All language subtitles for Le.Secret.De.Ma.Mere.2006.FRENCH.1080p.WEBRip.x264.AAC5.1-WORLD

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(Elle chantonne.)

(arrêt de la musique)

- Bonjour. Bonjour, mesdames.

Bienvenue. - Bonjour, madame.

Bonne année.

On est un peu en avance, je pense bien.

- Non, ça va, tout est prêt.

Je vous en prie.

- Hé, mon Dieu!

On dirait un jardin.

Mais c'est donc beau!

Regardez-moi ça...

Hé, que c'est fin!

Elles sont belles!

Viens, viens.

Viens.

Regarde comme il est beau.

Ils l'ont bien arrangé, non?

- Hum... Me semble, papa, c'était pas trop son genre,

le blush puis le fond de teint. - Bien voyons.

J'aimerais pas ça être exposée avec le teint pâle

comme une malade. - Y a quelque chose qui cloche.

- Que c'est tu veux dire,

à part le fait qu'il soit mort? - Niaise pas.

Ah, je le sais, ils l'ont pas peigné

du bon bord. Merde! Je leur ai dit du côté droit!

- Voyons, Jeanne, personne va remarquer ça.

C'était pas un mannequin, ton père!

- Passe-moi ta brosse. - Coudonc, Jeanne,

prends sur toi! Tu vas pas utiliser

ma belle brosse neuve pour peigner ton père

dans l'état où il est, certain! - Pourquoi pas?

- Regarde-le, il a les cheveux pleins de pellicules!

- Mon Dieu, maman, c'est juste des petites peaux mortes.

T'en as, toi aussi. Passe-moi ça.

- En ce moment, j'ai bien moins de peaux mortes que ton père.

Je veux pas que t'utilises ma brosse neuve.

- Mes sympathies, madame Martel. - Merci, mon beau David.

Une bonne année, là, hein? Une bien belle,

pleine de succès puis remplie d'amour.

- Vous aussi, bonne année.

- Venez.

Comment vous le trouvez?

- Ah bien... j'ai pas vraiment d'opinion.

- Bien non, c'est sûr, vous le regardez même pas.

Ça va-tu, mon David? - Oui, j'ai juste un peu chaud.

- Qu'est-ce que tu veux, personne aime ça, la mort,

mais faut bien vivre avec.

- Oui, vous avez raison.

- Moi, la mort, ça me donne le goût de parler de la vie.

Tenez, par exemple... regardez sur son front...

Ayez pas peur, je vais pas vous jouer de tour aujourd'hui.

Vous voyez la petite cicatrice, là?

Savez-vous c'est quoi, ça?

- Non. - Ça, c'est la marque

de naissance de Jeanne. Bien oui.

- Ah... Comment ça?

- Jeanne vous a pas raconté

sa naissance? - Non.

- Vous savez pas pourquoi qu'on l'appelle

la petite St-Jean-Baptiste

dans la famille? - Bien non.

- C'est quelque chose de savoir ça pour un Anglais, non?

- Oui...

- Jeanne est née la nuit de la St-Jean 1968.

- Ah... ouche! Ça fait mal, ça, hein?

- Je vous le fais pas dire!

Ah!!!

Je suis tombée enceinte

dix ans après mon mariage. Hé, la petite vlimeuse...

Elle s'est fait attendre dix ans.

Elle a mis 24 heures à sortir de mon ventre.

Vingt-quatre heures de souffrance

avant que le docteur décide de me faire une césarienne.

(télé): Les manifestations ont commencé vers 8 h 15.

Au début, ce n'était pas très grave.

Quelques centaines de séparatistes

criaient: "Trudeau vendu!" "Trudeau est un traître!"

"Le Québec aux Québécois!" Etc.

J'entends hurler. Il doit y avoir d'autres bagarres

qui se produisent, le long de la rue Sherbrooke toujours.

(foule): Trudeau au poteau!

- Une vingtaine de voitures sont endommagées,

plusieurs centaines de personnes arrêtées

et certainement plusieurs dizaines de blessés.

- Ostie de câlisse, le monde sont donc bien fous à soir!

- C'est la gang du RIN!

Ça a pas fini de brasser, mon chum!

(Blanche): Pendant que je donnais naissance à Jeanne,

dans des douleurs... mais des douleurs sans bon sens,

mon Jos, lui, il faisait le party

puis la révolution.

- De la marde, Trudeau!

Il a pas d'affaire à venir icitte à soir;

c'est la fête des Canadiens français,

pas des Anglais, câlisse!

♪ Québécois ♪

♪ Nous sommes Québécois ♪

♪ Le Québec saura faire ♪

♪ s'il ne se laisse pas faire... ♪

- Évidemment, il a passé la nuit au poste de police.

C'est ma petite soeur,

Cécile, le lendemain matin, qui est allée le chercher.

- Envoye, mon Jos, on s'en va à l'hôpital.

- Ça va, Cécile, c'est juste une grafigne, ça.

- Ça te tente pas d'aller voir la petite?

- Bien, crisse.

- Ah bien, félicitations,

mon Jos! - C'est une fille?

- Oui! - Une petite fille, là?

- Tu me la redonnes?

- Attends un peu, je viens juste de la prendre.

- Envoye.

- Tiens.

- Vous savez, pour moi, c'était un grand événement.

Trois de mes soeurs avaient déjà eu plein d'enfants.

Enfin, c'était à mon tour.

- Évidemment, avec maman, on en prend

puis on en laisse. - Tu le sais que

je suis pas menteuse pour une cenne.

Je mets de la couleur, c'est tout.

- C'est ça que je dis.

- Alors, mesdames, êtes-vous satisfaites?

- Ah oui, très, très satisfaites.

C'est pas donné, mais on voit que c'est du beau.

- Il y a juste une petite affaire qui m'énerve:

vous l'avez pas peigné du bon côté.

- Ah non?

- Il est peut-être pas trop tard?

- Bien, c'est que...

- Passe-moi ton peigne.

Du côté droit.

- Ah, Seigneur, que ça a l'air raide.

On dirait qu'il a une bouteille de spraynet

juste dans le toupet.

- Bon.

- Ah oui, le traiteur va passer en début de soirée;

peut-être que je pourrais aller vous montrer la salle en bas?

- Oui.

- Ça va aller, maman?

- Ça va aller.

On va bien s'entendre aujourd'hui, tu vas voir.

- Vaut mieux tard que jamais.

- Hé, Jos!

- Blanche, attention à ta belle robe!

- Venez-vous-en! - Envoye! Envoye!

- Elle est belle, hein?

On dirait presque une robe de mariée.

Hé! - Mon Dieu, je m'excuse!

- Regarde ce que t'as fait à ma robe!

Maudit niaiseux!

- Salut, matante. Ça va? - Ça va, ça va.

- C'est-tu plate, mourir dans le temps des Fêtes!

Pauvre mononcle Jos.

En tout cas, mes sympathies, matante.

- Ça va, ma petite Annie. Calme-toi un petit peu, hein?

Puis bonne année. - Ah oui, c'est vrai!

Bonne année, matante! Hé!

Bon bien... c'est ça, hein...

Je vais aller voir mononcle Jos.

- Qu'est-ce que tu faisais là? - Rien...

- Tu lui as touché? - Bien non, t'es malade!

- Qu'est-ce que t'as mis dans ta sacoche?

