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Original subtitles

...

Musique classique

...

- Un cadeau de l'empereur ?

- L'empereur ne m'offre que son lit.

- Et encore,

il vous le prête.

- Pourquoi Sa Majesté

traumatise cette pauvre bête ? - C'est un bâtard.

Tout comme

M. de Luynes, à qui je réserve le même sort.

- Majesté, quel humour ! Le pouvoir vous illumine.

- Petite catin, vous aimez trop les hommes

pour que cela me flatte. - Oui, je les aime.

- D'ailleurs, j'ai posté autour de nous mes plus belles friandises.

- À ce propos, êtes-vous contente

de votre nègre ?

- Très.

- Peut-on le toucher ?

- Allez, approche. Allez !

Allez, allez !

Plus près, idiot. Encore.

- Ça ne tache pas ?

- Si peu.

Musique classique

...

- Imaginez les plaisirs qu'une telle bouche pourrait nous procurer.

C'est quoi, ça ?

- Ça fait partie du jeu ?

- Ne me tuez pas, je suis comédienne.

- Lâche ça !

- C'est lui, le client.

Il est blindé. - Balance la thune !

- Il a payé une boîte pour revivre cette époque.

- C'est ça, leur kif.

Dire du mal des Arabes et des Noirs ! - Ta gueule.

Je dirige une société d'import-export. Vous allez pas buter une merde ?

- Épargnez-moi, je suis

musulman.

- Moi aussi. - Moi aussi.

- Je suis juif.

- OH !

- Tu veux ma bouche ?

- Non, non.

...

- Regarde ton père. - Il comprend rien.

- Rien. Regarde.

Il souffre. Là, il souffre.

On dirait qu'un chien lui mord les couilles.

- Dans deux secondes, il va dire : "Mais c'est quoi, ce truc ?

"C'est un film ? C'est une série ?

"C'est glauque. C'est complètement raciste."

- Euh... Je comprends pas.

- Comment ?

- J'ai rien compris.

- Ça t'a pas plu ? - Hein ?

- Ton casque !

- Pourquoi t'as voulu que je regarde ça ?

- C'est le promo-reel de mon pilote pour Starnet.

- Ah...

J'ai pas compris un mot de ce qu'il a dit.

- Il produit des fictions

pour une plate-forme digitale.

- Mais c'est raciste, non ?

- Mais non. - Ça te fait rire ?

Pourquoi il se marre ?

- C'est une satire, papa.

- Ah, mais oui, bien sûr, c'est une satire !

Désolé d'être con.

C'est toujours bien d'avoir

un con à table.

- Non.

- Tripoter un Noir comme si c'était un animal...

- Papa !

- Qui va regarder ?

- Tout le monde.

- Calme-toi.

- Des millions de gens. - Sur Internet ?

- Oui, sur Internet.

En VOD, en streaming, ces mots que tu connais pas.

- Désolé.

- Tu t'en branles.

Il en a rien à foutre de ce que je fais,

de ce que tu fais.

- Je prendrais bien un peu de vin.

- Avec ou sans alcool ?

- Il y a du vin sans alcool, maintenant ?

Musique enjouée

- On n'a que 30 minutes.

- Il paraît qu'il y a de la bombasse.

- On bosse pas dans le porno.

- Je me suis inspiré

d'une entreprise qui existe vraiment.

J'ai un ami qui fabrique des soirées historiques.

- Papa ! Papa ?

- Quoi ?

- Tu te souviens

d'Antoine ? - Qui ?

- Antoine Beck,

mon pote d'enfance.

- Tu l'adorais,

tu lui prêtais plein de livres.

- Je suis désolé, c'est...

Je vois pas.

- Il y a 10 ans,

il a monté cette boîte

qui commence à cartonner.

La fiction classique n'impactant plus les gens,

il offre à ses clients la possibilité de s'immerger

dans n'importe quelle époque.

Le Moyen Âge, la Seconde Guerre mondiale, ce que tu veux.

- Je peux voir

vos chaussures ?

OK. Parfait.

Il faut me rembourrer tout ça.

Pierrot !

Tu peux rallumer ça, s'il te plaît ?

Ça, c'est bien.

OK. Parfait.

Très bien.

Mathieu Molé, je vous avais déjà dit :

il est pas encore né.

Ben oui, ben oui. Ben non.

Bonsoir. Ça, c'est à vous ? Il faut l'enlever.

Soyez gentils, on arrête avec les portables.

On se met en condition.

Il est où, Paul ?

- Là.

- Ton nom ?

- Paul.

- Non, demain soir.

- Hans Axel von Fersen, comte suédois et officier qui, en 17...

Euh, dix-sept cent...

- Me récite pas Wikipédia,

sois plus naturel. T'es né quand ?

- En dix-neuf cent...

- T'hésites ? - Non.

- Si.

- Un peu.

- Bon. La cliente de demain soir connaît tout sur Marie-Antoinette.

Elle rêve d'être dans la peau de cette conne.

Vous devez tout connaître :

votre biographie, votre caractère, vos tics...

Bonsoir.

Vos dialogues...

- Ça doit coûter cher.

- Selon la demande. Un petit peu, oui.

Ça marche très bien. Il a racheté un site de 2 000 mètres carrés.

Il loue un château près de Fontainebleau.

- Oui, pas étonnant,

la nostalgie est un secteur qui cartonne

- C'est génial !

- Si vous deviez revivre une époque,

vous choisiriez laquelle ?

- La préhistoire.

Je couchais encore avec ma femme.

Musique enjouée

- Margot !

Grouille-toi, on va ouvrir !

- J'arrive !

...

- Oubliez les oreillettes, on pourra pas tout vous souffler.

- Il sort toujours avec Margot ?

- T'es pas au courant ?

Elle a accepté de jouer dans une pièce de théâtre.

Il supporte pas qu'elle bosse en dehors de la boîte.

- C'est lui qui l'a quittée ?

- Un coup, c'est lui, un coup, c'est elle...

- T'as invité Antoine ? - Non.

- Menteuse, j'ai vu son nom. - Où ?

- Sur la liste.

- Je l'ai invité par politesse.

- Depuis quand t'es polie ?

- Depuis que je te souris.

- Je te vois chialer tous les soirs.

- Je chiale parce que le texte est ridicule.

- Tu penses à ses grands yeux

d'enfant perdu. - Arrête.

- À sa démarche.

- Ta gueule.

- À son énorme bite humide.

- Tu la connais ?

- Ça te ferait chier ?

Par politesse ?

- On va où, maintenant ? - En 1932.

- La soirée Hemingway.

- On a pris qui ? - Sylvain nous a plantés.

- Elle a pris Maurice.

- Celui qui faisait de Gaulle le soir du réveillon ?

- Oui. - Il est beaucoup trop vieux.

- Mais bilingue, au moins !

...

- Vous qui, d'un simple geste, agrippez les étoiles,

ivres, repus, modestes,

déchirez la grand-voile...

- Vous pouvez lui donner la tête que vous voulez,

jeune, vieux, homme, femme...

- Pas pour vous.

- La reconnaissance vocale fonctionne

en anglais ou en français.

- Donc vous n'avez plus

de patients. - Au contraire.

J'en ai 3 000 !

Par jour ! - On a développé ce site de psychanalyse.

- Ça repose sur des algorithmes à base de questions récurrentes.

- Ils sont beaux, hein ?

- On dirait une expo sur le complexe d'œdipe.

- Vous pouvez me dédicacer ce... - Avec joie.

Je n'ai vendu que 3 exemplaires.

Votre nom ? - Brigitte.

C'est pour ma grand-mère. Elle lisait ça quand j'étais môme.

On le feuilletait aux WC.

Bruno. Enchanté. Je travaille dans la boîte de votre fils.

C'est un patron extraordinaire.

Très gentil.

- J'espère, vu ce qu'il gagne...

- Vous, vous êtes sur quoi ?

- Euh...

En ce moment, je suis sur une chaise. Tenez.

- Merci.

- Il pionce. - Comment ?

- Mon mari. Il fait la sieste.

- Il est peut-être fatigué.

- Non, il se fait chier.

Air de jazz

- C'est du jus de tomate ?

Il y a pas de vodka. - Je bois pas d'alcool.

-Tu... ? Hemingway boit pas d'alcool ?

- Je suis pas Hemingway.

- Il puait l'alcool. - Moi, je m'appelle Maurice.

- C'est du Bloody Mary.

Le piment doit camoufler l'odeur

de la vodka. - Je sens même pas le piment.

- Je sors d'une gastro.

J'ai l'estomac encore un petit peu fragile.

- Oh !

Mettez de la vodka

dans son verre. - Il a gerbé pendant 3 jours.

- Les clients ont commandé une cuite avec trois alcooliques.

Vous leur mettez de la vodka, du piment, beaucoup.

S'ils sont malades, je m'en fous.

Bon. Messieurs...

Que fait ce tableau ici ?

- Je sais pas. Belle, hein ?

- Très. Et intelligente.

- Et puis drôle. - Je l'épouserais.

- Moi aussi. - Vous l'avez accroché ici ?

- Non. - Oui.

- Et moi, inerte, métallique,

j'extirpe mon plaisir dans le feu de leurs larmes.

- C'était bien de se voir.

- Oui, c'était bien. Allez, attention.

Allez, rentre bien.

- T'as bien dormi ?

- Hm, hm. *- Verrouillage des portes.

- Ta gueule ! Je parle à la voiture.

- On se voit quand pour le projet ?

- Ah oui, c'est vrai...

Je t'appelle demain. Démarre.

- D'accord.

Ah ! Ça, c'est pour toi.

- C'est quoi ?

