All language subtitles for Candice.Renoir.S01E05.FRENCH.AD.1080p.WEB.H264الحلقة الخامسة

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Original subtitles

...

-Non, n'attends pas maman.

Tu sais, quand maman arrête les voleurs,

après, elle a encore des devoirs.

-T'arrives quand, alors ?

*-Heu...

Dans deux heures.

-(Dans deux heures.)

-Deux heures !

*-Courage pour tes devoirs, maman. -Bisous.

-Deux heures ! On peut regarder le match !

*-Il enroule du gauche et... -C'est le but !

-Alors...

Si on commençait cet interrogatoire ?

D'accord.

Un coq crie.

...

Allô ?

Maintenant, là ?

"Respect", Aretha Franklin.

...

-On attend qu'ils finissent les prélèvements.

-J'ai un pouls.

-On peut arrêter la ventilation.

On maintient la perfusion.

-Oh ! Le géant vert !

-Pff ! Je dois repeindre la chambre du bébé.

-T'avais pas pris 2 jours pour ça ?

-Pour Audrey, c'est un garçon, maintenant.

-Stéphane Combas, 32 ans. Un client de l'hôtel.

Apparemment, il a été jeté du 1er étage. Vu son état,

il ne parlera pas de sitôt.

Le veilleur a vu l'agresseur s'enfuir et il a appelé la police.

-Et c'est à nous d'intervenir ?

-Attia veut qu'on s'en occupe.

-Regarde.

-Le mec a agressé un handicapé.

-Oui...

-Levez.

-Chauve et maigre.

Il paraît malade, non ?

-Quelle époque... Agresser un homme diminué, c'est dégueulasse.

Stéphane est en chimiothérapie. Il est à bout de force.

-Vous le connaissez bien ?

-C'est un Béarnais qui vit à Montpellier depuis 4 mois.

Ici, on a le meilleur spécialiste pour sa leucémie.

Sa chambre est en face.

-C'est pas compliqué pour un hôtel d'héberger un malade ?

-A son arrivée, il allait encore bien.

On a remarqué petit à petit qu'il était très seul.

Sa femme l'a quitté et ses parents sont décédés, je crois.

Sa soeur est trop occupée pour venir le voir.

Il ne s'est jamais plaint, mais ça nous fait mal au coeur.

C'est un type adorable.

On a tout fait pour qu'il se sente un peu comme chez lui.

Le cuisinier lui prépare des soupes

pour réveiller son appétit.

Omar fait ses courses et la femme de chambre s'occupe de son linge.

-Depuis quand il est en fauteuil ? -Une dizaine de jours.

Je crois que sa chimio a été un échec.

-"Dans la journée, j'arrive presque à dominer la douleur

"grâce aux gens qui m'entourent." L'ordi est resté ouvert.

-C'est son blog.

-"La nuit, elle prend toute la place.

"Le coucher du soleil me terrifie, je me retrouve totalement..."

Il n'a pas fini sa phrase. -C'est là qu'on a dû l'agresser.

-C'est à lui, ça ?

-Je crois, oui.

-Il s'est tout fait piquer.

-J'ai déjà eu 2 vols.

Je vais faire poser des caméras partout !

-J'ai hâte qu'on arrête le salaud qui a fait ça.

-J'étais là, à regarder la télé.

Vers 21h30, il y a eu un énorme bruit dans le hall.

Je me suis précipité. C'est là qu'il m'est rentré dedans.

-Vous devriez voir un médecin. -Et après ?

-Je suis tombé. J'avais super mal.

Le gars avait filé quand j'ai vu M. Stéphane par terre.

Je pensais qu'il était mort. Téléphone.

-Non, j'y vais.

...

La réception,

bonsoir.

Vous avez des oreillers supplémentaires ?

-Oui. Au 1er.

-Non, on n'en a plus.

Et ça fait mal à la nuque. C'est mieux pour vous.

Bonne nuit, monsieur. -Le type, il ressemble à quoi ?

-C'était un jeune. 20, 25 ans à peu près.

Un Asiatique. -Mais encore ?

-Pas très grand, mais assez costaud.