- J'ai rien mis, épais; je cherchais de la gomme.

- En as-tu de la gomme?

- On mâche pas de gomme

dans un salon mortuaire. Ça se peut-tu...

- Coudonc, Cécile, elle a donc bien l'air énervée, ta petite.

- Elle arrête pas avec ses maudites questions.

- Ah bien, Jeanne! Ça fait longtemps!

- Bonjour, Annie. - Écoute, je pense

que la dernière fois qu'on s'est vues, c'est...

cet été à ta boutique!

Ah!

J'adore ce que tu portes! Ça fait-tu partie

de ta nouvelle ligne? - Oui.

C'est ma nouvelle collection "tendance mortuaire".

- Ah, la folle... Excuse-moi, Jeanne.

Je suis tellement énervée.

Écoute, je te présente mes condoléances.

- Merci, Annie, merci.

T'en fais pas, ça va. - T'es bien fine.

Tu sais que je suis allée voir ton père à l'hôpital?

- Ah oui? Mon Dieu, pourtant, ça devait faire des années

que tu l'avais pas vu? - Ouais.

Mais quand j'ai su qu'il... bien que...

bien qu'il...

- Qu'il était mourant?

- Oui, c'est ça, qu'il filait pas,

j'ai eu envie de lui parler. - Il me l'avait pas dit.

- Non. Finalement, il dormait; j'ai pas voulu le réveiller.

- Oups. Excusez-- - Non, c'est pas grave, viens.

Je vais te présenter ma cousine.

Annie, mon chum David.

- Ah! Enchantée. - Enchanté.

- Bon bien, je vais y aller, moi, là.

Vous avez peut-être des choses à vous dire puis...

je dois avoir des affaires à faire.

Je vais aller voir à ça. À tantôt.

- Bienvenue dans ma famille.

- Comment tu prends ça?

- Moi, je le prends bien, ça va.

Tu dois trouver qu'il a changé, hein?

- Ah, moi, je le reconnais pas tellement.

Il a tellement vieilli; il n'a quasiment plus de cheveux,

il est tout maigri... je le reconnais pas pantoute.

- Bien sûr, tu l'as connu plus en forme que ça.

- C'est sûr.

Ah, batince! - Qu'est-ce qu'il y a?

- J'ai oublié de canceller ma dinde!

Ça, c'est bien moi! J'ai pas d'allure!

Faut que j'aille téléphoner!

- Allô. - Allô, allô!

- Bonsoir, Blanche. Tu me reconnais?

- Mon Dieu, Bertrand... Si ça fait longtemps!

- Ah, ça fait un bon bout, hein, Blanche?

- C'est pas possible, la coïncidence.

Je pensais justement à toi, tantôt.

- Des beaux souvenirs, j'espère?

- De très bons souvenirs.

- Tu vas m'en acheter

une autre robe, t'as-tu compris?!

- C'était mon meilleur ami.

- Je le sais, je le sais.

T'as pas changé, à ce que je peux voir. Maudite boisson.

C'est ta faute si Jos buvait. Toujours la bouteille à la main.

Tu trouves pas qu'il a assez bu de son vivant?

Tu veux le mettre chaud une dernière fois?

♪ J'attendrai ♪

♪ Le jour ♪

♪ Et la nuit ♪

♪ J'attendrai toujours ♪

♪ Ton retour ♪

♪ J'attendrai... ♪

- Une guedelle?

♪ Car l'oiseau qui s'enfuit ♪

♪ Vient chercher l'oubli ♪

♪ Dans son nid ♪ - Tu me donnes la main?

- Avec plaisir. ♪ Le temps passe ♪

♪ Et court ♪

♪ En passant ♪

♪ Tristement... ♪ Qu'est-ce que tu fais?

- Je veux lire ton avenir.

- Tu vas le trouver pas mal sombre;

j'ai les mains tellement sales.

- Plutôt une belle ligne de vie, en fait.

- En faites-vous partie, mademoiselle?

♪ Les fleurs pâlissent ♪ ♪ le feu s'éteint ♪

♪ L'ombre se glisse ♪

♪ Dans le jardin ♪

♪ L'horloge tisse ♪

♪ Des sons très las ♪

♪ Je crois entendre ton pas ♪

♪ Le vent m'apporte ♪

♪ Des bruits lointains ♪

♪ Guettant ma porte ♪

♪ J'écoute en vain ♪

♪ Et là plus rien ♪

♪ Plus rien ♪

♪ Ne vient... ♪

- Je suis allée en fumer une dehors pour me calmer.

- Oui, t'as l'air anxieuse. - Elle est toujours stressante

de même... pas un cadeau. - Par contre,

t'as pas l'air si stressé que ça, Simon.

- Bien là, j'ai commencé le tai chi.

Connais-tu ça, le... tai chi?

- Ah... - Oui, c'est ça.

(sonnerie de cellulaire) C'est bien relaxant.

- Ça a l'air de te réussir. - Pas pire.

Allô...

Euh... non, je suis venu voir mon mononcle...

Non, je peux pas, il est mort. Ha! Ha!

- Excuse mon frère.

Il a pas de savoir-vivre.

- Puis toi, Annie,

ton père, la santé, ça va?

- Bien, c'est sûrement pas aussi pire que ça, là, mais...

Ça fait longtemps que je l'ai pas vu.

De toute façon, lui puis moi...

La fille qui vient des poubelles! Ha! Ha! Ha!

Anyway.

- O.K...

La fille qui vient des poubelles?

- Voulez-vous signer? - Oh, excusez.

Ah, les belles fleurs...

"Gilles, Pierrette." Je les connais pas. C'est beau.

Bonsoir.

"Salon A..." "Salle de récep..." Bonsoir, monsieur.

Tout un ange.

- Bonsoir, matante Rolande! - Ah, bonsoir!

Hé, écoute, j'ai bien failli pas me rendre.

J'ai pris un taxi puis je me rappelais plus de l'adresse.

- Vous auriez dû le dire, on serait allés vous chercher.

- Mais non, mais non.

Qui c'est qui est mort, déjà, donc, là?

- C'est Jos. - Jos?

- C'est mon père, Jos... le mari de Blanche.

- Ah oui, Jos... Oui, oui, oui...

Jos, hein? Ça fait tellement longtemps que je l'ai vu,

je pensais qu'il était déjà mort.

J'espère qu'il m'en voudra pas. - Je vais vous présenter

mon chum David, matante. - Enchantée.

- C'est Rolande, une des soeurs de maman.

- Enchanté, madame. - Enchantée.

Oh! Puis hé! Faut se souhaiter bonne année!

Faut pas oublier ça, c'est le Jour de l'An!

On va surtout se souhaiter une bonne santé, hein?

Faut pas se retrouver ici trop vite.

Ah! Cécile!

Ah, Blanche! Joyeux Noël! - Merci.

- Puis bonne année. Cécile, mes sympathies.

- Viens... viens, Rolande. - Qui c'est qui est mort, déjà?

Ah, bien oui!

Là, je le reconnais!

C'était un bel homme, hein?

Il a pas changé.

Ça rappelle des souvenirs.

- Tu le replaces pas, hein?

- Pantoute.

- Mais papa...

Jos, c'est le meilleur joueur de pool du Québec!

Il pourrait même aller faire carrière aux États!

Il y a plein d'argent à faire!

- Quand tu veux partir une famille,

ça prend un vrai métier. Le pool, c'est pas un métier!

