All language subtitles for Quai.Des.Orfevres.1947.1080p.BluRay.x264.AAC-[YTS.MX]-2

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Original subtitles

On arrive?

De quel étage, je t'entends?

Tant mieux, parce que j'ai un clou dans ma chaussure.

Qu'est-ce que vous voulez ? Je voudrais voir si vous n'avez pas des salades pour

nous, des bonnes.

Quel genre fais-tu, toi ? Genre fantaisie. On a de la fantaisie. Et toi

? Réaliste. On en a aussi.

On a tout dans la maison.

Qu'est-ce que vous passez en ce moment ? Casino de maison Alfort.

Oh, c'est bien ça. Bon public, je connais ça.

Seulement de bon temps, il n'y avait pas encore de casino.

Je faisais la terrasse.

Prends mon bouc, prends mon bouc, prends mon bouc. Quelle fleur. Il est temps, il

est temps, il est temps chanteur. Prends-le donc et partons de ce port.

Demandez ta main à ton papa.

Je suis fri, je suis fri, je suis frissonnant. Partons sur, partons sur.

Partons sur le champ. N'attends pas surtout qu'il soit trop tard.

Allons, dépêche-toi car il est midi un quart. On n'a pas une minute à perdre.

Et pour que j'ai ton cœur en tout bien tout honneur, prends mon bouc...

Je t'en prie, tiens-toi un peu. Après qui tu en as ? Léo montrait une chanson

formidable. Il te l'a montrée avec les gestes.

Quelle mentalité ! Tu ne sais pas qu'à Marseille, un chat ne t'avait les mains

? Ce n'est pas une raison pour plôter les cuisses de ma femme. Il bâtait la

mesure. Oh, dis-moi, belle, laisse-le dire.

Penser que ce proluqué peut être jaloux d'un vieux museau comme le mien, c'est

flatteur. C'est impressionnant d'imbécilité, mais c'est flatteur. D

'abord, je ne suis pas jaloux. Alors tu peux faire l'affront.

Très à l'autre.

Qu'est-ce qu'il veut, ce polichinelle ? Il veut travailler par-di.

Qu'est-ce que t'attends ? On t'attaque ? Fiche-nous la paix.

Qui c'est, le patron, ici ? Assez-toi, Maurice.

Je vais te la susurrer, ma romance.

Le polichinet l'attendra.

Tiens-moi ça, génie.

Elle habitait ses villes Et dans toute la ville C'était

la plus agile De toutes les gitanas Il en était... plus

belle, mais elle avait pour elle une chose exceptionnelle

que les autres n'avaient pas.

Avec son tralala, son petit tralala, elle faisait tourner toutes les têtes.

Un coup de tralala, elle faisait tralala, et chacun rêvait d'un dans ses

bras.

Et moi, t'as...

Lui, tu n'as...

Forcément, ça crie. Elle peut voir son derrière. C'est facile de le perdre

dessus. C'est comme ça. Si c'est si facile, qu'est-ce que t'attends ? Tu vas

lui revoir ton cul, toi aussi.

Tu m'en as fait, toi. T'en prie.

Sous-titrage

Société Radio-Canada

Et nous, les petits, les obscurs, les sans grade ? Oh, ma vieille foire, ma

vieille foire, t'as fait que j'oubliais. Oh, tu pourrais tout de même enlever ta

bouffarde. Eh bien, Othello, vous en faites une tête, vous.

Tenez, vous lui donnerez ça.

Allons, allons, Maurice.

Vous êtes fou.

Il comprendra jamais.

Qu'est-ce que tu veux ? Il a été mal élevé. C'est un fils de bourgeois. Il

voit le mal partout.

Regarde cette lampe.

Comme ça ? Parfait.

Le bras un peu plus haut.

Encore.

Non, attends, moi je crois qu'il faudrait que tu... Ah non, non, non, dis

-moi ce que tu veux, je le ferai, mais j'aime pas qu'on me tripote, c'est

physique. Eh ben, ça doit être agréable pour Maurice. Oh, avec lui, ma petite, c

'est pas pareil.

J'en demande.

Vous vous entendez bien là-dessus ? Tu veux que je te donne des détails ? Si ça

te fait plaisir, je te dirai les jours avec et les jours sans.

Est-ce que tu peux être agressive ? Dame, ça t'intéresse tellement.

Avec toi, on revient toujours sur le même chapitre.

C'est si drôle de vous voir vivre l'un près de l'autre.

Vous vous ressemblez si peu.

Bouge plus.

Une seconde.

Souris. J'ai pas envie.

Je t'aime bien, mais j'aime pas que tu t'occupes des affaires de Maurice.

T'es bête.

C'est un vieux copain. Nous avons été élevés ensemble, Maurice et moi.

On connaît ça, les amis d'enfance.

Ça commence avec les billes, et puis ça finit dans les draps.

Pas nous. Non.

Vous, c'est plus grave.

Quand je suis seule avec toi, ça va.

Avec lui seule, ça va aussi.

Mais quand je m'amène et que vous êtes en train de bavarder tous les deux, vous

vous arrêtez.

C'est comme si vous tiriez un rideau.

Pourtant, c'est toujours de toi que nous parlons.

Bon, attention, j'y vais.

Merci. Lève-toi maintenant.

Une grosse tête pour finir. La vérité, c'est que Maurice ne me comprend pas.

C'est un homme.

Les hommes ne peuvent jamais nous comprendre tout à fait.

C'est pourtant pas dur.

Je veux arriver.

Mais c'est lui que j'aime.

Je me rase avec les autres.

C'est pas seulement une question de peau, c'est une question d'être.

Sans lui, je perds les pédales.

Ça va peut-être te paraître extraordinaire, mais Maurice est ma

flamme. Oh, il a pas l'air de brûler, mais il m'éclaire.

Bon, tu es prête ? Minute.

Vas-y.

Merci. Terminé ? Et pas tant.

Ça ira.

Chique, alors.

Je commence à en avoir ma claque.

Est-ce que ça peut être casse-pieds, les photographes ? Décidément, c'est un

plaisir de te rendre service.

Hé, tu fais.

Je ne vous souhaite qu'après les gens que j'aime.

C'est vrai ? Tu les développes tout de suite ? Ça m'étonnerait.

Qu'est-ce qui se passe ? Attends une seconde.

Cher ami, je vous présente... Mes respects.

Mais je ne vous attendais pas. Je le sais bien, je suis venue à tout hasard.

Vous ne pouvez pas me recevoir.

C'est que je... Je vous demande pardon d'insister, mais à mon âge, on devient

capricieux quand ça vous tient.

Bon, je vais m'arranger.

Asseyez-vous deux minutes.

Pardon.

Vous aussi.

Il faut que tu files en vitesse.

Un raseur ? Un client.

Un vieux dégoûtant qui vient de temps en temps faire photographier les filles.

Mais quelle fille.

C'est du propre.

Joli métier. Je le fais pas pour mon plaisir, je te le jure.

Mais ce vieux-là, c'est brignant. Tu sais, le comptoir colonial.

L'électrification du sud-ouest.

Oméga film.

Tu vas voir froid comme ça, toi ? Penses-tu, pour monter un étage ?

Quelle bonne surprise.

Comment allez-vous, petite fille ? Très bien, monsieur. Non, justement, je

voulais vous faire convoquer à mon bureau.

Demain, il y a du nouveau pour vous. Vrai. Et du bon, du meilleur.

Oh, je suis contente. Oui, excusez-moi, il est un peu tard. Tout de suite, chère

amie. Instantanément. Nous allons passer dans la pièce à côté et je vais la faire

préparer.

Dis-donc quoi.

À demain, n'est-ce pas ? À demain.

Mais tu ne m'avais pas dit que tu le connaissais. Tu ne me l'as pas demandé.

Où l'as-tu rencontré ? Ici, en rentrant chez moi.

Il traversait la cour et il m'a promis de me faire tourner.

Génie ! Moi ! Mais folle ! Tu n'as pas compris le genre du monsieur ? Mais

après, je ne suis pas tombée de la dernière averse.

C'est moi qui le ferai marcher, ton bonhomme.

Et loin encore.

Une seconde, je vous prie, une seconde. Dites, monsieur, j'enlève tout?

Non, ma chère petite, pas les chaussures.

Jamais les chaussures.

Dites-moi, n'est-ce pas la petite génie qui posait pour vous tout à l'heure?

Oui. Vous pourriez peut-être me céder une épreuve? Non, certainement pas. Je

fais ça pour un magazine américain. Ah, c'est regrettable.

Extrêmement regrettable.

Ben oui.

Ça va comme ça?

Oh!

Délicieux, simplement délicieux.

Et si chaste.

Vous me direz ce que vous voudrez. J'aime mieux m'offrir ça de temps en

temps qu'un Manet ou un Picasso.

C'est plus intéressant.

Non. Jenny est arrivée ? Depuis cinq minutes.

Bon, tu feras passer Maxwell à sa place et tu la colleras derrière les

cyclistes. Elle va râler. Oui, ça lui fera les pieds. Comment deux soirs, deux

suites ? C'est trop, mon vieux.

D'où viens-tu ? Je te l'ai dit, j'étais au coiffeur. Regarde tes cheveux.

Justement. Comment justement ? J'avais rendez-vous avec Alfred.

Il y a lui qui sache travailler.

Il est parvenu, alors je l'ai attendu. Jusqu'à 10h du soir.

Non, pas jusqu'à 10h du soir, s'il te plaît. Pas assez pour te croire. D'où

viens-tu ?

Tu sais, t'aurais dû te mettre juge d'instruction. Veux-tu me dire d'où tu

viens ? J'ai été prendre l'apéritif avec un monsieur très important.

Là ! Brignon, peut-être.

Brignon ? Pourquoi dis-tu ce nom-là ? Ah, je vois.

C'est Dora qui m'a mouchardée, naturellement. Je te défends de dire ça.

Dora passe sa vie à te défendre. Elle n'a fait que son devoir en me prévenant.

Brignon est un sale type, un individu dangereux.

Elle en sait quelque chose. Mais raison de plus.

Crois-moi, si Brignan était un pauvre bourre, il y a longtemps qu'on l'aurait

mis à l'ombre. Ça y est, j'attendais ça. Les capitalistes, les décentes à l'île.

Alors, on peut y aller. Mais vas-y.

Tu leur en veux aux riches parce que tu ne sais pas gagner d'argent.

Moi, je ne suis pas comme toi. J'en veux ma part de leurs fric. D'abord, je suis

pour la royauté. Oh, dis-donc pas de saucisses. Ton père était un ouvrier. Et

après ? Si j'avais vécu sous Louis XV, eh bien, j'aurais été la pompadour, au

moins. Et les sans-culottes, eh bien, ils auraient eu chaud aux fesses. Oh,

tais-toi, t'es bien odieuse.

T'as raison, mon Biquet.

À quoi ça sert de nous disputer ? Puisque le Brignon t'embête, je le

verrai plus.

