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Original subtitles

Gus Delario…

L'homme invisible, ce Gus.

C'est un de ces gars que…

que vous avez l'impression de connaître très bien.

Mais, en y pensant, vous ne le connaissez pas du tout.

Vous comprenez ?

Et puis, vu son passé, et tous les films qu'il a faits,

il a eu beaucoup de succès

et presque tous les acteurs rêvent de…

Enfin,

de faire un film avec Gus.

J'ai fait des choses méchantes dans ma vie.

Et parfois,

le pire, c'est que parfois,

ça ne m'ennuie pas.

Je me dis juste : ”ouais, j'ai été méchante,

je voulais l'être,

alors je l'ai été.”

Point.

Il faut bien que je me montre critique

à cause de mon travail.

Et puis, je ne crois pas que ce soit si mal

d'être critique. Je crois que c'est la façon

d'avancer.

Dans la vie, il faut évaluer les choses.

Et les gens le font.

Ils évaluent tout le temps.

C'est la vie, et c'est bien dommage.

Je crois qu'il n'y a aucune somme

que j'aurais pu recevoir…

Il n'y aucune affaire que j'aurais pu faire

où elle n'aurait pas senti

que j'avais été trop passif.

Et que je…

Je crois que son opinion

de moi, à ce niveau-là,

était faite avant même que le film soit vendu.

Je crois que ça n'a rien à voir avec le film.

Honnêtement.

C'est effrayant. C'est monstrueux.

C'est démoniaque

de ne pas avoir d'émotions.

Alors j'ai parlé

à Carl à ce sujet. On en a discuté.

On a pensé tout de suite au plus monstrueux personnage

qu'on connaissait de l'Histoire.

Hitler lui-même.

Oui, ils essayent toujours de me caser, Lee et Carl, ils…

En fait, ils ne m'ont jamais présenté personne

mais ils me disent comment je devrais flirter.

Maintenant, ils essayent de me caser avec

un de leurs amis producteurs.

Un gars qui s'appelle Gus.

Je ne crois pas qu'un producteur s'intéressera à moi, mais

je ne sais pas.

Catherine ?

Nicholas.

Oui.

– Vous allez bien ? – Oui, et vous ?

– Très bien, merci. – Tant mieux.

Merci de me recevoir.

Mais de rien.

Ça vous convient si on commence ?

Je joue son partenaire.

Un associé ?

Non, je suis son gorille.

Si c'est ce que vous voulez savoir.

Vous voulez écrire ça ?

Vous voulez que j'écrive ça ?

Non.

Non, vous allez écrire ”bras droit”.

C'est bien.

Enfin, j'ai fait beaucoup de télé.

C'est une star reconnue, une grande star.

Mais ça ne me rend pas moins talentueux.

Alors ça ne me pose pas de problème.

Mais…

Si je dois faire le pas vers le grand écran,

je m'attends à travailler pour ça.

Ça aurait du sens.

Ne trouvez-vous pas que les acteurs noirs

doivent travailler pour faire ce pas ?

Ça ne se produit pas autant pour les acteurs blancs.

Mon Dieu…

Vous ne trouvez pas que ce soit le cas ?

Quelques films, des chèques de 15 à 20 millions,

la une des magazines.

C'est ça que vous voulez écrire ?

On peut faire ça.

Croyez-moi, j'ai plein de choses à dire dessus.

Carl.

J'ai atteint le point de non-retour de notre mariage.

J'écris car je ne supporte plus

d'être émotionnellement ébranlée à ce sujet.

Je n'ai plus d'idées.

Et je veux du changement.

Quand je rentrerai, on discutera

de l'aspect pratique de notre séparation.

Je t'en prie, ne m'appelle pas.

Je suis désolée.

5ème cambriolage en deux semaines dans une librairie pornographique.

Ils disent que c'est une femme.

T'as fait des cauchemars cette nuit ?

Non.

Moi oui.

Enfin,

un rêve bizarre.

J'ai rêvé que mon travail…

Chaque jour, j'allais au travail et

je faisais la voix off

d'un documentaire

sur la vie d'un gars.

Et puis…

Et puis je rentrais,

je mangeais, j'allais me coucher,

et j'y retournais le lendemain.

Je n'avais aucun effet sur

personne.

Je pissais vert aussi.

Dans le rêve.

Je suis allé aux toilettes et c'était vert fluo.

Quel est le programme du jour ?

Suite du massacre.

Comment tu supportes ça ?

N'oublie pas de faire les brownies

pour Gus ce soir, d'accord ?

D'accord.

Salut.

Elle disait ”non, chéri,

tu t'ennuies

parce que tu es un artiste.

Potentiellement.

Et les artistes ne reconnaissent que l'autorité d'autres artistes.

Mais pourquoi tu nous le fais subir ?”

Et c'était ce genre de choses

qui faisaient tout fonctionner.

Pour moi.

Pardon.

Vous transcrivez ça vous-même ?

Quelqu'un au bureau.

Un stagiaire ?

Homme ou femme ?

À votre avis ?

Homme.

Alors, c'est ça ?

Et ne me dites pas que vous ne direz rien.

Homme.

Vous voulez savoir s'il est hétéro ?

Non, je sais qu'il est hétéro.

Merde.

J'arrive, j'arrive.

Une seconde.

Django, allez.

Salut, Frank.

Je vais vous dire.

Je travaille pour un magazine. Il est génial.

C'est très fort, ils ont de grosses exigences.

Je crois qu'ils font un excellent travail.

Et je crois que le mec le dirige.

C'est juste pas très fin.

Vous voyez, juste entre nous,

je ne crois pas qu'il soit très intelligent,

je crois que ses instincts sont déréglés,

et je crois qu'il est, enfin…

le grand patron.

Oui, j'ai perdu les pédales dans les bouchons.

C'est vrai, j'ai perdu les pédales.

J'appellerais pas ça de la fureur, mais…

Ça m'a gonflé de conduire, parce que…

les gens, ils…

Ils conduisent des voitures qui sont…

C'est ridicule.

Pas pour eux.

Je n'aime pas vraiment mon travail.

J'ai pensé à faire autre chose.

J'aime l'argent.

Et même ça, j'en raffole pas.

Je pourrais avoir un meilleur boulot.

Lee est ambitieuse, intelligente et belle.

Elle l'a toujours été, et elle s'est toujours bien débrouillée.

Alors peut-être bien qu'elle maîtrise tout.

Café !

– Herr Direktor! – Ouais.

Ça va, mec ?

Répéter quelque chose pendant 10 jours,

c'est nul.

Et je sais que ç'a été dur.

Écoute, je sais où tu veux en venir, mec.

D'abord, je dois m'excuser.

Tu sais, j'avais tout calculé.

C'est ma façon de faire, et j'ai perdu la boule.

Je regrette vraiment ce que j'ai dit à ton pote, vu que…

je sais qu'il est juif, et je suis allé trop loin

avec cette histoire de four.

Tu sais, j'ai fait un peu de

gestion de la colère cette nuit

et j'ai vraiment l'impression d'avoir encore avancé.

– Mais je me sentais si mal. – Tu sais quoi ?

Carl et moi avons écrit ça pour toi.

Tu es Hitler.

– Mais non. – N'oublie jamais ça.

Non, ça signifie énormément

mais je sais que c'est votre vision,

vous avez écrit ça.

Mais ouais, c'est marrant,

J'ai parlé à

Tom. Sizemore.

Et il disait que la seule façon d'apprendre à jouer,

juste jouer…

Et je sais que tu t'inquiètes, parce que je n'ai pas tout mémorisé

et j'ai foutu la merde, mais crois-moi, le jour venu…

– Ce soir. – Ouais, je suis sûr que ça sera réglé.

Tout ira bien.

– Je m'assurais juste que tu allais bien. – Je vais bien.

– À plus tard. – Eh…

Je ne prends pas de crème. Tu peux… juste noir ?

– Bien sûr. – Merci, mon pote.

Non, pas marié.

Ce gars que je fréquentais.

Ce Tom… que je fréquentais.

L'année dernière. À la même époque.

Il a dit, quand il a rompu avec moi, qu'il allait se remettre avec une ex.

Je ne sais pas si c'est vrai.

J'ai entendu dire que ce n'est pas vrai, mais…

C'est ce qu'il a dit à l'époque.

– Salut ! – Ça va ?

– Je vais bien, et toi ? – Bien, bien.

– C'est drôle. – C'est… Ouais.

C'est improbable, non ?

Bon, et bien, bonne journée à toi.

À plus.

J'aime bien Carl.

Je l'aime beaucoup. Il a toujours été gentil avec moi.

En fait, même dans mes pires moments, Carl a toujours été gentil, et…

Je crois qu'il le pense vraiment quand il me demande comment je vais.

Je pense qu'il a

une bonne nature.

Je pense qu'il a vraiment une bonne nature, que…

Je pense que Lee lui en fait voir.

Vous avez déjà fait une thérapie ?

Qui ça ?

Non.

Non, je ne pige même pas ça.

Je ne pige même pas, c'est comme…

Ils vous revendent à vous-même.

Ça rime à quoi ?

Je n'y avais jamais pensé comme ça.

Votre appétit vaut la peine d'être remarqué.

