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Ça défigure pas. C'est affreux, c'est une horreur. Je suis bien d'accord.
Ils sont géniaux.
Heureusement qu'ils vont la détruire. Quel scandale ! On dirait un squelette !
Tiens ma chérie.
Regarde-la.
Ils crachent tous dessus et ils veulent tous la voir.
Ah, jeune homme.
Monsieur Massard et madame... Mademoiselle Massard. Ah désolé, c'est
écrit madame Leterrier ici.
Je t'ai demandé d'utiliser mon nom de jeune fille maintenant.
Oui, je suis désolé, je n'ai pas eu le temps. C'est ma fille, Louise Massard.
Un caractère en acier trempé, elle aussi.
Les collaborateurs de M.
Eiffel passent en priorité. Si vous voulez bien me suivre... Oui,
quand même, enfin ! Bonne élevée ! Nous allons attendre mon collègue M.
Legendre et sa femme. Ils ne vont pas tarder.
Je vous laisse ! Tu te fiches de moi ! D'ailleurs, les voilà. Je n'ai bien pu
te dévisager sous sa voilette ! Les joies du mariage. Je suis la femme du
notaire. Finalement, on ne va pas les attendre, ils prendront le suivant.
Fâche-toi ! J'aurais jamais dû t'épouser, j'aurais dû écouter ma mère.
Franchement, depuis ton arrangement, je trouve que tu files un très mauvais
coton. Ça s'appelle un divorce, papa.
Divorce. Tu peux le dire tout haut, le mot n'est pas contagieux. En plus, c'est
légal. Tu sais, le progrès, ça se mesure pas seulement en tonnes de fer. Tu
parles d'un progrès. Venir vivre chez ton père à ton âge.
T'inquiète pas, dès que je gagne ma vie avec mes dessins, je me loue un meublé.
Une femme ne vit pas seule, Louise.
Et je voudrais juste te rappeler que c'est M. Grégoire Murat avec qui je
travaille à tout point. Claire, ingénieur, spirituel, bien mis, je sais
tout ça.
C'est vrai qu'il est parfait.
Mais qu'est-ce que t'attends alors ? Ça fait des semaines qu'il t'a fait sa
demande.
Je sais pas.
Mais je te promets de lui donner une réponse.
Bientôt.
10 000 tonnes de fer.
18 000 pièces assemblées en deux ans avec 2 500 000 rivets. C'est quelque
chose, non ? Tu sais, plusieurs de mes amis ont signé la lettre de protestation
des artistes et trouvent que dressée comme ça vers le ciel, elle ressemble à
un clou.
Merci.
la plus haute tour du monde pour la plus belle ville du monde.
J'ai rien dit pour la blanchisseuse, ni pour ta petite conne de secrétaire, mais
alors là, franchement, tu dépasses les bornes. Alors si tu crois que je vais te
laisser me traiter comme ça, mais tu... Charlotte ?
Voilà les legendes.
Monsieur, reculez.
Votre collègue ? C'était bien plus que ça.
Les 30 ans qu'on travaille ensemble, on a collaboré sur tous les chantiers de
Eiffel, depuis le premier pont métallique jusqu'à cette tour.
Vous ne touchez à rien.
Ne faites pas attention à mon frère. Il résout les crimes en faisant le ménage.
C'est moderne, paraît-il.
Un tueur laisse toujours des indices derrière lui.
Regarde,
c'était sur la veste de la victime alors qu'elle ne fumait pas.
Je suis désolé de te contredire, Théodore, mais ce mégot est à moi.
Je sais pas comment je fais pour pas t'étrangler.
Et pour le mobile, on va attendre tranquillement que la meurtrière nous l
'explique elle-même.
Vous parlez de Charlotte ? Vous vous trompez.
Ça peut pas être elle.
Elle était seule dans l'ascenseur avec son mari.
Ils se disputaient. Elle l'a tuée avec ses ciseaux.
J'ai beau avoir une petite gueule de bois, là, je suis d'accord.
Si on devait tuer les gens à chaque dispute.
Mon ancien mari serait mort depuis l'élus. Louise, tu te tais ! Je savais
bien au bureau qu'Émile avait parfois quelques petites histoires de cœur. De
fesses, plus exactement. Louise ! J'ai conseillé cent fois à Charlotte de
quitter ce goujat.
Elle a préféré rester cocu.
On dirait qu'elle a changé d'avis.
Papa, j'y vais ! Papa ?
Un spectacle de magie à la Tour Eiffel, c'est un peu... Je sais, Louise.
Pour vous changer les idées, je pouvais difficilement faire pire.
Vous pouviez pas savoir.
C'est l'histoire de ma fille.
La dernière fois que j'ai invité une fille au bal, ça l'a pris feu.
Charlotte m'avait parlé de ce magicien.
Elle avait trouvé le spectacle extraordinaire.
J'ai tellement de mal à croire qu'elle l'a tué.
J'ai travaillé sur les ascenseurs de la tour, Louise.
Je peux vous dire qu'il est impossible de s'introduire dans la cabine, de
commettre un meurtre et de ressortir.
À moins d'être un sacré acrobate.
Je sais.
Je ne devrais peut-être pas vous le dire, mais nous avons su une émenace au
travail ces derniers mois.