- Un cadeau. Tu verras. - Merci.

Allez. - Démarre.

- Tu l'ouvres pas ?

- Ça doit être un de ses gadgets à la con.

Tu trouves pas qu'il a un physique énervant ?

- Tu dis ça parce qu'il est beau ou riche ?

T'es jaloux. - Jaloux de qui ? Mon fils ?

*- Dans 300 m, tournez à gauche.

- Tu l'aimes tellement déjà... On va pas faire un plan à trois.

*- Tournez à gauche.

- Arrête ce truc-là. On habite à côté.

- Je préfère la voix du GPS. - À la mienne ?

- Ton fils veut t'aider. Il te propose du travail.

- Pas sur un jeu vidéo.

- C'est une série d'animation.

- Je travaille déjà sur une BD !

- Ben, c'est pareil.

Il y a des dessins, des dialogues, un scénario.

Tu vas gagner de l'argent.

- Ah, l'argent ! L'argent...

- L'action ! Relis Freud, un peu : "Au commencement était l'action."

- Tu veux pas regarder la route ?

- Elle roule toute seule. - Moi, ça me fait peur.

- Tout te fait peur, mon chéri.

*- Tournez à gauche.

- Ta gueule, connasse.

- Merde ! - Quoi ?

- J'ai pas de lait pour demain. Tu veux y aller ?

- Bien sûr, si.

*- Déverrouillage des portes. - Merci.

Musique dramatique

...

Ah, pardon.

Oui, ma chérie ?

- J'en peux plus.

- Qu'y a-t-il ?

- Je dois maîtriser mon cerveau,

je ressens le plaisir archaïque qu'on observe chez les sadiques.

- Ma chérie, je suis à ma soirée avec Faulkner et Hemingway.

Je peux pas te parler.

- On se voit quand ? *- Quand tu veux.

- Je te laisse.

*Je t'aime. Enfin, je cristallise.

- Je comprends pas, ma Carte bleue passe pas.

- C'est effrayant.

...

- C'est bien des balles à blanc ?

...

- Merde ! Merde...

...

- "Cher M. Drumond,

"votre fils et moi serions honorés de vous offrir une soirée

"avec Les Voyageurs du temps."

*- Détection fumée. Détection fumée.

- Je t'emmerde !

- Merde !

- Merde !

- Oh, merde !

- Merde !

Un petit joint ?

- Non, merci.

- Tu fais quoi ?

- Je teste une ambiance pré-sommeil.

Il suffit de cligner des yeux, et tu changes d'univers.

Et toi ?

- Je teste un livre en papier.

Il faut tourner la page pour connaître la suite.

J'aime bien dessiner avec un crayon, peindre avec de la peinture.

Que tu m'embrasses avec ta bouche...

- Touche-toi avec ta main.

- Comment ça s'éteint, ça ? - Trouve.

- Putain !

Bonne nuit. - Bonne nuit.

- Ah non ! - Allez, 5 minutes. Ça me détend.

- Ça me fait claquer des dents. - Ben, claque !

La chambre d'ami.

Vu qu'on n'a plus d'amis,

t'as qu'à dormir ici.

- On dort plus ensemble ?

- J'ai l'impression de vieillir, à côté de toi.

- Quand je pense que tu continues à soigner

cette ordure qui m'a viré du journal !

Tu as lâché tes patients, mais tu psychanalyses

le type qui m'a mis au chômage. - C'est ton ami.

- C'était.

- Faut bien que quelqu'un travaille.

- Retire ton masque, c'est pas pratique pour s'engueuler.

- J'évite de voir le pyjama de grand-père.

- Mais je suis grand-père. Tu es grand-mère.

- Mais moi, j'en ai pas l'air !

- Enlève-moi ça.

Enlève-moi ça. - Non !

Ah ! Fous-moi le camp !

Pars !

- Pourquoi ? - Tu critiques tout.

Tout ! Et moi, ça me détruit.

Au début, c'était marrant. Mais ça fait trop longtemps.

Je crois que t'es vivant depuis trop longtemps.

Je me suis dit : "Il va se suicider."

"Il aime plus la société, il travaille plus, son fils l'énerve...

"Il va bien se suicider !"

Ben non. "Je vous regarde, et puis, je vous emmerde."

Je veux être veuve.

- Pourquoi tu dis que je travaille pas ?

- Tu bossais pas sur une BD ? - Si, ça avance.

- Ça fait 4 ans que ça avance. Ça avance à reculons ?

- Personne n'achète de livres. - Personne n'achète les tiens.

- Arrête de boire.

- Je bois, je vis, j'avance.

Tu devrais boire plus souvent.

- Tu fais quoi ? - Je te vire, mon chéri.

Tout le monde te vire. Tu es l'archétype du mec viré.

- Pourquoi c'est moi qui partirais ? - Je paie le loyer.

T'as même pas de portable.

- Pour que je devienne comme toi, qui commandes tout sur Internet ?

On fait plus la cuisine, mon libraire a fermé,

et mes dessins sont vendus sur des sites d'antiquités.

- Il y a d'autres choses.

- Moi, ces choses-là, je ne les aime pas.

- Alors, dégage ! Sois fier, redresse la tête,

bombe le torse

et tombe seul

sous les tirs de l'ennemi.

- T'es bourrée ?

- Et même tes fringues, je les supporte plus.

Même propres, pour moi, elles puent.

- Si tu continues à me parler sur ce ton, je vais finir par me tirer.

- Là... Et là !

Allez, je t'en prie.

- Si je passe cette porte...

- Vas-y. - Réfléchis bien.

OK. C'est bon, tu peux y aller. Il y a plus que 2 m.

"Au commencement était l'action."

- Et pour l'argent ? - Tu n'as qu'à songer

à la prostitution. - Je me casse.

Marianne, je pars.

Je te jure, je vais partir. - Mais j'attends que ça.

Bravo !

Musique mélancolique

...

Méchante.

Méchante.

...

- Il a dormi où ?

- J'en sais rien.

On se voit quand ?

- Tu lui as dit ?

- Non, pas encore.

- Monsieur Giraud !

- Et toi, tu te sens comment ?

- Je sais pas.

Bien. Libre.

...

- Mon amour, je voudrais que tu saches...

Putain, tu m'as fait peur !

- Désolé.

- Que fais-tu ici ?

J'allais me pisser dessus.

Je l'ai même fait.

Quelques gouttes, 2 ou 3. - Et alors ? Il a dit quoi ?

- Le journal va bien ?

- Oh, tu sais... - Je m'en fous.

- Je comprends.

- T'as l'air en forme, pour un type qui a dû virer

20 personnes. - Merci.

Un petit whisky ?

- Ça se passe bien,

avec ma femme ? Tes séances, elles te font du bien ?

- C'est la meilleure.

- Je crois qu'elle me trompe.

- Non ? Marianne ? - Oui ?

- Avec qui ?

- Tout le monde.

N'importe qui ferait l'affaire. N'importe qui.

Même un con, même une fiente, même une espèce de...

Ce qu'elle veut, c'est du neuf. Si ça pouvait la rajeunir,

Elle lécherait les couches d'un nourrisson.

Elle veut vivre, cette folle.

- Et toi, non ?

- Dans ces conditions...

- Je comprends.

- Tu comprends beaucoup de choses.

Tu trompes toujours ta femme ? - Non, plus du tout.

- Merde. - Pourquoi ?

- Par rapport au studio,

l'espèce de garçonnière que tu louais à une époque.

- Je lui ai filé les clés.

- Mon mari habite chez toi ?

- C'est pratique pour le localiser.

Je m'amuse.

- On ira où ? - Chez toi.

- Tu rigoles ?

- Au contraire.

Je veux qu'on s'aime partout,

pour de vrai.

- À notre âge ?

- Tu n'as pas d'âge.

- Ah ? - Tu es la plus jeune

que j'ai aimée.

- Reprenons la séance.

Comment allez-vous ? - Écoutez, ça va.

J'ai rêvé de mon frère.

- Pourquoi tu me regardes comme ça ?

- Je suis content de te voir, papa.

À ta mort, maman m'a fait lire les lettres que vous échangiez.

J'ai découvert un type gentil, sensible.

J'aurais dû venir à l'enterrement.

Je regrette sincèrement.

J'avais peur de pleurer,

que tu sortes de ton cercueil, que tu me dises :

"Ressaisis-toi, mon fils, on n'est pas des pédés."

T'étais le genre à dire ça.

Il m'a fallu 15 ans pour verser ma première larme.

- Pleure, mon fils, pleure.

- Je peux ?

- Tu dois.

- Eh ben,

ils sont en forme. On dirait du Claude Lelouch.

- Si tu pleurais aussi, ça serait bien.

- Je fais ce que je peux.

- On te met une musique ?

- Oui, merci.

*- J'ai raté ma vie.

J'ai claqué tout ton fric.

C'est ce que je sais faire de mieux.

Ça et regretter.

Toi, au moins, t'avançais.

T'étais dur,

mais t'avançais.

*Musique triste

...

- Mon chéri...

...

- Ben, voilà. Là, ça prend, là.

C'est bien, hein ? - Hm, hm.

- Ils vont être super.

...

- Par ici.

- Entrez, monsieur.

Asseyez-vous, je vous en prie. - Merci.

- Je vais vous poser quelques questions.

Je peux vous demander votre métier ?

- Je vous en prie.

- Quel est votre métier ?

- Aucun...

À la base, je suis dessinateur dans un journal.

Je fais des caricatures

d'hommes politiques... - Cool.

- Le journal n'existe plus. Enfin, si, il existe toujours,

mais uniquement sur Internet.