J'ai faim.

Ne me dites pas que vous êtes une de ces…

– Vous ne mangez pas ? – Si, je mange.

Mais juste pas de la nourriture d'aéroport.

Pourquoi pas ?

On est en première classe.

Ils font la bouffe sur place.

Quel est le problème ?

Je vais attendre les gâteaux.

Votre père était si corrompu que ça ?

Et le lait.

Il devait tuer des gens.

Il tuait leur esprit.

Il menaçait leur identité ?

Quelque chose comme ça.

Et vous dans tout ça ?

Il…

Non, c'est rien, oubliez ça.

Non.

Vous n'y êtes pas.

Il me vénérait, en fait.

Vénérait ?

Je ne crois pas qu'on m'ait déjà vénéré.

Tu peux te faire payer par une entreprise pour coucher.

Pour jouer dans des films pour adultes.

Mais si un gars te paie 500$ pour te faire l'amour,

c'est illégal.

Alors, tu…

Tu fais du porno. Pourquoi tu fais du porno ?

Deux raisons.

Soit tu as besoin d'argent,

Ou tu es exhibitionniste.

Pourquoi tu dis que c'est de l'exhibitionnisme ?

Le porno ?

Que…

Non, c'est une bonne question. Je pense que…

Je crois que ça va bien plus loin que juste

vouloir jouer.

Tu ne peux pas faire semblant

de faire l'amour à quelqu'un.

Vu que c'est effectivement ce que tu fais.

Je crois que c'est plus facile de…

de penser qu'ils prennent du bon temps.

Ou peut-être qu'ils veulent que ce soit ton cas.

Pourquoi tu y penses tellement ?

C'est fait pour t'exciter, ça ne va pas plus loin que ça.

Oui, c'est mon cas.

Désolé. Je croyais que ça t'embêtait.

Carl, je ne peux plus avoir de conversations comme ça.

Tu ne peux plus ?

J'ai rencontré quelqu'un.

Ce n'est plus approprié.

– Je comprends. – Désolée.

Ne sois pas désolée.

Tu faisais preuve d'un respect absolu en étant honnête avec moi, et pas…

Ce n'était pas bizarre

ou forcé. Merci.

Je veux juste…

C'est bien de savoir où je suis.

J'avais l'impression d'être un connard.

Tu vas bien ?

Je pensais juste à…

au reste de ma journée. Jerry veut me voir.

Vraiment ?

Oui.

Il n'a jamais été comme moi. Dès le premier jour.

Je ne peux rien y faire.

Je suis sûre que tout va bien se passer.

Vous êtes au fait des récents licenciements, n'est-ce pas ?

Oui.

On fait des changements.

On réarrange nos priorités.

On trie un peu, ce genre de choses.

Vous fumez, Brian ?

Je participe quand c'est possible.

– Vous êtes fumeur ? – Non.

Mais je fume.

Vous avez déjà été

pris à conduire sous influence ?

Sous l'influence de quoi ?

D.U.I.

Vous connaissez le terme.

Oui.

– N'est-ce pas ? – Oui.

Non, je veux dire…

Quel est le rapport…

Vous votez démocrate ou républicain ?

Ni l'un ni l'autre, je…

Je vote pour la meilleure personne.

Et vous en jugez comment ?

– Vous savez instantanément ? – Oui.

Bon.

Allez, chaton, ferme les vannes.

On a déjà parlé de tout ça.

Rien n'a changé depuis notre dernière discussion.

Je suis juste…

Je suis trop dévoué à mon travail

pour entretenir une relation solide en ce moment.

Tu vois bien, je ramène le boulot à la maison, je suis distrait.

Je suis en pleine introspection.

Tu comprends ?

Et toi, tu… Tu mérites mieux.

Crois-moi, je te ferais du mal.

Et comme je t'ai laissée prendre tes marques ?

Bien, hein ? On s'enlace, on s'embrasse. Tout bien.

Allez, chou.

Allez, du vent, allez.

Je t'appellerai.

Si le téléphone ne sonne pas, je suis sûrement taré.

Quel con, ce Gerbils.

Il prend ça pour un jouet.

”Parti chez le coiffeur.”

Quel connard.

Je ne sais pas pourquoi, j'ai juste commencé ça.

Je ne veux pas qu'ils me connaissent, c'est tout.

Je me fais appeler Ann.

Tout le temps, parce que Ann, ça fait…

Bonjour.

C'est moins invasif. C'est…

Je suis plus anonyme, plus invisible.

Si je me fais appeler Ann, ils ne savent pas qui est vraiment avec eux.

Et, d'une certaine manière, ça me plaît bien.

”Nicholas.

Je vais commencer simplement.

Je vous aime.

Je vous ai toujours aimé

et vous aimerai toujours.

Depuis que je vous ai rencontré,

l'amour que je ressens pour vous est accablant.

Quand nous sommes séparés, je ne pense qu'à vous,

et j'ai si hâte que nous soyons simplement

dans la même pièce de nouveau.

D'ici là…”

J'ai été longtemps absent.

Eh, Mike ?

Oui ?

Je peux te poser une question ?

– Oui. – C'est assez personnel.

Vas-y.

C'est tes vrais cheveux ?

Absolument.

J'ai envie d'en avoir plus.

Ne fais pas ça.

Pourquoi pas ?

T'auras une tête de con.

Je m'en fous, je veux plus de cheveux.

Nul, à la dérive.

C'est une angoisse.

Ça m'angoisse, tu vois.

Je vois des clodos avec plein de cheveux

et je me dis : putain, pourquoi eux, merde ?

Lee, ça l'ennuie ?

Elle dit que non.

Enfin, pas vraiment.

Elle ne dit rien et je pars du principe que non.

On s'assied dans la même pièce, on…

On vit dans la même maison, mais…

”Et”.

Quoi ?

Remplace tes ”mais” par des ”et” et vois ce que ça donne.

On vit dans la même maison, et…

Voilà, t'as pigé.

Oui, je dirais ça.

Souvent ?

Une fois par semaine ?

Une fois par mois, une fois par an ?

C'est un peu…

J'y reviendrai.

Mon Dieu…

Vous croyez en Lui ?

– Pas avec une barbe ou… – Répondez par oui ou non, David.

Oui, alors.

– Écoutez, je suis désolé, je croyais… – Je vais être directe avec vous, David.

En trois ans, vous n'avez impressionné personne dans cette agence.

Vous serez informé officiellement par courrier.

– J'y ferai attention. – Très bien.

Vous avez une petite amie ?

Quoi ?

Vous avez une relation ?

Êtes-vous…

Est-ce que… Que faites-vous ?

Mettez cette chaise contre la porte.

– Mlle Bright. – Oui.

C'est une blague ? Je suis beau joueur.

C'est un test d'aptitude.

En quelque sorte.

Je vous aime bien, David.

Je vais vous le dire tout de suite.

Ça vous ennuie si j'enlève mes chaussures ?

Pourquoi faire ?

Et bien, pour l'équilibre.

En équilibre sur une jambe.

Vous êtes un sacré numéro, vous savez ça ?

Maintenant…

nommez tous les pays d'Afrique.

En une minute.

Bon, je trouve que c'était bien, mais vraiment,

vraiment,

vous ne devez pas me regarder dans les yeux.

Le fait que vous soyez une extension de moi,

c'est vraiment crucial…

Arrête de parler pour une seconde.

C'est mon boulot.

Laisse-moi débrouiller ça, une seconde.

Tu sais, quand on fait cette première scène d'entraînement,

on a besoin de figurants athlétiques, pas de demi-mesures.

Attends.

Eh, mon pote, devine autour de qui le monde ne tourne pas.

Toi. D'accord ?

Tu veux descendre et voir par toi-même ?

– Donne-moi la veste. – Je peux te parler une seconde ?

Je donne tout dans ce truc, putain.

– Je sais. – Je donne tout, et je suis vraiment inquiet.

La semaine dernière, tu voulais que je joue comme Danny Kaye.

OK ? Ce matin, tu débarques et tu me dis : ”joue comme Alan Alda”.

Je suis quoi, putain ? Danny Alda ?

T'es franchement dans la Lune.

T'es sur ton ordi comme un singe shooté

en train de réserver un vol

pour ta poulette à Tucson.

Je vais te dire un truc, mec : c'est de l'art.

J'ai largué ma copine le jour où on a commencé les répètes.

– T'es pas présent, mec. – Mais si.

– Tu me vois pas, là ? – Et je commence de me…

Je commence de me demander si toi et Carl savez ce que vous foutez.

Je vais te dire un truc.

Peter Ustinov a dit :

”Jouer est difficile,

mais il est plus difficile d'écrire une mauvaise pièce

que de jouer mal.” – Tu sais quoi…

J'ai rencontré un mec sur Internet.

Oh, on fait ça maintenant ?

Il veut qu'on passe le week-end ensemble à Tucson.

C'est un gamin.

À Tucson ?

Tu dois goûter ça.

– C'est sucré ? – Non, sans sucre.

Pourquoi Tucson ?

Il habite pas loin.

Il vit dans le désert ?

Oui, mais on sera dans un hôtel de vacances.

Je suis intriguée.

À Tucson ?