Des menaces ? De qui ? Un architecte, un certain Jussac.
Le moment est peut-être mal choisi, mais j'attendais cette soirée. Vous savez
pourquoi se joue ça quand on veut à Eiffel ? Tout ce que je sais, c'est qu
'il crie sur tous les toits que le concours de la tour a été truqué.
Comme je vous disais...
Je voudrais saisir cette occasion.
Et le gendre était visé ? Oui, enfin bon, parmi d'autres, j'imagine.
C'est bien ma veine.
J'étais niché la seule parisienne qui préfère parler de faits divers plutôt
que d'amour.
Pardon.
Vous avez raison, j'arrête de vous harceler avec mes questions.
Vous alliez dire quelque chose ? Non, c'est sans importance.
Vous voulez une petite coupe ? Avec plaisir.
Deux coupes, s'il vous plaît, monsieur.
Allez-y, montrez cette carte.
Replacez-la dans le jeu.
Très bien, mélangez.
Henriette.
Merci.
C'est à vous !
Est
-ce bien votre carte, très chère ?
Mais oui, tout à fait.
Ce tour n'est pas une illusion, aucune tricherie possible.
L'an dernier, nous étions trois à réussir ce tour.
Malheureusement, cette année, nous ne sommes plus que deux.
On dirait qu'il n'y arrive pas.
Non, j'imagine, ça doit faire partie du tour.
Ça ne marche pas ! Allez ! Dépêchez-vous ! Ça ne
marche pas ! Valère, au secours ! Ouvrez la cage ! Vite, dépêchez-vous d'ouvrir !
Valère !
Les rumeurs concernant ma mort sont grandement exagérées.
Monsieur Valère ?
Monsieur Murat !
Je vous présente une admiratrice, Louise Massard.
J'ai vraiment cru que vous étiez mort.
Une grande illusion cache toujours une plus grande encore.
Allez, dites-moi comment vous avez fait, je vous jure de tenir ma langue.
Gardez derrière vous.
Je fais disparaître à mon tour une seconde. Eiffel veut me présenter un
client.
Henriette. Louise, bravo pour ce soir. C'était vraiment... C'était magique.
Vous savez, il n'existe qu'un seul et unique secret.
La diversion.
Il fait chaud là-dedans, hein ? Oh, c'est beau. Ça vient de chez vous
? De Bordeaux ? Non.
Pardon, je croyais que... Non, c'est rien.
Ces trucs-là, c'est une idée de valeur pour les touristes de l'exposition.
Ils veulent de l'exotisme.
On leur en donne ?
Je
vais y aller.
Votre mari vous attend ? Grégoire ? Non, c'est pas du tout mon... En fait, c'est
mon père qui me l'a présenté parce que je suis divorcée et vous savez
probablement ce que c'est.
Non, vous savez sûrement pas ce que c'est.
Bref... Bref, c'est pas ton mari.
C'est ça.
Ah, vous êtes toujours là ? Je vous raccompagne ? Reviens me donner
des nouvelles de ma rose.
Cette tour est encore plus belle la nuit.
Vous trouvez pas ?
Excusez-moi.
Pardon, j'ai encore besoin de temps.
Je suis affreusement désolé.
Votre père m'a dit que vous étiez prête à vous engager. Sans ça, je n'aurais
jamais osé.
Mon père a dit ça ? Oui, soyez pas trop dur avec lui. Il veut juste vous
protéger.
Mais moi, c'est vous que je veux protéger, Grégoire.
Je veux pas vous faire souffrir.
Vous savez comment les gens m'appellent depuis que je suis retournée vivre chez
mon père ? L'infâme divorcée.
Enfin sachez tout de même que mon offre reste limitée dans le temps, disons 50
ans, 60 maximum.
Pardon, je t'ai pris pour quelqu'un d'autre.
Tu croyais accueillir qui avec ce pistolet ? Personne oublie ça.
Tu te promènes avec une arme.
Qu'est-ce qui t'arrive ? C'est à cause d'Emile ? Oublie ça, je te dis !
Non, mais...
Et ta soirée, comment ça s'est passé ? Très bien.
Grégoire m'a dit que tu lui avais parlé, que j'étais prête pour le mariage et la
vie de famille.
Mais t'as rien compris.
Je refuse de passer encore dix ans de ma vie avec un homme que je n'aime pas.
Je refuse de me réveiller à ses côtés tous les matins.
Je refuse de le regarder lire le journal en faisant la vaisselle. Je sais même
pas ce que tu reprochais à Charles. Tu l'as dit toi-même au juge. Je m
'ennuyais. Et alors ? La passion, c'est pour les courtisanes.
Je préfère mille fois devenir une courtisane que faire un mariage de
raison.
Espèce de petite dinde.
Donc, on avait vu personne lui remettre cette lettre.
Un collègue de mon père m'a parlé de menaces reçues par l'équipe.
De qui ? Un architecte qui en voulait à Eiffel.
Jussac.
Jussac. Jussac.
Bon, et d'après vous, une jeune femme s'est enfuie après le meurtre ? Vous
pouvez la décrire ? J'ai pas vu son visage, mais elle était blonde.
Malheureusement, aucun des voisins ne l'a remarqué.
