All language subtitles for louvre 2026-10-05 13-17-47-725(1)

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Original subtitles

Alors ? Vous aviez raison, inspecteur. Il est descendu au sous-sol comme vous

aviez prévu.

Avec une seule pierre comme ça, le monde est à nous. Qu'est-ce qu'on va en faire

? On prend notre traite au fil à venir.

On s'invente un nouveau nom, une autre identité. Une tous les mois.

Je m'appellerai Edmond. J'ai toujours rêvé de m'appeler Edmond. Puis après,

Marie, comme ma mère.

On aura trois enfants, cinq chats.

Des ruches. Un téléphone, un phonographe.

Des lampes avec des ampoules. Une voiture avec un gros moteur à

combustion. Et un lit.

C'est parti ? C'est parti.

Arrête-toi !

Où

je tire ?

Alors c'est toi le fameux Mercure.

Ce n'est que ça.

Excuse-moi, je suis un peu déçu.

Je croyais avoir affaire à un dieu et je tombe sur un misérable voleur.

Enfin... Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Lâche-moi.

J'ai un rendez-vous.

Le préfet m'attend à dîner.

Amen. Qui va là ?

C'est bon.

Oh, mais qu'il est mignon ! Je pourrais le ramener après vos essais ? J'en

doute, chère Constance.

À moins que vous vouliez en faire un civet.

Je

vous

rassure tout de suite, ça marche aussi très bien avec les êtres humains.

Si un voleur pose son pied à l'intérieur du cercle, il reçoit une décharge

électrique létale.

C'est un revêtement en faux marbre.

Ce système électrique nous vient tout droit des Amériques.

Pour ce qui est de mater les sauvages, ces gars-là s'y connaissent.

C'est un pays qui a de l'avenir, vous verrez.

Et vous avez doublé ça avec la fermeture des portes.

Finement observé.

Si on touche le faux marbre, l'alarme se déclenche, les

portes se referment, et si on ne meurt pas électrocuté, on se retrouve coincé

dans la pièce.

Un coffre-fort géant.

Je dirais plutôt une souricière. Si on parvient à y entrer, on ne peut pas

ressortir. On est fait comme un rat.

Et si un des gardes ou n'importe qui, moi-même, s'approche un petit peu trop

du fameux cercle,

Sans y penser, il reçoit une décharge aussi.

On ne fait pas d'omelette sans casser les oeufs.

Mercure va venir.

Il va tenter de dérober les bijoux de la couronne. Je le sens.

Mercure est mort il y a deux ans. Vous croyez au revenant, inspecteur ? C'était

un complice.

J'ai payé pour le savoir.

J'ai perdu mon bras et ma promotion.

Racontez-moi. J'admire les hommes qui savent se battre.

Mercure a dû se défendre comme un diable.

Pas du tout. Ils sont fuyés et j'ai tiré une balle dans le dos.

Ah.

Il a volé une propriété de la République.

C'était mon devoir, madame.

Il va battre un homme dans le dos.

Chacun son métier, monsieur de Longueville.

Vous organisez des expositions de bijoux et moi je veille à ce que personne ne

les vole.

Admettons que vous ayez raison. Admettons qu'ils aient été deux.

C'est quand même étrange que Mercure ou son complice ne se soit pas manifesté

depuis deux ans, non ? Il attend son heure.

Et je serai là pour le cueillir.

Il n'est jamais trop tard pour bien faire.

Mais toutes ces considérations sécuritaires sur l'exposition de bijoux

doivent vous ennuyer terriblement, chère madame.

Mais au contraire, ça m'intéresse.

Vous savez que les bijoux sont les meilleurs amis d'une femme.

Alors ? Côté plein du vert, je suis invitée à la soirée d'inauguration.

Et comme je suis une mauvaise fille, je vais profiter de cette hospitalité pour

voler les plans du lourd.

Et côté vide ? Le système de sécurité est infranchissable.

L'exposition débute demain et ne dure que 48 heures.

C'est un coup impossible.

Presque impossible.

Le coup était bien moins risqué en 83, pourtant Pierre est mort.

Vous êtes peut-être moins forte que vous croyez, mais c'est un art bien plus fou.

Je prends les paris.

Je vais prouver à ce salaud que Mercure ne meurt jamais.

Comment comptez-vous faire si c'est infranchissable ? Je vais trouver quelqu

'un qui marche sans jamais toucher le sol.

Vous voulez dire comme Jésus ? Oui, plus ou moins.

Un Jésus un peu moins à cheval sur la morale.

Et maintenant, brave Jean, ma petite soeur Lulu va passer parmi vous, car l

'art est grand, mais mon appétit l'est davantage. Allons-y.

Messieurs, dames, messieurs, une petite piécette pour le danseur de cordes.

Mesdames, un garçon comme moi, ça se nourrit, ça s'entretient, ça consomme.

Allons-y, on n'hésite pas.

Mademoiselle, attention, attention, ne bougez pas.

Excusez-moi, j'ai cru voir un serpent.

Ce n'était qu'une rose.

Allons-y, messieurs, dames, une pièce, une piécette, on accepte les tomates,

les fruits, les légumes.

Allez, messieurs, on vise bien le chapeau.

C'est le numéro 2, Jonglerie, dont vous êtes le héros.

Attention,

c'est de l'autre côté, Lulu.

