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LE CCEUR DU TYRAN
LE CCEUR DU TYRAN OU BOCCACIO EN HONGRIE
Chers seigneurs, écoutez
Nous le jurons par les étoiles mille fois déchues du ciel.
Coupez-nous la langue, si notre bouche devait mentir.
Nous jouerons ['histoire comme elle s'est passée.
Prenez ['histoire vraie de notre corps et de notre sang.
Ilarriva un jour qu'une belle dame, Katalin...
Si tum'écoutes, tu auras vite cessé de chanter.
A cause de tes maudites chansons, on nous a chassés de toute I'ltalie,
on nous a chassés de partout,
de Florence, de Bologne, de partout sur cette vaste terre, ¢'est moi quite le dis.
Tu me crois ou pas, il n'y a de métier moins sérieux que celui du saltimbanque.
Ilinvente des Iégendes, il gambade, il crie. C'estle métier le plus futile.
Le commergant, le soldat et le paysan... sont infiniment plus estimés.
C'estle salimbanque que les puissants supportent le moins.
C'est bien simple :
les puissants ne veulent entendre
que des louanges sur leur bonts, leur beauté et leur justice.
Situne le répétes pas assez souvent et assez haut,
alors tu n'es qu'une merde POUF 8UX...
Et encore, tu as de la chance si on te prend pour un fou et ne te pend pas...
s ne supportent que les mensonges.
Tu dois les leur présenter comme la vérité, la beauté et la bonté,
puisque ¢a permet de servir d'allié.
Enfin, je croyais qu'on ne voulait pas me souhaiter la bienvenue
dans mon propre pays.
Tu vois ? Tu vois ? On se souvient de toi, ici !
Tu es un grand seigneur ! Tu te fais féter par tous !
Moi, je ne me souviens detien:
Ni des couleurs... ni des golits, ni des odeurs...
Pourtant, il me semble avoir déja vécu tout cela, de I'avoir déja wu.
C'estimpossible !
Tun'avais que deux ans quand on t'a emmené & Bologne...
Comment veux-tu que tout cela ne te paraisse pas bizarre
puisque tu essaies de te rappeler, mais ce que tu vois ici, ¢'est comme le temps passé.
Arréte... ¢'est trop intelligent ce que tu racontes.
Moi, je ne me souviens de rien,
mais je vais quand méme trouver tout seul qui est qui, et quoi est quoi...
Pinardan olak tantije jakidin
Ceux qui se trouvent loin du baton des puissants... sont prés des dieux.
Pinardan olak tantije jakidin
Ceux qui se trouvent loin du baton des puissants... sont prés des dieux.
Mon pére... tu es bien mon pére ?
Non, G&spr, je suis le frére cadet de ton pére, ton oncle.
Ton pére est mort.
Situ étais arrivé plus tot, tu 'aurais encore vu.
Ou se trouve sa tombe ?
Je t'y conduirai plus tard.
II'a été tué par les ours pendant la chasse.
Ta mére était présente.
L'effroi I'a rendue sourde et muette.
Conduisez-moi auprés d'elle !
Je veux la voir !
Il faut la préparer pour éviter un malaise si elle te voyait subitement !
Laissez-le. Il va se rassaisir.
Qui es-tu, t0i ?
Son ami de Bologne.
Chut, je te demande un peu de silence.
Notre Gaspér est fatigué.
Vous avez fait un long voyage, n'est-ce pas ?
Jet'enprie, fais...
Pendant quelques jours, il va étre nourri a I'italienne...
Ilarriva un jour qu'une belle dame, Katalin...
Ah, les voila les comédiens de Bologne !
Ah, aqu'ils sont gentile !
Venez, faites-nous rire !
Faites-nous rire, amuser... jouez.
IIn'y avait pas épousé plus fidéle et elle mourut comme elle vécut.
Je le jure par les étoiles.
L'homme et sa femme se désiraient ardemment...
Ga suffit!
Et leur réputation se propageait comme une légende...
Il se peut que chez vous, en Htalie, YOS puissiez jouer cela,
mais pas chez nous !
C'est étranger & notre peuple !
Enlevez vos masques !
Bravo !
Bravo !
C'était vraiment formidable !
On ne peut rien comprendre, ici.
On vous donne un ordre, puis on ordonne le contraire.
Un seigneur respectable nous dit: ¢'est bien, continuez.
Et puis, tu arrives et nous dis que c'est interdit.
Qu'est-ce qu'il faudrait faire alors pour vous plaire?
L'archevéque est I'homme des théories, il peut tout se permettre.
Moi, je suis I'homme de la pratique et je sais comment tenir le peuple en main.
L'archevéque est1'oncle de Gaspér. Le frére de sa mere.
Al'époque, ce fut lui qui conduisit Gaspér chez vous, en ftalie.
Bon, c'est bien. Je comprends que je ne comprends pas un fichu mot.