Il avait un blouson comme le vôtre,

marron. Enfin, je crois. Tout s'est passé très vite.

-Quelque chose d'autre ? Un détail qui vous revient ?

-Alors ? -Rien. Y a pas trop de clients

et aucun au 1er.

-Au-dessus, ils ont entendu la chute, mais sans rien voir.

-J'ai pris mon service à 21h et personne

n'est rentré. -Et y a pas de caméra.

-Vous allez nous aider à faire un petit portrait-robot.

-Juste avant la chute,

y a pas eu de cris, une dispute ?

-Ben... non. Je regardais la télévision.

-Vous regardiez quoi ?

-Ben... du foot.

-Y avait du foot ?

-Oui.

-Oh, les petits salauds !

-Tiens !

-Calmez-vous, là !

Téléphone.

-Tout va bien ?

Les petits sont couchés ? Ils se sont endormis tôt ?

Ah ? Ils se sont endormis comme des bébés ?

C'est super.

Bon. Arrête de me prendre pour une quiche et passe-moi Léo.

-OK. Si je vous fais ça ?

-C'est exactement ça. A peu près.

-A peu près ou exactement ? Faites un effort !

-Je ne l'ai vu qu'une seconde.

-Il fait pas très chinois. -Je sais.

-C'est bon, ça dort ?

-Je veux pas de foot le soir. -Ca va : y a pire que le foot.

-Détrompe-toi. Le foot peut être violent.

A 8 ans, mes petits ne règlent leurs conflits que par les poings.

Quand un joueur castagne,

ils ne pensent qu'à l'imiter.

-Candice... -Quoi ? M. Omar,

vous me comprenez, vous.

Quand l'avant a secoué l'arbitre,

ça valait un rouge, non ?

-Heu... Oui. Là, c'est vrai que c'était un peu abuser.

Mais parfois...

-Bon. On s'y remet ?

-Oui. Garde à vue de M. Omar pour l'agression de M. Combas.

-Mais j'ai rien fait ! -Tu m'expliques ?

-Y a pas eu de carton rouge ce soir.

-L'avant a été doux comme tout.

Omar a menti.

-Je l'ai pas poussé. J'étais pas à mon poste,

mais c'est pas moi. -Alors, vous étiez où ?

-Vous le direz au directeur ?

-Déjà, vous n'êtes pas en position de négocier. D'accord ?

-Allez !

-Je jouais au poker.

-A l'hôtel ? -Les mardis

et jeudis, j'organise des parties. Je prends un droit de bouchon,

ça m'aide en fin de mois. L'hiver, y a toujours une suite de libre.

-Et ce soir, c'était où ?

-Au 1er. La partie commençait juste

quand il y a eu cet énorme bruit.

On n'a pu voir le type que de loin.

C'est pour ça que je peux pas mieux le décrire.

-C'est la vérité, cette fois ?

-La liste des joueurs. Vite. J'ai pas envie de vous garder.

Ici, le room service...

-Et voilà Combas.

-Très bien. Je vous remercie. Au revoir.

Bon. Ils ne savent toujours pas s'il s'en sortira.

-Y a plus qu'à aller se coucher. On reprendra demain.

-Déjà ?

Vous êtes fatigués, vous ?

Hum ?

Une porte se referme.

...

Allô ? Je te réveille ?

Pardon.

Déjà ? Non, j'avais pas vu l'heure.

Maintenant que t'es réveillé, je peux peut-être passer ?

J'arrive.

-Salut, Etienne.

Salut ! -Salut !

-Ca va ?

T'as dormi là ou quoi ?

-Pains au chocolat, croissants, auditions.

-Merci !

-Mathias Boetsch, 37 ans. Je suis agent immobilier.

Mon agence est à deux pas de l'hôtel.

-Depuis quand vous jouez chez Omar ?

*-Un an, à peu près, mais jamais de grosses mises.

*On joue pour s'amuser. On est des amateurs.

*-Vous misez combien, en général ?

*-50 euros, la cave.

-Je m'appelle Mélanie Perez. J'ai 47 ans et j'adore le poker.