T'es promis ? Juré.

Martineau ! Demain, il me présente à son metteur en scène, et dès que j'ai signé

mon contrat, au revoir, M. Brignon, plus besoin de... Tu le revois demain ? Dame,

faut bien.

Nous déjeunons ensemble, avec le metteur en scène en question, chez la Pérouse.

Non.

Comment non ? Je te dis que non, ça suffit comme ça, j'aimerais mieux t

'enfermer.

Parfait.

Tu sais ce que ça fait, le cinéma, ce que ça représente de publicité. Tu me

fais rater tout ça pour un déjeuner d'affaires.

Merci.

Mais puisque c'est un déjeuner d'affaires, pourquoi qu'ils m'invitent

pas à ton Brignon ? Je sais même pas que tu existes.

Tu lui as pas dit que t'étais mariée ? Pas si belle.

Je t'avertis que nous serons ridicules tous les deux. En quoi ? T'es ma femme,

je te dépose en passant au restaurant, et j'en profite pour présenter mes

respects à ce bon monsieur Brignon.

Ça n'a rien de grotesque ni de mal élevé. Très bien.

Tu l'auras voulu. Qu'est-ce que tu fais ? Je vais me décommander.

T'as gagné.

Profites-en, mon petit.

T'as pas fini d'en entendre parler. Mais pourquoi je pouvais parfaitement t

'accompagner chez la Pérouse ? Non, c'est foutu, c'est foutu.

Ça marchait trop bien, il fallait que tu t'en mêles.

Allô ? La Pérouse ? Monsieur Brignon, s'il te plaît.

Oui, il a retenu une table.

Bravo ! Deux couverts et un cabinet particulier.

C'est ça le déjeuner d'affaires.

Où es-tu ? Je vais m'occuper de ton contrat.

Maurice !

Bonjour, monsieur.

Monsieur Brignon, s'il vous plaît.

Oui, mais c'est que monsieur... Oui, oui, je sais, je sais, je viens de la

barre de cette dame. Ah, pardon, mais je suis par ici.

Qu'est-ce que vous voulez ? Qu'est-ce que ça signifie ? C'est pas moi que vous

attendiez, hein ? Je suis le mari de Jeannie Lamour. Vous savez l'ironie dans

ces cas-là, hein ? Sa barbe, encore la vaisselle.

Estimez-vous heureux que je vous casse pas la gueule. Puis c'est bien compris.

La première fois que je vous trouve à tourner autour de ma femme, je vous

descends.

Pardon.

Te voilà, toi.

Tu tombes bien, tout est arrangé.

Maurice, qu'est-ce que tu fais ? Va lui demander, il t'attend avec des fleurs

sur la table. Vas-y.

Je te le pardonnerai jamais.

Tu te crois fort, n'est-ce pas ? Mais je le reverrai, Brignon, et je me ferai

pardonner. Si je vous retrouve ensemble, je vous abats tous les deux. Pauvre

idiot, tue-moi, tiens, je te le conseille. Tu te feras pincer le jour

même et on te coupera la tête et ce sera bien fait. Je me ferai pas pincer, j

'aurai un alibi. Un alibi de toi, on a le droit comme t'es.

On te coupera la tête, je te dis. Tu seras trop contente.

Ce n'est jamais mon tour C'est toujours

pour les mêmes Aucun bras ne m'entoure

Y'a personne qui m'aime J'ai rêvé

d'un amour Aussi beau qu'un poème

Sa pauvre grand-mère, elle n'est pas bien.

Alors la petite, elle part pour Anguien tout de suite.

Peut-être qu'elle y passera la nuit. Mais j'y vais.

Mais pas la peine.

Elle est là, accrochée.

Vous ne lui avez pas dit que j'étais là ? Que si, mais elle était pressée, la

pauvre petite.

C'est tout de même drôle, là. Non, ce n'est pas drôle.

Qu'est-ce que tu vas encore imaginer dans ta tête ? Je me ferais honte, moi,

d'être sceptique sur une gentille fille comme Génie, qui t'adore, et qui t'est

fidèle comme pas deux.

Oh, c'est que c'est couillant, les hommes.

Pas vrai, Ginette ? Heureusement.

Allons-y.

Mais le long des faubourgs Je m'en vais seule toujours Ce n'est jamais mon

tour Ah, monsieur Maurice, je vous guettais.

Madame est partie en courant vers 4 heures. Je sais, je sais. Elle m'a dit

de vous dire pour... Je sais, Mme Beauchamp, elle m'a téléphoné.

Oh, bon, très bien.

Si elle a peur que j'oublie, bon.

Elle vous a dit aussi pour le dîner ? Non, mais ça fait rien.

Les haricots sont sur le gaz et il y a du veau dans le placard.

Laisse tomber, va. C'est un compte-mais.

Si ça vous fait pas de la peine.

Allons le vaginal.

Ici Turbigo 5368.

C'est pas assez fort, non ? Turbigo 5368.

Donnez-moi le 203 en gain.

C'est impossible, voyons.

Il y a quelqu'un de malade, on va sûrement répondre.

Bon, bon.

Je rappellerai, merci.

C'est le jour même. On te coupera la tête et ce sera bien fait. Je ne me

ferai pas passer, j'aurai un alibi. Un alibi toi ? Maladroit comme t'es.

On te coupera la tête je te dis.

Un promenoir, s'il vous plaît.

Mais qu'est-ce que vous faites, Maurice ? Vous êtes fou, vous n'allez pas payer

votre place, hein ? Mais vous êtes du métier, mon vieux.

Jenny n'est pas avec vous ? Non, elle est à Anguin, sa grand-mère est malade.

Tiens, c'est gentil de venir faire le jeune homme chez nous.

Violette ? Oui, monsieur Marais. Placez, monsieur Martineau. Oui, monsieur

Marais. Non, non, je vais rester au promenoir. Mais quelle idée, nous avons

un bon fauteuil au quatrième rang.

Allez, allez, amusez-vous bien. Par ici, monsieur Martineau.

Écoutez, je vais rester au promenade. J'ai horreur de déranger les gens.

Vous, alors, vous êtes timide.

À mes heures, oui.

Bonsoir, M.

Martineau. Ça va comme vous voulez ? Admirablement.

Mlle Jenny va bien ? Admirablement.

Tiens Maurice, comment ça va ? Vous êtes dans la salle ? Oui.

Vous voulez chercher quelqu'un ? Moi, oui, Léon. Ah, je vous l'envoie tout de

suite. Léon, on te demande.

Vous me demandez M. Martineau ? Oui, c'est-à-dire que vous n'auriez pas du

beurre par hasard ? Du beurre ? Oh, ça c'est bête, j'ai pas été livré ce soir.

Par exemple, j'ai des chaussures, comme ça. On se fait rien, ce sera pour une

autre fois. Je regrette vraiment.

Taxi ! Taxi ! Taxi ! C

'est si grave que ça

? Tu t'es encore fâchée avec Maurice ? Je viens de tuer Brignon. Quoi, t'es

folle ? Je l'ai bavée exprès.

Ça avait été chez lui, hein ? Si j'avais su. Tu le savais, sale fille, on t'avait

assez prévenue. Je t'en supplie, ne me fais pas de peine.

Je croyais que tout se passerait bien, je t'en supplie.

C'était pour signer mon contrat, tu comprends, mon contrat.

Et alors, on a dîné et puis... Je n'ose pas t'expliquer.

Un vieux corps est pu de mon père.

J'ai voulu m'en aller, il a fermé la porte à clé.

Alors j'ai pris une bouteille de champagne, chose qui se trouvait sous ma

main, et j'ai tapé toutes mes forces.

J'ai parti en arrière, la bouche ouverte, en regardant.

C'est du propre.

J'ai peur.

J'ai peur.

C'est bien fait.

Mon pauvre Maurice, il va tomber de haut.

Oh, lui dis pas, je t'en supplie, lui dis pas.

Il me pardonnerait jamais.

Elle lui ferait tant de peine.

Je veux pas.

Je l'aime si fort.

J'avais pas comme je l'aimais.

Tu me jures ? Mais oui, je te le jure.

Y a que toi qui sache.

Personne m'a vue, tout le monde me croit en gain.

Mon Dieu, mon Dieu ! Berdard ! Quoi ? Berdard que j'ai laissé là-bas.

T'es sûre ? Je me souviens, sur le canapé.

Faut aller le chercher tout de suite. Ah non, non, non ! Il a peut-être encore

les yeux verts. Non, ne me demande pas ça.

Je te demande rien, c'est moi qui y vais.

Toi ? Oui, t'inquiète pas, y a pas de danger.

Je veux pas qu'ils te mettent en prison.

Il vous coupe les cheveux, il fait froid.

Je veux pas.

Pourquoi fais-tu ça pour moi ? Pour moi qui ai toujours été si méchante.

Je veux le faire.

Pour Maurice, tu comprends ? Pour Maurice.

Ça y est, on s'est retrouvés.

Ça y est, on s'est retrouvés.

Maurice, vous étiez là ? Vous voyez ? On part ensemble ? Non, j'ai laissé mon

manteau au vestiaire. Ça fait rien, je vous accompagne.

Ah, mon vieux, quelle soirée ! Pardon ?

Vous ne vous êtes aperçu de rien ? Aperçu de quoi ? Sans blague.

J'aime mieux ça.

Au moment où j'ouvre le sarcophage, j'ai cru que la glace n'allait pas jouer.

Ça ne s'est pas vu, vraiment ? Pas du tout.

M. Martineau, vous venez tout de même.

Un peu de plus à vous attendre. Je ratais mon métro.

Venez, venez à vos affaires.

Et où étiez-vous pendant l'entracte ? Léon avait reçu son beurre. On vous a

cherché partout.

J'étais au balcon.

Ah, c'est ça, c'est ça.

Alors, au revoir.

Au revoir, Patrice.

Maurice, qu'est-ce que vous avez ? Vous n'avez pas l'air bien.

Non, non.

C'est rien, c'est la chaleur.

Il n'y a rien de chaud, pourquoi là-bas, tous les endroits où c'est... Dans la

gauche !

Mais qu'est-ce qu'il y a encore ? Une sale histoire.

J'arrive de chez Brignon.

J'ai failli aller tout raconter à la police, puis j'ai eu peur.

Vous ne croirez jamais.

Et pourtant c'est vrai, ce n'est pas moi.

Je ne l'ai pas tué, je vous jure, je ne l'ai pas tué.

Vous me croyez, n'est-ce pas ?

Vous n'avez pas l'air d'un assassin, je vous le promets.

Il faut que ce ne soit pas Génie.

Vous êtes complètement fous.

Génie ? Pourquoi Génie ? Génie tuait quelqu'un.

Vous savez bien qu'elle était à Anguin. J'ai téléphoné, on ne répond pas.

Elle était peut-être sortie avec sa grand-mère.

La vieille est malade.

Il faut en finir, Maurice.

Qu'est-ce que vous faites ? Allô, le régional ? Donnez-moi le 203 à Anguin.