Voila, ¢'est pour toi !
Gaspér comment vas-tu ?
C'est curieux, hein ?
C'est quand méme un endkoit bizarre,
I'un te dit de faire ceci, et I'autre, le contraire...
Voici, ces pauvres saltimbanques, ils veulent jouer.
Alors, on leur envoie un coup de pied en disant qu'il est interdit de jouer ici.
Et pourtant, un seigneur les a autorisés auparavant.
Tu vois, Gaspar.
La seule chose don't tu peux te réjouit...
la seule...
ce sont les femmes, et rien d'autre.
Elles sont si gentilles,
si douces,
si tendres.
N'est-il pas vrai, Gaspér, hein ?
A votre service, Monseigneur !
Je suis un gargon merveilleux !
Tellement, tellement adorable,
tellement mondain, tellement élégant !
Un vrai miracle ! Gentil comme tout...
Sei molto carino...
Tu ne te souviens pas de moi, n'est-ce pas ?
Tu as bien grandi !
Tues fort... tu es un homme maintenant !
Je t'ai tenu dans mes bras pendant tout le voyage.
♪ envoyais une lettre ton pére tous les jours.
Et je suis resté une année 4 Bologne avec toi.
Tut'en souviens ?
Pourguoi m'avez-vous amené la-bas?
N'avons-nous pas assez lu Machiavel ?
On craignait que tu te fasses tuer par les amis de ton oncle Kéroly.
Tu étais le seul fils de ton pére.
L'enfant unique.
L'enfant unique.
Et le dernier méle de la famille.
Je veux voir ma mére !
Ja t'ai déja dit qu'il faut attendre.
Tamére est trés malade.
La mort de ton pére I'a beaucoup fait souffrir.
Ma pauvre mére !
Elle souffre d'une figvre nerveuse atroce.
Elles est soignée par nos meilleurs médecins.
Allez, viens maintenant, golte nos vins et nos plats.
Habitue-toi & ton foyer.
Fais comme chez toi.
C'est celui qui a tué mon pére ?
Mais non... un autre. On I'a assommé sur place.
C'est que la famille qui connait la vérité sur la mort de ton pére.
Le peuple le considére comme un héros.
Pour eux, il est tombé dans la lutte contre les Turcs.
En défendant la vraie foi.
Mais pourquoi mentir ?
Ce n'est pas un mensonge.
Le peuple refuserait de croire qu'il a été tué par un ours.
Un grand homme a droit 4 une grande mott.
Une mort héroique.
Etle fils d'un héros est aussi un héros.
- C'est elle, ma mére ? - Oui.
Etje peux aller la rejoindre maintenant ?
Pas encore.
Alors, je m'en vais...
C'est étrange.
Trés bizarre.
Elle est trop jeune.
Elle I'a mis au monde quand elle n'avait que treize ans.
Elle esttrés belle... comme une reine.
Que voulez-vous de mon ami ?
Pourquoi I'avez-vous fait revenir ?
Qu'est-ce que tu penses ?
Allors, qu'est-ce que t'en penses, hein ?
Hum... fien du tout.
Alors va, va te reposer.
GAspar, tu restes encore.
Vas+y... Sois sans crainte.
Nous t'avons rappelé parce que tu seras le roi de Hongrie.
Le trone est usurpé par un étranger. Depuis longtemps.
Il'est temps qu'un Hongrois prenne sa place.
Mais pourquoi moi ?
Parce que notre famille est la plus ancienne.
La plus puissante.
Et que ton pére fut le héros le plus noble, le plus glorieux...
Mais je ne m'y connais pas.
Tu te trompes.
Tu sais déja tout ce quiil faut savoir
Plus que si tu avais vécu ici pendant dix-huit ans.
Tu as beaucoup appris.
On t'a appris & voir le monde dans ses cotrélations.
Tu as des amis la-bas qui deviendront des hommes d'Etat un jour.
Ce que je connais ¢'est la géométrie, I'arithmétique...
La politique... c'est une chose trés simple.
Le savoir, ¢'est I'4me.
La politique n'est que le corps.
Une &me forte peut facilement gouverner le corps.
C'est facile & apprendre et nous sommes la pour t'aider.
♪ ai sommeil...
Aprés la mort de nombreux rois, vint le roi Achab,
qui ne marchait pas sur la voie de Dieu, mais servait Baal.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Silence !
Ne téveille pas Gaspar !
Qu'est-ce que ¢'était ? Que s'estdl passé ?
Il vaut mieux qu'il dorme.
Tu'lui diras demain que sa meére tue chaque jour une jeune fille.
Ahbon ! C'est pour ¢a qu'elle est restée si jeune ! Hein I
Gala calme, au moins.
Bois.
Jai déja bu.
Bois encore.
Tu veux que je m'enivre ?
Non, mais je veux te parler.
Allez, bois encore.
♪ ai déjabu...