-A l'hôtel, c'est depuis quand ? -Environ 2 ans.

J'y passe la moitié de mon temps. Je suis VRP dans les cosmétiques.

*-Caillé Benoît, 39 ans. Je suis cuistot à l'hôtel.

*-Vous jouez souvent au poker ?

*-Quand une partie se dessine, Omar siffle et je suis partant !

-On jouait quand il y a eu des cris.

-Et un bruit monstrueux dans l'escalier.

-On s'est précipités, mais on est arrivés trop tard.

-C'était horrible.

-Comment peut-on faire ça ?! -Il embêtait personne !

-On a juste aperçu le type. -Jean, blouson en cuir.

-25, 30 ans. -Cheveux courts. Type asiatique.

-Chinois.

-Chinois ou coréen.

-Peut-être vietnamien.

-Ils n'ont aucun antécédent judiciaire.

-A cause d'Omar, on a perdu du temps.

-On les libère mais ils restent à dispo ?

-Les empreintes sur le fauteuil n'ont rien donné.

-Pour moi, le type était de passage.

Un cargo est parti ce matin pour Marseille.

10 euros que le mec est à bord.

-Je crois plutôt à un voleur qui s'est fait choper.

-On balance pas comme ça un type pour de l'argent.

T'en dis quoi ?

-Les marins de passage, c'est une bonne piste.

Tu rejoins le cargo,

tu prends toutes les empreintes, on compare avec celles du fauteuil.

Les rats d'hôtel, c'est bon aussi.

Tu me sors les dossiers de vols du coin avec suspects asiatiques.

-OK.

-Tu trouves que le vol, c'est faible comme mobile ?

Qu'est-ce que tu proposes ?

La chambre est là. Ca a dû se passer très vite.

-Pourquoi il l'a poussé ? -Pour l'empêcher de parler,

ou de nous le décrire ?

-C'est violent pour un vol. Les rats d'hôtel, c'est des pros.

-Là, c'était peut-être une souris débutante qui a paniqué.

-Quelque chose nous échappe.

Faut creuser sur Combas. Son agression n'est pas un hasard.

-Pourquoi s'en prendre à un homme malade ?

D'après le directeur, il voulait rentrer en soins palliatifs.

-C'est bien une leucémie, qu'il a ?

-En fait, il a une maladie rare de la moelle osseuse,

un syndrome myélodysplasique

qui a dégénéré en leucémie.

-Et donc, il souffrait beaucoup.

-Qu'est-ce que tu fais ?

Hein ?

Qu'est-ce que tu fais ?

-C'est agaçant,

quand quelqu'un a une idée et refuse de la partager.

Très agaçant.

Vraiment.

Le voilà, le mobile.

Son médecin lui a prescrit un antalgique à base de morphine,

indispensable dans son cas. Or, y en a pas dans sa chambre.

-Tu penses à un junky ? -Oui.

-Jean-Baptise est à bord.

-Un junky en manque est capable

de balancer un type par-dessus un escalier.

-Tu déchires !

-Tu l'aurais vu avec la pharmacienne !

-Maintenant, on sait qu'il a acheté 3 boîtes il y a 2 jours.

Le junky l'a peut-être repéré là. -La pharmacienne l'aurait remarqué.

-Ou alors, sur son blog. -Ou à l'hôpital.

-C'est bien, l'hôpital. On devrait y aller.

-C'est toi, le chef.

Je récupère juste des dossiers dans mon bureau.

Tu sens ? -Quoi ?

-L'hôpital.

-Oui.

Bon. T'es junky, tu cherches des mecs gavés d'antalgiques,

tu vas où ? En oncologie.

-Non, à la cafète.

-A la cafète ?

-Qui aime rester dans sa chambre ? On y prend ses médicaments

et on va à la cafète.

On y voit les amis, la famille. On se change les idées, quoi.

-Ca nous fait la chirurgie, l'oncologie, la cafète.

Je te propose qu'on...

Comment elle fait ?

C'est pas possible.

-Bonjour, docteur. -Bonjour. Vous êtes Mme Combas ?

-Non, Cdt Renoir. Personne n'est encore venu ?

-Non.

