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Original subtitles

Non, non, non…

Avec plus de conviction !

L'EXTASE DE LA ROSE NOIRE

Ok.

Meiko, tu écoutes ?

C'est ça. Maintenant, par en dessous.

Très bien.

Tu filmes, là ?

Éclaire.

Ok, vas-y.

Montre bien ton visage.

Tu as ses fesses ?

Filme son visage.

Je tiens plus…

- J'en peux plus ! - Qu'est-ce qui va pas ?

- Cette position me fait mal. - Allez, encore un peu…

Je tiens plus ! Je vais me briser une jambe !

Ok, viens là. On va changer.

Bon, changez de position.

Filme-les de derrière.

Je veux plus.

Ça fait mal !

Pourquoi tu t'arrêtes ?

Qu'est-ce qui t'arrive ?

Je suis enceinte.

- Dis-leur, toi. - C'est vrai.

C'est normal, non ? Ça arrive quand on baise.

Mais le boulot, c'est le boulot !

- Allez, quoi ! - C'est pas si simple !

Tu t'en fous, toi…

Vous comprenez rien.

Idiote !

- Qu'est-ce que tu dis ? - Laisse tomber.

Yasu, faisons une pause.

- Bon, ok. - À la bouffe !

Dites, vous m'écoutez ?

Mais on t'écoute…

Je pense que c'est pas bon pour l'enfant.

Dis-leur, toi.

On en a parlé toute la nuit.

Elle m'a pas laissé dormir.

Arrête de tourner autour du pot. Dis-leur.

- Allez, mange… - Bon, je vais leur dire.

C'est pas sain pour l'enfant.

De quoi ?

Tu le sais bien.

Je veux prendre du repos jusqu'à l'accouchement.

Je regrette, mais c'est impossible.

Qu'est-ce qu'il y a de mal à travailler, dis-moi ?

- C'est pour l'éducation prénatale. - Hein ?

Sornettes.

Ça n'existe pas. Mange.

Pour toi, tout est simple, hein ?

Tu te poses jamais de questions.

Je pense qu'elle a raison.

Alors tu es aussi bête qu'elle !

Écoutez-moi bien. On fait des films artistiques.

Écoute-le.

Le Japon est un pays sexuellement retardataire.

On risque tous de se faire arrêter.

Mais c'est pas notre faute.

C'est le pays qui est comme ça.

Regarde la Suède.

Les films sexuels sont éducatifs. Même les enfants en regardent.

C'est toi l'enfant avec tes raisonnements !

J'en ai marre de t'écouter.

Je suis une femme. Je suis mon intuition.

Mon enfant veut que j'arrête. Je le sens dans mon ventre.

C'est totalement irrationnel.

Comment il peut te parler ? "Maman, arrête !"

Espèce d'idiot !

Ne dis pas des choses comme ça ! Je le sens, c'est tout.

- Allez, arrête, va… - Je peux pas.

Si on arrête maintenant, je perds de l'argent.

100 000 yens pour être précis !

Pourtant…

Si elle veut pas, tu vas pas la forcer. Point barre.

- S'il vous plaît… - Écoute…

Je te promets qu'après l'accouchement,

je reprendrai le travail. - Au secours !

Scénario : Giichi Fujimoto

Production : Akira Miura

Chef opérateur : Shinsaku Himeda

Réalisation : Tatsumi Kumashiro

J'en peux plus ! J'arrête !

Connasse !

Allez, ça va. Arrête de pleurer !

Profite bien de ton bébé.

Oh hisse !

Yasu, tu peux jamais gagner contre une femme.

Encore moins quand elle est en cloque.

Dites, les garçons…

Demande-leur, toi…

Dites, les gars…

Vous voulez pas venir à notre fête de mariage ?

Et puis quoi encore ? Ça me coûte déjà 100 000 yens !

Allez, venez, quoi…

Bon, d'accord, on viendra…

Oh hisse !

Ça gagne bien sa vie, un dentiste ?

Pas tant que ça. Rincez.

Merci.

Au revoir.

Bonjour. Je vous en prie…

- Quelle chaleur, n'est-ce pas ? - En effet…

C'est la première fois que je vous voie sourire.

Il vous aura fallu trois jours.

Au revoir.

SHIBATA MAH-JONG

24 h / 24.

Excusez-moi, j'ai oublié quelque chose.