On va vous le passer, tenez.

T'as bien compris, mémé.

Je suis arrivée à 5h30 parce que t'étais souffrant.

Je me porte très bien, je vous enterrerai tous.

Mais il s'agit pas de ça.

Allons donc.

Allô ? Naturellement, c'est moi.

Qu'est-ce qu'il y a de cassé ? En voilà une heure pour déranger le monde.

Mais t'es cinglé, mon pauvre ami ! Mais... Mais je t'ai appelé à 9h, on

répondait pas.

Évidemment !

La vendeuse avait laissé la ligne branchée sur le magasin. Et quand ça

sonne en bas, on n'entend rien en haut.

T'aurais tout de même pu réfléchir avant de réveiller mémé en pleine nuit.

Quand même ! C'est ça.

À demain.

Qu'est-ce que je vous disais ? Vous aviez raison, je suis un imbécile.

Je me suis mis dans la mélasse pour rien.

Quand Jenny saura ça... J'espère bien qu'elle ne le saura jamais.

Il ne manque plus que ça.

Vous la connaissez, elle me tourmenterait jour et nuit.

Vous ne croyez pas qu'il voudrait nous voir ? Non, je vous en prie. Il est déjà

assez malheureux comme ça.

Comme vous voudrez.

C'est juré, hein ? Encore ? Comment encore ? Vous n'avez pas juré.

Vous croyez ? Alors, qu'est-ce que vous voulez ? Dans ces conditions-là, je le

jure.

Je suis un imbécile.

C'est une femme comme vous qui m'aurait fallu, Dora.

N'en doutez rien, allez.

Je suis un drôle de fou.

La voiture est en bas, chef. Un type vient de se faire descendre chez lui à

Passy. Les domestiques l'ont trouvé en rentrant.

Non, non, il y a des gens qui choisissent leur jour.

Ça le démangeait de se faire bigarner ce connard-là ? Il pourrait apporter ça

demain. Lui n'aurait peut-être pas demandé mieux. Eh ben, moi, donc.

Demain, Ballandieu prend la permanence. Il aurait été ravi, Ballandieu, hein ?

Ça le chatouille d'être appelé monsieur le principal.

Et sans vous commander, chef, faudrait vous grouiller. On doit encore passer

prendre le patron.

Le patron Zirange ? En personne.

Ah, bravo.

C'est pas qu'il soit tellement fortiche, le patron, mais...

Il n'y a pas de raison qu'on soit les seuls à être emmerdés.

C'est drôle, depuis 15 jours vous ralliez parce que la clientèle se fait

rare. Mais ce soir, ça me gêne.

Ah,

vous n'êtes pas libre.

Oui, ça me ferait mal.

Avant qu'une femme rentre ici.

Non seulement ça m'embête de laisser le petit tout seul, pour une fois où il ne

couche pas au dortoir.

On devait laisser un de casser la croûte au biestro, avant que je le ramène au

lycée. Il en parlait depuis des mois.

Vous l'aimez bien, votre gosse.

C'est tout ce que j'ai rapporté des conneries.

Avec le paludisme, 15 ans de brousse, des vaches.

Regarde-moi ça, s'il a les grâces.

Il travaille bien, tu sais.

Sauf pour la géométrie, là.

Il n'est pas champion.

Et qu'est-ce qu'il veut faire dans la vie ? Aviateur, tiens.

A son âge, j'ai été comme lui, et depuis, j'ai atterri.

C'est dit, mesdames.

Sergent à chef.

Il fallait remplir, vous auriez au moins trois ficelles, maintenant.

Oh, poste.

J'avais une trop grande gueule.

Aide-moi, tiens.

C'est pas pour lire. Vous avez été vernis de vous en tirer un peu plus à

gauche.

Ça vous fait encore mal. Des fois.

On est payé pour ça.

Enfin, on devrait l'être.

C'est drôle, chef. Vous n'avez jamais passé le concours des commissariats.

Deux fois.

Ils m'ont reculé pour la présentation, tu sais.

Le concours de Binef.

Ça m'a dégoûté. J'aurais du merde.

Qui c'est, ton oignon ? Un type plein osage et avec des relations.

Il paraît qu'il faudra mettre des gants. J'ai pas le moyen de m'en payer.

N'oubliez pas de mettre par-dessus, chef. Ça gèle.

Non, j'y pense.

T'en fais pas, mon coco.

Si j'en cravate un, il me le paiera, ton casse-croûteur.

C'est une femme qui a fait le coup ? On dirait. Les flics ont trouvé un cheveu

blanc sur la gilette du bonhomme.

Dis-donc, Emile, t'es un secteur, pas si.

Il avait envie qu'on la fasse blanche. Un petit blanc.

Tu vas croire que c'est pour faire le mariole, mais j'en ai chargé une, moi,

de femme blonde, ce soir-là.

Je l'ai prise près de la villa et je l'ai menée rue des Bourdonnets.

Pourquoi tu ne vas pas raconter ça aux flics ? Ça les intéressait.

Est-ce que j'ai une tête de mouchard ? Je m'en fous, moi, de leurs crimes.

Ils n'ont qu'à se manier le train, c'est leur boulot.

N'empêche que si tu étais un bon citoyen... Je suis un bon citoyen. La

preuve, c'est que moins je vois les flics, mieux je me porte.

Non, pourquoi ? C'est Villa-Saint-Marceau que tu l'as piqué,

la bagnole ? T'as pas besoin de le gueuler sur les toits. Quand tu parles,

il y a un mec qui s'est fait buter cette nuit, Villa-Saint-Marceau.

Un homme, eh, brillant.

Qui c'est qui a fait le coup ? Un beau cave, dans tous les cas, il n'a rien

emmené. Oh, histoire de fesses, probable.

Oh, j'aime pas ça.

Tu devrais la fourguer, ta trottinette.

Si t'es fait marron avec, t'auras des ennuis.

J'en ai besoin.

Ça t'intéresse, toi ? Dis donc.

Pour mon peignoir, j'ai envie de mettre une garniture en marabout. Qu'est-ce que

tu veux que ça me foute ? Ah ben ouais, c'est pas pour dire.

Est-ce que tu peux être aimable ? Est-ce que t'as changé depuis quel temps ? D

'abord, tu devras avoir honte de me passer des barbouilles à cette heure-ci.

Tu pourrais me répondre quand même.

Jenny.

Jenny, viens m'embrasser.

Attends, tu vas me faire faire un oiseau. Laisse ça ! Qu'est-ce que tu

prends ? Tu viens cingler mon pauvre ami. Peut-être.

Bouge pas.

Mais enfin ! Il insiste, écoute.

Vas-y.

Mais je suis pas là, je suis sorti.

Mlle de Ramonier, s'il vous plaît.

Tourée de chaussée.

Je sais, mais elle répond pas. La concierge m'a dit de me laisser à vous à

trois heures.

Vous tombez mal d'en être en cours.

Tant pis, je la ferai convoquer à la PJ.

Attendez donc.

Vous êtes de la police ? Et voilà, mon plaisir.

Mais vous sauvez pas comme ça, Dora va revenir tout de suite.

J'ignorais qui vous étiez, moi, je vous prenais pour un placé d'aspirateur.

Ça vous vexe pas ? Oh, pas du tout, c'est un très bon métier, hein.

Seulement, malheureusement, j'ai pas beaucoup de temps. Bon, ce sera pas

long. Ah, par exemple, prenez les patins. Sans ça, je peux pas avoir mon

parquet.

Ah, vous auriez besoin de venir faire un tour chez moi.

Dites donc, pour Dora, c'est pas grave.

Oh, passez-vous de gros petits renseignements.

Si c'était grave, l'inspecteur te le dirait pas.

Certainement.

Tant que vous êtes de grands amis de mademoiselle Dora, n'est-ce pas ? De

grands amis, oui.

Ça fait rien.

À vous le voir, je vous aurais jamais pris pour un policier.

Vous n'avez même pas d'imperméable. Ah, j'en avais un, me l'a volé. À vous ?

Oui. Ah ben vrai ? Où ça ? Ah, dans mon bureau.

Et vous n'avez pas attrapé le voleur ? Oh, qu'est-ce que vous voulez, la maison

est une turne. On entre, on sort, on y va et tout.

Oh, puis le vol, c'est pas mon boulot. Moi, je suis de la criminelle, c'est ce

qu'il y a de mieux.

Ça n'a pas de rapport avec les autres brigades.

À la volante ou à la voie publique, votre indique vous rencarde sur un

tricard ou un cassement, enfin, je veux dire, sur un interdit de séjour ou un

cabriolage. J'avais compris.

Je suis artiste.

Vous sautez votre volant, mais vous allez voir un pastis.

Nous, on nous met devant un cadavre et vas-y, mon petit gars, vous en mettez

pas grand.

Ah, mais un coup, je vous jure.

Et les résultats ? Cette année, la moyenne est meilleure. Ça fera du 48 %.

Alors ça, une chance sur deux pour l'assassin.

À peu près.

Ah, mais ça dépend des cas, hein.

En ce moment, je suis sur l'histoire Brignon. Là, ça intéresse des tas de

gens, on est décidé à aller jusqu'au bout. Tant pis pour celui qui a fait l

'imbécile.

Oui. Qu'est-ce que vous voulez ? La société se défend. Dans une affaire

comme ça, limer le prix, on n'en regarde pas l'addition, et ça va coûter cher.

À une époque comme la nôtre, c'est de la folie pure et simple.

Vraiment ? Oui.

Je vais vous faire le compte pour vous donner une idée.

15 inspecteurs à 9000.

9000 ? Il faut ce qu'il faut, on ne peut pas le laisser comme ça.

3 IPA.

IPA ? Inspecteur principal adjoint. 3 IPA à 11000.

C'est ce que je gagne.

Un principal à 13.

L'officier de police.

Le commissaire divisionnaire. L'identité judiciaire.

Police secours. Les messieurs du parquet.

600 billets par mois.

Sans compter le procès, si jamais on y arrive.

Vous direz ce que vous direz, c'est cher pour un vieux saligaud comme lui.

En somme, si vous n'arrêtez pas l'assassin de Brignan, vous n'en ferez

pas une maladie. Eh bien si, justement, c'est ce qu'il y a de plus ballot. Il y

a un côté sportif dans le métier.

Je noque ou pas, je noque, je fais du client.

Attendez, attendez, la voilà.

Hein ? Vous voyez ? Qui avait raison ? Je descends tout de suite.

On descend ! Qui nous demande ? Un.

Un monsieur, tu verras.

Bon.

Au revoir, monsieur, dame. Je vous dis d'excuse. De rien.

Et au plaisir.

Je vous en prie.

C'est complètement fou. Pourquoi t'as tenu ce gars-là ? C'est intéressant, ce

qu'il a dit, non ? Tu penses ? Tu savais quoi ? Il a allumé sa pipe avec l

'adresse de Brignon et écrite de ta main encore. Dis-toi un propos.

