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Il était une fois,
au coeur d'une sombre montagne,
un dragon qui vivait dans une grotte si bien cachée
que personne ne pouvait la trouver.
Ce dragon
s'appelait Dragon.
Sa haine des humains
n'avait d'égal que l'amour sans limite
qu'il vouait à son trésor.
Cette fortune faisait son bonheur
et sa fierté.
Et pourtant,
notre ami Dragon était devenu
très triste.
Imaginez !
Il était le seul de la forêt
qui ne pouvait pas avoir de bébés.
A quoi bon accumuler si l'on ne peut partager ?
Alors le triste Dragon prit son courage à deux ailes
et s'élança sur le chemin du ciel,
en quête de quelqu'un qui pourrait l'aider.
Son voyage fut très long,
même pour un dragon.
Et tandis qu'il s'apprêtait à retourner dans sa grotte,
c'est là qu'il me vit pour la première fois.
Qui suis-je ?
Une sorcière à tête de grenouille
ou une grenouille à corps de sorcière ?
Bonne question !
Monseigneur Dragon !
Bonjour, Sorcenouille.
J'ai un problème.
Et j'ai une solution !
Tu connais mon souci ?
C'est mon travail de tout savoir.
C'est évident. Tu veux des enfants.
Couve ces trois graines pendant trois mois
et lorsque tu auras rêvé trois fois,
alors la joie remplacera la tristesse.
Et lorsque de colère, tu seras hors de toi,
je viendrai me payer de ton 2e bien le plus précieux.
Mon 2e bien le plus précieux ?
C'est un pacte on ne peut plus simple.
Sorcenouille, je sens l'embrouille,
mais si tu me permets d'avoir des petits,
je respecterai notre pacte.
Dragon se mit alors à couver pendant trois mois.
Il rêva trois fois.
Et à son réveil...
il découvrit que j'avais tenu ma promesse.
Tout en pierre sont tes membres. Tu t'appelleras Roc !
Heureux de constater que tu apprécies ton nom.
Léger comme l'air et porté par les vents.
Tu seras Brise.
Non ?
Monsieur a du caractère.
Rafale, peut-être ?
Et que penses-tu de Zéphir ?
Bien. Accueillons à présent votre cadet.
Mais le cadet était un dragon très spécial.
Hein ?
Mais c'est...
Une affreuse humaine !
Sorcenouille !
Un petit d'humain.
Quel beau cadeau tombé du ciel !
Des flammes ? Cette petite crache du feu ?
Il semblerait que malgré ton horrible apparence,
tu sois bel et bien ma fille.
Et tu t'appelleras Poil.
Elle est magnifique,
ma reine.
Une vraie petite princesse !
Une fille ?
On lui trouvera bien une utilité.
Circulez ! Ne bloquez pas le passage.
Avancez !
Plus vite !
Il m'a pas l'air frais, ce poisson.
Tu veux nous rendre malade ?
- Ne bloquez pas le passage. - Halte, papi !
- Circulez. - Montre-moi ce que t'as.
Circulez !
( De la part de la reine.) Merci.
- Bonjour, papa. - Bonjour, ma fille.
Tu as bien dormi ?
Oui, j'ai encore rêvé que je volais.
Arrête de râler, Poney.
C'est une chance de pouvoir sortir du château.
C'est beau, ça.
Tu aurais préféré dormir, mais un peu d'exercice fait du bien.
T'as grossi, ces derniers mois.
- Peut-être un oiseau ? - La vérité fait mal.
Bonjour !
Tu es bien loin dans la forêt.
Tu es perdue ?
En voilà des façons !
Sais-tu qui je suis, petite sauvageonne ?
Je pourrais te faire fouetter pour ça !
Tu irais dans un cachot, si je le disais à mon père.
Personne n'a envie de se retrouver dans les cachots de mon père.
Tu m'excuseras, mais j'ai à faire.
Elle a de drôles de manières, mais elle n'avait pas l'air méchante.
Quelle surprise ! Ne serait-ce pas la petite de Dragon ?
Oui, c'est moi. Poil !
Poil...
Nous nous sommes déjà rencontrés, il y a longtemps.
Je suis Bourya, l'animal le plus puissant de cette forêt.
C'est mon père, le plus puissant !
Nous pourrions en débattre,
mais ça n'a pas d'importance, mon enfant.