- Je vous en prie. - Ça doit être la chaleur…

Pardon, j'ai laissé mon sac.

Désolé pour le dérangement.

Encore pardon. Je vous remercie.

Tiens-le bien.

Fais-lui boire.

Frotte son nez avec.

Bien.

- Allez, on y va. - Où ça ?

On verra.

Hé, Meiko…

Les films qu'on fait…

- Tu m'écoutes ? - Oui, je t'écoute…

Assieds-toi. Notre travail, c'est pas pour gagner petit.

On utilise des caméras 16 mm. On fait de la qualité broadcast.

On fait aussi des transferts en 8 mm.

En y mettant le temps, et avec ma jugeote,

on pourrait filmer des super scènes de sexe…

On aurait un slogan : "La baise en beauté".

La baise, y a plus que ça qui passionne les gens.

- Je sens le bébé bouger. - Arrête un peu !

Quand on baise, on devient des bêtes, des dieux !

- Les hommes et les femmes ! - Arrête…

On ne devient sérieux

que dans ces moments-là, quand on baise.

Comment dire ? Le rideau tombe, tu comprends ?

Et l'être humain se dévoile.

C'est la seule chose dont je suis sûr.

Je comprends, mais…

Ça m'ôtera pas de l'idée que t'es un pervers !

- N'importe quoi ! - Le bébé bouge, je te dis…

Arrête un peu !

Je sais pas ce qu'on dit de moi et de mes idées…

Mais en tout cas, des réalisateurs de films

partagent mes convictions.

Nagisa Oshima, Shohei Imamura…

J'ai besoin de ta beauté

et de tes talents d'actrice.

Comme le spectateur, je suis en quête de beauté.

Alors, reviens travailler.

Écoute, je veux bien te comprendre…

mais t'es quand même bizarre… - Tu comprends rien à rien !

Puisqu'il faut être plus clair…

Je suis en nage… On en reparle, d'accord ?

Zèbre, prise 1.

Grue couronnée, prise 4.

Grue couronnée. Vas-y.

Guépard, prise 3.

Otaries, prise 1.

Bébé chimpanzé, prise 1.

Bien…

Regarde ça. La beauté du travail.

Ça a pas l'air facile, comme travail.

Nous aussi, les artistes, on en bave…

C'est une interview avec un champion de sumo.

Ok.

Je vais couper…

de là jusque là.

Tiens.

J'ai réussi à enregistrer ça dans un cabinet dentaire.

Arrêtez… arrêtez…

C'est bientôt terminé.

Ouvre grand.

Elle doit avoir 17 ou 18 ans. Une vraie poupée.

- Elle peut me succéder, alors. - Voilà…

Juste assez pour laisser l'imagination faire le reste.

J'ai appelé cet enregistrement "La Vierge perdue".

Cette bande maîtresse va nous faire plein de petits.

La bande maîtresse, c'est la matrice de tout.

Une bande se vend entre 7 000 et 10 000 yens.

Ce sera notre affaire la plus rentable, tu verras.

Super idée, non ?

Toi et tes idées…

Vous me faites mal.

J'ai mal… J'ai mal…

Ce que j'essaie de te dire, c'est…

Fais-moi confiance. Ton corps, j'en ferai de l'or.

Fie-toi à ma sagesse

et à mon sixième sens pour faire de l'art.

Ensemble, on fera un chef-d'œuvre.

Écoute ça.

Je suis heureuse d'être tout près de toi.

Embrasse-moi…

Désolée, mais pour moi, ça ne change rien.

D'accord…

D'accord. Mais tu comprends vraiment rien !

Je te dis qu'un Dieu veille sur moi !

Je suis pas un Dieu.

C'est encore mieux que ce que je pensais !

- Bon… j'y vais ! - Bonne chance.

Dis, tu seras là ce soir ?

Tu dis à ta femme que c'est pour le travail.

Elle est là.

Prenez mes billes.

Bonne chance.

Pardon.

Vous permettez ?

- Quelle chaleur, hein ? - Oui…

Ça me fait du bien, votre éventail.

- D'où venez-vous ? - D'Otemon.

- D'où êtes-vous originaire ? - D'Hakata.

- Oh ! Je l'aurais deviné. - Vraiment ?

Je ne suis ici que depuis un an.

En fait…

pour vous dire la vérité, je suis détective privé.

Détective privé ?!

Et qu'est-ce que vous faites ici ?