Tu devineras jamais où je l'ai trouvée, cette adresse. Dans la cuisine, cachée

derrière une casserole. Qu'est-ce que tu penses de ça ? Je te l'ai dit que j

'avais rendez-vous avec Brignon. T'avais pris rendez-vous chez la Pérouse et il t

'a donné son adresse particulière ? Bien sûr.

Au début, je devais aller le chercher chez lui.

Et puis, j'ai pas voulu.

Je trouvais pas ça convenable.

Oh, génie, génie.

Tu es terrible.

Idiot.

Enfin, vous reconnaissez, avoir pris ces photos ? Pourquoi pas ? On n'a pas

encore interdit les photos de nuit.

Ça dépend lesquelles.

D'ailleurs, je m'en fous, ces trucs-là, regarde la mondaine. Moi, ce qui m

'intéresse, ce sont les modèles.

Malheureusement, je les connais pas.

J'allais les ramasser un peu partout et...

Et il m'en a mené toutes les couleurs.

Ah, ah, tenez, tenez, celle-ci, c'est de la figuration. Vous trouverez son

adresse à l'agence Barry Court, 52 Faubourg Montmartre.

Ah, celle-là aussi.

Bon, bon, un instant, je note.

Mais je croyais que vous ne vous intéressiez qu'aux blondes. À cause du

cheveu ? Oh là là, faut pas s'emballer.

Il était peut-être sur le gilet depuis deux jours, le cheveu.

Et à part ça, vous étiez assez intime avec Brignon.

Moi ?

Madame, pour vous confier ce genre de travail.

J'ai rencontré dans les studios quand j'étais photographe de plateau.

Il savait que je pouvais avoir besoin de lui. Il en profitait.

Et il n'en a jamais profité pour vous inviter chez lui ? Oh, ça non, je n

'étais pas son type.

Non, voyez-vous, Brégnon, c'est un bourgeois, un timide.

Moi, je l'aurais plutôt refroidi. Ce qu'il fallait, c'était ça, des petites

qui pouvaient dominer tranquillement.

Un bon dégoût, ça. Oui.

Mais comment avez-vous su que j'avais pris ces photos ? Oh, la routine, on a

repassé vos épreuves à la brigade des mœurs.

Une de ses poules était en carte, elle leur fit le tuyau.

Ça va coûter des sous, un projet de ça comme ça.

Encore assez, oui.

Au matin, un de huit.

Vous êtes connaisseur ? Je bricole un peu le dimanche avec une vieille boîte.

C'est pas bien passionnant.

Je tire des maisons, des vieilles boutiques, des petites rues.

C'est Barnivel qui m'a donné ce boulot.

Barnivel ? Vous me rappelez pas ? Un vieux bonhomme épatant.

Malheureusement, il avait la manie d'empoisonner les gens.

Toute sa famille y a pas assez.

La femme, les deux filles, le beau-frère.

Et il les photographiait sur leur lit de mort.

C'était un artiste.

Quand je l'ai repassé au juge, je l'ai regretté.

On était devenus des amis.

Ça vous arrive souvent ? Oui, de faire copain avec les clients, naturellement,

à force de se fréquenter.

C'est comme ça qu'on se dégrossit, nous.

On n'a pas beaucoup d'instructions au départ.

Mais on navigue dans toutes les eaux.

On se frotte à des tas de gens.

J'ai appris la gravure avec un faussaire.

La comptabilité avec un escroc.

Il y a même un danseur mondain qui a voulu me donner des leçons de tango,

mais là, rien à faire, j'avais pas de disposition.

Je vous donne la main gauche, c'est celle du cœur.

Au plaisir.

C'est ça, au plaisir.

commence avec moi profitons de la force

qui fait vibrer nos corps

Ça peut fatiguer. Vous permettez ? Si c'est pour moi, ça peut attendre. Non,

non, non. Allons, répétons l'adoïna.

Vous avez à nous parler ? Un peu.

Ce n'est guère l'endroit.

En effet, j'aurais dit vous faire venir à la boîte, mais comme c'est pressé, je

me suis dérangé moi-même.

Si ça doit être long, moi je m'assieds et t'appelles une heure que je suis

debout. Mais c'est si urgent ? Vous savez, plus tôt ce sera liquidé, mieux

ça vaudra.

Pour tout le monde.

Garçon, qu'est-ce qu'il y a ?

Le bar est fermé, monsieur. Monsieur désire quelque chose ? Oui, de l'espace.

Pardon ? Un peu d'air, vous avez compris ? Barrez-vous.

Oui, monsieur.

Allez, allons, baissez-vous.

Ça me rappelle mes nègres à Sidi Benavès, le dum-dum.

Ah, dites-donc, vous vous êtes foutus de moi tous les deux, hein ?

Vous connaissiez très bien Brignon.

Oui, très bien.

Si, si. Vous aviez même des relations plutôt tendues avec la victime.

C'est-à-dire que je l'ai un peu engueulé une fois, oui. Oui, une petite

engueulade. Je vais vous lire la déposition du sur Michaud, Prosper

Pascal, comme il y a un restaurant à la Pérouse, etc.

La porte s'est refermée, mais on l'entendait du vestibule qui injuria M.

Brignon. Il le traitait de salaud et il lui a dit, si jamais vous tournez encore

autour de ma femme, je vous descends.

C'est ce que vous appelez une petite engueulade. Vous savez, quand on est en

colère, on ne choisit pas ses mots. Ah, Gilles Dubourg.

En même temps, c'est que des mots comme ça, ça s'appelle des menaces de mort.

Aux assises.

Aux assises.

D'ailleurs, je sais bien que vous n'êtes pas les seuls à avoir eu des grosses

avec Brignon.

Seulement, vous voilà comme qui dirait, en tête de liste. Elle est raide, celle

-là. Vous accusez Maurice d'avoir tué Brignon ? Va vrai, je vous doutais bien

que vous étiez un drôle de policier. Je n'y étais pas, veux-tu ? Ce qui serait

moins drôle, c'est que vous ne puissiez pas dire où vous étiez le soir du crime.

Rassurez-vous, j'ai passé la soirée à l'Éden. C'est un petit musical de

Ménilmontant. Ah bon ? Parfait.

Vous permettez, hein ? J'ai la tête comme une passoire, je note.

Éden, Ménilmontant. C'est A-N-T.

Et je vous laisse tranquille.

Naturellement, madame, vous accompagnez au musical ? Non, j'étais chez ma grand

-mère. Lâchez-moi votre crayon.

Madame Beudin, teinturière à Ang.

H-I-E-N.

Des fois que moi aussi, je serai en tête de liste.

Parfait.

Tâchez quand même de ne pas trop casser les pieds à ma mémé.

Non, si vous croyez que ça nous amuse.

Alors, monsieur Martinot, demain à la PJ.

Il faut que j'aille. Oh, simple procès verbal.

Voilà, avant le final, au plaisir.

Merci pour le plaisir.

Dis donc, c'est vrai que t'étais à Aïden ? Bien sûr, qu'est-ce que c'est que ça

de bizarre ? Ça m'étonne, voilà tout.

Il y a huit jours, on a écouté le programme à la radio, tu l'as trouvé à

un fait. Mais si t'as les doutes, rattrape-le, t'as qu'à lui en parler, ça

l'intéressera. Oh, je t'en prie, parle pas si fort.

Si t'avais pas insulté Brignon huit jours avant qu'on le tue, nous n'en

serions pas là. Et toi, si tu n'étais pas en compromis avec lui ? Oh oui, oui,

je sais, j'ai eu tort.

Je le paie à ses chers.

Mais crois-moi, mon biquet, c'est plus le moment de me disputer.

Tu le regretterais.

Maintenant, on a les flics sur le dos, ils nous lâcheront pas avant d'avoir

trouvé.

Trouver quoi ? Trouver leur bonhomme, quoi, leur assassin.

Pourquoi tu t'inquiètes, puisque t'étais en guerre ? Parce que t'y étais en

guerre, toi, hein ? Évidemment.

C'est pas vrai.

Oh, mon pauvre piquet. T'es bien malade. J'ai sur-tourné. Moi, je suis ta grand

-mère. Je lui ai parlé.

Elle est comme toi, ta mémé. Elle ment comme une arracheuse de dents. Mémé ?

Parfaitement. Mémé, tu te mentais ? Mais tu étais pas l'innocente. T'étais pas

arrivé quand j'ai téléphoné.

Où étais-tu ? Ah, mon Dieu, mon idiot.

Tu jures ? Oui, je jure. Sur les yeux de ta grand-mère ? Tu sais très bien que je

ne jure jamais pour moi. Mais qu'est-ce que tu risques, puisque tu dis la vérité

? Bon, si je te jure sur les yeux de mémé, tu me croiras.

Tu ne me parleras plus jamais de ce soir-là. Je te promets. Alors, chérie,

vous êtes prête ? J'arrive.

Viens, on va répéter ma passe. Non, t'as pas juré.

Répète sur les yeux de ma grand-mère.

Je jure que j'étais en gain lundi soir.

C'est exact, Martineau est venu passer la soirée. Il y a eu lundi huit jours.

Il voulait même payer sa place.

Pourquoi? Il y a quelque chose qui va pas?

Probablement. Sans ça, cette heure-ci, moi, je serai dans mon lit.

Et...

Et où était-il assis ? Au quatrième rang.

Attendez. Violette ? Oui, monsieur Morel. C'est bien vous qui avez placé

monsieur Martino la semaine dernière.

C'est-à-dire qu'il a voulu rester au promenoir pour pas gêner le monde.

Ah, c'est un garçon gentil. C'est pas comme Fernand.

Fernand ? Mon fiancé.

Or là, il ferait bien de prendre des leçons de politesse. Oui, ça va, on s'en

fout. Pardon ? Donc...

Martino a passé toute la soirée au promenoir. En tout cas, elle n'est pas

ressortie. Je suis resté dans le hall jusqu'à la fin. Mon contrôleur mariait

sa fille.

Et à l'empreinte. Je dis ça que vous allez contre Marc.

Ça se passe en famille, ici. Oui, bon.

C'est monsieur, là ? Maroille.

La revue, elle.

C'est ça.

Tenez.

On a une invitation pour demain à 11h36.

Qu'est-ce que les gens refèrent, hein ? Il est heureux de refirmer tout ça.

D'accord.

Vous voulez voir la fin du spectacle ? Une invitation en haut, une autre.

Merci. Seulement, comme moi, je ne suis pas obligé d'accepter, je vais me

coucher. Bonsoir.

Si c'est que vous voulez noter pour moi aussi, monsieur l'inspecteur. Quoi ? Moi

aussi, j'ai vu monsieur Martineau.

Très vieux pour vous.

J'aurais pu aller déposer dans cette affaire. J'apporte des précisions.

M. Martineau m'a laissé son vestiaire, chapeau et par-dessus, et il ne l'a

repris qu'à 23h45.