J'ai pas rêvé, je l'ai vue.
Vous dites que vous étiez si fatiguée que vous ne vous rappelez pas que vous
êtes couché.
J'étais épuisée.
Je me suis endormie, mais le... Le cri m'a réveillée.
Est-ce que je suis suspecte ? Tant que vos empreintes dactyloscopiques ne
se trouvent pas sur cet objet, vous n'avez rien à craindre.
J'ai touché à rien.
Moi non plus.
C'est bien, bon progrès.
J'ai surpris mon père en train de brûler des papiers.
Quand il m'a vu, il a fermé la porte. Je ne sais pas si... Après les voisins,
vous discutiez beaucoup avec votre père.
Qu'est-ce que ça veut dire ? Séraphin, je propose que nous laissions Mlle
Massard se taire et que nous fassions parler ce coup de papier.
Condoléances, Louise.
Votre père était un ami cher. Il va me manquer.
Merci d'être venu, monsieur Eiffel.
Je sais que vous êtes très occupé avec la tour.
Merci.
J'aurais aimé vous poser des questions sur les menaces que vous avez reçues.
Peut-être que ça a un rapport avec la mort de mon père.
Vous parlez de Jussac ? Oui.
Rien à voir.
C'est un de mes anciens employés, il s'est mis à son compte il y a longtemps.
Quand on a annoncé le concours pour la construction de la tour, il a lancé son
propre projet.
Naturellement, il a perdu.
D'après vous, il est dangereux ? Non, je ne crois pas.
Jusac n'est qu'un petit architecte frustré.
Il voulait bâtir une tour de granit, l'imbécile.
Jusac a travaillé avec mon père et le gendre ? Ils ont collaboré sur un de mes
premiers chantiers, mais ils se sont disputés.
Jussac est parti avant la fin, tu sais pourquoi.
Il les connaissait personnellement ? Louise, la police m'a déjà interrogé sur
Jussac et ses divagations.
Mais je dois vous dire qu'ils m'ont surtout posé des questions sur vous.
C'est un cauchemar, Louise.
J'essaye de me souvenir, mais il y a ce voile noir.
Je me souviens même plus d'être montée dans l'ascenseur. Tout ce que je vois, c
'est... C'est ce sang.
Ce sang partout.
Et les médecins, qu'est-ce qu'ils disent ? Ils disent que j'ai agi sous le coup
de la folie, que j'ai oublié.
D'après eux, je ne suis pas responsable de mes actes.
Ça t'évitera la prison ?
Mais pas la salpêtrière.
Il faut me faire interner, Louise.
Alors que j'ai rien fait. Je te jure que j'ai rien fait. Il y avait forcément
quelqu'un d'autre avec nous.
Le guide indique que vous étiez seule.
Mais je suis pas folle, Louise.
Je... Je suis pas folle.
Une chance que vous soyez là. Il paraît qu'il n'y aura plus qui viennent chez M.
Jussac. Nous nous occupons d'affaires criminelles, madame. Pas de problème de
voisinage. Justement, le raffut du troisième, c'était des cris affreux.
J'ai un mauvais pressentiment, Serafin.
Allons donc, un pressentiment à un grand scientifique comme toi.
Quand je te disais que j'avais un mauvais pressentiment... Hop, hop, hop !
Tu es le prochain.
Trois morts et deux lettres de menace.
La question, c'est pourquoi on les a tués.
Non.
La question, c'est comment.
Regarde. Voilà qui va régler la question.
Elle est belle, celle-là.
Vas-y, fais-toi plaisir.
Tu viens dîner chez mère, ce soir ?
Si elle fait encore du rôti de porc, je te jure, je ferai un malheur. J'aime
bien son rôti de porc, moi.
Fayot, va !
Vous
m'aviez dit que je...
Non, c'est idiot, je n'aurais jamais dû... Tiens ! Henriette, je crois que la
police me recherche.
C'est comme un piège qui se referme sur moi, j'y comprends plus rien.
Je voulais pas vous mêler à tout ça, mais j'ai nulle part où aller.
Ici,
t'as pas besoin de tout justifier.
Alors, qu'est-ce qu'elle a à dire ? Hé,
Madeleine ! Mignonne, la petite copine d'Orient.
Adèle ! Bouge pas, j'arrive.
Cada bras.
T'as besoin de danser? Ah non, non, non, non, non, non.
Oh non ! T'inquiète pas, ça n'a rien à voir avec toi.
Oh, vanille pâte, on fait rien de mal ! Atteinte aux bonnes nerfs.
Y a un décret contre la danse ? Non, contre les...
Vous autres, quoi ! Allez !
Bon,
c'est maintenant que je te montre un demi-tour.
C'est la seule clé dont t'auras besoin.
Laisse-moi.
Je suis pas comme toi.
Je devrais pas être ici avec vous toutes.
Invertie, criminelle, votre fiche commence à s'étoffer. C'est la première
fois que je mettais les pieds dans cet endroit.
Je n'ai tué personne.
Alors on est curieux de savoir comment vos empreintes se sont retrouvées chez
Gaston Jussac.
Mes empreintes ? Je ne suis coupable de rien.
On a dû m'assommer ou me droguer.
