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Allez viens !
Ça va aller.
Ils sont en train de passer.
Ils sont de l'autre côté de la frontière. On s'en tape. Tire.
N'aie pas peur, Matus.
Papa est là.
Tire encore.
Bien.
Beau boulot.
Allez, allez ! Allez, avance !
Tiens
ça.
Reste là, on y va !
Non, c'est pas vrai.
Toute une famille.
T'approche pas, c'est dangereux.
Papa, viens voir, viens ! Qu'est-ce qu'il y a ? Des vivants ?
Va chercher ta soeur.
mettre la télé dans la carriole.
Pourquoi faire ? On n'a pas l'électricité.
Mais on l'a déjà eu.
Cherchez plutôt des trucs utiles.
Malik a raison, papa.
On pourrait remettre l'électricité à la maison. Pour une fois qu'on avait eu un
coup de veine. Un coup de veine.
Alors, pourquoi le radiateur sans l'électricité ? Malik,
passe-moi la corde, allez.
Bon, allez.
Faut être à la maison avant la nuit.
J'en reviendrai demain matin à enterrer les corps.
Fatima, la lampe.
Malik, le chien.
T'es toute seule ? Oui.
Ça doit être encore une de ces serbes ensuite.
T'es pas trop gelée, hein ? Je vais te donner une bonne soupe.
Tu n'as plus rien à craindre.
Mon nom est Fatima.
Et le tien ?
Tu veux pas me dire ton nom ? Irina.
Où est ta maman ? Elle est morte.
Et ton papa, il est où ? Je sais pas, il est mort, je crois.
Irina, c'est un nom serbe.
Samia, ça va comme ça.
On va aller voir grand-mère.
T'en fais pas, je te la redonnerai tout à l'heure. Une fille comme ça, ça porte
malheur. Elle s'en ira demain.
Irina, elle doit pas prier ? Irina n'est pas musulmane.
Tu veux dire qu'elle fait jamais sa prière ? C'est différent.
Elle fait pas la prière du matin.
Ah, c'est comme grand-mère.
Ta grand-mère est vieille, fatiguée.
Allah la comprend et lui pardonne.
Mais comment tu sais ça, toi ? Allah sera en colère après toi si tu ne pries
pas.
Est-ce qu'Allah est en colère contre Irina ? Tais-toi et prie.
Tu vas être bien.
Mais qu'est-ce qu'il fabrique ?
Où est l'autre câble ? Juste ici.
Mais qu'est-ce qu'il y a ? C'est juste pour brancher la tête. Pas aujourd'hui.
On a trop de travail.
Papa, s'il te plaît.
Et les chèvres ? Et le fromage ?
Tu crois que ça va se faire tout seul ? La gamine ! Va la chercher, faut qu'elle
travaille.
T'es vraiment bon à rien !
Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a encore ? Elle sait rien faire, va y en avoir pour des
heures avec elle.
Est-ce que tu as faim ? Si tu veux avoir à manger, il faut travailler.
Comment il s'appelle ? T'es un gentil chien. Je vais t'appeler mon
copain.
T'es pas bien attaché.
Oh non ! Ici !
T'es un méchant homme si mon père était là ! Je
supporte plus cette gamine ! Je vais tout de suite à la police.
Arif, tu sais comment les enfants sont traités à l'orphelinat.
Et surtout une... Je crois que ce serait mieux de l'amener à la Croix-Rouge.
J'ai pas le temps pour ça, moi.
Là-bas, elle aurait peut-être une chance de retrouver son père.
T'es folle ! Son père est mort, sûr !
Attendons au moins jusqu'à demain, il n'y a pas urgence.
Papa ? Tu crois que tu pourrais remettre l'électricité aujourd'hui ? Non, je
pars trop loin.
Je vais pouvoir rentrer à la maison demain soir.
Fatima, habille la gamine. Je m'en vais maintenant.
S'il te plaît, papa.
Maman, s'il te plaît, dis-lui.
Samia, patience.
Moi, je suis le fer.