Pas de métier, pas de mariage.

- Ah, bien oui, là, je le replace!

C'était ton joueur de pool!

♪ Well since my baby left me ♪

♪ I found a new place to dwell ♪

♪ It's down at the end ♪ ♪ of Lonely Street ♪

♪ At Heartbreak Hotel ♪

♪ You make me so lonely baby... ♪

- Il vient encore de gagner.

Il gagne tout le temps.

Eh bien, t'es venue, finalement.

- Ça sent le tabac puis la sueur ici.

- Ah, prends pas tes grands airs du dimanche, Germaine,

on est ici pour s'amuser.

♪ Where broken hearted lovers Do cry away ♪

♪ Their gloom You make me so lonely ♪

♪ I get so lonely ♪

♪ I get so lonely I could die ♪

♪ Well the bell hop tears ♪ keep flowin' ♪

♪ And the desk clerk's dressed in black ♪

♪ Well they been so long on Lonely Street ♪

♪ They ain't ever ♪

♪ Gonna look back ♪

♪ You make me so lonely ♪

♪ Baby ♪

♪ I get so lonely ♪

♪ I get so lonely ♪

♪ I could die ♪

♪ Well now if your baby leaves you ♪

♪ You got a tale to tell ♪

♪ Just take a walk down Lonely Street ♪

♪ To Heartbreak Hotel ♪

♪ Where you will be ♪

♪ lonely baby ♪

♪ Well you'll be lonely ♪

♪ You'll be so lonely ♪

♪ You could die...♪

- On va à l'hôtel à soir, ma poulette.

- Jos...

- Elles ont sûrement rien contre ça, tes soeurs.

Puis, les filles,

avez-vous apprécié la partie?

- Mon cher, vous êtes

un véritable virtuose de la baguette.

Félicitations!

Non, vraiment, bravo.

- "Virtuose de la baguette."

Hé, ça, c'est ma Fleurette

avec son beau langage.

Puis toi, Rolande?

- Ah, hé... formidable!

Vraiment du très, très beau jeu. Moi, je suis épatée.

- Germaine?

- Moi, le pool, je connais rien là-dedans.

- Faut juste rentrer la boule dans le trou, Germaine.

Que c'est que tu comprends pas là-dedans?

- En tout cas, papa a raison: c'est pas un vrai métier.

♪ ...always crowded ♪

♪ You still can find some room ♪

♪ Where broken hearted lovers ♪ ♪ do cry their gloom ♪

- C'était tout un numéro, hein, ton Jos?

Peut-être qu'une petite prière pour le repos de son âme...

me semble que ça lui ferait pas de tort.

- Tu tombes mal. Jeanne est pas forte sur la prière

puis moi, j'ai déjà prié pour lui.

La veuve éplorée, c'est pas mon genre.

- Déjà que veuve,

dans ton cas, c'est un peu forcé, maman.

- Comment ça?

Je suis une vraie veuve.

Tu le trouves pas assez mort, ton père?

- Vous étiez séparés depuis 20 ans, toi puis papa.

- Elle a raison. - On était pas divorcés.

- Un choeur de pleureuses avec ça, maman?

- M'a t'en faire des pleureuses! - Hé, wô, ça va faire,

les chicanes devant le défunt. - Inquiétez-vous pas, Rolande,

papa puis maman sont habitués aux chicanes. Hum?

- Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit...

- Euh...

Notre Père qui êtes aux cieux

Que Votre nom soit sanctifié

Que Votre règne arrive

Que Votre... volonté soit faite...

Sur la terre comme au ciel...

Donne-nous aujourd'hui - Aujourd'hui...

Notre pain quotidien...

- Et pardonnez-nous nos offenses - Nos offenses

comme nous pardonnons à ceux...

- ...qui nous ont offensés - Nous ont offensés

Et ne nous laissez pas... soumets pas, oui,

à la tentation Délivrez-nous du mal...

- Amen. - Ainsi soit-il.

(Il marmonne.)

- Je m'excuse pour tantôt. Vous devez me prendre

pour une folle. - Voyons donc.

- Écoutez, je sais bien que ça fait dur, mon affaire.

J'arrête pas de dire n'importe quoi,

un vrai paquet de nerfs! Savez-vous c'est quoi,

ma date de naissance? - Non.

Je suis née en juillet 1971.

Savez-vous ce que ça veut dire?

Je vais vous le dire, ce que ça veut dire.

J'ai été conçue en octobre 70.

Octobre 70!

- La crise?

- "La crise..." Mets-en, la crise!

Méchante crise, à part ça!

Dans ce temps-là, ma mère venait de se marier

avec mon supposé père, Maurice.

Mais elle avait un amant secret.

(télé): Front de libération du Québec.

Manifeste.

- Mon vrai père, c'est lui!

- Non, dérange-toi pas. - Allô.

- Ton pauvre chum...

J'étais en train de lui raconter toutes mes histoires de fou.

- Bien oui, j'ai entendu ça.

- Je me force pour pas trop obséder là-dessus, mais...

- Il te reste un petit bout de chemin à faire, hein?

- Bon bien, je pense que je vais aller en fumer une petite, moi.

- Ah, Jeanne!

Mes sympathies! - Ah, Donna...

Merci. Mon Dieu, ça fait longtemps!

- Eh oui. - T'as l'air en forme.

- Pas pire, pas pire...

Mais qu'est-ce que tu veux... j'ai toujours pas de chum, moi.

Moi, c'est Donna. Je suis une cousine à Jeanne.

Je suppose que vous, vous êtes David?

- Oui. Enchanté.

- Quand ma mère sortait avec mes tantes,

c'est Donna qui nous gardait. - Ta mère...

comment elle va? Elle prend pas ça trop mal?

- Non, ça va, ça va. Tu sais, papa puis maman--

- Ah, je sais bien. Mais qu'est-ce que tu veux,

moi, là, quand je pense à eux autres...

j'ai donc des beaux souvenirs. Ah!

- J'aimerais ça un jour, matante,

que vous me fassiez une robe comme ça.

- Voyons, Roger, c'est ma robe de mariée.

Toi, je te ferai un bel habit pour le jour de ton mariage.

Ah!

Arrête, ma mère puis mon père sont sur le bord d'arriver.

- Astheure qu'ils ont dit oui, envoye, on a le temps, là.

- Ah, maman! - Ça va pas?

- Hein? Non. C'est maman qui arrive avec matante Germaine.

- Mes sympathies. - Merci, matante.

- Mes sympathies. - Merci.

Je vais vous présenter mon ami David.

Matante Fleurette. - Bonsoir.

Matante Germaine. - Bonsoir, monsieur.

- Hon, Fleurette! - Germaine.

- Germaine, c'est ça que j'ai dit.

Bonjour, Fleurette.

- Mes sympathies, Blanche. - Merci. Puis bonne année.

- Mes condoléances.

Ah, l'impermanence...

C'est sûr qu'il fallait que ça arrive.

- Bon, pour une fois qu'on est toutes réunies,

c'est pas le temps d'avoir des têtes d'enterrement.

- Ça va, ma petite Jeanne?

- Ça va...

Des hauts puis des bas.

- C'est pas évident de perdre un être cher.

Il est pas parti, tu sais...

Il est encore près de toi.

Puis il te restera tous les beaux souvenirs.

- C'est vrai, matante.

