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Merci.
Alex Ferenczi, le parrain de la mafia hongroise, venait de mourir
prématurément d'une crise cardiaque.
Son cœur fragile n'avait pu résister aux assauts de son insatiable épouse.
Il faut dire que Victoria, sa dernière femme, avait un tel appétit sexuel qu
'elle ridiculisait toute idée, même extrême, qu'un homme pouvait se faire de
l'amour physique.
Le lit pour elle n'était pas un lieu de rencontre, mais un champ de bataille.
Alex, fatigué, n'avait plus envie de jouer les étalons, et c'était bien la
seule bataille dont il n'était pas sorti vainqueur.
Victoria se forçait à jouer la veuve et pleurait, mais ses deux gardes du corps
n'avaient pas besoin de la soutenir.
Elle pensait qu'il fallait vite reprendre en main les affaires d'Alex.
L'héritage du mafiosier était considérable, et il ne fallait pas
laisser croire qu'il était désormais entre les mains d'une faible femme.
Tout ira bien, ma chérie.
Tu es la plus belle, tu sais.
Tiens, goûte.
Tu es une coquine.
Et une petite gourmande.
Oui. Tu veux encore faire l'amour et pourtant tu sais que je suis déjà en
retard. Je n'ai plus le temps.
Tu es merveilleuse, la plus belle.
Et tu sais, si je viens à disparaître, c'est toi qui hérite de mes biens, oui.
Tu seras à la tête d'une petite fortune.
Tout ce que j'ai te reviendra, toutes mes affaires. Oui, c'est pour toi.
Pour tout le bonheur que tu m'as procuré pendant toutes ces années.
Embrasse-moi.
C'est super, oui.
Bouffe, là.
C'est bien.
Zolt était le numéro un.
La disparition de son patron ne l'avait pas plus ému que l'arrivée du printemps.
Froid comme l'acier, il l'était.
Seul son sexe semblait parfois s'émouvoir.
Encore fallait-il qu'il y mette la main.
Poussé par une prémonition soudaine, Victoria n'attendit pas le lendemain
pour se rendre chez Maître Zabot, le notaire d'Alex.
Chère madame, toutes mes condoléances.
C'était un homme attachant, mais je vous en prie.
Entrez donc.
Vous êtes venue pour le testament ? En effet.
Quel drame.
J'espère qu'au moins il n'a pas souffert. Non, pas du tout.
Asseyez-vous, je vous en prie.
J'ai une mauvaise nouvelle pour vous.
Oui.
Et ma démarche est très pénible.
Contrairement à ce que tout le monde doit penser, ce n'est pas vous qui
héritez d'Alex.
Quoi ? J'en suis très surpris.
C'est une fille qu'il a eue il y
a 20 ans en France et qu'il a tenue secrète jusqu'à sa mort.
Je ne comprends d'ailleurs pas, c'est tout à fait incroyable.
Pourquoi ?
Pourquoi ? Mais restez !
Victoria
venait de réaliser que son mari avait aussi ses secrets.
Laure Ferrenzi existait bel et bien et allait incarner pour Victoria la femme à
abattre.
Inconsciente d'une telle haine, Laure, légère comme un oiseau, débarqua à l
'aéroport de Budapest dans l'avion privé que le notaire avait eu ordre de lui
envoyer.
Oh, attendez, permettez-moi de vous aider.
Voilà.
Bonjour, je suis Laszlo Szabo, le notaire.
Je suis très heureux de vous accueillir. Je vous emprisonne par ici.
Merci.
Pardon, permettez-moi.
Vous avez fait un bon voyage ?
Oui, j'ai fait un très agréable voyage.
Ça m'a fait énormément de peine que votre papa disparaisse.
Oui.
Vous savez, votre papa vous a laissé beaucoup de choses.
Des bars, discothèques, hôtels.
Vous avez hérité de beaucoup d'argent.
Ceci dit, vous passez à me voir à mon bureau.
D'accord.
Chauffeur, vous accompagnez madame à sa maison.
Andrew, garde du corps numéro 2, était le contraire du numéro 1.
C'était encore un enfant, mais son côté angélique plaisait beaucoup.
Il avait vécu des orgies de toutes sortes, et à 20 ans, s'était payé plus
de filles qu'Alex dans toute sa vie.