Idiot. Grand-mère a besoin d'une prise pour son radiateur.
Et il en faudra une aussi dans la cuisine pour repasser.
Qu'est-ce que vous faites ? Ça suffit maintenant ! Allez, on se dépêche !
Alors t'es contente maintenant ?
Allez,
dépêche-toi !
Merci, monsieur, à vous aussi.
Non, ça va.
Merci.
Va donner les fruits à ton père.
Allez, fin ! Adieu, mon copain.
Qu'est-ce que tu fabriques là-haut ? C'est pas tes affaires.
Tu vas voir de qui c'est les affaires.
Je vais t'envoyer la police. Tu voles de l'électricité. C'est toi qui me traites
de voleur. Sans rire.
Tu vas en voir un vrai.
Regarde dans une glace. Mais tout le monde te connaît ici.
T'as toujours foutu le merdier, on le sait bien.
Quand nous, on a voulu amener l'électricité au village, toi, tu la
voulais pas chez toi.
Parce que j'ai pas voulu payer ton bac chiche.
Mais putain, c'est pas un truc personnel, Arif. Pas un truc personnel.
J'ai jamais voté pour toi. Et c'est pas parce que t'as trahi ta foi en te
mariant avec une orthodoxe. Mais c'est parce que t'as ruiné notre village.
Tu peux courir, c'est pas à moi que tu piqueras du pognon.
Mon Dieu !
Allez, Fatima !
Mehdi, mets-le dans la voiture.
Il lui faut un docteur. Si seulement il s'approche, je lui pète la gueule.
Rattrape la petite avec la voiture et va chercher Fatima. Ça ira plus vite. Y a
pas de raison que je l'aide et en plus il veut pas. Alors moi j'y vais. Donne
-moi les clés.
Non. De toute manière, on peut pas passer.
C'est pas fini entre nous, Arif.
Où ça ? Au pylône.
J'y vais.
Malik, ouvre la porte.
Je vais t'aider.
Ne vous inquiétez pas, grand-mère, ce n'est pas grave.
Assieds-toi là.
Samia, apporte la chaise.
Papa, regarde, on a l'électricité.
Ferme-moi ça, allez.
Deux morceaux de planche, là.
Elle porte malheur.
Tenez ça, bon sang.
Comment t'as fait ça ? Facile.
Tu m'apprends ? Viens, cire.
Cire bien la corde.
Comme ça ? Oui.
Tiens, prends-en un. Donne ça.
C'est pareil qu'avec le mulet l'an dernier.
Le temps aujourd'hui sera extrême. C'est précisément ce que vient de dire le
gouvernement.
Touche pas à ça ! Les États-Unis et l'ONU ont conjointement annoncé la
découverte de l'existence de camps de prisonniers établis par les forces
serbes.
Ces camps servaient en fait à l'extermination des populations
bosniaques.
Ils avaient été dénoncés primitivement par les associations non
-gouvernementales qui avaient alors parlé de camps de concentration.
Batard de serbe ! Faudrait tous...
Qu'est-ce que vous voulez ? Suivez-moi, j'ai un ordre pour votre arrestation. Et
pourquoi ? Vous le savez très bien. Messieurs, restons calmes. Dites-moi.
Monsieur le maire voudrait... Ah, tu veux dire ton père.
Après tout, c'est très bien comme ça.
Au moins, je serai nourri gratis.
Et j'aurai même un docteur pour ma jambe.
Samia, apporte ma veste.
Attrape celle-là, ok ?
Allez, prends la haine ! Ça y est, j'ai lit ! Ça va bien ! Oh, mais t'es bête ou
quoi ? Pourquoi tu l'as laissé échapper ?
Plume-le. C'est pour les
fils, Boulot.
Tu crois ça, toi ?
Allons-y.
Est-ce que je peux voir mon mari ? Allez-y.
Je n'aurais pas dû amener Samia.
Il faut qu'elle s'occupe des animaux quand je suis pas à la ferme.
Merci de ton bon accueil, papa.
Et la grand-mère ?
Elle va bien.