Mais j'ai pas juste des beaux souvenirs, vous savez.

Papa puis maman se sont tellement chicanés...

Souvent, c'est juste ça qui me revient.

- C'est ce que t'as connu quand tu vivais avec eux autres,

mais dis-toi une chose:

ton père puis ta mère se sont vraiment aimés.

Beaucoup, beaucoup, beaucoup. Ah oui.

Et mon Dieu, que ça s'embrassait, ce monde-là!

Maman arrêtait pas de dire à Blanche d'aller se confesser.

(Ave Maria en latin)

(marche nuptiale)

Quand tes parents se sont mariés,

ils avaient pas assez d'argent pour se prendre un loyer,

alors ils sont venus rester chez maman puis papa.

(réaction d'attendrissement)

(explosion de joie)

♪ The glove and the finger ♪

♪ The bees and the flower ♪

♪ The nail and the hammer They're two ♪

♪ The dad and the mother ♪

♪ The soul and the prayer ♪

♪ The band and the singer They're two two two ♪

♪ Like one and two ♪

♪ Like me like you ♪

♪ It's so good to be two ♪

♪ Together together So good to be together ♪

♪ Let's be together too Too too ♪

♪ Together together We do belong together ♪

♪ 'Cause we're together Me and you ♪

♪ Together together We do belong together ♪

- Tabarnak! ♪ Let's be together ♪

♪ Me and you ♪ (rires)

(Jeanne): J'ai beau essayer de me l'imaginer, matante,

mais c'est tellement pas ça que j'ai connu.

- Ah, qu'est-ce que tu veux, Jeanne...

La vie, c'est pas un conte de fées.

- Oui, matante.

Ça fait longtemps que je sais ça.

- Bon...

Je vais aller jaser un peu avec mes soeurs.

Ça va aller, ma belle Jeanne? - Oui, merci, matante.

- Qu'est-ce que tu veux, Jeanne? - Les "cocombes".

- Concombre, ma chérie, concombre.

- Chut! (radio): Le lancer--

- Veux-tu bien me lâcher le base-ball;

on mange, là. Allez, Jeanne, essaie.

Concombre. - Consom--

- Tu parles encore plus mal qu'elle, saint-cibouère.

Elle peut pas essayer, crisse, tu lui montres rien!

Faut que tu sépares les syllabes.

- On sait bien, toi, tu sais comment lui montrer.

Bien oui! Ti-Jos connaissant!

- Calme-toi, maman, c'est pas grave.

- Il y a juste toi d'intelligent

qui es capable de dire des paroles sensées!

Les autres, c'est des innocents!

- Regarde encore la martyre! C'est héréditaire, tabarnak!

Vous avez toutes la maladie de la persécution!

- Faut bien être un trou de cul comme toi

pour oser parler de ma famille!

Regarde bien comment on prononce les mots:

Man-ge de la mar-de!

- Ta gueule!

- Approche, mon écoeurant... puis je te tue.

- On ne rit plus. Tabarnak.

- T'es rien qu'un écoeurant. Je vais te tuer!

Je vais te tuer!!!

- T'es vraiment un trou de cul!

Tu m'auras pas.

Ça va, ma toune?

- Ça va aller, maman, t'en fais pas.

- C'est dur, hein, ma chouette?

- C'est pas facile.

- Bonne nuit, ma chouette.

- Bonne nuit, maman.

- Bonne nuit. - Bonne nuit.

Papa... - Oui?

- Ça fait mal, ta bosse? - Non, non.

- O.K. Maman a raison, t'as vraiment la tête dure.

- Maman a raison. Bonne nuit. - Bonne nuit.

(musique)

♪ J'attendrai ♪

♪ Le jour et la nuit ♪

- C'était la plus belle voix.

Il n'y en a pas un qui l'accotait, crisse,

pas un. - C'est sûr.

- Ta mère puis moi, on avait été le voir

quand il est venu à Montréal. Esti, il y avait du monde, là...

- Maman disait que ta voix aussi était belle.

Ça t'aurait pas tenté de devenir chanteur?

- Elle disait ça parce qu'elle m'aimait.

- Non, c'est vrai! Moi aussi, je t'ai déjà entendu.

Chante avec lui.

- Bien voyons. - Envoye donc!

♪ ...en battant tristement ♪

♪ Dans mon coeur plus lourd ♪

♪ Et pourtant j'attendrai ♪

♪ Ton retour ♪

♪ Les fleurs pâlissent ♪

♪ Le feu s'éteint ♪

♪ L'ombre se glisse ♪

♪ Dans le jardin ♪

♪ L'horloge tisse des sons très las... ♪

- Ah, ça sent bon.

- Rolande.

- Ah non, merci, mon petit Donald, je bois pas, moi.

- David. - C'est qui?

- C'est mon nom, c'est... David.

- Ah. Moi, c'est Rolande.

Enchantée.

- Comment ça, se faire incinérer?

- Si tu veux t'obstiner, vas-y.

Ça fait longtemps qu'il ne m'écoute plus.

- Il ne peut plus t'interrompre. - Je me ferai pas incinérer.

D'ailleurs, j'ai déjà choisi ma tombe. Elle est toute payée.

- Hé, qu'on a hâte de voir ça.

- En tout cas, incinérée,

tu te fais pas manger le visage par des vers.

- Tu te le fais brûler, c'est mieux!

- Il paraît que se faire brûler, c'est pas bon pour l'âme.

- Des sottises. L'âme nous quitte à la mort.

Le reste peut bien brûler, sécher, pourrir,

se faire dévorer par les vers,

ça n'a plus d'importance.

- Ouais, mosusse de belle conversation du Jour de l'An!

- On rit trop fort. - Ça va, Germaine.

Si t'as peur qu'on le réveille, on peut lui fermer la boîte.

Je vais aller faire ma petite tournée.

- C'est quand même ironique qu'on soit ici le Jour de l'An,

alors que lui faisait exprès pour travailler durant les Fêtes

pour pas être avec sa famille. Maudit sauvage.

- T'es dure, Germaine, Jos était pas si pire que ça.

- Il buvait trop, il avait pas d'ambition,

il sacrait tout le temps. - Tu dois laver tes planchers

avec cette grande langue sale? - J'exagère pas.

En plus, il avait la main légère.

Moi, je lui pardonne pas ce qu'il a fait à Blanche.

- Vous avez pas le droit de fumer ici, madame.

C'est très mauvais pour les fleurs.

(hockey à la télé)

- Quatre as!

- La grosse maudite! C'est ça qu'elle nous cachait!

- Hé, que tu nous as eus; j'avais une full aux rois!

- Tant pis! - Cécile!

Cécile, pourquoi est-ce que tu viens pas jouer?

- J'aime mieux écouter la game! - Je sais pas ce qui lui prend,

tout à coup, d'aimer le hockey!

Bon. Hum... le valet frimé

puis la carte fermée. - OK.

- Moi, je passe un tour, je vais aller regarder la game un peu.

- Deux cennes.

Je mets ça à trois cennes.

(rires au salon)

- Qu'est-ce que vous faisiez?

- Je l'ai chatouillée.

- Bon!

Qui c'est qui gagne icitte, là?

T'as-tu pris de mes cennes, toi?

- Qu'est-ce que t'as vu? - Rien.

Qu'est-ce que tu veux que j'aie vu?

- Je suis donc tannée de ces histoires-là

entre Jos puis Cécile. Faut enterrer ça.

