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Bas� sur un fait divers r�el.
En 1998, un restaurant du nord de l'Iran fut ferm�
pour "violation des normes d'hygi�ne", �v�nement habituel en ce temps-l�.
Par la suite, 3 chefs de restaurant furent emprisonn�s
pour avoir servi de la viande non-comestible.
Le cas fit la une des quotidiens, des rumeurs circul�rent,
dans les magazines, � propos de chair humaine.
On a aussi dit que les tenanciers des restaurants furent suspect�s
par la police apr�s la disparition de quelques �tudiants.
L'usage de viande humaine et de vache m�lang�es fut l'accusation la plus grave.
Ce cas fut petit � petit oubli� et s'effa�a
parmi d'autres nouvelles de crimes et d'autres affaires sanglantes...
Poisson et chat
N'oublie pas de demander le chemin, Balaasar.
Ce n'�tait pas Balaasar, donne-moi �a.
Demande s'ils ont du poisson.
Salut, je voulais demander la route... c'est quoi cette odeur ? Pouah !
C'est l'odeur de viande rance du restaurant.
C'est d�go�tant !
Comment �tes-vous arriv�s ici ?
Nous nous sommes perdus ! Nous devons aller � cette adresse.
Comment avez-vous pass� la barri�re ?
La barri�re ? Quelle barri�re ?
Quelle route avez-vous prise ?
Je vous l'ai dit, on s'est tromp�s, puis on s'est perdus.
- Vous avez vos papiers ? - Quoi ?
Montrez-moi vos papiers.
Pourquoi ?
Combien �tes-vous dans la voiture ?
Quatre.
Quand avez-vous pass� la barri�re ?
Monsieur, on n'a pas pass� de barri�re.
Montre-moi tes papiers.
Fais-les attendre. Voyons ce qu'ils mijotent.
La barri�re �tait baiss�e ou vous l'avez baiss�e ?
On n'a pas d�moli de barri�re, on s'est tromp� de route, c'est tout !
- Vous venez d'o� ? - T�h�ran.
- Ne me parle pas de T�h�ran ! - OK.
Vous allez vers o� ?
� cette adresse-l�...
C'est clair !
Vous voulez que je vous le tienne ?
Combien avais-tu dit que vous �tiez ?
Quatre.
Apporte-moi aussi leurs papiers.
Monsieur, vous faites erreur.
Nous n'avons rien cass�,
nous sommes juste venus pour cette adresse.
Je dois aussi v�rifier le coffre.
Mais... on a juste... vous �tes qui, au fait ?
Babak,
Laisse-les partir, ils sont trop nombreux, c'est trop risqu�.
Vous avez une place o� dormir ?
Oui ! En fait, non ! On va louer une villa.
Tous les quatre ensemble ?
Comment vous allez manger ?
Nous irons au restaurant.
C'est un restaurant ici.
- Ici ? - Oui.
C'est s�r ! On viendra !
Cette route est ferm�e.
Vous devez repartir vers o� vous avez manqu� le tournant,
prenez � droite et continuez sur 20 km.
Vous verrez un panneau "Chaman gol".
Continuez sur la route en zigzags et vous y arriverez.
Nous vous attendons.
S�r ! Merci !
Fais demi-tour, la route est ferm�e.
Tu es pr�t ?
D�marre la voiture. J'arrive.
Le r�servoir est vide.
Au fait, Mahmoud a appel� hier soir.
Il voulait parler � Hamid.
Qu'est-ce que c'est ?
Qu'est-ce que c'est ?
De la musique classique !
Hamid me l'a donn�e.
Son neveu l'a enregistr�e pour lui.
Hamid voulait de la musique pour le restaurant,
et c'est ce qu'il lui a enregistr�.
Tu veux �couter ?
Savais-tu que le neveu d'Hamid �tait mort ?
Mort ?
Baisse le son ! Baisse le son !
C'est beau. C'�tait son seul neveu ?
Oui, et il est mort.
Mais alors qui lui a donn� �a ?
Ils se parlent. Ils sont en contact d'une mani�re ou d'une autre.
Parler aux morts est une chose,
mais un mort t'enregistrant de la musique c'est une autre chose !
S'ils se parlent, il peut bien lui passer aussi de la musique !
Tu ne trouves pas bizarre qu'il parle � un mort ?
Ah ! Babak !
C'est pourquoi il y a toujours un bruit en arri�re-fond de la musique !
Tu es encore en train d'imaginer !
Non ! Non ! C'est comme si quelqu'un n'arr�tait pas de murmurer quelque chose.
�coute !
- Quoi ? - Tu ne l'entends pas ?
- Non. - Sois attentif !
- Tu l'as entendu ? - Non.
Tu n'�coutes pas vraiment ! �coute !
Tu fantasmes encore.
Et tu es trop pr�s.
Je disais, Mahmoud m'a appel� hier soir. Il voulait parler � Hamid.
Il m'a racont� une histoire int�ressante.
Tu veux l'entendre ?
Qui est Mahmoud ?
L'ami d'Amir. Vous vous �tes vus l'ann�e derni�re.
Oh, ce grand type.
Bon, qu'est-ce qu'il a dit ?
On a tir� quatre fois sur Hamir et il est toujours vivant.
Pendant la guerre ?
Je ne sais pas, il a huit balles dans le corps !
�a fait beaucoup !
Pas seulement, c'est aussi dangereux !
Huit balles, quatre tirs, �a fait deux balles � chaque fois ?
Si tu fais la moyenne, oui.
Six viennent du m�me incident.
Voil� pourquoi il ne prend jamais l'avion.
- Vous vouliez monter en avion ? - Oui.
J'avais tant essay� de l'embarquer dans un avion, une fois.
Il disait qu'il ne se fiait aux liaisons m�talliques des villes l�-haut !
Apparemment, il avait vu une pi�ce o� l'actrice r�p�tait ces paroles,
et tu sais combien il aimait les phrases alambiqu�es.
Ils l'ont alors eu sur les bras !
Il disait qu'il faillit �tre captur� pendant la guerre et s'est �chapp�.
Puis il est tomb� dans les pommes.
Quand il s'est r�veill� dans la cour d'une maison d'un village,
il a vu sa future qui le regardait !
Ils se sont mari�s,
et ensuite les jumeaux sont n�s...
Il m'a racont� cette histoire, au moins une dizaine de fois !
On devrait faire quelque chose avec ces pi�ges.
Quelqu'un y met sans cesse des b�tons.
C'est Asaadi, le garde.
- Tu aurais de l'eau ? - Non.
Alors, c'est quoi �a ?
Est-ce qu'il y a l'air d'y avoir de l'eau ?
Tu aurais pu amener un peu d'eau avec toi.
Sois patient, nous y arriverons bient�t.
Je ne t'entends pas. Quoi ?
Je n'ai pas compris �a.
Attends, laisse-moi me d�placer.
Ne t'inqui�te pas, nous allons bien.
J'essayerai de le convaincre de rentrer.
Nous verrons.
Mais que puis-je lui dire ?
Veux-tu que je lui parle de la piscine,
de la soir�e en costume ?
D'accord.
D'accord ch�rie, salut !
Papa... Maman...
Ce sont les noms les plus importants de ma vie.
Toujours � me suivre comme une ombre.
Mon p�re m'appelle toujours
Kambiz !
Mon p�re m'appelle encore : Kambiz... Kambiz
Je ne peux jamais m'�loigner de lui de plus de cent pas.
C'est notre distance maximum.
Kambiz !
�tudiant, il tomba amoureux
d'une fille nomm�e Mahnaz, mais il n'a jamais os� le lui dire.
Maintenant, chaque femme � part maman, lui rappelle Mahnaz.
O� �tais-tu ?
