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Allô ? Vous m'entendez ?
Voici le dernier communiqué polonais.
Les troupes allemandes viennent d'entrer dans Varsovie.
Une pensée fraternelle aux soldats polonais de Hel
et à tous ceux qui se battent partout ailleurs.
La Pologne n'est pas morte.
Vive la Pologne !
- À Londres. - Personne d'autre ?
Général, il faut y aller.
Édition spéciale : la France lâche l'Angleterre !
Nous ne pouvons pas affronter seuls
un continent entier.
C'est de la folie pure.
De la folie ?
Hitler peut maintenant utiliser la flotte française.
Morton, d'après l'armistice,
la flotte française est désarmée.
Sous contrôle allemand !
Sous contrôle de l'Amiral de la flotte !
Spears, vous deviez amener Darlan,
où est-il ?
À Toulon. Nous le tenons à l'œil.
Sa flotte n'a pas été détruite.
Les marins le vénèrent donc d'autant plus.
Même le Maréchal Pétain ne pourrait le forcer à livrer sa puissante flotte.
"Puissante" ?
Elle est puissante !
Nous pourrions le retourner en jouant les bonnes cartes...
Il est difficile à cerner...
Il n'estime pas Pétain...
C'est clair.
Mais il hait la trahison délibérée.
Et donc, laisser quelqu'un
insulter le Maréchal sur nos ondes
est l'inverse de ce qu'il faut faire.
- Quel est son nom déjà ? - Gaulle.
"De Gaulle" : le seul général français voulant encore se battre.
Un général provisoire et déchu, Spears.
"Le traître", désormais, pour les Français.
Nous pouvons avoir Darlan et sa flotte ou de Gaulle et sa particule.
Pas les deux à la fois.
Désolé, mais ça se résume à ça.
Très bien.
Je vais l'écarter.
Merci, messieurs.
Rien de personnel, Spears : je n'ai jamais vu votre homme.
Il a des hanches de femme et une tête de banane.
À grande échelle. Difficile à rater.
À présent, chers auditeurs, notre émission en français.
Churchill voulait supprimer ça !
Coupez le signal !
Nous n'étions pas d'accord pour un gouvernement en exil.
En effet.
Laissons-lui une chance.
Notre peuple saura que la Grande-Bretagne n'est pas seule.
Et la satanée flotte française ?
Si ce n'est moi, votre cabinet vous le dira :
il vous rend ridicule.
Désolé d'apprécier le panache chez un soldat.
Les gens comme lui ont gagné la guerre de 14,
pas les bureaucrates.
Peut-être, mais parier sur de Gaulle,
c'est comme sauter dans le vide.
Anthony, ce n'est pas ma première guerre.
S'il échoue, nous l'éliminerons.
Le standard, j'écoute ?
Vous parlez anglais ?
Non, je suis français.
Blazej.
Je viens réparer le robinet.
Vous devez être un ami de M. Paul, le propriétaire ?
Pardon ?
Asseyez-vous.
S'il vous plaît,
par ici.
Des clochards, maintenant ?
Bienvenue.
Je connais ce genre d'immeuble,
c'est beau de l'extérieur.
Mais c'est trompeur, la plomberie est mal fichue.
"That".
Pas " zat ". Répétez après moi.
"I know that France..."
"I know that France will reese ."
"Rise."
Je suis désolé, madame.
"Blazej".
- "I know that France will rise again." - C'est bien !
Très bien.
Merci.
Je parle anglais, vous savez.
Peut-être un peu moins tendu ?
Ça fera l'affaire.
Laissez-le.
On peut le comprendre.
Darlan a envoyé un tiers de sa flotte en Algérie,
où les Allemands peuvent la saisir.
C'est une trop grande menace.
A-t-on retenté de parler à Darlan ?
Il pense qu'on va perdre,
et qu'on signera bientôt un traité avec l'Allemagne.
Il a fait son choix, il faut faire le nôtre.
Quelle situation horrible.
Nous n'avons pas vraiment le choix.