-Comment va-t-il ?

-Stabilisé mais je m'inquiète pour sa colonne vertébrale.

-Pour sa chimio, vous arrêtez ou vous continuez ?

-Pardon ?

-Non, vous devez vous tromper.

-Pardon !? -Votre fichier, il est à jour ?

-Attendez. Ca fait 5 ans que je travaille dans ce service !

Je connais les prénoms de mes patients,

et je connais leurs enfants aussi !

-Et ça, c'est pas une ordonnance de votre chef de service ?

-Il n'y a jamais eu de S. Combas ici !

-Eh bien, regardez.

-Elle a raison.

Il n'y a pas de dossier à ce nom-là parce que Combas a menti.

Il n'a pas de leucémie.

-Ca vient de chez moi, mais on a imité ma signature.

-Les pharmaciens n'y ont vu que du feu.

-Le traitement est crédible.

-C'est Stéphane Combas.

-C'est complètement dingue de faire ça.

-Vous le connaissez ?

-Oui.

Je connais Stéphane Combas.

Il est venu ici.

Il voulait agir

pour les malades atteints du syndrome myélodysplasique.

C'est ma spécialité.

Il avait des tas d'idées pour récolter des fonds,

ouvrir une maison pour les familles.

-La Fondation V. Combas ?

-Sa femme, perdue un an plus tôt

d'une leucémie.

-Et vous êtes président d'honneur de la fondation ?

-Comment j'ai pu être aussi con ?

-Pourquoi se faire passer pour un malade en phase terminale ?

-Il faut vraiment être taré.

-Sur le brancard, il était chauve, il était décharné.

Ca veut dire que le type s'est fait maigrir

comme un comédien pour un rôle ! Pourquoi ?

-Pour le fric. On doit s'en faire, avec une fausse fondation.

Chrystelle, je voudrais que tu vérifies les comptes

de Stéphane Combas et ceux de la Fondation Véronique Combas.

Pardon ?

On arrive. Tu lui dis d'attendre.

Devine qui nous attend au commissariat.

-Véronique Combas.

-Décédée d'une leucémie. Ca devient un roman, là.

-Quand l'hôpital a appelé, j'ai raccroché.

-Vous pensiez à un mensonge ?

-Au tout début, Stéphane m'a dit qu'un problème cardiaque

le condamnait.

Et un jour, il m'a annoncé qu'une opération pouvait le sauver.

Pour ça, il fallait aller à Los Angeles.

-Il a créé une association ? -Non, moi et ma mère.

On a organisé des tombolas,

vendu des tee-shirts "Sauvez Stéphane".

-Comment avez-vous su qu'il mentait ?

-Un étudiant en médecine de l'association a posé des questions.

Stéphane a disparu. Je me suis effondrée.

-C'était quand, ça ? -Il y a 3 ans.

Plus tard, j'ai voulu divorcer : mes demandes sont restées vaines.

Personne ne savait où il était.

-Il y a eu d'autres escroqueries ? -Je ne le vois pas comme un escroc.

C'est pas l'argent qui l'intéresse.

C'est être choyé, qu'on l'aime, qu'on s'occupe de lui.

-Comme à l'hôtel.

Vous savez pourquoi ?

-Non.

Mais il me répétait que j'étais chanceuse d'être fille unique,

que d'être le 4e de 6,

c'est juste être un numéro.

Stéphane, c'est un puits sans fond.

Tout mon amour ne servait à rien.

C'est un malade qui se couperait un bras pour qu'on le regarde.

-On a un problème.

-Tu te fous de nous ou quoi ? Le téléphone sonne.

-Je suis sûre que c'est encore elle.

-Tu dis que J.-B. est en mission. -Je suis pas sa secrétaire !

Les hystériques enceintes, je gère pas.

-Faut juste leur parler gentiment. -Voilà.

... OK. Je m'en charge.

Audrey, c'est Antoine. J.-B. est en mission et...

OK. Mais c'est rien, ça. J'arrive.

Elle a perdu les eaux.

Les eaux, putain ! -Tu l'emmènes en moto ?