Regarde ! Un porte-monnaie de femme. Je l'ai trouv� l�-bas.
Regarde cette photo.
Tu ne trouves pas que cette fille ressemble � Mahnaz ?
Qui est Mahnaz ?
Mahnaz ! Mon amie � l'universit�.
Comment connaitrais-je ton amie de l'universit�, papa ?
Mon p�re r�p�tait l'histoire de Mahnaz si souvent qu'on la connaissait par c�ur.
Mais il pr�f�re qu'on pr�tende ne pas savoir qui est Mahnaz.
C'est une vieille ruse.
Je devrais partir maintenant.
Si tu veux t�l�phoner, va � cet arbre,
l�-bas tu auras une bonne connexion.
Papa, je ne pars pas pour toujours !
D'accord !
Je me demandais si nous ne pourrions pas discuter avant que tu partes.
� propos de quoi ?
As-tu des probl�mes ?
Des probl�mes ?
Non !
Toutes nos discussions d�marrent ainsi et finissent toujours mal.
Je crie un peu, papa abandonne et je pars.
Il peut aussi r�p�ter des histoires � propos de Mahnaz.
Je les aime bien, mais je me fous d'aller avec eux.
Mais tu t'en foutras moins si ta m�re apprend que tu n'�tais pas avec eux.
Elle a dit qu'elle te confisquerait ton t�l�phone
si elle d�couvre que tu n'es pas avec eux.
Mais, je ne resterai pas sans t�l�phone.
Kambiz,
ta m�re se pr�occupe de ton universit�.
Je sais.
Mon p�re croit qu'il a sauv� Mahnaz une fois, quand il avait dix ans.
Il pense qu'ils �taient voisins alors.
Elle �tait pr�s d'�tre happ�e par une auto et il l'a sauv�e en r�agissant vite.
Il pense qu'elle aurait d� savoir alors qu'il �tait amoureux d'elle.
Mais je doute de la v�racit� de l'histoire.
Des fois, il parle d'une Fiat, d'autres fois, d'une Nissan.
Et � l'�poque, il n'y avait aucune Nissan par ici.
Te rappelles-tu, je t'avais parl�
de cette soir�e costum�e quand j'avais 10 ans ?
Quand j'avais 10 ans ?
Oui.
Cela me dit quelque chose.
Bien s�r !
Mahnaz avait sept ans,
elle est tomb�e en sortant de l'auto et fut pr�s d'�tre �cras�e.
Je lui ai sauv� la vie.
Oui.
D'un geste.
Nous nous sommes revus dix ans plus tard, par hasard.
Nous fr�quentions la m�me universit�.
Elle �tait devenue si mignonne.
Mais elle ne se rappelait plus de moi !
Ne se rappelait plus du tout que je lui avais sauv� la vie.
Papa !
Mina n'est pas ici.
Je sais fils. Tu l'as d�j� dit.
Je suis amoureux de Mina.
Elle le sait, mais je n'ai pas le cran de le lui dire.
Je parle en g�n�ral ! Les filles sont �tourdies.
Elles oublient si vite.
Voil� comment leur intelligence travaille.
Maman veut-elle r�ellement aller � l'universit� ?
C'est ce qu'elle dit !
Mais je doute qu'elle r�ussisse les examens d'entr�e.
Je dois partir maintenant.
N'oublie pas ce que je t'ai dit !
Qu'est-ce que tu as dit ?
Les filles sont oublieuses, pas les hommes.
Les hommes font semblant d'oublier.
Mais les filles sont vraiment oublieuses.
Papa ! Je ne reverrai pas Mina !
Et j'en ai assez de toi et maman � propos de �a.
Qui te parle de Mina ?
Vous n'arr�tez pas de parler de Mina !
En parlant de Mahnaz ou de maman !
Qu'a Mahnaz � faire avec �a ? Mahnaz, c'est fini !
- J'en ai fini aussi avec Mina ! - D'accord !
- Je t'ai dit que je ne voyais plus Mina ! - D'accord !
Tu veux partir ?
Oui.
Alors prends le porte-monnaie, il pourrait �tre � un de ton groupe.
Une fois, au lieu de dire "passe-moi ce plat",
Papa a dit, "passe-moi cette Mahnaz" !
Je crains qu'il finisse par tout appeler "Mahnaz" !
Il pourrait commencer par dire Mahnaz, Mahnaz et Mahnaz,
signifiant Mahnaz, passe-moi ce plat !
Il est en train de tout oublier.
Papa, je t'en prie, va-t'en !
D'accord !
S'il te pla�t, pars maintenant.
J'ai peur que tu me suives.
Pardon ! Qu'est-ce que vous faites ? C'est notre sac !
Je n'ai pas dit que c'�tait le mien !
Je voulais juste voir ce qu'il contenait.
Salut.
Tu as une t�te fris�e !
J'ai besoin d'essence.
D�sol�, mais nous n'en avons pas.
Seulement 5 litres. Je vous les paie.
Ce n'est pas l'argent, nous n'en avons juste pas assez.
Vous en avez plein ! 40 litres !
D�sol�, mais je dois rouler jusqu'� T�h�ran !
Fais le plein � Anzali. Tu n'en as besoin que de 20 pour y arriver.
Kambiz, n'attends pas, je vais donner � ce monsieur
les 5 litres qui vont l'aider.
Si tu es si gentil, donne-m'en 20.
Monsieur, rien, je ne vous donnerai rien ! Qu'avez-vous � dire � �a ?
C'est de l'eau ??
Servez-vous.
C'est chaud.
On dirait que je vous ai �nerv�.
Je vous prie, partez.
Tu as un p�re violent, Kambiz !
Laissez-nous tranquilles !
Vas-y. Je r�cup�re de l'essence de ton p�re et je m'en vais.
Vous avez une cigarette ?
Vous avez pass� une barri�re pour venir ?
Tu vois �a ?
Plus net.
Cela semble surexpos�.
Je sais, fais-le juste plus net.
Parvaneh !
As-tu touch� � mes affaires ?
Ne recommence pas !
La bo�te de mes lampes a disparu.
Je croyais que tu l'aurais peut-�tre pos�e dans ta tente.
Tu as laiss� tra�ner ton cerf-volant,
peut-�tre as-tu laiss� ta lampe quelque part.
Ce n'est pas ici, qu'est-ce que je fais ?
Ce n'est pas de ma faute !
Allez ! Va voir o� tu l'as mise !
- Je suis occup�. - Occup� � quoi ?
Je cherche mes CD.
- Ici ? - Pas ici, dans la voiture.
OK ! Si tu trouves tes CD, cherche aussi ma bo�te.
Je serai l�-bas.
Maryam !
Merci. Tu l'as apport� ?
Oui.
Merci.
As-tu dit � Shahrooz que tu partais ?
Je le ferai. Il est encore t�t.
Comme si Shahrooz allait r�agir !
- Tu devrais aussi venir. - � quoi �a sert ?
Tu le verras plus tard.
Et voici pour toi !
Et te voici aussi !
Tr�s dr�le Maryam !
Sois prudente, cette carte a cinq ans. Ne te perds pas !
D'accord.
Salut !
Salut !
C'est ton cerf-volant ?
Oui.
Quel mod�le ?
Tu connais bien diff�rents mod�les ?
Je suis avec l'�quipe de l'universit� Sharif. Moi-m�me, j'ai un chasseur.
C'est un mod�le 14014 P
P ? L M N O P ?
Non, le nombre pi.
- Ils sont num�rot�s pi ? - Oui.
Le pi est leur mod�le 2012. C'est une lampe.
Une lampe ?
Oui, mais ils ont oubli� les lampes ! Sinon, j'aurais pu te montrer.
C'est vraiment grand, n'est-ce pas ?
Quoi ?
Je disais, c'est vraiment grand.
