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Original subtitles

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Odette;

- Oui;

- Qu'est-ce que tu fais; Tu dessines;

- Oui.

- C'est joli, dis-moi! T'aimes ça, dessiner;

- Oui, j'adore ça.

- C'est joli!

- Merci.

- J'aurais aimé avoir une petite fille comme toi...

pour dessiner, lui lire des histoires...

Mais j'ai trois garçons, moi.

lls pensent qu'à jouer au foot.

Je voulais te demander quelque chose, mais j'ose pas trop.

- Mais si Gilbert, dis-moi.

- Voilà. Tu voudrais pas jouer à la poupée avec moi;

- Oh, si! En plus,

j'en ai plein. - Non, attends.

Ce qui serait super,

ça serait que toi, tu fasses la poupée et moi la petite fille.

Je pourrais t'habiller, te coiffer. Ça serait rigolo, non;

- Oui, peut-être.

- C'est quoi, là; - La salle de bain.

- La salle de bain; - Oui.

- On va y aller, d'accord;

Mais tu le dis à personne.

Je joue avec toi uniquement parce que t'es toute seule.

Allez, viens, ma chérie.

ll est beau, ton dessin. - Merci.

- Viens.

- C'est la premiére fois que je parle de ça, docteur.

Ça devrait me soulager; - On n'est pas libéré,

juste en livrant son secret à un tiers.

Même les couples... je travaille essentiellement avec des couples,

enfin, pas que des couples. J'ai un boulimique aussi.

D'ailleurs, pourquoi vous êtes venue me voir, moi;

Je traite un couple d'amis à vous; Un confrére;

- Non. Je vais souvent à la gare et je passe devant votre plaque.

Alors, je suis entrée.

- D'accord.

- En fait, avant, je pouvais vivre sans penser à ça et...

ça fait quelque temps que je vois

son visage partout et que je sens ses mains. Voilà.

- Vous avez subi un grave traumatisme, mademoiselle.

- Odette. Je m'appelle Odette. Putain, elle est oω;

- Vous I'aviez dit. J'avais retenu.

Mais vous savez, mademoiselle... - Odette.

- Une distance avec le patient est nécessaire.

Le prénom, c'est trop...

- OK...

- C'est si important, ce prénom; - Oui.

C'est le cygne blanc du "Lac des Cygnes".

- Du "Lac des Cygnes"; - Le ballet.

- Le ballet;

- De danse.

- D'accord.

- Tchaïkovski. Odette Odile, yin yang, blanc noir.

- Oui, je connais. - Odette, comme le cygne qui meurt.

- D'habitude, je traite

des cas moins violents.

Enfin, j'ai traité une anorexique avec succés. Mais là, je...

Je vais vous indiquer une consoeur qui saura mieux vous aider.

- Vous rigolez;

Je monte vous voir, je vous dis ce que j'ai jamais dit à personne

et vous m'envoyez chez une consoeur;

- Je ne vous rejette pas... - Vous me rejetez pas, madame;

- Je veux juste que vous soyez accompagnée par la bonne personne.

- Je parlerai à personne d'autre.

- D'accord...

- Je parle pas beaucoup, vous savez...

Je danse.

Rires d'enfants Musique classique au piano

- Qu'est-ce que tu fais; Allez!

- Doucement! Doucement, les filles! ll faut pas courir.

Ah! Mme Le Nadant,

vous avez réfléchi pour I'audition du Conservatoire;

Ça va être juste pour les inscriptions.

- On en a parlé, mais c'est pas...

une décision facile.

- Elle rêve de devenir danseuse étoile.

Et elle s'appelle Odette comme le cygne blanc.

C'est un signe.

Rires

Les mamans, on arrête de papoter.

Ah, mais il y a un papa!

Et vous êtes le papa de qui; - De Sonia.

- D'habitude, c'est maman qui vient.

- Dorénavant, ce sera une semaine sur deux.

- Je veux voir maman!

- D'accord. Allez, les mamans,

les papas...

- Tu te dépêcheras ce soir, c'est Gilbert qui vient te chercher.

- Gilbert;

- Sois gentille, il te fait tout le temps des cadeaux.

File à la barre.

- Mme Le Nadant, j'ai le bulletin d'inscription.

ll n'y a plus qu'à le remplir.

Aprés, il faut voir, soit I'internat,

soit une maison d'accueil.

- On peut attendre qu'elle passe I'audition.

- lls la prendront, elle a un sacré talent!

- Madame! - Je discute!

Travaillez la danse des fleurs. - OUAIS!

Cris de joie Doucement! Doucement!

Là-bas, prés de M. Vincent. Odette, viens là.

Piano

- On parle de I'audition. - Qu'y a-t-il, Benjamin;

- Papa dit que si je fais cette danse, je suis une fille.

- Pas du tout!

Benjamin, la fleur,

c'est la fleur, mais dans la fleur,

il y a le pistil.

- Le pistil;

- C'est la grande tige que les abeilles butinent

pour faire d'autres fleurs.

- Je vais être le pistil; - Tu peux être le pistil.

- Les filles, je suis le pistil! Je suis le pistil!

Cris de joie

- Pourquoi j'ai dit ça; Pourquoi j'ai parlé du pistil;

Bon. Mme Le Nadant, réfléchissez mais vite!

Musique entraînante Mais qu'est-ce qu'il me fait, lui;

Oh, M. Vincent! Stop! Stop!

Le cours de jazz, c'est le vendredi, M. Vincent!

- Bon, ma Dodette, n'oublie pas, c'est Gilbert qui vient.

Piano

Je veux pas. Je veux pas.

- Tu veux pas. Tu veux pas.

Le jury décidera. Place-toi à la barre.

Elle dessine.

- C'est vrai ce que dit ta prof, tu te débrouilles vraiment bien.

Tu...

Tu danses comme un ange.

Tu seras une danseuse étoile, c'est sûr.

Par contre, il faut travailler.

ll n'y a que le travail qui paie dans la vie.

Enléve ta culotte. Allez!

Voilà. C'est bien.

T'aimes bien;

Oui, t'aimes bien.

Moi aussi, j'aime bien.

Tu peux caresser toi aussi, si tu veux.

Tu sais...

ll respire fort.

Je suis content, Odette...

Je suis content.

- Oh! Oh! Oh! Oh là là!

Merci d'avoir ramené la petite. - Je t'en prie.

- Quelle bagnole!

- Elle est belle, hein; Mais Sophie fait la gueule.

Je bosse pas pour rien, merde.

- T'as raison. Viens boire un verre.

Je passerai pour un clochard

avec ma BX. - Moi, je I'aime.

- Avec Nico, ça se passe bien; - Trés bien.

Merci de me I'avoir recommandé. ll bosse bien.

- ll te faut le meilleur pour ton bar.

- Arrêtez. C'est une brasserie.

- Je te charrie. Tu m'offres une biére;

- C'est chiant, à force.

Dis-moi, j'ai appris. Maman m'a dit pour le Conservatoire.

C'est un sacré truc, ça. Oh là là là là là!

- Ça va servir à quelque chose de ressasser tout ça;

- En deux séances, vous vous êtes livrée, ça doit vous soulager.

- Non. C'est pas parce qu'on en parle que ça passe.

- La distance, c'est mieux... - Quoi;

- Non, c'est rien. Mais...

Si, si.

C'est un début d'acceptation, de résorption de la douleur.

- Je vous mets le doigt dans I'oeil. - Pardon;

- On verra si en disant: "Odette m'a mis le doigt", la douleur passe.

Non, madame.

Vous vous direz que je suis conne et vous chialerez.

- Donc, vous avez réussi I'audition pour le Conservatoire.

- Oui. Mme Maloc était hystérique.

J'ai eu mon solo au gala de fin d'année.

- Avance. Avance.

Marie, mets-toi en place. C'est pas possible.

- Mais je suis placée. - Tu es mal placée.

Avance, je te dis.

Arrête de faire I'andouille, Marie.

Mais mets-toi surta marque, là!

Je vous ai fait des petits repéres avec des scotchs colorés.

Stop!

ll est oω ton scotch;

Léve le pied.

Ben voilà! Si tu as le scotch sous le pied,

tu es bien placée partout. - C'est ce que je disais.

- Marie, tu me fatigues. Tais-toi, je t'en prie.

On reprend! Musique douce

Ah!

Mme Le Nadant! - Bonjour, Mme Maloc.

- Vous êtes contente; La petite a réussi.

C'est pas facile de rentrer au Conservatoire national de danse.

- Ça va nous faire bizarre... - Marie!

Je t'ai donné une marque, c'est pas une prison.

Les pétales, c'est le moment du vent.

- Je vous vois beaucoup!

- Oh! Je suis dans un mouvement de création.

Je parle comme une directrice de scéne nationale. Bon.

Le vent s'engouffre, faisant frémir les pétales de la fleur.

Les abeilles, on se place.

Les abeilles, on se place! La fleur s'ouvre.

Et attention, Benjamin... Solo!

Musique dramatique

- Je suis le pistil!

ll crie. Je suis le pistil!

Je suis le pistil! Cris

- Benjamin!

- Je suis le pistil!

- Benjamin, regarde-moi!

Calme-toi.

Tu veux prendre un peu I'air;

- Non, ça va. - Bon, tu te calmes,

cartu fais peur à tes camarades. Allez, en place!

- Qu'est-ce qui s'est passé, Benjamin;

- ll m'inquiéte, ce petit.

Sa mére veut qu'il passe I'audition du Conservatoire.

Autant pour Odette, j'y crois, mais lui...

S'il se libére de ses obsessions, il ira loin. ll a du potentiel.

Regardez.

C'est le solo d'Odette dans I"'Allégorie du Printemps".

C'est magnifique.

Musique classique

Oh! - Oh!

- Regardez! Comme elle est magnifique!