Ce qui en a, c'est que cette humaine va me servir de déjeuner.
- Non ! - Non ?
Tu me dis "non" ?
Ce qui se trouve sur mon territoire m'appartient.
C'est moi qui l'ai trouvée. C'est à Poil !
Votre maudit feu !
Va-t'en, maintenant, Bourya !
Qui se ressemble s'assemble.
T'as jamais fait partie de cette forêt.
Tu es comme elle.
Un monstre à deux pattes.
Un humain.
Merci de m'avoir sauvée.
Je m'appelle Princesse.
C'est prétentieux, mais j'ai pas choisi.
Princesse !
- Princesse. - Princesse.
Oui, c'est ça ! Et toi ?
- Poil ! - Poil ?
C'est original. Enchantée.
Merci de m'avoir sauvée des griffes de ce gros ours. C'est gentil.
Justement, je disais à Poney que...
Mon poney !
Bonjour,
Poney ! Poney ?
Mais je m'appelle pas Poney.
Mon nom est Fiduval, fils du légendaire Gucéphal.
Et moi, je suis Poil, fille du puissant Dragon.
Poil ? Certains portent leur horrible nom à merveille.
Quoi ? Tu dis
que je suis horrible ?
Horriblement poilue !
J'aurais dû laisser l'ours te croquer !
Vous avez fait connaissance.
Poney, tu as pris un bien mauvais coup.
Pas Poney.
Son nom, c'est Fiduval. Oui !
Fiduval ? Comment ça ?
Il me l'a dit.
Tu parles aux animaux ?
Je n'ai jamais entendu parler de quelqu'un qui avait ce talent.
Cela doit être pratique. C'était un plaisir,
mais je dois y aller.
Route ?
Je vais prendre des livres.
Poil vient !
Avec plaisir, Poil. C'est très gentil de proposer.
L'endroit est plutôt dangereux.
Il faut continuer jusqu'aux collines.
- Moi venir ! - Formidable !
Un peu de compagnie sauvage ne me fera pas de mal.
Ca, pour être sauvage !
Je suis étonnée de te rencontrer aussi loin. De quoi vivez-vous ?
Tes parents n'ont pas assez d'argent pour t'acheter des vêtements.
Il y a tellement de gens
qui ont faim et qui n'ont pas de toit.
L'hiver, ils souffrent beaucoup.
Qu'est-ce qui t'amuse ?
Ce que je dis est grave.
Il ne faut pas rire du malheur des gens.
Tu parles beaucoup.
Oui. Pardon. Tu as raison.
Tu n'es pas la 1re personne à me le dire.
C'est joli. C'est comme le chant des oiseaux.
Je comprends pas tout, mais c'est beau.
Merci.
La ville a été détruite il y a longtemps.
Détruite ?
Pourquoi ?
A cause d'une guerre.
C'est toujours pour de l'or que ça arrive.
- Mon père a plein d'or. - Vraiment ?
Dis-lui de le cacher s'il ne veut pas avoir d'ennuis.
C'est mon père qui cause des ennuis aux autres.
Il ressemble au mien, dans ce cas.
Crois-moi, les hommes
trouvent toujours plus cupide qu'eux.
Voilà la bibliothèque !
C'est l'un des bâtiments qui a le moins souffert.
Les soldats ne s'intéressent pas trop aux livres.
Et voilà !
Attention où tu mets les pieds ! C'est dangereux !
Une fois, j'ai glissé, je suis tombée sur les fesses.
Ca m'a servi de leçon.
- C'est quoi, ça ? - Quoi ?
Tu n'as jamais vu un livre ?
On apprend énormément de choses en les lisant.
Celui-là est un traité de magie.
Magie ?
"Magie, pactes et sortilèges",
"Magie noire et envoûtement"...
Ca, on va peut-être éviter.
"Magie et alchimie", "Cuisine et magie".
Je cherche une formule pour me transformer en garçon.
Ca serait tellement plus simple.
Tu voudrais quoi, toi, si tu pouvais changer ?
Des ailes ! Grandes et puissantes !
Voler... C'est vrai que ça doit être merveilleux.
Je prends quelques romans pour maman. Elle adore ça.
Zut ! Il manquait plus que ça !
Au galop, Fiduval !
Fiduval se demande si on ne devrait pas accélérer le pas.
Je suis d'accord avec toi, petit Fiduval !
