est né avec trois papes.
Gardien ! Bouge pas ! Bouge pas, bouge pas. Amenez-le là, à la lumière.
Allez, gars ! Bouge pas, mon Dieu ! Posez-le là.
Les gens, qu'est-ce qui se passe ? Courageux.
On va t'enlever la balle pour pas qu'il y ait convocation.
Pas besoin qu'on me tienne.
Pourquoi on n'attend pas Casal ? Il trouvera Toubib. Qu'est-ce qu'il fera de
mieux, le Toubib ? C'est mon badge de secouriste, moi.
Qu'est-ce que c'est ? C'est un diplôme. Je suis l'escoute.
Oui, je connais.
Je connais.
Durand avec une Croix-Rouge. J'étais sérieux.
Viens.
C'est comme le jour où j'ai sorti ma première gonzesse.
J'en ai avalé une bouteille.
Ben, vas-y ! Belle ? Terrible.
Oh, t'as jamais vu ça, je crois.
Des cuisses de pouliche.
C'est le plus important, les cuisses.
Moi, ma Sophie ? Non, mais laisse-le finir.
Elle avait de beaux nichons.
Terrible. Elle en avait deux.
Elle avait deux toutes jeunes. Elle avait à peine 35 ans.
Alors, tu l'as grimpée.
Alors, tu y arrives ? Excuse-lui.
Encore un petit coup, puis c'est fini.
Alors ? Alors, tu l'as sauté ? J'avais bien un bon coup de calmeur avant. Avoir
l'air rigolo, puis tout le reste.
J'ai rien pu faire.
Peau de balle.
Alors, tu y arrives, cette fois ? Il n'y a plus que là-bas à la retirer.
Qui t'a fermé ? Il a très mal.
Alors, espèce de salaud.
Alors, tu y arrives, toi, oui ? Tu vas la chercher, là-dedans.
On a bien des tenailles, mais ça rentrera jamais.
Ce qu'il faudrait, c'est une pince à épiler. C'est ça, bien l'historie de l
'alcool, du coton et deux infirmières masquées. Avec rien sous leur blouse.
Ça saigne, les gars ! Mais non, c'est rien, c'est rien du tout.
Merci.
Alors ? Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah
! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah
! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah
! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah
! Ah ! Ah ! Ah Ça va arrêter le sang.
Il y a qu'à mettre un peu de tabac dessus, ça l'arrête.
Courage, c'est parce qu'il est fou. On va pas respirer le tabac.
Il va boire toute la bouteille.
On va améliorer ça.
Allez, fais-la, ta piqûre.
Elle aurait le tout-bible.
Il n'y en a pas.
La chèvre, c'est pour le dîner.
Le veau, c'est pour demain. On sera plus nombreux.
Fais rassembler tous les hommes. On va au passage.
Le maquis de Michel reste replié avec nous.
J'ai aussi 50 kilos de plastique.
On va miner le passage.
Fais rassembler tous les hommes. Ces deux-là, il faut laisser quelqu'un pour
les surveiller. C'est lui à l'argent.
Désentis qu'il faut se méfier.
Elle n'a pas explosé, alors on va la renvoyer à l'expéditeur.
Une tête n'est pas inconnue.
C'est possible.
Et pas de Saint-Jean.
Je suis peut-être passé aussi.
Saint-Jean, je me rappelle, il y avait un type que les gendarmes cherchaient en
1939. Qu'est-ce que cherchaient les gendarmes, Pépé ? Ils cherchaient un
type qui disait que la terre était pourrie comme une pomme à cause d
'immunité à des curés.
C'est pas bête, ça.
C'est peut-être pas eux qui font les saloperies, qu'ils disaient. Mais ils
espèrent les saloperies, tout fort qu'ils sont.
Forcément, ils l'ont mis en taux, là.
Franchement, on peut rien obtenir d'un type comme ça.
T'es pas toi, non ? Ah, dis donc, elle pèse son poing
! Elle va pousser deux tonnes, cette salope ! Vaut mieux faire la bombe que
de la transporter.