Je l'ai juste laissée pour pas longtemps.
Je vais passer voir Alma. Pour quoi faire ? Elle peut nous aider.
Hors de question.
Je veux rien lui devoir.
Rien du tout.
Surveille qui rentre directement à la maison.
C'est pour lui.
On y va Samia.
Merci d'être venue.
Va m'attendre au jardin.
C'est par là. Oui.
Tiens, j'ai récupéré le sac de ta mère.
Moi aussi, j'adore les histoires d'amour.
Je suis content de t'avoir vue.
Hello, Fatima. Bonjour.
Tout va bien ? Oh, vos fromages de chèvre sont vraiment les meilleurs.
Merci.
J'ai besoin de vous, Alma.
Nadia ?
Vous
savez qu'Arif peut être borné ou trop fier, mais il n'a pas mérité d'être jeté
en prison.
C'est pour payer l'électricité.
Vous êtes sûre ? Personne ne paie.
Mais ça ne pourra qu'arranger la situation.
Alma, il faudrait qu'Arif ne soit pas au courant de cette visite.
Je voulais vous parler aussi de cette petite fille.
Oh oui.
C'est une serbe, non ? Je l'ai tout de suite vue.
Mon mari fermera les yeux. Mais le chef de la police est un extrémiste.
Il est violent.
C'est beaucoup mieux s'il n'est au courant de rien.
Tous les serbes sont ses ennemis à n'importe quel âge.
C'est justement pour ça qu'Arif voulait l'amener à la Croix-Rouge au moment où
il a eu l'accident. Il compte beaucoup pour vous.
Mon père m'a obligée à l'épouser.
L'amour est venu avec le temps.
Vous pouvez être fière de votre famille, Fatima.
Oui.
Et ne vous en faites pas, Arif pourra l'emmener au centre.
C'est une question de temps.
Essayez de la tenir à l'écart du village, s'il vous plaît.
Comptez sur moi.
Attendez.
Arif va bientôt pouvoir revenir.
J'ai rapporté quelque chose.
Regardez. C'est chaud.
Regardez ce qu'elle m'a donné.
Ah, c'est chouette !
Ma
maman, elle aussi, elle se mettait le même.
Papa trouve qu'on n'a pas de temps à perdre ensemble.
Et si ça nous fait plaisir ?
Tu viens ma jolie, c'est ton tour.
C'est pas trop chaud
? Et tes yeux, ça va ?
Allez.
Sèche-toi vite ou tu vas attraper froid.
Et après, tu iras me chercher un peu plus d'eau. Je vais prendre un bain, moi
aussi. D'accord ? Oh,
poids ! Tu schlingues ! Et toi, tu sens pas la rose ?
Je
peux rien faire pour cette histoire.
Après tout, Arif, il l'a bien cherché.
Je ne suis pas en train de te parler d'Arif. Je te parle de cette petite
fille.
Je ne veux pas qu'elle aille à l'orphelinat. C'est pire que la prison.
Les miliciens ont décidé de s'en occuper.
Ils se sont des fanatiques.
Ils détestent Arif parce qu'il n'a jamais voulu être de leur côté. Qu'est
-ce que je peux y faire ? Non.
Non.
La vérité, c'est que ta propre femme est également serbe.
et que ça te pose un véritable problème.
Qu'est-ce que tu veux que j'aille lui dire ? Oui, les Serbes ont décimé toute
ta famille, tu n'as qu'à leur pardonner à tous et juste oublier.
Pourquoi est-ce que tu ne me répudies pas ? Tu as le droit, tu peux le faire.
Tu agis comme un dégonflé.
Ton père me fait peur.
Crois-moi, si t'avais déjà puni comme moi, là t'aurais des raisons d'avoir
peur de lui.
Mon père, il a jamais levé la main sur moi.
Oui, mais ton père n'est plus là.
Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai froid.
Mon père me manque.
On retourne vers le village.
Et quand il fera plus chaud...
On partira à la recherche de ton père.
Salut Samia.
Tu es très belle aujourd'hui.