C'est bizarre !
J'ai v�cu exactement ce m�me moment plus t�t !
Quoi ?
Exactement ce qui vient de se passer !
Tu t'approchais et tu disais juste ce que tu as dit !
�a m'arrive souvent.
Non ! J'ai vu ce m�me moment auparavant !
Je crois que tu allais dire aussi quelque chose sur cette femme ?
- Oui ! - Vraiment ?
Vraiment ! Quand tu as dit lampe, je voulais dire
que les lampes de cerf-volant �taient interdites.
Pourquoi ?
Nous �tions chez un ami � Atisaaz, l'an dernier, faire voler nos cerfs-volants.
Assal avait un DELTA, un de ces vieux avec deux rubans � l'arri�re.
Un 1820.
Oui. Nos cerfs-volants sont mont�s jusqu'� 300 m.
Le fil d'Assal se rompit � cette hauteur
et lui tomba sur la figure, sur son �il droit.
La couleur de l'�il changea apr�s cette nuit-l�.
On a vu une foule de docteurs mais ils n'ont rien pu faire.
D'abord, on pensait que c'�tait terrible, ce qui �tait arriv�.
Mais Assal elle-m�me, l'avait accept�.
Elle pouvait voir des choses que les autres ne voyaient pas,
et elle s'en sentait bien !
Elle s'est calm�e apr�s cette nuit.
Elle n'arr�tait pas de fixer les choses.
Je crois qu'elle voyait les gens, les arbres, le ciel et tout autrement.
P ?
L M N O P ?
Non, le nombre Pi.
Plus tard ce jour-l� j'ai d�couvert une autre chose tr�s �trange.
J'appris que la cousine de Parviz partageait sa chambre avec ma s�ur.
Juste de l'autre c�t� du monde,
elles vivaient dans la m�me chambre � Toronto !
�a signifie qu'alors que nous parlions de mod�les de cerf-volant,
elles prenaient probablement le th�.
Et peut-�tre qu'au moment o� Parviz disait
"Bizarre ! J'ai v�cu exactement ce m�me moment auparavant !",
ma s�ur parlait � sa cousine de ses cours � l'universit�.
Elle n'aurait eu aucune id�e que j'avais d�j� rencontr� Parviz avant.
Parfois c'est comme �a qu'une histoire finit.
Les choses tournent, tournent et puis se rejoignent en un point.
Apr�s, j'ai appris que, quand j'informais Parviz de l'interdiction des lampes,
ma s�ur racontait l'histoire d'Assal � sa cousine.
Assal avait un DELTA, un de ces vieux avec deux rubans � l'arri�re.
Un 1820.
Oui. On l'a fait monter et son fil s'est rompu � 300 m.
Assal a couru pour le rattraper. Il avait une lampe.
Mais il est tomb� juste sur son visage, sur son �il droit.
Assal savait plus que le reste d'entre nous ce jour-l�
et c'est ce qu'elle ressentit qui me fit partir,
elle avait senti que quelque chose allait arriver ce jour-l�.
Je quittai l'Iran un an plus tard et je n'ai plus jamais revu Assal.
Un jour je vis une photo d'elle o� son �il reparaissait normal.
Je ne sais pas si la photo fut modifi�e ou si c'�tait la r�alit�.
J'ai toujours voulu savoir ce qu'elle avait fait.
Cette nuit-l� le chargeur l'avait durement touch�e au visage
et les m�decins n'ont rien pu faire.
C'est terrible !
Cela l'�tait.
Est-ce l� que vous campez ?
Oui.
Mais nous ne sommes pas tous arriv�s. Ils seront ici dans la soir�e.
O� as-tu achet� �a ?
� Toronto, au Canada.
Ma s�ur vit l�-bas.
Vraiment ? Ma cousine �tudie l�-bas.
- Qu'est-ce qu'elle �tudie ? - La physique.
Ma s�ur �tudie la physique aussi !
- Vraiment ? - Oui.
- Pedram ! - Parviz !
Je reviens ce soir avec mon cerf-volant.
Super ! Alors � plus tard !
C'est un point double ?
- Salut. - Salut.
Salut, Mina, comment vas-tu ?
Bien.
Oui, c'est stable quand il s'envole.
Alors il ne s'enroulera pas dans le vent ?
Pas du tout.
D'accord, � plus tard.
S�r.
- Salut. - Salut.
Salut Mademoiselle.
Au revoir.
Parviz !
- Mina ! - Comment �a va ? - Bien. Et toi ?
Dis donc, aurais-tu vu une personne bizarre dans les environs ?
Bizarre ?
Bizarre.
Qu'est-ce que tu entends par bizarre ?
Une fille enceinte, bizarre ?
M�me si je l'avais vue, comment saurais-je qu'elle est enceinte ?
Allons ! Vraiment enceinte !
Qu'est-ce que tu es b�te !
J'aime �a ! Tu me surprends !
Vraiment ? Attends une seconde.
Shahrooz !
Peux-tu venir ici un moment ?
Alors ! Qu'y a-t-il ?
- Comme si tu ne savais pas. - Eh bien non !
Parviz !
Rien !
J'ai vu une fille bizarre enceinte, et je pensais que...
OK, je crois que tu te moques de moi !
Je te montrerai un cas encore plus �trange plus tard.
Comment �a va Shahrooz ?
Bien, et toi ?
C'est une psychopathe ! N'est-ce pas ?
Tu as l'imagination tordue.
�coute Shahrooz, je crois que j'ai laiss� mes lampes.
Peux-tu me les amener, s'il te pla�t ?
Merci ! D�sol� pour �a ! Le vent m'inqui�te.
Shahrooz !
Prends �a ! J'en ai donn� un � Maryam, je n'en veux pas.
�a ne va pas ! Tu m'as fait peur !
Tu m'as foutu la trouille !
- Shahrooz ! - Quoi ?
Quelque chose ne va pas ?
Non ! Non ! Ce n'est rien. Merci !
Elle s'inqui�te pour toi.
Attends, je veux te dessiner.
C'est bon comme �a ?
Qu'est-ce que tu cherches ?
Je dois trouver la tente des r�serves.
Pourquoi n'y a-t-il personne ici ?
La plupart arriveront dans la soir�e.
- Qu'est-ce que tu veux dans la tente ? - Je cherche les lampes de Parviz.
Pourquoi n'est-il pas venu lui-m�me ?
Il ne pouvait pas, il y a du vent l�-bas.
Voici !
As-tu fini ?
C'est moi ?
L'histoire que je vais raconter ressemble � une fable,
mais je suis s�r que c'est vrai.
La grand-m�re de Maryam et sa s�ur vivaient
quelque part � la fronti�re Iran-Irak.
� l'�poque, les gens gardaient l'eau potable dans les caves.
Il y avait une raison � �a.
J'esquisse le temps et la distance de tout ce qui est en face de moi.
Elles se racontaient toujours des histoires �tranges sur ces caves,
histoires de f�es et de lutins,
des histoires qui semblaient des r�ves.
Elles disaient ainsi que dans une de ces caves il y avait une lueur sous l'eau,
et si on l'atteignait sans se mouiller, on passait une porte entre deux mondes.
Tu veux partir ?
Oui.
Maryam, c'est dangereux. As-tu tout pris ?
Oui.
Dois-je v�rifier ?
Bien s�r.
Doucement !
Shahrooz ?
O� es-tu all� ?
Shahrooz ?
Arr�te de jouer !
Shahrooz !
Je sais que tu es ici !
Shahrooz !
Que tu es b�te !
Tu m'as donn� des palpitations !
Une nuit, sa s�ur dit � la grand-m�re qu'elle a vu la lueur et veut y aller.
Les deux p�n�trent dans la cave.
Elles attendent que la lueur r�apparaisse.