J'essaie.

Veuillez m'accorder votre bras.

Ça va, Frédéric, tu sais, je peux marcher toute seule.

Une vraie dame ne marche jamais toute seule, malgré tout.

Approchez, approchez, messieurs-dames ! Après le danseur de cordes, nous avons

les entrailles de l'empereur, le crachat de Lucifer ! Venez, venez,

nous avons aussi Roger !

Où se va Roski ? La comte ? Oui. Ce soir, on a même des comtes parmi nos

admirateurs.

Il veut vous parler.

À la bonne heure, il est où ce monsieur ? Là-bas, monsieur.

Votre numéro m'intéresse. Parlons-en demain matin à 6h à la pierre carrée à

Saint-Cloud. Venez seul.

Je sens que la chance vient de tourner.

Merci.

Arrêtez, je suis arrivé.

Suivez-moi.

Appelez-vous.

Le plus gros diamant du monde, dérobé à la Duchesse de Morante en 1879.

La nymphe Calisto Aubin, volée dans la collection privée de Brunetti en

1880.

Le sommeil d'Andy Mion, disparu dans le cambriolage de l'hôtel de Vendves

quelques mois plus tard.

Et toutes ces œuvres ont été volées par...

Le mercure.

Ah oui, mercure.

Foulard noir et manteau noir.

Je m'en souviens, ça fait longtemps qu'on n'en parle plus, non ? C'est vous

? Non, c'est moi.

Arrêtez de vous payer ma tête.

Il faut être un homme pour voler tout ça.

Il faut de la force, de la dextérité, de...

Mercure n'est ni homme ni femme ou bien homme et femme tour à tour et parfois en

même temps selon son bon plaisir.

Je ne suis pas complètement certain d'avoir saisi le... En même temps c

'était clair.

Très clair même.

Et c'est pour me dire ça que vous m'avez fait venir ici ? Non, c'est pour vous

offrir un verre.

Allez, la vôtre.

Là, comme ça, franchement, il y a un peu de taux, non ? J

'ai besoin d'un équilibriste pour voler les joyaux de la couronne.

Ah, vous êtes complètement folle, en fait.

Presque complètement, la nuance est importante.

Si vous dites oui, vous serez riche.

Hors de question.

Je ne suis pas un voleur.

Par contre, si je vous dénonçais, je toucherais une belle prime.

Sans indiscrétion, vous vous y prendriez comment ?

Ah bah, facile, j'irai voir la marée chaussée et... Et ? Et je retourne au

lieu du rendez-vous.

Mais de là, vous faites comment ? Vous allez où ? Comment savoir si vous êtes à

plusieurs lieux ou juste à côté ? Alors que moi, je sais tout de vous.

Je sais que vous vivez quai de la Tournelle, dans une roulotte, et que

votre sœur s'appelle Lulu.

C'est une menace ? Appelons ça une proposition.

Pourquoi j'accepterais ? Pour l'argent.

Pour pouvoir payer l'opération qui éviterait à Lulu de devenir aveugle.

Avant, c'était pas dans vos moyens, mais aujourd'hui... Qu

'est-ce que c'est ? Un amuse-bouche.

Aidez-moi et dans deux jours, vous aurez 10 sacs comme celui-ci.

Et vous pourrez rendre ses yeux à votre sœur, une vraie dame, ni borgne, ni

aveugle. C'est son rêve, non ? Si je me fais prendre, je perds tout ce que j'ai.

Et vous, qu'est-ce que vous avez à perdre ? Vous avez six heures pour

répondre, et croyez-moi, c'est six heures de trop.

Saxo pour mes roses ! Vivi ? C'est Vérit ? Viens.

Assieds-toi là.

Tadam ! Qu'est-ce que c'est ? Ouvre.

Comment tu l'as eue ? Un de vos sujets a voulu témoigner à Sa Majesté toute son

admiration.

Elle te plaît ? Je peux la garder ?

Elle est à toi, Lulu.

J'ai failli attendre.

C'est pas 10, c'est 25 que je veux.

Accordez.

Si j'avais dit 30, vous auriez dit oui.

Quel imbécile.

J'aurais pu dire 30.

Je veux connaître votre plan.

Je veux savoir dans quoi je m'embarque.

C'est légitime, je vous expliquerai tout.

Mais moi aussi j'ai une condition, je veux savoir ce que vous valez quand vous

êtes sous pression.

Vous n'êtes pas un voleur ? Vous n'avez jamais rien volé ? Non. Vraiment ? Même

pas un fruit sur un marché ? Non.

C'est compliqué, qu'est-ce que je pense ? Venez, on va commencer tout de suite.

Commencer quoi ? Quatrième étage, troisième fenêtre à droite.

Vous voyez ? Débrouillez-vous pour rentrer et vous volez quelque chose.

Mais attention, pas n'importe quoi, quelque chose qui ait de la valeur, d

'accord ?

Ensuite, vous sortez.

Je vous attends ici, vous avez 10 minutes.

Et si le propriétaire est là ? Le propriétaire a rendez-vous dehors.

Comment vous le savez ? Il a rendez-vous avec moi.

Du coup, il va voir que vous n'y êtes pas, il va rentrer.

Probable. Il me perd du temps.

Et s'il rentre, je fais quoi ? Vous trouverez.