C'est bon, ça.

Je sais, c'est au jus de fruit.

Je pourrais manger tout le plateau.

J'ai acheté de nouveaux sous-vêtements.

Tu as une photo de lui ?

Non.

Le coup de l'hôtel de vacances…

C'est un peu triste.

Pourquoi triste ?

Parce que, Tucson ?

Et alors ? Il en connaît un bien.

D'accord.

On dirait qu'il y a beaucoup pensé.

On a planifié tous les deux.

Un peu comme un mariage.

En quelque sorte.

Quelle bonne idée, me regarder me tortiller.

De quoi vous parlez ?

Catherine.

De quoi vous parlez ?

– La lettre. – Quelle lettre ?

La lettre.

Je peux ?

Vous êtes cinglé.

Assez extraordinaire.

Vraiment ?

C'est un gag.

Non ?

– Mais c'est bon, vous pouvez me le dire. – Je ne…

– Je ne crois pas que ce soit une blague. – Vous n'avez pas écrit ça ?

– C'est un fantasme, que je vous écrive ça ? – Ne faites pas ça.

Je ne sais pas quoi vous dire.

Bon, on va faire autrement.

Ça, là, vous ne pouvez pas écrire dessus.

– Je ne peux pas. – Non, vous ne pouvez pas, ce n'est pas juste.

Vous savez qu'ils ont vraiment…

Je t'ai percée à jour…

C'est moi qui vous ai percé à jour.

Regardez-moi.

Regardez-moi.

Allez, vous avez écrit la lettre ?

C'est pas grave.

Vous voyez ?

Je ne veux plus jouer à ça avec vous.

Je ne pense même pas à vous.

Alors…

Vous avez oublié un morceau.

Alors…

Tracy… C'est ton prénom ?

Oui.

Et quel est ton nom porno ?

Tu connais les noms pornos ?

– Non. – OK.

Ton nom porno, c'est ton deuxième prénom

et le nom de la rue sur laquelle tu as grandi.

Donc, mon nom porno, c'est Andrew Highland.

C'est nul.

Pas franchement sexy.

Alors, tu es Tracy ?…

Je n'ai pas de deuxième prénom.

Oh, tu peux…

Tu peux utiliser le nom de ton premier animal de compagnie.

On n'était pas autorisés à en avoir.

Côte d'Ivoire, Sénégal, Sierra Leone…

– Bien ! – Ghana…

Mali…

– Vous avez été testée pour le VIH récemment ? – Non… Oui.

Maroc, Mozambique, Angola…

Bien ! Dieu du ciel…

Cameroun…

– Restez avec moi ! – Congo…

Vous vous en tirez bien !

– Gabon, Angola… – Allez à l'est !

Kenya, République somalie…

– Éthiopie… – Chrono !

Vous êtes très impressionnante.

Je ne crois pas que vous ayez le droit de faire ça.

Bien sûr que si.

Descendez de là.

Viens me voir dans le hall, s'il te plaît.

Tu vas t'amuser, j'en suis sûre.

Non, je ne peux pas.

Je ne peux pas aller à une fête, je n'ai rien à me mettre.

Et ta robe verte ? Tu es ravissante avec.

Elle serre, elle ne me va plus

et elle est tachée.

Tu as toujours une excuse.

Ce n'est pas une excuse, Lee, c'est une raison. C'est différent.

Écoute, on déjeune ensemble ?

J'ai un cadeau d'anniversaire pour toi.

C'est demain.

Je sais quand est ton anniversaire.

Je ne suis pas là demain.

– Linda… – Allo ?

Je ne t'entends plus, rappelle-moi.

– Si tu m'entends, rappelle-moi. – Je ne t'entends pas.

Rappelle-moi.

Oui, je pense à lui.

Vous comprenez, c'est dur.

C'est moi qui l'ai trouvé, au sous-sol.

Et puis j'ai…

J'ai trouvé Lee, qui était dehors, ou quelque part à l'intérieur.

Enfin, je me rappelle d'avoir crié, puis de l'avoir vue arriver.

Ensuite, comme personne n'était à la maison,

elle a couru chez un voisin.

Je suis restée.

Avec lui.

Et puis les voisins sont arrivés, et…

Ma mère est rentrée, ils l'ont trouvée.

C'est assez surprenant

de voir un proche…

votre père, enfin…

dans cet état.

Alors c'était surprenant.

Mais je crois que…

En fait, rétrospectivement, il…

Il était assez malheureux.

La plupart du temps.

Ce n'est pas sûr de faire du stop dans le coin.

Heureusement que j'étais là.

Faut juste que je fasse ce meeting.

Que je dise quelques mots.

Tu pourras regarder depuis les coulisses.

Ensuite, on pourra aller chez toi pour une soirée canapé-whisky.

Je m'intéresse beaucoup aux jeunes.

À leurs idées.

C'est vivifiant,

les jeunes.

En fait,

ça me donne une idée.

Je parlerai des jeunes ce soir.

De comment ils peuvent contribuer.

Tu m'as inspiré.

Une jeune personne m'a inspiré.

Je le savais.

Eh, Hans, tu peux faire le tour.

La voiture est garée, tu fais quoi ?

Il est nouveau.

Vous avez bavé.

Il est quelle heure ?

Je me sens un peu nauséeuse.

Vous êtes prête à parler de ça ?

Nicholas.

Écoutez, je trouve que vous avez beaucoup de talent,

et je vais probablement vous écrire un très joli article,

mais vous êtes vraiment pénible avec cette lettre.

Non.

Vous êtes pénible.

D'accord.

Mon pote Gus dit que

les gens normaux seront toujours

fascinés par les gangsters.

Parce que…

voilà des gars qui disent :

”on ne va pas respecter vos règles tacites

de ne pas vous dévaliser quand vous regardez ailleurs.”

”On ne s'est jamais mis d'accord pour ne pas profiter de vous.”

Ces gens sont une minorité, heureusement,

sinon, ce serait le chaos,

mais on adore les regarder.

Parce que…

Parce que…

C'est une aventure du côté sombre

sans aucun vrai risque de corruption.

C'est en deux dimensions.

Et ça sera toujours attirant.

On ne peut pas détourner les yeux

même si on le devait.

– Salut, Carl, ça va ? – Content de vous voir.

– Tu as l'air en forme. – Super, merci.

C'est génial que vous m'ayez appelé aujourd'hui, parce que je…

Je voulais vous voir.

J'ai une idée. J'ai une idée…

Je crois que ça fera la une.

Je suis dans une situation où je…

J'aimerais parfois

faire table rase et…

répondre de même, mais…

Je n'y arrive pas.

Je ne sais pas si c'est parce que

je ne le ressens pas vraiment, ou

si c'est parce que je ne sais pas…

C'est juste que je ne sais pas faire ça, juste de…

Arrêter de résister.

En négociation ? Merde, Alex…

En négociation…

J'ai besoin de ça.

Bon, bon…

Je crois qu'on a parcouru du chemin

depuis Sambo et Mr. Bojangles.

”Vas-y, mon gars, cours et rapporte.”

Quoi ?

”Mec, appelle-moi Mr. Tibbs”,

disait Poitier à sa guise.

”C'est un nouveau jour”, d'autres disent.

Parce qu'à notre période, les Noirs aussi sont à la mode.

Des héros dans des films !

À l'américaine, Wesley.

Sois attachant et sauve le monde aussi.

On va faire ça, Will.

De La Loi de la Rue aux Chemins de la Dignité.

Allez, Cuba, montre-leur la monnaie.

Balance ces comiques de Chris Rock ou Tucker.

Ou prends de l'air, fais comme Denzel.

Mais… Attends.

Même lui, personne l'aime tant que ça.

Comme Sidney avant lui et quiconque au-delà.

La romance et la danse, ou un peu de passion

tout ça c'est pas dans l'équation.

Mais fait-on même de Mr. Washington brièvement l'amant

aimant enflammé, une jolie femme sous la Lune diaphane ?

Peut-il vraiment jouer un rôle romantique ?

Regarde : de Sambo à Sidney, de Denzel à moi,

mes frères n'ont donné ni plus reçu d'amour.

Alors, je ne veux pas dire que je me plains, mais

mon médecin dit que je souffre du syndrome du manque d'amour.

Peut-être est-ce une conspiration

mais les gens ont-il si peur

de la sexualité des Noirs ?

Une peur de se voir dissous en nous voyant juste aimer ?

Pas par race, mais par cœur, et…

Peut-on donner de l'amour à nos frères ?

Alors, ça, Catherine,

c'est une question pour les pages de l'écran

écrites par des gens me ressemblant rarement

mais qui veulent me voir courir

et sauter et tirer

mais qui se fichent de me voir embrasser

une femme, car ma peau est en couleur,

et qui me tueraient si j'embrassais une femme des leurs.

Qui es-tu ?

Qui es-tu ? Qui sommes-nous ?

Nous sommes humains aussi.

Et on aime aimer.

Et…

Peut-on donner de l'amour à nos frères ?

Ça, c'est l'esprit d'être une star en chocolat

à Hollywood aujourd'hui.

J'en parle pour te faire voir que je n'oublie pas.

Rembourse-moi quand tu auras tout.