Ils prennent des conneries, mais pas de dessins.

- OK.

Ça, c'est bon.

- C'est lui ? - Hm.

- Dites-moi.

Vous aimeriez commencer quand ? - Le plus tôt sera le mieux.

- Hm, hm.

- En ce moment, j'ai pas d'obligation.

Pas de projet.

J'ai plus rien dans la vie, alors...

- Super.

Concernant l'époque,

vous avez une idée

ou je vous fais des suggestions ?

- En fait, j'aime bien l'année 74.

- 1974 ?

- Oui, 1974.

Le 16 mai 74, à Lyon. - Ah oui, vous êtes précis !

- Oui, parce que ce jour-là, j'ai rencontré une personne...

que j'aimais beaucoup.

On fréquentait le même bistrot. C'est devenu une pharmacie.

- Cette personne est vivante ?

- Non, elle est morte.

Elle est morte depuis quelques années.

- Ah...

- Ça pose problème ?

- Non, pas du tout. Au contraire.

- "Au contraire" ? - C'est pas

ce que je voulais dire.

Dans la séquence, vous aimeriez incarner qui ?

- Ben, moi.

- Vous voulez rester vous-même ?

- C'est pas que j'adore ça,

mais en l'occurrence, à l'époque, c'était pas horrible

d'être moi.

C'était pas génial, mais c'était pas...

C'était mieux.

Je vous sens pas convaincu.

- Hein ? Ah, si, si.

Si, si...

Je vous explique. On va prendre contact avec vous

d'ici quelques jours, et quelqu'un

va venir vous prendre. - Ça se passera à Lyon ?

- Non, je crois pas.

On a plusieurs décors.

Le site principal est pas loin d'ici.

Musique douce

...

- Pour aider, je possède un document.

C'est le brouillon d'une BD.

- Ah oui.

- C'était dans ce café,

justement. - Super. Merci.

- J'étais jeune, hein ?

- C'est très bien, ça.

Il y a des images.

- Si vous pouvez faire attention... J'y tiens beaucoup.

- D'accord.

...

- Monsieur...

...

- Bonjour, monsieur Drumond.

C'est un plaisir de vous accueillir.

- C'est fou. Cet hôtel a disparu dans les années 80.

J'ai l'impression d'y être.

- Mais vous y êtes.

Voici votre clé. La 14, n'est-ce pas ?

- La 14, exactement.

- Vos affaires sont dans la penderie. - Quelles affaires ?

...

- Des photos ou autres ?

- J'habite plus chez moi. J'ai pas grand-chose.

...

Vous annoncez du sur-mesure,

c'est pas seulement de la pub !

- Non.

- Margot... - Non.

- Attends. - Tu veux quoi ?

- Tu étais géniale. - T'as vu que la fin.

- J'avais pas le temps. - Moi non plus.

- Ça se passe bien ? - T'as vu, la salle est pleine.

- Il faut que tu reviennes.

- Qu'est-ce que tu veux ?

- J'ai besoin de toi.

- Moi pas.

Je veux plus te voir. C'est clair ?

- Je te parle pas de nous, mais d'un travail.

- C'est pareil. Les deux me font chier.

- C'est important.

- Chut !

Arrête de croire que je dirai oui à tout.

- Je crois pas ça. - Si. Je t'ai toujours dit oui.

- Non.

- Ah oui, continue ! Continue !

Oui ! Oui ! Oui ! Ah !

Oui ! Ah oui ! Ah oui ! Ah !

Non. C'est quoi encore ? C'est qui, ce client ?

- Un type que je connais, qui compte pour moi.

- Quelqu'un compte pour toi ?

Quelqu'un de vivant ?

- Petit, il m'a offert un livre qui m'a sauvé la vie.

- Je lui dis pas merci.

- T'auras plein de choses à jouer. - Je pourrai improviser ?

- Pourquoi tous les acteurs veulent improviser ?

- Je peux pas. Tu maîtrises pas tes nerfs.

- Moi ? - Tu vas m'engueuler...

- Tu regardais dans le vide !

- Je te jure que non.

- Même là, tu regardes dans le vide !

T'es pas là. T'es où ?

Margot ? Margot ?

On peut appeler Margot ? Alors, je vous donne son portable.

06 12 45 27 15. Deux jours qu'on répète cette scène !

Alors ?

C'est pas compliqué, ça ! Qu'est-ce qu'on fait en attendant ?

Vous avez quel âge ? - 85 ans.

- Madame a 85 ans.

Elle a pas que ça à foutre de passer la journée

à attendre que tu te mettes à jouer ces putains de scènes !

Ah non !

- Puis tu vas t'excuser...

- Mon ange, pas le temps de pleurer.

On bosse. Excuse-moi.

Je te parle pas, à toi...

Je parle à l'actrice, putain, au personnage.

- Puis tu vas recommencer.

- On n'est pas là non plus pour se lécher les bottes !

Si on doit faire attention à tout ce qu'on dit...

Madame est en porcelaine.

On peut rien lui dire. On peut pas la blesser, l'offusquer.

Il faut changer de métier, si tu supportes pas les reproches.

Attention, elle est susceptible, l'actrice !

Non ! Non ! Non ! Non !

Ça fait deux jours

qu'on la répète, cette séquence !

Regarde-le !

- Puis t'excuser encore.

- Magnifique ! Le client était sous le charme.

Il t'a adorée.

Excuse-moi pour tout à l'heure. C'était à cause du décor.

- Pas de problème.

Soigne-toi.

- Moi ? Tu m'as pété le nez.

- Il y a toujours un regard que tu trouves faux,

une réplique mal dite.

Je serai jamais comme tu veux. - T'es la meilleure.

- Pourquoi tu me traites mal ?

- Aïe, ma jambe. Arrête.

- Hein ? Pourquoi ?

- Je fais des efforts. Je fais de la méditation.

J'ai vu un spécialiste, mais je sais pas...

T'es en train de foutre de l'eau partout.

Pardon. - La méditation...

- C'était un dessinateur. Il était à la mode dans les années 80.

- Et mon rôle, ce serait quoi ?

- Son grand amour. Tu fais très bien les grands amours.

- Garde ça pour tes pouffiasses.

Tu restes pas ?

- J'ai 8 jours pour construire les années 70.

Je dois refaire toutes les façades.

- Alors, va te faire foutre.

Tiens, t'oublies ça.

Bonne nuit.

Tu casses pas un meuble ? - Non.

- La dernière fois, t'as pété la commode.

- Je fais de la méditation. - Waouh !

*Dionne Warwick : "(There's) Always Something There to Remind Me"

...

- Coucou, ma belle. Contente de te revoir.

- T'as de la chance.

...

*- Margot, tu m'entends ?

- Malheureusement.

...

- Le client est en chemin.

- On va pas tarder.

- Tout le monde a les documents ?

Oh ! Je vous parle.

- OUAIS !

- Le couple, là, ça va pas.

- Qu'est-ce qu'ils ont ?

- Ils sont beaux et jeunes.

- On n'a plus le temps de changer.

- Vous êtes prêts ? Il arrive.

- Tu vois la jeune fille derrière toi ?

Bonjour. - Bonjour.

- Tu peux la remplacer ?

- Je suis pas comédienne. - Tu seras parfaite. Hein ?

- Grave. - Grave.

- Va te changer.

- OK, cool. Ça me fait marrer.

- Moi aussi. Allez, on se met en place.

- Vite, vite.

*The Monkees : "I'm a Believer"

...

Tout le monde allume sa clope. Allez, la clope !

...

- Ça va, mon grand ?

- Oui, oui, ça va.

Ce bistrot, c'était ma vie, mon bureau, ma maison.

J'aurais dormi sur une banquette si Yvon me l'avait permis.

Bonjour, Mesrine. La forme ?

Dans mes souvenirs, t'étais vivant.

- Vous aimiez quoi

dans les années 70 ? - C'était plus simple.

Il y avait les riches, les pauvres, la droite, la gauche...

On défendait les immigrés sans se soucier de l'économie.

Les religieux nous gonflaient moins.

Les gens se parlaient sans regarder leur téléphone.

Et puis, j'étais plus jeune. Voilà.

- Alors, les parents vont bien ?

- Ben non. Enfin, oui...

Enfin, je sais plus, là.

- Ta table va se libérer.

- Oh, ben, super. - Je te sers quoi ?

Une petite Suze ?

- C'est bien, ça, la Suze. C'était bon, la Suze.

- Sers une Suze au petit Victor.

- "Au petit Victor"...

Oh là là !

Qu'est-ce que vous lisez ? - France-Soir.

- Merci. Rappelez-moi votre prénom.

- Euh...

- Oh, le con.

Jean-Claude.

- Jean-Claude.

- Ah, c'est ça.

La moustache et l'accent toulousain.

Jean-Claude...

Il prenait de l'héroïne, il est mort d'une overdose.

Oui, c'est pas drôle.

Je comprends pas pourquoi je souris. C'est juste de revoir tout ça.

Ils ont bien bossé, hein. C'est bien foutu, leur truc.

Je peux vous poser une question ?

- Je vous en prie.

- Le ministre des Finances ?

- Ben...

- Ministre des Finances, 74. Vite.

- Ben, ben...

- 74, les gars.

- C'est pas... - Ben...

- Ben, allez.

- Fourcade. Fourcade.

- Fourcade.

- Fourcade. - Raté.

Si on est bien le 16 mai, Fourcade sera nommé dans 2 semaines.

- Dis-lui que tu t'en fous, de la politique.

- Je m'en fous, de la politique.

- Vous avez bien raison.

Quand on voit ce que c'est devenu...