Oula, oula ! Faites voir.

Oui, céramique chinoise, dynastie Ming.

À vue d'œil, je dirais vieux de 200 ans. Pas mal.

Une copie minable.

Je vous avais dit, quelque chose qui a de la valeur.

Voilà mon plan.

Aujourd'hui, c'est l'inauguration.

Demain, l'exposition officielle des joyaux.

Notre objectif ? Très simple. La plus belle pièce de la collection. Une pièce

unique que Napoléon III a fait faire pour l'impératrice Eugénie.

Ce serait plus simple de les voler après, non ? Plutôt que le jour où il y

aura tous les condés de France et de Navarre. Sauf qu'après l'exposition, les

joyaux sont vendus aux enchères. C'est notre seul créneau. Et le plus risqué ?

C'est toute la beauté de la chose.

Si vous le dites.

Pour superviser la surveillance des bijoux, le policier le plus paranoïaque

de France.

Pour accomplir cet exploit, on aura besoin d'un troisième comté. C'est

Marcel. Vous verrez, c'est un homme direct et plein d'entrées.

Nous allons procéder en deux phases. D'abord les repérages, ensuite le vol.

Les repérages, c'est aujourd'hui.

Pendant l'inauguration, vous et Marcel, vous profiterez que les invités sont

occupés à boire du champagne pour relever les notes précises des rondes.

Demain soir, vous irez dans les conduits d'aération.

Moi, je vais voler les plans du Louvre pour aller voir dans les conduits d

'adresse. Comment ? On va se garder une part de mystère, vous voulez bien ?

Demain soir, Marcel endort les deux gardes avec du chloroforme. Et ensuite,

vous ferez ce que vous savez faire. Vous volerez la parure en vous déplaçant sur

un fil.

Vous n'aurez pas le droit à l'erreur. En aucun cas, vous devrez toucher le sol.

Sinon... Sinon...

Sinon, vous déclencherez une alarme qui fera rappliquer tout le monde et... Et ?

Et... Voilà, je vous ai tout dit.

Et vous, demain soir, pendant qu'on prend tous les risques, vous faites quoi

? J'attendrai à l'extérieur avec vos 20 sacs en pierre à bord.

Et allez savoir, comme je suis libre en calcul, il y en aura peut-être 30.

Frédéric se laisse enfermer au Louvre, ici.

Là, il va rejoindre Marcel, porte sud.

Et ils vont tous les deux faire leur repérage dans la salle d'exposition.

Messieurs, dames, il est 19h. Le musée ferme ses portes. Les visiteurs sont

priés de rejoindre la sortie, s'il vous plaît. Merci.

Oui ? Oui, patron, j'ai reçu une lettre pour vous.

Le sarcophage est arrivé au Havre.

Ils le livreront demain soir.

Ah oui,

et le régisseur des objets voudrait vous voir pour le Vaspre à Columbia.

Non, non, non, pas maintenant. Je vais m'occuper de mes invités. Ils vont pas

tarder à arriver. Je vous remercie.

Merci.

Mot de passe ? Mercure.

Pendant ce temps-là, moi, je vais dans la salle de réception, rejoindre

Longueville, et de là, je me faufile dans son bureau pour voler le plan des

conduits. La comtesse Constance de Coulanges.

La Coulanges, la catin du gratin.

Il y a que le pape qui ne lui est pas passé dessus, et qu'elle décolletait.

Monsieur et madame Théodore Ballu.

Cher Constance, vous ne vouliez pas avoir ma mort sur la conscience.

C'est bien.

En entendant les sifflements de ces serpents sur nos têtes, j'ai peur pour

plus que votre vie, j'ai peur pour votre réputation. Monsieur et Madame Ferdinand

Sarien. Mais c'est là ma réputation a déchiqueté.

Elle ne m'est pas si utile que ça.

Monsieur et Madame Armand Rousseau.

Je vous en prie.

Mercure, moi je la sens pas.

Tu la fréquentes depuis quand ? Ce matin.

Comme moi ? T'as vu, on sait rien d'elle.

Moi je trouve qu'elle a l'air coriace.

Pareil qu'elle faisait écho avec son Jules.

Et que c'était même pas son mari, si tu vois ce que je veux dire.

Ça aurait soulagé ta conscience si elle était passée devant un curé avant de

voler des bijoux ? Mais c'est pas ce que je veux dire.

Enfin, quand même.

En tout cas, ce type-là, c'était forcément lui, le cerveau des casses.

Avec elle aux commandes, on va droit dans le mur.

Je te suis pas où tu veux en venir.

J'en viens qu'on veut le bijou, là, maintenant, et qu'on se partage le

magot, toi et moi, entre hommes.

T'es dans le coup ?

Elles sont vraiment diaboliques. Joris, Karl, Huysmans, quel plaisir.

Et le grand Verlaine, ça faisait longtemps.

C'est normal.

Je sors tout juste de l'asile d'aliénés.

J'ai été interné pendant trois mois.

Les médecins me reprochaient d'avoir essayé d'étrangler ma mère.

Pour moi, l'unique folie, c'est de l'avoir raté.

Mais je vous ai interrompu. Vous parliez de choses diaboliques.

Il s'agissait des oeuvres ou bien des femmes ? Non, des goujères.

C'est certainement votre meilleur livre.

