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T'as bien besoin d'une manucure.
Mais tu restes magnifique.
Allura couvre la déposition de Mansfield.
Je m'occupe de l'audience de Patel,
et Liberty, tu as lu la contre-offre de Dina pour l'affaire Kaplan ?
Mme Ronson, voulez-vous vous joindre à nous ?
Désolée, j'étais...
Je me disais que ça me gêne de...
De laisser Dina seule dans un moment pareil.
Je lui ai parlé hier soir, c'est ce qu'elle veut, alors...
Oui, elle m'a dit la même chose.
Et je la comprends.
J'ai ressenti la même chose.
T'as perdu l'homme avec qui t'as été mariée 40 ans
et j'étais pas au courant ?
Je ne dis pas que mon divorce ressemble à ce qu'elle vit,
mais ça reste une perte.
Attendez. Vous lui avez parlé hier soir ?
J'ai essayé d'appeler,
sa femme de ménage a répondu : "Elle est indisposée."
Je suis sûre qu'elle a apprécié ton appel.
- Ne fais pas ça, Lib. - Quoi ? Je fais quoi ?
Tu laisses ton manque de confiance prendre le dessus.
Pas du tout.
D'accord.
J'ai juste l'impression que je ne ferai jamais partie
de votre truc de sororité américaine.
T'es sérieuse ?
C'est vrai.
Je vis ici depuis longtemps, mais je me sens toujours étrangère.
Même avec vous.
Tu te fous de moi ?
D'accord.
Vraiment ?
Alors pourquoi tu as planifié ta médiation le jour même
où tu savais que je serais coincée à l'autre bout de la ville ?
Et si Chase avait gagné la moitié du cabinet ? Notre cabinet.
J'avais le droit d'être là.
Je t'ai dit. C'est Carr.
Elle a refusé de repousser.
Tu sais qu'on voulait que tu viennes.
Tu n'es pas qu'une associée. Tu es notre sœur.
J'ai juste l'impression...
Parfois, les gens qui sont censés nous aimer le plus
sont ceux qui nous font nous sentir à l'écart.
Si Dina ne t'a pas répondu,
ça n'a rien de personnel,
alors arrête. Elle t'aime.
Il ne s'agit pas de ce dont elle a besoin.
C'est ce qu'elle a demandé.
Et on lui doit bien de respecter ça, non ?
Les nouvelles vont vite quand on a des exécutants.
Tiens, la jumelle maléfique de Mary Poppins.
Où est ton parapluie ? Toujours coincé dans ton cul ?
Qu'est-ce que tu fais là ?
Quelqu'un a laissé le portail de la casse ouvert ?
Très drôle. Et toi ?
Tu n'as pas résisté à l'occasion de feindre la gentillesse ?
Tu t'entraînes à faire ta tête de connasse dans le miroir,
ou c'est le seul don que Dieu t'a offert ?
Pauvre Carr, depuis qu'on a refusé de te prendre,
tu halètes comme une chienne en chaleur.
Et tu viens faire de la lèche dans l'espoir de nous rejoindre.
Désolée, mais c'est nous qui décidons, pas Dina,
alors garde ton énergie pour un truc plus réaliste,
comme te frotter sur la jambe de quelqu'un.
Dina était mon mentor bien avant que tu n'émigres ici
avec ton accent de Downton Abbey
et que les Américains te filent un boulot légal.
J'ai été recrutée. Tu as été rejetée.
- Désolée. - Va te faire foutre.
- Bonjour. - Bonjour, Isabella.
C'est Esperanza.
Mme Standish ne veut pas être dérangée.
Je sais. Je lui emmène juste quelque chose.
C'est du hachis parmentier. Fait maison, la recette de ma mère.
- C'est quasi médicinal. - Pitié. T'as raison.
On dirait ce qu'on sert à l'hôpital.
Moi, par contre, j'ai apporté de délicieux ziti au four,
préparés par Richard Irving de The Ivy.
Je lui apporterai.
Ne vous embêtez pas. Je l'emmène à la cuisine.
Merci, ma chère.
Excusez-la pour son manque de manières, Esmeralda.
- Esperanza. - Peu importe.
Excusez-moi.