Non, monsieur.
Détruisez-les.
Prévient-on de Gaulle ?
Non, épargnez-le.
LA FLOTTE FRANÇAISE ANÉANTIE
Bienvenue, mon Général !
Je vous présente un homme remarquable,
qui peut nous aider à vaincre l'ennemi.
Merci d'accueillir le Général Charles de Gaulle !
Que signifie : "derrière farci de talc" ?
Il va parler un jour ?
Quoi d'autre ? Un pilote aveugle ?
Un amiral sourd !
Merci beaucoup.
Splendide.
Le général muet.
Général, je tenais à vous exprimer
toutes mes condoléances pour la flotte à Mers El Kébir.
La décision la plus douloureuse que j'ai eu à prendre.
Ça m'est d'autant plus difficile
de vous dire que nous ne pouvons plus vous soutenir.
Nous avons essayé, vous aussi.
Mais il nous faut l'Amérique dans cette guerre.
Et les Américains ont besoin d'alliés solides,
d'une logistique robuste, de ports comme Alger ou Dakar.
Vous deviez les rallier, tous deux,
et même tout l'Empire français,
mais rien !
Excusez-moi,
de quelle partie de l'Afrique parlez-vous ?
Je parle de l'Afrique,
en commençant par le cœur du continent...
Le Tchad ?
Oui, ça me plaît !
M. le Premier ministre...
M. le Premier ministre !
Toutes vos troupes dans un avion ?
Un grand avion ?
Pas de pilote anglais, pas d'avion !
Je crains que nous ne soyons dans une impasse.
En effet.
Jones. Votre pilote.
À votre service !
"Si j'étais la seule femme au monde" ?
Ce sera une sacrée journée.
C'est elle, ma chanson préférée.
Ça vient d'arriver.
Amiral Cunningham,
contre-attaquez !
- Ce n'était pas le plan. - Faites-le.
- Et ça ? - Faites-le, Amiral !
Général de Gaulle,
vous avez échoué à rallier les politiciens français
et l'armée française.
On vous a donné une deuxième chance,
c'est ici et maintenant.
Il n'y en aura jamais d'autre.
Arrêtez tout.
Cessez le feu !
- Premier ministre ? - Président.
Le peuple américain ne veut pas de cette guerre.
Comment le convaincre
si vous reculez devant un port sans défense ?
C'était un enchaînement de circonstances malheureuses.
Surtout, ne me parlez pas de la brume !
Votre Don Quichotte de Général nous a montré qu'il ne servait à rien.
Il a cru...
- Vous avez cru. - J'ai cru...
Vous l'avez adoubé par pur désespoir, non ?
Les "Français Libres"... ?
Comment avez-vous pu croire à ses contes de fées ?
Ouvrez les yeux :
ce ne sont rien que des promesses en l'air,
des fictions.
M. le Président,
je m'excuse pour de Gaulle.
Mais à part Dakar, avouez que je fais bonne figure,
moi petite île seule face à un continent d'ennemis.
La Grande-Bretagne et son Empire
seront des alliés solides.
Quand vous le voudrez, bien sûr.
Faites le ménage, cher ami, et vite.
Premier ministre ?
Il faut le remplacer.
Je me suis trompé sur de Gaulle.
Opération Cinq Étoiles lancée. Remplacement de De Gaulle aujourd'hui.
De Gaulle rallie de plus en plus de pays en Afrique
et établit la capitale de la France Libre à Brazzaville, son nouveau QG.
Il a levé des troupes à Douala, Fort-Lamy, Yaoundé
et Libreville.
Quant à la France de Vichy, elle se tourne vers la collaboration.
Ainsi va Darlan, que nous voulions rallier...
Il a déclaré les juifs ennemis de la France.
Très malin.
Cet homme est répugnant.
Exactement !
C'est une déclaration de guerre !
Je sais exactement ce que vous allez dire, Morton.
Alors je le dis : vous le préférez lui, ou l'Amérique ?