- Mais enfin quand même, là, elle vole!

- On est assurés pour ça;

- C'est pas le probléme, M. Vincent.

C'est naturel. Elle fait une thérapie.

Alors, elle raconte son enfance

et elle se souvient de ses bons souvenirs.

- Mais ça me fait peur. Je veux qu'elle redescende.

- Non, ne vous inquiétez pas.

Vole, ma fille.

Vole! Et n'oublie rien de tes beaux souvenirs.

N'oublie rien. Rappelle-toi de tout.

Rappelle-toi de tout.

C'est formidable, Odette!

- Ma petite Odette!

- Odette, j'ai un cadeau pour toi.

Tu vas beaucoup me manquer.

C'est I'affiche de Rudolf Noureev.

Elle était sur le mur de la classe depuis 20 ans.

Ça te portera chance.

- Merci.

Rires des enfants

- J'ai dit pas de goûter dans les coulisses!

- Maman!

- Quoi; Je fais de la compta, tu me déranges.

Arrête cette musique, j'en peux plus.

Tu pars à Paris dans une semaine. Tu sais pas ce que tu prends;

T'as pas fait ta valise; - On a le temps, maman.

- Non, on n'a pas le temps.

C'est comme si c'était demain. Tu te rends pas compte.

T'as qu'une envie, foutre le camp pour ta danse.

La danse! La danse! ll y a plus que ça, la danse.

Ça va me faire vide, moi, ici sans toi.

Je t'ai enregistré des cassettes pour là-bas.

- C'est vrai, maman; - Oui.

- T'es trop gentille.

- Ma petite Odette.

Je te laisserai pas partir avec ton vieux poste, quand même.

- Tu m'as acheté un nouveau poste; - Oui.

Elle rit.

Hé! Mais tout ça, ça coûte cher, tu sais.

Les voyages, la famille d'accueil...

Alors, tu ne referas pas une année comme la 6e.

Promis; - Promis.

- Allez, range-moi cette chambre.

Mais t'es folle de mettre une serviette surla lampe;

Tu peux cramer la maison.

C'est celle que Gilbert t'a offerte. T'as essuyé quoi avec;

- Je sais pas. - Comment ça;

- Je sais pas. - Arrête de me répondre ça!

- Oh! Mado; Pourquoi tu hurles comme ça;

- Regarde ce qu'elle fait

des cadeaux de Gilbert.

Je sais pas ce qu'elle a essuyé avec, c'est tout collant.

- Qu'est-ce que tu fais

avec tes serviettes; - Réponds.

- Je suis désolée, maman.

- Elle s'est excusée, Mado. C'est bon, elle a...

Tu ranges ta chambre, chérie, s'il te plaît. D'accord;

- Tu t'en sers jusqu'à la fin de la semaine.

Je suis pas là pour nettoyer toute la journée.

Le téléphone sonne.

Allô;

Ah, Gilbert! - Pourquoi tu fais ça;

- Oui, bien sûr qu'on bosse ce week-end.

Je vais lancer une machine.

- C'est nos plus gros chiffres. - Et toi, tu ranges.

D'accord; Je t'aime.

- C'est pour ça que j'aide Fabrice au bar.

- Brasserie, s'il te plaît, pas bar.

- Oui, on est un peu égoïstes.

Elle serait mieux avec vous, c'est sûr.

- C'est qui; - Gilbert.

lls proposent d'emmener Odette à la montagne.

- Feignasse! C'est pas en partant en vacances

que tu payeras le crédit de ta voiture.

- Oui, mais tu le connais.

- Odette, ta mére t'a demandé d'allerranger ta chambre.

- Merci, Fabrice. Je passe encore pour la méchante.

Oui...

Attends, je demande à Fabrice. Attends deux secondes.

Alors, ils la prennent ou pas; Qu'est-ce qu'on dit;

- Demande à Odette.

- Non, on est ses parents, on décide pour elle.

- Je sais pas. Toi, tu décides trop, moi, pas assez.

Alors, fais comme tu veux.

- Ce que t'es mou!

Merci, Gilbert, mais non.

On la garde avec nous.

Oui, on veut profiter d'elle.

Mais merci beaucoup. Merci quand même.

Embrasse Sophie et les garçons.

- Tu veux la prendre; Tu es sûre;

- Oui.

- Je t'ai pas dit de rangerta chambre;

- Ça va, elle allait s'y mettre.

Pourquoi tu fais ça tout le temps;

Je comprends pas.

Je te jure, je ne te comprends pas.

- Je le savais!

Oω est ta serviette sale;

- Papa a lancé une machine à laver.

- Viens.

Tu voulais pas aller à la montagne avec Gilbert;

- Non.

- Eh bien, tu vas y aller.

Elle respire fort.

ll respire fort.

- Aïe!

- Chut! Chut! Tais-toi!

Faut pas faire de bruit.

Odette pleure.

Faut pas pleurer, Odette.

Y a que les bébés qui pleurent.

- On avance. On avance. C'est plus concret.

- Ça concrétise mon envie de mourir, oui.

- Pourquoi vous chuchotez, docteur;

On est dans un souvenir. Y a personne.

- ll faut que je m'habitue.

C'est un peu spécial comme sensation.

- Ça va; - Oui... Oui.

- Sûre; - Oui.

Alors, si je suis la chronologie,

là, c'est Paris, c'est la danse, c'est I'épanouissement.

- Oui... L'épanouissement; Je sais pas si on peut dire ça.

- C'est bien, Odette.

- Pourquoi il continuait; ll voyait que j'aimais pas ça.

- C'est un viol, Odette!

Allez, venez, restons pas là.

- Voilà. Attention. - Pardon.

C'est pas trop...

- Voilà. Voilà!

- Ah oui, c'est noir, noir.

ll y aurait moyen de repeindre ou de...

- Ah ça, c'est pas possible. Je suis désolée.

Ma fille est à la fac.

Ça la perturberait quand elle revient, I'été,

si on lui transforme sa chambre.

- J'entends bien.

Mais cette année, ça sera la chambre d'Odette,

durant I'année scolaire. Donc...

- Ah oui...

Elle peut mettre son poster. Ca, ça dérange pas du tout.

- Je vais mettre mon poster de Rudolf Noureev.

- Ben voilà.

- Je te I'accroche;

Vous auriez des punaises; - Non, surtout pas.

Si tous les pensionnaires font des trous...

Je vais vous chercher de la pâte qui colle. Je reviens.

- Je suis désolé. Je...

On n'a pas les moyens de trouver mieux que ça, donc...

Ça va aller; - Ça va aller.

- J'ai vu des boutiques, à côté.

On pourra acheter de quoi... - Ça va aller.

Tu peux partir, maintenant.

- Ne vous inquiétez pas, M. Le Nadant, ça va bien se passer.

Tenez.

- Merci.

- On est pile entre le Conservatoire et le collége.

On est à 5 minutes.

Hein;

ll faudra juste penser à bien fermer les volets,

tous les matins, avant de partir.

- Fermer les volets en plein jour;

- Oh là là! Bon. On est dans le 19e.

C'est pas le meilleur quartier de Paris,

mais c'est pas le pire, non plus.

Allez...

Elle est entre de bonnes mains.

- Tu feras attention quand même...

Bon. On se voit dans un mois;

- Oui, papa.

- Je t'aime, ma chérie.

- Moi aussi, papa.

Bon...

Au revoir, ma chérie.

- J'ai reçu un colis pour toi, il y a 2 jours.

ll est là.

Dis donc, on t'oublie pas, toi. Elle rit.

Allez, j'y vais. Installe-toi et...

Chut! Pas de bρèit, hein;

- Là, Noureev, c'est pas top top. Va falloir que tu m'aides.

Un orchestre qui s'accorde

Waouh!

Mais c'est incroyable!

Applaudissements Comme c'est beau!

On est oω, là;

- On est à Opéra de Paris!

Tu croyais que Noureev allait te remonter le moral

dans chambre de bonne;

Allez, tu t'assois et je danse pour toi!

- Je veux te voir d'en haut.

OK, Noureev! 5, 6, 7, 8!

"Le Lac des Cygnes"

Oh là là là! Tρèc de ouf!

Waouh! Huées et sifflets de la foule

- Mademoiselle! Mademoiselle!

- Môme, j'étais allumée pour imaginer ça.

- Qui es-tu; Oω est la fillette;

- T'inquiéte Noureev, je reviens en fillette.

On est juste dans le fantasme d'un souvenir.

Je fais un peu ce que je veux.

lls ont jamais voulu de moi à I'école de I'Opéra de Paris.

- Je m'en fous. - Des bâtards!

C'est la seule fois

oω je me retrouve surla scéne de I'Opéra Garnier.

Alors, je me venge.

Enculé d'Opéra! Huées

Enculé!

- Odette! Vous êtes avec moi, là;

- Enculé!

- Reprenez au départ de Mme Kicheff.

On s'égare. Je comprends votre souffrance,

ce besoin d'ami imaginaire...

- Qui est cette grosse dame;

- ll parle de moi; ll peut me voir;

- Oui, il peut vous voir, c'est pas un souvenir concret.

Je I'ai dit, c'est...

pour rigoler.

- Vous avez pas à lui faire dire ce que vous pensez de moi.

Je danse pas, je suis assise.

Forcément, on s'empâte.

- Quand on est grosse, on est grosse!

- Vous êtes bien gaulée.

Elle est bien. - Non.

- Ça va! - Mais je danse, là.

Et double vrille! - Revenons à un souvenir concret.

- Personne il regarde. Je retourne dans poster.

- Oui, c'est bien. Merci.

Donc;

- "Ma chére petite Odette.

"Je suis si fier de toi

"et de ta volonté de devenir danseuse étoile.

"Tu seras heureuse, je me suis arrangé avec tes parents.

"Je viendrai te voir, le week-end prochain.