Pourquoi ? Est-ce que ça va ? Tout va pour le mieux.
Ma jambe est comme neuve.
Ah, ça va, laisse-moi.
Ça va, je peux y arriver seul.
Allez.
Ces imbéciles n'ont même pas recoupé l'électricité.
Je te trouve changé.
T'aurais pas un peu maigri ?
Toi,
t'as de la veine ! Si ça ne tenait qu'à moi, tu serais toujours en taule !
Allez, vas-y, fonce !
Cours, vas-y, récupère tout ce que tu peux.
Allez, Irina.
Vas-y aussi.
Eh Bou, tu as fait quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Village ?
Village ? Oui.
Je t'emmène là-bas.
Formez le queue ! Oh, reculez ! J'ai dit formez le queue, bordel ! J'étais là
avant vous, s'il vous plaît ! J'étais là avant vous ! Hé, vous
écrasez ma fille ! Écoutez ! Le riz est gratuit ! Pour le
reste, c'est là-bas que ça se passe ! C'est compris ?
Je veux une fille ! Et une seule ! Voilà !
Hé ! Hé ! Quoi ? Vous ne pouvez pas faire ça.
On était d'accord, pas de bakchiche.
C'est moi le boss ici.
Alors c'est moi qui commande, mon ami.
Je ne suis pas votre ami.
Comme tu veux.
C'est bon, tout a été vendu comme prévu.
Hé, qu'est-ce que tu fais là ? Viens voir par ici.
C'est pour toi.
Merci, monsieur.
Attends.
Tiens.
Hé, comment t'as fait pour avoir ça ?
T'es moins stupide que ce que je croyais.
Elle m'a un peu aidé.
Mais ça marche pas.
C'est cassé. Lis la notice, ça explique comment ça servir.
Tu sais lire ? Oui, bien sûr.
Tu penses que tu pourrais lui apprendre ? Notre instituteur était serbe.
Mais il est parti quand la guerre a commencé.
Je l'aimais bien.
Pour que ça marche, il faut mettre des piles.
Les cours de vos fleurs
sont... Sont-elles un collier ?
Votre poit... Votre poitrine.
Votre poitrine ressemble à deux belles grappes de raisin.
Un ex... exquel... exquel... Un excellent... un
excellent vin.
Qu'est-ce que c'est que ce maudit bouquin ? C'est... c'est vous qui m'avez
donné ce livre. C'est la Sainte Bible.
Tu fais un sacrilège, Arif.
Ça, ça peut y aller.
Mais papa...
Vas
-y, continue, j'ai envie de faire pipi.
Regarde ! Regarde ce que j'ai trouvé !
Je vois rien du tout.
Bon, viens ! Attends-moi !
Pourquoi tu marches aussi vite ? Laisse tomber !
Continue, faut que je fasse pipi.
Encore ? Tu bois trop d'eau.
Hé ! Qu'est-ce que vous faites sur mon territoire ?
C'est quoi ça ? C'est à moi, c'est un trophée. Tu veux venir avec nous ? On va
à la chasse. Je déteste les chasseurs.
C'est quoi ton nom ? Irina.
Irina ? C'est pas un prénom serbe ça ? Et alors ? Sale traître !
Vas-y, gratte pas !
Ouais !
Va ! Va !
Allez
les gars, fouillez-moi cette baraque ! Et faites le tour aussi ! Vous feriez
bien de surveiller votre fils.
Pourquoi ? Parce qu'à deux contre un, ils
sont tombés sur mon neveu, et ils l'ont tabassé, tout ça par surprise.
On cherche pas des noix à mon gosse, sinon il se défend comme un homme.
Alors comme ça, il y a une serbe chez vous ? C'est pas une serbe, c'est qu'une
gamine. C'est ça.
Dites-moi où elle se cache.
Ce n'est qu'une enfant.
Une fillette.
Et quand ils ont tué la mienne de fille, vous n'étiez pas là pour la défendre ?
Je le suis trop tard.
Et en plus, j'ai pas voulu prendre part à ces combats.