Dina, pardonne-moi, je n'ai pas pu m'en empêcher.
Je vois. On se fait des câlins.
Allez, viens ici. Pardon.
Merci.
Je t'ai apporté le fameux hachis parmentier de ma mère.
Fait maison, bien sûr.
Je veux m'assurer que tu manges.
Et tu ne devrais pas rester seule.
Le deuil est un lourd fardeau, même pour quelqu'un d'aussi fort que toi.
C'est pour ça que je t'ai apporté des ziti de The Ivy.
Rien de tel que la sous-traitance pour se ressourcer.
Doug m'a appris à faire une omelette parfaite.
Merci pour vos cocottes.
Mais je vais manger ça.
C'est ce dont j'ai envie.
Mais ce n'est pas sain d'exclure tout le monde.
Doug ne souhaiterait pas ça.
Je ne suis pas seule. Je suis avec lui.
Il est en haut.
- En haut ? - Il est encore là ?
Vous pouvez monter, si vous voulez le voir.
Venez, les filles.
C'est quoi, ça ?
- Excuse-moi. Juste une minute. - Une minute.
Entrez, il ne mord pas.
Bien sûr que non, parce qu'il est...
- Enfin, tu sais... - Mort.
En paix.
Mon Dieu.
Tu sais combien je t'aime, Dina.
Et que c'est habituellement moi qui suis pragmatique.
De nous toutes, j'ai toujours été la "fille pragmatique".
Tu l'as toujours dit, pas vrai ?
Ne me fais pas la morale, Liberty.
Non, bien sûr que non.
Ça...
Ce n'est pas sain qu'il soit encore là.
Ce n'est pas normal. Tu le sais, non ?
Je suis inquiète pour toi.
Laisse-moi passer quelques coups de fil,
pour te faciliter les choses,
pour que tu puisses faire ton deuil.
Doug était écossais-irlandais.
C'est ce qu'ils font.
Ils font ça depuis des siècles.
On appelle ça une veillée.
Il n'est pas là depuis longtemps. Ça fait juste une journée.
Il ne se décompose pas encore.
Je ne suis pas en train de perdre la boule.
Mon Dieu...
Je te comprends.
Ça me rappelle ma chatte.
Ma chatonne, elle est morte quand j'avais cinq ans.
Mme Chatte.
Elle avait le sida félin.
Excuse-moi, mais tu ne peux pas comparer la mort de ton chat
à celle de son mari après 40 ans.
Le chagrin d'un enfant peut être tout aussi profond.
Ma chatte était tout pour moi.
Et quand elle est morte,
je l'ai gardée dans mon lit pendant des jours,
je la caressais et...
Je lui parlais.
Évidemment, ma mère s'est mise en colère.
"Arrête de jouer avec ta chatte, Carr !"
Elle hurlait.
Mais je refusais.
Même quand ma chatte a commencé à sentir très mauvais
et à se décrépir,
je restais cloîtrée dans ma chambre,
à faire mon deuil seule,
car je ne voulais pas lâcher ma chatte.
Tu peux arrêter de dire le mot "chatte" ?
Va chier.
Toi, va chier.
Merci de ta compréhension, Carr.
Bien sûr,
- Doug n'utilisait pas de litière. - Non.
- Il allait aux toilettes. - Oui.
Et il ne crachait pas de boules de poils sur le lit.
Mais c'était mon meilleur ami.
Le meilleur au monde.
On a bâti notre vie ensemble.
Je comprends.
Et je sais que tu surpasseras ça.
Ça n'a pas été facile,
mais j'ai fini par m'apaiser
sans toucher ma chatte.
D'accord, c'est... très bien.
Je vais te laisser faire ton deuil à ta façon.
Mais promets-moi d'appeler un funérarium
et de prendre les dispositions nécessaires.
- Je peux t'aider... - Je le ferai.
- Ne t'en fais pas. - D'accord.
Dans ce cas, on va te laisser faire ton deuil en privé.
En fait, j'aimerais rester.
Parfois, la seule chose à faire en présence des morts
est de rester assis en silence.
Il y a quelque chose de sacré,
un peu comme si, dans le silence,
on sentait leur présence.