"Je t'embrasse trés fort. Ton Gilbert."

Cris de rage

Ouvre. Allez!

Salut! Je m'appelle Manu. Je viens de I'immeuble d'à côté.

Comment tu t'appelles;

- Odette.

- Et Manu est votre copain de quartier;

- Non. Manu,

c'est mon meilleur ami.

ll a toujours été là pour moi.

- C'est aussi votre fournisseur de drogue, non;

- Quand j'en avais besoin. Mais j'ai goûté seule.

J'ai plongé toute seule.

- Et alors;

- Tu I'as volé à ton petit reuf;

- Comment je fais mes livraisons;

- Tu changes d'activités toutes les semaines.

- Je te trimbale toute la semaine. Je fais le chauffeur.

- Tu vas faire du patinage.

- Patinage; Triple loop dans ta tête!

Elle rit. Allez, je t'offre un verre.

- Ca, c'est cool. - Je suis gentleman.

- T'as des thunes, au moins; - Quoi; Des thunes;

- Ben, oui.

ll rit. - Non, comme d'hab, j'ai pas de bif.

On fait un café basket.

- Non, j'ai mal aux jambes, je cours pas.

- Tu galopes plus vite que moi. - Non.

- Le jour oω j'ai du bif, je t'inviterai vraiment.

- Du bif à dealer; Toujours;

- Tu m'affiches; Parle plus fort. - Ça me saoule que tu deales.

- Je dealerai pas toute ma vie.

- C'est bon. Tu m'as gavée.

- T'es sérieuse; Odette! - Je suis sérieuse.

- Sérieux! Odette! Oh!

Sois pas casse-couilles comme ça!

Putain!

Attends-moi!

Je te jure, le jour oω je péte dans le rap, on va aux States.

- Nour, Abdel, ça va; Toujours les mêmes.

- Oh là. C'est maintenant qu'on arrive;

- On prend le temps. - Wesh, les gars.

- Vas-y, bâtard!

- Fais tourner, s'te plaît. - Bâtard!

- ll croit c'est la rue à son pére.

- Cool, on est là.

- T'as pécho de la beuh; T'as pécho ça oω;

- À Amsterdam. On est partis avec Abdel.

On nous a vendu un tρèc de ouf. - Quoi;

Musique rap - Je t'explique.

Ca. Faut pas se faire pécho par les keufs avec ça. OK;

C'est de I'héro. - T'es ouf, c'est de la drogue dure.

- En piquouses. Si tu la fumes, tu la sniffes, ça te met bien.

- Je touche pas à ça,

les gars. Non.

- OK. Mais toi, avec toutes tes crises d'angoisse,

que même le shit, ça te fait plus rien,

je te le dis, avec I'héro, ça va te mettre bien. Tu danseras

comme une folle,

dans ton conservatoire avec les bourges.

Essaye.

- Frérot, elle a une vraie vie. C'est pas une galérienne.

- Laisse-la.

Musique rap

- Odette, si t'essayes, moi, j'essaye.

- Vas-y. Y a rien à perdre. Putain, y a du vent!

On est des oufs ou pas;

Musique urbaine avec percussions tribales

- Voilà! Voilà! Là, c'est ça.

Là, c'est ça. Exclamations d'admiration

Waouh! Vous avez ressenti I'émotion, là;

C'est fort!

- C'est cool. - Non, non.

Je le dis rarement, c'est trés fort.

- Ça fait super plaisir.

- Au niveau de I'émotion, vous nous avez donné une chose...

Y avait pas la technique, mais y avait I'émotion.

- Pas de technique; - Non. C'est pas grave.

Ce que je cherche là, ici,

c'est I'émotion. Là, je I'avais.

Elle y était. Et ça, c'est ce que je veux dans cet atelier.

Je parle pas de technique. Là, on est...

dans le déstructuré, dans le... Y en a, y en a.

Mais au bout de 4 ans, on se dit qu'on aura un niveau plus important.

Et dans 5 ans, on peut rêver, on aura I'émotion et la technique.

Euh... J'avais demandé une danse sur un état d'être.

L'état d'être que nous a présenté Odette...

Vous pouvez arrêter avec ça, ça me dérange.

Vous nous avez proposé I'état d'être d'une petite fille.

- Oui, c'est ça. - C'est ça;

Et cet état d'être, c'est la souffrance.

Voilà. C'est une petite fille en souffrance.

Et la souffrance de cette petite fille,

c'est la Shoah.

- Quoi;

- Vous êtes partie d'un récit familial ou plutôt de...

- Pas du tout. C'est... - Non, non.

Excusez-moi, on veut pas le savoir. Je pose des questions...

On est pas là pour ça.

Vous avez joué une émotion, vous nous I'avez donnée.

- J'ai juste... - Non, non.

Si vous voulez, vous parlerez à vos camarades, plus tard.

Vous savez que... Vous savez votre nom;

- Odette Le Nadant.

- Ah! Ca, vous voyez, c'est une amnésie post-traumatique.

Souvent justement, au retour des camps, il y a eu ce mutisme,

qui peut être héréditaire et reproduit, reproduit.

Vous savez que vous êtes juive; - Non, je suis bretonne.

- Ah voilà, c'est ça.

ll y a eu trés peu de Juifs bretons et trés peu en sont revenus.

On comprend mieux la souffrance.

Merci de nous avoirfait partager ce moment, Odette.

Rires étouffés

ll nous reste peu de temps.

Si quelqu'un veut passer, mais alors court.

Benjamin...

- Matin.

Eclosion.

Pétales.

- Bon, Benjamin, on arrête. C'est bon.

Benjamin! Benjamin! - Pistil.

- Benjamin, vous arrêtez. De toute façon, I'heure est passée.

On se voit la semaine prochaine.

Odette! Vous restez.

J'ai besoin de vous parler. Revenez.

Je voulais vous dire, votre danse, elle est forte, elle est puissante.

Mais il faut sortir de votre brouillard.

Vous en avez parlé à quelqu'un;

- Je sais pas, j'ai rien à dire.

- Vous voulez pas en parler à quelqu'un;

- Je sais pas de quoi vous parlez. Je peux y aller;

- Oui, oui. - Merci. Ça dure 10 ans.

- J'ai entendu, hein. - Oui, oui.

Ça vous a moins secouée cette séance.

- C'est pas moi qui dois ressentir.

- Je vous ai juste raconté mon plongeon dans la drogue.

Rien de grave.

- Non, mais on avance. On avance.

Euh... ll est déjà 18h05.

- OK. Y a un obése qui s'impatiente;

- Y a pas de petite douleur.

- Je déconne.

Ça se voit pas trop,

mais j'aime bien rigoler.

- Vous la connaissez peut-être...

Deux lacaniens se croisent. Le premier dit bonjour.

Et il est trés embêté, il trouve qu'il en a trop dit.

Mais I'autre aussi est embêté, il se demande ce que ça veut dire.

Elle rit.

Euh... On va prendre rendez-vous pour la semaine prochaine.

- Non, je crois pas. Non, madame.

C'est pas à cause de la blague. C'est juste que ça va mieux.

Beaucoup mieux. Et je viens de faire une audition.

J'ai eu le job, je pars un an en tournée internationale.

Ça va me permettre de mettre de la distance avec mon passé.

- Et à votre retour; Votre passé;

- Bah, il m'aura oubliée.

- Bon...

- Merci beaucoup parce que... c'est la premiére fois qu'on m'écoute.

- Bonne route, Odette.

Je suis là en cas de besoin. - OK.

- J'ai fait le Conservatoire. - Ah oui;

- Je me fais pas à ce buisson surta tête. Pardon.

- Arrêtez, les filles, quoi!

- Tu es porteur du jaillissement de la nature!

- Cette formation pour faire "Poui Poui et I'arbre magique".

- Au moins, t'es dans le titre.

Arrête ou on t'envoie dans la loge des mecs.

- Non, ils font une bataille, c'est puéril.

- C'est encore raté. - Tu t'es bien ratée.

- Merci. Alice, tu peux m'aider;

- Ah oui. - T'as toujours mal;

- Oui, les trapézes.

Tu rattrapes ça trop bien!

- Maman est surles routes depuis 18 ans, alors...

-18 ans! T'as quel âge;

- T'as envie de savoir; Secret défense.

Elle rit.

- Dans I'absolu, elle est jeune.

Sauf qu'à 40 ans en danse, t'es en fin de carriére.

- T'es pas cool. - Je te confirme.

J'ai les genoux bousillés. ll serait temps que je m'arrête.

Je vois que je vieillis quand ma fille de 15 ans a ses régles.

-15 ans, c'est normal. Je les ai eues

à cet âge-là, c'est tard.

- Mais c'est mon bébé, ça restera mon bébé.

- La conversation me dégoûte, je vais faire une bataille d'eau.

- C'est ça. - Bonne bataille!

- Qu'est-ce que tu fais;

C'est quoi, ce sang;

Mais mon bébé, t'as tes régles;

Oh, ma petite chérie!

Ma Dodette, t'as tes régles!

C'est pas vrai!

Mais c'est fou ça, t'es tellement petite! Hein;

T'as à peine 10 ans, quand même!

T'as pas de poils, pas de poitrine, rien. C'est dingue!

Moi, j'ai eu mes régles trés tard, à 17-18 ans.

C'est tard, ça. C'est bizarre que tu les aies si tôt.

Ça doit être I'eau minérale. J'ai vu un reportage, là-dessus.

Ça développe la progestérone et ça avance la puberté.

Tu comprends ce que ça veut dire;

Non; Tu comprends pas;

Oh là là! Je vais jamais la ravoir.

Chérie, quand tu nettoies une culotte,

avec du sang, il faut mettre de I'eau froide.

L'eau chaude cuit la tache.

Là, je peux plus rien faire.

C'est pas grave, mais t'aurais dû m'en parler.