Quand j'ai ouvert les yeux, il était mort.
Et elle était là, cette femme blonde.
Elle était encore là.
C'est elle la tueuse.
Et encore une fois, vous êtes la seule à l'avoir vue.
Je veux sortir d'ici. J'ai bien peur que ce ne soit pas possible.
Vous êtes en état d'arrestation, madame Massard, pour le meurtre de Gaston
Jussac et celui de votre père.
Mon père ? On a retrouvé vos empreintes sur le coup de papier qui l'a tué.
Pour une fois que les élucubrations de mon frère servent à quelque chose.
Le juge a ordonné un examen psychologique.
Comme pour votre amie, Charlotte Legendre.
Encore une de leurs inventions laxistes. Bientôt, ils chercheront des excuses aux
criminels, tu vas voir.
Pourvu que ça n'épargne pas la guillotine à une vraie coupable.
Professeur Charcot, paraît que vous aimez les cerveaux ! Je vous échange le
mien contre une petite pièce ! Mais dites-moi quand est-ce que je peux en
prendre livraison ? Vous inquiétez pas ! Quand on vit dans la rue, il n'y en a
jamais pour très longtemps !
L'accusée a été reconnue coupable de deux meurtres, dont celui de son père.
Elle était dans un état de conscience altéré au moment des faits qui lui sont
reprochés.
En conséquence, elle ne saurait être considérée comme responsable de ses
crimes.
Je recommande à la cour de prononcer son internement en vue d'étudier les moyens
de sa guérison.
Vous êtes logé dans le bâtiment des Hystériques.
À partir de maintenant, ce que vous avez fait pour être interné ici ne compte
plus.
Charlotte Louise ! Qu'est-ce que tu fais là ? C'est un
cauchemar. On m'accuse d'avoir tué mon père, un autre homme comme toi. On nous
a piégés. Non, non, non.
Les médecins disent qu'il faut commencer par accepter ses actes si on veut
progresser. Tu peux pas dire ça.
Son Bastien, il est mort de la tuberculose à 5 ans.
Tu viens d'arriver.
Tu verras, on oublie vite l'extérieur ici.
Comme vous pouvez l'observer, voici l'exemple parfait de grande attaque
hystérique.
Marie est un sujet super.
Elle est dans la phase que j'appelle contorsion prunesque.
On jurerait qu'elle se bat contre un être imaginaire.
Et maintenant, je vais arrêter la crise en appuyant sur les points
hystérogènes.
S'il vous plaît.
Maintenant, je vais vous présenter un spécimen de grande hystérique.
La criminelle.
Louise est accusée de deux meurtres, or elle ne se souvient de rien. L'amnésie
est une forme mineure de l'hystérie.
Elle n'est accompagnée d'aucun trouble moteur. Si l'hystérie se révèle
irréversible, alors la patiente ne ressortira jamais plus de ses murs.
Monsieur, les cerveaux sont prêts.
Navré, le cours d'autopsie m'attend.
Je vous présenterai Louise mardi prochain.
Ça fait du bien de voir un visage familier.
Vous n'avez rien à faire ici, Louise.
Ce procès était un scandale.
C'est des choses qui sont dites sur moi. Rien de ce qu'ils ont dit sur moi n
'était vrai.
Rien.
Vous devez me croire. Oui, oui, bien sûr.
Et ces médecins vous traitent bien ? Ce professeur Charcot ne nous soigne pas.
Il nous exhibe comme des bêtes de foire.
Si seulement j'arrive à me rappeler du visage de la tueuse, j'arriverai peut
-être à les con...
Comment je peux vous aider ? Enfin, demandez-moi n'importe quoi.
Continuez à croire en mon innocence.
Et revenez me voir.
Ça m'évitera de devenir vraiment folle.
Elles sont très belles.
Vous avez réussi à saisir quelque chose chez elles de très vrai, de très
désespéré ? Ça m'aide à tenir.
Puis il faut bien que quelqu'un rende justice à ces femmes.
C'est horrible ce qu'on leur fait ici.
Ces leçons... Il fait presque 30 ans que le professeur Charcot règne entre ces
murs. Il a énormément apporté à la science.
Même si son génie a des limites.
Il se trompe sur mon cas, je ne devrais pas être enfermée ici.
Mais bon, j'imagine que je ne suis pas la seule à dire ça.
Attendez, j'ai lu votre dossier. Ses amnésies psychogènes sont remarquables.
Je comprends que le professeur Charcot s'y intéresse, mais il se trompe sur la
manière de l'aborder. Je crois que les réponses sont dans votre tête et non
dans vos ovaires.
Je vous vois venir.
Vous allez essayer de me faire croire que je suis une meurtrière comme
Charlotte Legendre. En tout cas, vous avez vu quelque chose, mais vous refusez
de vous en souvenir.
Est-ce que vous avez déjà pratiqué l'hypnose ?
J'ai vu ce que ça donnait sur cette fille que Charcot a présentée l'autre
jour.
Je ne vous dis pas que ce sera facile.
Ce que vous trouverez dans vos souvenirs risque de ne pas vous plaire.
Vous êtes dans la maison ou vous êtes assoupi dans le salon ? Je veux que vous
repensiez à la nuit où votre père a été tué.