Vas-y, doucement ! Doucement, toi ! Mais doucement ! Avance, la grosse !
Arrête ! Bon, on met la bombe ici, un peu de plastique.
qui la balance en l'air, et puis, ça explose. Ça bloquera complètement le
passage. Je crois que c'est bien.
Faut qu'elle saute avec tout le reste.
C'est faisable. On va relier son câble ici avec celui de la dynamo.
Grubac, fais gaffe. Si elle tombe, adieu Berthe.
Elle est pas désamorcée ? Mais si, mais si.
Ils auront un peu chaud.
C'est moi ! Tirez pas ! Précisément.
Pas devant les hommes, mon Dieu.
Continuez, c'était une erreur.
Approche ! Il tire toujours aussi mal.
Ils vous respecteront jamais si vous faites ça.
Il est venu voir ce qu'on fait. M. Cazal ! Faites attention, vous allez déterrer
les câbles. M. Cazal ! Oui ? Philippe est très mal, il veut vous voir.
Bon, je viens.
Tu vois pourquoi il est venu ? Parce qu'il a tout vu.
Quand vous aurez fini, faites creuser un trou sous les arbres.
Un ou deux, il a tout vu.
Un, pour le milicien.
On réglera ça ce soir.
On n'attend pas l'aube, il va faire nuit.
À quoi bon avec sa blessure, un peu plus tôt, un peu plus tard ?
Pas de feu dehors.
Reste là.
Paul, viens.
Je me sens comme dans un brouillard.
Le toupie viendra demain, Philippe.
Dis, Paul.
Dis-le-moi jamais, toi, même quand c'est pas bon.
Dis, ma blessure, elle est mauvaise, hein ? Elle est pas bonne, mais j'ai vu
pire.
Te fatigue pas.
Il faut dormir.
Ah non, pas dormir.
Non, j'ai peur.
On m'enlèverait et j'ai encore rien eu.
Je n'ai encore jamais rien eu.
Tu sais, Paul, je n'ai encore jamais dormi une nuit entière
avec une fille.
Je n'ai encore jamais vu la mer.
Quand on aura mis les chiffres de dehors, on les aura toutes.
Ah non, une seule me suffit.
Tu sais, Paul...
J'en connais une qui a des beaux bras, comme des jetons.
Elle aimait bien que je lui dise ça, tu sais.
Elle aimait bien que je lui dise ça.
Je suis sûr qu'elle t'attend.
Un gars comme toi, on l'oublie jamais.
J'ai envie de pleurer.
Des choses à se dire, ces deux-là.
C'est une Maxime.
Comment 14, ça n'a pas changé ? Ça n'a pas coupé l'imperfectionné, grand-père.
600 coups minutes.
Et mon frère qui en fera une tête.
Depuis 14, il a une belle de ce machin-là dans le poumon.
Il disait qu'on doit pardonner à ses ennemis.
Pardonner.
Après les avoir tués, comme dit son ami Kerk.
Eh oui, une belle phrase contre une belle idée.
Tu ne dis rien aux hommes ? J'ai peur qu'ils sautent sur le milicien. C'est
pas ce salaud qui crèverait. Vous n'allez pas me tuer, Edith ? Vous ne
pouvez pas faire ça ? Qu'est-ce que tu fous là, toi ? On m'a mis ici.
Je vous en supplie, ne me tuez pas, s'il vous plaît.
Je ferai tout ce que vous voulez.
Il fallait y penser avant de choisir la milice.
C'est pas de ma faute.
J'avais 19 ans.
On me parlait de la France, de la Révolution nationale qui la sauverait du
communisme.
À 19 ans.
Il n'y en a qu'en choisit l'autre camp, à 19 ans.
On leur a parlé aussi de la France.
Oui, mais je suis tranquille.
Vous ne tuez pas les prisonniers, vous. Ça y est, le trou.
Vous croyez déjà ? C'est assez profond.