C'est normal de grandir et de devenir une femme, tu sais.

Mon bébé qui devient une femme...

Ça me fait bizarre.

Ça me fait trés bizarre.

Bon, allez, je la jette.

- Maman, faut que je te dise...

- On va voir le gynéco; - Non!

- Non; Tu veux pas;

Quand on a ses régles, on va voir le gynéco.

Mais si t'es pas prête, on attend un peu.

On va aller acheter des serviettes hygiéniques.

On dit rien à papa, d'accord; Allez.

Lave-toi les mains. On y va.

Petits cris

Gémissements

- Vous êtes des lapins ou quoi, les amoureux...

Ah oui, c'est pas Sylvain!

- Lola!

Tu dis rien à Sylvain. C'est juste qu'on a pris des champis.

On déconne. - C'est hyper drôle.

- Ça t'arrange que Sylvain soit libre.

- Ce que tu crains!

"Romeo et Juliette - Les Rois Du Monde" -

- Ça va; - Oui et toi;

- C'est qui, lui;

ll est pas dans la troupe. - Le veilleur de I'hôtel.

- Et puis quoi;

- On peut être ensemble ce soir.

- Lâche-moi. Change rien. - Détends-toi.

Hé! - C'est qui;

Cris de joie

- Merci.

T'es sur"Les Dix Com";

- C'est pas "Les Dix Com", c'est "Aladin".

- On fera des teufs de ouf!

Teufs de ouf! Coke!

La coke. - Chut!

- Ah la vieille! Elle rigole.

- Je ne vieillis pas, je mûris.

Toi, t'es comme ça; - Argentine. Plage. Caïpirinhas.

- Dans I'hémisphére sud. Là, c'est I'hiver.

- Vas-y, passe au lieu de me... - Arrête.

- Dégage! Dégage! Collée à moi! - Qu'est-ce que t'as;

- Je suis déçue!

Barre-toi! Casse-toi! T'es comme tout le monde.

Barre-toi! Barre ta gueule!

Vas-y, vas-y ou je t'en mets une!

Je vous emmerde tous!

- La ferme! Ça va! On y va!

- Qu'est-ce tu fous; T'es en costume de "Roméo et Juliette"!

"Les Dix Commandements" Là, c'est "Les Dix Com"!

Envoie. Oui.

- Deux spectacles, une production, fallait que je me goure un jour.

- Elle s'est trompée de costume. Ah, je te jure!

Envoie. Top! C'est bon.

- On s'en fout.

Je suis sûre que des Capulet ont traversé la mer Rouge.

- Viens là!

Musique électronique

- Je couche dans le camion. - On se couche pas.

On décide jamais de se coucher.

Jamais, on tombe!

- Ça va;

Elle tousse.

lls chantent "When The Saints Go Marching In".

- Allez, tout le monde descend!

- Attendez-moi! Oh!

C'est quoi, là; - On est à Roubaix, Dracula.

- Oui. Super.

Brouhaha de la compagnie de danse

Ah!

"Rabbi Muffin"

Lola, on sort ce soir ou pas; - Non,

j'ai des potes, ce soir. On vient de rentrer à Paris.

T'as pas de potes; - J'ai plus personne.

Depuis 4 ans, sur les routes.

- La tournée; C'est pas la défonce qui t'isole;

- Ça va, maman;

- Odette, il est salvateur

de parler de ce qui vous est arrivé. Si.

Vous devez I'assumer jusqu'à I'avouer.

Elle pleure. - J'ai rien à avouer. J'ai rien fait.

- Pardon. Pardon. C'est vrai, c'est pas du tout le bon mot.

Jusqu'à le révéler, jusqu'à le dire.

- Le dire à qui;

A mes parents; - Par exemple, oui.

- Vous avez craqué. Installez-vous sur la méridienne.

Vous croyez que je vais détρèire la vie de mes parents

alors que Miguié est leur ami; - Encore aujourd'hui;

ll fait toujours partie de votre vie;

- lls sont dans la même rue. ll est pâtissier

et mes parents ont un bar... Une brasserie.

C'est une petite ville. Ça se dit pas.

- Vous vous infligez de le revoir; - J'ai grandi,

il s'intéresse plus à moi.

Un scooter passe.

- Putain, je le savais! Je le savais!

Je I'ai toujours su, Odette!

Aujourd'hui, je le cramerais, j'enculerais sa mére!

- Je sais, Manu.

- Celui qui fait ça à mes filles, je le fume!

Tu veux que je le fume; - Non.

- Je vais le fumer! Maintenant, je peux.

A I'époque, j'étais trop petit.

- Hé, hé, hé! Oh! Reuf!

Ça va, maintenant. Ça va.

Je vais bien. Ça va.

OK;

C'est bon. - Oui; C'est bon;

C'est pour ça que tu chiales quand t'es défoncée;

Me prends pas pour un con.

Putain!

Ça passe pas comme ça, ça. - Je sais, reuf.

Je sais. Je sais. Je suis en retard.

- T'es en retard. - Mignonnes, tes collégues!

- T'es un ouf, t'es trop beau pour elles. Bang!

- Ce que je kiffe quand tu danses! - Non. Viens.

- Sur la tête de ma mére, on se fera ce voyage aux States.

- Hé! On ira kρèmper à Los Angeles! - On fera quoi;

- La danse de la colére, quoi. - Hé, Zoulette!

Je suis là pour toi!

- Bonjour. Ravie de vous voir. Venez.

On y va. Je suis Luce, la collégue de Jacky, le gérant de I'entrepôt.

C'est pour son pot de départ. ll est fan de rugby.

On s'est dit avec les collégues,

qu'une danse avec 3 jolies filles en rugbymen,

pour lui donner le cadeau, ce serait super.

- Y a un autre cadeau; - Oui.

Deux billets pour un match du XV au Stade de France.

Donc, on a appelé... - Lola.

- C'est vous; Vous aviez fait I'arbre de Noël, I'an dernier.

- C'est ça. - C'est ça;

J'avais adoré!

Ça sert de garder les contacts.

Si vous voulez vous rafraîchir un peu aprés.

C'est une surprise, soyez discrétes. Jacky boit un café, là-haut.

On se rejoint dans 5 minutes; Je lancerai la musique.

Vous passez par là. C'est bon;

ll faut que ça danse, que ça rigole. Si vous pouvez vous collerun peu.

Qu'il soit gêné.

- On est habituées. - À tout de suite. J'ai hâte.

- Putain, la grosse loose!

- T'es au Palais des Congrés, tous les soirs, c'est bon.

- On s'en fout. On fait le job, on se casse.

- On rigole. - Vous avez

des lingettes; - Putain, la gueule!

- Tu veux ça; - Merci.

- Tiens.

- Merci. - Je prends celle-là...

Je sais pas si on va transpirer.

- C'est dingue! J'avais les mêmes quand j'étais petite.

- J'ai oublié mon déo. - Miguié s'essuyait avec

aprés m'avoirviolée.

Je suis désolée. Je... Je voulais pas dire ça comme ça.

C'est vraiment pas le bon moment.

- T'es prête;

Parce que si t'es prête, on... On se retrouve...

dans I'allée centrale; - Oui, c'est ça.

- Je comprends plein de choses, maintenant.

Je suis désolée. Je...

Je...

Je pouvais pas me...

- Hé! Hé! Hé!

Ça va.

Je suis pas en train de crever la dalle dans la rue.

Ça va, Lola.

Hein;

- Oui...

Tu veux qu'on...

- Vas-y. Non, non, vas-y, vas-y, je te rejoins. Vas-y.

Acouphéne

- Vous voyez, ça sort. Vous avez passé une étape,

Odette. - Oui...

Je I'ai dit en racontant mon souvenir.

En vrai, je I'ai pas dit.

- Ah, je vois... - Ben, oui.

- Maintenant,

il va falloir que ça sorte dans le réel. Mais on avance.

Une acceptation dans le récit, c'est déjà une étape.

Brouhaha

- Merde! Pardon.

Des gens chantent. - ll est vraiment phénoménal

- Qu'est-ce qu'y a;

- Je suis tombée, mais bêtement.

- C'est pas grave. On continue la fête, pour Jacky.

Que s'est-il passé; - J'ai sauté

par-dessus...

- On n'est pas assurés. - Je porterai pas plainte.

- C'est de la main à la main. - Pose pas le pied.

- Mais je vous payerai quand même. - C'est pas le probléme.

C'est con. C'est les chutes débiles.

Ça va. Ça a gonflé. - Mademoiselle.

Je suis ostéo. Je peux regarder;

- Genre, au pot de retraite de Jacky, y a un ostéo;

- Oui, je suis là parce que I'ostéo, c'est le fils de Jacky.

En plus, c'est moi qui I'emméne au match. J'ai gagné le gros lot.

Je peux enlever la chaussure; - Bien sûr.

Vous pouvez aller chercher de la glace.

ll y en a en poissonnerie.

- OK. J'y vais.

- Moi, je vais chercher nos thunes. - C'est pas méchant.

- Attention!

Parce que j'ai...

- Oui, mais essayez de ne pas bouger.

Ambiance de la fête

L'astragale a bougé, ça fait pression sur le calcanéum.

- Tu peux dire le talon.

- Vous connaissez I'anatomie;

- Oui, j'ai étudié. Fais gaffe avec ton pouce.

Tu fais mal. Là, là. - Une petite manip,

ça va aller. Voilà! - Ah! Putain!

- Vous vous êtes déjà blessée. - Je suis danseuse.

Ça va passer.

- La cheville, c'est une difficulté d'aller de I'avant.

- T'es un gourou; - Pas du tout.

Je pratique la médecine chinoise.

C'est axé sur le mental. Et là;

Si je fais ça;

- Ça fait un peu mal.

- Une petite flûte; - Non merci, ça va.

- Non, merci.