Je vais compter et vous allez vous retrouver dans un profond sommeil.
Cinq. Quatre.
Docteur, je crois pas que... Deux.
Un.
Vous êtes dans la maison ? Je suis dans le salon.
Je viens de rentrer du spectacle.
Mon père et moi, on s'est disputé. Il vient de s'enfermer dans son bureau.
Je me lève pour aller lui parler.
J'atteins la porte de son bureau.
Derrière cette porte se trouvent les réponses que vous cherchez.
Louis, réveille-vous.
Ça va ? Oui, je crois.
Votre psychisme résiste.
Vous êtes sur la bonne voie.
Est-ce que vous avez vu votre père ? Non.
Juste le visage d'un inconnu.
Mais il avait une expression de peur, de douleur.
Il s'agit peut-être d'un souvenir refoulé.
Il semble que ce soit une habitude chez vous.
Qu'est-ce que ça veut dire ? À votre procès, certaines allusions ont été
faites à votre clinaison pour les membres de votre sexe.
Des mensonges comme le reste.
Si vous le dites.
Ça va prendre du temps.
D'autant que vous offrez une résistance particulière.
Faut pas que j'oublie ce visage.
Je dois vous prévenir qu'il est très difficile de contrôler le flux des
images qui vont revenir.
Certaines seront vraies et d'autres totalement fausses.
Qu'est-ce que vous lui avez fait ? Elle refuse de s'alimenter, donc on l'emmène
en séance d'électrothérapie. Les 7 800 francs or, ça, il me l'a assez répété.
300 mètres de hauteur et... 300 mètres... Non, 30,7 mètres au-dessus du
niveau de la mer.
Vous savez ce que j'ai demandé ? Oui.
Mais on en regarde.
J'ai une idée.
Et là et là, c'est interdit.
Dommage.
Vous êtes sûre de vous ? Le plus dur, ce sera de passer les grilles du service
pour arriver jusqu'à la linge.
Après, vous n'aurez qu'à m'attendre devant l'hôpital avec un viacre.
Si je reste ici, je deviens folle.
Vous l'avez pas vu ? Le petit massacre s'est enfui.
Bon, c'est pas possible. Bon, allez, je suis à gauche.
Nous, on va à droite.
Qu'est-ce que tu fais là ? Allez, monte !
On va où maintenant ? Chez mon père.
Chercher quoi ? Je sais pas. Un lien entre les trois morts.
Je me sentais tellement sale.
Ils t'ont maltraitée ? Oui.
Enfin, non.
C'est juste que tu leur appartiens à tout le monde. Aux infirmiers, aux
médecins, aux bonnes sœurs. Ils sont sans arrêt à te toucher, te tâter, te
mesurer comme une pièce de viande.
Le bruit.
L'horrible bruit du soir.
J'aurais voulu venir te voir, mais... J'étais pas sûre que c'était ce que tu
voulais.
C'est de ma faute.
Je suis désolée pour ce que je t'ai dit.
Je vais m'habiller.
Tous les dossiers de mon père sont là.
Cherche quoi ? Jussac, mon père, Legendre ont travaillé ensemble sur un
des premiers chantiers d'Eiffel.
Ça peut pas être un hasard.
Euh, là ? 1868.
Jussac, Legendre et Massard.
Visiblement, ils construisaient une usine de métallurgie.
C'est ça.
Eiffel m'a dit qu'au milieu des travaux, Jussac avait quitté l'entreprise sans
explication.
Regarde.
Ils sont là tous les trois sur cette photo.
Tous morts.
Le rapport de sécurité.
Il manque des flèches.
S'il s'est passé quelque chose, ce sera dans les archives des journaux. Il faut
qu'on aille les consulter demain.
Il est tard.
C'est vrai.
Je rentre chez moi.
Sinon, tu peux rester dormir ici.
J'avoue que me retrouver toute seule dans la maison après tout ce qui s'est
passé... T'as qu'à prendre ma chambre, je dormirai là.
Très bien.
Bonne nuit.
On sort de votre hôpital comme d'un moulin, on dirait.
Louise avait forcément un complice.
Quand on est arrivé devant l'entrée, elle s'était volatilisée. En tout cas,
ça confirme que Louise Massara est aussi normale que vous et moi.
Enfin, que moi, en tout cas.
Elle a singé vos hystériques pour échapper à la guillotine.
Mais peut-être, mais moi, j'aimerais savoir pourquoi elle tue ses hommes.
Ce que je peux vous dire, c'est qu'elle a visiblement subi un vrai choc, sans
doute dans son enfance. Mon intuition est que la mort de son père est liée à
cet événement.
Quel événement ? Justement, elle refuse de s'en souvenir.
C'est là-dessus que nous travaillons.
Attendez, si je vous comprends bien, vous croyez qu'il y a eu un événement
important, capital, essentiel, dont personne ne se rappelle ?
Notre psychisme se défend, comme notre corps quand on a un rêve.
C'est ce qu'on appelle le subconscient.
Jusqu'à preuve du contraire, Louise n'a pas tué son père avec son subconscient.
mais avec un coup de papier.
Tu as trouvé quelque chose ? Tous les journaux de mai 68.
Alors, 18 mai, 18 mai, 18 mai, rien du tout.