Comment ça, "petit" ?
Mais... Mais tu voles ?
Non, c'est pas voler, ça.
J'arrive !
Un peu tard, mais j'arrive.
Princesse, tu vas dormir chez Poil.
Ca ne dérangera pas tes parents ?
Non. Mon père et mes frères sont très gentils.
D'accord.
Tu habites vraiment ici ?
Fiduval ne le sent pas, mais alors pas du tout.
Vous vivez ici depuis longtemps ?
Père s'est installé il y a des siècles.
C'est une façon de parler ?
Sa famille est tellement misérable qu'ils vivent dans une grotte.
Mais tout cet or, Poil !
Oh, non ! Poil ? Je sais pas si c'est une bonne idée.
(- T'es réveillé, papa ?)
Pas tout à fait.
J'ai rencontré une bête qui me ressemble.
Elle parle avec sa bouche, comme ça, pas dans sa tête comme nous.
Sa voix est très, très belle.
Ses griffes sont rondes, comme moi.
Une bête qui te ressemble ?
L'ours Bourya l'a appelée "humain".
Une humaine ?
Ce sont des créatures maléfiques qui ne pensent qu'à détruire.
Je les déteste.
Si je les croise,
je les mange.
Mais je lui ressemble, et pourtant,
tu ne me manges pas.
Tu as un coeur de dragon,
pas un coeur d'humain.
C'est tout ce qui compte, ma fille.
Celle que j'ai rencontrée est gentille.
Quoi ?
Tu en as amené un ici ?
Dans notre foyer ?
Père !
Es-tu folle ?
Quoi se passe ?
Oh là là !
Toi !
Princesse !
Arrête ! Qu'est-ce qui te prend ?
Amène-moi cette humaine !
Tu ne sais pas de quoi ils sont capables.
Si nous la laissons partir, elle reviendra avec une armée
pour nous voler et nous détruire.
Non, père ! Princesse est mon amie. Elle ferait jamais ça.
Ca suffit !
Non !
Poil !
Bonjour, cher Dragon.
Toi ?
Comme tu es en colère.
Dis-moi, quel est ton 2e bien le plus précieux ?
Tu choisis mal ton moment,
Sorcenouille.
Que m'offres-tu ?
L'un de ces beaux dragonnets ?
Non ! J'aime autant Zéphir que Roc et Poil.
Poil...
Oui ?
Voilà mon 2e bien le plus précieux.
Prends-la,
Sorcenouille. Que je ne la revoie jamais.
Soit, Dragon.
Mais je ne la vois nulle part.
C'est de ta faute si elle me crée autant de soucis.
Trouve-la toi-même, maudite sorcière !
Quoi ? Ce ne sont pas les termes du pacte.
Je reviendrai
chercher mon prix à la prochaine lune.
Et si ta fille n'est pas là, je prendrai tes fils.
D'ici là,
toi et tes enfants,
vous n'aurez plus ni feu, ni ailes.
J'ai bien cru que j'allais mourir.
J'ai cru qu'on allait tous mourir.
Poil !
Mon père ne m'aime plus.
Mais qu'est-ce qui t'arrive, Poil ?
Je suis pas un vrai dragon.
Parce que je suis comme toi.
Un monstre à deux pattes. Poil !
Oh, non !
Pas ce matin !
Regarde un peu comme tu es ! Une vraie carpette.
J'ai un haut-le-coeur quand j'imagine ta nuit.
S'appeler Princesse ne suffit pas pour en être une.
Gna gna gna.
Tu as tes cours avec ta mère.
Seules tes visites lui remontent le moral.
Ensuite, tu as rendez-vous avec ton promis.
Pitié, Mimi !
Pas de pitié pour les sauvageonnes !
Je cours chercher des vêtements.
Débarbouille-toi un peu.
(- Poil ?)
Tu m'entends, Poil ?
Dis-moi ce que je dois faire pour te revoir.
Tu me manques déjà.
Tu as passé la journée à me sauver, alors que tu ne me connaissais pas.
J'aimerais qu'on soit amies.
Poil ?
C'est vrai ? Tu veux qu'on soit amies ?
J'en serais très heureuse.
Où suis-je ?
Dans ma chambre. Je t'ai amenée
chez moi, hier soir.
C'est doux, ça.
Qu'est-ce que c'est ?