Cécile pensait pas à mal... C'était le bébé de la famille.

- Tête de linotte puis menteuse. - T'aurais pas été mieux

si t'avais vécu ce qu'elle a vécu!

- Voyons donc! Tu vas pas me ressortir

la vieille histoire du souffle au coeur?

Cécile est forte comme un boeuf.

Elle fume, elle mange mal, elle a eu cinq enfants,

je ne sais plus combien d'amants...

Elle va toutes nous survivre.

- Ça change pas le fait que dans sa jeunesse,

elle pensait mourir à tout moment.

Ça explique pourquoi elle se foutait de tout.

C'est juste ça que je veux dire.

- Puis moi, je suis d'accord

avec Fleurette, comme d'habitude.

Puis toi, Germaine, si t'avais été à la place de Cécile,

t'aurais pas été dans la même position.

- Hum...

J'ai trouvé ça dans un bouquet de fleurs.

Un petit coup, peut-être? - C'est pas de refus.

Me semble que je vous connais, vous.

- Vous me replacez pas, là? - Aidez-moi un petit peu.

- Roger.

- Roger?

- Le petit Roger.

- Ah bien!

Roger...

T'as changé un petit peu.

- C'est sûr. Qu'est-ce que tu veux, on vieillit tous, hein?

- T'es venue en griller une petite vite?

- On peut rien te cacher.

- Je dirais pas ça.

- Arrête avec tes insinuations.

Je commence à en avoir assez

de tes questions puis de tes histoires.

C'est pas le moment aujourd'hui! - C'est jamais le bon moment.

Le sais-tu, maman, c'est quand le bon moment?

Parce que moi, je le sais pas.

Aujourd'hui je sens une urgence. - Une urgence de quoi?!

- Mononcle Jos. - Quoi, Jos?

- Je sais ce qui est arrivé. - Y est rien arrivé!

- Pas d'après matante Germaine puis matante Blanche.

- Bon! Enfin, de la belle visite!

- Viens, Germaine. - Allô.

- Salut. Ça va? - Oui, ça va.

- Bonjour, ma petite Annie. - Allô, matante.

- Ta mère est où? - Ah, elle travaillait.

J'ai décidé de venir quand même. - T'as bien fait.

Jeanne est en arrière. - O.K.

- As-tu soif? - Ah oui, tiens.

- Assis-toi.

Comment ça se fait que Cécile était pas en congé, aujourd'hui?

- Ah, je sais pas.

Écoute, pour une fois qu'elle a une job, on va pas se plaindre.

Si elle peut finir par gagner sa vie comme il faut

puis arrêter de compter sur nous autres pour la dépanner...

- Qu'est-ce que tu veux, elle est rendue toute seule

puis elle gagne pas encore des gros salaires.

- Oui, puis toi aussi, t'es toute seule

depuis ta séparation.

En deux ans, tu m'as jamais rien demandé, tu te débrouilles.

- Cécile fait ce qu'elle peut.

- Tu prendras donc toujours sa défense, hein, même après

ce qui est arrivé.

Moi, je lui aurais jamais pardonné.

- Tu sais très bien pourquoi je lui ai pardonné.

Je ne parle plus de ça avec Cécile.

C'est fini.

- En tout cas...

si c'était arrivé avec mon mari,

je te garantis que... - Ça suffit.

On ne parle plus de ça.

- Maudite Germaine,

elle cherche juste la chicane!

Puis toi, tu vas-tu me laisser tranquille

avec tes questions puis tes accusations?

- Je veux juste connaître la vérité.

- Ton père, c'est Maurice!

Vas-tu te rentrer ça dans la tête

une fois pour toutes, bon sang?!

- "Vas-tu te rentrer ça dans la tête

une fois pour toutes, bon sang?"

- Bouge pas, Jeanne.

- C'est pas pire, la couleur de tes cheveux.

- T'aurais dû voir la tête de Maurice

quand il m'a vue de même...

- Ah oui? Bof, mon père aussi aurait capoté.

- Maurice, c'est pas mon père.

- Pardon?

Qu'est-ce que tu racontes là, toi?

- Pourquoi tu penses qu'il dit qu'il m'a trouvée

dans les poubelles? - Voyons, Annie!

Ton père dit ça pour rire. - Ah oui...

Ça m'a-tu déjà fait rire, tu penses?

- Ça voudrait dire que ta mère a eu un amant.

- C'est ça.

Puis tu vas voir, un jour, je vais savoir c'est qui.

- T'es vraiment sérieuse, là?

- C'est normal de se poser ces questions-là, Jeanne.

Tu penses pas?

- Hé, mes jambes... - Bien oui, c'est ça,

repose-toi un peu. T'es trop grosse

pour rester debout comme ça des heures de temps.

- Je vais t'en faire des "trop grosse", moi.

- C'est une question de gravité.

Hé, je te dis

qu'il y a pas grand monde que je connais ici, moi.

- C'est normal, il y a la parenté de Jos,

ses collègues... - À Jos?

- Bien oui, Jos. C'est pour lui qu'ils sont là, voyons.

- Ah oui, j'avais oublié. Cré Jos...

Écoute, Blanche, il faut que je te dise quelque chose.

Je savais pas si je devais t'en parler,

mais me semble que c'est mieux que tu le saches.

- Qu'est-ce que tu vas me sortir, toi, là?

- Tu sais, Jos, là... - Oui?

- Il est descendu du chalet, samedi dernier?

- Oui. - Le sais-tu, toi,

ce qu'il est venu faire à Montréal?

- Bien, voyons, certain que je le sais.

il est descendu pour se chercher une job.

- Ouais...

Bien, il est pas juste venu faire ça.

Puis il était pas tout seul, en plus.

- Qu'est-ce que t'es en train d'insinuer, là, toi?

- Ton Jos, il a sorti Cécile dans un club

puis ils ont passé toute la soirée ensemble.

♪ Est-ce que tu m'aimes ♪

♪ Quand je danse comme ça ♪

♪ Est-ce que tu m'aimes Quand je danse comme ça ♪

♪ Est-ce que tu m'aimes ♪

♪ Quand je danse comme ça ♪

♪ Quand ♪

♪ Je danse comme ça ♪

♪ Regarde-moi ♪

♪ Hush hush ♪

♪ Ah quand je danse quand je danse ♪

♪ Hush hush ah quand je danse hush hush ♪

♪ Ça balance ça balance ♪

♪ Qu'est-ce qui te plaît le mieux ♪

♪ Qu'est-ce qui te plaît le mieux ♪

♪ Quand je bouge les yeux Quand je bouge les yeux ♪

♪ Quand je bouge les bras Quand je bouge les bras ♪

♪ Quand je bouge comme ça Quand je bouge comme ça ♪

♪ Dis-moi ♪

♪ Dis-moi... ♪

- Va falloir que tu le gardes à l'oeil, ton Jos.

Puis Cécile itou. Parce qu'à mon avis,

ils font des affaires pas correctes, ces deux-là.

- Rolande, c'est des vieilles histoires. T'es dans le passé.

Regarde, là, Jos est mort.

On est au salon funéraire.

- Il est mort de quoi, donc? - Mort subite.

En trois jours, il était parti.

- Ah bon. Son cas est réglé, hein?

Oublie ce que je te disais.

- Bien oui, Rolande, c'est des vieilles histoires, ça...