Non, non, plus rien.
Ah, si ! Attends, dans celui-là, il y a une brève.
Accident tragique sur un chantier.
Alphonse Dervin vient de trouver la mort sur le chantier qu'il dirigeait pour les
entreprises Eiffel.
D'après les conclusions de l'enquête, les conditions de sécurité ne sont pas
en cause.
Mon père aurait décidé de brûler le rapport de sécurité 21 ans plus tard.
Si tu veux, mon avis, c'est que la sécurité du chantier ne devait pas être
si sécurisante que ça.
Ah tiens, le type qui est mort, il y a sa photo là.
C'est lui.
C'est lui.
C'est le visage que j'ai dessiné après ma séance d'hypnose.
J'y comprends rien.
Tu l'as dessiné alors que tu l'avais jamais vu ? Mais d'après le médecin, je
l'ai vu, mais je l'ai oublié. Enfin, une partie de moi l'a oublié. Mais comment t
'aurais pu le rencontrer ? T'avais quel âge quand il est mort ? Sept ans.
Quand ma mère est morte, mon père se retrouvait seul avec moi. Ça lui
arrivait de m'emmener sur les chantiers. J'ai dû le croiser.
Peut-être que ton père savait des trucs sur la mort de Sdervin.
Et quelqu'un l'a empêché de lui raconter.
En tout cas, maintenant, une chose est sûre. Une partie de la réponse est ici.
Mais... Mais... Henriette.
Une amie.
Qu'est-ce que vous voulez ? Je veux une nouvelle séance d'hypnose, docteur. Je
dois comprendre ce qui s'est passé sur un ancien chantier de mon père. C'est
hors de question. Je sais que je suis tout près de comprendre.
S'il vous plaît, docteur. C'est la dernière fois.
Oui, ce sera la dernière fois parce que je vais me retrouver en prison.
Dommage.
Vous auriez eu l'occasion de prouver vos thèses.
Je vous laisse quand même cet article en souvenir.
Vous le reconnaissez ?
Je ne sais ni comment ni
pourquoi, mais j'ai dessiné son visage de mémoire 20 ans plus tard dans votre
cabinet.
C'est incroyable.
Vous aviez raison, docteur.
Le cerveau contient des portes soigneusement fermées.
Il peut les rouvrir.
Ramenez-moi devant cette porte.
Bon, rentrez chez vous. Qu'est-ce qui se passe, gros, là ? Tant que vous n'aurez
pas revu les mesures de sécurité sur le chantier, j'arrête tout. C'est vrai, pas
vrai. On n'a plus le temps, là, Alphonse.
Si on reprend les plans, on va démarrer avec... Hé, tu devais fermer les yeux !
Les deux ouvriers qui sont morts sur le viaduc de Neuville... Maintenant, tu te
tais ! Non, je te tais, je te dis ! Non, je veux pas me taire ! Au contraire,
même !
J'ai écrit un rapport et ce rapport, je vais le balancer à la gazette. Je suis
sûr qu'ils seront intéressés par l'histoire des trois ingénieurs d'Eiffel
qui ont perdu leur âme au fond de leur chantier.
Tu te tais, je te dis !
Mais tu as tué ! Mais non, je
voulais... Je voulais le faire taire et je l'ai juste poussé.
Il faut que ça passe pour un accident.
D'ailleurs, c'en était un. C'est ce que vous avez vu tous les deux.
On ne va pas masquer ça.
Et les gosses, ils sont où ?
T'inquiète pas, ils sont toujours pas remontés par en haut, ces deux-là.
Louise !
Vous vous êtes souvenu de quelque chose ? J'ai vu mon père tuer Dervin.
D'après les journaux, c'était un accident.
Qu'est-ce qu'il a fait exactement ? Je vous interdis d'accuser mon père
? Je n'accuse personne.
C'est vous qui avez dit qu'il fallait se méfier des tours de l'inconscient.
C'est forcément faux ! Je ne sais pas, Louise.
C'est ça, c'est exactement ça ! Vous savez rien ! Vous savez rien du tout !
Espèce de salaud !
Dites
-moi que mon père n'est pas un assassin.
Vous preniez le temps de digérer ses émotions ?
Alors
c'est lui.
C'est ce petit garçon qui jouait avec moi.
Il se venge du meurtre de son père.
Il y a une dernière chose que je ne voulais pas vous le dire, mais il me
semble que si je me tais, je vous mets en danger.
Quelqu'un est entré dans votre conscience.
Je ne comprends pas. Qu'est-ce que vous voulez dire ? La première fois que je
vous ai mis sous hypnose, j'ai remarqué une résistance inhabituelle aux
suggestions.
Comme si quelqu'un avait cadenassé vos souvenirs au moment des meurtres.
L'autre femme.
En somme, il dit que c'est comme si j'étais sous l'emprise de quelqu'un. Je
comprends pas comment c'est possible.
Si tu veux mon avis, ce type, il est comme les autres.
Il s'amuse avec toi. Enfin, avec ton cerveau.
J'aimerais tellement qu'on en finisse.
Qu'est-ce que tu vas faire ? Il faut que je me retrouve, Maxime Derbin.