C'est Poil, mon amie.
Ton amie ?
Exactement. Mon amie.
Il ne faut pas faire rentrer les gens du peuple dans le château.
Faisons-la sortir.
C'est la 1re fois que j'amène quelqu'un.
Et Poil est vraiment très spéciale.
Oh !
Rien que son nom est spécial.
Je ne parle même pas de sa monstrueuse tignasse.
Elle doit avoir des poux.
Cette petite est toute nue ?
Nue ?
Doucement, Mimi. C'est la 1re fois qu'elle rencontre d'autres humains.
Tu lis trop d'histoires, Princesse.
Elle ne doit pas t'empêcher de te comporter comme une dame.
Tu dois aller voir ta mère...
Et petit-déjeuner avec mon futur époux.
Je sais tout cela. Mais pour Poil ?
Je peux lui trouver quelque chose.
Je reviens.
C'est étrange.
On dirait que tu as grandi.
Un peu, oui.
Il va falloir que tu fasses attention.
Tu ne peux pas te comporter
comme un dragon. J'en suis pas un, de toute façon.
Habillons-la, nous allons être en retard.
Quand on a Mimi comme gouvernante... On n'est pas en retard.
Ca te plaît, Poil ?
Oui.
Allez ! Plus le temps pour les ajustements.
Ecartez-vous, les enfants !
On y est presque. Reste le plus dur.
L'escalier de la souffrance.
Voilà. Pile à l'heure.
Vous êtes parfaites.
Merci, Mimi.
De rien, ma princesse. Embrasse ta maman pour moi.
Comme tu peux le constater, maman est enfermée ici.
Pourquoi ?
Elle distribuait l'or de mon père aux gens qui en avaient besoin.
Quand il l'a su, il est devenu fou de rage.
Elle doit s'excuser et promettre de ne jamais recommencer.
(Elle est trop fière)
(pour ça.)
Bonjour, maman !
Bonjour, ma fille.
- Vous avez passé une bonne nuit ? - Moins mouvementée que la tienne.
Mimi vous a déjà tout raconté ?
Bien sûr, c'est ma meilleure amie.
Moi aussi, j'ai une amie.
Je vous présente Poil. On s'est rencontrées dans la forêt.
Bonjour.
Bonjour, Poil.
Quelle chevelure magnifique !
Il faut la laisser respirer.
Je vous ai apporté un nouveau livre.
C'est bien aimable à toi, ma fille.
Viens donc t'asseoir, Poil.
Tous les contes et les légendes sur les dragons et les sorcières,
je suis sûre que ça existe.
Ah ?
Il y a toujours un fond de vrai dans les légendes.
Alors comme ça, tu es l'amie de ma fille ?
Et tu n'es pas très bavarde.
Non.
Princesse mérite d'avoir une amie aussi exceptionnelle que toi.
Prends soin d'elle. Oui.
On dirait que ton promis rentre de sa chasse.
N'oublie pas qu'être une princesse, c'est savoir rester digne
en toutes circonstances.
Quelle chasse, Jeannot !
Pense à récompenser les chiens.
D'habitude, nous attrapons du lourd. Là, c'est de l'immense.
Cela tombe à point pour impressionner ma promise.
Elle va découvrir quel genre d'homme je suis.
Pour sûr, messire Albert.
Faudrait qu'elle soit myope
pour pas voir le robuste et beau jeune homme que vous êtes.
Sa seigneurie
le comte Albert !
Princesse n'est pas encore là ?
Elle ne saurait tarder.
Encore en retard.
Comme toute princesse qui se respecte, comte Albert.
Cette habitude devra disparaître lorsque vous serez mon épouse.
Je n'aime pas les gens qui sont toujours en retard.
Je vois que vous avez amené une demoiselle de compagnie.
Bonjour, mademoiselle. Je suis Albert,
fils du comte Roflon. C'est un plaisir
de vous avoir à notre table.
Ah !
Voilà de bien étranges manières.
Poil est un peu sauvage. Elle n'est pas d'ici.
Elle s'appelle Poil ? Vraiment ?
Effectivement, "sauvage" a l'air d'être le mot.
C'est pour qui tout ça ?
- Pour nous. - Nous ne pourrons pas tout manger.
"Sauvage" est définitivement le bon mot.
C'est le minimum pour notre rang.
D'où arrive cette étrange créature ?