Tute sens assez fort ?
Allez, pare !
Tamére... ta mére tue chaque soir une jeune fille.
Crois-moi, je I'ai vu.
Le sang de la fille a coulé sur ma main.
Oh, pauvre mére !
Qu'est-ce que tu dis ?
Tu ne comprends pas ?
Je suis en train de te dire que ta mére tue chaque nuit une fille.
Et, tun'as rien d'autre & dire que : " Ma pauvre mére 1"
Regarde, Gaspér ! Ici, on joue avec nous.
As-tu remaraué qu'ici méme ce qui est vrai est faux ?
Fais trés attention, Gaspar !
Ces gens, ils te trompent, ils veulent te confondre!
Regarde, maintenant ils t'apportent des chevaux.
Tout ga n'est qu'un jeu, ils ne font que jouer !
Allons, Gaspér... comment est-ce possible ?
Moi, je te dis que ta mére égorge tous les jours des filles,
et toi, tu dis: " Mamma mia ! "
Je vais lui demander !
Clestvrai ce que mon ami m'a dit ?
Mon oncle.
Est-ce vrai ce que mon ami a dit ?
Qui, ¢'est vrai.
Ta mére tue chaque soir une jeune fille.
Quand les ours ont déchiré ton pére, elle était présente aussi.
Elle a subi un choc.
Tu vois, depuis ce moment-la, elle ne pare plus.
Etil n'y a que le meurtre pour la calmer.
Mais les filles ne valent pas cher cheznous.
On peut les avoir contre unmouton.
Mais pourquoi ?
Ca I'apaise.
Etil n'y a pas d'autre moyen ?
C'estle seul reméde.
Etlaloi ?
La loi...
C'est toi qui seras Ia loi.
C'est moi qui serai la loi ?
Je dois donc apprendre une nouvelle fagon de penser maintenant.
Belles filles... je suis content d'étre ici.
Ici, au pays des belles femmes !
Apprenez-moi quelque chose !
QOu vous voulez que je vous apprenne quelque chose ?
Mais comment ?
Mais tu vis, alors !
Tu vis ! Tu n'es pas morte !
Tu vis vraiment... Tuvis!
Elle vit ! Elle vit vraiment !
Gaspér!
GAspar tu sais ce qui s'est passé ?
Cette fille que ta mére a tuée, elle vit!
Mais alors, pourquoi ont-ils fait semblant de la tuer ?
Dis, tu comprends ¢a ?
Je comprends.
IIs'agit certainement des jumelles.
Bien sir qu'elles étaient jumelles.
QOui, des sceurs jumelles.
- Jumelles ? - Gatétonne ?
II'y a beaucoup de jumeaux par ici.
On se marie en famille.
Et ou est passé le cadavre ?
Tun'as pas vu les biichers ?
Onincinére les cadavres.
Leurs os sont moulus et on en fait de la peinture.
De quelle couleur ?
Je vais te e montrer..
C'estun excellent fard pour acteurs.
IIs veulent me tuer.
Ils veulent m'écarter définitivement ! Regardez-moi ca.
Quel idiot e fais !
Je viens ici d'ltalie & la demande de mon ami, n'est-ce pas ?
Oui, rigolez de moi. Rigolez.
Rigoler ? Mais pourquoi ?
Qui veut te tuer, ici ?
Personne ne porte d'armes.
Eh oui!
Et qu'est-ce que c'est que ¢a ?
Ah...pardon !
♪ ai oublié le faux sang.
Mais une autre fois, peut-étre !
Aurevoir et grazie !
Que s'estdl passé ?
Ma meére a bougé !
Elle va quérir.
Aie confiance en toi-méme !
Elle va guérir !
Par toi-méme.
Ton rayonnement, ta force !
Tu seras notre souverain naturel et juste.
Ho!
Ho...ho!
Elle n'entend tien. Elle ne parle pas.
QOui, elle ne parle pas.
Les secrets de la nature sont impénétrables.
L'homme do it éviter de les découvrir.
Dieu sait ce qu'il veut.
Calme-toi.
Qu'est-ce qui se passe ici ? Tuentends ?
Réponds-moi ! Que se passe-tlici ? Hein ?
Je vais te ['expliquer.
Ta mére tue chaque soir une jeune fille.
C'est un péché. Il faut I'en absoudre.
Elle est malade. Je fais venir des médecins de Bologne.
Ce n'est pas la peine.
La meilleure médecine, c'est d'accepter
ce que notre Seigneur lui-méme a accepté : la fustigation.
Gaspér!
Gaspér net'envapas!
Jetenptie!
Gaspér!
Gaspér!
Gaspér!
Il est mort.
LIs I'ont tué !
Vous I'avez tués !
Faisons venir sa mére !
Faites venir sa mére !
Oui, c'est ¢a. Faites venir sa mére.
Dis-moi que ce n'est pas vrai, que tu n'es pas une meurtrigre.