Je peux rester assise avec toi un moment ?
Avec plaisir, Carr. Merci.
D'accord.
Je vous laisse.
Si tu as besoin de moi, je serai dans ma voiture.
On n'aura pas besoin de toi.
Je vais essayer d'effacer les mots
"chatte décrépite" de mon esprit.
Un Paloma sans alcool.
Vous ne voulez pas de tequila avec ?
Non merci, Mike.
Je veux garder les idées claires.
Merci.
- La place est libre ? - Je te la gardais.
J'ai senti que tu voulais me voir.
Pourquoi ?
Car tu me manquais.
Et je t'ai manqué, non ?
Les cocktails. Nous.
Comme quand on sortait ensemble.
Je t'ai fait venir pour une raison, Chase, et ce n'est pas par nostalgie.
J'ai les papiers du divorce.
J'ai appris pour Doug.
Je suis désolé.
Comment va Dina ?
C'est Dina.
Elle veut être seule, et je la comprends.
Je suis surpris que tu le fasses en personne.
Disons que la mort de Doug m'a donné une nouvelle perspective.
Je connais les conséquences des divorces.
Il y a beaucoup de colère, de rancœur et de regrets qu'on emporte dans la tombe.
Je ne veux pas de ça.
Donc j'ai deux choses qui pourraient nous aider.
La première,
de la paperasse.
Tout ce qu'on a dit, à la lettre.
Trente-six heures de travail de la part des meilleurs assistants juridiques.
Super.
Et ensuite ?
Chase Munroe.
Je te pardonne.
Mike, je veux bien de la tequila.
On a ri quand il est parti.
Pourquoi on n'était pas comme ça, quand on était ensemble ?
Certains avantages sont réservés aux amis.
On ne peut pas tout avoir ?
Personne n'a tout.
- J'ai vu tant de couples. - Des couples merdiques.
Ta vision est biaisée. Je garde espoir.
Chase, tu es accro. Tu le sais ?
L'amour, le sexe, l'intimité. C'est réel.
Écoute...
Je veux arranger les choses. Vraiment.
Je ne sais pas par où commencer.
Tu dois passer la neuvième étape.
C'est ce que font les toxicos en cure.
Se racheter, dire la vérité, demander pardon.
Mais tu m'as déjà pardonné.
Pas à moi, mais à tout le monde.
À celles avec qui tu as couché.
C'est impossible.
Je n'ai pas de liste.
Moi, si.
C'est bon, Emerald est très douée.
Sérieux.
- Hola, Esperanza. - Je suis navrée,
Mme Standish ne reçoit personne de la planète Vagin.
Je ne crois pas.
En ce moment délicat, elle préfère être entourée de ses amies proches.
Merci pour les fleurs.
C'est charmant.
C'est gentil d'avoir pris deux minutes sur une appli de fleuriste.
Merci d'être passée,
et par pitié, change de coiffure.
Tu dors bien, la nuit, Carr ?
Très bien.
Vraiment ?
Tu entretiens la folie de Dina avec tes histoires de chatte.
C'est dégoûtant.
Pendant ce temps, son mari se transforme en compost sous ses yeux.
Dina a besoin de quelqu'un de confiance pour traverser ça,
et c'est moi, malheureusement.
Pas une pseudo princesse ménopausée de seconde zone.
J'ai encore mes règles, au fait, je sais que ça te fait mal.
Tant mieux pour toi.
Je t'applaudis, tu as gagné.
Hâte de te voir te vider de ton sang.
Tu sais, chez Grant, Ronson, Greene et Associés,
on se soutient les unes les autres,
c'est pour ça que tu ne seras jamais des nôtres.
Le temps nous le dira, non ?
J'aurai peut-être même ta place.
Je t'emmerde.
Dans tes rêves.
Hé, Miss Ostéoporose.
J'allais oublier.
Il y aura une réception demain, de 16 h à 19 h.
Je la lui ai organisée.
Rien de grandiose,
juste pour ceux qui veulent lui rendre hommage.
Carr, chérie, qui est-ce ?
Personne.
Juste une vieille sorcière avec une cape.
Je ne suis pas doué pour parler émotions.