Des bien vieilles histoires.

(musique de la radio)

(moteur de bateau)

♪ Quand l'amour est au rendez-vous ♪

♪ Le grand air est soûlé de soleil ♪

♪ Le train d'enfer ♪

♪ On s'aime au grand soleil ♪

♪ Le monde nous appartient... ♪ - Wow!

- Pas pire pantoute, hein?

On va bien souper à soir.

Tu t'en viens bien grillée.

Tu vas être pas mal belle.

- C'est le paradis ici.

Je passerais l'été avec vous autres, moi, si je pouvais.

- Y a rien qui t'en empêche, c'est les vacances.

Veux-tu que je fasse ton dos?

Tabarnak que t'as la peau douce.

(Elle hurle.)

Câlice de tabarnak! Qu'est-ce que tu fais là?!

- Tout le monde me le disait,

mais là, je le sais que c'est vrai, mon écoeurant!

- Blanche, c'est dans ta tête!

Je lui mettais de l'huile dans le dos!

On faisait rien de mal!

- Blanche, tu t'en fais pour rien! Attends donc!

- Attends, attends... Elle est un peu énervée, là,

mais elle va se calmer.

Je vais aller la consoler un petit brin. Ça va aller.

Les nerfs, câlice! Que c'est que tu fais là?

- Tu vas descendre à Montréal

puis tu vas te trouver une job qui a de l'allure.

Je ne veux plus te revoir au chalet pour un petit bout.

- Voyons, Blanche... Tabarnak, on peut-tu parler?

- Ah!

(cris d'oiseaux)

(aboiements)

- Il s'est rien passé, Blanche. Pantoute! Je te le jure!

- Oh! Blanche...

Peut-être que...

j'arrive pas à un bon moment, hein?

J'étais juste venu chercher le jacket que j'ai oublié

au party, l'autre jour.

- Non, en fait, Robert, tu tombes très bien.

Ta cousine Cécile a justement besoin d'un lift pour Montréal.

Ses vacances sont finies.

(Rolande, mauvais anglais): ...and nice roses and a few

marguerites...

- Annie, attends... Je veux te parler de quelque chose.

Viens.

- Excusez-moi.

- Bien voyons, Jeanne. Qu'est-ce qui se passe, donc là?

- Assis-toi.

Passe-moi ton sac. - Pour quoi faire?

- Pour regarder quelque chose. - Mais pourquoi?

- Annie, s'il te plaît.

- Je voulais un souvenir. - Un souvenir?

Genre test de paternité?

- Dans le genre, oui.

- C'est sûr! Tu t'es déjà demandé si ton père,

c'était le pape, Elvis, le Père Noël, les Beatles.

Pourquoi pas Jos? - Je voulais t'en parler.

C'est pas évident de dire à sa cousine:

"Je pense que ton père a couché avec ma mère."

- Non, surtout sans preuve. - Je sais bien des choses.

- Comme quoi? - Toi aussi, Jeanne,

tu t'es déjà posé des questions. Non?

Ton père, ta mère...

- Je vois pas où tu veux en venir.

J'essaie de me mettre à ta place--

- On est pas mal à la même place.

- Tu me tombes sur les nerfs!

- Ça fait longtemps que je me questionne.

Comme toi. Je le sais bien que tu t'es déjà posé des questions.

Je le sais bien que c'est normal. C'est normal!

Tous les enfants uniques se posent ces questions-là.

Mais y a toujours bien des années qui marchent pas.

J'ai fait mes calculs puis on voit bien que ça marche pas!

- Quels calculs? - Moi, j'ai fait mes calculs!

Oui, oui... Non, non! Tu ris bien, là!

Mais ça fait bien des années que je calcule

puis j'écoute aussi. J'analyse...

Certain que j'analyse! Puis on voit bien que ça marche pas!

- Qu'est-ce que t'essaies de me dire?

- Je pense que t'es ma soeur!

Puis pas juste à moitié.

(télé): ...ni un Robin des bois des temps modernes.

C'est un regroupement de travailleurs québécois

qui sont décidés à tout mettre en oeuvre...

(Annie): On a le même père!

Puis la même mère!

J'avais 13 ans quand grand-maman m'a dit quelque chose

de vraiment surprenant à propos de ta mère.

- C'est pas bon, marcher trop longtemps de même,

ma petite, quand t'as tes règles.

C'est pas bon pour tes organes.

C'est comme ça que ta tante Blanche est tombée malade...

puis qu'ils ont été obligés de lui faire la grande opération.

Pauvre petite. Le jour de ses 21 ans.

- C'est quoi, ça, la grande opération?

- Ah... Ils t'enlèvent tout.

Puis après, bien, tu ne peux plus avoir d'enfants.

- Hein?

- Bon bien... Astheure, tu fais dodo.

- Bonne nuit, grand-maman.

Évidemment, j'osais pas te le dire.

Ça fait longtemps que j'avais mes doutes.

Mais pas de preuve. (soupir)

C'est drôle quand on y pense, hein?

J'ai été élevée par ma vraie mère avec un faux père,

puis toi, t'as été élevée par ton vrai père

mais pas ta vraie mère.

Donc, dans un sens,

toi aussi, tu viens des poubelles comme moi.

- T'es folle. - Hé, non, non, non!

- Ça suffit, les niaiseries!

Ma mère, c'est ma mère, mon père, c'est mon père!

Ta mère, c'est ta mère, puis ton père,

bien, on le saura jamais c'est qui. Just too bad!

- But me, I like to practical my english.

So you talk to me in french

and I speak to you english

and you to me have a nice conversation.

What do you think de ça?

- It doesn't matter to me. What do you wanna talk about?

- Oh! Hé, wô, wô! Parle pas si vite.

On est pas bilingue comme toi.

Parle lentement.

Mon Dieu! T'as pas l'air dans ton assiette, ma petite fille.

Veux-tu t'asseoir? - Oh... oui. Merci.

- Ça va pas?

- Euh...

- Ça fait 1 000 fois que je te le raconte, Jeanne.

- Oui, mais j'ai encore de la misère à me l'imaginer.

Pourquoi ça t'a pris des mois

avant de réaliser que t'étais enceinte?

- Ton père et moi, on a essayé

autant comme autant d'avoir un enfant, mais...

ça marchait pas. Le docteur pensait que j'étais stérile.

Ça fait que j'ai fini par le croire.

- Oui, mais tu devais bien voir que ton ventre, il grossissait!

- Non. J'avais déjà des livres en trop.

Coudonc, bonyeu, qu'est-ce que tu veux que je te dise?

J'y croyais pas. J'ai mis des mois

avant d'aller passer un test.

Pourquoi tu me poses toutes ces questions-là?

Tu penses toujours bien pas que t'as été adoptée?

Bien, voyons donc!

Tu trouves pas que tu ressembles assez

à ta grand-mère Marguerite?

Comment tu pourrais ressembler autant à ma mère,

si t'étais pas ma fille, hein?

- J'ai toujours ressemblé à ma grand-mère.

Comment je pouvais me douter?

- Ah...

- Vous...

vous étiez un grand ami de mon père, hein?

- Ah oui!

- Vous étiez avec lui, la nuit de la St-Jean?

- Hein? - En 68...

- Oh... oui, oui.

Oui, on était ensemble ce soir-là.

Je m'en souviens comme si c'était hier.