-Oui, j'ai qu'un casque... Tu m'emmènes ! Allez ! Allez !

Tes clés et ton manteau !

Elle a perdu les eaux !

Sirène de police.

-Pour l'arrivée d'Emma, Laurent était si stressé

qu'il m'a envoyée en orthopédie.

Quand ils ont voulu me poser un plâtre,

j'avais le col ouvert à 5 !

-Ca va ? -Vite !

-C'est par là ? Madame ? -J'ai pas le temps.

-Pas le temps...

Pose-toi là.

Bonjour. Heu... Un dossier au nom de Audrey Medjaoui.

Elle est pas bien, là. -Il va falloir patienter, monsieur.

-Elle va pas accoucher ici, hein ! -Quelqu'un peut gérer le père, là ?

-Mais c'est pas moi, le père. Madame !

Il souffle.

-J'ai soif.

-C'est vrai qu'il fait chaud. -J'ai soif !

-Merci. -Tiens.

L'anesthésiste va venir, et après, c'est miraculeux.

-Ca fait mal, la piqûre ?

-Non. Moins que les contractions.

Mais quand il arrive, ferme les yeux.

Moi, quand il est arrivé avec l'aiguille,

j'ai paniqué et je l'ai frappé. Après, il voulait plus s'approcher.

-Tu veux pas la faire sortir ?

-T'irais pas chercher un truc à manger ?

La vache,

t'as les seins...

Ton fils appréciera, et ton mec aussi.

-T'es con ! -C'était un peu indécent.

-Me fais pas rire ! -Pardon ! Pardon !

-Audrey, je suis désolé. Ca va ?

-Elle est dilatée de 5.

-Mais y a combien de papas ?

-Un ! C'est moi. -Bien. Les autres

peuvent sortir... Allez ! Zou !

-Ca va aller.

Ils soufflent.

-Le papa peut rester. -Ah ? D'accord.

Audrey crie. Attends ! Ca va ?

Souffle ! Voilà.

-Mollo, c'est ton 3e.

-J'en peux plus d'attendre. Tu veux pas passer une tête

pour voir ? -Passer une tête ? Non.

-T'as pas envie d'en avoir ?

-Tu crois que je vais te raconter ma vie ici ?

-Je sais pas.

Oui.

-L'année dernière, ma copine en voulait.

Surtout une fille. Voilà.

-Et cette année ?

-On n'est plus ensemble.

-Ah... Merde.

-Elle voulait qu'on emménage, mais c'était pas possible.

-Ah oui.

Merde. -Hum.

-Alors ?

-Je suis papa !

Mais c'est la merde, il faut que je repeigne la chambre.

-Ca y est ? -Oui.

C'est une fille.

...

-C'est gentil de passer.

-C'était une soirée mouvementée. -Ah oui ?

-Vous avez arrêté l'agresseur ?

-Non. La femme de Jean-Baptiste a perdu les eaux.

-Aucune des empreintes des marins ne correspond à celles du fauteuil.

-Oui, mais on a d'autres pistes.

-Je viens de lire l'audition de sa femme. Ecoeurant.

N'empêche qu'il faut retrouver l'agresseur de ce mytho.

-Je connais mon métier.

-Vous ne voyez plus Combas comme une victime, n'est-ce pas ?

Et c'est quoi ?

Une fille, un garçon ?

-Une fille. 2,845 kg,

50 cm. -Et son prénom ?

-Lili.

-C'est joli. Bonne journée.

-Avance, toi. -Un instant.

On a du nouveau.

-C'est qui ? -Un dealer de médicaments.

Un chauve, maigre et en chimio, le fournirait pour payer ses soins.

-Il a identifié Combas ?

-Oui, mais le soir de l'agression, il était aux stups.

Et puis, il fait autant asiatique que moi.

C'est bon. Allez-y.

J.-B. s'inquiète, le bébé a maigri.

-C'est normal. D'abord, ça maigrit, et ensuite, ça remonte.

Tu veux voir une photo de la merveille ?

-A ton avis ?

-OK. C'est quoi, ça ?

-Les messages des gens qui soutiennent Combas.

Y a des milliers de visiteurs.