Mais je te le dis du fond du cœur...
Je suis désolé d'avoir couché avec ta sœur jumelle.
Et désolé de t'avoir appelée par son nom.
T'as couché avec Janet ?
- Vous êtes jumelles. - Espèce de salaud !
- Tu ressembles à ta sœur... - Dehors.
Julia Nelson...
Je voulais m'excuser...
Pour la fois où je t'ai demandé de me mettre un doigt.
Ou c'était ta copine Rachel ?
Connard !
Emily...
Ça veut pas dire que je refuse le happy end.
Tu veux un happy end ?
Non, je voulais pas dire ça comme ça.
J'ai doigté ta tante à ton anniversaire.
- Désolé. - T'as fait quoi ?
Victoria. Francesca.
Shay, c'est moi, Chase.
Je me demandais si tu étais dispo.
Va te faire foutre !
- Allez, Amanda ! - Va en enfer !
- On reste amis ? - Crève !
Bon, ça s'est pas vraiment passé comme prévu.
Aïe !
Reviens prendre tes fleurs de merde !
Va te faire foutre !
Merde !
Salut, oh. Merde.
Ça a intérêt à être bien.
Oui, je me souviens que...
- Ta couleur préférée est le blanc... - C'est une nuance.
D'accord. Allons-y.
Alors...
- Oui. - Mon Dieu !
C'est vraiment bon. Qui aurait cru que tu savais cuisiner ?
J'ai engagé quelqu'un.
Écoute...
Tu t'es sentie utilisée, je sais.
Et avec ma honte de nous...
Je t'ai blessée.
Tu ne m'as pas blessée.
Entre nous, c'était du business.
Ce que tu as fait, c'était...
Un coup de semonce.
Un rappel que la vie est injuste,
et qu'elle a ses favoris.
Et... oui.
C'est nul, mais ce n'est pas ta faute.
Je te pardonne.
Santé.
Santé.
Merci.
J'ai presque fini ma liste.
Il n'en reste qu'une.
Tu veux une médaille ?
Non. J'ai rien derrière la tête. Je voulais que tu le saches.
Bon, d'accord. J'ai peut-être une petite idée.
- J'ai besoin de toi pour la dernière. - Milan ?
Elle ne veut plus aucun contact.
Elle ne veut pas que je m'approche d'eux.
Et tu veux que je lui parle ?
C'est beaucoup te demander, je sais.
Mais je ne sais pas à qui d'autre demander.
Je le ferai, à une condition.
- Ce que tu veux. - Ton autre intention.
Oublie-la. Tout de suite.
Je ne te reprendrai pas.
D'accord.
Je dis pas que je n'espère rien.
Mais rien n'est gravé dans le marbre.
Tout change, dans la vie. Constamment.
C'est très bouddhiste.
Mais sérieusement, tu fais ça pour toi.
On verra...
Non, on ne verra pas.
Bonjour, madame. Voulez-vous du foie gras ?
- Merci. - De rien.
Champagne ?
Mais elle va venir. La question,
c'est comment la convaincre de le faire.
Emerald.
Bonjour. Merci d'être venue.
C'est ça que t'appelles une veillée ?
Je pensais qu'il y aurait dix personnes.
On s'assied, on partage des souvenirs, on mange du gâteau.
Un voiturier a même pris mes clés.
Un majordome récupère les vestes.
Quelqu'un m'a filé un canapé.
C'est un toast brioché de foie gras à la truffe.
La spécialité de Spago, leur restaurant préféré.
Je dois l'admettre, meuf,
tu t'es bien débrouillée !
Je sais que Dina apprécie.
Où est-elle ? Je veux la saluer.
Elle est... à l'étage.
Elle ne veut pas descendre.
Je m'en charge. Il faut l'amadouer un peu.
Elle doit pas rester seule.
Justement... elle ne l'est pas.
Oui, bien sûr,
le souvenir de Doug restera avec elle.
Non.
Elle est toujours avec le corps.
- Quoi ? - Oui.
Elle refuse de le quitter.
Lui.
Elle ne laissera personne l'emmener.
On dirait une version pourrie de Week-end chez Bernie.
Tu te fous de moi.
Si seulement.