(chanson de Robert Charlebois)

♪ Oh non Oh non Oh non jamais ♪

♪ Oh non Oh non jamais jamais ♪

♪ Même tout écartillé ♪

♪ dans Paris aux sept péchés ♪

♪ Même en m'épivardant ♪

♪ Dans les quatre coins du temps... ♪

- Envoye, mon Jos. On s'en va à l'hôpital.

- Ça va, là. C'est juste une grafigne.

- Ça te tente pas de venir voir la petite?

- Hé, crisse! - Félicitations, mon Jos!

- C'est une fille? C'est une petite fille?

- C'est pas comme ça qu'on me l'avait raconté.

- Hein...

Faut que je m'en aille.

(respiration difficile)

- T'es parti, papa.

J'ai entendu dire que...

que c'est l'ouïe qui meurt en dernier.

Peut-être que tu m'entends.

Fais un beau voyage, papa...

Paisible.

Je t'aime, hein...

Je te l'ai jamais dit parce que...

parce que c'était pas comme ça entre nous deux...

mais j'espère que tu m'entends, qu'il est pas trop tard.

Je t'aime.

Puis je suis très contente d'être ta fille.

(musique)

Tu sais, ma copine Johanne, celle qui a été adoptée,

bien, elle fait faire des démarches

pour retrouver sa vraie mère. - Comment ça, sa vraie mère?

Sa vraie mère, c'est celle qui l'élève.

- Bien oui. Mais elle... elle a le droit de vouloir savoir

c'est qui qui l'a mise au monde.

- Elle devrait plutôt penser à la peine qu'elle va faire

à celle qui s'en occupe depuis tout ce temps-là.

- Pourquoi tu réagis comme ça? - Parce que c'est pas juste.

Tu le sais que j'aime les choses justes, puis ça, bien...

ça l'est pas.

Regarde... Brasse puis pense encore à ton désir.

- Maman, il faut qu'on se parle.

- On a bien le temps de se parler.

Il faut s'occuper des invités.

- C'est pas un party du Jour de l'An, maman.

J'ai des choses à te demander.

Maman...

- Bien, vas-y. Qu'est-ce que tu veux me demander?

- Si t'as des choses à me dire, c'est peut-être le bon moment.

- Je sais pas de quoi tu parles.

- Si t'as un secret...

je préférerais que tu me le dises

avant que d'autres le fassent.

Maman...

- Tu le sais.

- Je le sais pas.

Je sais rien parce que tu me dis rien.

Parle-moi, maman.

Maman...

est-ce que c'est vrai que je suis pas ta fille,

que je suis la fille de Cécile?

- Bien oui, puis?

(respiration de Blanche)

Oh, monsieur le curé!

Bienvenue. Bonne année. - Merci, madame.

- On va dire une couple de prières pour Jos.

- Viens avec moi, Cécile.

- Viens, ma petite Jeanne, on va aller prier pour ton père.

- Moi, c'est pas Jeanne, matante, c'est Annie.

- Ça revient au même. Viens, on va prier.

(ensemble): Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit...

- Qu'est-ce qu'il y a, Jeanne, là? C'est le temps de prier.

- Comme ça, il paraît que Blanche, c'est pas ma mère!

- Mon Dieu!

- Comme ça, t'as couché avec Jos, puis je suis ta fille?

- Ah bien, là, non, par exemple! C'est vrai que je suis ta mère,

mais j'ai jamais couché avec ton père!

- Bien voyons, Cécile! Si je suis ta fille,

il a bien fallu que tu couches avec Jos, non?

Ah, ça commence bien l'année.

Bien, c'est qui, mon père d'abord, Cécile?

Il me semble que ça serait le temps que je le rencontre!

- Tu peux pas.

Il est mort.

(soupir)

- Parfait... ça m'en fait deux pour le prix d'un. C'est super.

C'est qui?

- Tu l'as connu ton père, Jeanne.

♪ Est-ce que tu m'aimes Quand je danse comme ça ♪

♪ Est-ce que tu m'aimes ♪

♪ Quand je danse comme ça ♪

♪ Est-ce que tu m'aimes Quand je danse comme ça ♪

♪ Quand je danse comme ça ♪

(Cécile): C'était Robert, mon cousin. L'amour de ma vie.

♪ Regarde-moi ♪

♪ Hush hush ♪

♪ Quand je danse quand je danse hush ♪

♪ Quand je danse Hush hush ♪

♪ Ça balance ça balance... ♪

(Cécile): Quand ma mère a compris

qu'on était en amour, elle m'a interdit de le voir

à l'extérieur de la famille.

Mais on a continué à se fréquenter en cachette, puis...

En 67, on a passé tout l'été ensemble.

♪ Un jour un jour quand tu viendras ♪

♪ Nous t'en ferons voir de grands espaces ♪

♪ Un jour un jour quand tu viendras ♪

♪ Pour toi nous retiendrons le temps qui passe ♪

♪ Nous te ferons la fête sur une île inventée... ♪

(Ils récitent le Notre Père dans la confusion.)

- Cet automne-là...

je me suis retrouvée enceinte.

Ça te dérange, si je fume? - Euh...

Je... je pense t'as pas le droit ici.

- Merci.

- Annie, c'est la fille de qui?

- Annie, c'est aussi la fille de Robert.

Je m'étais mariée, puis lui aussi...

Mais en 70, on a eu une autre aventure.

(télé): ...regroupement de travailleurs québécois

qui sont décidés à tout mettre en oeuvre

pour que le peuple du Québec...

- Annie est née l'année suivante.

- Pauvre Annie.

(soupir) Robert, il a eu des enfants,

lui aussi? - Cinq.

- Toi, quatre... ça fait dix avec moi! Yé!

Qu'est-ce qui est arrivé à Robert?

- Bien, Robert... c'était un coureur de jupons.

Même une fois marié, il courait à droite puis à gauche.

(gémissements de jouissance)

Le fait est qu'il paraît, qu'un jour, les frères de sa femme

ont voulu lui donner une bonne leçon.

Puis ils l'ont frappé à mort.

- Il s'est fait tuer? - Non. Il était encore vivant.

(cris dans sa chute)

- Tu parles d'une façon de mourir!

- J'imagine qu'il était pas mal sonné,

mais il était pas mort. - Hein?

(crissement des pneus)

Ça se peut-tu!

Annie... il va falloir que tu lui dises la vérité.

- Je le sais bien, là.

J'imagine que maintenant, il faut que je lui parle.

- Bien oui. C'est plate, mais c'est ça.

En tout cas, tu peux te dire

que ça va lui éviter un test d'ADN.

- Mais... je voudrais pas lui parler tout de suite.

C'est pas le moment, tu comprends?

- Encore des secrets!

Mentir, faire semblant de rien...

Vous êtes toutes tellement menteuses!

- On fait notre possible, Jeanne.

T'as pas été malheureuse.

T'as été élevée comme une princesse.

Je me plaindrais pas, à ta place.

- À ma place! Y a pas personne qui peut se mettre à ma place.

Y a une heure, j'étais enfant unique.

Là, je découvre que j'ai une soeur, des demi-soeurs,

des demi-frères. Mon père est dans un cercueil,

mais j'apprends que c'est pas mon père!

Ma mère, c'est pas ma mère, c'est ma tante.

Puis mon père, c'est le cousin de ma mère.

Lui, il est mort en bobettes, frappé par un taxi!

Méchante gang de fuckés!