Mais j'ai déjà la moitié.

– Garde-la ! – Mais c'est gênant pour moi.

– S'il te plaît… – Salut !

Avec quoi voulez-vous commencer ? Une Évian, Pelegrino ?

Ton week-end tient toujours ?

Avec ce gars d'Internet ?

Non, je n'ai pas annulé, je vais vraiment y aller.

T'as besoin d'argent.

Tu veux que je rencontre des hommes, c'est ce que je fais.

Tu peux rencontrer quelqu'un là-bas.

Je ne peux pas venir ce soir.

Sur Internet… C'est pas ”rencontrer”.

En quelque sorte, si.

Tu prends quelle compagnie ?

– Southwest. – Southwest ?

– Oui. – C'est une bonne compagnie.

Southwest, des hommes plus jeunes…

De nouveaux sous-vêtements, Tucson, hôtel de vacances…

– Tu veux en venir où ? – T'as déjà été dans un hôtel de vacances ?

Non, et toi ?

Je crois que c'est ça qui me dérange.

Il paie pour ça, si c'est ce que…

– Et il fait quoi ? – Il est artiste.

– Un acteur ? – Un peintre.

– À Tucson ? – Oui, il dit que le désert l'inspire.

– Je veux dire… – Ça va pas, non ?

Sérieusement, qu'est-ce que t'as ?

Vendredi !

Les vendredis sont bien.

Lee, tu te comportes comme une folle.

Je vais prendre la courge.

Je pense que ça vaut la peine d'être discuté, vraiment.

Carl, je discuterai de tout avec toi,

quand tu veux, parce que

chaque fois que tu es venu dans mon bureau, chaque fois

que je t'ai demandé ou que tu es venu avec une idée,

à propos d'une une ou d'un reportage que tu veux faire,

c'est toujours valide, ç'a toujours…

C'est important pour moi d'entendre tes idées.

J'ai une question à te poser.

C'est la raison pour laquelle tu es là, en fait.

J'ai une question pour toi, et c'est

assez important pour moi de connaître la réponse.

Et la question, c'est :

quand tu vas à ton frigo,

que tu es chez toi,

et que tu ouvres la porte,

et que tu vois une bouteille de bière,

est-ce que tu verses le contenu de la bouteille dans un verre,

ou est-ce que tu bois à la bouteille ?

Je la bois au verre.

Tu vois…

C'est le problème.

Tu comprends,

je veux que ce magazine

boive à la bouteille.

C'est une histoire de limites, mec !

Ce que je fais hors de scène, c'est mon truc

et mes oignons, OK ?

Et je me fous de l'avis des autres.

C'est mes oignons de monter une pièce.

Et maintenant j'ai trois heures pour trouver une Eva Braun.

Alors, tu sais quoi ? Qu'elle aille se faire foutre.

Et voici pourquoi.

Primo :

quiconque est choqué par le fait de boire du sang,

de toute évidence, ne boit pas de sang.

Deuxio :

quiconque boit autant de sang que moi

sait que ça n'a aucun effet.

Tertio :

il n'y a absolument aucun lien scientifique

entre boire un verre de sang par jour

et être un acteur extraordinaire.

Et quarto :

il est impossible de prouver le troisième point.

Est-ce que tu es familier du mot ”Masai” ?

Tu sais qui c'est ?

Herzog a fait un documentaire sur eux.

Les bergers du feu, les guerriers d'Afrique…

Ils buvaient du sang.

Jack LaLanne en buvait dans les années 50.

Bon, sa femme ne l'embrassait pas.

Mais c'est des conneries, mec !

Je me fiche de ce que tu fais hors du théâtre, rien à foutre.

Tu peux manger un loup crevé, je m'en fiche.

Mais garde ça pour toi, d'accord ?

Garde-le pour toi.

C'est une putain d'hystérique qui est partie.

Et je connais la comédie.

– Je ne comprends pas. – Je vais pas le faire.

Je ne comprends pas le problème. C'est marrant, les anniversaires.

OK, pense à maman,

pour mes 4 ans, à mon anniversaire, me présentant à des gens.

”Voici Lee…

Elle a ruiné mon corps, n'est-ce pas ma chérie ?”

Je ne serai pas là demain, alors bon anniversaire.

Il est plus petit que celui de l'année dernière.

Pour mes quarante ans.

Tu exagères toujours la quarantaine.

Tu ne sais pas ce que c'est d'avoir 40 ans.

J'aurai aussi 40 ans.

Je t'ai donné quoi l'année dernière ?

Tu sais, cette…

Cette chose.

– Tu n'as pas aimé. – Non.

Franchement, j'aurais autant aimé

une carte…

C'est juste bizarre d'offrir ça à ta sœur.

J'étais déjà mariée à mes quarante ans.

Tu sais ce que Gus m'a donné l'année dernière ?

La première édition de The Sanity of Art de Bernard Shaw.

T'en as tiré quelque chose ?

– De quoi ? – Du cadeau que je t'ai fait.

Tu rigoles ?

Non.

– Oui ou non. – Mais pour mes quarante ans…

J'en ai un, alors…

Je l'ai utilisé une fois.

Super, il s'est passé quoi ?

Je suis restée coincée sur la chaise.

Tu l'as utilisé sur une chaise ?

Oui, c'était écrit sur la boîte.

Il y a plusieurs façons, mais…

Pas sur une chaise, je n'ai jamais…

Offrir, tu sais… C'est un art.

Tu dois avoir la personne en tête.

Désolée, je pensais que tu l'aimerais. J'aime le mien.

Mais…

Tu dois donner aux gens ce que tu penses qu'ils voudraient.

Quelque chose de personnel.

De plus personnel que ça ?

Enfin, toi et ce gars…

– Il s'appelait comment ? – Tom.

Vous vous asseyiez de part et d'autre d'une table

et vous vous dévisagiez, sans même vraiment socialiser.

Mon Dieu. Mon Dieu, Lee, pardonne-moi.

En fait, j'étais amoureuse.

Brièvement, une seule fois,

qui incluait la semaine de ton anniversaire.

On est un an plus tard, bon sang.

Et tu sais quoi ?

C'est un cadeau. Un cadeau est un cadeau.

Ne critique pas, au moins pas celui qui offre,

un an après.

– D'accord, maintenant je le sais. – Quoi ?

– Que c'était important pour toi. – Quoi donc ?

Tout. Que tu y as vraiment pensé.

Tu sais, c'est pour les pièces.

Alors il me fait une injection, et je…

Je deviens invisible.

Et je peux tout faire, parce que…

Je suis invisible.

Alors ce que je fais…

Je vais voir un collègue, Carl.

Et…

Je lui fais signer une confession

en tenant un couteau sous sa gorge.

Alors, c'est bizarre, parce que

j'aime bien Carl, en fait, c'est vraiment

un homme brillant, incompris par son patron.

En fait, je ne…

Je ne suis pas surprise qu'il ait été dans mon rêve.

Vraiment, parce que…

Je pense beaucoup à lui.

Je pense qu'en fait…

Préparez Nicholas, on est prêts pour lui.

– C'est drôle, parce qu'il est… – Écoutez.

Je veux vous dire ce que j'en pense, mais

faut que j'aille faire ça.

Je serai là.

Exactement la même chose, on commence là-bas.

Le délai, c'était pour préparer le travelling.

Pour éviter de marcher.

Il va y avoir de la bousculade, et du boulot sur la mise au point.

Alors on va en faire un paquet.

Vous avez qu'à pousser les figurants.

Faites pas attention.

– Dites-leur qu'on fait ça. – Je vais le faire.

R-139. Première.

Action en arrière-plan. Action !

Dégagez ! Poussez-vous !

Et merde…

On dirait qu'on est en retard.

On dirait.

Retour à la case départ.

C'est ce qu'il croit.

Tu penses que c'est pas le cas ?

C'est mon gros pétard qui me l'a dit.

Viens.

À un moment, je bois une bière, l'instant d'après, j'ai plus de boulot.

Ça marche comment ?

Il dit que j'ai confondu des aspects de ma personnalité

avec les standards.

R-139, 49ème. Prêt.

OK, c'est parti.

Arrière-plan !

Action !

Dégagez ! Poussez-vous !

Dégagez !

On dirait qu'on est en retard.

On dirait.

Retour à la case départ.

C'est ce qu'il croit.

Tu crois que c'est pas le cas ?

Je sais que c'est pas le cas.

Viens.

Coupez !

C'est bon, on l'a.

Beau boulot !

On mange ?

David.

Tu as encore besoin de moi ?

Non, bien sûr. Va manger.

– Bien joué, mec. – Merci, Brad.

Est-ce que…

vous prendriez un rôle si vous aviez l'impression

que la communauté noire ne l'aimerait pas ?

Il y a un gars dans mon quartier.

Juste de l'autre côté de ma rue.

Et il s'habille comme un vampire.

Toute la journée, alors,

je ne sais pas s'il a un travail, ou ce qu'il fait,

mais je sais qu'il s'habille comme

un vampire. Comme Dracula.

Toute la foutue journée. Vous venez ?

Je vois ce gars qui achète sa laitue

déguisé en Dracula, alors

on déduit.

C'est un acteur. Non ?