Dehors, le peuple meurt de faim, et nous...
Oh, non, ma mie !
Ne reparlez pas des inutiles qui nous entourent.
S'ils voulaient bien manger, il leur fallait bien naître.
Ne prenez pas les idées de votre mère à votre compte.
On voit où ça l'a menée.
Parlons de votre chasse de ce matin. Ce sera plus supportable.
Oh, Princesse, j'ai fait très bonne chasse.
Comme jamais, à dire vrai.
Nous allons faire mieux qu'en parler,
je vais vous en montrer le fruit. Venez.
Votre amie m'a coupé l'appétit.
La chasse est certainement le plus grand des arts.
Cela demande discipline, patience et courage.
Jeannot !
J'aimerais montrer ma prise de ce matin à ma promise.
Pour sûr, votre grandeur. Suivez-moi.
Regardez, Princesse ! Il est immense, gigantesque !
C'est un monstre !
Vous rendez-vous compte de l'exploit
que j'ai accompli en capturant cette bête ?
Vivante, de surcroît.
C'est l'ours qui nous a attaquées.
Bourya ? Il a dû nous suivre.
Pourquoi il est enfermé, lui aussi ?
Pourquoi ? Nous allons le cuisiner, pardi.
En faire saucissons et pâtés.
Tout le château va pouvoir profiter de ma chasse et me remercier.
Et Princesse, j'ai eu une idée divine.
Nous allons accrocher la tête de ce monstre
au-dessus de notre lit
et utiliser sa fourrure pour y déposer nos fils.
Toi... J'avais raison.
Qui se ressemble s'assemble, maudite humaine.
Je vais te sortir de là.
Je ne t'ai rien demandé.
- Allez, rentrez chez vous ! - Mon ours !
Mais Jeannot, fais quelque chose,
bec à foin !
Je sais pas d'où tu sors,
mais tu vas voir comment je dresse les bêtes !
C'est bien, ça. Donne-lui une bonne leçon.
Qu'elle s'en souvienne.
Elle est plus vive qu'une anguille.
Et elle mord comme un castor.
Du feu ! Elle crache du feu !
Gardes ! Emparez-vous d'elle !
Poil !
Vous croyez me faire peur, humains ?
Je suis la fille de Dragon, le seigneur de la forêt !
Aïe !
Ta tête viendra décorer ma chambre à la place de celle de l'ours.
Comment Princesse pourrait passer sa vie avec toi ?
Gardes !
Vous êtes devenus fous ?
Pardon, Poil. Tout est de ma faute. Je n'aurais pas dû t'amener ici.
Je ne pouvais pas les laisser faire du mal à Bourya.
Je sais, Poil.
Je sais.
Vous osez vous attaquer à une demoiselle ?
Je me demande ce qu'en dira mon père,
quand je lui raconterai.
Mais nous allons lui expliquer ensemble, ma mie.
Poil !
Ne t'avais-je pas prévenue, ma fille ?
Les humains sont maléfiques.
On ne peut pas leur faire confiance.
Elle n'est pas humaine. On l'a vue cracher du feu.
Elle se dit fille de dragon.
Merci, Albert.
Cette fille se réveille, elle va pouvoir nous donner
sa version des faits. Poil !
J'ai mal à la tête.
Tu t'en sors plutôt bien,
après avoir corrigé le petit Albert et mes soldats.
Et mon Jeannot, altesse !
Regardez ce qu'elle a fait. Elle m'a tout cassé.
C'est pas un exploit. Ils sont faibles.
Ils m'ont eue parce qu'ils se battent sans honneur.
Tu as l'air d'avoir du caractère, Poil.
C'est bien ton nom ?
Tu sais que pour avoir blessé un noble,
qui plus est mon futur gendre,
le châtiment est la mort.
Ca ne te fait pas peur, Poil ?
Pourquoi avoir peur de ce que je connais pas ?
C'est dans la nature des hommes d'avoir peur de l'inconnu.
Mais tu n'es pas humaine, n'est-ce pas ?
Une fillette ordinaire
ne pourrait pas corriger plusieurs hommes.
Son père serait un dragon.
Tu l'as déjà dit,
et je le crois.
Je sais reconnaître un dragon.
J'aime beaucoup les dragons.
Je les adore, même.
Et notre amie Poil
a ce regard que je connais.