Oh, notre Dieu ! Tiens, tiens ! Les spectateurs du promenoir vous laissent

souvent leur vestiaire ? Ah, non, évidemment ! Dites-donc !

C'est normal pour un professionnel de passer l'entracte dans la salle ? Je ne

sais pas, moi.

D'habitude, ils vont sur le plateau dire bonjour aux copains. Je sens que je vais

aller y faire un tour, moi aussi.

Où ? Sur le plateau ? Oui.

La porte de fer, au bout du pont de Noire.

Puisque vous avez été bien sages, la direction du théâtre vous offre 10

minutes d'emprunt.

Vous avez

vu Martineau à l'emprunt ? À l'emprunt ? Non.

Je l'ai vu au début et à la fin du spectacle.

C'était lundi soir.

Peut-être.

Attendez donc.

C'est le jour où Nitram n'a pas chanté parce qu'il était malade.

Je l'aurais dit. Oui, vous avez raison.

J'ai hésité à répondre parce qu'avec la police, il faut faire attention, pas

vraiment.

Comment non ? Ça vous fait attention de pas oublier ça demain à 5h à la brigade

criminelle. Ah, c'est que... Le mardi après-midi, c'est sacré.

Je vais voir ma copine.

Elle se passera debout, ça lui fera des vacances.

Bonsoir. Vous retournez voir le programme ? J'ai eu clou, je vais au

pieu, pas trop tôt.

Passez par la petite rue, si vous êtes pressé.

On peut sortir pour l'âme? Il y a l'entrée des artistes.

Il y a un concierge? Pourquoi?

Ici, ça se passe en famille.

Je commence à en penser.

C'est fini ce coup-ci, je peux m'en aller ? Pas tout à fait.

Écoutez, ça fait deux heures que je suis derrière cette table à répondre à des

questions idiotes. Oh, il y a dix ans que je suis devant à les poser.

Est-ce que je m'énerve, moi ? Vous voulez du feu ? C'est le même prix.

Merci.

Attendez, je vais vous arranger ça.

C'est quoi, mon pire ? Ça gaze ? Enfant.

Il est tout intimidé, ce pauvre Eugène.

Pourtant, on lui court gentiment.

Allons, Eugène, un bon moment, alors. On se met à table ? J'ai pas faim.

Bon, moi j'ai le temps.

À propos, tu l'as eu, ton téléphone ?

Oh, pas encore. Je me fais une bise.

Avec ça, mon vieux, tu seras un brochet de 6 livres sur du 20 centièmes.

Tiens, ton temps de feu. Alors, nous disons, nous disons que vous avez quitté

l'Éden à minuit moins le quart et que vous êtes rentré chez vous à... Minuit

et demi, une heure moins vingt.

Tiens, mais il y a un quart d'heure pour aller et trois quarts d'heure pour

revenir. C'est que je suis entré dans un café pour boire un verre.

Quel café ? Un petit bistrot près de l'entrée de l'artiste. Allô ?

Oui, monsieur le juge.

Bien.

Mais restez, monsieur le juge.

Alors, Fayard, je viens vous voir avec Martineau, hein. Cinq minutes, non.

Standard, ici Antoine.

Si vous avez la communication, passez-la moi chez Fayard, hein. C'est urgent.

Oui, c'est la sortie.

Mais où m'amenez-vous ? C'est un procès-verbal de coussin, pour la bonne

règle. Vous comprenez ? Je crois, oui.

Bonjour.

C'est moi, c'est le pinceau.

Albert, 20 mains, je t'ai fait vous en dire. Comme un câble dans une rafle. Je

t'avais bien dit de ne pas rester à Pigalle. Vous savez.

C'est pas encore dans le trou, hein. Pleurez pas. Ça m'étonnerait qu'il s'en

longe pas, ce coup-ci.

Quand tu y en auras marre de la bigorne, tu comprendras comme j'avais raison.

La colonie, bébère, la colonie, c'est tellement plus large.

Un caïd comme toi, tu reviendrais bourré.

Oui. Ou je finirais comme vous, dans les poulets, avec une veste à la godille et

un bénard à l'accordéon.

Merci du conseil.

À ton idée, bonhomme.

À la prochaine.

Allez, allez, en route.

Lina, c'est un vrai dur.

Qu'est-ce qu'il a fait ? Cherchez pas à comprendre, c'est de l'autre monde.

Asseyez-vous.

Bonjour, Madame.

Le patron est là ? Dans son bureau.

Vous savez, M.

Martineau, ici, vous déposez sous serment.

Sous serment devant qui ? Devant le patron.

Le commissaire divisionnaire est un magistrat.

Et il n'est pas là ? Oh, il va venir. Oh là là, quel chichi. Vous n'avez pas l

'intention de raconter des salades ? Soit, je le jure.

Faites votre déposition.

Ça va, j'ai ce qu'il faut.

Entendons serment préalablement prêté. M.

Martineau Maurice, né à Avranches.

Ah bon ? Le 15 juin 1916.

Pianiste accompagnateur aux éditions Léopardi et Idi.

Dis-donc, chef, j'ai déjà approuvé sept concourants au nom de Brignon. Je vais

voir si ma jambe change.

Une seconde.

Et demeurons personnellement 22 rue des Bourdonnets qui nous déclarent.

Vas-y, mon vin, et demande à Bachelet le rapport de la financière.

qui nous déclare, après de sérieuses études musicales au Conservatoire de

Paris, j'ai obtenu un premier prix d'harmonie.

Je poursuivais la carrière de compositeur quand j'ai rencontré la

nommée Marguerite Chauffournier, de Zep.

Dite génie l'amour, elle a un mot ouvert.

Qu'est-ce que c'est ?

Monsieur de la Mauricière, directeur des tréfileries Brignon.

Témoignage spontané.

Monsieur.

Monsieur, j'ai ni l'amour que j'ai épousé, malgré l'opposition

formelle de mes parents, révolté par son inconduite passé.

Jamais de la vie, vous êtes fou.

C'est ce que vous m'avez dit.

Vous ne comprenez pas, mon père est professeur à Henri IV.

Et votre femme avait-tu des amants avant de se marier ? Je résume.

Mon attention s'est trouvée attirée par les assiduités d'un homme ébrignon.

Mais je me refuse à préciser si cette jalousie était motivée ou non. J'ai dit

ça, moi ? Vous m'avez répondu, ça ne vous entre pas, c'est ma vie privée.

Je me suis donc rendu le mercredi 2 décembre 1946 pour lui

reprocher son attitude au lieu dit restaurant La Pérouse.

Je reconnais à cette occasion avoir proféré à son adresse des menaces de

mort caractérisées.

C'est faux.

On ne va pas revenir là-dessus. Vous n'y avez pas les termes rapportés, n'est-ce

pas ? Ce sont des menaces de mort. Moi, je n'y peux rien.

Paragraphe suivant.

Le jour du crime, je me suis rendu à l'Éden, où j'ai passé la soirée.

Question. Mais on ne vous a vu qu'au début et à la fin du spectacle.

Où étiez-vous dans l'intervalle ?

Réponse. Bien, on n'avait pas répondu. On a dû parler d'autre chose.

Alors, qu'est-ce qu'on met ? Ben... Bonjour, patron.

Bonjour. Vous avez entendu la question de l'inspecteur principal adjoint ? Ben,

répondez.

À l'entracte, par exemple, où étiez-vous ? J'étais monté au balcon.

Au balcon ? Pourquoi faire ? Pourquoi ? Pour me rendre compte de l'acoustique.

Pendant l'infracte ? Drôle d'idée.

Non, non, non, j'étais monté pendant le dernier numéro de la première partie, le

créatoire vocal.

À propos, qu'est-ce que vous pensez des chansons de Nitram ? Très faibles. Oh,

il n'a pas chanté ce soir-là, il était malade. Je sais, je l'avais entendu la

veille à la radio.

Non, c'est pas possible.

Enfin voyons, pendant 10 ans, la deuxième moitié du spectacle, vous n

'avez remarqué personne ? Vous n'avez noté aucun incident ? D'accord. Si, si,

si, vous m'y faites penser, tenez.

Il y a Walton qui a eu un pépin avec son sarcophage. Oui, le public n'y avait que

du feu, mais moi je l'ai bien remarqué.

Antoine.

Ça s'est passé à quel moment ? Une demi-heure après l'entracte environ.

Votre idée ?

C'est un peu tôt, patron.

Je n'ai pas l'impression que vous ayez trouvé le ton de votre pliant. Oh,

laissez faire, allez. Si c'est lui, je l'aurai.

Mais donc, je n'ai rien dit.

Et dites-donc, Antoine,

c'était pour vous, le téléphone.

Hein ? C'est à l'examen d'entrée qu'il se présentait, votre garçon.

Il a calé.

À cause de la géométrie.

Oh, l'imbécile. Moi qui lui avais déjà acheté 100 mécanos.

Il en aurait quand même.

Pour vrai.

Au lieu de ce qu'il m'a dit, je te donne 15 000 par semaine et ton nom encadré

dans le programme. Mais tu passeras aussi à l'heure de l'apéritif.

Pour vous répondre, monsieur, je n'ai pas eu l'honneur de chanter dans votre

établissement, mais je préfère y renoncer désormais et pour toujours.

Je te lui ai foutu, ça, au travers de la gueule.

Oui.

Je regrette, monsieur.

Dites donc, Madeleine, vous avez l'adresse de Walton, s'il vous plaît.

Vous aussi, il y a justement un flic qui vient de me le demander.

Déjà ? Allô ? Ne quittez pas, je vous le passe.

Allô, parlez, monsieur, vous avez la Lambra ? Merci.

Attendez, Walton n'est pas chez lui. On a téléphoné, il ne rentrera même pas

pour dîner. Alors ? Vous le verrez ce soir, Medrano.

Allô ? Oui, monsieur ?

Non, monsieur.

C'est impossible, les Carathins sont à Marseille pour 15 jours.

Il entre en piste à 10h30. Juste à l'heure où on passe à l'hermitage.

Merci quand même.

Avec moi !

la nuit.

Où vas-tu ? Cours sur jante.

Bonjour, mademoiselle Jenny. Bonjour, Pierrot.

Ah bah dites donc, vous êtes content, vous avez entendu, hein ? Non, rien du

tout. Encore vous ? Ah, c'est un bon emploi, ça.

Qu'est-ce que vous faites là ? Je vous attendais.

Vous ne gênez plus ? Ce n'est pas le métro ici.

Je n'ai pas sa veille ce soir.

Je suis venu vous faire la causette. Il n'est pas là, M. Martineau ? Non, il est

sorti, comme vous.

Je vais me changer, ça ne vous gêne pas ? Oh, pensez-vous à mon âge. Eh bien,

moi, ça me gêne.

Allez, tournez-vous.

Oh, dans votre milieu, ça ne tire pas en conséquence.

Non, mais on a nos habitudes.

Ainsi, chez nous, un homme ne parle pas à une femme avec le chapeau sur la tête.