Forcément.

Vous pourriez en être sûr.

Je veux dire…

La réponse à votre question, c'est…

Si j'avais besoin d'argent,

Putain, oui.

Absolument. Est-ce que j'en suis fier ?

Non.

Mais oui, je le prends, parce que

nos frères doivent manger.

– Ils vont couper, là ? – Je ne sais pas.

Alors, il se passe quoi ?

– Est-ce que quelqu'un.… – On a coupé ?

On peut communiquer ? OK…

– Bonnie, ce truc me gratte tellement aujourd'hui. – Fran, écoute.

Écoute-moi.

La prochaine fois, tu peux me donner plus de travail ?

Tu veux dire quoi ? C'était bien, non ?

Par contre, on n'entend rien là-dedans. Rien du tout.

Parce que je ressens pas la tension sexuelle.

Non, rappelle-toi que tu dois garder..

Tu dois te garder une marge

pour la seconde lettre à l'aéroport.

D'accord. Ah oui.

D'accord, d'accord.

Il faut qu'on construise un truc.

On avait trouvé le truc…

– Il a appelé ? – Oui.

Ça ne marche pas pour moi.

Si tu restes pour le déjeuner, on en parle…

Non, là j'ai un truc à faire.

Alors la prochaine fois…

C'est peut-être moi.

On va y arriver, t'inquiète pas.

J'ai trouvé ça bien !

Ah, merci.

C'est le seul film.

Pour lui, ça doit rester le seul film.

– Vous me tenez la porte ? – Bien sûr.

Pardon.

Ah, le film… Le film…

Artie et moi l'avons écrit.

On a commencé de travailler, de vraiment écrire ensemble

il y a environ un an.

On a joué sur quelques idées, et…

Artie est un très bon auteur dramatique, à sa façon, et

on a pensé que

ma conception d'Hollywood, et cætera, et…

à sa capacité d'écrire

qui seraient une bonne combinaison,

alors on a trouvé cette idée, de ce qui est maintenant

"Rendezvous", le film.

C'est presque un film d'espionnage

dans l'intrigue de cette romance…

De cette rencontre

entre ce gars que joue Calvin…

Pardon.

…et cette femme.

En tout cas, je trouve que c'est une belle histoire.

Et je trouve que c'est un super casting.

Pardon, c'est étrange.

Je suis vraiment enthousiaste pour ce projet.

Enfin, il y a…

J'ai des soucis avec… Calvin, en fait.

Je crois que… Je ne sais pas.

D'autres personnes sont plus captivées par lui

que moi. Ce n'est pas que je

sois déçu de l'avoir sur le tournage.

Je trouve ça génial, et

je suis sûr qu'il est très bon, c'est juste

que je ne comprends pas ce qui fait sensation

chez Calvin. Je crois que

d'autres gens

pourraient…

Vous vous imaginez un rôle d'une certaine manière, et parfois,

je n'ai pas toujours raison.

Ma femme le trouve sûrement génial.

Pardon, j'étais… Je ne veux pas interrompre

mais j'étais contente qu'il vende le scénario, je trouve ça génial, et…

Enfin, tous ces…

C'est génial, c'est leur premier scénario à tous les deux.

Je trouve que c'est un très bon script, mais

il a été un peu paresseux, enfin…

Je ne sais pas ce qu'il a fait, mais je sais que c'est gros.

Je ne sais pas ce que c'est

pour la Guilde des Auteurs, dont il ne faisait même pas partie.

Je suis affamée.

Ça arrive.

– Je vais peut-être m'évanouir. – OK. Du thon !

Sans céleri.

Sans céleri et sans… ?

– Oignons. – Voilà.

Alors, écoute…

Tu te rappelles de notre discussion ?

Je ne peux pas continuer de…

– Je veux dire… – Allez, allez.

Je ne suis pas à l'aise de devoir gérer cet aspect de ta vie.

Je ne veux pas leur parler.

Je ne veux pas leur parler non plus.

Je ne veux même pas parler aux gars avec qui je sors.

Je ne sors avec personne.

Un rencard, c'est pas ”sortir”.

Enfin, quelqu'un qui t'invite à dîner,

tu dois l'appeler, à mon avis.

Oui, ”dîner”, c'est là que j'ai merdé.

Ça aurait dû être le déjeuner, c'est sans implications.

Ils m'ont tous paru très gentils.

Ils te donnent pas l'impression d'être des cadres népotistes

qui ne sortent qu'avec des actrices

et qui portent leur bouteille d'eau dans un sac en mailles ?

C'est vraiment…

C'est dégoûtant, je ne peux pas manger ça.

Cette roquette est si amère.

On dirait ma prof d'algèbre sur du pain.

Regarde-moi.

– Je sais. – Je vais vraiment m'évanouir.

On sait comment tu es quand tu as faim.

Je reviens vite.

– Merci ! – De rien.

J'ai besoin de lingettes aussi.

Doigts au thon.

On veut pas des doigts au thon.

En effet.

– Merci, merci. – Mais de rien.

Des post-its !

Je savais que quelque chose n'allait pas.

Mais j'ignorais que c'était ça.

J'ai eu celui-là ce matin.

Il faut que je te parle de quelque chose.

– Lee… – Non.

Pourquoi tu y tenais tellement ?

Hein ? Attends une minute.

C'est toi qui est venue m'aborder.

Tout a commencé à cause de toi.

Tu veux dire que je ne t'attirais pas ?

Gus m'avait dit de me méfier de toi.

Gus m'avait dit de me méfier de toi !

J'aurai 41 ans demain, Calvin.

Je pourrais avoir une attaque au milieu de la nuit.

Si tu crois que j'irai pas chez Gus…

J'ai un rendez-vous.

Va baiser quelqu'un d'autre.

Tu es encore là ?

Oui, je faisais du shopping en haut pour Gus.

– Tu vas bien ? – Oui, ça va.

C'est juste que j'ai eu de tristes cas aujourd'hui.

– Désolée… – Je suis émotive.

Tu lui as pris quoi ?

– À qui ? – À Gus.

Ils ne l'avaient pas.

C'était quoi ?

C'était un… truc.

Tu sais, comme il a 40 ans aujourd'hui,

J'allais lui prendre… Je sais pas.

– Ça va ? – Oui.

Je dois y aller, je suis en retard.

– Tu es sûre ? – Oui.

Je t'appellerai.

Et puis je pissais vert.

Je vais aux toilettes, et mon urine est verte

comme du jus de cornichon.

Vous devez le trouver.

Je ne sais pas s'il sait que je suis ici

donc j'ai besoin d'un nom pour le transfert.

Harvey n'est pas au bureau en ce moment.

À la télé, il voit

un meurtre.

Et alors qu'il écoute le meurtre,

il devient blanc. Tout son visage devient blanc.

Alors il bondit hors de son appartement.

Puis on le suit.

Les meurtres divergent à ce point

pour une raison que personne ne peut comprendre, car…

Dis à Trevors que je le fais pas.

Je le ferai pas.

Bon. Bon, vas-y. Désolé.

Mon frère Bob devrait voir ça.

Enfoirés.

– T'as vu leurs tronches ? – Oui.

– On aurait dit un labrador contemplant un Picasso. – Ouais.

Ed, on est entrés là-dedans avec une tasse en porcelaine.

– Ils veulent des bocks à bière. – Ouais.

Mais je pourrais le faire aussi.

Ouais ?

Merde.

– C'est rien. – Bon, j'y vais.

À plus tard.

Ed…

– Garde la foi. – C'était bien.

C'était bien.

– Mr. Liveright. – Bill.

– Entrez. – Merci.

– Ann, c'est ça ? – Oui.

Ma masseuse est là.

Je te rappelle dans une heure.

– Là-bas, ça vous va? – Bien sûr.

Que pensez-vous de la lumière ?

Du moment que ça vous va, c'est bon.

Peut-être un peu plus sombre.

– Comme ça ? – Comme vous voulez.

– Vous avez besoin d'aide ? – Non.

– Vous avez l'habitude, non ? – Oui.

Bill Liveright…

Super nom.

Un nom avec un message est forcément bon, non ?

Je ne sais pas… Ça m'a toujours échappé.

L'argent, c'est juste de l'énergie féminine.

Ça fait si mâle…

Je ne saisis pas.

L'argent, mater.

Le mot latin.

Branchez-vous là-dessus et le tour est joué.

Vous rendez ça si simple.

– Ça l'est. – Juste se brancher dessus.

Oui, vous avez pigé, Ann.

Ne soyez pas comme les gens perdus.

Si vous avez un but, vous pouvez juste

aller votre chemin.

C'est comme courir à travers une foule endormie.

– Vous pouvez vous retourner maintenant. – Je crois que…

j'ai un peu bavé.

Descendez un peu pour ne pas être dans le trou.

Vous êtes de L.A. ?

Non, Miami, en fait.

– Et vous ? – New York.

Vous me trouvez séduisante ?

Quoi ?

Oui.

De quelle manière ?

D'une manière humaine.

– Ann. – Bill.

C'est mon anniversaire.

Vraiment ? Joyeux anniversaire.

Quelle est votre philosophie sur l'exutoire ?