Dis que tu ne I'es pas.
Pourquoi ne me réponds-tu pas ?
Je he crois pas que tu sois muette...
Qu'est-ce qu'on fait de toi ici, ma pauvre mére ?
Brute, tu as offensé le futur roi de Hongrie !
Tuvas payer de ta vie! Armétez-le.
Le futur roi de Hongrie va te décapiter personnellement !
Prends-le.
Tiens-le!
Comédien ! Viens, améne ton ami ici.
Qu'il coupe la téte a cette brute !
Tu crois que Gaspar serait capable de tuer quelqu'un ?
De le décapiter ? Tuparles !
Tu ne connais ni lui ni I'ttalie !
Chez nous, on n'enseigne pas ces choses-la.
C'estle poison qu'on manie chez nous.
C'est beaucoup plus humain.
Etiln'ya pas de sang qui coule.
♪ ai bien raison, Gaspér ?
Nest-ce pas ?
Allez, ris, ris !
Ne te défends pas, Gaspar !
Tu dois porter I'épée pour défendre ce troupeau innocent,
et pour que les Turcs te craignent comme ils craignaient ton pére.
Gaspér, tu pardonnes a cette brute ?
Bien sdir que oui.
Mais moi, je ne lui pardonne pas.
Pourquoi tu es toujours si triste ?
Léve-toi.
Mon oncle, je ne veux pas devenir roi !
Tule seras quand méme.
Roi de Hongrie !
Le meilleur roi de Hongrie.
Je vais tout t'apprendre.
Méme I'escrime.
Ne serait-l pas mieux si ¢'était moi qui lui donnais les cours ?
C'est moi qui m'y connais le mieux. N'est-ce pas vrai ?
Viens embrasser notre ami turc.
Tut'étonnes, Gaspar..
De voir qu'on fraternise avec un Turc ?
Pourquoi veux-tu qu'il s'étonne ?
En Italie, ¢'est courant de se lier avec des Turcs.
Les ltaliens sont des gens aimables, n'est-ce pas ?
Etils ne détestent pas les étrangers comme vous, ici.
Timeo Danaos et dona ferentes.
Nous craighons les Grecs.
Les Grecs ?
Plutét les Turcs...
Enfin, je n'ai pas apporté de cadeau.
♪ aimais bien ton pére. ♪ ai appris & I'aimer.
C'est sur le champ de bataille qu'on s'est vu pour la premigre fois.
C'était un héros. Bon escrimeur.
Gaspar tu es exactement comme ton pére.
Nous ne sommes jamais arrivés a nous vaincre I'un I'autre.
C'est peut-étre pour ¢a que nous sommes devenus amis.
Et ¢'est pour ¢a que nous sommes aussi devenus tes amis.
Karoly, je I'ai accepté & cause de ton pére.
IIn'est pas si bon soldat qu'il se dit I'étre.
Il est amoureux de ta mére.
II1'est peut-tre toujours.
Comment ? Vous ne croyez pas que c'est une affaire qui m'est personnelle ?
- Si. Il est amoureux. - Vous croyez que je vous permettrai tout ?
Tout est bizarre...
Si étrange.
Qu'est-ce qui est bizarre ?
Tamére aimait beaucoup ton pére.
Samort I'a rendue malade.
I lui faut un médecin.
Je vais lui faire venir des médecins de Bologne.
Ce n'est pas la peine.
Les sages de I'Orient connaissent bien le reméde & cette maladie.
Il faut qu'elle épouse son parent le plus proche.
Kéroly a été toujours amoureux d'elle.
Qui es-tu?
Et pourquoi tu écoutes la conversation des autres ?
Je ne veux pas qu'il arrive malheur & Gaspar.
Je suis un de ses amis italiens.
Je trouve que tu as raison.
♪ ai entendu par hasard ce que tu as dit.
Tu sais, Lucréce écrit :
“A la femme mélancolique, la meilleure médecine est le sperme de I'homme.”
Mais ca do it étre le sperme d'un parent. Ga ne reste jamais sans effet.
Pourquoi plaisantes-tu ?
Allons, ¢a semble étre une plaisanterie ?
Et pourtant, c'est la vérité vraie.
Et ¢a la fera quérir ?
Quant & Lucréce, il le jure, mais si ¢'est vrai, je ne sauraile dire.
Il faudrait examiner la question de plus prés.
Ca c'est excellent ! Rien que ¢a valait la peine de venirici.
Je n'ai jamais vu une comédie pareille chez nous & Bologne !
Des filles merveilleusement belles !
Et quelle scéne sanglante, belliqueuse !
Mais regardez les nétres !
S ne sont pas deniers non plus.
Vive les ndtres !
Les comédiens italiens !
IIs vont vous raconter une histoire célebre de Messire Boccace.
I était une fois une trés belle femme
qui aimait deux hommes... deux fréres.