Bonjour mademoiselle.
Laure, impressionnée par la prestance du garçon, pensa qu'il faisait partie de la
maison, donc de l'héritage.
Allô ? Écoutez-moi bien, sale petite poufiasse, c'est pas la peine d'ouvrir
votre valise. Mais je ne comprends pas, expliquez-moi. Il n'y a rien à
comprendre, vous êtes indésirable à Budapest, demain vous retournerez d'où
vous... Vous pouvez m'expliquer, non ?
Décontenancé par cette agressivité, Laure se sentit très seule.
Et Andrew, si sensible, le comprit instantanément.
La force de son désir aussi.
Je voudrais vous expliquer la situation, mademoiselle. Ah, vraiment ? Oui.
Écoutez-moi.
Je ne désire qu'une chose, que vous soyez heureuse.
Écoutez-moi, je vous en prie.
Vous êtes tellement belle.
Tout ira bien.
Non.
Laissez-moi vous embrasser, allons.
Non. Si.
Non.
N'aie pas si peur de moi.
Tu n'as rien à craindre. Je te protégerai.
L'or s'était fait un allié en la personne d'Andrew.
Aussi accepta-t-elle tout de suite la proposition d'aller visiter le morceau
de choix de son héritage.
Une boîte de nuit très fréquentée qui était en réalité le lupanar de Budapest.
Il était difficile de ne pas succomber au climat qui y régnait.
Ici, il fallait perdre les pédales et laisser parler la bête, devenir un sexe
et un cul.
Laure essaya de s'oublier et de se persuader que tout cet enfer lui
appartenait.
Eh les filles, vous avez vu qui c'est cette maman ?
Hé, c'est une nouvelle ? Mais non ! Alors qui c'est ? C'est la nouvelle
patronne.
Renée. Allez, sortez d'ici et vite.
Viens, chérie.
Je ne demande pas pourquoi.
Allez,
les filles, bougez-vous un peu.
Dépêchons.
Allez danser, vite.
Un peu de nerve, vous, là-bas. Annie, fais-moi plaisir.
Remue-moi un peu tout ça. Tu veux bien ? Madame Victoria veut que vous dansiez
pour elle, alors descendez.
Vous avez entendu ? Je veux vous voir en bas, les filles.
Je peux vous aider.
Il vous manque un homme, non ?
C'est vraiment un sacré coup.
Laszlo Zabo était un notaire, mais il n'en était pas moins homme, et même un
homme de goût. Sa dernière épouse, qui était de la haute bourgeoisie, l'avait
quitté récemment parce qu'il avait, paraît-il, des exigences sexuelles qu
'une honnête femme ne pouvait tolérer.
L'arrivée de l'or l'avait mis dans un tel état qu'il l'avait convoqué sous
prétexte de documents assignés.
Entrez.
Je vous en prie.
Je vous en prie, entrez.
Vous êtes là, c'est très bien, je suis très content.
J'avais très envie de vous voir.
Croyez-moi... Non, je vous en prie.
Mettez-vous à l'aise, donnez-le-moi.
Vous êtes chez vous.
Asseyez-vous, je vous en prie.
Ici, c'est la jungle, c'est Budapest.
Vous n'êtes pas à Paris.
C'est une ville où il y a énormément de problèmes, vous comprenez ? Regardez,
par exemple.
La boîte de votre père.
Avec ses filles qui y travaillent et la mafia qui vient. C'est dangereux, vous
comprenez ? C'est... C'est pas ce que vous pensez. Vous êtes jeune et fragile.
Vous n'avez pas la personnalité et la force pour diriger un tel endroit.
Non, vraiment.
Il faut que vous réfléchissiez sérieusement à tout cela.
C'est trop délicat.
Venez par ici.
Vous êtes une fille superbe.
Vous me rendez fou.
Viens sur moi.
Assieds-toi sur moi, viens.
Assieds-toi, ma p...
avait décidé de faire quelques courses en ville avec son chevalier servant.
Elle voulait acheter une tenue qui conviendrait mieux à la prochaine visite
qu'elle comptait faire au night club pour apprivoiser la mégère incarnée par
Victoria.
Regarde comme c'est joli tout ça !
Viens, papa.
Viens vite. Allez.
Attention, on peut nous voir.