Ma fille m'a dit que tu l'avais sauvée.
Oui. Sans Poil, j'aurais été dévorée par un ours.
Alors nous voilà devant un dilemme, petite.
Je dois te punir
et te récompenser.
Disons que nous pouvons trouver un compromis,
fille de dragon.
Tu me dis où se trouve la tanière de ton père
et nous sommes quittes.
Jamais ! Vous devriez me remercier.
Mon père déteste les humains.
S'il vous voit, il vous mange.
Bien.
Si telle est ta décision.
Pitié, père ! C'est mon amie.
Ton amie a fait son choix. Je n'y peux rien.
La sentence est la mort.
Non, je... Je sais où se trouve leur tanière.
Vraiment ?
Non !
Princesse !
Si t'es mon amie, ne dis rien.
Pardon, Poil. Je ne peux pas les laisser te faire du mal.
Non, Princesse !
Tu ne sais pas de quoi ils sont capables.
Si nous la laissons partir,
elle reviendra avec une armée...
POUR NOUS VOLER ET NOUS DETRUIRE.
Maintenant, je sais, père.
Ca ne sert à rien, les enfants.
La magie de la sorcenouille est trop puissante.
Père n'aurait jamais dû donner Poil.
Ne me parle pas sur ce ton, Zéphir.
Père qui donne ses enfants être mauvais père.
C'est ton portrait craché.
Que veux-tu ?
Ne me regarde pas comme ça. Je suis ton roi et ton époux.
Je suis le souverain d'un royaume.
Je dois prendre des décisions difficiles pour le bien commun.
Tu n'y penses pas quand tu affames ton peuple
ou quand tu m'arraches notre unique fille
pour la marier à ce petit imbécile.
Tu ne penses qu'à ton bien. L'or fait tourner le monde.
Plus j'en ai, plus mon pouvoir est grand.
Ta seule préoccupation
devrait être la bonne santé de tes sujets.
Ca suffit ! Je pars chasser un dragon.
Si son trésor est aussi vaste que je l'imagine,
je n'aurai plus besoin de marier Princesse.
Et tu pourras peut-être sortir de cette prison.
Tu te mens à toi-même.
Si tu possédais le monde, tu partirais chasser les étoiles.
Tu es trop sage pour moi, mon amour.
Je ne peux pas lutter.
Je dois faire quelque chose.
Bien sûr.
Tu ne serais pas ma Princesse, sinon.
Mimi sera ravie de t'aider.
J'entends le chant des oiseaux
Dans le ciel
Au pied de l'arbre
Au bord de l'eau
Ou sur tes ailes
Je peux me reposer
Tu peux me raconter
Comment...
Sauver la terre des mains des hommes
Avant que tout soit en poussière
Sans faire la guerre, le vent d'automne
Nous portera vers la lumière
Sauver la terre pour que résonnent
Les voix puissantes de nos mères
Et pour la guerre, on vous pardonne
Si vous nous laissez tout refaire
Pardon, messire.
Pauvre femme.
Paltoquet !
Oh, mon dos !
Faut-il que je m'écroule pour avoir un peu d'aide ?
Merci, mon grand. J'apporte le déjeuner de notre reine.
Ca fait beaucoup !
Les gâteaux au miel sont pour vous.
Les gars, dame Mimi a pensé à nous.
Et la petite, comment va-t-elle ?
Elle doit encore être dans son oeuf.
On l'a pas entendue de la nuit.
Quand même ! Quel étrange...
Et hop !
Il faudra que tu m'apprennes à faire ces gâteaux.
Pour que tu t'en serves contre moi ?
Jamais contre toi, Mimi, promis ! Et merci de ton aide.
Poil !
Si tu veux aider ta famille, il faut que tu sortes de là.
Mon père est parti affronter le tien
pour voler son or.
Je suis désolée d'avoir dit où se trouvait votre grotte,
mais j'avais pas le choix.
Maintenant, tu dois te réveiller.
Je ne pourrai jamais me racheter si tu ne te réveilles pas.
Poil !
Je refuse que ça se finisse comme ça.
Que fais-tu ?
Je la sors d'ici.
Elles sont là !
Je savais qu'elles préparaient quelque chose.
Laissez cet oeuf ! Bloque la porte !
Non !
Poussez !
- On est bloquées. - Princesse !
Ouvrez cette porte immédiatement. C'est un ordre.