On a peur qu'à la première pluie, ça... Non, avec les racines, ça fera corps.
Alors, je l'emmène ? Demain.
Pourquoi ? Vous vous prenez comme une orvide ? Philippe.
Vous savez,
je peux vous rendre service ? Je connais bien la ministre, les chefs, les
renseignements. On va te garder prisonnier, mais pas ici. On va te
changer de camp.
Vous parlez si comme ça.
Quel gâchis. Il bouffe bien dans la milice. Pauvre gosse.
Lui ou Philippe ? Philippe, lui, les autres.
Ouf ! Oui ! N'oublie pas de dire une prière.
Encore Philippe, on le regrettera.
Et les bottes ? Elles ne lui servent plus à rien.
Dieu, les bottes, les tueries.
quelque chose aux hommes.
Psychologiquement, la mort du milicien n'a servi à rien.
Voilà.
C'est le premier mort de notre groupe.
Il y en aura d'autres, beaucoup d'autres, jusqu'à la libération.
Ceux qui déclenchent les guerres ne s'imaginent pas qu'il y a des hommes
capables de mourir pour ne pas être esclaves.
Adieu, Philippe.
On va essayer de te venger, sans se faire assassin, sans que notre violence
ressemble à celle de l'ennemi.
L'avion ! Tout le monde sous les arbres !
Hé ! Oh, bébé, plante-toi
!
C'est la réponse pour votre prisonnier.
Une moto.
Thomas qui est encerclé par les Allemands. Il faut partir immédiatement.
Thomas, les hommes.
Rassemblement à tout le monde ! Les autres Thomas qui sont en route.
Attendez, il y a une réponse.
On tentera une diversion pour leur permettre de sortir du tour.
Prenez le maximum de munitions ! Troubac ! On s'en va !
Vous arrêtez ? Vous ne prenez pas vos
armes ? Jamais d'armes, mademoiselle.
Vous êtes jolie comme une image, mademoiselle.
Vous êtes jeunes, pourquoi ne pas combattre les Allemands ? Parce qu'on ne
m'en reproche plus d'être avec eux. On vous reproche de ne pas être contre eux.
Alors, c'est le baroud ? J'espère.
Laissez vos papiers, tout ce qui pourrait vous identifier.
Paco, toi, tu viens avec moi en voie moute au passage.
En principe, ils ont assis des munitions pour tenir le cours.
C'est un droit commun.
Par l'éclat, il vous faut trois heures. Il ne faut pas perdre une minute.
Va dire à Forêt ce qu'on arrive.
Alors ? Pour régler ça.
Tout est clair, c'est un ordre. Qu'est-ce qu'il faut de plus ? Alors
parce qu'on a un ordre, on exécute, on s'en lave les mains. Ceux qui donnent
des ordres, c'est à ceux qui le font. Ils ont le recul qu'on n'a pas, ils
voient l'avenir.
Oui, oui, je sais. Toi, ton amour pour les hommes, c'est toujours pour demain.
C'est jamais par le pont-levis qu'on peut l'éliminer, par le soupirail qu'on
a négligé. Vous avez fini avec vos paraboles ? Un droit commun, c'est n
'importe quoi. Pour régler ça, c'est à toi de le faire, comme c'était convenu.
Oui, Paul.
Non, pas la maxime.
Prends le FM.
Toi, tu restes ici.
Quoi ? Vous me mettez au rencard ? T'es
C'est un truc de Louis XIV.
On suivra la forêt à cause des avions.
Donne-moi ton revolver.
Il faut le faire.
Ce type est condamné par la situation.
Ce qui est terrible, c'est qu'on n'a pas de colère contre lui.
On me la charge, mon arquebuse ? Passe-moi une grenade.
C'est peu probable, mais si les boches viennent, te laisse pas prendre. Il te
coupera en rondelles.
Et le vieux aussi.
On partira à quelques-uns.