Il traduit son blog en anglais.

-De Montréal : "Je suis bouleversé, comment t'aider ?"

-Il y a un lien qui renvoie à un site de dons pour financer

une greffe à Los Angeles. -Il a récolté combien ?

-Sur les 4 derniers mois,

environ 13 000 dollars.

Les dons et la vente de médocs lui servaient à payer l'hôtel.

-Non. Il fait pas ça pour l'argent.

C'est dingue, tous ces messages.

"Ne te décourage pas. Je me croyais perdu

"et je vais mieux. Maintenant, mon combat, c'est toi."

-T'imagine si le mec apprenait que l'autre joue la comédie ?

J'aurais envie de lui défoncer la gueule.

-Oui. Reste à savoir si on cherche une victime ou un coupable.

-Tu veux de l'aide pour les adresses IP ?

-C'est marrant. Moins je dors, plus j'ai la patate.

-Oui, mais tu fais flipper.

Combien de nuits blanches ? -Deux.

Cri du coq.

Excuse-moi.

J'y vais. -On commence à peine !

-J'ai une audition.

-Quel dévouement.

-Tu m'en veux pas ? -Non.

Si tu me donnes des détails.

-Ca marche. -N'oublie pas d'allumer la caméra.

Je veux te voir faire avouer le détenu.

-J'étais pas seul à la maison. -Dommage !

-Et comme t'es toujours à l'hôtel,

j'ai pensé que tu ne serais pas dépaysée.

On frappe.

...

Oui, entrez !

-Excusez-moi, mais mon patron m'a demandé de faire la chambre.

Les clients suivants vont arriver.

-D'accord. Vous nous accordez 5 minutes ?

-Oui. -Merci.

-Les clients suivants ?

-J'ai loué la chambre pour 2 heures.

Tu me trouves radin ?

-Non. Au contraire, je t'adore !

-Courrier !

-Vue sur patio ou vue sur la mer ?

Je rêvais de tenir un hôtel.

-Oui. Toutes les petites filles ont rêvé de jouer à la marchande.

-Non, non. Moi, je rêvais vraiment de tenir un hôtel.

Petite, j'étais fan de la série

"Petit déjeuner compris".

C'était avec Pierre Mondy. -J'ai jamais regardé la télé.

-Ah ? Mais je comprends. C'est difficile de tenir un hôtel.

Un bel hôtel comme le vôtre, pourquoi n'est-il pas complet ?

Aujourd'hui, vous avez loué combien de chambres ? 4 ? 5 ?

-6. C'est l'hiver.

-Oui. La morte saison.

Mais sur le tableau,

il manque 10 clés.

-On y fait le ménage.

-Oui, évidemment.

Pardon.

-Merci bien.

-Si je vous suis bien,

vos femmes de ménage, là, sont sur 4 chambres ?

-Oui.

-D'accord. La 233, là, est libre,

mais y a pas la clé au tableau. Donc, une femme de ménage y est ?

-Attendez.

Faites pas ça. -Pourquoi ?

Vous craignez le fisc, ou que je vous accuse de proxénétisme ?

Moi, ce qui m'intéresse,

c'est la liste des clients à qui vous avez loué une chambre au black

le soir de l'agression de Combas.

Rien n'est noté dans le registre et on règle cash.

-Astucieux.

-Ce soir-là, le directeur n'a loué qu'une chambre : la 115.

La 115 est juste à côté de celle de Combas.

-Tu me dis comment t'as eu l'idée ?

-Rémy Saunier, marchand de journaux juste à côté de l'hôtel.

-Et elle, c'est la maîtresse ?

-Y a quand même quelque chose qui m'échappe.

Vous êtes mariés et vous louez une chambre d'hôtel

à 20 m de votre boutique ?

-C'est pour avoir la paix.

-Chez nous, notre chambre est un hall de gare.

Les enfants entrent

sans frapper. On n'a aucune intimité.

-Depuis qu'on a ces petits rendez-vous, ça va beaucoup mieux.

-Ah bon ?

-Ce qui nous intéresse, c'est celui d'il y a 2 jours.

La plage horaire.