Tu veux dire que... Excusez-moi. Tenez.
Tu me dis que cette femme est en haut
avec un cadavre depuis trois jours ?
Elle fait comme si Doug faisait la sieste ?
C'est ça.
C'est de la folie.
Je crois que j'ai merdé.
Les gens commencent à parler.
Non, tu t'es bien débrouillée.
Sur toute la ligne, jusqu'aux toasts chic de foie gras.
Écoute, si elle préfère rester enfermée avec Doug
au lieu de venir ici pour voir ses invités, c'est pas ta faute.
D'accord ?
Emerald.
Merci de dire que j'ai fait du bon boulot.
Je l'entends rarement.
Et surtout venant de l'une d'entre vous.
Ça me touche.
Parfois, ce sont aux mères célibataires
de retrousser leurs manches pour gérer les emmerdes.
Non, ne mettez pas ça là.
JAPON 1991
Dina.
Ça va ?
Je regardais des photos de nos voyages au Japon.
Mon Dieu, il adorait cet affreux kimono...
Il faut qu'on parle.
Entre.
Loin du défunt.
Ça te va ?
Oui.
Dina,
il y a toute une foule de gens bien vivants
qui t'attend en bas pour te réconforter.
Tu as voulu qu'on te laisse du temps, et on l'a fait.
Ça fait trois jours. Quatre demain.
Ça suffit, chérie.
On doit organiser certaines choses. Est-ce que tu as...
Non.
- D'accord. Tu veux que je... - Non.
J'aimerais que tu me laisses
retourner dans notre chambre
pour faire mon deuil en paix.
Je ne serai pas tranquille tant que je saurai pas
ce que tu as prévu.
Je n'ai rien de prévu.
D'accord ?
En fait, si. J'ai un plan.
Je veux rester près de mon mari
jusqu'à ce que je sois prête à lui dire adieu.
Attends une minute.
Attends, Dina.
Tu n'as pas les idées claires.
Je peux appeler un médecin.
Il te prescrira quelque chose qui t'aidera à contrôler...
Nom de Dieu !
J'ai passé toute ma vie à tout contrôler.
J'ai perdu l'amour de ma vie.
Je crois que pour une fois,
j'ai le droit de perdre les pédales !
Doug était tout pour moi.
Tout.
Il m'a fait croire en moi,
avoir foi en moi, en nous.
On se réjouissait, on se réconfortait...
On se défiait... on se disputait...
On riait.
Et maintenant, il est...
Parti.
Comme ça.
Comme un livre qui m'a été...
Arraché des mains avant de connaître la fin de l'histoire.
- Je sais combien c'est dur... - Non, tu ne peux pas
me dire à quel point c'est dur.
Ne me dis pas qu'il est temps.
C'est moi qui le déciderai.
Pas toi, ni personne.
Viens ici, chérie.
Allez, lâche tout.
Je suis là.
Ça va aller.
Mon Dieu...
Non...
D'accord. Bonjour.
Bonjour, excusez-moi. Je suis désolée.
C'est quoi, ce bordel ?
Si je voulais de la musique, j'aurais engagé Adele.
Il ne s'agit pas de toi.
Ce sont les adieux qu'il mérite.
Et tu veux l'envoyer où ? En enfer ?
Mesdames et messieurs, en l'honneur de Doug Moore,
moitié écossais, mais toute une légende.
J'ai trouvé normal
de lui dire adieu comme il se doit.
Merci.
Il détestait tellement le tartan
qu'il ne portait même pas de Burberry.
Et maintenant, il est comme Braveheart.
Au moment où on pense que ça ne peut pas être plus gênant,
tu ramènes trois mecs qui soufflent dans des vessies.
Bien joué.
T'as l'air un peu constipée.
Il y des laxatifs dans la cuisine.
Va en prendre un.
Ça marche avec les chattes pourries ?
Tu le saurais.
Veuillez la fermer. Merci beaucoup.
Allô ?
Ça ne marchera pas. Ce que tu fais.
Aller aux cours Lamaze ?
Tu veux élever ce bébé toute seule,
être une mère célibataire indépendante et ne rien devoir à Chase.
C'est admirable, mais ça ne se passe jamais comme ça.