Vous m'en voulez, hein ? Et vous pensez que je vous en veux ? J'aimerais mieux

ne rien avoir à faire avec vous.

Ah, c'est pas de ma faute, je m'occupe de Brignon. Et lui, c'est occupé de

vous. Tout se tient.

Oui, ben moi, je me suis pas occupée de Brignon. Vous perdez votre temps, ici.

Ah, là, nous sommes plus d'accord.

Et je suis sûr que si vous vouliez, vous pourriez m'aider, drôlement.

Bien sûr.

Je n'aurais qu'à vous signer une déclaration sur papier timbré.

Je reconnais avoir tué le nommé Brignon.

Ça vous arrangerait, hein ? Non, parce que c'est pas vous. Vous n'aviez pas

intérêt. Mais vous savez qui a tué.

Moi ? Et vous voulez pas le dire.

Parce qu'il faudrait dire aussi que j'étais chez Brignon le soir du crime.

C'est faux !

Brignon n'a pas été votre amant ? Vous n'avez pas le droit de parler comme ça.

Oh, sans blague.

Ça n'aurait pas été le premier.

Vous n'allez pas jouer les vertus, je vous connais, vous savez.

Vous êtes une petite arriviste.

Arriviste ? Qu'est-ce que ça veut dire, arriviste ? Mon pauvre ami.

Je suis né rue de l'Entrepôt, en plein hiver.

Dans un logement de deux pièces.

Nous étions six là-dedans, j'y suis restée douze ans. Douze ans à entendre

gueuler la concierge dans la cour à cause des terres mortales.

Et le mal à l'estomac, because de la charcuterie.

Et la toilette sur l'évier. Et mon père qui a mis six ans à claquer dans le KGB

du fond sans avoir revu le soleil. C'est être un révisque de vouloir en sortir.

Évidemment.

Moi, mon père, il vivait dans un beau château au milieu d'un parc.

Il était larbin.

On le payait pour nettoyer les saletés des autres.

J'ai pris la suite.

Allez.

Je vous promets que votre Maurice n'en saura rien. Qu'est-ce qui vous avait vu

l'autre soir chez Brignon ?

Parlez-moi d'un ami.

Vous voyez bien qu'on est faibles pour s'entendre.

Ça m'étonnerait.

Il était ouvrier, papa.

Mais il n'aimait pas les flics, lui non plus.

Qu'est-ce qu'ils vous ont fait, les flics ? Mais à vous, personnellement, qu

'est-ce qu'ils vous ont fait, ceux que vous emmerdez, que vous traquez, que

vous mettez tout vivant dans les mains des juges pour qu'ils en battent des

morts ? La société.

Monsieur défend la société.

Vous savez que Brion était un vieux dégueulasse.

Mais vous poursuivez le pauvre bougre qui l'a descendu.

Et qui avait raison de le descendre.

Vous faites un joli métier.

Oui, un sale boulot.

Mais, regardez.

L'inspecteur Ferrier, victime du devoir.

C'est joli, hein ? Ça fait bien.

Nous, on l'appelait Bébé Barbu parce que c'était un gosse et qu'il était toujours

mal rasé.

Il est mort.

Ok, c'est vraiment.

Il y a que Polo qui se porte bien.

Déminez le flic, vous avez raison.

Ce sont des gens qu'il vaut mieux pas fréquenter.

C'est pas du monde bien.

Seulement quand c'est vous qui serez assassinés, vous serez bien contentes de

venir nous chercher.

Vous êtes vraiment sûre que personne n'a demandé Valton avant moi ? Je vous ai

déjà dit, nos lâches se touchent.

C'est ça, par exemple.

Il y a un flic qui m'attendait dans la rue pour me parler de vous. Qu'est-ce qu

'il vous a demandé ? Oh, trois fois rien.

Si vous étiez à l'Éden le 8... Oui, alors je lui ai dit oui, naturellement.

Et même qu'on avait bavardé, que je vous avais raconté l'histoire du sarcophage.

Mais pas du tout, mais vous êtes fou, c'est moi qui vous en ai parlé le

premier. Vous ? Évidemment.

Ça, par exemple, j'aurais juré que... C'est grave.

Plutôt. Je pourrais peut-être aller leur expliquer. Non, non, merci, ça suffit.

Merci.

Allô, vous êtes sûre ? Vous n'avez pas vu de la soirée ? Bon, merci.

Où peut-il bien être ? Ça, maintenant, je crois qu'on a tout essayé.

Quelle heure est-il ? Pas tout à fait trois heures.

Enfin, veux-tu me dire où il a bien pu passer ? Qu'est-ce qu'il me cache, hein

? Qu'est-ce que vous me cachez, tous les deux ? Mais rien du tout, voyons.

À ta place, je lui ficherai la paix. Comprends qu'il n'est pas dans son état

normal.

Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu t'es trompée, tu vas craper la crème ! Ce qui

pourrait m'arriver mieux, dans une situation comme la mienne.

Foutu, une bonne congestion, puis fini, plus de Maurice.

Allez, ce salaud, il s'est bien attrapé. Il a bu. Oui, j'ai bu, alors.

Mêlez-vous de vos affaires, vous. J'ai bu, mais je suis pas un sou.

Je peux plus me saouler, moi. C'est fini.

Qu'est-ce que je cherche ? Mon passeport.

Où est mon passeport ? Il m'a faussé mon passeport ! Tout foutu, là.

Foutu. Mais non, mais non, Maurice, calmez-vous, reposez-vous. Jenny va vous

le donner, votre passeport.

Allez, venez vous allonger par là, vous serez mieux. Allez, aide-moi, toi.

Tout de même, Valton, quel ballot.

Tu dis bien sûr, tu sais pas.

Elle sait rien du tout, elle dit bien sûr. Mais ça ne fait rien. Vous lui

explique ça demain.

Mais oui, mais oui, allez, allons. Oh, ici, je suis bien, il fait noir.

Il y a de l'eau sur le gaz, il va lui faire une bouillotte, il a les pieds

gelés. Fait noir.

Tu t'occuperas de ma valise.

Ta valise ? Mais pourquoi ta valise ? Je pense pas que je vais attendre qu'il

vienne me cueillir ici. Je suis pas sous à ce point-là.

Je prends le 35 heures pour Marseille.

Oui, mon chéri. Tu me rejoindras là-bas.

Faut pas le dire.

Je suis malade.

Je suis malade.

Maintenant, Dora, écoute-moi bien.

Ça suffit.

Je veux savoir la vérité.

De quoi a-t-il peur ? Oh, après tout, tant que tu saches, il était chez

Brignon le soir du crime.

Quoi ? Oui, il avait décidé de le tuer ou de vous tuer tous les deux, je ne

sais plus.

Et quand il est arrivé, le travail était fait. Ah, ça alors.

Et tu pouvais pas me prévenir depuis le temps ?

Je lui avais promis de me taire.

Merci pour la confiance.

Qu'est-ce que tu fais ? Je me vois bien, je prépare mes affaires, je vais à la

police. C'est de la folie ! Je ne veux pas laisser arrêter Maurie, ça m'a peur.

On n'est pas encore là, tout de même.

Mais si, tout est foutu, à quoi sert de crâner ? Regarde dans quel état ils l

'ont mis. Julie ! Qu'est-ce qu'il y a ? Rien du tout, mon chéri.

Calme-toi.

Ma valise, t'oublies pas ma valise ? Tiens, tu vois mon biquet.

Tout est prêt.

Regarde. T'es gentille.

On peut compter sur toi.

Oui, mon bébé.

Tu peux compter sur moi.

Tu lui expliqueras tout.

Tâche qu'il n'ait pas trop de chagrin. Tu n'iras pas.

Lâche-moi. Il sera toujours temps si ça tourne mal.

Il ne faut pas qu'il sache. On lui dira tout si tu vas te dénoncer.

Crois-moi, laisse faire le temps.

Leur piste est peut-être brouillée.

Je suis sûre que le fil est cassé.

Et où est-il, ton copain ? Il n'est pas encore arrivé, mais il va venir.

Vous en faites pas, je vous le montrerai.

Pourquoi il n'est pas venu déposer plus tôt ? C'est un mauvais esprit.

Toujours pour la graine et tout.

Et toi, pourquoi t'es venu ? J'ai pas peur de la police, moi.

Je la respecte, la police.

Bravo. Il en faudrait beaucoup, des gommes de doigts. Merci, monsieur.

Alors, pour la prime ? Oh, pas si vite, on n'y est pas encore.

Ça dépendra des résultats. Mais enfin, puisque je vous dis que... Attention le

plat.

C'est vous le fort

? Oui, et alors ?

Ah, Antoine, je file.

Vous ne restez pas pour la confrontation, patron ? Non, il faut que

je fasse un saut à Notre-Dame où il est place pour la messe de minuit. Ça fait

plaisir aux gosses. Vous ne trouvez plus rien.

Des choix comme ça, ils jouent à bureaux fermés.

J'aurais toujours des strapotins.

Oui, derrière une fenêtre.

Alors, vous avez réfléchi ? C'est le moment, c'est l'instant.

Mais qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Je n'ai pas bougé de chez

moi toute la soirée, je faisais du développement.

Du développement, du développement.

Pourtant, un chauffeur de taxi a chargé une dame blonde à 11h du soir pour la

déposer à 8h pour donner.

Je ne suis pas la seule blonde du quartier.

Oui, mais les autres ne connaissaient pas Brignon.

Il n'était pas en relation avec les Martineaux.

Ça commence à tourner mal pour votre immeuble, vous savez.

Il y a des coïncidences.

Oui, ne vous y fiez pas.

Qu'est-ce que vous êtes allé faire là-bas ? Vous étiez la maîtresse de

Brignon ou celle du joyau Maurice ? Pourquoi pas les deux à la fois ? En

effet, ça serait une explication.

Vous y croyez ? Vous êtes une femme sérieuse. Les aventures ne vous

intéressent pas.

Et pourtant, vous étiez là-bas.

Non.

Souhaite.

Venez avec moi.

Il y a du monde qui nous attend.

Asseyez-vous là.

Allons-y, Picard.

Entrez.

Vos papiers.

Et maintenant, mon vieux, attention, hein.

Vous avez fait le mariol jusqu'ici, on en a marre, vous êtes prévenus.

La femme blonde que vous avez chargée le 8 décembre à 23h45 est ici.

La reconnaissez-vous ? Allez, approchez, vous ne ferez pas de mal, quoi. Vous n

'avez pas peur des femmes, non ?

Vous n'en avez pas d'autres ? Non.

Elle n'est pas dans le long.

Sans blague ? Je peux m'en aller ? Ben, oui.

Ben, dis-donc, t'as un permis de conduire de 1910, toi ? Ça fait

en tout 40 ans que tu fais le taxi, mon poteau, avec ta mauvaise vue.

Oh, mais j'ai encore l'œil pointu. Ouais, on dit ça, mais on commence par

ne plus reconnaître les clients qu'on a chargés, et puis un soir de pluie, on

passe dessus au carrefour.