L'ennemi avance vers l'Égypte, il nous faut une aide réelle.
Et Roosevelt n'a-t-il pas été clair ?
Mais de Gaulle avait raison :
l'armistice était un engrenage...
Que Spears le ramène ici.
J'espère qu'il y arrivera.
Ramenez-le !
Je lui ferai entendre raison.
Général, je répète : le Premier ministre...
Il veut vous voir en personne, évidemment.
Incroyable.
Bon courage !
Vos laissez-passer...
Mon Général...
Mon Général, lisez...
Messieurs, nous ne sommes plus seuls.
M. le Premier ministre !
COUP D'ÉTAT À ST-PIERRE-ET-MIQUELON
Approuvez-vous notre secrétaire d'État ?
Oui, pourquoi ?
Je cite :
"La France Libre doit retirer ses navires de St-Pierre-et-Miquelon !"
Quels navires ?
Votre Don Quichotte soutenu par mes propres journalistes
dans ses folies ?
Les bras m'en tombent.
M. le Président, quand pourrez-vous lancer un débarquement ?
Nous sommes à bout de force.
Nous n'avons plus assez d'avions, de navires, ni d'hommes pour tenir.
Les Allemands prennent possession de l'Afrique du Nord.
Nous ne pouvons pas contre-attaquer partout.
Je compatis à vos difficultés, M. le Premier ministre,
mais je n'aime pas que mon gouvernement prenne un coup
chaque fois que votre Général s'amuse
à arracher un morceau de France.
Nous devrions profiter de cet entretien
pour parler de choses plus essentielles
que St-Pierre-et-Miquelon, par exemple, le débarquement.
Mais il faut d'abord régler ça.
Je le redis,
abordons des choses plus essentielles
que St-Pierre-et-Miquelon...
M. le Premier ministre, cette île est juste à côté de l'Amérique.
Nous ne pouvons pas laisser votre type la prendre d'assaut.
C'est hors de question.
Dakar ne vous a pas suffi ?
Les Américains ne supporteront pas
ces aventures chevaleresques.
Surtout s'ils doivent combattre un ennemi puissant, implacable
et plutôt rationnel...
Qui ne s'attaque pas à des moulins à vent.
M. le Président,
je vous promets que, désormais, tout se passera bien.
Je m'occupe de De Gaulle.
Je vous ai convoqué cet après-midi...
Je n'ai dit ni "mon Général" ni "je vous ai invité" !
Allez-vous-en !
Peake, traduisez.
M. Peake, du Foreign Office, a le privilège ingrat
d'être votre nouvel officier de liaison, après Spears.
Il a aussi un ami : le Premier ministre.
Merci. Allez-vous-en.
À quoi jouez-vous avec ces ridicules petites îles ?
Alors qu'il y a tant en jeu !
Au temps pour moi.
Dites-moi, Général,
l'Amiral Muselier sait-il
qu'il a débarqué malgré mes instructions formelles ?
Bien sûr.
Mais je tiens à dire que je trouve cet Amiral de haut rang
de plus en plus agréable.
Il est rationnel, sympathique,
il a les qualités attendues d'un chef.
Souvenez-vous du petit problème de cocaïne...
C'était un malentendu.
Il faut stopper cette farce de St-Pierre-et-Miquelon.
Signez ce mémorandum ou Muselier le signera pour vous.
Quel homme charmant !
Il a disparu...
Retranché chez lui, à Hampstead, avec sa femme et sa fille.
L'armée d'Hitler écrase les Britanniques en Afrique du Nord,
ce qui compromet la stratégie militaire de Churchill.
La roue tourne, Winston.
Si on perd la Libye, on perd la Méditerranée... et la guerre.
Nos troupes sont débordées face aux blindés de Rommel.
L'offensive de Rommel se poursuit.
Notre armée a dû abandonner El Agheila et se replier à Tobrouk.
Rommel fonce vers Tobrouk...
Si les Alliés perdent Tobrouk...