Dis, Florent, c'est quoi un anthropophage ? C'est un assassin qui a
une excuse. Non, c'est quelqu'un qui aime son prochain avec de la sauce.
C'est bel, hein ? On s'en va par là ?
Allez, grute-toi.
Et ce côté-là, vous le gardez jamais ? Qu'est-ce que ça peut le foutre ? Les
Allemands peuvent passer par là.
Les Allemands, oui, mais par leur canon.
Et sans leur canon, ils sont rien, les Allemands.
Où va-t-on par là ? On change de camp, on peut pas te garder.
Enfin, provisoirement.
J'aime mieux ça, maintenant que je vous connais.
Tu crois ? On continue ou par là ? Ben quoi ? Allez, avance. Je vais pas m
'évader.
Ça me plaît bien, votre truc.
Enfin, je parle de l'amitié dans le groupe, pas du coup de feu.
Tu retournes toujours tes balles, toi ? T'as aucune précision avec ton truc.
Peut-être, mais quand ça réussit, ça fait un trou comme ça. Ils ont le fur au
cul, les gradés.
Il en manque un, les gars, il manque Thomas.
Oui, il est à la rivière pour faire notre lessive.
Oui, il l'a envoyé à Saint-Martin.
Pourquoi à Saint-Martin ? C'est comme les Allemands qu'ont balancé dans la
rivière. Il est de Kerk.
En hiver, la rivière gonfle et les cadavres la redescendent le ventre en l
'air comme des truites passées à l'eau de Javel. Les cheveux de Saint-Martin,
venez pas te voir. Leur défunt est fini sous le pot. Regarde à vous, tout
gonflé.
Allez, allez, allez, vite !
Je travaillais chez eux.
Je travaillais dans la maison, je faisais du jardinage, je faisais un peu
de tout.
Un jour, je dis à la fille, elle avait 16 ans, elle était belle, on devait vous
rendre fou.
Je lui ai dit, venez, je voulais que mes fleurs vous voient.
Elle a trouvé ça poétique, son père a trouvé ça dégueulasse, il a appelé les
gendarmes.
Avant, c'est pour ça qu'ils t'ont mis en prison ? La première fois, oui.
Mais j'avais pas de papier non plus à l'époque.
Ils m'ont enfermé en prison, ils sont mis à fouiller ma vie.
Et alors, qu'est-ce qu'ils ont trouvé ?
que j'avais pas fait mon service militaire, qu'ils me recherchaient comme
déserteur.
Je leur ai dit que c'était pas la peine de me garder en prison, ils avaient qu'à
me le demander, je leur aurais dit.
De toute façon, le service, j'avais pas l'intention de le faire. Là-dessus, la
guerre a commencé.
Putain, j'y arriverai jamais !
Mais
qu'est-ce qui vous prend ?
Rien de passé ? Il faut le nettoyer.
Après tout, c'est pas une raison pour se faire la gueule.
On dirait qu'on s'est battus.
C'était vrai, s'arranger les choses.
On va le nettoyer.
T'as pas voulu t'engager ? M'engager pour me battre contre qui ? Les Italiens
et les Allemands ? Je les ai un peu connus au quartier latin.
Plein d'étrangers.
On était tous en bande, tous un peu crétins, un peu gueulards, on buvait des
bocs, on touchait les mêmes filles, on se rigolait.
Et de là à se tirer dessus à coups de canon sans même se parler avant, il y a
une marge, un abîme même.
Il peut avoir une opinion sur sa propre mort, non ? Pourquoi tu me racontes tout
ça à moi ? J'ai raconté ça aux militaires. Je vais te le voir. Si vous
êtes aux militaires du tribunal, vous me jugez pour désertion.
Ils se regardaient, ils me regardaient avec des yeux ronds. Pas forcément !
Vous ne comprenez rien, j'ai eu la panique.
Tiens là.
Et puis des types comme ça, il y en avait plein l'armée.
Toutes les armées du monde, des milliers de braves, des héros, pour eux, les
bombes, c'est du goût.