Bill, je sais où vous voulez en venir, et je ne le fais pas.

D'accord. Même pas pour un peu d'argent en plus ?

Ce n'est pas le genre de massages que je fais.

J'offre un exutoire de la tension,

des toxines, et parfois des émotions, mais…

Oui, c'est de ça que je parle.

– Je ne le fais pas. – Ça prendra 30 secondes.

– Vous allez jouir en 30 secondes ? – Vous avez une trotteuse ?

– Je ne peux pas. – Vous arrêtez au bout de 30 secondes.

500$. Vous avez déjà gagné 500$ pour 30 secondes ?

Vous êtes cruel.

Je ne suis pas cruel, je suis pratique. Vous avez besoin d'argent.

– J'ai besoin de l'exutoire. – Vous êtes fou.

500$, Ann.

Vous ne devrez pas faire de bruit.

L'endroit est bruyant.

Vous pouvez respirer, mais pas gémir ou grogner.

Je ne peux pas gémir ou grogner, juste respirer audiblement ?

Non, trop fort.

Et si vous le faites… C'est trop !

D'accord, je serai tranquille.

Vous êtes prête ?

Merde.

Vous êtes prête ?

Passez-moi le sac en plastique, là-bas.

Pour quoi faire ?

Pour rien.

Merde.

– Eh, Ann ? – Quoi ?

Désolé, je croyais avoir plus d'argent ici.

C'est rien, Bill.

– J'ai vu un distributeur dans le hall. – Il y a une limite.

Il y a une limite.

Aux distributeurs. C'est bloqué à 300$.

Vous pourriez enlever ça ? Ce sac ?

Vous rigolez ?

Non, je ne rigole pas.

– Je me sens mal. – Tant mieux.

Vous devriez vous sentir mal et honteux.

– Attendez. – Laissez tomber.

– Attendez une seconde. – Non, laissez tomber.

C'est ridicule.

Mater, l'argent…

Vous vous êtes bien foutu de ma gueule.

On aime toujours les gagnants.

Tu sais pourquoi ?

Parce qu'on croit qu'ils ont un truc.

Et il faut bien un truc

pour gagner.

Alors on les admire.

Mais le gagnant

n'apprend rien

en gagnant.

Non, le vaincu, lui, il apprend.

Sur lui-même. Perdre vous enseigne

sur vous-même.

Donc le perdant gagne. Enfin, ce n'est pas un vrai terme…

Je parle au figuré.

Tiens, Doug, tu sais quelle est

la ligne la plus commune dans les films ?

”Allez.”

Fritz Lang me l'a appris.

Merde.

Ça m'énerve de toujours citer des célébrités, putain.

Alors…

Comment jugez-vous quelqu'un ?

Un artiste, ou son travail.

Que vous mettriez au panthéon.

Je calcule le score.

Si un acteur fait 20 films et que

8 d'entre eux valent la peine d'être vus ou de se rappeler,

c'est un coup de circuit.

Et c'est le panthéon.

8 sur 20 valant la peine ?

Vous vivez dans un rêve.

Ce n'est pas une grande liste, c'est sûr.

Vous serez peut-être dessus un jour.

C'est gentil.

Pas vraiment, c'est le business.

Je n'écris des articles que sur des gens en qui je crois.

Alors vous n'écrivez que des success stories.

Il s'investit vraiment.

Ce que

je respecte totalement.

Mais des fois, je me dis :

”on fait juste un film, mec.”

Enfin…

Des fois, vous avez affaire à l'acteur.

Et des fois, vous avez affaire à la célébrité de l'acteur.

Même avec Franny.

Vous êtes confronté à la machinerie

ou à Francesca Davis… ce qu'elle signifie.

Je ne peux même pas t'écouter tellement j'ai faim.

Tout ce que t'as à faire, c'est qu'après moi,

tu fonces.

Je vais… Bon, comme tu veux.

Bon Dieu…

Chérie, c'est moi.

Écoute, il va falloir que j'aille à un dîner.

C'est l'anniversaire d'un producteur, Gus.

Il a 40 ans et…

je devrais faire une apparition.

Si tu pouvais me retrouver là-bas, ça serait super.

Alors, à 7h30, dans le hall de l'hôtel L'Ermitage.

Allez, salut.

Pardon.

Excusez-moi.

– Salut, Denny. – Oh, Ann, vous pouvez venir un instant ?

Le monsieur de la 205 a laissé ça pour vous.

”Ann, merci pour le happy end. Bill.”

Gentille, la carte.

Django ?

Django ?

Chouchou ?

Allez, chouchou.

Je sais ce qu'ils disent. Je sais ce qu'ils disent de moi.

Mes

collègues

et ma famille.

Je le sais.

Saloperies de films.

Allez, on y va, merde.

Saloperies de films,

connards surpayés avec vos enfances malheureuses de merde.

Putains d'enfoirés avec vos films à la con.

Allez ! Quelqu'un ? Bon Dieu…

Est-ce que quelqu'un peut passer ?

Peut-être que l'un de nous peut traverser cette putain de rue ?

Connard de cinéflic !

Hé, connard de cinéflic !

Je peux traverser la putain de rue ?

Francesca Davis, merde.

– Bon, je vais prendre la robe. – Très bien.

Bien sûr.

Oui, j'étais

grosse.

Obèse et très petite.

Et

au début de la puberté.

Donc oui, j'étais…

Enfin, je n'étais pas

exactement comme je le désirais au lycée.

Clairement, j'aurais changé de statut social.

Et j'en ai toujours envie.

Il y a 500.

D'accord. Merci beaucoup.

C'est bon ? Super.

Salut.

Je ne peux pas te parler, je suis dans un magasin.

Je peux te rappeler ?

Vraiment ?

C'est super, enfin…

J'en suis contente.

Tu as rencontré Gus ?

Ce genre de gars peut changer ta vie.

Très bien, alors,

j'espère que tu viendras.

Non, je veux que tu…

Non, je veux que tu viennes, vraiment.

Reste avec moi.

Allez.

Je reste là.

Merde.

Vous pourriez me l'emballer, s'il vous plaît ?

– Revenez vite. – Oui.

Merci.

Vous m'avez rendu ma carte de crédit ?

Oui. Merci.

– Non, je ne crois pas. – Si, il l'a fait.

Non, je crois que j'ai signé, et puis…

Je vais vous dire.

Je vais ajouter ça, et vous allez juste

partir. Merci beaucoup.

Alors, ça…

Lâche le sac ! Lâche le sac !

Les flics. Appelle les flics.

Appelle les flics !

Allo ?

Oui, bonjour.

J'ai lu que le chocolat peut tuer les chiens…

Environ…

Six brownies.

Vous pourriez juste envoyer quelqu'un ?

Non. Oui, je ferai ce qu'il faut. Dites-moi.

Provoquer… Quoi ?

Je vais essayer.

Je crois qu'il rêve.

Chérie, je suis vraiment désolé.

– Je me sens vraiment ridicule. – Mitchell, s'il te plaît.

Nous nous sentons vraiment ridicules.

Mais bon, comme tu as plongé la main dans ton sac…

On a cru que c'était toi.

Tu lui ressembles vraiment.

Calvin, ses cheveux sont différents.

Mitchell, c'est exactement à ça que le pédé a dit qu'elle ressemblait.

En fait…

Je vais te laisser te débrouiller.

Il est…

Mitchell, tu veux bien remettre les buttplugs dans son sac ?

Ou il va se… Quoi ? Déshydrater ?

Je comprends.

Merci.

Oui, allo ?

Je l'ai fait.

Et je lui ai donné de l'eau.

J'espérais juste que le Dr. Green pourrait venir et

l'examiner rapidement.

Oh, vraiment ?

Je vois.

Je voudrais juste

m'assurer qu'il ne va pas mourir, vous comprenez ?

Si vous pouviez, ça serait génial.

N'est-ce pas ?

Fantastique.

Oui, à tout à l'heure.

L'adresse ?

Ah, mon adresse.

Vous en aurez besoin, en effet.

Mais tu as aimé.

Je sais que ce n'est pas toujours le cas.

Ne me dis pas que tu ne veux plus me voir,

parce que c'est ce que je veux faire.

Je suis sérieux, d'accord ?

Écoute.

Tu pourrais…

C'est mieux maintenant.

Ed et moi, on a renforcé les scènes.

Et sur tout ce que t'as dit sur mon rôle, je suis d'accord.

Je le ferai pas.

Même s'ils le demandent.

On l'ajoutera pas.

Je pense que sur le long terme, ça sera une bonne chose.

Que je devienne scénariste

plutôt qu'acteur.

Comme Pinter. Tu sais, Pinter était acteur.

Il a commencé comme ça.

Il joue encore.

Occasionnellement.

C'est cyclique, ce truc, tu sais ?

Non.

Ne fais pas ça.

Je prends.

Vous êtes venus.

Vous arrivez tard.

Ça va, mec ? C'est bon de te voir.

C'est ouvert, les gars, si vous voulez…

Salut, Dee.

– Content de te voir. – Moi aussi.

Merci d'être venue.

Il n'a pas payé.

– Vous avez payé, monsieur ? – Oui, j'ai payé. Vous voulez…

Non, c'est juste que vous êtes venu dans l'autre sens.