Eh les filles, la nouvelle patronne veut nous parler.
Elle arrive, il faut qu'on soit toutes là pour l'écouter. Alors taisez-vous, ok
? Attention.
J'aime bien sa tenue, moi.
Bonsoir, c'est moi votre nouvelle patronne.
Je vais diriger cette boîte.
Mon père est décédé et j'ai hérité, donc c'est moi qui vais vous commander.
Comment tu t'appelles ? Annie.
Et comment t'appelles-tu ? Christine.
Très jolie.
Et comment t'appelles-tu ? Sandra.
Ok.
Ce soir, nous n'allons pas travailler.
Donc, vous allez pouvoir rentrer chez vous, je l'ai décidé. Alors, c'est clair
? Rentrez chez vous.
Tranquille. Ok, d'accord ? Y'a aucun problème.
Une seconde. Toi, je veux que tu restes ici. On va faire la fête toutes les
deux.
Tu as un très beau corps, c'est pour ça que je t'ai choisi. Pour satisfaire mes
désirs. Et je crois que tu seras... Oh, mon chéri ! Champagne.
Ça va ?
Tu es vraiment super.
Ah, tu es la plus séduisante de toutes les filles que j'ai eues. Menteur. Ah,
voilà le champagne.
J'avais très soif. Moi aussi.
Et fin.
Mais elle est jolie.
Pourquoi tu me dis ça ?
À
la tienne.
Ouais.
Ok.
Vas-y maintenant, baisse-la.
Fais-toi sucer, allez.
Allez, branle-toi, je veux regarder.
Suce-le bien d'abord.
Vas-y, baisse-la, vas-y.
Baisse-la.
Après ce numéro de haute voltige, avait décidé de rencontrer Victoria et sa
secrétaire pour effacer tous ses problèmes de pouvoir dont elle n'avait
rien à foutre.
Aussi, avait-elle envoyé Andrew rejoindre Zolt, son compère, afin qu'il
prenne un repos bien mérité. Mais jouer aux cartes pouvait mener à d'autres jeux
moins innocents, surtout quand la bonne veut bien y participer.
Je passe, vas-y.
J'ai vraiment pas un très bon jeu.
Mais j'espère que la chance va tourner.
Tu dois avoir plus de chance que moi.
Ah non, ne va pas croire ça.
Petit bluffeur.
Ah,
ça ne s'arrange pas.
Tu passes ou quoi ? Oui.
Alors j'ai une chance.
Est-ce que tu as vu le jeu lamentable que j'ai ? Oui, c'est vrai.
Une catastrophe.
C'est pas avec ça que tu vas gagner.
Ouais.
Tu veux jeter un oeil sur mon jeu ? Alors ? Ça c'est mieux.
Tu t'en sors.
Tu crois vraiment ?
C'est bon, bouffe là, c'est bien.
Ne croyez pas que je suis venue pour vous embêter.
Mon père est décédé et j'ai eu droit à l'héritage.
Mais vous aurez droit à quelque chose. J'ai pensé à vous.
Ok ? Trinquons alors.
Votre arrivée m'a beaucoup surprise, mais sachez que je ne vous en veux pas.
Et en souvenir de votre père, maintenant je vous souhaite la bienvenue à
Budapest. Merci.
Tu viens ? Oui.
Et voici mon cadeau de bienvenue, ma secrétaire Erika.
C'est une belle fille.
Venez, touchez-la.
Ils sont beaux.
Laisse-moi un peu je la lécher.
Laure avait une indigestion de sexe.
Petit à petit, son côté romantique reprenait le dessus.
Bien sûr, elle pouvait baigner dans ce monde corrompu et gagner beaucoup d
'argent. Mais l'idée de céder tout cet empire à Victoria, qui était en quelque
sorte sa belle-mère, prenait de plus en plus de place dans sa tête.
Elle organisa une soirée d'adieu pour annoncer officiellement cette grande
nouvelle et elle y convia Laszlo, le notaire, pour que tout soit fait selon
la loi.
Mais à Budapest, tout se transforme toujours en partouze.
Même les réunions d'affaires.
Allô, Frédéric ? Mon amour ? Oui, tu me manques, je vais rentrer.
J'ai fait mon choix, je rentre à Paris.
Merci.
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