Qu'est-ce qui te fait plaisir a ce point, Gaspar?
Je fais comme toi.
Je fis parce qu'on veut nous tuer.
Pourquoi voudraient-ils te tuer, toi ?
Allons ! Moi, ¢'est possible. Mais toi ?
Ils vont te faire roi de Hongrie. IIs ont besoin de toi.
Et ce Turc ?
Il était 'ami de ton pére.
Etmamére ?
Pourquoi la marie-t-on amononcle ?
Eh bien... probablement parce qu'elle est sa maitresse depuis longtemps.
Et toi, tu n'es méme pas le fils de ton pére.
Ah... quelle imagination !
Ah... ah... ah, attention !
Pourquoi écoutes-tu ce qu'on ne te dit pas ?
Regarde-moi ¢a ! Belle, tul'es!
Tu vois Gaspar, ce pays, il est comme ¢a.
C'est un drole de pays.
Les coutumes sont bizarres.
Chers comédiens italiens !
Maintenant, & I'occasion de la noce, vous pouvez jouer pour nous. Allez-y !
Ilarriva un jour qu'une belle dame, Katalin
fit un faux pas, chers Sieurs...
IIn'y avait pas femme plus fidéle qu'elle
et elle mourut pure comme elle avait vécu.
Je le jure par les étoiles.
L'homme et sa femme se désiraient ardemment.
Ga suffit!
Ce n'est pas le moment de pater de grivoiseries !
Je I'interdis ! Ga suffit !
Ta mére aimait tant ton pére qu'elle I'accompagnait méme au champ de bataille.
Kéroly, bien entendu, ne la achait pas d'un pouce.
IIne la quittait pas des yeux.
Comme s'il avait &€ son garde du corps.
Il'a toujours été un homme stupide et veule.
Je vais t'en parler encore.
Ce bouclier, ¢'est ton pére qui me I'a donné.
Nous nous sommes rencontrés sur le champ de bataille.
♪ étais sur le point de le vaincre,
quand ai apergu mon propre regard reflété par le bouclier.
Je me suis fait horreur
et je me suis rend...
Voila, comment ¢a s'est passé.
Depuis, je le garde comme une relique.
Kéroly m'a demandé quelque chose.
Prends garde & lui.
Je ne le ferai jamais.
Je suis le seul 4 qui tu peux faire confiance.
Tu ne vois pas que tu nous déranges ? Va-t'en, prétre I
Je me suis pris d'affection pour toi, GAspar.
Je vois toujours ton pére en toi.
Kéroly m'a demandeé de te faire tuer.
Mais je ne poutrai jamais le faire !
C'est lui qui m'a fait revenir. Pourquoi voudrait-il me faire tuer ?
Chut... ici, tout le monde nous épie.
Ils sont tous aux écoutes.
Mon fils, mon cher fils !
Mon fils...
Mon fils ? I'm'a dit : mon fils ?
Le miracle s'est produit !
Le miracle s'est produit !
Tamére reparle !
Le miracle s'est produit,
Tamére reparle !
Avec beaucoup de peine,
sibas qu'on I'entend & peine, mais elle parle !
Va rejoindre ta mére !
Sois trés tendre avec elle !
Vasy !
Vasy !
Va, gentiment !
Attends un peu !Le Turc t'a parlé du boucliet, n'est-ce pas ?
Il ne connaissait méme pas ton pére, il ne I'a jamais wu.
C'estmoi qui lui ai fait faire ce bouclier.
♪ ai lu'histoire dans une vieille fable perse.
Mais ce bouclier est inutilisable dans le combat.
Mais alors, pourquoi m'a-tl dittoutca ?
C'est un Turc. lls sont tous comme ¢a.
II't'a dit aussi que je voulais te faire tuer, n'est-ce pas ?
Oui.
Hum...il ment.
IIn'y a pas un mot de vrai dans ce qu'il dit.
C'est leur mentalité.
Allez, va!
Je te laisse seul avec tamére, va !
ABologne, je révais toujours de toi.
Mais je n'imaginais pas que tu étais si belle et si jeune...
Je t'aime, ma mére...
Je t'aime, ma mére !
Je t'aime, Géspar !
Maintenant que tu parles, tu vas tout me raconter,
Sur toi... sur mon pére.
Dis-moi que ¢'est faux que tu commets un meurtre chaque soir ?
Allez, dis-moi tout, je suis ton fils.
Je dois savoir ce qui est arrivé amon pére.
Vous étes allés dans la forét,
aa chasse.
Dans la forét, il y avait des ours...
Des ours ? Un cheval... Un cheval rouge et blanc, mais pas un ours.
Mon pére a été déchiré par un ours.
Mais le peuple croit qu'il est tombé dans la lutte contre les Turcs.
Je dois savoir comment il estmort.
Tu me comprends ?
Oui. La lune brillait. Une grande lampe blanche.
Quelle lampe ?