- Le seul qui dit pas trop de conneries, c'est Coluche.

- Une blanquette à 20 francs. Ça, ça me parle, ça !

- Elle est très bonne.

- "Petit salé aux lentilles, navarin d'agneau,

"pâté en croûte, coq au vin, quenelles..."

On grossit et on crève, mais avec le sourire.

Excusez-moi. Vous, vous êtes réel ou vous êtes aussi un acteur ?

- Ah, non. Moi, je suis un client.

- Ah, on partage la même séquence ? - Oui.

Je profite de votre passé. Ça vous gêne ?

- Non, pas du tout.

- Sauf que moi, c'était à Lille. - Ah !

- Vous avez demandé quel âge, vous ? - 25 ans.

Et vous ? - 18.

- Ah, carrément.

- Pourquoi se priver ?

- Les jeunes, je vous ressers ?

- NON, MERCI !

- "Les jeunes"... C'est ridicule.

- Moi, j'aime bien.

- Vous arrivez à y croire ?

- Oh, oui ! Oui.

Ah, mais vous serez surpris.

Au début, on fait le malin, on résiste. Et peu à peu...

Moi, ça fait 2 semaines.

- Deux semaines ? Vous avez les moyens.

- Mon père m'a laissé beaucoup d'argent.

En fait, c'est avec lui que j'ai rendez-vous ce soir.

Je revis la soirée que j'aurais voulu qu'on passe ensemble.

Ben, tiens, le voilà. Papa !

Bonne soirée. - Oui, à vous aussi.

- Papa...

- Il est fou, lui.

- Pourquoi ?

- Ta table est bientôt prête.

- Cool.

- Un dessert ?

- Oui. Vous auriez pas des œufs durs avec un peu de sucre ?

- Je vais vous trouver ça.

- Je l'ai quitté.

- Qui ça ?

- Ton père.

Et oui, j'ai rencontré quelqu'un.

Oui, oui.

Quelqu'un de plus jeune, plus positif... Bref, t'as compris.

Il est question qu'on s'installe tous les deux.

Et ça sera sans doute à la maison.

J'adore cet appart, après tout.

- Mais...

- Tu penses qu'il est tard pour tomber amoureuse ?

Mais d'abord,

un, je suis pas d'accord, deux, je suis pas amoureuse.

Et puis, ne me regarde pas

avec ces yeux de bourgeois.

N'oublie pas ce que dit Freud :

"La disposition joyeuse est produite par la permission

"de faire ce qui est défendu."

Je t'ai bien accordé d'épouser une conne, moi.

C'est beau, ici.

Tu viens souvent ?

- Voilà, Victor. - Merci.

- Je t'en prie.

- Lucie,

viens voir. - Quoi ?

- Tu termines quand ? - Pourquoi ?

- Parce que je t'aime. Je t'ai écrit une chanson.

- Arrête ton char.

- Si. Ça s'appelle "La Serveuse aux yeux d'or".

Elle me servait des verres La serveuse aux yeux d'or

Et en buvant ses verres

J'imaginais son corps

- Il est chanteur, lui ?

- J'en viderais bien encore

Tout le long de son corps

Oh, oh, oh, oh

Chaud, chaud, chaud

- J'étais bien ? - Hm.

- Top.

- Qu'est-ce qu'elle fout, Margot ?

Freddy a commencé.

- Tu te calmes ! J'arrive.

Tu prends un Lexomil, tu te fais sucer la queue

*par une de tes larbines, mais tu me lâches.

- OK.

- S'il aimait les travelos, il va pas être déçu.

Chaud, chaud, chaud

Chaud, chaud, chaud - Oh, oh, oh !

Tu vas pas nous casser les oreilles ?

- T'aimes pas les jeunes ?

- J'aime pas les cons.

- Vieux facho !

- Petit pédé !

- Pardon. - Pardon.

Je suis désolée.

- En la voyant, j'ai cru qu'elle était saoule.

Une vraie boule de bowling dans un jeu de quilles.

- Salut, poupée. - "Poupée" ?

T'es pas malade ?

T'avais 40 de fièvre.

- Quand elle était très en colère, elle pouvait faire trembler la terre.

- Prêts ? Maintenant.

- Déjà guéri ?

- Ben... faut croire que oui.

Ah, ouais... Ça commence bien, mon ange.

- J'aime ta peau d'ébène

J'aime quand tu ramènes

Tes petits seins d'amour

Ton corps de velours Tin, lin, lin...

- Tu me fais mal. - Ça lui a plu, à Nathalie ?

- Ça va, c'est qu'une chanson.

Aïe !

- C'est que tes couilles. - Tu me fais mal.

- Pas les copines.

- Cette copine-là, elle est vraiment bonne.

La salope !

- Non, "grosse pute".

- Pardon ?

- Sauf erreur, il l'a traitée de grosse pute.

- Il a raison.

- Goure-toi encore et c'est moi qui te pète les burnes.

- Il se mêle de quoi ?

- Je chipote.

- Regarde-moi, connard.

T'as 41 ans

et même pas un 45 tours.

Tu trimballes ta guitare pour compenser le pipeau entre tes jambes.

- C'est très écrit.

Elle a pas dit ça,

mais quand je note de mémoire, j'embellis.

- Tu la fermes ?

- Vous êtes très bien.

- Vous êtes qui ?

- Moi ? Personne. Pour l'instant, personne.

- Bon, allez...

Moi, je trace la route. - C'est ça, casse-toi.

- Jeune homme,

si je puis me permettre...

- Putain !

- C'était un verre de vin.

- Connard.

- Les cons ! Vous voyez bien que c'est du vin, non ?

- Putain ! Ils font chier, quoi. C'est ma veste perso, en plus.

- Merde. - Ils auraient pu prévenir.

- Calme-toi. - Non !

*J'ai raqué 35 000 balles.

- On a eu 3 jours pour répéter 5 personnages.

On a les Accords de Munich demain. - Je m'en fous, des nazis !

*Putain ! Fait chier.

Qu'est-ce qu'elle fait, là ? - Elle l'a explosée.

- Forcément.

On lui gueule dans l'oreille.

- Pourquoi on me file toujours des rôles d'abruti ?

- Ben...

- Ben, quoi ?

- C'est ton physique, pas toi.

*Billie Holiday : "The Man I Love"

...

- Vous pouvez m'insulter, vous défouler sur moi.

- Je peux ?

- Allez-y.

- Vous êtes moche.

- Hm.

- Vous êtes menteur, inconstant, faux, bavard,

hypocrite, orgueilleux,

lâche.

- Méprisable ?

- Parfaitement.

- Musset. C'était sa tirade préférée.

Mais comme vous avez rajouté "moche"...

- Ça m'est venu comme ça.

Je m'amuse.

- Moi aussi.

Ça va mieux ?

- Ça crève, d'enchaîner

les sales types. - Vous les enchaînez ?

- Je suis connue pour ça, je me trompe à chaque fois.

- Vous avez mauvais goût ?

- Très. Par exemple, je vous trouve charmant.

- Ah oui, c'est grave, alors.

- Épousez-moi. - Vous êtes sérieuse ?

- Ah oui. Il faut que ça s'arrête.

Même si vous êtes un enfoiré, vous seriez le dernier.

...

- Elle improvise, là ?

- Non, elle a bonne mémoire.

- Vous faites quoi ?

- Euh...

- Tu fais médecine, putain.

Envoie Lucie

avec une oreillette.

Baisse

la lumière.

- Vous venez de louper

un concours de médecine ?

- Comment vous savez ça ?

- Je ne sais pas. L'intuition.

- Vous êtes fort. Continuez.

- Je dirais que vous êtes née à Grenoble.

Vous êtes un bébé prématuré. - Aïe !

- Vous avez failli mourir,

ça m'aurait embêté. - Et mes parents ?

- Je les détestais. Votre père, surtout.

Il rêvait de vous voir chirurgien. Vous avez fait une prépa, à Bordeaux.

Mais vous êtes tombée amoureuse. - Un con ?

- Oui. Très jaloux.

- Méchant. - L'enfer.

Il vous voulait

pour lui tout seul.

- Alors, il m'empêchait de bosser. - Oui.

Puis il vous a quittée pour une blonde

"très très grande", comme vous dites.

Depuis, vous portez toujours des talons très très hauts.

- Et vous me connaissez très très bien.

- J'ai l'impression.

- Bien. Elle est bien.

- C'est tout ? - Non. Vous n'aimez pas être rousse.

Dans quelques années, vous allez

vous teindre en brune.

J'ai trouvé ça dommage, mais c'était très bien aussi.

- Politiquement, je suis...

- Vous venez de voter communiste, et dans 30 ans, vous voterez Sarkozy.

- Qui ça ?

- Peu importe.

- Et vous ?

- Moi ? Moi, je vous dois tout.

- Tout ?

- Tout. Le dessin, par exemple.

C'était un hobby. Vous m'avez poussé à en faire mon métier.

Vous m'avez sauvé de l'alcool.

Vous m'avez fait connaître des livres, des gens, des villes. Tout.

- Il cause bien, le vieux.

- C'est joli, ce que vous dites.

J'adorerais qu'on me dise ça.

- Là, elle est censée commander les œufs durs.

- Avec du sucre. Remonte un peu la lumière.

- C'est terminé, Victor ?

Un dessert ?

- Oui. Vous auriez pas des œufs durs avec du sucre ?

- Oui, oui.

On a.

- Merci. - Je vous en prie.

- Bizarrement, j'adore ça.

- C'est un plat

particulier.

- Mmm. J'adore ça.

- La pauvre.

- Vous êtes comédienne ?