Pourquoi ont-ils attach� ces haut-parleurs aux arbres ?
Je pense que c'est pour la musique ce soir.
Comme � Woodstock !
Parviz !
C'est �a ?
J'ai dit, est-ce �a ?
Tourne-le.
Quoi ? Je ne t'ai pas entendu.
J'ai dit, tourne-le !
N'y avait-il pas un sac � dos ?
C'est tout ce qu'il y avait l�.
Non !
Si je parle ce soir, ma voix sera-t-elle entendue de tous ces haut-parleurs ?
Tant pis Shahrooz !
Ce n'est pas �a, je le chercherai moi-m�me !
D'accord.
D�s que la lueur apparut, sa s�ur plongea dans l'eau.
La grand-m�re de Maryam attendit longtemps mais ne vit plus aucun signe de sa s�ur.
Affol�e, elle courut chercher de l'aide.
Merci !
Bon, je m'en vais maintenant !
Il m'a dit que ce n'est pas son sac. Je le remets dans la tente.
Tu veux savoir o� je vais ?
J'aurais pr�f�r� que tu restes.
Des gens vinrent la chercher, des hommes plong�rent dans l'eau, en vain.
Le lendemain, des employ�s locaux vid�rent toutes les caves sans rien trouver.
Tu vois �a ?
Et alors ?
R�alises-tu la distance depuis ici ?
Tu me donnerais ta cl� USB ?
Merci !
Seras-tu de retour avant la nuit ?
Je le crois, oui.
Tu es joyeux !
M. Jovial !
Pourquoi es-tu parti si vite ?
Et L� ! Pourquoi-es-tu-si-tr�s-solitaire ?
Y a-t-il aussi quelqu'un d'autre ici ?
Quelqu'un a disparu.
Maral.
Je ne sais pas qui c'est.
Le probl�me n'est pas si tu connais Maral ou non.
Ton probl�me est ton attitude.
Alors qui est Maral ?
Que fais-tu maintenant ?
Je veux attacher un bout de bois � cette tringle.
Maral est arriv�e t�t ce matin.
Elle a dit qu'elle allait chercher de quoi manger pour le d�jeuner.
Mais elle n'est toujours pas revenue !
On est parti � sa recherche mais sans la retrouver.
Maintenant, on se demande ce qui a pu arriver.
Voil� toute l'histoire
de Maral !
Pour quoi faire le bout de bois ?
Je veux un bout de bois pour attacher cette tringle !
Et apr�s ?
C'est tout ! Comment est Maral ? Est-elle belle ?
Tu es si...
Je n'ai rien entendu !
Regarde ce chat.
Qu'il est mignon.
Oui, je l'ai vu. Il est mignon.
Viens ici minet ! Prends de la pomme !
Qu'est-ce qu'il a dans la bouche ?
On dirait un doigt humain !
Ne sois pas b�te ! Il ne viendra pas.
Qu'en sais-tu M. Jovial ? Il pourrait bien !
Dis-moi, pourquoi es-tu arriv� si tard ?
Mon p�re m'a amen� !
Ton p�re ?
T'a-t-il questionn� sur moi ? Lui as-tu dit que j'�tais aussi ici ?
Oui, il a demand�.
J'ai dit que tu �tais aussi l�.
Bravo !
Tu es devenu un homme, un vrai !
Pourquoi as-tu l'air si emb�t� ?
Je suis s�r qu'il n'est pas parti. Il est par l� quelque part.
Qu'est-ce que tu veux dire ?
Je veux dire qu'il nous surveille.
Nous surveiller ?
Peux-tu arr�ter d'avoir cet air idiot !
Mais alors tu me vois ?
Tu es si pr�visible.
Allez ! Tu ne regardais m�me pas mon visage, n'est-ce pas ?
Je veux dire qu'il n'est pas parti.
Je n'en suis pas aussi s�r !
Je dois v�rifier par moi-m�me.
Pour aller o� ?
Ne t'inqui�te pas, je veux une petite conversation avec mon beau-p�re.
Mina !
Salut !
Salut !
Je t'ai vu plus t�t, mais je ne pensais pas que tu �tais avec nous.
Tu campes aussi ici ?
Oui.
Quel est le mod�le de ton cerf-volant ?
Il est vieux. Je l'assemble en ce moment.
Qu'est-ce qui t'est arriv� � la t�te ?
Ce n'est rien.
Comment tu t'appelles ?
Mon nom ?
Je dois inscrire les noms de chacun et leur type de cerf-volant.
Kambiz Mofidi.
Merci.
Et le num�ro de ton mod�le de cerf-volant ?
Kambiz ? D�sol� !
Je demandais le num�ro de ton cerf-volant ?
Je ne connais pas le num�ro !
Je l'ai depuis � peu pr�s deux ans. Je ne suis pas vraiment professionnel.
Je viens ici parfois pour �tre avec mes amis.
Au fait, je suis Parviz, si tu avais besoin de moi. Je dois y aller.
Bien s�r...
C'est celui venu avec son p�re.
Wouah ! Il y en a tellement...
Regarde celui-l� essayant de t�l�phoner, il n'y a pas de signal ici.
Toi et tes salet�s, Babak !
Dois-je continuer ?
Mahmoud disait qu'on avait tir� sur Hamid 8 balles en 4 fois.
Six une fois, il reste deux balles, juste ?
Cela fait un total de 8 balles.
Et ?
Mahmoud a dit qu'on avait tir� sur lui quatre fois, pas trois !
Si tu fais attention tu r�alises qu'Hamid ment beaucoup ces temps !
Par exemple, ce qu'il dit sur les jumeaux !
Tu cherches toujours une raison pour critiquer Hamid.
Mahmoud a racont� l'histoire des balles et il ne ment pas !
Ils se trouvaient pris dans une fusillade et leur chariot s'est renvers�.
Il a perdu connaissance.
Attends un instant.
O� vas-tu ?
J'ai besoin de faire quelque chose.
Ne restez pas l�, retournez dans les bois.
Allons-y !
Sois prudent.
Je crois que quelqu'un m'a vu.
Tu es si n�gligeant ces derniers temps !
Tu es un homme respectable,
mais qu'est-ce que tu as fait ici ?
Babak, occupe-toi de M. Assadi.
La vanne ici a besoin d'un petit ajustement.
Cela prendra seulement une seconde.
Il n'y a qu'� la fermer la nuit pour �viter ces salet�s.
Toi ! O� �tais-tu la nuit derni�re ?
Je t'ai appel� pendant une heure, venu � ta porte et appel�.
Je suis venu jusqu'� ton restaurant !
De la fum�e sortait de la chemin�e, pourquoi n'avoir pas r�pondu ?
Je suis venu dire que j'allais appel� le patron aujourd'hui !
� combien se trouve la vanne depuis ici ?
Si tu n'as pas envie de marcher, ou si tu ne peux pas le faire,
ce n'est rien ! J'irai moi-m�me la fermer.
Tout a �t� noy� la nuit derni�re ! Quelle organisation stupide !
Pourquoi devrais-tu garder la cl� de l'eau dans cette zone ?
Non ! Non !
Je dois appeler le patron !
Il s'occupera de nous tous !
Pourquoi avoir pos� tous ces pi�ges entre les arbres ?
Tu crois que c'est l�gal ?
C'est comme �a que tu trouves la viande pour le restaurant ?
Si tu ne trouves pas notre voleur, on se plaindra de toi aussi !
Quoi ? Une plainte ?
Quelle foutoir ! Maintenant je suis le d�biteur !
Ridicule !
Qu'est-ce qui se passe ?
En quoi �a te regarde ?
Il est arriv� quelque chose ?
C'est l'anarchie ici ! C'est comme si je parlais aux murs.
Maintenant tu me demandes s'il est arriv� quelque chose ?