Ma mére !
Qu'est-ce qui t'es arrivé, ma mére ?
Jetenprie,
réponds-moi.
Qu'est-ce que tu lui as fait ?
Ecoute, je vais t'égorger !
- Qu'est-ce que tu lui as fait ? - L'ours !
Quel ours ?
Les ours, on les a ramenés depuis longtemps dans la réserve de chasse.
Ma chérie, ma chérie...
Calme-toi, ma chérie...
Calme-toi, je t'en prie.
Calme-toi, allons...
Calme-toi, je t'en prie.
N'aie pas peur, je ne te laisserai plus jamais seule.
Tum'entends ? Dis-moi que ¢a sera bien...
Dis que ¢a sera bien.
Elle ne répond pas.
Elle ne répond pas.
Elle ne m'entend pas.
Dis, qu'est-ce que tu lui as fait ?
Qu'est-ce que tu lui as fait, hein ?
Tul'as violée, c'est ¢a ? Pour qu'elle parle...
Tu as couché avec ta propre mére, hein ?
Parce que tu croyais que ¢'était moi qui avais fait tuer ton pére.
C'est-ce que tu croyais, hein ?
Dis...
Calmez-vous !
Kéroly, ne te monte pas la téte !
GAspar ne pense & rien de mal !
Ton pauvre pére a péri dans la forét ! Son corps n'a pas été retrouvé.
Ton oncle Kéroly est ton meilleur ami.
Ne lui en veux pas.
Il se préparait depuis des années a cette noce,
Et voila que ta mére tombe malade de nouveau.
Mais garde-toi bien de I'archevéque.
Il veut te faire roi pour régner a ta place.
- Jeme sens mal... - Tu ne peux te sentir mal.
Tu dois étre un souverain fort. Un souverain fort et dur.
Nous allons renvoyer ton ami italien...
Il te guide vers de fausses pistes
Il veut te faire connaitre le doute, tout comme le Turc, I'ami de ton pére.
Il ne connaissait méme pas mon pére.
Si, il le connaissait. Seulement, il ne I'aimait pas.
Il'a toujours été au service de I'archevéque.
Laisse-moi tranquille.
Les Hongrois préférent moutir
ou choisir les Turcs pour fréres
que d'élire un roi étranger...
Qu'est-ce que tu as & rire ?
De ce que I'on écrira surma tombe :
Ci-git le meilleur ami du roi de Hongrie.
Non, ¢'est nous qui creuserons des tombes & d'autres.
Bravo !
Qu'il est beau de voir I'intellectuel tirer son épée.
Non, quand méme pas... Je ne suis pas encore assez fort pour ¢a.
IIn'est pas assez fort... mais tout comme son pére.
Sauf qu'il est plus silencieux, plus réveur.
Cela te dérange, le Turc, que nous ayons un souverain faible ?
Ce ne serait pas la premiére fois, n'est-ce pas, I'ltalien ?
Pourquoi un érudit do it étre roi ?
Il peut se trouver un métier plus honnéte.
Toi, va prendre un bain. Tut'es trop échauffé.
C'estaussi ce que je pense, comeédien.
Bon, bon, bon. Mais pourquoi te fatiguer ?
Merci, le Turc, c'est trés gentil 4 toi...
Oh, vous voulez me tuer ?
Ah, oui, vous voulez me tuer !
N'aie pas peur, I'talien !
EnHongrie, on ne noie pas les invités.
Viens, assieds-toi prés de moi.
Sois tranquille, n'aie pas peur.
Je voudrais te raconter quelque chose.
Lui, il est & mon service.
Il surveille pendant que nous discutons.
Lui ?
Mais alors pourguoi m'a-t-il maltraité ?
C'était un ordre de Karoly. Ton oncle, Kéroly est un homme perfide.
Prends garde a lui. Il veut te faire roi pour régner & ta place.
Ecoutons un peu ton ménestrel ! Tous I'écoutent.
Personne ne fait attention & nous.
Ilarriva un jour qu'une belle dame, Katalin,
fit un faux pas, mes sieurs.
Mes ambitions sont grandee.
Elles décident du sort du monde entier.
♪ ai d'excellentes relations avec Rome etj'ai aussi de I'argent.
Je veux devenir pape et je le deviendrai.
Je vais me faire élire.
Etalors, je te ferai d'abord roi de Hongrie, puis empereur.
Tout le pouvoir sera & nous deux. Personne ne résistera, pas méme les Turcs.
Kéroly essaie de s'arranger avec eux. C'est pour ¢a, ce Turc est si a I'aise ici.
Mon oncle le déteste et le tient pour un menteur.
Tout ce qu'il dit, Kéroly, est mensonge.
Aprés le couronnement, il te fera aveugler et couler du plomb dans les oreilles.
GAspar, pourquoi ne viens-tu pas danser ?
Vas-y.
Et toi, chante-moi une chanson.