- Moi ? - Vous devriez.

Je vous trouve très bien.

Les quelques répliques que vous avez dites,

franchement, c'était...

- Je comprends pas.

- Bravo. C'est pas comme réciter le même texte tous les soirs.

Et puis, personne ne vous applaudit.

Quoique je peux le faire.

- Il casse la scène.

- Change de sujet, Margot.

*Parle-lui de ses mains.

Les hommes adorent ça.

Les compliments en général.

Tu sais, ce que tu fais jamais.

On serait encore ensemble si... - Tu te fous de moi ?

- Pardon ?

- Vous vous foutez de moi.

Vous me proposez pas

de m'asseoir.

Offrez-moi

un verre.

*- Je vous en prie.

- Dégage.

- Qu'est-ce que vous buvez ?

- Vous avez de belles dents.

Et j'adore vos oreilles. - Mes oreilles ?

*- Elles sont top. Ni trop grandes ni trop petites.

Mais alors, ces mains...

Mon Dieu, ces mains.

- C'est bon, ma chérie.

- Ne m'appelle pas "ma chérie". - Mais non.

- Elles sont si douces.

- Je sais pas, je...

- Oui ?

- Un whisky.

- Elle buvait de la vodka.

- Moi, je veux un whisky. J'ai pas le choix ?

- Bien sûr que si.

- Bien sûr que si.

- "Le téléphone sonna."

- Téléphone. - Téléphone.

- Ça doit être pour vous.

- Allô ? Je vous la passe. Marianne !

- J'arrive.

- Allô ?

- Je détestais déjà son interlocuteur. Je me figurais des hommes,

tous plus beaux, plus forts que moi, ce qui était pas très difficile.

- OK.

Je file. J'ai rendez-vous. - Avec l'autre ?

- Oui, avec l'autre.

- Et papa, il dort où ?

- Chez un ami à lui.

- Qui ça ?

- Tu le connais pas. - Le pauvre.

- Allez, mon bébé.

Sois pas triste.

Tes parents faisaient la gueule.

Lui, il a toujours fait la gueule. Tu seras pas dépaysé.

- Je te reconnais pas. J'ai peur que tu fasses une grosse bêtise.

Elle chantonne.

- Tu veux pas te réjouir

au lieu de me juger ?

J'aurais jamais dû te donner le sein, à toi.

Sucer le sein maternel, ça devient le point de départ

de toute vie sexuelle, et c'est aussi

le point d'arrivée.

Bonne nuit.

- Allô ?

- Tout se passe bien ?

- Oui, ça avance. T'inquiète.

*- Il a l'air heureux ?

Est-ce qu'il bande ?

- Quoi ?

*- Dis-moi qu'il bande.

- Je vais aller voir. Allez, à tout à l'heure.

- Excusez-moi, c'était mon frère.

- C'est ce qu'elle m'avait dit. Le frère en question était un Italien

avec qui elle couchait les mercredis.

- Vous me prenez pour une pute ?

- On est en 74, c'est une période un peu confuse. Les gens changent.

- Je crois pas.

- T'as tort. Il a raison, les gens changent.

- Tais-toi.

- D'accord.

- T'as jamais été

aussi belle.

- Ça va ? On te dérange pas ?

- T'es magnifique.

- Tais-toi.

- Je pourrais te regarder jouer pendant des heures. Pardon.

Je fais n'importe quoi.

- Ça va pas ?

- Si.

Si, ça va.

Mais j'aimerais qu'on arrête de reproduire les mêmes erreurs.

- OK, pardon. Mauvais moment. Vas-y, enchaîne.

- J'en ai marre d'attendre quelque chose de doux,

quelque chose d'harmonieux

et de vrai.

Je suis fatiguée d'attendre.

- Elle fait quoi ?

- Pardon.

- Faites entrer la chanteuse.

Et Gisèle juste après.

- On envoie la chanteuse, et Gisèle juste après.

Air de "Por una cabeza" - Pour la voir sourire

Et l'entendre rire

Je donnerais le temps qu'il me reste à pleurer

Pour une caresse

Un verre de tendresse

Je vous fais cadeau de mon avenir Bien volontiers

- Elle est chanteuse ?

- Chouchou, tu viens ? On t'attend, nous.

- J'y vais.

- Déjà ?

- Voilà. Monte la musique.

*"Por una cabeza"

...

Voilà. C'est bien, ça.

- T'es qu'un gros pervers.

*Tu te branles devant tes mises en scène.

- Mademoiselle !

- Oui ?

- Vous avez oublié ça.

- Ah, merci.

- Ça a été un plaisir de vous rencontrer.

Tout est faux, mais c'est pas désagréable.

Vous serez là demain soir ? Moi, oui.

- D'accord.

- Y avait de la pluie.

- Pas le premier soir. Je te jure.

- On s'en fout. Envoie.

- Je vous remercie.

...

- Arrête cette pluie, je vais choper la crève.

- On peut se voir après ?

...

- Très jolie.

- Mais très jeune, aussi !

- On a l'âge qu'on se donne. Moi, j'ai 18 ans depuis 15 jours.

Voici mon père.

- Enchanté.

- Enchanté, jeune homme.

À bientôt, mon chéri. - Salut, papa.

- Lui faites pas faire le fou.

- Promis.

Ça a été ?

- Oui. D'autant que dans 5 heures, il va mourir d'une crise cardiaque.

- Un dernier verre ? - C'est pas de refus.

Musique douce

...

- On va rire, tous les deux ? - Oui.

- On va être joyeux ? - Oui.

- Regarde-moi comme si j'étais la promesse du paradis.

- Je peux remettre mes lunettes ?

Oui. Oui.

...

...

- Pour Friedrich Engels, le bonheur,

c'est une gorgée de château Margaux 1848.

- Arrête, avec ça. J'aime pas le vin.

T'as pas une bière ? - Une bière, là ?

- Je déteste ce tableau.

Je parais morte,

comme quand je vivais ici.

- On n'était pas si malheureux.

- T'en as pas marre,

de tous ces trucs ?

J'avais envie de mettre des baskets,

de bouffer du McDo et d'écouter du rap.

- Pourquoi tu l'as pas fait ?

- Tu me faisais peur. Je faisais semblant de lire

des poèmes et d'aimer l'opéra.

Une fois,

je me suis demandé comment on taillait une pipe

en 1841. -Je peux te montrer.

- Ah ! Pardon. Je voulais juste déposer

le programme pour demain. - Merci.

- Tu voudrais que je joue dans la prochaine séquence ?

Parce que pour ma part, j'ai trouvé l'expérience

hyper enrichissante.

Bon. On se parle demain.

- À demain. Merci.

- Elle tremblait. Tu la niques ?

- Non.

- Si. Et elle, là, les deux ?

Tu les niques toutes une fois.

C'est comme une revanche

sur ta période dents jaunes, boutons d'acné.

- Qu'est-ce que tu fais, là ? Tu t'en vas ?

- Ta démarche de boiteux, t'en rajoutes pour faire chic

ou bien ?

- Bonne nuit.

Tu claqueras la porte en sortant. - Oh...

C'est tellement XIXe. Lord Byron sur la plage du Lido.

Bouffon !

- Connasse !

Musique dramatique

...

(- Oh, merde...)

Hé !

Tu ronfles.

- Ben oui. - Mais arrête.

- Monsieur Drumond... Excusez-moi,

nous allons devoir récupérer votre costume.

- Pourquoi ?

- Votre séjour a pris fin ce matin.

- J'ai rendez-vous ce soir.

Combien ça me coûterait de prolonger ?

*- Je calcule.

C'est pas facile à brûle-pourpoint.

*Ça va chercher dans les...

- Combien ? En euros ? Mais c'est énorme !

Eh ben, d'accord. Vous savez quoi ? D'accord !

- Votre costume.

- Quoi ? C'est le costume le plus cher que j'ai jamais porté.

Je reste là.

- Comment il va faire pour réunir cette somme ?

- T'inquiète pas pour ça.

- Je lance les répètes ?

- Oui, fonce.

...

- C'est qui, ce guignol ?

- Mon père.

T'as vu ?

Je t'ai mis partout.

Tu le lis pas ?

Je te présente l'équipe ?

- C'est pas la peine, je suis sûr qu'ils sont super.

- Bon, ben...

Ça me fait tellement plaisir.

J'ai toujours rêvé

qu'on travaille ensemble. - Moi aussi, finalement.

J'ai un service à te demander.

- Oui ?

- On va bosser avec ce type ?

- Il a un look très personnel.

- C'est une grosse somme. - Prends-la sur mon salaire.

- D'accord, mais... - Allons,

je t'ai filé de l'argent de poche jusqu'à 25 ans.

On va dire que tu me rembourses

toutes les vacances que je t'ai payées.

- Oui.

On va dire ça.

- Il lui fait un chèque.

- Avec maman, ça va ? - Très bien. Super, vraiment.

J'ai l'impression de la redécouvrir.

- Bienvenue.

Fontella Bass : "Rescue Me"

...

- Allô ?

- Ça me coûte cher, tes conneries.

- Ça vaut pas le coup ? *- Si.

Enfin, j'espère.

- Allez, à plus.

Je peux voir la pluie de pétales ?

...

La beuh, faut en foutre partout.

Une moquette de beuh.

Éteignez, pour voir. Éteins !

Pas mal. Ça marche bien, finalement.

Allez.

...

- Je te sers ?

- Non, j'attends quelqu'un.

- La petite d'hier ?

- Tu lui donnes

quel âge ?

- De toute façon, la beauté, ça n'a pas d'âge.

Et puis, t'es qu'un gamin.