-On s'est retrouvés vers 19 heures,

juste après la fermeture de la boutique,

et on est restés... 2 heures.

-A peine.

Je voulais voir le match.

-Une demi-heure avant l'agression.

-Oui, mais il y avait quelqu'un dans la chambre.

Avant de partir, j'ai entendu des voix à côté.

-Vous n'avez croisé personne ?

-Non.

Dans le couloir, j'ai senti un parfum.

Un mélange particulier de violette et de rose.

Ca m'éveille des souvenirs.

-Je te dérange pas, là ?

-C'est le parfum de ma mère.

-Une femme.

-Une femme aurait vu Combas avant son agression ?

Personne n'a parlé de ça.

Ou alors le Chinois, c'était une Chinoise.

Non. Tous les témoignages concordent.

-Un peu trop.

...

Bonjour. C'est gentil d'être venus.

-Pourquoi vous nous avez convoqués ?

-Mais pour jouer.

Vous jouez au poker, non ?

Ah non ! C'est vrai.

Votre jeu préféré, c'est "le Chinois".

Rappelez-moi les règles. Donc, c'est un jeu de bluff.

Il faut faire croire qu'on a une carte fantôme :

"le Chinois".

C'est ça ?

Oh !

L'agresseur de Combas serait une femme ?

C'est ça ?

-OK, c'est bon.

On vous a menti. Dans le hall, il y avait une femme

près de Stéphane Combas. -Elle pleurait.

Elle voulait se dénoncer,

puis elle a expliqué tous les mensonges de ce sale type.

-Et vous avez inventé le Chinois. -C'était pour la protéger.

On aurait pu tous le faire. -Nous aussi, on connaissait Combas.

Avec son baratin, on avait pitié de lui.

C'est dégueulasse de faire ça.

-Hum.

Comment s'appelle cette femme ?

-Je crois que ça va pas être possible.

On a juré de ne pas la balancer.

-Vous pouvez nous mettre en garde à vue. On dira rien.

-C'est des joueurs de poker. Le bluff, c'est inné chez eux.

Tu me les laisses, ils parleront. -Je crois pas, non.

Pour eux, la cause est noble.

Ca va les faire tenir bon.

Et si c'était Véronique Combas ?

Devoir payer à vie les dettes de son mari, c'est un bon mobile.

-J'étais chez moi.

Seule.

-On vous a vue, appelée ?

-Non. J'ai pas d'alibi. C'est bon ? -Pour l'instant, oui.

-Merci d'être venue aussi vite. -Je vous en prie.

-Promis, on ne vous dérangera plus.

C'est pas elle.

C'est frais, c'est vif. C'est pas du parfum,

c'est de l'eau de toilette.

En note de tête, y a une touche citronnée.

Derrière, y a une fleur.

Ni de la rose, ni de la violette.

-On va quand même comparer les empreintes.

Voilà.

-D'accord, mais on continue les recherches.

-T'en es où avec les donateurs ?

-J'ai gardé que les femmes.

-Ah oui, quand même !

-Il y a aussi les dons en nature.

Combas recevait des médicaments, du matériel médical, des cadeaux,

plein de trucs.

Téléphone.

-Capitaine Dumas. -C'est peut-être le jasmin.

-OK. Merci. On arrive.

Combas est sorti du coma.

-La fleur, c'est le jasmin.

-OK.

On parle botanique ou on y va ?

On y va ? -Oui.

Ca sent bon, son truc.

-Non, c'est trop tôt pour le voir. -Quand, alors ? C'est important.

-Je ne sais pas et peu lui importe.

Il vient d'apprendre

qu'il ne marchera plus. Il est sous le choc.

Je vous tiens au courant.

-Quelle ironie. Lui qui voulait tellement être malade.

Je te choque ?

-Non. Je pense au fauteuil.

-Et ?

-Oui, c'est ça.

Il a reçu le fauteuil.

De la part d'une mère qui a perdu son fils d'une leucémie.

Ils s'écrivaient beaucoup.

"Je suis la maman de Luc et je vous écris à sa demande.