Pourquoi tu nous as pas raconté tout ça là-haut ? Vos camarades comprenaient
pas. Surtout Jean, votre théoricien. Je vais le laver.
Je me demande si le vrai lâche, c'est pas moi.
Un de ces millions de héros arnachés d'armes et de haine contre le héros d'en
face.
Il se tue par n'importe quel moyen.
Couvert d'honneur et de décoration.
Parce qu'ils ont bien tué, et plus que le voisin.
Béni des dieux et des hommes comme ceux d'en face.
Moi, je dis non. Je préfère parler avant de tirer.
Mais vous comprenez pas ça.
Ça colle pas avec ce que tu nous as raconté l'autre soir.
T'as pas été pris récemment.
Mais si, mais si.
À la débâcle, la forteresse où j'étais emprisonné a été bombardée.
Les militaires l'ont abandonné.
Et je me suis retrouvé... dans la nature en cavale pendant trois ans.
Et puis j'ai été repris pour une histoire de botte, voilà.
Pourquoi tu nous as pas dit tout ça ? On aurait pu t'exécuter pour moins que ça.
Vous faites la révolution, mais vous ne faites pas pour une paire de bottes,
vous êtes du cœur.
Justement ! Toutes les révolutions sont mortes du cœur, comme celles des
communards ! Si les nazis trient, on fera dix fois plus de victimes ! Moi, j
'y suis pour rien.
C'est les circonstances qui te comptent. Mais ça fait des années... Vous voulez
me tuer ?
C'est pas ce qui se fait la mince.
C'est un truc qu'on a toujours fait. C'est pas la seule connerie qu'on a
toujours faite.
Allez, dépêchez-vous.
Brouillez-vous, mon Dieu !
Que personne ne tire. Faites passer l'ordre.
Il n'y a plus rien à faire. Ils sont encerclés. Il y a au moins 300 Allemands
pour 15 types.
On
les
a trahis.
Qui a bien pu les donner ?
N'importe qui.
Rendez-vous ! Vos vies sont garanties ! Si vous abandonnez la rébellion... Ta
sœur ! Chut ! On est des rebelles, puis chez nous encore ! Tu vas la fermer ?
Il faut dire l'aviation.
On en a assez vu. Allez, j'emmène mes gars.
François, Bernard, Paul, on s'en va ! On va pas se tirer comme ça. Un coup de
fusil, tout le monde y passe.
Bon, on s'en va, nous aussi.
Il y en a qui résistent encore.
Allez, sécu.
Allons, moi je reste.
Gert, avec moi.
Groubac, passe le FN.
Attendez qu'on s'éloigne, il ne reste que trois de nous.
Il y en a un qui se rend.
C'est Michel Rey. Il a une grenade.
Oh, la vache !
Tirez
-nous ! Vite !
Comment
t'expliques la trouille ? Résultat de l'imagination !
C'est pas l'œil, mon vieux.
C'est le nez.
C'est le flair, mon vieux.
Il fait soif.
Je sais pas ce qu'on mangera et si on mangera demain.
Et dormez habillés.
Pourquoi on va pas se cacher ailleurs ? Pour faire courir un peu l'échelon.
On partira quand ils viendront.
C'est ça, l'autre rôle.
Enlever des milliers de soldats d'autres fronts pour les faire courir après
quelques dizaines de partisans. Nous, quoi.
Ah, dorénavant, le jour, on restera loin du mât. Ils peuvent le bombarder.
Vous pouvez finir l'agneau.
Enfin, ce qu'il en reste.
Ma pépé, va chercher l'agneau, le petit, tu sais où elle est.
Tu es sûr qu'ils ne peuvent pas attaquer la nuit ? Ils ne se déplacent jamais la
nuit.
Sauf s'ils ont quelqu'un qui connaît le coin.
T'es de garde ? Allez, fais un effort pour manger, on ne sait pas ce qui peut
arriver. Vous êtes gentil avec moi parce que vous vous sentez aussi coupable que
moi. Pas du tout coupable ! Oui, bien sûr, c'est pas toi qui... Écoute-toi,
moi, lui, c'est nous.