Mais l'image que vous donnez de la femme est tout de même un peu crue.

Mais regardez-les. Et désignez-moi une qui ne soit pas sournoise, vénale,

corruptrice. À part vous, bien sûr.

Mais vous le payez de votre réputation.

C'est moins cher qu'en pièces d'or.

Défendez-vous, Constance.

Vous avez lu l'ouvrage de M. Huysmans.

Enfin, Paul, je suis une femme, je ne lis pas.

Vous savez, elle l'a lu.

Madame la baronne.

Monsieur, ces bijoux sont époustouflants, sublimes, grandioses. L

'impératrice Eugénie était vraiment une femme comblée.

Je vous rejoins tout de suite.

Bien, bien, merci.

Vous avez vu, sa robe légère. Légère et prime sautière.

Plutôt farfelue.

Notez qu'elle dénote avec les autres.

Messieurs, les plus grands plaisirs ont toujours une fin tragique. Je dois

prendre congé.

Allons, Constance, je vous ai vexé ? Monsieur, je suis bien trop naïve pour

avoir saisi le sens de vos propos.

Non, vous ne m'avez pas vexé, je dois m'entretenir avec une personne du sexe

faible. J'entends parler à un homme, bien sûr.

Vous l'avez vexé ?

Je vous cherchais.

Je m'ennuyais.

Suivez-moi.

Je voudrais vous parler.

Ça va ? Pardon, ça doit être le champagne.

Je n'ai plus l'habitude.

Jéricho et Delacroix.

Pour nous tous seuls.

Je me suis toujours vue comme un passager de ce radeau, pas vous ? Tout

de même, Constance, vous ne pouvez pas comparer votre vie à celle de ces

naufragés qui ont fini par se dévorer pour survivre.

Survivre est un art difficile.

Et je le pratique assez bien.

Vous savez que mon père utilisait la même cravache pour son cheval et pour

moi ? Oui, mais visiblement, ça n'a pas suffi à vous réduire. J'ai entendu dire

que vous lui avez tenu tête plus d'une fois.

C'est vrai que quand il a voulu me faire épouser cet imbécile de jeune marquis,

je n'ai jamais cédé.

Et il vous en a coûté beaucoup ? En argent, tout mon héritage.

Pour le reste, je peux vous assurer que ça ne m'a rien coûté du tout.

Les femmes s'en dotent.

Elles ne me font pas peur, surtout quand elles ont un fort tempérament.

À l'heure de sa mort, Sardanapal demande à ce qu'on tue ses femmes et ses

animaux.

Rien ne doit lui survivre.

Belle allégorie du mariage, non ? Je ne suis pas Sardanapal, Constance, ça ne

vous aura pas échappé.

Et croyez-moi, je serai le plus aimable des maris si vous acceptiez d'être ma

femme.

J'assomme les gardes et tu récupères d'abord Locke.

Mais on va déclencher l'alarme. Mais Tenari, les affités sont à l'autre bout.

Le temps qui rappelait qu'on serait déjà loin.

Qu'est-ce que t'en dis ? J'en dis que j'en sais rien.

Et comment on les refourgue les bijoux ? Mais t'inquiète, j'ai des contacts.

Je le sens pas.

Tant pis pour toi mon petit gars.

Parce que moi je vais me garder le pactole pour moi tout seul.

Tu m'as jamais vu, tu me connais pas.

N'avancez pas !

Excusez

-moi, madame.

Je dois y aller.

Rassurez-nous, rassurez-nous.

Je ne sais pas, il s'agit peut-être d'un exercice.

Vous deux, avec moi.

Allez, profitez du buffet et je reviens tout de suite, je suis à vous.

Oui,

Mercure.

C'est peut-être bien moi.

Va savoir.

T'es bien trop con pour être Mercure.

On ferait jamais aller jeter dans la gueule du loup aussi bêtement.

Il est où ?

Verrouillez toutes les portes du Louvre.

Personne n'entre, personne ne sort.

Merde.

On cherche un homme de moins d'un mètre quatre-vingt, blessé au bras gauche.

Il pisse le sang. Il doit être un peu palichon.

Exécution.

Je vous cherchais.

C'est oui.

Je serais heureuse d'être votre femme.

Merci, Constance.

Vous ne me regretterez pas.

Je prendrai soin de vous.

Comme du plus beau joyau de ma collection.

Mesdames et messieurs, un peu d'attention.

Nous sommes contraints de vérifier vos identités.

Je vais vous demander de bien vouloir obéir aux injonctions de mes agents.

Merci de votre attention.

Mais enfin, je suis le duc de Morceau.

Moi, je suis l'inspecteur Thénard et je vous dis que personne ne passe.

Ce homme a perdu ses esprits. Il parle à un duc comme à un chapelier. Allez,

circulez, circulez.

La liste des invités.

Alors ? Les bijoux sont intacts.

L'alarme a fonctionné.

Le mur électrique aussi.

Quoi ? Ça veut dire que... Qu'un criminel est maintenant hors d'état de

nuire.

Madame, je vais vous décevoir encore une fois, mais je n'ai même pas eu à sortir

mon arme.

Il a été touché par la main vengeresse de Dieu et d'Edison.

Mais il reste un complice, blessé au bras.

Peut-être Mercure lui-même.

Vous avez fait condamner toutes les portes ? Oui.