Qu'est-ce que t'en sais ?
J'ai vu ça des centaines de fois.
Un, il t'attaquera pour avoir la garde.
Deux, trois, quatre, cinq, jusqu'à cent,
vous prendrez part à une horrible bataille juridique
au lieu de passer le plus beau moment de ta vie.
Il vous battra, toi et tes avocats, et à la fin,
tu devras partager ton enfant
avec celui que tu détestes le plus au monde.
Mais j'ai une solution.
Laquelle ?
Réglez ça maintenant. Avant que le bébé arrive.
C'est lui qui t'a demandé ça ?
Je ne t'aurais pas appelée si je n'y croyais pas.
Très bien.
Mais je le ferai uniquement si tu me représentes.
- Passe à mon bureau à 18 h. - D'accord.
Mais il a intérêt à bien se tenir.
Je suis fatiguée.
Allez. Comporte-toi bien.
Tu voulais parler, alors vas-y.
Merci d'être venue, Milan.
Je suis désolé.
Je veux vraiment t'aider.
Je savais que tu dirais ça.
Je ne veux pas de ton aide.
Je ne veux pas que tu t'en mêles.
On peut rester amis.
- Amis ? - Oui, amis.
C'est un bébé, c'est excitant. C'est censé être amusant.
T'es vraiment un abruti.
Et ça, c'est marrant ?
Qu'est-ce qui te prend ?
Tu l'as pas vu venir ? C'est pourtant ton job.
Je suis quarterback, je lance.
Tu lances ? Regarde ce que je vais te lancer.
Allura, aide-moi.
- Ça suffit ! - Je te déteste.
- On se calme. - C'est quoi ton problème ?
- C'est toi, mon problème. - Pense au bébé.
Que je pense au bébé ?
Tu veux le beurre et l'argent du beurre, c'est ça ?
Tu m'as prise pour un putain de jouet !
Et merde. Je me tire.
- Chase. - Je me tire.
- Je t'emmerde ! - Je voulais être gentil.
Je venais t'offrir un paquet de fric,
sans rien en retour.
J'emmerde ta gentillesse et ton fric.
Il est dégueulasse. Il pue la merde, comme toi.
Ce bébé est autant à moi qu'à toi.
- Ah oui ? - On ira au tribunal.
- Chase, non. - J'en ai marre de vous deux.
J'ai merdé, d'accord ?
Mais toi, t'as baisé le mec de ta boss.
Donc félicitations, on a merdé tous les deux.
Et j'ai des droits.
D'accord ? En tant qu'homme.
C'est pas juste.
J'aime ce bébé.
Je demanderai la garde exclusive.
Et devine qui sera mon avocate. Carr.
Dehors ! Tout de suite !
Allez !
Tu veux un conseil ?
Je suis la cible à abattre.
Ah oui ?
C'est mieux.
Merci, Libby.
La prochaine fois que je veux faire évacuer une pièce,
je ferai venir des cornemuses.
Tu croyais vraiment qu'elle descendrait
voir tous ces lèche-bottes d'Hollywood qui veulent prendre un selfie
- avec le fil Instagram des Oscars ? - Arrêtez vos conneries.
Vous avez tenté des choses, et ça n'a pas marché.
Il est maintenant temps de nous unir. Compris ?
D'accord.
Où sont-ils tous passés ?
L'invitation disait jusqu'à 19 h.
- Dina a viré tout le monde. - Pourquoi ?
Elle est transie de douleur. Elle ne sort pas de sa chambre.
Elle refuse d'abandonner le corps de Doug.
Oh, mon Dieu ! Merde.
C'est plus qu'un simple deuil.
On fait quoi ?
Je vais lui parler ?
Non, on y va toutes.
Elle peut ignorer l'une de nous, mais pas toutes.
Je ne crois pas trop
au travail d'équipe, là.
Alors passe ton tour.
Ça suffit !
D'accord ?
Si vous tenez vraiment à Dina, arrêtez de vous quereller comme des gamines.
Mettez-vous d'accord !
L'union fait la force !
Elle est bourrée.
- Elle a trop bu. - Elle est...
Et merde !
Arrêtez. Toutes les deux !