Je travaille pour quelqu'un.

Papa… ?

Je ne peux pas vous révéler qui c'est.

Mon patron ?

M. Hikoichi Ogaki ?

Je n'ai pas le droit d'en dire davantage.

Mon travail m'oblige à protéger l'identité de mes clients.

Je ne devrais pas vous le dire, mais je vous suis.

Une fois votre rendez-vous terminé,

pourriez-vous me rejoindre à Shinsaibashi ?

J'aurai quelque chose à vous confier.

D'accord.

Je vais vous laisser.

Faites bien attention de ne rien dire à personne.

À tout à l'heure.

Pardon.

Hikoichi Ogaki.

Un des magnats du Japon.

Ok, écoute.

Il faut jamais abandonner.

Le bonheur se construit à force de volonté.

J'ai bientôt 33 ans…

et d'aussi loin que je me souvienne,

j'ai toujours été un artiste pratiquant.

Malgré les écueils, j'ai toujours persévéré.

J'ai toujours fait en sorte

de transformer chaque revers en opportunité de rebond.

Madame ! Merci d'être venue.

J'ai à vous parler.

Je me doute bien que vous serez réticente

à l'idée de venir chez moi.

Aussi, nous pourrions aller parler ailleurs,

si ça ne vous dérange pas.

C'est vraiment ignoble.

Me faire suivre comme ça. C'est indigne d'un homme.

Je ne suis plus une jeune fille.

Je ne parle pas de vous, bien sûr, mais de Papa.

Il sait à quel point je lui suis dévouée.

Je n'ai rien à cacher.

Les relations humaines reposent sur la confiance mutuelle.

Justement.

J'ai appris ça de mon métier.

Bravo.

Douter de l'autre en amour, il n'y a rien de pire.

Et comment !

Où allons-nous, maintenant ?

C'est scandaleux ! C'est une atteinte à ma liberté personnelle !

J'ai pensé que ça nous ferait du bien.

Quand on est à un tournant de sa vie,

il est bon de venir ici pour contempler du ciel

toute la ville d'Osaka.

Voilà ce que je voulais vous faire écouter.

"Je suis heureuse d'être tout près de toi…"

Mais c'est moi ! Chez le dentiste !

C'est ça. Je l'ai enregistré hier.

Mais c'est horrible ! Arrêtez !

Dis, tu seras là, ce soir ?

Chut ! Mon assistante va t'entendre !

Arrêtez ça !

C'est juste pour mon travail. Ne le prenez pas mal.

- Madame ! Attendez. - Laissez-moi !

S'il lui faut plus de preuves,

j'ai des images.

On fait de très bonnes caméras, vous savez…

Arrêtez ! J'en ai besoin pour le travail !

Même de nuit, avec une allumette, on peut tout voir comme de jour.

Aujourd'hui, la science et la technologie peuvent tout.

Allez-vous donner cet enregistrement à Papa ?

Eh bien… oui.

Alors pourquoi me le faire écouter ?

Vous êtes couvert de sueur…

Oui…

Il faut dire…

que je ne vous ai pas encore tout révélé…

On va… ailleurs ?

D'accord.

Arrêtez…

En fait… j'ai plusieurs cordes à mon arc.

Je suis aussi réalisateur de films. Allez-y, montez.

Comme ça ne paie pas beaucoup,

je suis aussi détective privé. Ça me gêne de vous le dire.

Suivez-moi.

Vous êtes tellement belle que je ne pouvais pas

vous cacher la vérité.

Ça va ?

Avec vous, je pourrais faire

un film aussi bien que L'Amant de Lady Chatterley !

- Excusez-moi si je vous dérange. - Je ne vous dis pas de mensonges.

Je le pense vraiment.

Cet homme vous le confirmera.

Nous avions une compagnie nommée Shimogamo.

Elle produisait des films.

- Mais elle a fait faillite. - C'est vrai.

Cet homme était mon assistant caméra.

Suivez-moi, je vous en prie. Allons à l'étage.

Nous sommes tous des activistes du cinéma.

Nous sommes des artistes. Nous avons une conscience.

Mais je m'égare…

J'ai parfois du mal à préciser ma pensée.

Dis, Yasu, tu peux nous laisser seuls un moment ?

- Nous devons parler en privé. - Ok.

Bon, je me lance…

J'aimerais vous demander d'acheter cet enregistrement.

Combien en demandez-vous ?