La plupart des gens viennent…

Excusez-moi.

Il est sur le canapé.

Y'avait quoi dans les brownies, à part du chocolat ?

– De l'herbe ? – Oui.

C'est pas vrai…

Enfin, on l'a rapportée de Londres…

On a fait les brownies pour un ami.

Alors, quoi ? Vous les lui avez laissés à portée ?

Non, non.

Je les avais laissés sur ce comptoir.

Penser qu'il sauterait si haut…

Il a de si petites pattes.

Il a mangé tout ça.

C'est bien mieux que de l'herbe, ça.

Vous ne comprenez pas.

Ça fait un bail que j'ai pas fumé ça, vous voyez ?

Merde.

Quand j'avais vingt ans, y'avait ce guitariste.

Il inventait les paroles au fur et à mesure.

Et nos chansons finissaient toujours par

ces rimes dégueulasses.

Heather ?

Heather, pardonnez-moi, il va guérir ?

Oh, oui, sans problème.

Vous allez jeter ça ?

Je me dois d'admirer ta foi dans ce projet

mais la réalité est bien différente.

C'est la loi du marché

et ce n'est pas un rôle pour toi, alors n'y va pas.

L'article sort quand ?

Dans quelques mois.

Vous m'appellerez.

Si vous n'obtenez rien de lui.

Merci.

Ravie de vous rencontrer.

Ravi de vous voir.

Meltzin…

Ce nom lui va bien…

Nicholas !

J'en ai marre de raconter mon histoire.

J'ai envie de dire, change de disque.

Quand on rencontre quelqu'un,

on est supposé lui dire

à peu près tout.

D'où on vient, de quel signe on est.

Est-ce que c'est Verizon ?

Pourquoi je dois raconter ma vie à tout le monde ?

On dirait

un genre d'extorsion bizarre.

Merde.

Oui, quoi de neuf, Doug ?

D'accord.

Non, non.

Celui que j'ai ne fonctionne pas.

Il faut qu'il vienne, le reprogramme et me le remplace.

Tiens-moi au courant.

Je dois y aller.

Pardon.

Arrête !

Nicholas…

Mon Dieu.

Asseyez-vous, doucement.

– Est-ce que j'ai… ? – Oui, en effet.

Doucement.

Je suis désolé.

– Vous allez bien ? – Tenez, de l'eau.

Merci beaucoup.

– J'ai la tête qui tourne. – Tenez, buvez.

Buvez.

Vous êtes sûr d'aller bien ?

Mon Dieu…

Il faut que je te demande quelque chose.

Quoi ?

Reviens à New York avec moi.

– Nicholas, je ne peux pas… – Non, c'est la lettre.

Catherine, c'est la lettre, je ne peux pas me la sortir de la tête.

Personne ne m'avait jamais écrit de lettre d'amour.

– Mais je… – Non.

Écoute, reviens à New York.

Tu y es.

C'est bien comme ça.

Tu écris l'article et

on partira de là.

Nicholas, ce genre de choses…

Arrête de dire que cette lettre a du sens

et tu pourras dire ce que tu veux, d'accord ?

Tu la connais ?

Qui ça ?

La femme de Carl.

C'est drôle, parce que j'ai entendu des rumeurs.

– Ah oui ? – Oui, quelques unes.

Ça va ?

– Fran, c'est… – Franny ! Lucy Morgan.

L.A. Magazine.

Pardon, je…

– L'article sur Sedona ? – Mon Dieu, bien sûr.

Vous avez fait quelque chose à vos cheveux ?

Comment vous connaissez… ?

C'était à un dîner.

C'est en haut ou ici ?

Mon Dieu…

Je me suis trompée. Mauvais genre.

Je n'étais pas sûre de ce que…

– C'est sur le toit. – Où est Carl ?

Il n'est pas encore là, j'ai juste…

– On devrait monter. – D'accord.

– Tu vas bien ? – Oui.

– J'aimerais ne pas porter ça. – Tu es superbe.

Seaver ?

Sur la troisième rue ?

Tu connais ?

– C'est bien ? – Oui.

C'était en soldes, et j'aimais bien.

Chromé, c'est pas mal.

J'ai besoin d'un verre.

Non, il y a plein de bons chromes.

Je l'ai lu dans un magazine.

Je n'irais pas jusqu'à me baigner dans de l'eau en bouteille.

Je te crois.

– Franny Davis ? – Oui.

Sam Osborne.

Désolée.

La Duchesse de Malfi.

– De Birchers ? – Oui ?

J'étais l'éclairagiste.

Mon Dieu !

Bien sûr, Sam… Osborne.

– Ça va ? – Content de te revoir.

De même.

C'est drôle.

Tu te rappelles quand tu as dit

”j'ai l'impression d'être une serveuse en vacances” ?

C'est la chose la plus adorable que j'aie entendue.

Je ne sais pas pourquoi ça m'est resté.

J'allais juste…

– D'accord. – Mon Dieu, tu te rappelles de ça ?

Oui.

Oui.

Je m'en rappelle.

J'ai une mémoire bizarre pour ces choses.

Enfin, je ne veux pas te retenir.

T'as plein de gens à voir.

– Je voulais juste te dire que je suis content pour toi. – Merci.

J'ai toujours senti que tu avais du talent.

C'est juste incroyable.

Ce que tu as réussi à faire.

Depuis rien !

Enfin, merci.

Bon, allez.

– Tchin. – Merci.

Je ne peux pas tchiner, je n'ai pas de verre.

Merde, Sam… Osborne !

Birchers.

Éclairagiste.

Attends… Viens avec moi.

C'est le nom de ton premier animal de compagnie

et la première rue où tu as vécu

ou bien c'est ton deuxième prénom

et la première rue où tu as vécu.

Alors, c'est lequel ? C'est l'animal ?

– Animal. – Oui.

Alors, je suis Daisy Bufane.

Daisy Bufane ?

Jo-Jo Mountainview.

Je serais… Peavey Meander.

– Quoi ? – Peavey Meander.

Méandre.

Baron von Hugecock.

Quoi ?

C'était ma rue, j'habitais Avenue Hugecock.

Le gosse qui vivait sur Hugecock !

Seigneur…

Où est Gus ?

Qu'il nous sauve de la misère.

C'est ton deuxième prénom.

D'abord.

Et puis

la rue où

tu as grandi.

Lolita…

Honeysuckle.

Un moment d'inspiration.

C'est tout ce qu'on veut vraiment.

Avoir une idée originale.

Tomber amoureux.

Ça demande du courage.

D'abandonner ces choses-là.

Surtout quand on a

"des soucis de contrôle".

On me le dit souvent.

Je sais de quoi ils parleront

quand ils parleront de moi.

Ils parleront de la moustache.

Les gens sont si mesquins.

Ils disent, "mais il pensait quoi ?"

"Il savait que Chaplin l'a eue avant ?"

Oui, je le savais !

D'accord ?

Cette pièce sent la noix de coco.

De toute évidence, Gus n'est pas là.

Alors, je me disais…

Pour passer le temps, pourquoi ne pas

nous lever et raconter nos histoires sur Gus ?

Je vais commencer.

Je crois que mon moment préféré avec Gus,

c'est quand il m'a appelé à 1h20 du matin

pour demander ce que je pensais vraiment de lui.

Qu'est-ce que je lui ai répondu ?

"Gus,

quoi que je pense de toi,

je le penserai aussi à dix heures du matin."

Et j'ai raccroché.

Allez, levez-vous.

La parole est à tout le monde.

J'en ai une.

Mr. Jones.

Voilà.

Gus et moi avions l'habitude de chasser ensemble.

Une fois, on glandait dans un mirador

Gus descend pour se "soulager" dans les buissons.

Ça devient drôle après.

Merci, mec, je ne peux même pas

te dire ce que ça signifie.

J'apprécie vraiment ça,

surtout venant de quelqu'un comme toi,

qui écrit, et qui joue, et qui met en scène, et joue ses rôles.

Au début, j'avais l'impression que ça me poursuivait.

Maintenant j'ai l'impression que c'est moi.

Parfait.

Ça me poursuit pas, je vais l'avoir !

– Tu peux prendre cette épée ? – Je suis déjà dessus.

C'est drôle, je regardais cette

interview avec Al.

– Pacino. – Ouais.

Et il parlait de la différence entre le jeu de théâtre et de cinéma.

Il disait que la scène était comme une corde raide

à 30 mètres de hauteur, et si tu tombes, t'es baisé.

Mais jouer dans des films, c'est avoir une corde

…sur le sol.

Voilà.

Bosser pour des gens comme toi et Carl,

avec l'écriture et tout. – Arrête, mec.

Où est Carl, au fait ?

Il devait aller à une fête.

– Il voulait être là, mais… – Ce producteur ?…

– Gus Delario. – Ouais.

C'est loin d'être nul.

Carl a un smoking ?

Pas juste un T-shirt avec une cravate dessinée ?

Il te souhaite bonne chance et te dit merde.

Merci, merci.

– Je t'ai dit pour demain ? – Ouais.

Bonne chance, mec, ça va le faire.

Ann, c'est ça ? Joli nom.