Nous, c'est la résistance, le maquis.
Nous avons tué, nous allons tuer, on va nous tuer.
On bousille du monde, mais on n'aime pas le faire.
Le type, c'était un abcès, l'abcès, on l'a vidé.
La lutte continue et Dieu est avec nous.
On bousille du monde avec sa bénédiction.
Le type aussi disait ça.
Qu'est
-ce
que t'es venu foutre ?
Je suis venu parce que la vallée est pleine d'Allemands, pour vous prévenir.
Par où es-tu passé ? C'est lui qui m'a ramené, je l'ai trouvé.
Il avait peur dans le noir, moi aussi.
Alors on a marché, c'est lui qui marchait devant, il avait hâte de savoir
où il allait.
Tu vois pas ce qu'il y a de drôle ? Rien, mais je ris parce que je suis
content. Ah oui ? Oui, très content.
Si je vous avais obéi, j'aurais été très malheureux. Et je l'ai été quand même
parce que je vous avais menti.
Mais maintenant, ça va. Je suis très content.
Il n'y a pourtant pas de quoi.
Alors, on me change de camp, moi aussi ? Assez, Thomas.
Ça se pourrait.
Paco ! On fait un trou ou on va à la rivière ? Paco, il est de garde.
Va me chercher le coq.
Bon, ça, c'est traîné.
Il est nul de dire ça pour qu'on ait confiance en lui.
Des moches, c'est un appartement ! Il y avait un ordre.
Cet ordre n'a pas été exécuté.
Tu vas retrouver ton ami le coq.
Vous voulez encore me tuer, mais pourquoi ?
Les Allemands m'ont reproché les bottes, mais vous... Mais non, on s'inquiète
parce que t'as pu revenir si facilement.
Il a jamais été questionné. Tiens, il est revenu.
Oui, on nous l'a ramené.
Allez, va.
Vous serez ensemble comme avant.
Donne-lui un peu de piquette pour faire passer sa viande. Et mets-le-vous à l
'abri.
Bon, c'est moi qui m'en chargerai maintenant.
T'en occuperas demain matin.
En attendant...
Moins on se voit, mieux ça vaut. On peut même qu'on reparle de ça.
Jean a raison.
T'as installé la Maxime au passage ? Oui, Paul.
Qu'est-ce qui s'en charge ? Groubac se débrouille bien.
Et quand la lumière s'éteint, je prends ton ombre dans mes bras.
Qu'est-ce que tu dis, Thomas ? Rien, Paul. Je pensais à quelqu'un.
T'es perdu ? La nuit, tout le monde se brome.
Tiens, prends ma lampe.
Mais la pointe jamais vers le haut.
Toujours en bas, comme au cinéma.
Pour le pipi, pas la peine de sortir, tu te mets à la fenêtre.
Le type s'est tiré et avec ma lampe.
Qu'est-ce qu'il y a ? Il a laissé partir le type. Il lui a même donné de la
lumière. Il n'ira pas loin.
Je te suis. Par là.
Qu'est-ce que tu fais ? Je vais au passage. Il va faire jour.
Je vais avec toi.
C'est moi, Jean.
Évidemment, on n'avait rien vu passer.
Qui ça ? Le prisonnier, il s'est taillé, il est passé par là. Alors, faut savoir
si on garde les entrées ou les sorties. On en parlera.
Oui, et on prendra des sanctions.
Quel emmerdeur, celui-là.
Pas d'amour, Montegorge !
Alors
quoi ? Il est pas parti comme ça, par hasard ? Parait qu'il l'a vu descendre
par là.
Il nous a même engueulé.
Bon, c'est bien. Va chercher les hommes.
Je vais jeter un coup d'œil. De la pointe, on voit mieux la route et la
vallée. Passe-moi ça ! Allez, prends-moi une arme ! Pourquoi, t'as perdu quelque
chose ? T'as fini de me suivre comme un petit chien ?