- Sûr; - OUl.

- Et...

Vous avez mal à I'épaule; - Souvent. À droite.

- Je manipule des enfants en difficulté psychologique.

C'est étrange, je décéle les mêmes maux.

- Ça va mieux.

Avec de la glace et de I'arnica, ça va passer. Merci.

- Je vous ai énervée.

- Non. Enfin, si, parce que tu me vouvoies.

J'ai pas 70 piges, tu me tutoies.

- On peut se présenter, maintenant que je sais

que tu es mal dans ta peau...

Lenny. Je suis désolé. - Odette. Salut.

- Comme le cygne blanc dans "Le Lac des Cygnes".

- Tu connais;

- C'est connu. - Oui. Enfin...

Tu te démerdes bien. Ça va mieux.

- Doucement. - Avec un strap, ce soir...

- Un strap de quoi; - Je danse.

Je te dois combien; - Rien. Tu plaisantes;

- Ben si, je sais pas... - Mais non.

- Sinon, tu viens voir le spectacle, ce soir.

- Volontiers.

- C'est une comédie musicale, pas un tρèc de ouf. 21h.

- Porte Maillot. - Je mets une place à ton nom.

Applaudissements

C'est mieux comme ça.

Ça me fait moins mal. On fait ça demain.

Brouhaha

Hé! Salut!

Pardon. Ça va; - Super.

Brouhaha des fans

Et toi; Ta cheville; - Ça va vachement mieux.

T'as aimé; - Super! Oui, super!

- Mes collégues... - Bonsoir!

- Avec qui je danse tous les soirs. Merci.

- Salut. Lenny, enchanté.

Lenny. Ravi.

Salut! Salut. Lenny.

- Ça va; - Bonsoir. Salut.

- ll a pas aimé. - Pas du tout.

Non, c'est faux. J'ai trouvé ça super. C'est merveilleux.

J'ai I'habitude de trucs plus intimistes,

c'est tout. - C'est pas grave.

- À demain. - À demain.

Je t'appelle.

Bisous. À plus tard.

- Salut.

- C'est un super pote.

On va chez toi;

- Euh... J'avais prévu un petit resto.

- Ah bon; Tu veux pas me baiser;

- Euh... baiser surla bouche;

- Oui, si tu veux, mais me baiser, me niquer, quoi;

- Euh oui. Non. Oui... Enfin, je sais pas.

Je pensais qu'on pouvait...

On est libres, on fait ce qu'on veut.

Je pensais qu'on se rencontrait...

- T'es puceau. - Je suis puceau.

- Tu es puceau!

Complétement, oui. Elle rit.

- Je peux te former.

- Mais non, pas du tout. J'aurais un peu de respect,

genre un petit peu d'estime.

- OK. Donc, t'es en mode comédie romantique, "Pretty Woman",

tout ça;

- Non... Elle rit.

- C'est pas mon tρèc, tu le vois bien.

Je suis pas jolie, chiante, vulgaire...

- Pas faux. - Merci.

- Je... Tu me demandes des compliments, je t'en donne.

- Je les prends.

- Je sais pas si tu me plais, si tu me plais pas.

Je sais pas trop.

Je veux pas te vexer, mais je sais pas.

Je trouve que tu dégages une énergie qui me touche. Voilà.

- T'es trop gentil, en fait. - Je suis assez gentil.

Y en a pas deux comme moi. Tu devrais en profiter.

Elle rit.

On va dîner;

- Oui, j'ai faim.

"Slow"

Acclamations

Acclamations soutenues

- Ho! OK, les putes.

On se calme. On arrête de crier. On écoute Jordan.

Je sais...

Je suis démente. Chut!

Donc, vous êtes là

pour "le" clip de I'année.

C'est un rappeur qui arrive en Porsche dans une usine.

Sauf que les mécanos, c'est des nanas en short et en string.

Tu soudes, tu soudes fort, ma fille.

Elles rient.

Comment tu t'appelles; - Odette.

ll rit. - Putain!

T'as pas respecté ta mére, toi. Merde!

Rires

OK. OK. Odette, je veux que tu me vendes ta vision

du cul. Je veux de la chatte, des seins, du cul.

Je veux du sexe, que ça pue le sexe. C'est possible;

- Oui, j'y vais.

- Viens là. Montre-moi. Cris des filles

Non. Non. Stop! Stop!

Non, mais la misére! T'as rien compris, toi.

Tu feras bander qui comme ça;

Tu te fous de ma gueule;

Mais danse-moi ta chatte! OK;

- J'ai pas envie, c'est une danse de pute.

- C'est moi qui décide.

Si je te demande de faire la pute, tu fais la pute.

- Non. Je m'en vais. - J'hallucine. Casse-toi.

- Tu parles trop mal. T'es un malade. - Tu sers à rien.

- Cassez-vous!

Elles m'ont fatigué celles-là à pas vouloir faire la pute.

- T'aurais halluciné. Le casting tout pourri.

ll nous parlait comme des merdes. C'était misogyne. Un enfer!

On dirait qu'y a que le cul qui motive ce monde.

- Ça me rappelle notre rencontre. Le cul, le cul!

- Le cul!

lls rient.

- Hop.

- T'es rentrée tard, hier soir. - Oui. Non...

On a bu un verre aprés le show. Ça a duré un peu...

J'ai une petite gueule de bois, vite fait.

- Un verre; Tu t'es quand même couchée habillée.

Tu m'aurais appelé, je vous aurais rejoints.

- T'es trop sérieux, toi, t'aimes pas les teufs.

- Ah non. Je suis surtout amoureux

d'une petite droguée alcoolique, oui.

- C'est une vanne;

- Oui, c'est une vanne. Evidemment. - OK.

- Holà! Le prends pas comme ça. - Non, c'est bon.

- Mais pourquoi tu te mets dans cet état;

- Pour rien.

J'ai vu un avis d'audition

pour une compagnie en Angleterre, VB5. lls cherchent

une fille.

- On parle pas, donc; - Y a rien à dire.

- Tu zappes, comme d'habitude. - Oui.

- T'as qu'à la passer. Voilà. Tu veux un café;

- Oui, s'il te plaît, un fort.

C'est 8 mois de tournée mondiale... -8 mois!

- C'est dans un an... - Super.

- Je me projette pas.

- On est contents. Je me projette pas, non plus.

- Je suis bien avec toi.

- Qu'est-ce que tu viens de dire;

- Je suis bien avec toi.

- Waouh!

T'as dit quoi;

- Je suis bien avec toi. - Attention. Méfie-toi.

Méfie-toi, ça veut dire je t'aime, ça.

- Evidemment que je t'aime.

Je fais quoi pour I'audition; T'en penses quoi;

- J'en pense que... J'en pense que...

J'en pense qu'il faut la passer, c'est tout. Et puis...

Et puis si tu I'as, on réfléchira... Hein;

Puisqu'on s'aime. - Ben oui, on s'aime.

Par contre, j'ai besoin de toi.

ll faut que j'envoie une vidéo de danse.

C'est un duo... - Hum.

- Sur la passion... - Hum.

- J'aimerais le faire avec toi.

- Non, ça, c'est impossible.

- Mais si, mais si... - Non, non.

- C'est pas de la danse. - Je sais pas danser.

- C'est pas ça, c'est de I'émotion.

Fais-moi confiance. - Je veux pas danser.

- C'est du feeling, pas de la technique.

Y a qu'avec toi... - lls se foutront de toi.

- Pas du tout. Ça va être super.

Musique contemporaine

Musique gaie

*- Et si on avait pour vous, repensé le principal, I'assurance;

*Les enfants, la santé, une maison,

*une voiture, un patrimoine, la vie quoi.

*Cinq éléments pour un seul but, sérénité.

*Sérénité, c'est le produit qu'il vous faut.

*Tout en un, pour la famille.

*Sérénité pour que la vie ne s'arrête pas, là oω elle commence.

- Je I'ai vue, cet aprés-midi, chez Brigitte, à la télé.

Je te dis pas la honte.

- Y a mieux, mais c'est pas honteux. C'est pas...

- Fabrice,

quand tu vois les sacrifices qu'on a faits pour elle!

Non; Tout ça pour qu'elle tourne des pubs minables;

Reconnais-le.

- D'accord. Mais s'il te plaît,

fais pas de réflexions, ce soir. D'accord;

On I'a pas vue depuis des mois. Elle vient avec son amoureux.

En plus, Lenny est trés sympathique. Je le trouve trés sympa.

- On le connaît pas.

On I'a vu une fois à son cabinet, pour ta hanche.

ll nous a pas fait de cadeaux. - Non, non, non.

J'ai voulu payer, il ne voulait pas.

- En plus, monsieur est grand seigneur! Non, mais...

Salut! - Pardon, mais...

On a mis du temps à se garer.

On découvre le quartier.

Une galére! - Y avait pas plus prés;

De chez toi ou de chez Lenny; Ça va, Lenny;

- Ça doit être pour le restaurant.

J'ai jeté un oeil sur la carte et ouh! Trés bon choix!

- Le restaurant est un peu kitch, mais c'est top.

On découvre le quartier,

vu qu'on va habiter ensemble.

- Ah bon; - Ben oui.

Elle rit. - Tu leur as pas dit;

- Non. J'avais pas eu le temps, mais...

j'allais leur dire.

- C'est une supernouvelle. Tu vas enfin quitter ta chambre de bonne

miteuse. - Merci, papa.

ll tape sur la table. - Champagne!

- Alors j'avais prévu

un vin rouge top, mais...

- Ça va trés bien. C'était juste...

C'est trés bien.

- Comme vous voulez. On prend du champagne;

- Non, vraiment.

- C'est un Bourgogne du Domaine Naudin-Ferrand, de 2004.

- Ah oui! - Je vais servir.

Je vous fais goûter, Fabrice; - Avec plaisir.