Foutus salauds...
Parvaneh !
As-tu touch� � mes affaires ?
Ne recommence pas !
La bo�te de ma lampe a disparu.
Je pensais que tu pourrais l'avoir mise dans ta tente.
Tu laisses tra�ner ton cerf-volant juste comme �a.
Peut-�tre que tu as laiss� ta bo�te quelque part.
Ce n'est pas ici, que vais-je faire ?
Ce n'est pas de ma faute.
Allez ! Va voir o� tu l'as mise !
- Je ne peux pas, je suis occup�. - Occup� � quoi ?
Je cherche mes CD.
- Ici ? - Pas ici, dans la voiture.
OK ! Si tu trouves tes CD, cherche aussi ma bo�te.
Je serai l�-bas.
O� vas-tu ?
Ici.
C'est quoi �a ?
Bon sang ! Vous m'avez fait peur !
D�sol� ! J'ai appel� mais vous n'avez pas entendu.
Je devais vous parler de la vanne.
Quelle vanne ?
La vanne de votre camp est aussi reli�e � notre place.
L'eau envahit tout, il faut l'arranger.
Et alors ?
Et un d'entre vous doit venir avec moi pour la r�gler.
C'est votre camp, pas le n�tre !
Cela ne me regarde pas, Monsieur.
Vous m'avez effray�e.
Je ne sais m�me pas de quoi vous parlez !
D�sol�. J'ai appel� mais vous n'avez pas entendu !
C'est urgent. Le gardien est parti appel� le patron.
S'il voit ce qui est arriv�, il nous virera tous !
D�sol�e, mais je ne sais rien de cet endroit.
Moi si. Vous n'avez qu'� venir avec moi pour que je r�gle la vanne.
Quelle vanne ? Je ne sais rien de tout �a.
Et je ne saurais pas o� aller par ici.
C'est l�-haut, cela se d�verse dans votre camp.
Il faut la r�gler sinon tout sera inond�.
Et je suis suppos�e faire quoi ?
Il faut venir avec moi. C'est votre camp, pas le n�tre.
Et ce n'est pas le n�tre ! Allez-y seul.
Je ne vois pas o� est le probl�me.
Je n'y connais rien et ne peux pas vous aider.
Ce n'est pas possible.
Je sais comment la r�gler,
vous devez juste venir avec moi.
Monsieur, je ne comprends pas ce qui s'est pass�.
Pouvez-vous � nouveau me l'expliquer ?
- Il y a eu une inondation, et l'eau envahit tout. - Et alors ?
Eh bien, voulez-vous rester ici ou non ?
Le patron viendra et vous renverra tous !
Vous n'avez qu'� venir avec moi
- O� est-ce ? - C'est pr�s d'ici, juste l�-bas.
Mais je ne vous suis d'aucune aide !
Vous ne devez que venir avec moi, c'est tout.
D'accord.
Allez-y, je vous suis.
Merci.
O� vas-tu ?
Je ne sais pas ! Je suis ce gars un moment et je reviens.
N'avez-vous pas dit que c'est tout pr�s ?
C'est juste l�-bas, venez. Nous y sommes presque.
Attendez une seconde, je reviens.
Excusez-moi. O� �tes-vous ?
Monsieur ?
Avez-vous cru que j'�tais aux toilettes ?
Je vous ai apport� de l'eau.
J'avais vu que vos mains �taient sales.
J'ai pens� que vous aimeriez les laver.
Voici.
Relevez vos manches pour ne pas les mouiller.
Plus haut, plus haut.
Relevez aussi l'autre manche.
Voil�.
Entre les doigts.
C'est bon.
Vous avez la peau si s�che.
Vous savez ce que c'est ?
Non.
Lingette d�sinfectante, �a vient d'Europe.
Je vous �nerve ?
Non.
Vous n'avez pas dit merci, j'ai cru que vous m'en vouliez.
Merci beaucoup.
Nous y sommes presque. La vanne est juste l�.
Allez-y, je noue mon lacet et je vous suis.
Continuez, c'est tout droit.
O� allez-vous ?
C'est juste ici !
S'il vous pla�t, donnez-moi la cl�.
Quelle cl� ?
La cl� du cadenas.
Je n'ai pas de cl� !
Ce type ne vous a pas donn� de cl� ?
Quel type ? Vous ne m'avez rien dit !
Quel idiot je fais !
Je croyais avoir parl� de la cl� !
Pourquoi �tes-vous alors venue avec moi ?
Donnez-moi votre couteau.
Je pourrais peut-�tre l'utiliser.
Que diriez-vous si je vous racontais que j'ai fait une erreur ?
J'ai coup� le fil du t�l�phone du gardien !
Laissez-moi aller voir qui a la cl� !
Vous n'avez pas un t�l�phone ?
Il n'y a pas de signal ici, nous sommes seuls.
- Vous partez ? - Oui, je vais trouver la cl� !
Parviz pourrait les avoir !
- Fait-il partie de votre groupe ? - Qui ?
Ce gars, Parviz ?
Oui ! Restez ici, J'apporterai les cl�s !
Non, nous pouvons r�gler �a nous-m�mes.
Mais vous aviez dit le contraire.
Restez ici. J'apporte les cl�s.
Si vous partez, je viens avec vous. J'ai du plaisir � marcher avec vous.
�tes-vous en col�re contre moi ?
C'�tait vraiment n�cessaire. Sinon, je ne vous aurais pas tra�ner ici.
�tes-vous ici pour une raison sp�ciale ?
Oui.
Un rassemblement ?
C'est un festival.
Et ce festival aura un champion ? Je veux dire, quelqu'un va-t-il gagner ?
Oui.
Pas seulement une personne.
Il y a un concours. Nous faisons voler des cerfs-volants.
Et il y aura une �quipe gagnante.
C'est dommage, ce sera la derni�re ann�e !
On dit que ce soir, c'est la fin du monde, vous ne saviez pas ?
J'avais vu vos amis l'an dernier.
Ils avaient des lampes aux cerfs-volants. Le ciel �tait plein de lumi�res !
C'�tait beau.
J'ai revu les lumi�res plusieurs nuits.
J'ai m�me vu une fois deux lueurs dans mon placard !
Ce n'�tait pas un r�ve, je les voyais vraiment.
�a peut arriver quelques fois.
Shahrooz !
Quelque chose ne va pas ?
Non, tout va bien.
J'ai vraiment envie de venir voir les cerfs-volants ce soir.
Je suis s�r que ce sera fantastique !
C'est Parviz, je vais lui demander.
As-tu trouv� les lampes ?
Non, j'�tais avec ce gars !
Salut ! Comment �a va ?
- Celui-ci a une lampe ? - Oui.
Il cherche la cl� du couvercle.
Quel couvercle ?
Celui qui couvre le robinet de l'eau, nous utilisons la m�me vanne que votre camp.
Ce n'est pas notre camp.
C'est le camping de l'universit�.
Je veux dire l� o� vous campez maintenant.
Il y a de l'eau partout et nous devons r�gler �a.
Il y a aussi un voleur qui r�de par ici, nous voulons l'attraper.
J'ai vu le gardien se disputer avec vous il y a quelques minutes.
Alors, vous l'avez vu vous-m�me !
Je n'ai pas les cl�s, mais je vais demander � mes amis
pour voir qui pourrait les avoir.
Il n'y a pas de signal ici.
Oui, aucun signal.
Le mien fonctionne.
Pourquoi celui-ci ne fonctionne pas ?
Je vous ai d�rang� au mauvais moment ?
Non, je vais demander autour de moi.
Il y a du vent ici...
Mon ami l�-bas est en train de d�charger des affaires,
je vais aller lui donner un coup de main.
Attendez un peu, je demande � mes amis qui pourrait l'avoir.