Maintenant, vous rassemblez vos hommes et vous dégagez.
Y a personne, chef.
Ok.
On se tire, les gars.
Ça pue, ici.
De quoi t'as peur ? Allez viens on rentre. Non.
Où est Irina ? Je sais pas.
Mange.
Je t'ai apporté du fromage, une pomme et un peu de pain. Merci.
À la maison.
Tous les deux.
Écoute Irina, dès qu'Arif se sentira mieux, il devra t'amener à la Croix
-Rouge. Si par malheur les miliciens te découvrent, on aura tous tes problèmes.
Et des gros.
Ils prennent bien soin des orphelins à la Croix-Rouge. Mais moi je suis pas une
orpheline. Oui mais tu peux pas rester seule.
Et puisque je vous ai... Tu peux pas rester ici ma puce.
La ferme ce n'est pas pour les petites filles bien éduquées comme toi.
On est si loin de tout ici.
Mais Malik m'avait promis qu'il m'aiderait pour retrouver mon papa.
Malik est un idiot.
Tu ne peux pas rester ici avec nous.
Ton père est probablement mort.
Tout ce que l'ONU a trouvé à nous envoyer pour nous contrôler, c'est une
troupe de nègres.
Voulez-vous goûter un bon cognac ? Chef, est-ce que
Mehdi vous a parlé de la mission ?
L'équipe de démineurs des Nations Unies ? Non.
Si, en fait, j'étais sur le point d'aborder le sujet.
Vous serez pas tout prêts, mais c'est bien payé.
Vraiment très bien payé.
Igor,
tu viens avec moi.
C'est du vrai cognac français.
Je voudrais voir s'il te plaît, passe-les-moi.
Gaffe, c'est fragile.
Ok, ferme un œil et tu règles là comme ça t'as l'impression d'être plus près.
Ah, là c'est mieux.
Alors, qu'est-ce que tu vois ? Rien d'intéressant.
Qu'est-ce que tu regardes ? Les hirondelles. Je regardais juste les
hirondelles. Tu rêves ? À cette période ? On dirait plutôt des corbeaux tes
hirondelles.
Allez viens, on a affaire avec les chèvres.
C'était bon ? C
'est le moment.
Parle à ton père et dis-lui qu'on va entraîner mon copain à devenir un chien
berger. Non, il voudra jamais.
T'es qu'un froussard.
Vous savez, mon copain est vraiment très intelligent.
Lui ? Intelligent ?
Non, pas Malik, votre chien. Je suis sûre qu'il pourra surveiller les
chèvres.
Tu veux que ce clébard bouffe les chèvres ? Après les poulets ?
Je te l'avais dit.
Vas-y.
Malik, règle la télé.
Ah, quelle incroyable invention.
C'était une grande équipe, la Yougoslavie.
La meilleure même. Je préfère l'équipe de la Bosnie, moi.
On peut regarder le match, tous les deux ?
Non. Au boulot.
Non.
Laissons les femmes travailler.
Approche.
Allez, il faut bien se détendre.
À droite, là-bas, c'est mon arrière-grand-père.
Je ne l'ai pas connu.
Et celui-là, c'est mon grand-père.
Lui non plus, je ne l'ai pas connu.
Tu ne pries pas pour eux ? Je prie déjà assez avec mon père.
Malik, rapporte-moi un peu de fromage, s'il te plaît.
D'accord.
Que c'est ? Touche pas à ça ! Qu'est-ce que
t'as foutu en l'air toutes nos réserves ? Bon à rien ! Tu n'es qu'un
pauvre idiot ! Espèce de méchant ! Arrêtez maintenant ! Tout est de ma
faute ! C'est pas lui, il voulait me protéger ! Gamine
stupide !
J'avais mon blouson.
Mais où sont passés les moines ? Ils ont été tués il n'y a pas très longtemps.
On est dans un lieu sacré.
On ne devrait pas laisser les chèvres ici.
Viens !
Tu crois qu'elle est morte ? Oh, c'est qu'une chèvre.