- Jeanne!

(Cécile éclate en sanglots.)

(Elle pleure.)

- Est-ce que t'es au courant, pour Cécile?

- Ça m'intéresse pas.

- Ah... Je pense que tu devrais le savoir.

- Bonyeu, Fleurette!

Veux-tu arrêter d'essayer de nous raccommoder,

moi puis Cécile?

Ça fait deux ans qu'on ne se parle plus,

fait que, lâche la patate, veux-tu?

- Elle est enceinte.

- De qui?

- Bien... de notre cousin Robert, évidemment.

Elle a déjà cinq mois de faits.

- Fallait bien que ça finisse par arriver.

- La pauvre petite!

Elle a pas un sou, elle est tellement désemparée.

- "La pauvre petite! La pauvre petite!"

Hé, qu'elle fait donc pitié, la pauvre petite Cécile!

- Elle va mettre le bébé en adoption.

- Jos...

Jos, dors-tu?

- Ouais...

- Faut que je te parle.

- Me semble que c'est ça que tu fais, là.

- Je trouve que ça a pas de bon sens,

laisser le bébé se faire adopter par des étrangers.

C'est pas correct.

- Non, c'est pas correct.

- J'ai eu une idée.

- Je m'en doutais.

- Qu'est-ce que t'en penses?

Je le ferais pas si t'étais pas d'accord.

- Ouais... O.K.

(thème musical de Moi et L'autre à la télé)

(On éteint la télé.)

- Veux-tu un bon café? - Envoye donc.

- Assis-toi.

- J'avais pas vu ça, ton nouveau logement.

- Bof... C'est pas un château.

- Puis...

qu'est-ce tu deviens?

- Ah bien, pas grand-chose, là.

Je me cherche une job.

- C'est pas facile, hein?

- Non. J'ai travaillé chez McDonald Tobacco,

mais... les odeurs me levaient le coeur.

Il a fallu que je parte.

- C'est bien certain.

Dans ton état...

- C'est sûr.

- Comme ça...

Il paraît que tout est arrangé?

- C'est pas mal réglé, oui.

- Bien moi,

j'aurais quelque chose à te proposer.

Merci.

Puis?

Qu'est-ce que t'en penses?

- Bien, euh...

Je voudrais que ce soit un secret, O.K.?

- Comment, un secret?

- Parce que je me sens déjà assez coupable.

Je veux pas que le petit pense que je l'ai abandonné.

- On est pas obligées de lui dire.

(conversations entremêlées et rires)

- Vous pouvez tous aller en bas. Le buffet est servi!

(enthousiasme général)

- Tu viens? - Pas tout de suite.

- Tiens, ma petite Jeanne. - Merci, matante.

- Ah, te voilà, toi! Donald, comment ça va?

- David. - David. Je te reconnais, oui.

Hé, tu m'as jamais dit ce que tu faisais dans la vie, toi.

- Ah. Bien, je suis psychologue de famille.

- Psychologue de famille! - Oui.

- Veux-tu bien me dire à quoi ça sert, ce métier-là?

- Elles descendent pas tout de suite?

- Laisse-les donc tranquilles, toi! Allez, viens, viens!

- Quand j'ai marié Jos en 56,

j'avais déjà subi la grande opération.

- Tu m'as toujours dit que c'était la cicatrice

de la césarienne qu'ils t'avaient finalement faite

après 24 heures dans les douleurs.

- Tu me regardais avec tes grands yeux,

puis moi, bien, ça devenait vrai.

J'avais accouché de toi par césarienne.

(à voix basse): T'étais à moi.

Pendant des années, j'ai vu mes soeurs donner naissance

à une armée de bébés.

Puis moi, bien... je regardais passer le train.

Jusqu'au jour où j'ai appris que Cécile était enceinte

puis qu'elle ferait adopter le petit.

Imagine-toi!

T'as failli être adoptée par un couple d'anglais à Westmount.

(pleurs de bébé)

(thème du Ô Canada)

Moi, je trouvais que ça avait pas d'allure.

Tu sais, ta tante Cécile puis moi,

on s'était brouillées. - Son aventure avec papa?

- Comment ça se fait que tu sais ça, toi?

- Cécile dit

que c'est pas vrai.

- Elle sera bien toujours menteuse!

Oh, astheure, ça n'a plus vraiment d'importance.

Ton père a jamais posé de conditions.

Il a toujours, toujours fait

comme si t'étais sa propre fille.

- Je le sais, maman. Je le sais bien.

- C'est important que tu le saches parce que c'est vrai.

- Fallait bien que vous vous aimiez encore un tout petit peu,

hein, maman, pour faire ça?

Pour me prendre avec vous autres?

Fallait que vous vous aimiez encore un peu, non?

- J'aurais peut-être dû te le dire avant.

Mais ça sert à quoi, de dire ces affaires-là?

À partir du moment où on a décidé que t'étais notre fille,

bien... t'étais notre fille.

Le reste, ça comptait pas.

L'amour, c'est l'amour.

Quand je t'avais dans mes bras, là,

puis que je te serrais fort contre moi,

y avait pas de questions à se poser.

Y avait pas d'histoires, non plus.

T'étais mon petit trésor.

Mon cadeau du ciel...

Ma petite fille à moi toute seule.

J'aurais dû te le dire avant. - Non...

non, c'est correct.

C'est correct, maman. Je veux pas que tu pleures.

Je t'aime tellement, maman...

Le reste, ça a pas d'importance.

Je veux pas que tu aies de la peine.

- Tu viens?

- Vas-y, toi. - O.K.

♪ J'attendrai ♪

♪ car l'oiseau qui s'enfuit ♪

♪ vient chercher l'oubli ♪

♪ dans son nid ♪

♪ Le temps passe et court ♪

♪ En battant tristement dans mon coeur plus lourd ♪

♪ Et pourtant j'attendrai ♪

♪ ton retour ♪

- Merci, papa.

Je suis vraiment contente d'être ta fille.

Venez. Les autres nous attendent.

(voix joyeuses entremêlées)

(léger craquement)

- Jos! On t'attendait! - Madame Martel!

- Salut, Jos! - Salut, le beau-père!

Crisse!

Bertrand! Ostie! Que c'est que tu fais là?

- En sortant du salon mortuaire,

je me suis fait frapper par un autobus.

- Ça fait mal, hein! (Ils crient.)

- Bien, bonne année!

Hé, bonne année pareil, mon Bertrand!

- Hé, mon Jos! - Bonne année, tabarnak!

♪ The glove and the finger The bees and the flower ♪

♪ The nail and the hammer They're two ♪

♪ The dad and the mother The soul and the prayer ♪

♪ The band and the singer They're two two two ♪

♪ Like one and two Like me like you ♪

♪ It's so good to be two ♪

♪ Together together So good to be together ♪

♪ Let's be together too too too ♪

♪ Together together We do belong together ♪

♪ Let's be together Me and you ♪

♪ We're walking together We're dancing together ♪

♪ We're singin' together You see ♪

♪ We could live together For ever together ♪

♪ Will you be together with me ♪

♪ Like one and two Like me like you ♪

♪ It's so good to be two ♪

♪ Together together So good to be together ♪

♪ Let's be together too too too ♪

♪ Together together We do belong together ♪

♪ Let's be together Me and you ♪

♪ Together together We do belong together ♪

♪ Let's be together Me and you ♪

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