Trés bien. - C'est bon;

- Trés bon choix. Vous vous êtes pas foutu de nous.

- Je sais pas. T'as crié "champagne",

ça m'a donné envie d'en boire.

- Maman... - Le vin est trés bon. Goûte.

ll est bon. - Y a pas de probléme, Mado...

Je peux vous appeler Mado;

- Ben oui. Oui, oui...

- Alors le champagne,

c'est pour nous.

- Non, c'est nous qui invitons. Je vous laisse pas le choix.

- C'est trés gentil.

- On t'a vue dans la pub, là. - Laquelle;

- T'en as fait plusieurs;

- Oui, j'avais besoin d'argent.

J'en ai tourné pas mal ces derniers temps.

- Tu fais pas autre chose; - Je fais ce que je peux.

- Faut bien manger.

- Voilà. Exactement.

- Ce soir, on passe une bonne soirée, les filles. Pas de...

Odette rit. D'accord;

- Mais oui.

- On peut parler des choses. - Oui. C'est juste...

On est contents. On est ensemble... - On est contents.

- On passe un bon moment.

- Exactement. - Je suis trés contente de vous voir.

Rires

- Odette m'a pas dit ce que vous faisiez

à Paris. - Nos trés bons amis, les Miguié,

ont eu I'opportunité d'un week-end, dans un petit hôtel.

Nous les avons accompagnés. C'était I'occasion.

- Hôtel cinq étoiles. On peut le dire, hein, Mado;

Non, Gilbert, donc Miguié,

a toujours eu des plans incroyables.

- Ce sont des amis de longue date; - Des amis de toujours.

D'ailleurs, Odette, tu pourrais les appeler.

lls t'ont emmenée en vacances, ils t'ont gardée

quand on bossait comme des chiens. Appelle-les.

- Je propose un "taost"... Rires

Oui... À ta nouvelle vie!

- Merci, papa.

lls trinquent. - Allez...

Aux pubs et aux clips de rap de notre fille!

- Merci, maman.

- Je plaisante. Tu as beaucoup de talent, Odette.

Quand je te vois tourner des choses aussi idiotes, ça me fait mal.

Je le dis. - Mado!

- C'est pas grave. - On essaie...

- Tiens. Regarde.

- C'est quoi; - De la merde.

Je rigole.

- S'il vous plaît.

- Je plaisante. - Vraiment.

- Tu vas travailler avec VB5;

- Je suis reçue, mais je sais pas si je le ferai.

- Tu plaisantes;

Ça ne se refuse pas.

lls t'ont prise; - Oui.

Ça dure un an, c'est dans 6 mois.

Je sais pas. - Tu m'en as pas parlé.

- J'allais le faire.

- C'est une grande compagnie. T'as toujours voulu danser avec eux.

- C'est à Odette de prendre la décision.

Enfin!

C'est une belle nouvelle.

- Surtout si elle y va pas. - Mais je suis fiére

d'avoir réussi. Même si je le fais pas, c'est bien.

- Excusez-moi. C'est interdit de fumer.

- Tu m'accompagnes; - Bien sûr.

A tout à I'heure.

- Je suis trés fier. C'est beau.

- Oui. Merci.

J'étais pas au courant.

Tu le sais depuis quand; - Quinze jours.

- Quinze jours, putain!

15 jours que tu fais semblant de rien.

- Non, c'est pas vrai. C'est pas ça.

D'abord, tu I'as appris d'une mauvaise maniére.

Tu sais, c'est mon job de faire des auditions.

- Je sais ça. - Tu vois;

- C'est pas ça qui me blesse.

Ce qui me blesse, c'est que tu me le dises pas.

J'ai fait la vidéo. J'avais I'air d'un con.

- Non. C'était super.

- Et là, je suis invisible. On me dit rien.

- C'est pas vrai. C'est juste que...

Pourquoi on parle de ça; On a passé une soirée chiante.

- Bien chiante! Ta mére dirige toujours ta vie;

- Parle pas d'elle, pitié. - Elle est insupportable.

- C'est juste que je voulais pas t'inquiéter, c'est tout.

- C'est juste que...

C'est en me cachant les choses que tu peux me perdre.

- Je peux te perdre;

- Non, je...

- T'es en train de me dire que je peux te perdre;

Je pensais qu'on était plus forts que ça. Je comprends pas.

- Arrête...

- Je sais pas si je fais ce contrat parce que...

Par amour pourtoi et t'entends pas ce que je te dis!

- Arrête! Arrête! Ça va pas ou quoi;

- Tu comprends pas, putain!

- Arrête! Arrête! Arrête!

- Je suis une tarée. Regarde-moi, je suis tarée.

Avant, j'aurais tout donné pour la danse!

Je me serais barrée sans me poser de questions.

Je le fais pas parce que je t'aime.

- Moi aussi, je t'aime. - T'entends rien.

- Arrête! - T'entends rien!

- Arrête! Arrête! Arrête, putain, arrête!

Qu'est-ce que tu me fais faire, putain!

- Regarde-toi, on est pareils.

La même violence.

C'était des conneries, toute ta notion de bonheur,

ta petite vie

de bisounours et tout. T'es un menteur.

Viens, on rentre, on va faire I'amour.

- Non, c'est bon.

Non, je peux pas. Je suis fatigué.

Je suis fatigué de supporter tout ça. Laisse tomber.

- Qu'est-ce qu'il y a; Arrête.

- Je veux pas me demander si tu te réveilleras prés de moi.

si tu vas avoir envie de moi,

si tu vas pas rentrer bourrée, à point d'heure,

alors qu'on devait passerla soirée ensemble, que tu partes

des jours, sans savoir. Je veux pas. Là, je suis...

Ouf! Je suis en apnée, putain!

Depuis que je te connais, je suis en apnée.

Je respire plus, là.

Je veux pas ça. - Arrête.

- Non, je veux pas ça. Je veux plus vivre ça. Je...

Je...

Je veux pas tout ça. - Tu peux pas...

Tu...

Elle respire fort.

Elle pleure.

Musique oppressante

- Je vous ai pas vue depuis des mois. Je pensais que vous alliez bien.

Je comprends pas.

Vous aviez passé un cap,

vous commenciez à digérer votre douleur.

Et face à I'amour, vous vous figez.

- J'allais pas raconter à celui que j'aime les viols que j'ai subis.

ll se serait enfui. - Vous vous trompez.

- Et il est parti. - Quand on aime, on peut I'entendre.

- Non, c'est un conte de fées, ça.

Dans la vraie vie, ça se passe pas comme ça.

- Et maintenant, vous allez faire quoi;

- Je vais prendre I'air.

Vas-y, Manu!

On s'arrache!

On va dans notre rêve de gosses, bordel!

- Odette! ll faut arrêter avec les fantasmes!

Sirénes

Odette!

- C'est quoi, wesh, Odette; Je comprends rien.

On était sur Paname.

J'ai juste pris un virage. On est aux States!

- Notre rêve de gosses, Manu! - On est jamais partis.

- Juste kiffe. Kiffe. - Putain, les States!

C'est quoi cette bagnole de malade; Sérieux!

- Téma, téma, c'est les kρèmpers. Musique hip-hop

- Attends, ça, c'est ton kρèmp; C'est ça, ton kρèmp;

ll fait flipper, lui! Regarde-le! - Viens. Viens.

La musique s'arrête.

- Qui c'est qui garde le scooter;

J'ai pas d'antivol.

Elle est marrante!

- Can I...

"Ante Up "

Acclamations

La musique s'estompe petit à petit.

- Comment je suis fier de toi!

Rires Mais c'est un tρèc de ouf!

Tu sais quoi; Je suis trop fier.

Je te paye une biére avec mes dollars.

- Je savais, t'es un gentleman de ouf!

- À un moment, j'ai vu flou. T'as fait... J'ai vu flou!

Rires

Vas-y... Viens. Je te paye une biére, direct.

- Hey! The French are coming!

- Wesh, barman;

Give me a beer!

- Ben alors, tu fais quoi;

- Oh! Tu fais quoi; Respecte un peu.

- On discute. Y a plus de frontiére des genres.

Cheers!

Don't forget, California Love!

- Lave-toi pas les mains, gros dégueulasse!

- La tehon! Gros crado!

Comment tu m'as manqué, Manu! Un truc de fou.

- Dis pas ça, je suis là.

- Non, t'es pas là. Je raconte ma vie à un psy.

C'est un souvenir qui te concerne. T'es pas là.

Je fais comme si t'étais là.

Je fantasme un souvenir, dans le délire.

Rires

- Pas défoncée, ce serait un sale trip ton truc, là.

- Pourquoi tu ris;

- C'est quoi, ton délire avec la psy;

- Je vois une psy. Je lui raconte ma life.

Je parle de toi, t'es mon reuf.

T'inquiéte, comme tu parles en verlan,

la psy comprend que dalle.

Rires

- Tu me racontes comme un mec... une caricature qui parle en verlan;

- Je raconte des souvenirs pourris. Faut que je la fasse rire.

- J'avoue que ta life est gratinée. Si tu la fais pas marrer...

Mais c'est quoi qui vous fait marrer;

- Je sais pas, ta face, ton délire, ta gueule... notre kif.

- T'as pété un plomb; - ll t'arrive quoi;

- Tu parles de ta psy de quoi; - Tu fais quoi, là;

Desserre ton string. - Elle est oω ta psy;

- Putain, mais... - Elle est oω;

- La séance a pas commencé. Calme-toi.

- Tu te fous de moi, en plus; Je suis en train de pisser.

- C'est un concept. - Elle est oω;

Tu fais chier, putain!

Tu te fous de moi! La tête de ma mére!

- Jamais.

- Ta putain de psy de quoi;

- C'est quoi, ce bordel, là;

- Ah oui, je me rappelle.

C'est ça, ma vie.