Sa seule issue pour sortir, c'est ici.

Aucun homme ne sort sans avoir été contrôlé. Les invités sont des gens de

la plus haute société. Ils n'accepteront jamais d'être traités comme du bétail.

S'ils n'ont rien à se reprocher, je vous promets de les laisser sortir vivants.

N'importe lequel d'entre eux a le pouvoir de vous faire envoyer.

Nous sommes en République, cher monsieur.

La monarchie est morte, on lui a tranché la tête.

Si elle venait à repousser, peut-être bien qu'on lui tranchera encore.

Non, excusez-moi, j'ai affaire.

Mesdames, Messieurs, un peu de silence, s'il vous plaît.

En deux colonnes, les hommes d'un côté, les femmes de l'autre.

Plus vite ce sera fait, plus vite on sera sortis. Merci.

Approchez, allez.

Monsieur ?

Veuillez

nous suivre, s'il vous plaît.

Allez, vous habillez-le. Vous êtes fous, enfin ! Lâchez-moi ! Je ne vous permet

pas !

Il est chez moi, enfin ! Non, c'est pas lui.

Non.

Il s'aspira, c'est ça.

Non.

Non.

Allez, allez, allez.

On dirait que vous avez échoué.

Je ne comprends pas comment il a pu sortir d'ici.

Je vais y aller à mon tour, inspecteur.

Souhaitez-vous que je me déshabille ? Inutile de rayer, madame.

Ah, je ne raille jamais le jeudi.

À plus tard, Alfred.

Vous êtes une garce.

Vous m'avez menti sur toute la ligne, vous saviez pas le courant électrique et

vous nous avez rien dit. Les repérages, là, c'était du flanc. Vous vouliez nous

tester. Je dois faire confiance aux gens avec qui je travaille.

Vous étiez censé relever les rondes, point final. Mais j'ai failli y passer,

Marcel est mort, nom de Dieu ! Je suis désolée, j'y peux rien.

C'est le prix de la trahison.

Écoutez, Frédéric, ne vous fiez pas aux apparences. Je suis noble, parfaitement

ruinée, extrêmement mal vue des gens de la haute société.

Oui, sauf du petit monsieur à la houpe.

Longueville ? Oui, il avait l'air de pas trop vous haïr. Je l'utilise uniquement

pour récupérer les plantes du Louvre, mais à cause de Marcel... Eh ben parfait

! Continuez votre petite partie d'échec mais comptez pas sur moi pour être un de

vos clients.

Restez ici !

Frédéric, c'est toi ? Tu es rentré ? Oui, malgré...

Qu'est-ce qu'il y a ? Tu

pleures ? Non, j'ai une poussière dans le lit.

Quand même, t'as l'air drôlement triste.

Non, t'inquiète pas, mon cœur.

Tu sais bien que les garçons, ça pleure pas.

Allez, rendors-toi, je suis là, maintenant.

Je sais ce que vous allez dire, mais je ne peux pas m'arrêter là.

À trois, c'était impossible.

Seul, c'est du suicide.

Rien ne vous oblige à faire ce coup.

Si, la mémoire de Pierre.

Et votre orgueil ? L'orgueil n'a rien à voir là-dedans.

Vous trouvez que ça vaut le coup de vous faire tuer par Thénard, juste par esprit

de revanche ? Si ça, ça ne vaut pas le coup, je me demande ce qui vaut le coup.

Seul, vous mourrez.

Et vous n'aurez pas à venger Pierre.

Et vos efforts seront à l'eau.

Abandonné.

Et quoi, épouser Longueville ? Pourquoi pas ? C'est un homme qui a de la valeur.

Parce que je ne veux pas être la femme de quelqu'un.

Mais pour le casse, vous avez raison.

Seul, c'est trop risqué.

On nous l'a recommandé. C'est le meilleur cordonnier de Paris.

Qu'est-ce que vous pouvez me dire sur ces chaussures ? C'est un modèle

spécial.

C'est-à-dire ? Nous, dans le métier, on vend de la chaussure pour des gens comme

vous, des gens de la ville.

La chaussure robuste qui maintient bien le pied pour marcher sur les pavés.

Ça, c'est de la chaussure souple.

Voilà. Qui laisse le pied aérer.

Et ? Les gens qui portent ça, ils sont pas nombreux.

Ils s'en servent pour escalader les murs ou pour faire de la voltige.

Un acrobate.

Trouvez-moi tous les acrobates de Paris, avec leur spécialité. Vite !

Vous rêviez du cambriolage ? Ça avait l'air agréable, en tout cas.

Qu'est-ce que vous faites là ? Je suis venue pour m'excuser. Vous aviez raison,

je n'ai pas été honnête avec vous.

Pire, vous m'avez manipulée.

C'est vrai, je vous ai manipulée.

Tournez-vous.

S'il vous plaît.

Je vais tout vous expliquer, le plan dans ses moindres détails. Comme ça,

plus de mauvaises surprises.

Ah bon ? Je veux savoir qui vous êtes.

Qui vous êtes vraiment.

Mon nom de baptême, c'est Constance de Coulanges.

Mon père était riche, il avait des terres autour de Paris.

Mais moi, j'ai hérité de rien.

Tout est revenu à mon frère aîné, l'homme de la famille.