Dina parle à un homme mort.
Ressaisissez-vous.
Allez ! Merde.
Dina, c'est nous.
On peut entrer ?
Le cirque a quitté la ville ?
Oui, ils sont tous rentrés chez eux.
Désolée pour la foule. Il y avait plus de monde que prévu.
J'ignorais qu'il était si apprécié.
Et la musique,
ce n'était peut-être pas ma meilleure décision.
Comment ça va ?
Regardez ça.
VICTOIRE POUR MOORE
C'est le soir où Doug a gagné son premier Oscar.
Mon Dieu, on était si jeunes.
Regardez-nous. On était radieux, on avait la vie devant nous.
Vous aviez l'air si heureux.
Vous aviez quelque chose de spécial.
Ne me parle pas de chance.
Tu aurais dû entendre ce que les gens disaient.
Sur votre couple,
sur votre vie. Vous avez fait des jaloux.
Et ce n'était pas qu'une question de carrière.
- Ce qui est rare, ici. - Oui.
Vous étiez vraiment une exception.
Les récompenses, les paillettes, toutes ces futilités
que les gens poursuivent pour combler un vide.
Vous n'en aviez pas besoin.
Vous vous aimiez vraiment, et ça se voyait.
Tout à fait.
Je sais que vous voulez m'aider, et je l'apprécie vraiment.
Mais rien de ce que vous direz ne pourra atténuer ma douleur
ou le ramener.
Tu sais, Elijah, mon génie de la physique.
L'autre jour, il parlait d'énergie et de quantum.
Cette chose qui nous anime, la force vitale.
Ce qui nous rend vivants, c'est l'énergie,
elle bouge et change sans cesse,
mais elle ne disparaît jamais.
Elle n'est pas limitée à notre corps, contrairement à nous.
C'est pour ça que le garder...
Ce n'est pas vraiment lui.
Ce n'est pas l'homme que tu aimais,
celui qui illuminait chaque pièce où il entrait.
Cette énergie est passée ailleurs.
Il est temps de le laisser partir pour lui permettre d'avancer,
et toi aussi.
Repense à votre amour, à vos souvenirs,
à la façon dont il t'a changée.
C'est là que son énergie sera toujours...
En toi.
C'est vrai.
J'arrête pas de penser...
Et si c'était l'un de mes fils, qu'est-ce qu'il y aurait à dire ?
Je ne voudrais pas qu'on me dise quoi ressentir ou comment être. Mon Dieu.
C'est pour ça que je suis contre le mariage.
Il vaut mieux ne pas trop s'accrocher.
Mari, enfants...
Tôt ou tard, on meurt tous.
Mais de là à jouer la sécurité pour éviter de souffrir ?
Je crois que c'est que je fais.
En laissant partir Chase, l'amour de ma vie.
Juste par crainte.
Non, ce n'est pas ce que tu fais, et tu le sais.
Absolument pas.
D'un autre côté, je sais pas
si tu trouveras mieux à ton âge.
Quoi ?
- À cause de ça ? - Oui, tout à fait.
Les filles ?
Appelez-les. Dites-leur de venir chercher Doug.
Il est temps.
Et merci.
Attendez.
Dis-le.
On ne peut pas.
Dis ce que tu ressens.
Chase, non...
Je t'aime.
Je t'aime, je t'aime, je t'aime.
Je t'aime.
Salut.
Quoi ?
Rien.
Je t'ai fait du café.
J'étais surpris de te voir, après tout ça...
Après la crise que t'as piquée dans mon bureau ?
Ma crise ?
Elle m'a balancé des trucs.
Tu t'es comporté en gamin.
Elle a commencé !
J'ai rien à ajouter.
Pourquoi t'as changé d'avis ?
Je ne sais pas.
Par pulsion humaine.
Fais-moi un procès.
Et peut-être, je dis bien peut-être, que je craque pour les pères
qui défendent leur enfant.
Donc les hommes ont des droits ?
C'est pas une question d'hommes ou de femmes.
Toute personne à des droits fondamentaux.
Comme la vie, la liberté et la poursuite du bonheur...
Et si on réessayait ?
Sous-titres : Alexis Anceau
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