Un ordre ?
Mais pour qui se prend-il ?
J'entends tout. Vous en répondrez devant le roi, vieille ribaude.
C'est ça, foutriquet !
Tiens bon, Mimi !
Ce ne sont que quelques hommes.
Mais ils sont combien derrière cette porte ?
Rattrapez-les ! Elles s'échappent ! Allez !
Oh !
La fenêtre, Mimi !
- Tu es sûre ? - Plus le temps d'hésiter.
Attention à l'atterrissage !
Bravo, Princesse !
Albert, que faites-vous ?
Rien qui ne vous concerne.
Mon mari aura vent de votre attitude.
Je lui suis plus fidèle que vous.
Et vlan !
Tu te crois maligne ?
Donne-le-moi.
Jamais !
Tu vas obéir à ton futur époux !
J'arrive, Princesse !
Ils sont là !
Dépêchez-vous ! Je la tiens !
Ecartez-vous, mécréants !
Je suis là, Princesse.
Quand nous serons mariés,
tu dormiras par terre !
A droite, Fiduval !
Je suis votre princesse. Laissez-moi passer.
Impossible. Les ordres du roi sont formels.
Vous ne devez plus sortir.
Poil ! S'il te plaît !
Ne compliquez pas les choses, Princesse.
Poil, si tu m'entends, c'est maintenant ou jamais.
Poil ?
Je te demande pardon.
Je suis ton amie, Poil.
Amie ?
Mon père est parti tôt ce matin. Ta famille est en danger.
Alors ne perdons pas de temps.
Avec moi !
Essaie de ne pas trop leur faire de mal, s'il te plaît.
Le plus dur est fait.
Oh, non ! La meute des piqueurs !
Albert les a lâchés sur nous.
Allez-y, messieurs ! L'heure de la curée a sonné !
Tayaut ! Tayaut !
Hé ! Poil !
Fiduval ! Contente de te revoir.
Moi aussi !
Je vous fais gagner du temps.
Qu'est-ce qui se passe ?
Fiduval a envie de jouer les héros.
Fiduval le Fier ne joue pas, il agit.
Poil, attention, sur le côté !
Accroche-toi !
Princesse !
Poil !
Poil, tu vas bien ?
J'ai un peu la tête qui tourne.
Je vais leur faire tâter de mon joujou préféré :
"l'alberalète".
Princesse !
Comment avez-vous pu
vous enticher d'elle ?
Ce n'est pas un dragon, ni une humaine.
Regardez-la, elle est affreuse.
Ce n'est qu'un accident de la nature, un monstre.
Elle a pas sa place ici. Poil !
C'est bien la première fois que je manque ma cible.
Je ne vois qu'un monstre ici, et c'est toi !
Vous osez lever la main sur moi ?
Pire encore, vous osez me tutoyer ?
La fréquentation de cette créature vous a fait perdre
toute convenance.
Pas mes beaux cheveux !
Reprends des forces, Poil, je m'occupe de lui.
Non !
Arrêtez, Princesse.
Vous me faites mal.
Regardez dans quel état je suis. Tout décoiffé, tout meurtri.
Vous croyez que c'est digne d'une princesse ?
Tu n'as rien
d'un gentilhomme.
Poil, ça va ?
Vous avez raison.
Je suis désolé.
Vous m'aidez à me relever ?
Sûrement pas. Tu as bien mérité ta correction.
Oups !
On dirait que je me suis laissé emporter par mes émotions.
Désolé, Princesse.
Il va falloir que je m'en trouve une moins pénible à épouser.
Mais quoi encore ?
Serre-moi fort,
Princesse.
Poil !
Tu voles !
Tu es un vrai dragon.
C'est fantastique !
Ca vaut tous les trésors du monde !
Que faire pour me débarrasser de vous ?
Non !
Maudits humains ! Je vous détruirai tous !
Soldats !
Tirez !
Père !
Les enfants, cachez-vous !
Que protèges-tu là, Dragon ?
Quelle déception !
J'ai connu des moutons qui avaient plus de combativité que ce dragon.
Attrapez les petits pendant que je l'achève.
Père, arrêtez !
Père !
Princesse ? Qu'est-ce que tu fais ici ?
Vous êtes déjà si riche !
Quel besoin avez-vous d'en vouloir plus ?
Un homme n'est jamais assez riche, ma fille.