- Tu l'aimes, ou quoi ? - Oh là !

Ça remonte à y a longtemps.

J'avais 13 ou 14 ans. On vivait dans un taudis. J'étais nul à l'école.

Mon père disait que j'avais rien dans le cerveau.

Je faisais 1,02 m, j'avais des boutons.

- Toi aussi ? Ça me fait plaisir.

- Et un matin, j'ai appris que la seule fille qui m'aimait bien

m'avait lâché pour un garçon qui s'appelait Jérôme Corcelet.

Jérôme Corcelet...

Cet enculé.

J'ai ouvert la fenêtre, j'ai regardé dans le vide...

et là, j'ai fait n'importe quoi.

Je suis parti en couilles.

- C'est pour ça

que ta jambe... - Non, pas du tout.

Je me suis niqué le poignet.

Quelques mois plus tard, j'ai rencontré son fils.

Là, on devient copains.

Il m'invite en vacances. Ses parents sont là.

L'inverse des miens.

Des gens drôles, vifs. Ils avaient l'air

tellement amoureux.

J'avais jamais vu

un couple comme ça.

Un soir, il m'a offert ce livre qu'il a illustré.

Je le relis tous les ans.

- Et ta jambe, alors ?

- Il est tombé en faisant du ski. Fracture du péroné.

Dans deux mois, il court.

- Qu'est-ce qu'elle fout ?

- Je sais pas, moi.

- Je dois passer à une fête.

Vous venez ?

- Ben...

- Allez, c'est juste à côté.

*"You Gotta Hold On Me"

- Allez, on y go.

Allez. Allez !

- Tiens.

- Non, merci, c'est gentil.

- Hein ? - Rien.

- Je le prends.

- C'est pas bon

de mélanger l'alcool et le...

- L'alcool et quoi ? - Le...

- C'est lui, le beau gosse ?

Enchantée. Gisèle.

- Ah oui, Gisèle.

Gisèle la foldingue !

Je suis content de te revoir.

Je l'aimais bien, Gisèle.

- Ça tombe bien, mon chou, la nuit est longue.

- Calme-toi, chérie.

...

- Attendez, les amis... faut que je m'allège.

- Ah, je suis désolée.

- C'était une fille très sensible : elle buvait pour combattre

sa timidité.

- On va boire un coup ?

- Je la préfère timide.

- Bonsoir. - Bonsoir.

- Dire qu'elle est devenue conseillère au ministère de l'Intérieur.

*"Working My Way Up"

...

- J'avais l'impression que l'herbe poussait sous mes fesses,

comme une immense forêt de plaisir.

...

- Il y en a qui s'emmerdent pas.

J'ai l'impression d'être en taule.

- C'est de la vraie beuh ? - C'est un mélange

de chanvre et de têtes de beuh.

- C'est lui. Il faut que tout soit réaliste.

- J'ai recruté 5 dealers.

...

- S'il reste de la beuh, on pourra la goûter ?

- Ouais, bien sûr. Tu peux te toucher.

Il joue "Bobby McGee" de Janis Joplin.

- Busted flat in Baton Rouge

Waiting for a train

Feeling nearly as faded as my jeans

Bobby thumbed a diesel down

Just before it rained

It rode us all the way to New Orleans

I pulled my harpoon

Out of my dirty red bandana

I was playing soft while Bobby sang the blues

Windshield wipers slapping time

I was holding Bobby's hand in mine

Nothing...

- AIN'T WORTH NOTHING IF IT AIN'T FREE

- Avec ces marchés parallèles,

on renoue avec l'utopie communautaire

des années 70.

Les gens partagent, se mélangent,

sans frontière socioculturelle.

- C'est ce que j'appelle la e-convivialité.

- Et Victor, il va bien ?

- Oui, il travaille avec notre fils sur un gros projet de série.

- Ah oui ? Sur quelle plate-forme ?

- Starnet.

Ils reprennent le refrain en chœur.

- Et s'il fait un bad trip et nous colle

un procès ? - Lui ? Regarde ses yeux.

Je le sens pas très procédurier.

...

*Baccara : "Yes Sir, I Can Boogie"

...

- Tu dansais bien.

- Quoi ?

- J'adorais te voir danser.

- Ah !

...

- Ma chérie, vas-y mollo sur la bière.

- Je t'emmerde.

- Sa femme n'était pas stripteaseuse.

- Ah bon ?

...

- On envoie les roses. - Non, oublie les roses.

...

T'es con ou quoi ?

...

- Ce qu'elle est belle. - Grave.

- Oui, très très belle !

- Qu'est-ce que t'as ?

...

- Vous avez testé la thérapie des grains de café dans le rectum ?

- Du café dans le rectum ?

- Je l'ai lu sur le blog de Gwyneth Paltrow.

Introduire un grain de café dans le conduit détoxe le colon.

- C'est intéressant, ça.

- Marianne ?

Marianne ?

- Pardon.

- Ça va ? - Oui.

Vous êtes chiants, mais ça va.

- Qu'est-ce que tu dis ?

- Vous êtes chiants.

Vous êtes sinistres, ce soir. Diane, tu le sais bien.

C'est mon mari qui vous a payés

pour être aussi pénibles ?

S'il avait été là, on aurait pu dire du mal de vous.

Je vais y aller, non ?

Il le faut.

Je prends ça, parce que c'est bon.

C'est très bon.

- Tu veux qu'on t'appelle un taxi ?

- J'ai quitté Victor. Depuis, plus de nouvelles.

Je sais même pas

comment il va.

Mais bon.

*"Lost in Your Arms"

...

- C'est des vrais cheveux ?

- Bien sûr que c'est des vrais.

Tout est vrai.

- Ils sont devenus quoi, tous les gens comme toi ?

On les a mis où ?

- Hein ?

...

Où est ma femme ?

- Qui ?

- Je vais prendre l'air un peu.

...

- Faut qu'il arrête la beuh. - Je l'aime bien foncedé.

...

- Pardon.

- Viens.

- Peut-être plus tard.

- J'adore mon taf.

- On bouge.

- On arrête la partouze.

...

- Je vous dérange ?

- Non, pas du tout, c'est juste que ça tourne.

Elle est forte, leur moquette.

- Ouais.

Le truc, c'est de surtout pas fermer les yeux.

Respirez.

Fort.

- Hein ? Plus fort.

Je crois que c'est pire.

- Ouais, c'est pire.

Regardez-moi.

- Vous avez mis son parfum.

Je l'adorais, celui-là. Il y avait de la bergamote.

Tu me manques.

- Vraiment ?

...

- Elle l'embrasse !

- C'est écrit : "Nous nous embrassâmes

"avec une brutale conviction."

- On devait sauter ce passage.

- Mais qu'est-ce que vous faites ? Je suis vieux.

- Moi aussi.

Je suis vieux.

- Margot, tu te venges. - C'est de bonne guerre.

- Qu'est-ce que tu dis, toi ? - Rien.

...

- Je vais lui parler.

D'où elle l'embrasse ? - Calme-toi.

...

- Arrêtez, arrêtez. Stop.

- Laisse-la improviser.

- Improviser quoi ? Une pipe, une levrette ?

- Arrête. Laisse-la faire.

- C'est de la flotte, putain !

Mais tout est bidon, en fait.

Hein ?

Ça, c'est bidon.

Ça, c'est bidon. Ça, c'est bidon. Tout, tout !

Moi, je suis bidon !

- Peut-être.

- Vous avez bien un prénom ?

- Non. - Mais si !

Riaan Vosloo et Benedic Lamdin : "Crying Tree"

- Là, c'est un raccourci, enfin, j'espère,

qui nous emmène au plateau E.

- Messieurs, la discussion avance d'une façon plutôt positive.

- Ça va ? - Ouais.

- Attention.

- Et là ?

Oh !

Excusez-nous, messieurs.

- Excusez-moi, mais ça joue.

- Y en a pour deux secondes.

Oh, c'est pas vrai !

Oh, les tarés !

- Vous êtes qui ?

- Pardon, monsieur, je...

Venez !

- Pardon !

- Vous êtes restés, vous ?

- Ouais, on discute.

- Je peux venir ?

- Non. - Non.

...

- Ben dis donc, c'est...

- Entrez, j'arrive tout de suite.

...

Ça va ?

- Dites-moi, c'est le petit...

Il a pas tellement changé.

Vous vivez sur le décor ?

- C'est provisoire.

Je vais vous faire un thé

avec du gingembre. Vous devez avoir faim.

- Je pourrais bouffer un chien.

- Le nom de mon père, c'est Piotrowska.

- Piotrowska ?

- Mes parents sont polonais.

Je m'appelle Camille Piotrowska.

- Vous aviez l'accent ? - J'avais un an et demi

quand on s'est installés en France.

- J'ai une passion pour la Pologne.

- Ah oui ? - Oui.

- Alors dis-moi, Victor,

tu connais quoi de la Pologne ?

- J'ai vécu à côté de Varsovie, à Dobre.

- Oui, Dobre. Je connais.

- J'ai fait une BD qui s'y déroulait pendant les années 20.

- J'aimerais bien la lire.

- Moi aussi, mais je la retrouve plus.

- Comment ?

- Vous avez toujours voulu être actrice ?

- Non. J'ai commencé par le piano.

Nous, on joue du Chopin avant de savoir marcher.

- Vous jouez bien ?

Elle joue "Impromptu No2, Op.36" de Chopin.

...

- Et puis, j'ai arrêté. J'étais pas assez douée.

- Qui vous a dit ça ?

- Moi.

- Jouez, c'est agréable.

...

- Hé !

Il va falloir rentrer chez vous.

- Je peux pas rester ? - Non.