"Il s'est éteint il y a 2 jours. Il voulait que je vous prévienne

"et que je vous dise de ne pas lâcher,

"de vous battre pour vous et pour lui."

"Delphine, continuez à m'écrire. Vos messages me soulagent.

"Vous comprenez tout et vous êtes si gentille."

"Stéphane, je sais que tu ne veux pas que je te voie dans cet état,

"mais dis-moi où je peux t'envoyer le fauteuil de Luc.

"Tu es trop épuisé pour marcher. Il aurait voulu que tu l'aies."

"Delphine, je ne devrais pas l'écrire,

"mais j'envie Luc. Même s'il est parti trop tôt,

"il a eu la plus merveilleuse des mères."

...

La porte grince.

-Mme Etchegoyen ?

Nous sommes de la police. -Je vous attendais.

-Vous êtes allée voir Stéphane à l'hôtel, c'est ça ?

-Son état empirait.

L'imaginer seul m'était insupportable.

J'ai vu mon fils lutter, souffrir,

et puis mourir.

Alors, quand j'ai rencontré Stéphane,

très vite, j'ai senti quelque chose de bizarre.

Il était contrarié que je sois venue.

Mais c'était pas ça qui me gênait.

-C'était qu'il n'était pas malade ?

-J'ai eu un doute.

Et puis j'ai regardé ses médicaments.

Il n'avait même pas d'antalgique.

-Qu'est-ce que vous avez fait ?

-J'ai été envahie d'un énorme dégoût. C'était...

Alors, je suis sortie.

J'ai dû m'accrocher à la rambarde, j'avais du mal à respirer.

C'est là que je l'ai entendu. Il m'avait suivie.

Il s'inquiétait de ce que j'allais faire.

Il était là, dans son fauteuil.

Le fauteuil de mon fils.

Il m'a pris une colère.

J'ai poussé de toutes mes forces.

-Et les joueurs de poker sont arrivés.

-Je veux pas qu'ils aient d'ennuis à cause de moi !

Ca fait deux jours que je suis là, à réfléchir à ce que j'ai fait.

J'ai du mal à ressentir quoi que ce soit.

D'ailleurs, je ne ressens plus rien.

On y va ?

-Depuis quand vous n'avez pas mangé ?

-Je sais pas.

-Vous avez bien quelque chose dans le frigidaire ? Des coquillettes ?

On n'est pas si pressés. Si ?

-Je mets la table.

-T'as faim, toi aussi ?

-Tu vas les faire à quoi, tes coquillettes ?

-Au beurre et au fromage, ça vous irait ?

-Elle a grossi, c'est sûr ?

-Oui. Elle a pris 100 g. Hein, chérie ?

-Elle est belle !

-C'est l'heure des soins !

-CHUT !

-(Dehors.)

-Chrystelle est malade ?

-Ben non. Elle est pas passée ? -Non. Et aucun appel.

Je vous paie un coup. D'accord ? -Ce soir, là ?

-Oui ! Ca m'a filé la patate, moi !

-J'ai pas dormi depuis deux jours. -D'accord.

-Je suis crevée aussi.

On remet ça ? -Ben oui ! C'est pas grave.

Je suis papa.

...

Un chien aboie.

...

-Cdt Renoir. Vous pouvez m'envoyer une patrouille ? Quelqu'un essaie

d'entrer chez moi.

...

Choc et cri.

Police ! Bouge pas !

-Papa !

-Laurent ? Mais t'aurais pu prévenir !

-Tu m'as fait mal !

Ca va, ma chérie ?

-Oui, c'est encore le Cdt Renoir. C'est pour annuler la patrouille.

L'intrus ? Non, c'est rien.

C'est personne.

-Hé,

vous devriez dormir ! -Papa ! C'est trop bon !

-Comment ça va ?

-Ca va, les petits gars ? -Oui ! Mais tu viens d'où, là ?

-Ben, de Singapour.

-Super !

-C'était quoi, ce bruit ?

-Ca, faut demander à ta mère. -Y a des surprises ?

-Y a des surprises à la pelle !

-On a plein de trucs à te raconter. -Plein ! C'était énorme !

Sous-titrage MFP.

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