On peut toujours la manger.
Eh !
Qu
'est
-ce que ça veut dire ?
C'est juste une prière.
Allez, maintenant, à ton tour.
Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est
juste, le Coran, c'est de l'arabe.
Une mine a explosé.
Et y'a une chèvre qui est morte.
Où ça ? Je l'ai enterrée.
Elle était en mille morceaux de toute façon.
Elle a raison, t'as vraiment de mauvais œil.
Samia, tu vas me chercher de l'eau pour ta grand-mère ?
Arrête
ça maintenant, il est tard.
Grand-mère, réveille-toi.
Grand-mère, réveille-toi.
Papa ?
... ... ...
...
J'ai une idée, accompagne-moi. Non, je peux pas.
C
'est
une surprise pour ton père, ça va lui faire plaisir.
Suis-moi.
Mon père va me tuer.
On fait rien de grave.
Fais attention, là.
Y a des éboulis.
Tu lui plais, ça se voit.
Tu ferais bien de surveiller un peu ta fille.
Oh ! Comment est-ce que tu oses avoir le sourire le jour où on enterre ta grand
-mère ? Où est ton imbécile de frère ? Malik !
Le gamin ! Je l'ai vu partir vers le monastère avec Irina.
Je te dis que mon père va me tuer ! Mais non, il va être content !
On dirait un trésor.
Tiens, ton père pourra y mettre une photo de ta grand-mère.
Qu'est-ce que vous faites là, tous les deux ?
Un
jour comme aujourd'hui, t'as vraiment une mauvaise influence sur Malik !
Demain, je t'emmène à la police !
Et Irina ? Elle reviendra quand elle aura faim. C'est vrai ce que disait
grand-mère. C'est à cause d'elle ce qui arrive.
T'avais bien besoin de dire ça.
Je n'espère même pas avoir à dîner ce soir.
Espèce d'idiot.
Partons vite avant que mon père nous cherche. Je ne veux pas aller à la
police. T'en fais pas, on va pas à la police.
On va chercher ton père.
Partons, vite !
Tu
es sûr qu'on ne s'est pas perdu ? Fais-moi confiance.
On y est.
Tu connaissais cette grotte ?
Je suis déjà venu avec mon père.
Ça va te réchauffer.
Heureusement que tu m'as donné ce briquet.
Ça va mieux ?
Va faire le tour pour voir.
Oh non.
Je vais le
tuer.
Maman ! Maman ! Malik ! Toi, tu restes là.
Irina !
Irina !
Malik ! Malik !
Il
n'y a personne.
Ils sont sauvés.
Qu'est-ce qui s'est passé exactement ? Malik et la petite ont disparu tous les
deux. On ne sait pas où ils sont. Merci d'être venus. Je vais parler à Arif.
Restez ici.
On n'a pas besoin de leur aide. Mais enfin, borne son enfant ! À cheval, ce
serait trop long, voyons, et avec ta jambe en plus ! Ne ne sois pas aussi
bornée, je t'en prie ! Ces gens essaient juste de nous aider.
Mehdi a raison.
Il faut qu'on se sépare et qu'on cherche partout.
Samia, tu restes ici au cas où ils reviendraient.
Ça me paraît bien comme plan. C'est bon ?
Le gentil chien ! Je m'ennuyais sans toi ! Il nous a retrouvés !
Laisse tomber, on pourra pas aller plus loin. Allez, vas-y, avance.
Non, on peut pas.
Descends, on va finir à pied.
J'en ai assez.
Je suis fatiguée. Où est-ce qu'on va comme ça ? On va retrouver ton père,
fais-moi confiance.
Attention ! Ils sont certainement quelque part
par là.
Comment tu le sais ? On est déjà venu chercher par ici.
Allez, dépêche !
Je
suis fatiguée !
C'était par là !
Laisse-moi... Dépêche-toi !
Il est là ! Oh merde, c'est pas vrai !
Suèvre
-le ! C'est bon, je le tiens.
C'est sa jambe. Va chercher la moto.