Mon destin à moi, c'était d'épouser un marquis.

Et pendant que mon frère s'amusait à Paris, moi je torchais mon vieux père et

je le faisais manger à la petite cuillère.

Mais il faut croire qu'il y a un bon Dieu pour les mauvaises filles, parce qu

'un jour, on a reçu une visite.

Mademoiselle ? Mademoiselle ? Chut.

Moins fort.

Vous allez le réveiller.

Vous êtes ? Pierre Gamblin.

Je viens pour le poste d'intendant sur recommandation du comte de Marceau.

C'est vous, Constance ? On m'avait dit que vous étiez jolie, on m'a menti.

Je m'en fiche de l'impératif d'être belle, je suis moi et c'est déjà très

bien. Vous n'êtes pas jolie, vous êtes splendide.

Ça n'a pas l'air de vous faire plaisir.

Non, en effet, ça ne me fait pas plaisir.

C'est un compliment pourtant.

Mais vous, monsieur, est-ce que ça vous plairait que je vous évalue, que j

'examine votre habit, que j'essaie de deviner ce qui se cache dessous, que je

vous soupèse, que je vous mesure ?

Quel joli tour de poitrine, il cache sous sa chemise, quelle fesse rebondie,

il dissimule sous son grossier pantalon.

Madame, si je n'étais pas un attendant et vous grande dame, je demanderais

votre main.

Excusez-moi, je reviendrai plus tard.

Non, non, non, restez.

Je vous attendais.

Avec Pierre, on a vécu dans un petit appartement à Paris.

Tout le monde me pensait exilée à la campagne.

On n'avait pas un sou, mais on était heureux.

Et puis une idée m'est venue.

Une idée assez amusante.

Voler.

Prendre à la société ce qu'elle refusait de donner aux personnes sans noblesse et

aux femmes insoumises.

À deux, on était insaisissables.

Les policiers croyaient devenir fous.

Au bout du premier vol, pourquoi vous n'avez pas filé très loin pour prendre

une belle retraite au soleil ? Parce que une fois qu'on y est goûté, on ne peut

plus s'en passer.

Voilà comme l'est Mercure.

Jusqu'à ce que tes nards abattent votre ami.

Une balle de traître.

On tire dans le dos sans sommation.

En fait, vous voulez vous venger ? Jusqu'à demain matin, 9h.

Ensuite, les bijoux seront vendus aux enchères.

Si vous m'aidez, on partage.

Ensuite, je disparais, pour toujours.

Voilà, je vous ai tout dit.

Alors, vous êtes avec moi ou pas ?

Vous

prétendez me connaître ?

Mais est-ce que vous êtes sûr de mon habileté ? À vous de me faire confiance

maintenant.

Vous pouvez fermer les yeux si vous avez trop peur.

Vous avez du cran.

Et si je vous trahissais comme Marcel ? Maintenant que je sais qui vous êtes,

Constance de Coulanges.

Je peux vous livrer Athénar, vive ou morte.

Je vous conseille de me livrer vivante. La récompense est multipliée par deux.

Un accessoire

de forain.

C'est juste de la peinture rouge.

Détachez-moi !

Alors ? Vous avez senti le grand presson ? Le cœur qui bat ?

Comme

vous l'avez constaté par vous-même, si on pose le pied sur l'estrade ou le

présentoir, on reçoit une décharge électrique.

L'alarme se déclenche et les portes se referment.

Voilà. Et les portes aussi sont électrifiées. Oui, ça j'avais remarqué.

C'est pour ça que vous allez passer par le haut.

Par le haut ? Sur le plafond, il y a plusieurs rosaces.

Elles dissimulent des conduits d'aération qui partent des sous-sols.

Il doit faire tout noir là-dedans, comment je fais pour trouver le bon

chemin ? Grâce au plan.

Avec le coup d'éclat de Marcel, j'ai pas eu le temps de les voler.

Ils sont toujours dans le coffre de Longueville.

Voilà le code.

Occupez-vous des plans, moi je m'occupe de Longueville.

Prenez le par cœur et mangez le papier.

Je plaisantais.

Oui ?

Je vous dérange ? Non.

Non, vous ne me dérangez jamais.

Alfred, vous me connaissez.

Je ne sais pas attendre.

Laissez-moi faire.

Continuez.

... ...

...

...

Alors, les conduits partent des sous-sols. De là, vous longez la

première galerie, vous tournez à droite, vous dépassez les antiquités étrusques

et vous y êtes, la salle d'exposition.

Inutile de vous rappeler que si vous glissez, vous êtes mort.

Mais si vous ne glissez pas, vous êtes riche et vous payez l'opération de votre

soeur.

Mais vous, vous ferez quoi après tout ça ? Je n'ai pas encore décidé.

Moi, je vais vous le dire ce que vous allez faire.

Dans un mois, dans un an, vous irez dénicher une autre bonne poire comme moi

pour monter un soi-disant dernier coup.

Vous trouverez un vieil amateur d'art à séduire, vous coucherez avec lui sans

état d'âme, vous y prendrez même du plaisir.

Et tout ça pour quoi ? Pour remplir votre musée clandestin.

Et pour qui ? Pour vous ? Pour vous toute seule ? Vous préfériez quoi ? Que

j'ai toute une flopée de marmots qui s'extasient devant mes diamants ou mes

peintures religieuses ? Et pourquoi pas ?