S'il arrive un malheur, je me sentirai responsable, moi.

Ah, mais je peux tout de même pas vous dénoncer quelqu'un au hasard.

Tu diras ça à ta femme, mais tais-toi, gosse.

Je vous fais bien mes excuses, madame, mais on n'est pas les plus forts.

C'est elle ?

Je crois qu'on peut passer au

PV.

D'accord.

Picard, débarrassez-moi le plancher de tout ce monde-là.

Allez, mesdames.

Dis donc, Antoine, tu t'occupes pas d'un nommé Martineau en ce moment ? 22 rue

des Bourdonnées.

Si, pourquoi ?

Il serait pas en cheville avec Polo, par hasard ? Oui, oh non, c'est pas le

genre. Polo a fait le coup de l'encaisseur avec la bagnole de Martino.

On vient de l'identifier.

Ça t'intéresse ? Oh, tu parles.

Où était Polo ? Aux agressions avec Marchetti.

Eh ben, mes papiers... Vous verrez Antoine.

Antoine ! Alors ?

Tu réponds pas quand on te cause, non ? Je vais t'apprendre la politesse, moi.

Et puisque je vous dis que j'ai rien à dire.

Tu ferais mieux marketing d'un mot avec ton client ? Cinquante, si tu veux. Mais

si t'en tires quelque chose, t'es champion.

On ne sait jamais.

Et l'ampolo, tu l'as piqué, la bagnole ? Non, mais je l'ai pas piqué, mais pour

qui que vous me prenez ? On me l'a cédé. Qui ? Un type. Quel type ? Un copain, un

bon copain.

Quel copain ? Jules.

Quel Jules ? Le grand Jules, quoi.

Julo, qu'on l'appelle.

Fais gaffe, Polon. Antoine est peut-être patient, mais pas moi.

Il va t'arriver un malheur. À quoi je réponds ? Pourquoi vous me menacez ? Où

est la ville ? Ton copain.

Ton bon copain.

Je le rencontrais au bistrot. Quel bistrot ? Un petit zinc.

Du côté de la République.

Quelle rue ? Rue... Mince, alors, j'ai le nom sur le bout de la langue.

Une rue qui fait un coude.

Je ne me souviens plus. C'est vrai, vous m'avez fait tellement voir depuis hier

soir.

Je vous dérange.

C'est rapport à la couronne pour bébé barbu.

Eh bien, mes enfants.

Je vous laisse.

Comment tu sors ? Bien sûr.

Je vais porter son petit Noël à mémé et lui montrer mon chapeau neuf. De ce

temps-là, il va neiger.

T'inquiète pas, je prendrai un taxi. Oh non, je t'en prie, reste, ne me laisse

pas. Je veux pas rester seul.

Viens avec moi. Non.

Non, je veux plus sortir, j'ose plus. Tout le monde me regarde.

Mon pauvre Maurice, mais ne te laisse pas aller comme ça.

Tu n'as rien fait.

Ils ne peuvent rien contre toi.

Si tu étais à ma place.

Écoute-moi, Maurice.

Écoute-moi bien.

Tu n'as aucune raison de t'inquiéter.

Quoi qu'il arrive, tout s'arrangera pour toi. Je t'en donne ma parole.

Je vais te dire, la seule chose qui peut me sauver, c'est qu'on arrête le vrai

coupable.

Tu ne me crois pas ? Peut-être.

Tu ne seras pas longue.

Je serai de retour avant 8 heures, tu verras.

Avec un tas de surprises.

On fera notre réveillon quand même.

Qu'est-ce qu'on va attendre encore longtemps ? Une fois pendant l'affaire

Desmanes ? J'ai pris le paro pendant douze ! Ça fait déjà trois heures qu'il

le cuisine. Jamais il est à ma place qu'à la... Accré en volant ! Alors, y a

du nouveau ? Alors, ça va durer le repas ou la petite soirée ? Comment va l

'affaire ? Allons le rire, un bon mouvement ! J'ai dit, c'est moi l

'affaire, j'suis pas sur l'affaire Brignon, voyons Antoine. Mais Antoine,

il m'a viré. Il a bien fait. Mais, voyons l'heure, j'suis connu depuis n'un

temps ! Dites-nous quelque chose, je vous dis ! Tiens, voilà encore une !

Allez, laissez passer, laissez passer ! Y a de la vie !

Bande de vaches ! Oui, monsieur le juge.

Ah oui, il neige.

Oui, heureusement que vous avez la voiture de votre cousin.

Mais assez de vos voeux.

Vous, pareillement. Bon Noël.

Non, non, ça ne traîne pas tant que ça, monsieur le juge.

Oui.

Évidemment.

Vous persistez dans vos déclarations. Mais je vous dis que j'y étais pas.

Puisque je vous dis que j'y étais pas.

J'y étais pas, je vous dis.

Si monsieur n'a pas pu me lever au café de Paris, je n'y étais pas. On t'a vu la

veille à la banque. Et puisqu'il vous dit qu'il n'y était pas ? Crétin, va.

Allez, je me bats. Bonne nuit.

Dis donc, si tu passes chez Benedetti, fais nous préparer les casse-coutes.

Entendu. Mon vieux, elle va être chouette le réveillon. Je resterai bien

avec vous, mais c'est moi qui ai la dingue.

Bonne nuit, monsieur. Bonne nuit, mon petit bar.

Ah, dis donc.

S'ils s'en foutaient autant que moi de savoir qui a fait Brignon. Tu penses si

les gens lisent leur journal le matin de Noël ? J'ai gratté pour un de ces

canards à Brignon. Est-ce qu'il payait mal, ce salaud-là ? Tout se passe.

Tiens, la buffet ! Ah, déjà ! Salut, buffet ! Tu veux faire Noël ? Ah, ma

bonne fille ! Qu'est-ce qui t'arrive, mon vieux buffet ? Mes enfants, qu'est

-ce que j'ai pris ? J'ai laissé mes motos dans un tas de neige. Ça se voit

pas ? Ou sans neige, je suis pas en retard, j'espère. Non, non, on en a eu.

Mon p'tit Camille, du temps de l'affaire Landru ! Oh, mon dieu, dieu, dieu, j

'vais leur dire de la boucler ou je me fâche ! J'allais fermer vos gueules là

-dedans ! Ah, nous sommes bien d'accord.

Ce soir-là, vous êtes partis de chez vous à 9h, vous êtes arrivés à l'Éden à

9h15, vous n'allez même pas bouger jusqu'à 11h30, et vous étiez rentrés

chez vous à Rue des Bourdonnets à 8h15.

C'est exact.

Un quart d'heure pour aller, trois quarts d'heure pour revenir. Je vous l

'ai déjà dit, je suis passé au bistrot.

Le patron ne se souvient de rien.

Il en voit tellement, ça. Oui.

Oui.

À minuit quinze, vous aviez déjà remis votre voiture au garage.

Naturellement. Alors, vous ne l'avez pas encore volée.

Volée ? Au bout de la vallée, oui ou non ? Oui.

Alors, pourquoi n'avez-vous pas porté plainte ? C'est bien simple. Tant bien.

Parce que... Ça ne sert à rien, on ne les retrouve jamais.

Il ne faut pas dire ça, M. Martineau.

C'est pas gentil.

Regardez dans la cour, vous verrez.

Il y en a une bonne vingtaine qui attendent leur propriétaire.

Ce qui est mieux, c'est que justement, nous avons retrouvé la vôtre, votre

voiture. Eh bien, vous ne nous remerciez pas ? Si, si, je suis très content.

Ça n'a pas l'air de vous faire plaisir.

Entrez.

C'est là, papa ? Qu'est-ce que tu fais là, toi ? Je vais te chercher.

Il fait froid, tu sais.

Il y a plein de neige dehors. À l'école, on a plein de bonhommes.

Bonjour, monsieur.

Assieds-toi là, que je ne t'entends plus.

Alors, où est-ce qu'on vous l'a piqué, votre bagnole ? Je ne sais pas, je ne

sais plus.

J'ai la tête qui tourne.

Ça doit être le froid.

Dis-le à mon petit père, il aura un peu de charbon dans le poing, tu veux ? On

rechaîne, ici.

Il n'y a plus de charbon.

Vous vous rappelez le numéro de votre Zagar ?

437 RJ2.

Ah, ça, c'est curieux.

Vous vous souvenez du numéro de votre auto et vous avez oublié l'endroit où on

vous l'a volé ? Attendez.

Je crois que c'était devant l'Éden. Ah, vous voyez, on y arrive toujours.

Le 8, d'un soir.

Le 8 ? Le soir du clim, quoi.

Peut-être, en effet, oui.

Naturellement, mais ça explique tout.

Voilà pourquoi vous avez mis trois quarts d'heure pour rentrer chez vous.

Vous n'aviez plus de voiture.

Oui, évidemment.

Oui.

Ah, par exemple, il y a quelque chose qui ne s'explique plus.

C'est pourquoi vous avez eu besoin de passer au garage.

Tu nous prends pour des ordeaux, il dit.

Bon, la chanson reste la même, mais la musique va changer. Assez rigolé. On n'a

pas que ça à faire. Moi aussi, on m'attend.

Debout ! Comment ?

Tire ta cravate.

Pourquoi ? T'inculpe pas.

Ici, on pose des questions.

On n'y répond pas.

Tire tes lacets.

Fais voir ce que t'as dans les bouches. Ah, bravo, mes enfants.

Ça va mieux, ce que je vois.

Vous direz ce que vous voudrez, mais à côté de la maman, non ? C'est petit,

petit, petit, petit, petit.

Tout petit.

T'es fait comme un rat, je te dis, on sait tout.

Quand t'as quitté l'Éden, t'as fié des villes à Saint-Marceau. Non ! Parce que

tu peux être ballot tout même. Tu sais bien qu'on y arrivera. Dis oui, c'est

marre pour ce soir. Tiens.

J'ai froid.

Justement. On se la rendra, t'as plus.

Tu y étais ? Mais est-ce que je n'y étais pas ? Foutez-moi la paire, après j

'en ai ma claque, là ! Antoine.

Si je ne vais pas là-bas, les gars s'en feront une maladie.

J'en mets une va-t-elle en haut ? Il vous gênerait. Pas du tout, pauvre petit

bonhomme.

Allez, debout, mon gars.

Tu vas aller voir la crèche.

Avec toi ? Non, avec le patron.

Et sois gentil. On verra tout à l'heure.

Allez, viens, mon ami.

D'abord, qui t'a permis de t'asseoir ? Allez, debout, lève-toi.

Réponds, tu y étais ou non ? Non.

Affaire.

Décart un peu, je veux dire.

On recommence dès le début, hein ? À quelle heure es-tu parti de chez toi ?

Non, non, je ne dirai plus rien ! Vous me tuez, je ne répondrai plus ! Oui, j'y

étais, oui, j'ai voulu le faire, mais il était mort ! Il était mort, vous

comprenez ? Il était mort, je crois bien qu'on comprend.