Je vois quelqu'un là-bas.
On dirait une fillette.
Igor ! Reviens ! T'es fou ? Reviens, c'est plein de mines par là ! Eh oh, ma
jolie.
Patrouille 2, ceci est une demande de renfort. C'est pour une urgence.
Il y a une urgence ! Amenez-le par ici.
Donne-le-moi.
Attendez par là.
C'est mon fils.
Ne vous inquiétez pas, il est en sécurité.
Allez par là.
Allez-y, je vous dis. Allez, arrive, allons-y.
Ils vont bien s'en occuper.
Et lui ? Comment ça s'est passé cette nuit-là ? T'es calme. Ça va, son état
est stationnaire.
La fièvre n'a pas monté. D'accord.
Assieds-toi ici, je vais appeler ma femme pour qu'elle prévienne Fatima.
Vous avez un téléphone ? Oui, vous en avez un juste ici.
Hé ! Cette mallette, elle appartient à ma fille.
Où est-elle ? Où est Irina ?
Où est ma petite fille ? Votre fille ?
Je... Je n'en sais rien.
Alors, qu'est-ce qu'elle a, cette jolie jeune fille ? C'est juste une petite
blessure.
C'est propre.
Tout va bien. Tu n'as rien de grave.
Juste un petit pansement.
Elle pourra faire le voyage avec les autres en autobus ? Oh oui.
Tu n'auras même pas de cicatrices.
J'étais avec mon ami Malik.
Est-ce qu'il est là aussi ?
C'est pour quoi ? Son fils vient tout juste
d'arriver aux urgences. D'accord, c'est par là.
Je sors du bloc à l'instant.
On a pu stopper l'hémorragie, mais il a perdu beaucoup de sang.
Et surtout, il y a eu l'effet de blast, c'est ça le plus critique.
Est-ce qu'il va pouvoir vivre ? Tout va dépendre de la réaction des alvéoles
pulmonaires. On peut le voir ? Je regrette, pas encore.
Pas pour le moment.
Je suis persuadée que ça va aller.
Je suis retourné là où j'ai trouvé le petit, mais il n'y avait plus personne.
Si elle était bien avec lui, elle a dû s'échapper. Vous devez m'emmener là où
était le petit.
Peut-être qu'elle y est encore.
Elle est peut-être blessée. Le docteur veut que vous restiez couché. Je m'en
fous de ce que dit le docteur. Je veux retrouver ma fille.
Appelez un médecin ! Il n'y a plus qu'à attendre.
Allez, allez, allez les enfants, le petit déjeuner est fini, il faut y aller
maintenant, le bus nous attend. Allez, allez, on se dépêche.
Allez les enfants, levez-vous.
14, 15.
Irina, reviens.
Oh, Irina ! Comment tu vas, ma
chérie ?
Je suis si heureuse de te voir.
Il est là aussi, Malik ? Il est ici, mais on ne peut pas le voir pour l
'instant. Il est entre les mains du Très-Haut.
Tiens.
Merci. Merci.
C'est mon papa !
Irina.
Irina, tu es là ? Oui.
Alors tu as réussi à t'échapper.
Qu'est-ce que tu as là au front ? Ça te fait mal ? Non.
Viens.
Mon cœur, je suis tellement heureux de te voir.
Je ne croyais plus.
On va rentrer à la maison.
Tu le sais ça.
C
'est
bon ma chérie, je suis prêt.
J'ai une petite surprise pour toi.
Merci,
papa. À tout de suite.
Regarde, des piles.
Alors vous, vous devriez avoir honte.
Ça vous a plu de massacrer les gens, hein ? Et de les violer ? Ça vous a fait
quoi ? La ferme, espèce de pourriture !
Laissez-le, Arif.
N'allez pas vous attirer d'autres ennuis.
Il n'en vaut pas la peine. Elle, ça fait du bien quand même.
Est-ce que tu crois qu'un jour Malik et moi on se reverra ? Tu peux déjà lui
envoyer un mot ? Mais il ne sait pas lire.
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