On y est.

Vous avez réfléchi à comment rentrer dans le Louvre ce soir ? Non.

Moi aussi.

Madame ?

Madame ? Madame ?

C

'est ça que vous cherchez ?

Allez,

allez, doucement, doucement. Ne le glissez pas, Frédéric, portez-le.

Portez-le Frédéric, voilà, comme ça c'est très fragile, il faut faire très

attention, sinon c'est fichu. Attention ! C'est pas vrai ! Bravo.

Qu'est-ce qu'on va faire, vous pensez pouvoir faire quelque chose ? On peut

peut-être essayer de repeindre, mais ça n'aura pas le temps de sécher.

Bravo Frédéric, j'espère que vous serez plus à l'aise avec les bijoux.

Vous avez fait de sacrés progrès, chef.

Quatre balles sur six, en plein dans la poitrine.

C'est pas suffisant.

Recharge-moi ça.

Toi, toi et toi, vous surveillez l'entrée nord. Vous quatre, entrée sud.

Je vais voir un homme par fenêtre.

Aucune entrée, aucune sortie sans personne.

Exécution.

Mercure va venir ce soir.

C'est sa dernière chance.

Vous avez vérifié le circuit électrique ? Oui, chef.

Attention.

Mercure est rapide et agile.

Il peut monter sur les murs et grimper sur les rideaux.

Il nous est déjà passé sous le nez comme ça.

Ne inquiétez pas, patron. S'il est assez fou pour revenir, on ne le ratera pas.

N'hésitez pas à vous en servir.

La République vous sera éternellement reconnaissante si vous la débarrassez de

cette crapule.

Mort ou vif, je préfère mort.

Vous êtes très en retard.

Merci.

Très bien, tout est en règle. Emmenez-le aux entrepôts.

Il est 3h10.

Rendez-vous à 4h.

4h pile.

Frédéric ? Oui.

Bonne chance.

Oui, Antoine.

À demain, patron.

Bon courage.

C'est ça, demain.

Attendez !

La

bouche ! Comprenez la bouche !

Prends ton tout Dieu.

Il est piégé.

La galerie d'Apollon est sans issue.

Arrête-toi !

Ou je

tire.

Bon, il veut jouer à cache-cache.

Formez une ligne.

C'est une diversion.

C'est pas le vrai Mercure.

Toi, toi et toi, vous restez ici, vous m'attrapez ce clampin. Les autres avec

moi.

J'ai failli attendre.

Il s'est échappé dans les conduits.

Il n'y a qu'à aller sous un vide, Béné.

Voilà les noms.

Cinq acrobates avec leur adresse et leur spécialité.

Pourquoi vous faites ça ? Pour te remercier.

C'était un coup magnifique.

Et on l'a fait.

Juste pour me remercier ? Au bout de Frédéric.

Entre les villes de Château et de Croissy, la Seine fait un coude.

C'est là que j'ai amarré ma péniche.

Va chercher Lulu et rejoins-moi.

Dépêche-toi avant que je change d'avis.

Lulu ? Lulu ?

Lulu, tu dors ?

Lulu, qu'est-ce qu'il y a ?

Bouge pas.

Doucement. Tu recules.

Allez.

Où sont-ils ? Qui ça ?

Les joyaux de la couronne que tu viens de voler au Louvre. Je ne sais pas de

quoi vous parlez.

Ah oui.

Il n'y a pas deux abrutis dans Paris pour porter ce genre de gaudillots.

Ça fait mal.

L'acrobate, c'est toi.

Mercure t'a recruté à cause de l'alarme.

Si tu veux pas finir comme l'autre, t'as intérêt à répondre à mes questions.

Alors tu prends la chaise, tu t'assois ici.

Tiens, Lulu.

Tu as enfilé ça à ton frère.

Allez.

Qui est Mercure ? Je sais pas ! Je sais pas à quoi il ressemble, il a toujours

gardé son masque. Tiens, viens ici, petit.

On va s'amuser.

Arrêtez. Laissez-la tranquille.

Il habite dans un château.

En dehors de Paris.

Où exactement, je sais pas.

En fait, tu sais pas grand-chose.

Non, mais Mercure a pris toutes ses précautions, vous et moi, on s'est fait

berner. Le problème, vois-tu, c'est que si tu ne sais rien, tu ne me seras rien.

Il n'y a rien. On va jouer.

Prends le révolver.

Arrêtez. Allez, vas-y.

Arrêtez.

Arrêtez, je vous en supplie.

Arrêtez. Ça s'appelle la roulette russe. T'as une chance sur six.

Allez, vas-y.

Arrêtez. C'est pas un homme, c'est une femme. Tais-toi, Lulu.

Une femme ? Oui, elle est venue ici ce matin.

J'ai entendu quand je suis rentrée du marché.

C'est une voix de femme.

Sous-titrage Société Radio

-Canada

Où sont les balles ? Petite voleuse.

Puisque tu as l'air de t'y connaître, tu vas m'aider.

Tu les remets dans le barillet.

C'est bien.

On dirait que tu as fait ça toute ta vie.

Bonne petite.

Alors, où est-elle ?

Bon, assez joué.

Arrêtez.

Arrêtez, laissez-la.

Laissez-la, je vous en supplie.