Regardez vos dessins. Ils dorment pas ensemble

avant le 4e soir. - C'est à vous que je parle.

- Non, vous avez pas le droit.

Je risque de perdre mon boulot.

Et j'ai besoin de ce travail.

- On se revoit quand ?

- En 1974.

...

- Monsieur Drumond,

mettez ça dans votre oreille, s'il vous plaît.

*- Bonjour, Victor.

J'espère que vous m'entendez.

Je voulais juste vous dire

que ça m'a fait très plaisir de vous voir sourire ce soir.

J'ai l'impression que vous allez mieux

qu'en arrivant ici, et pour moi, ça n'a pas de prix.

Parce qu'il y a très longtemps,

vous m'avez fait du bien, je croyais plus en rien,

et vous m'avez dit :

"Faut être curieux. Faut développer ton imagination."

Alors, j'ai suivi vos conseils.

J'ai pas trouvé le bonheur, mais ça aurait pu être pire.

Là, c'est à moi de vous le dire :

continuez à inventer.

Je sais pas ce qui va se passer,

mais vivez-le à fond.

Putain, je parle comme une chanson.

- Salut.

- Coucou. Pardon de te déranger, je viens chercher quelques affaires.

- Tu me déranges pas.

Ça va bien ? - Très bien.

- Tu t'es rasé, ça te va bien. - Tu trouves ?

- Attends.

Tu veux prendre un café ? - Non, merci.

- D'accord.

- Dis-moi. - Oui ?

- Tu as des nouvelles de Gisèle ? - Qui ?

- Tu sais, ta copine Gisèle.

- Ah ! Ma Gisèle ? - Tu devrais la rappeler.

Elle est gentille, cette fille.

Alain Souchon : "J'ai dix ans"

- Les amis,

je vous présente Victor, mon papa, qui va travailler avec nous.

Paul, Stéphane, Louise...

...

- J'ai dix ans

Je sais que c'est pas vrai, mais j'ai dix ans

Laissez-moi rêver que j'ai dix ans

Ça fait bientôt quinze ans que j'ai dix ans

Ça paraît bizarre, mais

Si tu m'crois pas, hé

T'vas voir ta gueule à la récré

J'ai dix ans Je vais à l'école, et j'entends

De belles paroles doucement

Moi, je rigole au cerf-volant

Je rêve, je vole

Si tu m'crois pas, hé

T'vas voir ta gueule à la récré

Le mercredi, je me balade

Une paille dans ma limonade

Je vais embêter les quilles à la vanille

Et les gars en chocolat

J'ai dix ans...

- Ma femme et moi possédons un appartement du côté de Biarritz,

et on aimerait bien le vendre.

- Très bien.

...

Votre femme est d'accord ?

- Elle est toujours d'accord avec moi. - Vous avez de la chance.

- J'ai dix ans

Des billes plein mes poches, j'ai dix ans

Les filles, c'est des cloches, j'ai dix ans

Laissez-moi rêver que j'ai dix ans

Si tu m'crois pas, hé

T'vas voir ta gueule à la récré

- Mais qu'est-ce que tu fais, là ? - Rien. Continue.

- Bien caché dans ma cabane

Je suis le roi de la sarbacane

J'envoie des chewing-gums mâchés à tous les vents...

- Entrez, mes amis.

Viens. Assieds-toi.

...

Musique douce

...

- Allô ?

Je peux vous demander

d'éclater de rire ?

Et un rire

un peu plus énervant ?

Super. Maintenant, regardez mon collègue de façon libidineuse.

Top, merci. - Encore.

- Arrête.

- Excuse-moi, je suis en retard. - Vous êtes qui ?

- Ben, Marianne, mon cœur.

- Ah non, pas du tout. Il y a erreur.

- Je sais pas quoi faire, là.

- Moi non plus, parce que...

Elle est où ?

- Je ne sais pas, monsieur.

On m'a demandé d'apprendre un texte...

- Qu'est-ce qui se passe ?

Musique dramatique

...

- J'ai dépensé une fortune.

Réunir cet argent, c'était la croix et la bannière.

Dites-moi juste où elle est.

- Mais je n'ai pas le droit.

- Elle revient quand ?

*- Elle n'est pas censée revenir.

Elle a quitté le projet,

je peux pas vous dire plus. - Merci.

...

Qu'est-ce que vous faites là ?

- Je travaille. Voulez-vous qu'on fasse votre chambre ?

- Mais vous... - Quoi ?

(Ils m'ont demandé de changer)

(de rôle...) - Vous êtes comédien ?

(- C'est un grand mot.)

- Mais votre père, tout ça ?

(- Ça fait partie du jeu.)

(Les faux clients mettent en confiance.)

- Quoi ?

- Dites-moi, voulez-vous qu'on garde vos clefs ?

- Tu veux que je te les fasse bouffer ?

(- Je travaille, Victor. Je gagne ma vie.)

- Elle est où ? (- Qui ça ?)

- La fille. (- Lâche-moi, putain.)

- Elle est où ? (- Je te le dis si tu me lâches.)

Bien. Alors, je vais vous indiquer l'adresse d'un bon coiffeur

du côté de Levallois.

Voilà.

...

...

- Oui ?

- Je cherche Camille Piotrowska.

- Qui ?

- Attends, maman, laisse, c'est pour moi.

Que faites-vous là ?

- Je dois vous parler.

- Vous n'avez rien à faire ici. - Maman,

je me suis fait un bobo.

- Venez.

- Bonjour. - Bonjour.

- Entre.

On a fait l'anniversaire de la petite hier.

Chéri, je te présente Victor. On bosse ensemble.

- Ah, d'accord. Enchanté.

Les années 70 ?

- Ouais. Assieds-toi, Victor, j'arrive.

- Vous jouez quel rôle ?

- Mon père.

Il joue mon père.

- Ah, d'accord.

Il y a un truc, hein.

Vous voulez quelque chose ?

Sylvie, tu peux apporter des verres ? Vous pouvez la tenir ?

Vous n'avez jamais eu d'enfants.

- Si, il y a longtemps.

- Je peux pas, Antoine.

- T'as déjà joué ce genre de séquence, non ?

*- Oui, mais là...

- Oui, mais là quoi ?

- Si tu voyais son regard...

- Je le vois.

T'as couché avec lui ?

- Arrête.

- Quoi ?

Élargis la GoPro

du salon.

- Comment tu t'appelles ?

- Klaus Barbie.

- C'est joli, comme prénom.

- Klaus Barbie...

- C'est quoi, tout ça ?

- C'est ma vie. Vous saviez que j'étais actrice.

- Oui, mais la brune, la Polonaise, le piano, c'était quoi ?

- Je crois que c'est vous qui avez écrit ça, non ?

Je l'ai, là.

La violoniste de Varsovie.

J'ai juste un peu improvisé.

Je joue que des rôles, moi.

- Très bien.

*- Maman ! *- Quoi ?

- Sylvie.

- Enlevez votre manteau. Mettez-vous à l'aise.

- Vous la tenez ?

*- Je déteste ça. - Chauffe-le.

- C'est quoi, cette petite tête ? On dirait un labrador.

Musique enjouée

Votre visage me dit quelque chose.

- Tu peux le toucher.

- On s'est pas déjà rencontrés, nous ? - Je crois pas.

*- Maman...

*- Quoi ?

Attends, j'y vais.

- Vous êtes perverse.

- C'est moi qui suis perverse ?

Vous draguez votre femme à travers quelqu'un d'autre...

Vous vouliez une histoire d'amour.

- Oui, mais pas le chagrin qui va avec.

- Mais ça...

- Je vous dérange, là ?

- Non. On répète.

- Ah !

- Bonne tête de con, lui.

*- Je vais vous la reprendre, elle salope tout.

- Même le bébé est bien.

- Quel chagrin ?

De quoi on parle ?

- "Tu sais même pas qui je suis."

Musique. Musique.

*- Je suis des bouts

de dessins, de répliques...

- "Des bouts d'une femme que t'aimes."

- Des bouts d'une femme que t'aimes.

- Je pense que tu l'aimes. Tu la fuis, mais tu l'aimes.

Toi aussi, t'es plus le même.

- "Au lieu d'aller fouiller

"dans tes premiers souvenirs d'elle..."

- Trouve ce qu'elle a de beau, de triste, de surprenant,

là, aujourd'hui.

- "On ne peut pas

"réécrire les gens exactement comme on aimerait qu'ils demeurent."

- Faut accepter d'être déçu, d'être critiqué,

d'être prévisible, d'être moins brillant ou je ne sais quoi,

sinon, on vit que des débuts.

- Pourquoi elle pleure ? Je lui ai pas demandé de pleurer.

- On réussit quelques brouillons, mais on rate sa vraie vie.

- Oh, c'est génial.

On est dedans, là.

- Je suis désolée si je t'ai fait de la peine, papa.

Je te jure que je suis désolée.

- Pas autant que moi.

Je vais vous laisser.

- J'ai dit une connerie ?

- Non. Victor est fatigué.

- Je suis tombé amoureux de vous, vraiment.

- Qu'est-ce qu'il dit ?

- Non, rien. On répète. Au revoir.

- Au revoir. À bientôt.

- Elle était géniale. Il y a quelque chose.

- Mais non.

- Il est parti ? Ça commence à me gratter, ce truc dans l'oreille.

- Il est à qui, ce bébé ?

Tu peux fermer ta gueule ?

- Cette séquence, c'était pas marrant.

- T'as couché avec lui ?

T'as couché avec lui ?

T'as couché avec lui ?

- Tu vas trop loin.

- S'il se flingue,

vous me le dites pas.