Tu me trahis ?
Non, Monseigneur... mais c'est un ordre.
Qui est-ce qui s'accommode avec les Turcs, Monseigneur I'archevéque ?
Qui est-ce qui veut faire tuer le nouveau roi de Hongrie ?
L'archevéque est mort.
Il est mort ? C'est son ceeur quil'atué ?
I s'est suicidé.
- Comment¢a ? - Il est devenu fou.
Souvent il me disait, si avantl'age de 50 ans, il n'obtenait pas le trone,
il allait se tuer.
C'esthier qu'il a eu 50 ans.
Un caract@re romain.
Mon oncle, il y a un probléme.
Il s'est suicidé, ontel'a déja dit ?
Je voudrais te demander quelque chose.
Laissez-nous seuls !
Pare ! Tu m'entends ?
Pare !
Pare ! Tu m'entends ?
Pare !
Etle noble jouvenceau s'enalla bien loin,
en terre étranglre, pour y souffrir de son amour.
Loin de son amoureuse C'est ainsi qu'il donna I'exemple,
de la passion la plus pure
Parle,
Pare !
Pare, s'il te plait !
Parle, alors ! Tu m'entends ? Parie !
Parle, je ten ptie, pare !
Pare ! Tu m'entends ? Pare, parle !
Hé ! gardes !
Gardes !
Gardes !
Gardes !
Kéroly !
Kéroly !
Tute souviens de ce que nous avons dit ?
- Graze. - Prego.
AKie !
Ah...C'estdusang! C'estdusang !
Non... non... non...
C'est pas mal. Meilleur que le jus de tomate !
Qui es-tu?
C'est mon ami... de Venise.
Et pourquoi porte-t-il des habits turcs ?
Car c'estla mode & Venise.
Non & vero?
Mais pourquoi ne serait-ce pas vrai ?
C'estla toute derniére mode !
C'est ce qu'on porte a Venise ! Tu vois ? C'est la mode.
Le frére de I'époux, voyant Katalin fidele,
sentit des peines atroces en sa poitrine !
Sa peine le tentait, caril brilait pour la dame,
Mais il recula devant son propre désir.
Que me voulez-vous ?
Rien que la vérité !
Qu'est-il arrivé @ mon pére ?
Ta mére n'aimait que moi, mais je I'ai donnée & ton pére.
I était jaloux et voulait tuer ta mére. Cela s'est retourné contre lui.
Bon, je veux la vérité maintenant.
Les Turcs I'avaient attiré dans un guet-apens dans leur camp...
...etnous ne I'avons plus rev...
...Mais je ne voulais pas te le dire, car I'amitié avec les Turcs est trés importante.
Je ne voulais pas te mooter contre les Turcs.
C'est bien ce que tu voulais lui dire, n'est-ce pas ?
C'est vous qui dites quiil faut lutter contre les Turcs, non ?
Ga suffit!
Dis la vérité !
Je dis la vérité.
Tamére m'aimait... ton pére I'aimait.
Puis, pour décider, nous nous sommes battus en duel...
...c'estmoi qui ai été le plus fort et qui ai tué ton pére.
C'est bien ce que tu voulais dire ?
QOui, ¢'était comme ¢a.
- C'était bien comme ¢a. - Bon, ¢a suffit!
Tu ne fais que mentir.
Je veux la vérité I
Tu as tué mon pére ou bien tul'as fait tuer ?
Bon, je te dis... la vérité !
♪ aimais ta mére, mais ta mére aimait mon frére.
Et je I'ai fait tuer !
Avrai dire, tu es mon fils a moi.
Tu es mon enfant !
Donc tu as ton pére devant toi!
C'est bien ce que tu voulais dire, n'est-ce pas ?
Mon cher fils ! Mon cher fils !
Tu ne veux quand méme pas tuer ton pére ?
Mon fils ! Mon fils !
♪ ai peur ! J'ai peur !
♪ ai peur !
Laissez ce pauvre homme.
Ne le tuez pas. Ce n'est qu'un comédien. Il a joué son réle.
Ga serait un trop grand prix que de le faire payer de sa vie.
Rien qu'un petit comédien.
IIn'a jamais fait de tort & personne.
Qu'est-ce que tu racontes, mére ?
II'n'a jamais fait de tort a personne ?
Qu'est-ce que tu racontes, ma mére ?
Ta mére ?
As-tu vraiment cru que j'étais ta mére ?
Je suis plus jeune que toi.
Tu mens.
Dis-moi que tu mens.
Demande au Turc. lie sait.
Ga alors! Je ne comprends plus rien !
IIn'y a rien au monde que je puisse comprendre.
Ce sont des comédiens.
Qui comprend ¢a, dites-moi !
Toi, peut-tre ?
Nous avons été stupides.
Comment avons-nous pu croire qu'on pouvait manipuler les manipulateurs ?
Est-ce vrai que ma mére...