Les orphelinats de Paris sont remplis de gamines qui se font tabasser par leur

famille de tarés.

Et c'est drôle, il y a une rumeur qui court depuis ce soir que tu connes ta

sœur.

Frédéric ! D'accord, d'accord, je vais tout vous dire.

Tu vas faire mieux.

Tu vas m'emmener.

On prend la gosse avec nous.

Attention.

On se dépêche, on va s'en prendre une sur la gueule.

Allez.

Espèce de salaud.

C'est une petite fille, vous n'avez pas le droit.

C'est une garantie.

Ça nous évitera une entourloupe.

T'inquiète pas, Malulu.

Lui, c'est pas au crocodile qu'on va le jeter, on va lui faire bouffer les yeux

par des rats.

Relève la tête.

Souris.

Les princesses sourient toujours, même au milieu des ports.

Oui, c'est ça, Malulu, bravo.

C'est ça.

Souris, c'est à ça qu'on reconnaît les vrais seigneurs et les vraies dames. Tu

baisses jamais la tête.

Tiens, Mélissa.

Allez !

Frédéric ?

Tu

es là.

Le collier.

Posez-le à terre.

Vous allez faire comme avec Pierre, me tuer lâchement d'une balle dans le dos.

Devant, derrière, détails sans importance.

Être du mauvais côté de la loi, c'est prendre des risques. Celui de mourir,

éventuellement. Je connais la règle du jeu et je l'accepte.

Mais si vous voulez bien, je voudrais vous regarder en face quand vous allez

tirer.

Restez où vous êtes. Ne me tentez pas.

Sinon quoi ?

Je suis une voleuse, inspecteur.

Et vous, vous êtes un assassin.

Ténard ! Elle est prête à se rendre ! Passez-lui les menottes et finissons-en

! T'as raison, chef.

On doit la soumettre à la justice.

Survivre est un art difficile.

La justice c'est moi.

Jugé pour vol et complicité de vol, le dit Frédéric Delage est condamné à une

peine de 10 ans d'incarcération.

La petite Lulu Delage, du fait de la perte de son tuteur légal, sera envoyée

à l'assistance publique jusqu'à sa majorité.

Affaire suivante.

Mettez-le sur le socle. Avec cet éclairage, on verra bien jeu d'ombre et

de lumière.

Inspecteur Edmond Thénard.

Ou plutôt devrais-je dire Monsieur Thénard ? J'ai appris ce qui vous est

arrivé.

Au moins, j'aurais fini en beauté.

Être démis de ses fonctions parce qu'on a tué une femme qui n'opposait aucune

résistance, ce n'est pas vraiment ce que j'appellerais finir en beauté.

Votre ingratitude envers moi m'étonne.

Vous devriez me remercier.

Maintenant que Mercure est morte, vos précieuses œuvres d'art sont en

sécurité.

Et puis, je vous ai évité un mariage, disons, embarrassant.

Qu'est-ce que vous faites ici ? Je ne me souviens pas de vous, comme d'un grand

esthète. J'aime bien revenir sur les lieux de mes victoires.

Justement, à ce propos, on m'a rapporté un détail curieux la dernière fois,

quand vous avez tiré sur Mercure.

Elle portait le collier d'appareil, vous vous souvenez ? Et quand on a dragué la

scène, on n'a pas retrouvé son corps, c'est exact.

Eh bien, figurez-vous que l'autre jour, j'ai croisé un de mes amis qui connaît

bien les marchés de l'art, disons, parallèles.

Et vous savez ce qu'il m'a raconté ? Que ce collier avait été vendu plusieurs

millions à un officier allemand.

Rumeur sans fondement.

Probablement.

Comme la rumeur qui veut que vous ayez tué un homme dans le dos.

De l'âge ? T'es un gamelle.

J'étais tout prémâché.

Et d'ailleurs, il en reste un bout.

T'as vu comme je prends bien soin de toi ?

J'ai failli attendre.

Une tantinard ? Ça fait longtemps qu'on vous voit plus.

Eh oui, c'est comme ça. Je peux dire un mot à de l'âge ? Oui, c'est des mois.

Et c'est moi.

Ça s'appelle la roulette russe. T'as une chance sur six.

Où sont les balles ? Petite voleuse.

Puisque t'as l'air de t'y connaître, tu les remets dans le barillet.

On dirait que t'as fait ça toute ta vie.

Va prendre les fausses balles dans le bol.

Où sont les balles ? Puisque t'as l'air de t'y connaître, tu les remets dans le

barillet.

Un accessoire de forain ?

Frédéric ? Lulu ? Ça te va bien, la barbe ? Ils m

'ont tout pris.

Ils ont trouvé ma cachette, mais il me restait le collier. J'en ai tiré plus

que j'espérais.

Qu'est-ce qu'il y a ? T'as encore une poussière dans l'œil ? T'as jamais dit

que les garçons, ça pleurait aussi, des fois ? Regarde

ce que j'ai fait.

C'est toi ? Oui, la robe, c'est bon.

Il me manque peu que les bijoux.

Mais Constance dit qu'elle a une idée.

C'est drôle, je lui disais justement qu'il y avait exactement les mêmes s'il

n'est pas la vie de Chini.

À Florence.

Ah non.

Non, non, non. Ah si, si, si.

Non, impossible.

Presque impossible.

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