20 ou 30 000 suffiraient.

C'est tout ?

N'est-ce pas trop peu ?

J'ai des plans pour vous.

De vrais projets artistiques.

Vous pourriez devenir une authentique Lady Chatterley.

Si rien ne s'y oppose, nous pourrions travailler ensemble.

Je dois appeler le bureau.

Une dernière chose…

Les femmes comme vous…

aussi discrètes que belles… je les aime comme un fou !

Vraiment !

C'est ce qui me pousse à trahir le bureau et mon client.

Attendez…

Je vais vous apporter l'argent… demain.

Soyez à la Gondole à 15 heures.

- Vous partez ? - À demain !

Madame !

Hé, ça te ressemble pas !

Tu la laisses partir ?

Tu connais pourtant les femmes.

Je sais ! Je le regrette déjà.

Et tu lui cours pas après ?

C'est pourtant ce que tu fais, d'habitude.

Ben ouais, mais là… pschitt…

Je me dégonfle…

Je crois bien que je suis amoureux…

Cette femme a tout pour être ma Lady Chatterley !

Ah bon ?

Je sens la force du désir humain…

affluer derrière le beau masque qui lui fait office de visage.

C'est vraiment ce qui m'attire chez elle.

Les artistes, tu vois,

à la différence des gens ordinaires,

sont excités par ce genre de choses !

Ses soupirs sont absolument exquis !

Je crois bien que c'est l'amour.

Si je la perds, je m'en mordrai les doigts.

Avec elle, on va tourner les pornos du siècle !

- Grand bien te fasse. - Travail mis à part…

j'aimerais bien la mettre dans mon lit !

- Vas-y, vas-y. - Je veux bien l'ensemencer !

Une bonne levrette, oh ça oui !

Attends un peu, tu vas voir…

Je vais me la faire !

Arrêtez…

Arrête, c'est pas bien pour le bébé…

- Qu'est-ce que vous faites ?! - Ah, tu es rentré.

Le montage est fait.

Tu peux repasser plus tard ?

Abruti ! Tu trouves ça pro ?

Cette fausse bande t'excite ou quoi ?

Arrête, je vais perdre le bébé !

Vous avez pas honte ?!

Allons, voyons, les chaises…

sont faites pour s'asseoir.

Une dernière fois.

Ça fait une heure que vous êtes dedans.

Vous n'en avez pas marre ?

- Non, j'aime ça. - Vous êtes bizarre…

- Madame ! - Vous voulez pas venir ?

Pardon. Je monte.

C'était vous, hier ?

J'ai les 30 000 yens.

Je peux vous donner plus si vous voulez.

Pourquoi ?

Je vous ai seulement demandé 30 000 yens.

En fait… je voulais pas tellement faire ça.

Vous ne me croirez sans doute pas…

Vous n'avez pas besoin de me croire…

Pour vous dire la vérité, ma femme…

a un cancer du col de l'utérus. Et pour l'opération, il me manque…

30 000 yens. - Vraiment ?

Mais cela m'a donné l'occasion de vous rencontrer.

À quelque chose malheur est bon…

Est-ce que votre femme va s'en remettre ?

Eh bien, pour tout vous dire…

Elle a déjà subi deux opérations. On ne lui donne…

guère plus de six mois à vivre…

Je vois…

Alors, prenez-les…

Ça doit être dur pour votre femme.

Il ne faut pas ajouter à son malheur.

L'amour entre un homme et une femme

jaillit de l'esprit et du cœur…

Mais l'amour véritable,

on ne le scelle que par l'union physique.

Vous trouvez peut-être mes propos indécents…

mais n'est-ce pas, après tout, le fondement de notre humanité ?

Vos propos me touchent beaucoup.

Merci infiniment. Je vous remercie de tout mon cœur.

Oh, ne me remerciez pas tant, je vous en prie…

Je ne sais comment vous exprimer mes regrets…

Je m'en veux de vous avoir menacée

pour de l'argent.

J'aimerais beaucoup vous inviter à venir chez moi.

J'ai encore une chose à vous donner.

Quoi donc ?

- Un film. - Un film ?

Un film de moi ?

C'était vous mon sauveur.

Rue Taisho, s'il vous plaît.

Madame… Madame !

S'il vous plaît… Vous m'écrasez le pied.

Oh ! Je suis désolé.

- À quoi vous vous amusez ? - C'est bon. Allez-y.