Si vous la trouvez, appelez-moi ou donnez-la-lui.
Ils vous appellent !
Vous �tes s�r ??
D'accord.
C'est �a ?
Je disais, c'est �a ?
Tourne-le.
Quoi ? Je n'ai pas entendu.
Je disais, tourne-le !
Il n'y avait pas un sac � dos ?
Il n'y avait que celui-l�.
Non ! Un sac � dos ?
Tant pis Shahrooz !
Ce n'est pas celui-l�, je vais le chercher moi-m�me.
Merci !
Ladan !
Qu'est-ce que tu fais ici ?
J'ai pens� que je te trouverais ici.
Comment vas-tu ?
Qu'est-il arriv� � la t�te ?
Ce n'est rien !
Quand es-tu revenue ?
Il y a � peu pr�s cinq mois.
Tu es toujours � l'�cole ?
Moi ? Oui, j'�tudie toujours.
Tu �tais toujours en train d'�tudier !
Tu vas �tre m�re !
C'est notre fils.
� quand la naissance ?
Le mois prochain.
Je voulais utiliser la balan�oire pour qu'il n'ait pas peur de la hauteur.
Nous nous sommes mari�s l'an dernier.
Oui, je l'ai appris.
Qui te l'a dit ?
Personne. Je l'ai appris par Facebook.
Facebook ?
Mais tu es sur Facebook.
C'est vrai.
Je fais aussi partie de tes amis,
mais pas avec mon vrai nom.
Avec un autre nom ?
Siavash.
Siavash !
Tu �cris des choses int�ressantes Siavash !
Siavash !
Zohreh est-elle aussi l� ?
Oui.
Elle joue ?
Pas vraiment, elle a pass� une audition, une fois.
Elle est arriv�e sur le plateau et a demand� une chaise avec son nom !
Avoir quoi ?
Son nom, comme ceux imprim�s sur le dos des chaises...
Je vois !
Elle ne voulait pas appara�tre venant du tiers-monde !
Et ensuite ?
Elle a �t� vir�e !
Pauvre fille !
Quoi ?
Quoi ?
Quoi ?
Rien.
Pourquoi me regardes-tu comme �a ?
Pour rien.
J'ai beaucoup chang� ?
Oui, tu as beaucoup chang�.
Tu as vieilli.
Vraiment ?
Je plaisante !
Idiot !
Tu n'as pas vraiment chang�, mais maintenant tu as deux faces.
D'un c�t� tu n'as pas chang� du tout, mais de l'autre, beaucoup.
Tu as eu ce que tu voulais, finalement !
Tu es devenue la plus jeune maman du monde !
Oui.
Tu restes ici combien de temps ?
Je partirai avant la nuit. Je suis venue vous voir,
et Jean-Philippe viendra me chercher.
Comment va-t-il ?
Il va bien.
Qu'est-ce que tu fais l�-bas ?
Je travaille.
Dans la meilleure bo�te de graphisme de Lyon.
- G�nial ! - Oui.
Pourquoi es-tu venue dans cet �tat ? Tu aurais pu attendre la naissance.
Je voulais qu'il naisse ici.
Vraiment ?
Tu fais le contraire de tout le monde !
Les gens r�vent de donner naissance � l'�tranger !
J'ai toujours �t� diff�rente !
Ladan ?
Avez-vous r�fl�chi au nom du b�b� ?
Oui.
Et ?
Je ne peux pas te le dire.
Pourquoi pas ?
C'est mieux de ne pas le dire maintenant.
Tu l'apprendras plus tard.
Comment l'apprendrais-je ?
Je partagerai nom et photos avec Siavash sur Facebook.
Tu pourras lui demander.
D'accord.
Eh bien, je devrais y aller maintenant.
Tu ne voulais t'asseoir sur la balan�oire ?
C'est inutile. J'ai d�j� test� tous les arbres ici.
Ils sont tous nuls !
Je vais de l'autre c�t�.
Ladan.
Attends une seconde, je veux te montrer quelque chose.
J'ai toujours tous les sept de ceux-l�.
C'est affreux !
Je n'aurais jamais d� te donner le premier.
Ladan ch�rie, peux-tu me regarder ?
Nous nous revoyons apr�s trois ans !
Je te montre une chose que tu m'as donn�e
et tu me donne cette r�ponse affreuse ?
Qu'est-ce que tu veux dire ?
Qu'est-ce que tu esp�rais que je dise ?
Veux-tu que je dise que je suis enchant�e que tu les ait gard�es ?
Merci beaucoup !
C'est �a. Tu n'as pas chang� du tout !
Tu es toujours la m�me.
� dire des choses juste pour ne pas me parler.
Cela n'a jamais �t� �a.
Tu as toujours interpr�ter mes mots comme tu le voulais.
Parce qu'ils n'allaient pas selon ton int�r�t.
Peux-tu arr�ter ?
Quelle diff�rence cela fait-il maintenant ?
M�me � l'�poque, je ne pouvais pas te comprendre.
Parce qu'� cette �poque tu �coutais d�j� le Fran�ais.
C'�tait un plaisir de t'avoir revu.
Salut !
Puis-je avoir une photo de toi ?
Pourquoi tu voudrais ma photo ?
Je la veux pour Siavash.
Il n'a pas de photo sur Facebook.
Salut !
Salut !
Je t'avais vu plus t�t, mais je ne pensais pas que tu �tais avec nous.
- Tu campes aussi ici ? - Oui.
Quel est le mod�le de ton cerf-volant ?
C'est un vieux. Je suis en train de le monter.
Que t'est-il arriv� � la t�te ?
Ce n'est rien.
Quel est ton nom ?
Mon nom ?
Je dois noter chaque nom et le type de cerf-volant.
Kambiz Mofidi.
Merci.
Quel est le num�ro du mod�le ?
D�sol� !
Je disais, quel num�ro a ton cerf-volant ?
Je ne sais pas quel num�ro !
Je l'ai depuis � peu pr�s deux ans.
Je ne suis pas tr�s professionnel.
Je viens parfois ici pour �tre avec mes amis.
Au fait, je suis Parviz, au cas o�. Je dois y aller.
S�r !
Parvaneh !
Parvaneh !
As-tu touch� � mes affaires ?
Ne recommence pas !
La bo�te de ma lampe a disparu.
Je pensais que tu l'aurais mis dans la tente.
Tu laisses tra�ner ton cerf-volant,
tu as probablement aussi abandonn� ta lampe quelque part.
Elle n'est pas l�-bas ! Que vais-je faire maintenant ?
Ce n'est pas de ma faute.
Allez ! Va voir o� tu l'as mise !
- Je suis occup�e. - Occup�e � quoi ?
- Je cherche mes CD. - Ici ?
Pas ici, dans la voiture.
OK ! Eh bien, si tu trouves tes CD, cherche aussi ma bo�te.
Je serai l�-bas.
O� vas-tu ?
- On la taquine un peu ? - Non.
Tu es en col�re ?
Lui as-tu demand� de venir ?
Et o� se trouvait-il ?
Pr�s de la voiture de cette fille.
Laisse-moi lui faire un peu peur !
Ce n'est pas bien !
Quoi ?
Je ne te parlais pas, je m'adressais � Jamshid.
Jamshid ?
J'ai r�v� la nuit derni�re, qu'au milieu de ce lac,
il y avait une autre plan�te dans le ciel !
Jamshid volait ici et l� comme Superman.
Cela ne lui ressemble pas du tout.
Je ne l'ai jamais vu dispara�tre subitement ni passer � travers un mur.
Il ne fait des choses bizarres que dans mes r�ves.
Dans mon r�ve, la nuit derni�re, il n'arr�tait pas de voler, aller et venir.
Soudain il s'envola vers cette plan�te et je l'ai perdu de vue.