Oui, moi, je suis là, moi. - Oui.

Elle est pas bien, ta vie; - Si, elle est bien.

- OK, petite, tu t'es pris une quecla.

Mais regarde, ça t'a mis la rage.

- Je sais, mais j'arrive pas à oublier.

- N'oublie pas.

Tu fais avec.

C'est qu'un souvenir. - Je sais.

- Ça doit pas te grignoterla tête.

Tu sais ce que je voudrais, là;

Qu'on retourne dans notre rêve de gosse.

- Lopez, c'est la fin de ton temps de parloir.

Allez, viens.

- Hé!

T'as été capable de m'emmener aux States.

Tu peux pas me changer Robert; T'as vu sa gueule;

Rires

Elle rit.

Salut, ma soeur. - Ciao!

Ça va ou pas; - Quoi;

Si ça va;

Putain, j'adore la psychanalyse! Rires

Check ça!

Prends soin de toi. - Toi aussi.

Musique oppressante

Hurlement

Cris des enfants

"Viva la vida"

- C'est bien, tu seras avec tes enfants.

- ll est incroyable, ce Gilbert!

- ll est proche de ta fille, tu trouves pas;

- ll est sympa avec elle.

- Je trouve qu'il s'occupe beaucoup d'elle.

J'aimerais pas ça, moi.

- T'es con ou quoi; T'es bourré;

- Non.

- Tu vois bien, il a eu 3 mecs, le pauvre.

ll rêve d'avoir une fille.

Evidemment, il voit Odette... Elle est tellement mimi.

Musique oppressante

En revanche,

ta femme n'est pas insensible au bonhomme. Fais gaffe.

- T'as raison. Tiens-moi mon rhum.

Je plonge.

- Viens là, ma chérie. Viens là.

Essuie-toi.

T'as froid. T'es restée trop longtemps dans I'eau.

Ça va; - J'ai un peu froid.

Je peux aller dans ma chambre, lire ma BD;

- Oui, bien sûr.

Brouhaha

Odette!

Odette, séche-toi bien les pieds. Hein; Les pieds.

Séche-les avant d'entrer. Merci.

Cris des enfants

- Allez, viens te baigner! - Non, je suis bien.

Tu veux qu'on parle de poids;

- Ça va, ma puce;

Viens, on a peu de temps pour les chatouilles.

- Qu'est-ce que tu fais là, Gilbert;

- Rien. La petite était seule, alors...

Je lui tenais compagnie. Hein, Odette;

- Ça va; Ça va, chérie;

C'est quoi, les chatouilles, Gilbert; C'est quoi;

- Elle voulait jouer avec ses peluches.

Alors on a joué aux chatouilles.

- Tu touches pas à ma fille!

Si tu touches à ma fille, je te tue!

- Arrête! - T'as compris; Je te tue!

- Odette! Dis-lui, Odette! Odette!

Odette.

Odette.

Alors, ma chérie, tu rêves; Viens, on se dépêche.

On n'a pas beaucoup de temps. - Mon papa va venir.

- Mais non, il viendra pas. ll est à la piscine.

Par contre, il faut se dépêcher. - Non.

- Non;

Je croyais que t'aimais ça, les chatouilles.

Si t'aimais pas, tu me I'aurais dit, non;

Bon...

Je suis un peu déçu, Odette.

Ça me fait beaucoup de peine.

Je suis triste.

Allez, viens.

Ça durera pas longtemps.

On se dépêche. Viens, ma puce.

- Vos parents ont jamais eu de doutes;

- On se méfie pas de ses proches, on a confiance.

C'est ouf!

On passe plus de temps à faire le listing de ma vie au lieu de...

d'aller creuser le probléme. C'est dingue!

- Oui, mais il n'y a pas de vrai suivi. Vous venez en dilettante.

- Ça va! J'avais besoin d'air. - ll y a 5 ans,

vous aviez besoin d'air. Et il y a 2 ans et un an.

- C'est quoi, votre délire; C'est une technique psy;

- Non. Je m'inquiéte. Ces feuilles,

ce bordel, c'est vous. C'est n'importe quoi.

- Ça va pas ou quoi;

Sérieux! Prenez un Lexomil.

- Pardon. C'est pas professionnel, mais c'est comme ça.

Non, on touche pas, secret professionnel.

- Je vous ai jamais vue énervée.

Ça fait bizarre. - J'arrive plus à garder la distance.

C'est trés difficile de vous aider, Odette.

Si vous avez pas envie de vous en sortir,

je peux rien faire pour vous.

- M'en sortir comment, madame; - Arrêtez

avec "madame". - OK.

- Vous pouvez en parler à vos parents,

attaquer en justice... - Hop, c'est I'heure!

Je vois mes parents dimanche. Je les ai pas vus depuis longtemps.

Je remets la méridienne,

comme ça, tout est parfait.

Salut. À la prochaine.

Des gens parlent.

Coucou!

- Oh, ma chérie! - J'ai sonné pendant 2 heures.

- Excuse-nous, on discutait.

Conversations

Tu rigoles. Ah, regarde, voilà ton pére!

- Oh, ma chérie!

- Ça va; - Oh, oui.

- Mais c'est Odette!

Tu connais Odette; - Non.

- C'est la fille de Fabrice et Mado.

- La danseuse; - Exactement.

- Ça fait plaisir de te voir.

- Tu bois quoi; - Ce que t'as.

- Y a Gilbert, aussi. - Bonjour Odette.

- Bonjour. - Ça va;

Ça fait longtemps.

- Je te prends ton sac. - Merci, maman.

- Comment tu vas;

Ça fait au moins 15 ans. - Au moins, oui.

- Je te présente Clémentine, ma femme.

- Enchantée. - Pareil.

- Et Guillaume est papa.

- Nos deux petites jumelles, Marianne et Virginie.

- Merci.

Musique oppressante

- Attention, elle se coince! La pauvre!

Le bébé pleure.

- Fais attention.

Tu veux que je la prenne; - Ça vaut le coup d'être grand-mére.

- Alors, grand-pére, je suis moins sûr. Hein;

Regarde sa tête.

*Infos à la télévision

* - Pourquoi tu m'as rien dit;

- Je sais pas.

- On était proches.

- Je sais, mais c'était bloqué. J'ai jamais pu le dire.

Et c'est pas la question.

- Si, quand même. Tu nous en aurais parlé,

ça se serait arrêté.

C'est pas simple.

- C'est pas simple;

Putain, Mado, C'est tout ce que tu trouves à dire;

ll viole ma fille!

ll vient chez nous comme un frére, depuis des années.

On lui fait confiance. Et il viole ma fille!

ll viole ma fille sous mes yeux, putain!

ll continue sa vie comme si de rien n'était. ll vient chez nous.

ll vient bouffer, tranquille. On part en vacances.

ll vient prendre son café tous les matins à la brasserie.

ll me considére comme son ami.

Alors qu'il viole ma fille! - Ça va. Calme-toi.

On va pas tirer de conclusions hâtives. On...

Je le vois pas pédophile, moi.

ll a tout pour lui. ll est beau, il a réussi.

ll a rien d'un pervers. Je comprends pas.

- D'accord, Mado. Ça ressemble à quoi, un pédophile;

Ça marche comment; Ça s'habille comment, un pédophile;

Tu le sais, toi; Non, t'en sais rien.

Ça peut être n'importe qui.

C'est pour ça que je me suis fait enfumer!

- Odette...

Tu es sûre;

- Mado! - Laisse tomber. C'est bon.

J'aurais jamais dû vous le dire. - On te croit.

- Bien sûr qu'on te croit.

On peut quand même parler, non;

Mais on te croit.

Mais bon, comme il était trés proche de toi, peut-être...

- Mais bon, quoi; Mais bon, quoi; Quoi;

Peut-être que quoi;

Va au bout de ton idée. Exprime-toi. Dis-moi ce que tu penses.

- Peut-être que tu as interprété ses gestes...

- Interprété! Tu te fous de moi;

Tu crois que je mens; - J'ai dit que tu mentais;

- Tu I'insinues! Je ne mens pas!

- On peut parler avec toi;

Tu nous donnes I'information... - Tu m'accuses de mentir!

- Je dis pas que tu mens, mais ces accusations sont graves.

- Je sais que c'est grave!

J'invente pas! - Mado!

Ce qui est grave, c'est ce qu'il a fait. D'accord;

Tous ces cadeaux et je voyais rien, comme un con!

- Ben oui, on peut pas imaginer une chose pareille.

ll faut qu'on régle ça entre nous.

On va aller voir Gilbert et on va lui parler.

- Je vais le tuer. - Non, ne dis pas de bêtises.

- Je vais le tuer.

- Ça va, on a compris, tu vas le tuer.

Elle soupire. Comme si on avait besoin de ça.

Et les gens...

Comment ils vont réagir, les gens;

- Et moi;

Moi!

- Pardon, mon Odette. Pardon. Pardon.

Elle pleure.

Je me cache derriére ce mot

parce que sinon, je te jure, je le tue.

Je sais pas quoi dire d'autre... Pardon. Pardon...

Je t'aime tellement fort.

Elle sanglote.

Ma vie, elle est derriére moi, maintenant. Tu le sais;

Mais toi, c'est devant.

Toi, c'est uniquement devant.

Je veux que t'aies toujours dans ta tête mon pardon,

que tu I'entendes tout le temps, que ça résonne,

que tu saches que ton pére t'a dit

qu'il serait toujours avec toi. D'accord;

Allez, allez. Je t'aime.

- Merci, papa.

Qu'est-ce qu'on fait; Qu'est-ce qu'on dit;

- On dit pardon.

- Asseyez-vous. - Merci.

- Asseyez-vous.

- C'est une plainte pour quoi;

- T'es folle, toi.

- Pour violences sexuelles. - Un thon-mayo;

- Jambon-beurre.