...que cette fille a dit ?
Qui, oui.
Ce sont des acteurs. Je les ai fait venir de Turquie.
Celui-ci, il a joué le role de ton oncle.
Etelle, celui de ta mére...
Mais pourquoi ?
Pourquoi ? Pourquoi ?
Nous avons besoin d'un roi que nous puissions influencer.
LIs ont besoin d'un roi qu'ils puissent influencer. Tu vois ?
Ordures ! Vous avez tué ma mére, mon pére !
Mais non, pas du tout.
Ne crois pas que ton pére soit mort !
I'n'est pas du tout mort ! I vit.
Ton pére, c'estle Turc-la !
Sauve-toi ! Sauve-toi !
Mon cher fils ! La partie est finie !
Tu ne peux pas devenir roi de Hongrie !
Tu ne peux pas devenir roi de Hongrie !
Tues faible et tu cherches partout des explications !
Cependant, un roi ne peut pas réver ce quiil veut!
Seulement ce qui est possible !
Et non ce qui est possible, mais ce qu'il faut faire.
Tu comprends ? Ce qu'il faut faire !
Ce n'est pas toi qui dois le tuer.
Tu es quand méme son pére.
Tu ne devrais pas.
Mais il faut que tu trempes la main dans son sang.
C'estl'ordre du sultan.
- Tout le monde do it donc moutit... - Tout le monde.
Les ltaliens, les serviteurs, Katalin, Kéroly, tous !
La tactique de la terre brllée : ne pas laisser de traces aprés son passage.
Mais alors, moi, GAspar Ozoray senior, pourguoi me suise fait turc ?
Allez... Enléve-moi ¢a.
Tu dois mourir.
Parce que tu as choisi une mauvaise étoile.
C'est I'ordre du sultan ?
Craignons nos amis,
...méme s'ils...
...ne nous apportent pas de cadeaux.
Voila, nous n'avons plus de larmes,
rien que des yeux et des cauchemars,
qui nagent devant nous.
I'n'y a plus de brume, ni de costumes,
regarde par ici et voie. Vois ce que nous sommes devenus.
Vois ce que deviennent nos économes enragés
quand ils sont au bout de leurs trompeties
et quand ils ne peuvent plus attendre une autre fois,
caril n'y aura pas d'autre fois,
il n'y aura pas d'autre fois...
caril n'y aura pas d'autre fois...
Aprés la mort de nombreux rois, vint le roi Achab
qui ne marchait pas sur la voie de Dieu, mais qui servait Baal.
Chers seigneurs, écoutez,
nous le jurons par les étoiles mille fois reniées du ciel.
Coupez-nous la langue si notre bouche devait mentir.
Nous jouons I'histoire comme elle s'est passée.
Prenez ['histoire vraie de notre corps et de notre sang
Et ce noble jouvenceau s'en alla bien loin, en tetre étrang@re,
loin de Katalin, pour y souffrir de son amour...
Loin de son amoureuse. Ainsi il donna I'exemple de la passion la plus pure.
Mes amis !
Ce n'est pas vrai que cette putain de vie n'a pas de moments heureux !
Nest-ce pas ?
Qu'est-ce que vous dites de ce festin ? Hein ?
Mais alors, jouons enfin !
D'accord ? Ces niais de Hongrois n'y comprennent rien, de toute fagon.
Ils ne comprendront pas un seul mot de tout le spectacle.
Nous pouvons dong patler calmement. ls ne comprennent pas un mot.
Nous pouvons enfin ouvrir la bouche, hein ?
Quel public!
Jouer pour des sourds !
Regarde ! Regarde un peu !
Il n'est pas si mal que ¢a ce pays, en fin de compte.
N'est-ce pas vrai?
Oh, clestcal
Brava, brava ! Brava, brava !
Voila, je le disais bien. Nous pouvons manger, boire, bafrer...
Et tripoter les plus belles filles du monde.
Mes amis !
Je regrette, mais la comédie est finie. Qui, malheureusement elle est finie.
Nous avons terminé, ici.
Le mieux sera de nous tirer.
Qui, viens. Je crois qu'il est temps.
Allez, Gaspar, viens !
Viens ! Viens !
Nous n'avons pas joué Boccace a la fin,
mais tu ne le regrettes pas, n'est-ce pas...
Ne le regrette pas...
Et ces plumes, mettez-vous les au cul, en souvenir.
Bon, ¢a va, allons-y !
Hé ! Allons-y !
Pourgquoi nous avez-vous enfermés ?
Pourquoi vous nous empéchez de partir ?
Aprete ! Dobbiamo uscire fuon ! Dobbiamo andare via !
Enfermer les pauvres comédiens ? Ouvrez !
Venez!
Che bello !
Et toi ? Qu'est-ce que tu veux a toi tout seul avec ce fusil, malheureux !
Laissons-le au diable et déguerpissons !
Venez!
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