Je marchais toute seule pr�s du lac. Tout le monde avait tout-�-coup disparu.
Alors que je marchais, j'ai vu Jamshid devant une bo�te d'allumettes g�ante.
Par g�ante, j'entends 10 m�tres de haut.
Il y avait pos� une grande �chelle
et guidait tous les membres du camp dans la bo�te.
Quand tout le monde fut dedans, il poussa l'�chelle dans l'eau.
Il commen�a � presser la bo�te, la rendant
de plus en plus petite jusqu'� devenir une vraie bo�te d'allumettes.
Il vint alors vers moi, ouvrit la bo�te,
prit l'une des personnes ressemblant � une allumette et l'alluma.
Il l'a tint pr�s de moi et je lui dis d'une fa�on tr�s formelle.
"Tu es si extraordinaire !"
J'avais une cigarette aux l�vres.
Je l'ai allum�e � la flamme,
mais elle n'arr�tait de grandir quand je la fumais !
Jamshid interpr�te ce r�ve par le fait que j'ai envie de lui.
Tu penses probablement que je suis folle.
Non ma ch�re, je ne le pense pas.
Attends une seconde.
Ma 3e conversation avec Nadia, le 20 d�cembre � 10 du matin.
R�ponds pr�s de �a pour que je puisse t'enregistrer distinctement, d'accord ?
Quelle est sa profession ?
Maintenant ou avant ?
Maintenant ? Ou avant ?
Il a un emploi maintenant ?
Oui ! Maintenant, il est messager.
Un messager ? Qu'est-ce que �a veut dire ?
Prend-il des messages pour l'autre monde ?
Tu te moques de moi ?
Non ! J'�tais s�rieuse.
Je n'ai vraiment pas compris quand tu as dit "un messager" !
C'est un travail.
Je dois l'expliquer.
D'accord.
Quel �tait son travail avant ?
Avant ?
Nadia ?
O� �tais-tu ?
Je voulais juste voir quelque chose, cette fille, Parvaneh !
Tes yeux sont distraits !
Que dit-il ?
J'ai �t� journaliste.
Vraiment ?
Je n'en avais aucune id�e !
Que dit-il ?
Il a �t� journaliste.
OK ! Demande-lui ce qui lui est arriv� ?
Je ne d�sire pas en parler !
Dis que j'ai eu un probl�me politique.
Politique ?
Pourquoi ne lui redis-tu pas ma question ?
Parce qu'il peut vous entendre lui-m�me.
Vois ce que les docteurs pensent de nous !
Pourquoi a-t-il dit "politique" ?
Il ne veut pas parler de son ancien travail.
Tr�s bien.
Parle-moi de son travail � pr�sent.
Celui de messager !
Il est messager, c'est-�-dire qu'il fait des choses comme des miracles.
Pour ton information !
Pour que tu saches que tu n'es pas le seul � pouvoir enqu�ter sur d'autres.
Que penses-tu vraiment de moi ?
Je ne comprends pas ! Est-ce la m�me histoire dont tu me parlais avant ?
Non ! C'�tait entre Jamshid et moi.
�coute Nadia, si tu veux m'aider, tu devrais me pr�ter attention,
et ne pas parler constamment avec Jamshid.
Dis oui !
Ainsi tu peux �viter qu'on parle de cette fille ?
Je te parle !
Oui c'est s�r, attends ici une minute.
Attends une seconde Jamshid !
Je vais lui parler, es-tu d'accord ?
Lui parler de quoi ?
De notre relation !
Notre relation ? Du fait que tu es devenue
d�tective et que tu es toujours � me soup�onner ?
Suis-je d�tective ou toi, qui es constamment
� r�der comme si tu en �tais un ?
J'ai une bonne raison � cela.
Jamshid, m'as-tu de nouveau amen�e dans un endroit
o� une chose terrible est arriv�e auparavant ?
Non !
- Jur� ? - Je le jure.
Nadia ! Reviens !
Va la voir.
Tu veux ?
Vas-y maintenant !
Tu veux ?
Va...
Raconte-lui l'histoire de ta maman...
Par exemple, ma m�re raconta une histoire � mon docteur pr�c�dent.
Lorsque ma m�re et mon p�re se rencontr�rent,
ma m�re sortait chaque matin pour s'entra�ner.
Elle fumait � l'�poque.
Elle s'entra�nait pour pouvoir arr�ter de fumer.
Un matin, quand elle partait, elle eut envie d'une cigarette...
Elle demande le briquet � mon p�re...
�a l'agace, mais il lui jette le briquet.
Le briquet tombe dans le jardin
et se perd dans les arbustes.
Elle ne le trouve pas et arr�te de fumer !
Huit ans plus tard, mes parent divorcent,
quand elle quitte la cour, elle voit le briquet � ses pieds !
Tu parles trop vite, elle n'a rien compris.
Quel briquet ?
Pas un briquet semblable au premier,
mais exactement le m�me briquet !
Ma m�re a cru � un signe.
Elle le prend et recommence � fumer.
Quelque chose est arriv� ?
Jamshid boude !
Tu n'avais pas dit que Jamshid avait 40 ans ?
Mais il s'�nerve si tu salues quelqu'un ?
Il a 40 ans et il est amoureux de moi !
Il ne le dit pas, mais je le sais.
Alors, c'est tout ce que fait un messager ?
Pas tout.
Tu peux m'en dire plus ?
OK, mais allons par l�, j'ai peur qu'on se perde.
Tourne-toi vers moi que je puisse t'enregistrer distinctement.
Quand une affaire comme �a se passe,
On tend � croire � un miracle ou un �v�nement tr�s rare !
Mais, en fait, c'est juste ce que font les messagers.
Jamshid voulait faire ma connaissance ce jour-l�.
Il a gard� ce briquet pour que ma m�re cesse de fumer.
Huit ans plus tard, quand mes parent sont divorc�,
Il savait que ma m�re voudrait absolument fumer,
et il jette ce briquet pour qu'elle le puisse !
Aussi simple que �a !
Tu disais que tu connaissais Jamshid depuis l'�ge de huit ans ?
Et maintenant l'histoire de ta m�re, du briquet...
D'apr�s je que je sais, tu n'avais qu'un an � l'�poque.
Tu disais que tu connaissais Jamshid depuis l'�ge de huit ans !
On dirait que tu n'as m�me pas lu mon dossier m�dical !
Plus vite, je ne sais pas pourquoi il avance si vite.
Quelque chose ne va pas ?
Jamshid m'a demand� de regarder l�...
Que faites-vous ici ?
J'ai eu un r�ve �trange la nuit derni�re ! J'ai r�v� de toi...
Tu �tais �tendue l�-bas.
Il y avait un chat pr�s de toi avec quelque chose dans la bouche.
Il avait ton doigt tranch� dans sa bouche.
Nous voulions l'attraper mais ne pouvions pas...
Un jour nous y arriverons...
�tes-vous de ceux du camp ?
Qu'est-ce qu'elles ont vos voix ?
Pourquoi vous nous filmez ?
Vous devriez aussi partir...
Jamshid ! Tu savais ce que ces deux allaient faire ?
Va te mettre de c�t� !
Voici les voisins du campement...
Ils �taient au milieu d'une fusillade quand le cheval
sursauta et renversa leur chariot !
Il perdit connaissance.
Il se r�veilla et vit sa femme se pencher sur lui.
Comment un cheval garde son �quilibre ?
Je te l'ai dit ! Quand un cheval vieillit...
Je vois. C'est pourquoi il bouge comme �a !
Tu ne savais vraiment pas ?
En voici encore un autre d'entre eux.
Tu ne trouves pas qu'ils ont tous l'air �trange ?
Comment ?
Tu veux dire la fa�on dont ils s'habillent ?