Ça date de quand, ces violences sexuelles;

- Maman!

- ll est connu pour ce genre d'actes.

- Ça fait au moins 20 ans.

- La porte!

- ll entraîne les gamins au judo, les samedis;

- C'est un acte pédophile;

- C'est ça.

ll s'appelle Gilbert Miguié.

C'est fait. - Oui.

- C'était pas une question, plutôt une constatation.

Je savais pas qu'on était si content

d'envoyer quelqu'un à I'abattoir. - L'abattoir;

J'ai déposé plainte. - Ah oui;

Je les ai entendus: "On va se faire Miguié!"

T'appelles ça une plainte;

C'est plutôt la corrida.

- C'est qu'il est récidiviste.

Y avait d'autres plaintes. C'est juste que...

y avait pas pénétration pour les autres.

- Epargne-moi les détails.

On va y avoir droit au procés. Et là, je suis pas prête.

- ll faut qu'il soit jugé. Tu penses pas qu'il faut... Maman...

Et les jumelles; Tu penses aux jumelles; T'y penses;

- Et Sophie; Tu y penses à Sophie;

La mamie pédophile, tu y penses;

Tu crois qu'aprés ça, sa belle-fille va lui confierles petites;

Et Guillaume;

Qu'est-ce qu'elle va se dire sa femme, sur son mari;

Qu'il est peut-être comme son pére,

que la pédophilie, c'est génétique.

Tu as pensé à ça; Non.

- Maman, je peux pas y arriver seule.

J'ai besoin de votre amour. J'ai besoin de toi.

- Tu as besoin de notre amour; Ah bon;

C'est toi qui nous lâches pour la danse.

Tu reviens parfois nous éblouir de tes conquêtes et de tes voyages.

Les pieds sous la table. Le boeuf bourguignon de maman.

Un week-end, au bord de la piscine, aux frais de la princesse.

Et rechargée à bloc, mademoiselle repart.

Et maintenant, tu me sors que tu as besoin de notre amour;

Les deux abrutis qui ont rien vu, rien du tout...

Oh, putain!

Oh, Miguié nous a prêté de I'argent!

Eh oui!

Les gens vont dire qu'on t'a vendue,

que t'as été notre petite pute!

Téléphone Quand même! T'es oω;

Oui, oui. Non, Odette, ça va. Bon, je te rejoins.

Mais pourquoi tu t'es garé là;

C'est pas loin! C'est pas loin! T'es pas là oω il faut!

Odette ne vient pas avec nous.

Oui, j'arrive, j'arrive!

- Allô, c'est Odette.

Ça fait des siécles qu'on s'est pas parlé.

J'ai pas eu le courage de t'appeler.

Non, je suis pas chez moi. Je suis...

Je suis dans le Sud, chez mes parents. Au commissariat.

Elle pleure. J'ai besoin de toi.

OK.

Musique mélancolique

Musique oppressante

- Odette, la musique, la voiture, c'est anecdotique.

On entre dans le vif du sujet.

Allez. - OK. Oui, je sais, je sais.

Oh...

- Allez! - Oui. Oui. Oui.

Odette souffle.

- Mlle Miguié, vous témoignez contre votre frére, Gilbert.

Vous le savez, votre plainte

n'est pas recevable, la prescription surles violences sexuelles,

étant fixée à 20 ans aprés la majorité. Cependant,

M. le Procureur général a tenu à ce que nous vous entendions.

Vous allez prêter serment.

- Euh...

- "Je témoigne en mon âme et conscience."

- Je témoigne en mon âme et conscience.

- "Je jure de dire la vérité." - Je jure de dire la vérité.

- "Toute la vérité, rien que la vérité."

Elle répéte.

Levez la main droite et dites "Je le jure".

Nous vous écoutons, madame. - Mademoiselle.

J'ai jamais eu de vie sentimentale.

J'en suis incapable.

ll m'a tout pris.

Tu sais ça, Gilbert, que tu m'as tout pris;

Mon corps, mon amour-propre...

ma vie.

Regarde-moi.

J'avais 12 ans, Gilbert!

J'avais 12 ans!

Et tu m'as enculée!

J'avais 12 ans et tu m'as enculée! Pédophile!

- Prescription!

Et c'est un détournement de mineure. - Violer,

c'est pas grave; ll a enculé sa soeur!

- Mlle Miguié, s'il vous plaît.

- Pardon, je suis vulgaire.

- Allez-y. Continuez.

- Et toi, tu t'es rendue compte de rien;

T'es mariée avec lui depuis 20 ans, t'as rien vu;

Toutes ces victimes;

Faut croire que I'argent, ça aide à se taire.

J'ai toujours aussi mal, Gilbert.

Je te sens me grimper dessus, tous les jours.

Quand je me réveille, quand je m'endors...

t'es là, sur moi.

Tu m'as volée.

Tu m'as vidée.

Elle est oω, la prescription pour mes terreurs;

- Moi, je I'ai jamais forcée, la petite.

Elle était muette comme une carpe. On force pas les gens.

Quand on veut pas, on veut pas.

Elle, elle voulait.

Elle aimait ça. Même c'est... C'est toi qui enlevais

ta petite culotte, Odette. Alors...

elle s'offrait à moi.

ll fallait que... Quoi; Que je refuse;

Je comprends plus rien.

Musique triste

"Petite Fille"

Petite fille, tu te balances

Et quand tu danses, ta robe tourbillonne

Petite fille, si tranquille

Lorsque tu te démaquilles

Petite fille, tu es ma fille

Tatouée de mes soucis intimes

Cauchemars, poignards De toutes mes nuits

Les tambours sonneront bientôt minuit

"Petite Fille"

Dis-moi

Pourquoi

Tu n'es plus là

- Non, maman...

Je m'invente pas une douleur pour exister. Pourquoi t'es venue;

- Ma chérie, il fallait que la dame entende une autre version.

D'ailleurs, que fais-tu encore chez un psy;

T'as gagné. Gilbert a eu 7 ans. Que veux-tu de plus;

- Je voudrais qu'on reconstρèise.

- Y a rien à reconstρèire.

Y a juste à constater les dégâts.

Ton pére, il est dans la contrition...

Et moi...

Je peux

fumer une cigarette; - Oui. Plutôt, là-bas.

- D'accord.

- Mme Le Nadant,

il est important que vous repreniez le dialogue avec Odette.

Vous êtes venue, c'est déjà une belle démarche.

Vous êtes ouverte à un échange.

- Je suis là pour le Salon du Brasseur.

Comme Odette a insisté pour que je vienne...

- Maman, j'ai vraiment besoin qu'on se parle.

Ecoute-moi. Ecoute-moi. - Lâche-moi!

Tu vas me faire chier longtemps avec ça;

Tout ça pour des doigts dans la foufoune, des léchouilles.

Tu sais ce que j'ai vécu, moi, dans la vie;

Alors, arrête de me faire chier!

Mentir en cour d'assises pour me faire du mal!

Tu vas allerjusqu'oω; Jusqu'oω tu vas aller;

- Ça va; T'as fini;

Tu sais ce que j'aurais voulu vraiment;

Que tu me prennes dans tes bras

et que tu me dises que t'es désolée. C'est tout.

J'étais cette fillette. Je I'ai abandonnée et toi aussi.

T'estimes qu'on s'attarde pas sur certaines douleurs.

Mais c'est pas ta douleur, c'est la mienne.

Tu peux dire que j'ai menti, que c'est pas vrai,

que c'est pas grave,

je m'en fous. Moi, je sais, je sais ce que j'ai subi.

Et aujourd'hui, je veux que ça sorte.

J'ai pas envie de vivre en attendant la mort. Tu comprends;

Est-ce que tu peux comprendre;

Excusez-moi, docteur, j'ai plus rien à faire là.

Odette;

- Oui;

- Tu dessines;

- Oui.

- T'aimes ça, dessiner; - Oui, j'adore ça.

- Qu'est-ce que t'es jolie!

J'avais oublié que t'étais aussi jolie.

- Tu me connais;

- Je t'ai bien connue, oui.

- Comment tu t'appelles;

- Odette.

- Je m'appelle Odette aussi, comme le cygne blanc...

- DU LAC DES CYGNES.

- Je deviendrai une grande danseuse étoile.

- Tu sais, Odette, il y a plein de chemins, plein.

Mais tu deviendras quelqu'un de bien.

Elle pleure.

C'est promis.

Je voudrais te demander quelque chose.

Tu voudrais bien venir avec moi;

- Oui, ça faisait longtemps que j'étais toute seule.

- Je sais...

Je sais, ma chérie. Pardonne-moi.

Pardon de t'avoir abandonnée toutes ces années.

C'était pas de ta faute.

T'y étais pour rien, en fait.

On se quittera plus jamais. D'accord;

Tu viens;

"Le Bonheur"

N'ayez pas peur du bonheur

ll n'existe pas

Ni ici, ni ailleurs

Tadida dida, dadida

Nous allons mourir demain

Ne dites plus rien

Le bonheur conjugal

Restera de I'artisanat local

Laissez-vous aller

Le temps d'un baiser

Je vais vous aimer

Le trésor n'est pas caché

ll est juste là

A nos pieds, dévoilé

ll nous ferait presque tomber

C'est dommageable qu'on ne vive

Qu'une seule fois

C'est le temps d'une joie

Qui s'offre comme vous à moi

Laissez-vous aller

Le temps d'un baiser

Je vais vous aimer

Un peu de sel dans la mer

Ne changera rien

On s'adore, on s'enterre

On trouve une main et on serre

N'ayez pas peur du bonheur

ll n'existe pas

Laissez-vous aller

Le temps d'un baiser

Je vais vous aimer

Laissez-vous aller

Le temps d'un baiser

Je vais vous aimer

Voix d'enfants

Sous-titrage: HIVENTY

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