J'espère, mec. J'ai cherché longtemps.

Ouais, c'est dur…

Tu veux boire une bière ?

Non, j'ai cours de méthode Pilates.

Et le bénédicité ?

Oui, t'as raison.

Écoutez, ça fait 45 minutes et Gus

n'est toujours pas là, alors…

À la bouffe ! Plongez.

Tu fais quoi ?

Je vais chercher mon ballon.

C'est Lee Bright, la femme de Carl, le scénariste.

Il nous a fait un super script.

Salut.

Lee, Lucy Morgan, L.A. Magazine.

J'ai travaillé avec Carl.

Ah oui, c'est vrai.

Salut, ravie de vous v… rencontrer.

Salut, je suis Lee.

Tu peux nommer tous les pays d'Afrique, Calvin ?

Que veux-tu de moi ?

Je suis pas bourrée.

Je suis juste…

C'est bon.

Il a besoin de dessaouler.

Pardon.

Assieds-toi.

Il a vraiment besoin de dessaouler.

Tu sais quoi ? Fini.

Plus d'alcool.

Désolée.

Tu ne bois plus, Carl va arriver, d'accord ?

– Où tu vas ? – Je reviens vite.

Ne bois pas, et ne parle à personne.

Personne.

Soledad.

– Fais-moi une faveur. – Tu es magnifique.

– Merci ! – Tu travailles ?

Non, pas du tout.

En fait, j'ai oublié quelque chose ici.

Tu peux me faire entrer ?

Bien sûr.

Enfin, je portais un costume en lin,

avec du mascara coulant sur mon visage.

Et je suis seule sur le putain de parking.

T'es passée où ?

Pourquoi ?

Il est quoi ?

Écoute.

On va appeler quelqu'un.

Je dirai que j'ai oublié quelque chose.

Je suis montée frapper, et il n'a pas répondu.

Quoi ?

Quoi, quoi ? Lee, je ne sais pas quoi.

Attends.

Attendre quoi ?

Tout à l'heure, il était vivant.

Il était très vivant !

– Ne le touche pas ! – Il est froid.

Évidemment.

Je ne sais pas si vous pouvez calculer, si vous pouvez

quantifier

l'effet que ça a sur une fillette de 10 ans.

Je pense que Lee est comme…

Vous avez déjà vu

un chien se faire renverser par une voiture

mais repartir ?

Il y a eu un impact.

Et vous savez

que quelque chose de terrible est arrivé à ce chien.

Mais il repart

et il ne semble même pas

réaliser les implications, parce qu'il repart juste

mais vous savez que

quelque chose de terrible est arrivé à l'intérieur de lui.

Pourquoi tu penses qu'il l'a fait ?

Seigneur, je ne sais pas…

Une espèce de…

d'affaire sexuelle, je ne sais pas.

Non, pas Gus.

Je pense que ce qui est arrivé à Lee…

Elle est un chien renversé

et elle est repartie, et elle marche toujours.

Mais…

J'imagine qu'il était très triste.

Des choses très importantes

à l'intérieur d'elle sont cassées.

Ma femme et moi avions des difficultés, et

j'ai dit qu'on était dans une ornière,

que, peut-être, on devait faire quelque chose

pour revitaliser tout ça, et elle a dit : "comme quoi ?"

et j'ai dit : "peut-être qu'on devrait

nous filmer en train de le faire".

Elle a été très choquée à cette idée, elle trouvait

que c'était répugnant.

Ça s'est arrêté là, pendant à peu près 4 mois.

Et puis, une nuit, à l'improviste, elle dit :

"faisons-le".

Alors on prépare tout.

Je suis prêt, elle est prête.

Et il se trouve qu'elle s'est achetée un petit jouet.

À utiliser

dans la vidéo.

Sans blague ?

Pas un petit jouet, en fait, il est gros, énorme.

Enfin… Personne ne l'a.

J'ai regardé le truc et

je savais que je ne risquais pas de…

Enfin, je n'ai pas pu…

Je n'ai pas pu.

Alors on l'a pas fait.

Et, tu sais…

On ne revient pas d'un truc comme ça.

Je ne sais pas

si j'ai perdu son respect

ou si j'ai perdu le mien propre, mais

quelque chose est perdu.

Tu vas faire quoi ?

Pas la moindre idée.

Enfin si,

professionnellement, je retourne enseigner.

J'ai toujours adoré ça.

– Vraiment ? – Oui.

Je n'ai jamais rien appris, mais j'adore enseigner.

L'héritage de l'enseignement supérieur.

Et pour ta femme ?

Je

vais espérer

qu'on surmontera tout ça.

Je décide qu'au lieu de l'aimer,

je vais beaucoup l'apprécier.

Beaucoup.

Je pense qu'elle croit

que tout et tout le monde est contre elle.

Ça l'empêche de vivre heureuse.

C'est ta femme ?

Je suis la vétérinaire.

C'est…

Heather.

Lee.

– Django était malade. – Django

a mangé les brownies.

– Mais il va bien maintenant. – Oui, aucun problème.

On l'a couché. Tu vas bien ?

Ils ont trouvé

Gus dans sa chambre d'hôtel.

Il est mort.

Je devrais y aller.

D'accord, merci beaucoup pour…

Il est mort.

Ça va aller, ma chérie.

Si tu me quittais, je mourrais.

Je mourrais.

S'il te plaît, ne pars pas.

D'accord.

Je veux que cette journée soit finie.

Joyeux anniversaire.

Merci.

Tu as fait des rêves intéressants cette nuit ?

Non.

Juste normaux.

J'avais une afro.

Je ne sais pas ce qu'on doit faire quand on est amoureuse.

Je sais qu'on pense à lui tout le temps.

Qu'on veut être avec lui.

Qu'on veut voir des choses avec lui.

Je crois que c'est impossible, c'est un idéal de penser

qu'on peut vraiment être

gentille tout le temps.

et ne jamais être déçue de lui, ou par lui.

C'est dur. Enfin…

Plutôt, le rêve

ne dure jamais.

Il faut toujours espérer.

Qu'il y a plus.

C'est toujours

quand on s'y attend le moins que quelque chose arrive.

Littéralement. Juste, apparaisse.

En quelque sorte.

Et c'est super que quelqu'un que j'ai connu il y a longtemps…

Clairement, fasse attention à moi.

Avant que je sois… blonde.

Alors c'est sympa, mais je pense que

c'est le destin, et c'est un peu…

Je sais pas, de nos jours,

des ions négatifs dans l'air vous portent chance.

Sam Osborne…

En fait, avec Lucy…

Elle m'écoute, je l'ai déjà dit, mais aussi…

Elle m'apprend des choses.

Elle vient d'une famille forte.

Ses parents sont toujours ensemble, elle a des frères et sœurs.

Ils sont tous très proches.

C'est juste le contraire de ma famille.

Honnêtement, je ne sais pas ce que c'est.

Je crois que je dois suivre mon cœur.

Tout de suite, et voir

ce qui est juste, et maintenant,

quand je suis avec Lucy, ça me paraît juste.

Je suis juste en train de me demander ce qu'il regarde.

Je crois qu'il tourne encore.

– Y'a le jour 1 de tournage. – Je suis perdu.

C'était ce matin, et puis le jour 2.

J'étais assez surprise de l'apprendre aussi.

– Y'a 2 jours de tournage. – Mais oui, c'est vrai, ça change.

Mais on m'avait dit qu'il n'y avait qu'un jour.

Deux.

On poursuit la scène 117-Baker

deuxième prise, une ou deux de prévues.

Catherine…

Nicholas ?

Tu es là.

En effet.

Je n'étais pas sûr.

Moi non plus.

Jusqu'à maintenant.

Vous avez compris ?

L'annonce ? Non, désolé.

Vous allez où ?

À Tucson.

– Je vais à Tucson. – Ah oui ?

– Vous y êtes déjà allé ? – Non.

– Ça doit être beau. – C'est ce qu'on m'a dit aussi.

– À plus tard dans l'avion. – D'accord.

– Vous devez être moscovite ? – Non.

Vous deviez répondre :

"pas à Moscou, non".

C'est drôle.

Merci.

– Salut. Pardon. – Salut.

– La place est prise ? – Non, non.

– J'espère que ça ne sera pas trop bondé. – Moi aussi. Pardon.

J'étais à l'aéroport, prête à partir, et j'ai rencontré…

À la cafétéria, j'ai rencontré ce gars.

Et puis il s'est assis à côté de moi dans l'avion, et

on allait bien ensemble.

Il s'appelle Arty, et

il me faisait rire, il était très drôle.

Et gentil.

Et assez ouvert.

On a parlé pendant tout le vol.

Elle riait d'une façon qui

me donnait l'impression qu'elle me voyait.

La rencontre ne m'a pas marqué.

La rencontre avec Ann.

Mais on a fini

par passer le week-end ensemble.

Elle est formidable.

Il est incroyable.

On s'est vraiment éclaté.

C'était comme…

On aurait dit un film.

~ Traduction et synchronisation : Ywan Cooper ~

C'est un peu l'apogée du drame.

Quand on apprend qui est le tueur.

Je le sais. Le public non.

Moi je sais.

Là, vous me voyez faire le puzzle.

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