Sinon, mon prochain séjour, ce sera pas à l'hôpital.
Ce sera directement sur l'échafaud.
Les prondés sont chez toi ?
Viens, je t'emmène hier.
Allez, on entre maintenant.
Viens voir cette photo.
Ce sont nos trois victimes.
Peut-être que Louise collectionne les photos de ses proies, qu'est-ce que j'en
sais ? Avec ses déviantes, on peut tout imaginer.
La photo date de 1868, c'est qu'une gamine à l'époque.
Je vois toujours pas où tu veux en venir.
On a ses empreintes partout sur les lieux du crime. On a ses empreintes sur
le coupe-papier qu'a transpercé son père, sur la lame de rasoir qu'a égorgé
Jusac. Et qu'est-ce qu'il te faut de plus ? Mais rien du tout, mon cher.
Rien du tout.
Juste un mobile.
Dans l'entrepôt de Valère.
Ici, personne ne viendra te chercher.
Tu t'en vas ? Tout à l'heure, c'est le dernier spectacle de Valère à la Tour.
Un grand gala devant tout le gratin parisien.
Et demain, on part pour Cannes.
Qu'est-ce qu'il y a ? C'est loin, Cannes.
On voyage beaucoup, tu sais.
On pense même partir en Amérique après cette tournée.
Attends.
C'est pas ce que tu voulais ? Mais est-ce que c'est vraiment ce que toi tu
veux ? Qu'est-ce qui se passera si un médecin te dit que tu dois encore avoir
honte de moi ? Ou si les flics te coffrent ?
Je veux plus qu'une nuit, Louise.
Tout ça, c'est nouveau pour moi.
Louise, je t'ai pas tout dit.
Louise... Tu sais, quand on s'est rencontrées...
Mon cher Théodore, je sais que les faits sont tenaces, que tu as les empreintes
de Louise à peu près sur tout, mais il y a quelque chose qui me chiffonne. C'est
qu'en allant à l'état civil, j'ai mis la main sur quelqu'un qui, contrairement à
Louise, a un mobile pour les trois meurtres. Qui c'est ? Il s'agit de
Maxime Dervin.
C'est qui celui-là ? En 1868, c'est juste un gamin.
Son père est chef sur un chantier Eiffel et il meurt d'un accident de travail.
Deux mois plus tard, sa mère s'empoisonne avec de l'arsenic.
Et c'est le petit Dervin qui découvre sa mère dans la cave.
Sa famille n'en veut pas.
Il échoue à l'orphelinat.
Et moi, j'ai retrouvé une surveillante de l'époque.
Ça, je doute pas que t'aies interrogé le personnel féminin avec le plus grand
zèle. Oh, ne sois pas stupide. Non, non, la bonne dame avait à peu près 300 ans.
Mais assez de mémoire pour rappeler un fait qui va t'intéresser.
Pendant le séjour de Dervin à l'orphelinat, un surveillant a été tué
par une des cuisinières de l'établissement.
Je vois toujours pas le rapport.
Elle est incapable de se souvenir de ce qui s'était passé. La victime était une
ordure, paraît-il. Elle avait pris le petit Dervin pour souffre-douleur.
Un témoin amnésique, comme les trois ingénieurs, 20 ans plus tard, ça ne dit
rien.
Tout tourne autour de ce gamin.
Alors c'est vous, Maxime Dervin.
Cette femme que j'ai vue, c'était toi.
C'est toi qui as tué mon père et les autres.
Et je vous ai servi de coupable idéal.
J'espère que le spectacle vous a plu. Comment elle a fait pour rentrer dans l
'ascenseur et tuer le gendre ? La diversion, Louise.
C'est la clé de tout.
Qu'est-ce que vous allez faire maintenant ? Ceux qui ont tué votre
père, ils sont tous morts ! Il reste un dernier acte.
Le bouquet final du grand gala de ce soir.
Sur ce, je vous laisse.
Henriette ?
Mais
qu'est-ce que vous faites là ?
Enfin avec le gala de ce soir, il y a au moins 100 policiers au mètre carré. Je
sais. C'est pour ça que j'ai besoin de vous laisser passer.
Ce soir, Valère va tuer Gustave Eiffel. Quoi ?
La charmante assistante va me tirer dessus.
Sans vouloir vous forcer à dévoiler vos tours, vous comptez l'arrêter comment,
Valère ? Je ne sais pas.
Alors laissez faire la police.
C'est beaucoup trop dangereux.
Vous êtes avec moi ou pas ? Mais ne vous inquiétez pas.
Cette balle, je vais l'arrêter avec mes dents. Attendez, attendez.
Prenez ça au moins.
Si ça tourne mal, vous aurez quelque chose pour vous défendre. Inutile de
vous dire que mon dentiste n'approuve pas particulièrement ce tour.
Maintenant, quand je claquerai des doigts, vous allez tirer sur moi.
Je doute qu'à cette distance, vous puissiez rater votre signe. Elle est là
devant.
Allez y prévenir.
Henriette, si vous le voulez bien, ouvrez le barillet et montrez la balle
au spectateur.
Ceci est un véritable verre d'eau.
Et désormais, il est vide.
Henriette ?
Votre
cavale s'arrête ici.