Il était mort, hein ? Eh bien, mon gars !

On va aller mettre tout ça de noir sur blanc, hein.

Ça, ça reposera.

Allez, viens.

Allez,

viens.

Vous aussi, madame, vous êtes témoin ? Bon, ça ne sera pas bien long,

maintenant.

Vous verrez que nous arriverons à temps pour les huit ans.

Moi, je ne devais pas réveillonner. Je ne reviens pas dans ma chambre.

Si vous aviez vu la bobine du sous-chef, alors... Je m'en fous de votre réveillon

qui me dit.

Vous êtes le plus jeune et vous devez assurer le service jusqu'à deux heures

du matin.

Quand ils sont venus me chercher, si vous aviez vu sa bobine, alors... Bon.

Lecture faite, persiste et signe.

Moi, ça m'épatte, M. Martineau, qu'un type comme vous, un homme de votre

intelligence, de votre milieu, puisse nous prendre pour des imbéciles à ce

point-là. Puisqu'il était déjà mort, ça va, tu te répètes.

Mets ta signature là.

Tu veux que je te dise ce qui s'est passé, moi ? Je sais que ta femme avait

un rencard avec Brignon. Tu les as surpris ensemble et t'as descendu le

vieux. C'est pas plus compliqué que ça. Génie, mais vous êtes fou puisqu'elle

était à Anguin ce soir-là. Qu'elle t'a dit ? Tu crois au Père Noël ? Salaud !

Appelle, appelle, appelle.

Dites-moi, Poitrin, mon ami, vous connaissez Génie Lamour ? Eh bien, oui,

je vous l'ai déjà dit. Vous l'avez même écrit.

C'est pas vos oignons.

Répondez, comment la connaissez-vous ? Eh bien, parce que je ramasse les

billets à Anguin où elle vient toutes les semaines.

Quand l'avez-vous remarqué pour la dernière fois ? Le 8 décembre. Il y

avait qu'elle et un militaire au train de 23h au sein.

T'as compris cette fois ? C'est pas possible.

On n'invente rien.

Elle m'a menti.

Elle m'a toujours menti, alors.

Alors, finis la comédie.

Tu l'as surpris là-bas et t'as vengé ton honneur.

Tu te feras pas, tu gagnes bon bout. Crime passionnel.

C'est toujours le cocu qui a raison.

Tu es le douce membre du jury, il a une bonne boîtier comme toi.

J'ai envie de faire comme toi, seulement il n'ose pas.

Si il entend l'intérêt. Tu avais emporté un revolver.

Oui. Où est-il ?

Chez moi ? Et tu l'as pas acheté à la chaîne, des fois ? Non, pourquoi ?

Allez, Picard, on y va.

Permettez Antoine, c'est tout à fait illégal. Si le patron était là... T'en

fais pas, il nous remerciera le patron, ça va venir avant lui. Je désapprouve.

Mireille, notez que je désapprouve.

Occupez-vous plutôt d'un collier dans le trou.

Allez, par ici.

Vous attendez là.

Allons, debout. Je veux plus m'en aller, je veux voir personne, jamais.

Personne, ça tombe bien.

Gardien. Attention, il se débit. Attention, il se débit.

Et le nouveau, pourquoi est-ce que t'es là ? Eh ben, parce que Paul lui répond !

Il a buté le mot de sa femme, ça te suffit ?

Joyeux

Noël ! Qu'est-ce que vous voulez ? En voilà des façons, mais vous n'avez pas

le droit ! Où est Maurice ? T'inquiète pas, il est bien là où il est.

Drôle de garni, on serait mieux dans son pageau.

C'est pas pour dire que t'es pas bavard.

T'as le bourdon pour sûr.

Oh là là, c'est comme si je te voyais.

Tu dois être un doux, toi.

Un sentimental.

Faut pas s'attacher comme ça.

Elle est belle, au moins, ta femme.

Maintenant, tu la reverras plus de sitôt.

Et c'est peut-être elle qui veut plus te voir.

Oh, c'est pas marrant, la vie, tu peux le dire.

Je ne sais pas.

Ça vous coûtera cher, bande de voyous ! Tiens-toi tranquille, c'est pas le

moment de crainer.

Ça vous intéresse, Metsu ? Je vous ai fait marcher comme ça, où est le

revolver ? Quel revolver ?

Oh, dis-donc, t'entends les cloches ? Mon vieux, si tu peux pardonner à ta

femme, c'est le moment.

Minuit chrétien, c'est leur seule année.

Tu vas te marrer, ça me rappelle ma première communion.

Tiens, fais-moi payer une pipe.

Ça y est, cher, je l'ai. Qu'est-ce que

tu...

Allô ? Allô, oui ? C'est pour vous.

Oui, c'est moi.

Quoi ? Ça va, on revient. Qu'est-ce qu'il y a ? Martineau, il s'est fuciné.

Il est mort ? Pas encore. Oh, je vous en prie, soyez bons, c'est horrible, je

veux le voir.

Emmenez-moi, c'est ma faute. Tout ce qui est tué est de ta faute, tu parles quand

même.

C'est moi toute seule. Je l'ai frappée avec la bouteille, il est tombé sur le

divan. Et après ? Je me suis mise au vent.

Tu ne pouvais pas parler plus tôt, petite garce ? Oh mon Dieu, mon Dieu,

faites qu'on arrive maintenant. Faites que je reviens, Maurice.

Il fallait y penser avant, ton Maurice. Alors,

ça ne tourne pas trop ? Je ne vais pas mourir. Ça, pas question.

Je ne savais pas, j'étais si bien si loin.

Pourquoi avez-vous fait ça ?

Mon petit Mickey.

Dis que tu me pardonnes vite avant qu'on m'emmerde.

Faudra pas penser de mal de moi quand je serai plus là.

Dis, mon Mickey, réponds.

Tu vois, j'ai pas bu trop.

Y a que toi qui as le droit de me serrer fort.

Ferme-moi, mon Mickey.

Je suis en fait, ma fille.

En ce coup-ci, toute la rue des Bourdonnets est dans le trou.

Vous avez arrêté Génie ? Elle a avoué. C'est faux, elle ment.

C'est moi qui ai tué Brignon.

Oui, je l'ai assommé avec une bouteille de champagne et je... Et il est mort d

'une balle de revolver dans le cœur, hein ? Comme c'est curieux.

Qu'est-ce que vous dites ? Je dis que j'en ai marre de toutes vos cachoteries.

Martine, on n'a pas tué Brignon et sa femme non plus.

Mais ils étaient là-bas tous les deux.

Et vous y êtes allés, vous aussi, hein ? Une vraie surprise partie.

Ah, pourquoi ? Pourquoi ? Jenny avait oublié Cernar.

Et puis j'avais peur qu'elle ait laissé des traces.

Oh, mon Dieu, c'est vous qui avez effacé les empreintes, ça ? Ah ben, vous avez

fait du propre.

Vous avez brouillé les cartes, et c'est peut-être la petite Jenny qui m'a payé.

Ne me dites pas ça. Je vous en prie, monsieur, sauvez-la.

Vous l'aimez bien, votre amie ? Bien mal, je l'aime. Je sais.

Je vais essayer de la tirer de là, parce que je crois que je connais le vrai

coupable. Oh, merci.

Ne me remerciez pas.

Je fais mon boulot.

Et puis, je vais vous dire.

Vous m'êtes particulièrement sympathique, mademoiselle Dora Meunier.

Moi ? Oui.

Parce que, je vais vous dire, vous êtes un type dans mon genre.

Avec les femmes, vous n'aurez jamais de chance.

C'est un kikinon pour Antoine, cette histoire-là. Si le mec clavote, il va la

sentir passer.

Il a l'habitude.

Alors, c'est le pépin ? Eh bon, on verra.

Dis-le en tête de l'art.

Tu m'as fait des cageteries, toi.

Tu l'as piqué Ville-la-Saint-Marceau, la bagnole ? Moi ? Jamais de la vie, Ville

-la-Saint-Marceau. Ah, je voudrais voir ça.

Pourquoi tu te défends tellement ? Ici ou là, c'est du pareil au même.

Je suis rencardé. Allez, parle.

Tu vas révéler ta langue ?

Lacoste, fais un saut chez Puquelec.

Oui, chef. Il doit être en train de se noircir en famille.

Tu lui demanderas si la balle qui a refroidi l'encaisseur n'a pas les mêmes

rayures que celle de Brignon.

Bien sûr.

Cours, mon bonhomme, et téléphone-moi.

Je suis bien tranquille. C'est pas vrai ! Vous allez pas me foutre ça sur le

peloton, je vous dis que c'est pas vrai ! Ne fatigue pas, Polo. Dans dix

minutes, on sera fixés.

Au moins que tu préfères l'ouvrir tout de suite.

Au point où tu en es.

Mon Dieu de sort, si j'avais su.

Très joli, Otwell, c'est du propre.

On ne peut pas dire qu'on est secondé.

Dès que j'ai le dos tourné, les conneries commencent.

Une minute, patron, je suis à vous.

Encore un mot avec monsieur.

Alors, Polo.

Qu'est-ce que vous voulez ? La porte était ouverte, tu es entré, moi, on ne

sait jamais.

C'était peut-être la bonne occasion.

Et puis le v'là, votre brignon, la figure toute barbouillée qui se met à

gueuler au secours.

J'ai eu les fois à quoi j'ai tiré.

Oh, je sais bien, c'est peut-être pas du beau boulot, mais la frousse, ça se

commande pas.

Pauvre type.

T'es parlé trop vite, Antoine.

Oh, y a pas de mal, tout le monde peut se tromper. Moi, y a un mois que je me

goure. C'était une histoire sordide. Comme toutes les histoires.

Ouais, on s'excite, on s'envale. On croit que ça va être une belle affaire.

Et ça finit comme d'habitude.

En pipi de chœur.

Eh ben, vous en avez fait une neuf.

Et une drôle.

Tiens, vous êtes blessé ? On ne sait rien, un peu de verre cassé. Ça porte

bonheur. On dit ça.

Eh, mademoiselle, sachez qu'on ne vous dérange pas.

Non, prie, on vous laissera dormir.

Tu vois le bon petit réveillon si tu étais rentré.

Je vais te soigner, Eva.

Tu oublieras tout.

J'essaierai.

Chameau de concierge.

Encore vous ? Je sais pas ce que ça vaut, ces machins-là, mais faudrait

perdre l'habitude de les laisser traîner partout.

Merci quand même.

Vous n'entrez pas ? Non, M. Martineau, il y a quelqu'un qui m'attend.

Plaisir.

Bon vent.

Je pense que je ne le verrai plus, celui-là.

Je suis déjà à moitié guéri.

Obliquez.

Dino ! Quoi ? N'oubliez pas.

Et demain à la PJ.

Ça recommence ? Non, non. Simple procès verbal.

Tu l'auras quand même, ton casse-coute.

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