- Arrêtez, tout va très bien.

Il va rentrer chez lui retrouver sa femme,

la regarder comme un marin regardant la terre après un naufrage,

et il va la serrer dans ses bras...

- Mais qu'est-ce que t'en sais ? Tu te prends pour Dieu ?

- Je suis scénariste.

Ça te va bien, un bébé dans les bras. Je rêvais de voir ça.

Musique.

*Berceuse

- Espèce de malade.

Tiens-moi ça 2 secondes.

- Oh non, merde ! Fait chier, là.

- Elles sont où, tes caméras ?

*Elles sont là ?

Tu me vois, là ?

Tu me vois, là, ou pas ?

- Miroir à 500 boules.

- Margot !

- Margot.

Margot.

Margot, arrête.

J'arrête.

- Je peux plus ! - Oui, je sais. J'arrête. J'arrête.

Je te jure que j'arrête. Je te jure que j'arrête.

Je te jure que j'arrête.

C'est fini.

J'arrête.

Je t'aime. Je t'aime.

Je t'aime.

After All : "And I Will Follow"

...

- Bonjour.

- Bonjour.

- Je t'ai fait des œufs.

Tiens, avec un peu de sucre.

Vous n'imaginez pas ce qui vient de m'arriver.

Allongé, le café, non ? - Oui.

- Je suis reparti dans les années 70.

J'avais envie de te rencontrer. Enfin, de te re-rencontrer,

quand tu m'aimais bien,

ou quand j'étais aimable.

Je rencontre une comédienne censée être toi,

bien qu'elle ne te ressemble pas,

mais c'est tes cheveux, en tout cas, tes mots.

Une rousse, quoi, en plus jeune.

Au bout de quelques jours, elle devient pianiste et brune,

parce qu'elle est brune pour de vrai, de naissance, ça arrive.

Et puis, elle est blonde. Et elle a des enfants,

une maison, tout ce qu'il faut.

J'étais con, je me disais :

"Si elle m'aimait ?" Certains aiment les vieilles.

Mais tout était faux.

Du coup, je suis ruiné. Pour rien.

J'ai vendu l'appartement de Biarritz.

- T'as quoi ? - Je l'ai vendu.

- T'es fou.

- Non, je suis pauvre.

Il te va bien, ce pyjama.

- C'est le tien.

- Oui, je sais. Tu veux ?

- Oui. - La seule bonne nouvelle,

c'est que je redessine.

- Ah oui ?

- Tiens. À ce propos, François,

je vais retourner vivre

dans ta garçonnière. - Bien sûr.

- Merci. T'es vraiment un ami.

- Oui...

- Victor ? Victor ?

- C'est...

- Si t'allais te raser ?

Musique douce

...

- Allez, vas-y.

...

...

- Allô ?

*Allô ?

- Gisèle ?

...

- Ça fait 2 semaines qu'on s'est pas engueulés.

- Ah bon ?

- Que je t'ai pas quitté, que tu m'as pas quittée.

Ça veut dire quoi ?

- Je sais pas, qu'on est en vacances.

- Ça faisait très longtemps que j'avais pas pris de vacances.

- T'as couché avec lui ?

- Apparemment, on vient de rentrer.

...

*- À quoi pensez-vous ?

- C'est compliqué.

*- Tout est compliqué. Vous êtes ici

pour accepter la complexité des choses.

- Ce que tu peux être conne.

...

...

- Pourquoi tu fais ça ? Qu'est-ce qui te prend ?

...

...

- Papa.

...

- Allô ?

...

- Et voilà.

- Merci, Lucie.

- Je t'en prie.

- Lucie, viens 2 secondes. - Quoi ?

- Tu termines quand ? - Pourquoi ?

- Parce que je t'aime.

J'ai composé une chanson pour toi. - Arrête ton char.

- Je t'assure. Ça s'appelle "La Serveuse aux yeux d'or".

Elle me servait des verres La serveuse aux yeux d'or

Et en buvant ces verres

J'imaginais son corps J'en viderais bien encore

Rien que pour ses yeux d'or J'en viderais bien encore

Tout le long de son corps

Chaud, chaud, chaud, chaud Chaud, chaud, chaud, chaud

Salut, poupée.

- "Poupée" ?

- Tu te rappelles de lui ?

- Non. Je devrais ? - Oh, non.

- Ah ! Si...

Ah ! Je me souviens.

Oh, quelle horreur !

On a bien de la chance de perdre la mémoire.

T'étais chanteur ? - Je me débrouille.

Tu m'as manqué, toi.

Putain, la salope !

- Ça te revient, hein ? - Ça, j'ai adoré.

- Tiens.

- Non, non, non.

- Quel abruti !

- Fait chier, là.

Vraiment, quoi.

Je me casse.

- C'est mieux, oui.

*Billie Holiday : "The Man I Love"

...

Bonsoir.

- Bonsoir.

- Donc, c'est ici que tu passes ton temps ?

Moi, je regrette pas cette époque. On était pas si libres.

On se faisait violer en toute impunité.

C'était quasi impossible de se faire avorter.

On vivait dans un cendrier géant.

Vous pouvez éteindre vos clopes.

Mais t'aurais pu choisir les vacances à Houlgate.

Ou le week-end à Berlin.

- C'est vrai, il y a quelques dates.

- Qu'est-ce qu'on s'était dit, ce soir-là ?

Ah oui !

"Vous êtes menteur, inconstant,

"faux,

"bavard, hypocrite, orgueilleux, lâche,

"méprisable, etc.

"Mais... vous voulez pas m'épouser ?"

- Non.

- Pourquoi ?

- Car dans 25 ans, vous me supporterez plus.

- 25 ans, c'est déjà pas mal.

Et puis, je suis pas d'accord.

C'est moi, que je supporte plus.

- Je vous sers quelque chose ? - Une vodka.

- Deux.

- Tiens, trois.

(- Viens. Tu peux laisser la place ?)

(- Merci.) (- Assieds-toi.)

Prends le casque.

(- Merci.)

(- Ça va ?) (- Oui.)

- Ça vous allait bien

d'être habillé comme ça.

Vous devriez mettre

des cravates plus souvent. - Ça changerait pas grand-chose.

- Les petites choses sont de grandes choses,

quand on se connaît

depuis 40 ans.

- Vous faites quoi dans la vie ? - J'ai tout à faire.

Des enfants, un mariage, une carrière, tout.

Il va falloir que j'en profite parce qu'après...

je vais devenir folle.

- Vous allez devenir folle ?

- Oui, un jour. Oui.

Un jour, je vais me réveiller, et mon fils sera vieux et chiant.

J'aurai fait le tour de mon métier,

mon mari sera déprimé.

Et là, je vais péter les plombs.

- Et vous allez regretter

d'avoir pété les plombs ? - Oui.

Très fort.

- Tenez.

- Merci.

- Merci.

J'ai regardé vos dessins.

- Alors ?

- Insupportables.

- Ah...

- J'adore. Ça faisait longtemps

que j'avais pas été jalouse.

C'est affreux, comme sentiment. C'est bon. J'ai l'impression

d'avoir 12 ans.

Je pourrais la buter violemment.

Vous me manquez.

- Moi ?

- Oui.

Je vous connais à peine, mais vous me manquez déjà.

- Pourquoi ?

- C'est comme ça.

J'aime bien vos mains.

Elle a raison, cette conne. Vous avez les mains douces.

- Montez la lumière.

- Pierre...

Je vous présente ma femme.

- Enchanté.

- Bonsoir.

- Alors, c'est vous ?

- La version vieille.

- Allons, vous êtes superbe !

- Vous jouez qui, vous, ce soir ? - Personne. Je viens boire une Suze.

- Je peux vous poser une question ? - Oui, bien sûr.

- Comment va votre père, le vrai ?

- Ah, mon père ! Il nous a quittés il y a quelques années.

Je dois dire que jouer ça, là,

ça m'a fait beaucoup de bien.

J'étais dans mon rôle.

Un drôle de métier.

- J'imagine.

- Bonne soirée.

- Bonsoir.

- Il a raison, vous êtes superbe.

- S'ils font l'amour, vous allez les regarder ?

- Téléphone.

- Allô ?

Je vous la passe. Marianne !

- Je suis pas là.

- Vous portez le parfum,

non ? - Oui.

- Pour la voir sourire Et l'entendre rire

Je donnerais le temps qu'il me reste à pleurer

*Pour une caresse Un verre de tendresse

Je vous fais cadeau de mon avenir Bien volontiers

Goûter ses yeux tendres

Voir son corps s'étendre...

...

- Chouchou, tu viens ?

On t'attend, là.

- Ah oui.

Il faut que j'y aille. - Déjà ?

*"Por una cabeza"

...

- Vous m'appellerez ?

- D'accord. Quand ?

- Vite. Au plus vite.

Le temps passe,

vous savez.

...

Dionne Warwick : "(There's) Always Something There To Remind Me"

...

- Yvon ?

- Oui, mon grand ?

- L'addition.

- Tout de suite.

...

- Bon. Arrêtez.

Ça va pas du tout.

Vous, poussez-vous.

Donne. Vous, déjà, arrêtez de faire la gueule.

C'est un mariage.

Toi, en revanche, t'es hilare. C'est pas une scène comique.

Tu sais pas où mettre tes bras.

Montre-moi comment tu vas embrasser le client.

OK.

Bon...

Fais voir, parce que là, c'est pas mal.

Quoi ? Quoi ?

Allez, on y va. C'est parti.

Dionne Warwick : "(There's) Always Something There To Remind Me"

...

Musique enjouée

...

Sous-titrage : ECLAIR

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