Je t'avais bien dit qu'il suffisait de suivre sa petite copine.
C'est pas moi qu'il faut arrêter, c'est Valère. Ça suffit maintenant.
Vous êtes assez fichu de nous. En route !
Si certaines personnes se sentent mal, qu'elles n'hésitent pas à sortir. Ce
tour est très éprouvant. On perd la trace de Maxime Dervin après sa sortie
de l'école des mines, il y a 15 ans. Il ne peut pas s'engager dans le spectacle.
Ça ne peut pas être Valère. Je vous jure que je dis la vérité.
Il se venge de la mort de son père tué sur un chantier d'Eiffel. C'est tabou !
Nous allons maintenant exécuter ce tour avec un membre du public.
Et maintenant, il va tuer Gustave Eiffel.
Pourquoi il ferait une chose pareille ? Pour lui, il est responsable de tout ce
qui s'est passé.
Monsieur Eiffel, on peut l'applaudir ?
Je déteste quand t'as raison.
Il y a un chapeau sur la table. Vous pouvez aller le chercher.
Accompagnez madame, s'il vous plaît.
S'il vous plaît.
Et si je tirais là, maintenant ? Est-ce que vous pourriez arrêter mes balles
avec les dents ?
On verra si vous êtes aussi capable d'arrêter la lame de la guillotine avec
vos temps.
Je vous jure que je n'ai jamais su ce qui s'était passé sur ce chantier.
Mon père et ses amis ont tout fait pour ça.
Ce bruit...
Louise
! Ne tirez pas ! Louise !
Impossible, Valère n'a pas pu.
J'ai vraiment cru que vous étiez mort.
Une grande illusion cache toujours une plus grande encore.
Arte. Louise.
Je ne peux pas m'arrêter. Arte. Louise.
Arte.
Il n'y a jamais eu d'autres femmes.
Je me suis trompée sur toute la ligne.
Jusac, mon père, c'est moi qui les ai tués.
C'est vous qui m'avez présenté à Valère.
C'est vous qui m'avez mis sur la piste de Jussac.
C'est vous qui m'avez aidé à m'enfuir de la salpêtrière.
C'est vous qui m'avez fait tuer mon père.
Mais le tour arrive à sa fin, Louise.
J'espère que tu n'es pas déçue.
Et Valère ? J'ai toujours été la tête et lui le bras.
Tu étais une assistante parfaite, Louise.
Il fallait que tu me déçoives.
J'allais accomplir le crime parfait.
Tu m'obliges à me salir les mains.
Sous-titrage FR ?
Alors, tout était faux.
Les rendez-vous, la demande en mariage. Tu m'as même pas aimé un tout petit peu.
Je te détestais, Louise.
Plus que tous les autres.
Et quand je te voyais là, au bras de ton père, t'imagines pas le courage qu'il m
'a fallu pour ne pas te tuer. Mais c'était il y a peu de 30 ans.
J'avais tout oublié, tout enfui dans un tiroir.
Je suis pour rien. Ça, c'est la force des conseillers.
Être capable de tirer un trait sur les pires horreurs et d'aller de l'avant.
Moi, j'ai le même petit cauchemar.
Tous les jours.
Pardon, Maxime.
Maintenant, j'ai retrouvé la mémoire.
Et toi, tu te souviens ? Tu m'aimais à l'époque.
Il reste forcément quelque chose de cet amour-là.
Tu te souviens quand tu m'as embrassée ?
La diversion.
Merci.
Quelle profondeur dans son regard.
C'est une amie.
Son séjour à la salle pétrière l'a rendu définitivement folle.
Vous vous intéressez aux aliénés ? Non, je m'intéresse à vous.
Je suis le rédacteur en chef de la Gazette.
Je voudrais faire votre portrait.
On va le titrer « La Toulouse-Lautrec de la salle pétrière ». Je vais faire de
vous une star, ma petite.
Une star.
Ça me fait plaisir de vous voir libre, je veux dire.
Oui.
Les juges nous ont reconnus non-coupables, toutes les trois.
Henriette, Charlotte et moi.
Mais mon psychisme, comme vous dites, n'est pas aussi clément.
La journée, ça va, mais la nuit, je suis réveillée par des cauchemars atroces.
Vous n'êtes pas responsable.
C'est comme si on accusait la lame du couteau ou la corde du pendule.
Je vais vous aider.
On peut faire des séances toutes les semaines.
Chez moi.
On va vous soigner, Louise.
C'est promis.
Vous avez revu votre amie ? Non.
Pas depuis qu'on nous a libérés.
Avec l'hypnose et tous ces mensonges, je sais plus ce que je peux croire.
Pourtant, vous avez mis son portrait bien en valeur. Et j'ai un collègue
viennois qui...
Remarquerez que vous l'avez placé exactement là où tout le monde peut le
voir.
Je l'ai mis là sans réfléchir.
Vous savez, je crois que j'ai vraiment changé avec elle.
Je peux peut-être vous aider à guérir de ça aussi.
Et... Et si je ne veux pas guérir, docteur ?
En ce cas, je crois que vous devriez prendre le risque de vous écouter.
Il faut que j'y aille.
Si vous voulez être au Havre demain, il faut partir, madame. Le bateau ne vous
attendra pas.
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