Une victoire garantirait à Rommel un accès à l'Égypte,
ce qui obligerait les Britanniques à se rendre
et à perdre la guerre.
Après l'Égypte, Rommel prendra le canal de Suez.
Et on ne gagne pas une guerre sans pétrole.
Laissez-moi, Anthony.
Notre armée est piégée à Tobrouk.
C'est une catastrophe.
Pourquoi ne se replient-ils pas ?
Pas le temps.
Les Allemands peuvent surgir à tout moment.
- C'est quoi, ça ? - Bir Hakeim.
Un petit bastion dans le désert,
tenu par 3000 Français Libres sous-armés.
Ne leur demandons pas de retenir Rommel.
Pourquoi ?
Ce serait aussi cruel qu'inutile !
Rommel a 30 000 hommes, chars, artillerie, aviation !
Mais plus longtemps ils tiendraient, plus on sauverait d'Anglais à Tobrouk.
Et ils iraient à la mort pour de Gaulle.
Relâchez-le.
Qui ?
Le monstre de Hampstead.
C'est lui demander un sacrifice impossible.
Je n'aurai pas à demander.
Bienvenue chez vous, mon Général !
Les Français ne tiendront pas éternellement !
On ne peut pas aller plus vite ? Ça fait presque trois jours !
La situation empire à Bir Hakeim.
Après la honteuse capitulation de 1940,
la France risque de réitérer aujourd'hui.
De Gaulle s'entête et joue le destin de la France.
Seul un fou continuerait ce combat.
Les Allemands se rapprochent, les cernant de toutes parts.
La reddition semble inévitable.
Bien joué, M. le Premier ministre.
La 8e armée est en sécurité...
et prête à accueillir...
les Allemands.
Bravo...
et un grand merci.
Bravo ! Bienvenue en territoire britannique.
Merci !
Vive la France !
Nous nous approchons,
sans aucun doute,
d'un tournant dans la guerre.
L'impact de l'aide américaine,
la résistance héroïque des Russes,
les efforts du peuple britannique
prouvent, messieurs,
que la victoire est à notre portée.
Car la guerre est une affaire de conviction et de morale
autant que de force matérielle.
Un peuple n'est vaincu
que s'il s'avoue vaincu.
Voici, messieurs, mon message.
... n'est pas vaincue, car elle croit en la victoire.
Ils montrent que notre drapeau répand l'honneur,
que nos funérailles sonnent l'espoir...
Et que notre Marseillaise vibre de fureur !
Winston, n'est-ce pas ce que vous espériez ?
Ce que vous aviez vu en lui, malgré nous tous ?
Peut-être...
On ne peut pas le laisser dans l'ombre.
Plus maintenant.
Mais c'est une opération américaine.
Et j'ai fait une promesse à Roosevelt...
Le débarquement se fera sans lui.
Mais il incarne la Résistance.
Alger est française.
Grâce aux Résistants, nous entrerons facilement.
J'ai interrogé les Résistants français, l'un après l'autre.
Tous agissent en son nom !
Vous avez perdu, Amiral.
Dites à vos troupes d'arrêter le combat.
Vous êtes perdus.
Peut-on se parler ?
Le gouvernement américain a une proposition.
Êtes-vous à jamais fidèle à Pétain ?
Un mot avant de rencontrer Eisenhower ?
À partir de maintenant,
l'Amiral Darlan sera le chef
de toutes les Forces Françaises Libres.
Ensemble, nous vaincrons les Allemands.
Félicitations !
"L'alliance de la honte".
À laquelle vous avez pris part.
Comme disent les Russes : "Quand le péril est grand,
"on peut donner la main au diable et à sa grand-mère
"pour franchir le pont."
Darlan donne à Roosevelt Alger, Dakar et 400 000 hommes.
Que nous donne de Gaulle ?
Le Tchad...
Intervention divine ?
Il paraît que Dieu veille sur les bébés et les fous...
Sous-titres : Pascal Strippoli
Sous-titrage : TransPerfect Media France
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