Non, leurs personnalit�s.
Ils sont si calmes et si tranquilles.
Tu veux dire qu'ils ne ressemblent pas � des voleurs ?
- Qu'est-ce que je peux dire ? - C'est bien.
Celle-l� n'�tait pas mal.
Je n'ai pas dit qu'elle l'�tait.
Je pense que c'est une qualit�.
C'est le gars qui est venu avec son p�re.
Il y en a beaucoup...
Regarde celui-ci essayant de t�l�phoner.
Il n'y a pas de signal ici !
�a ira !
Toi et ton foutoir Babak !
Je continue ?
Continue.
Mahmoud dit qu'Hamid fut abattu par 8 balles en 4 fois.
Six en une fois, il te reste deux balles.
Cela fait un total de huit balles.
Et ?
Eh bien, Mahmoud disait
qu'on lui a tir� dessus 4 fois, pas 3 !
Si tu fais attention, tu remarques qu'Hamid ment beaucoup ces jours !
Par exemple � propos des jumeaux.
Tu fais vraiment confiance � ce qu'il dit ?
Tu cherches toujours une raison pour critiquer Hamid.
Mahmoud racontait l'histoire des balles et il ne ment pas !
Ils �taient au milieu d'une fusillade
lorsque le cheval fut effray� et renversa leur chariot !
Il perdit connaissance...
Attends une seconde.
O� vas-tu ?
J'ai besoin de faire quelque chose.
Ne restez pas ici, retournez dans les bois.
Allez, partez !
Allons-y ! Sois prudent !
Je crois que l'un d'entre eux m'a vu.
Tu es si n�gligeant ces derniers temps.
Tu es un homme respectable.
Mais qu'est-ce que tu as fait ici ?
Babak, occupe-toi de M. Assadi.
La valve d'ici a besoin d'un l�ger r�glage.
�a ne prendra qu'une seconde.
Il ne faut que la fermer la nuit pour �viter ce foutoir.
Toi ! O� �tais-tu la nuit derni�re ?
Je t'ai appel� pendant une heure, venu � ta porte et appel�.
Je fais tout ce chemin jusqu'au restaurant !
Salut Hamid !
Salut !
Hamid ?
C'est vrai ce que Babak dit � propos de ton neveu ?
Qu'est-ce qu'il dit ?
A-t-il vraiment enregistr� ces CD pour toi ?
Oui.
J'en ai mis deux sur la t�l�.
Tu peux les �couter
avec ces nouveaux �couteurs.
Je sors.
D�sol� ! Je vous ai fait peur ?
Oui ! J'�coutais de la musique.
Eh bien, d�sol�.
Salut !
Salut !
Vous �tes du camp ?
Oui, nous sommes arriv�s ce matin.
C'est vraiment �trange ! Je vous connais ?
J'en doute !
Vous �tes de T�h�ran, n'est-ce pas ?
Oui.
Auriez-vous fait des achats dans cette librairie de Niavaran ?
Oui !
Alors c'est �a, je vous ai vue l�-bas.
Je ne me rappelle pas de vous !
Ma barbe a pouss�, c'est peut-�tre pour �a !
Vraiment ?
�tiez-vous vendeur l�-bas ?
Un vendeur ? Non ! Je plaisantais ! Je suis voisin du camp !
Je m'appelle Hamid.
Maral.
- Maral, quel beau nom ! - Merci.
- Puis-je m'asseoir ? - Bien s�r.
Je me rappelle de ce festival depuis qu'il a commenc� en 98.
� l'�poque, seuls des amateurs venaient...
�a a chang� maintenant. Cela s'est bien am�lior�.
C'est une comp�tition plus s�rieuse.
Oui, �a fait un moment qu'il y a des comp�titions maintenant.
Vous n'�tes pas de celles qui ne parlent pas aux �trangers, hein ?
Non, j'ai grandi maintenant !
C'est bien !
Qu'est-ce que vous lisez ?
Le carnet rouge.
- L'avez-vous achet� � cette librairie de Niavaran ? - Non.
Je plaisantais !
Je sais !
Je vous ai interrompu ?
Honn�tement, j'allais repartir au camp.
Je n'ai pas dit aux autres que j'allais ici,
ils pourraient s'inqui�ter !
Mais il fait encore jour.
Ils font voler les cerfs-volants la nuit, juste ?
Eh bien oui, il ne fait pas encore sombre !
Je me rappelle l'an dernier, je voyais les cerfs-volants lumineux dans le ciel.
C'�tait magnifique !
Je les ai fix�s tellement que, pendant quelques jours,
je voyais des lueurs partout dans le ciel.
C'�tait extraordinaire...
J'�tais aussi ici l'ann�e derni�re.
- Vraiment ? - Oui. - Super !
Nous avons pass� un grand moment.
Mais il faisait un peu froid et l'histoire de la fille disparue fut terrible...
Disparue ?
C'est ce qu'ils disaient !
Ce n'�tait que des rumeurs.
Vraiment ?
Oui. Rien de cela n'est arriv� ici !
Je me brosse toujours les dents avant de lire un livre !
Je suis s�rieux ! Pourquoi riez-vous ?
Vraiment ?
Oui ! C'est une habitude.
Vous-m�me, vous avez un cerf-volant ?
Oui, j'en ai un double !
Un double ? Super !
Je les ai appel�s le Poisson et le Chat.
- Poisson et Chat ? - Oui.
Pourquoi ?
C'est le titre de ma chanson favorite !
Celle que j'�coutais quand vous �tes arriv�.
Quel nom familier ! Je pourrais bien l'avoir entendu quelque part.
Mon neveu me l'a peut-�tre envoy�.
Je peux �couter ?
Vous voulez dire maintenant ?
Oui, seulement un peu.
D'accord.
Mettez-les.
Merci !
Vous entendez ?
Non.
Voyons voir.
C'est l�.
Je la joue depuis le d�but !
Cela joue.
Nous �coutions la musique et je crois qu'Hamid aussi
l'aimait, mais un moment plus tard, il est arriv� quelque chose.
Hamid saisit un couteau de sous sa manche,
sans que je le vois, dans un mouvement soudain trancha
mon cou, coupa la veine et le sang jaillissant
coulait sur l'arbre.
J'essaie de me lever, mais en suis incapable,
du sang chaud jaillissant
et coulant sur mon corps
mais plus de d�bit, mes v�tements sont teint�s de sang rouge
et toujours plus.
J'essaye de porter ma main � mon cou
pendant qu'Hamid se l�ve et me regarde avec attention, me voyant souffrir.
Mes yeux fixant le ciel le sang coulant hors de ma bouche et de mon nez.
Je meurs avant d'avoir vu mon groupe de musique favori.
Tout est arriv� apr�s qu'Hamid ait pris son couteau de sous sa manche.
�coutez, ce n'est vraiment rien
Il n'y a pas moyen d'en sortir
�coutez, cela passera aussi
Et le vent souffle au loin sa m�moire
Il danse, les derni�res feuilles tombent des arbres
alors que le sort fait ses bagages et quitte cette ville sombre
La boule de verre se casse
Nous, de toute mani�re troubl�s
Le dernier poisson meurt aussi
La derni�re branche s'�tiole
Le vent nous portera
Il portera notre m�moire
L'eau nous dissoudra
La ville nous �treindra
�coutez, la nuit pourrait dire quelque chose
L'obscurit� pourrait avoir un secret
Il y a peut-�tre un jardin au-del� d'ici
Il y a peut-�tre une ville avec un chant
Le dernier chat s'assoit et saute enfin dans l'eau
Le dernier poisson s'agitera et se r�veillera de ses r�ves
La boule de verre s'est bris�e
Nous, de toute fa�on troubl�s
Adaptation fran�aise : Martial Knaebel
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