Retourne au château avant d'être blessée.
Non !
Non !
Ca suffit ! Plus de violence !
Allez-y, grand roi, servez-vous,
puisqu'il n'y a que l'argent qui vous intéresse.
Je n'ai pas besoin
de ta permission.
Ton père ne peut plus m'arrêter. Poil !
Mais lâche-moi ! Place, soldats.
Papa...
Me pardonneras-tu un jour,
ma fille ?
Il n'y a rien à pardonner. Je sais que je suis différente.
C'est normal que vous préfériez Zéphir et Roc.
Ils vous ressemblent plus.
Non, Poil. Je me suis mal comporté.
J'ai été un mauvais père.
Je vous aime autant,
toi, Roc et Zéphir.
Vous êtes tous les trois mes enfants.
Mon bien le plus précieux.
J'ai donné le second à la sorcenouille :
mon trésor.
Mais c'est...
de la sorcellerie !
Non ! C'est de la sorcenouillerie.
Non !
Mon or !
Rendez-moi
mes frères !
Tout de suite !
Poil !
Soeur de Roc
être de retour !
Roc content !
Vous m'avez manqué.
Toi aussi.
Tu m'as payée, Dragon.
Nous sommes quittes.
Ce fut un plaisir de traiter avec toi.
Tu es dure en affaires, Sorcenouille.
Toi ! Je t'ordonne de rester là !
Il m'ordonne !
Soyez heureux !
Qu'est-ce que c'était que cette créature ?
Père !
Pardonne mon obsession, ma fille,
mais un roi doit suivre ses ambitions.
Non, père. Un roi doit faire ce qui est juste.
Tu ressembles de plus en plus à ta mère.
Fais ce qui est juste pendant mon absence.
Messieurs, en route !
Nous avons un trésor à trouver et une sorcière à affronter.
Mon père dit :
"Ne crains rien, fillette, je n'essaierai plus de te manger."
Me voilà rassurée.
Personne ne revit jamais le roi.
Certains affirmèrent
qu'il s'était perdu en faisant des fouilles.
D'autres, que lui et ses soldats
furent transformés en têtards
après avoir provoqué la sorcenouille.
En tout cas, une chose est sûre,
ils avaient su trouver les embrouilles.
Quant à Princesse, elle devint la reine d'un royaume
qui ne connut plus de peine.
Tout l'or du roi fut partagé
pour que chacun mange à sa faim, ait un toit
et des terres à cultiver.
Personne n'était assez fou pour attaquer
ou assiéger,
car tous savaient que Princesse
avait une puissante alliée qui dormait dans la forêt.
Une amie qui chassait, râlait, soufflait du feu
et, bien entendu, volait comme un dragon.
Cette amie s'appelait Poil.
C'était elle aussi une princesse.
La princesse des dragons.
J'entends le chant des oiseaux
Dans le ciel
Au pied de l'arbre Au bord de l'eau
Ou sur tes ailes
Je peux me reposer
Tu peux me raconter
Comment...
Sauver la terre des mains des hommes
Avant que tout soit en poussière
Sans faire la guerre, le vent d'automne
Nous portera vers la lumière
Sauver la terre pour que résonnent
Les voix puissantes de nos mères
Et pour la guerre, on vous pardonne
Si vous nous laissez tout refaire
Dans tes cheveux
Aux couleurs du soleil
Il y a les promesses d'un nouveau monde
Dans lequel
Tu peux te reposer
Je peux te raconter
Comment...
Sauver la terre des mains des hommes
Avant que tout soit en poussière
Sans faire la guerre, le vent d'automne
Nous portera vers la lumière
Sauver la terre pour que résonnent
Les voix puissantes de nos mères
Et pour la guerre, on vous pardonne
Si vous nous laissez tout refaire
Et dans tout ça, on trouvera
La liberté, enfin
On la chérira
Comme une pluie fine en été
Comme un câlin
A chaque fois que la peur
Nous fera douter sur le chemin
On chantera lalalala
Sans s'arrêter, ce doux refrain
Sauver la terre des mains des hommes
Avant que tout soit en poussière
Sans faire la guerre, le vent d'automne
Nous portera vers la lumière
Sauver la terre pour que résonnent
Les voix puissantes de nos mères
Et pour la guerre, on vous pardonne
Si vous nous laissez tout refaire
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