Tu crois pas qu'on a fait assez de conneries comme ça ?
Combien
de communistes, là-haut ? Des quoi ? Des communistes.
Des maquisards, si tu préfères.
Alors, combien ? Je t'ai dit, un an.
Alerte ! Qu'est-ce qui te fait dire ça ? Pensez foutre à rien.
C'est un pressentiment.
Fais comme tu voudras.
Appelle ça comme tu voudras.
Quand tout réussit, faut se dire que ça peut pas durer.
C'est peut-être ça, l'intuition.
C'est incompréhensible que Jean n'ait pas donné signe de vie.
Ils encerclent la montagne.
File au passage et fais tout sauter. Et toi ? Je te suis, je te couvre.
Et Jean ? Sûrement pris avec ton protégé. Séparés, on a deux chances.
Premier arrivé, fais tout sauter.
Tiens, tiens, il se balade avec une mitraillette.
T'as pas coup de nous entendre parler français ? Pas du tout ! Vous êtes des
prêtres, les balais des cheveux ! C
'est toi, le chef ? C'est lui, le chef ? Je le connais pas, moi.
Nous sommes les chefs.
Je propose une attaque immédiate.
Vous les avez laissés tout seuls ? Aucune détonation avant mon ordre. Mais
l'aviation arrivera peut-être trop tard.
Tire, Paul ! Tire ! Ne tirez pas un coup de fusil !
Ne tirez pas
un coup de fusil ! Prenez-le vivant !
Sous-titrage Société Radio-Canada
Sous-titrage ST' 501
Il n'y a que les pulambules.
Avec 10 mètres de cordes, ça va être vague derrière.
Il n'y a que les teutons pour la mise en scène.
C'est toujours pour nous, le sale boulot. Pas du tout, du tout.
On nettoie. On purge la France du judéo-marxisme.
Ça, c'est le travail. C'est vrai.
Nettoyer.
Purifier la France des communistes de De Gaulle.
Tant du fait qu'ils passent. S'ils n'arrivent pas, c'est la mort pour tous
les maquis à cause de nous.
On vous cherche partout.
Les autres sont là aussi.
Où tu vas, toi, avec ton FM ? Installe-toi là ! Fais de l'autre côté,
qu'il faut tirer, patate ! Tu
tires les mecs habillés en verre et tu fermes un oeil pour viser.
Venez, il y a un blessé ! T'inquiète pas, petit.
On a la bonne place.
Et voilà !
Avec 10 mètres, ce sera plus joli à voir.
Mais voilà, ils ne s'ouvriront pas du tout. Le nœud, on le met devant, on le
met derrière.
Le règlementaire, c'est par derrière.
Mais voilà, je crois qu'il a pu passer. Il faut qu'il passe ! Il faut qu'il
passe !
Pic,
la magnéto ! Va les prévenir ! Ça va sauter !
Aradi ! Va les aider !
Va chercher le tuyau !
Tire-toi ! La munition, vite !
Fais pas si vite, je peux pas vous suivre !
Hé, petit ! Hé, baisse-toi !
Alors, ça y est ? Ça y est, c'est réparé ! Merde ! C'est
sûrement le câble ! Le temps qu'arrive ! Les câbles sont coupés !
Faut encore tenir !
Coupe le gros bac ! Ça va,
hein, cher ? Les explosions ont coupé les câbles !
Qu'est-ce qu'ils attendent pour faire sauter le passage ?
Ils sont foutus, vos petits copains ! Et qu'est-ce qu'ils attendent pour faire
tout sauter ? Vous voyez qui va revenir ? C'est coupé, là
!
Merde !
C'est encore coupé, là-bas !
Ils sont foutus, Thomas ! À moi, les gars ! À
moi, les gars !
Tu
as
vu ce qu'il y a au-dessus ?
Et alors ?
Les morts, on les laisse ? Alors, pépé, on s'en va !
Allez, tirez-vous !
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