Eux aussi souffrent pour leur art…

Ah oui ?

Alors, ce film ?

Il s'agit d'une rencontre entre un homme et une femme…

Comment dire…

C'est une scène d'amour secrète filmée en secret.

Comme je vis seul…

cet endroit est un vrai souk ! Je m'en excuse.

S'il vous plaît… où est le film ?

Attendez-moi. Je vais le chercher.

Les films ne mentent pas.

Ils montrent la réalité telle qu'elle est.

Il est inutile d'essayer de faire mentir des images.

C'est comme moi.

Qu'est-ce qu'il fait chaud, aujourd'hui…

Allons-y.

Qu'est-ce que c'est ?

Quoi ?!

Que voulez-vous me montrer ?

Un film que vous avez tourné en tant que détective ?

Vous faites aussi des films érotiques ?

Je pensais que c'était un film qui m'impliquait. Mais pas ça…

Arrêtez ! Arrêtez ça ! Je préfère m'en aller !

Oh ! Je vous prie de m'excuser. Ce n'est pas le bon film.

Vous ne voulez pas regarder ?

Où ai-je mis l'autre ?

Pourtant, je dois vous dire…

de tous les films que j'ai faits…

- Celui-ci est mon chef-d'œuvre. - Vraiment ?

Je l'ai tourné en Suède.

Vous voyez l'actrice principale ?

Belle femme, n'est-ce pas ?

Pour moi, cette femme n'est pas une traînée.

- Vous croyez ? - L'acte charnel…

est l'accomplissement humain le plus élevé.

Ah bon ?

Les plantes ne donnent-elles pas de jolies fleurs ?

À votre avis, pourquoi le font-elles ?

- Parce que les plantes baisent. - Ah bon ?

Voilà pourquoi je fais des films.

Toujours plus beaux. Toujours plus artistiques.

- Voilà vers quoi je tends. - Ah bon…

Notre mission est d'affirmer au monde

qu'il n'y a rien de plus beau qu'une bonne baise.

C'est la source de toute beauté en ce monde.

Sans cette prise de conscience, le monde ne sera jamais meilleur.

Vous croyez ?

Les gens qui osent dire que c'est sale se fourvoient.

- Vraiment ? - Ce n'est pas en dépréciant le sexe

que notre monde se portera mieux.

Ce qui est beau est beau, et c'est tout.

Ikuyo…

Je vous en prie…

Faites ça pour moi…

Ikuyo… S'il vous plaît…

- Acceptez. - Non…

Quand j'ai dit que je vous avais filmée avec le dentiste,

j'ai menti.

Mais vous l'avez su avant même que je le dise.

Je vous en conjure…

Rien qu'une fois… Pour moi…

Accédez à mon désir. Aidez-moi.

Je vous en supplie.

Vous trouverez peut-être étrange…

de m'entendre dire que je vous aime.

Mais ce que j'ai dit à la Gondole était vrai.

Comment le dire autrement ?

Je vous adore. Je vous aime follement.

Ikuyo, je vous en supplie…

- Faites-le pour moi. - Attendez. Attendez.

Attendez que j'ôte mes vêtements.

Vous avez de magnifiques proportions. Je m'y attendais.

Et une peau claire et soyeuse.

Ikuyo…

Réalisez-vous à quel point votre potentiel est immense ?

Votre peau d'ivoire

se couvre déjà de sueur et de fluides.

Comme une pellicule d'amour.

Une telle beauté est digne d'un rêve.

Arrêtez… arrêtez.

Je ne connais… aucune autre femme…

qui réagisse avec tant de ferveur…

Les sentez-vous ?

Les réponses de votre corps sont des vagues

qui partent de vos seins…

courent le long de votre ventre…

et coulent…

jusque dans le creux de vos cuisses…

Oh ! C'est magnifique…

Maintenant…

Les vagues refluent en sens inverse.

J'aime…

la chaleur qui monte de votre entrecuisse…

Ça me rend fou.

Vous avez vraiment…

un trésor entre les jambes.

Maintenant, je sens les vagues…

qui affluent sous votre Mont de Vénus.

Tel un lent roulement…

Je ne trouve pas les mots…

C'est un subtil va-et-vient.

Vous avez un grain de beauté à cet endroit…

Non ! Arrêtez ça ! Arrêtez !

Arrêtez ! Arrêtez !

Ikuyo !

N'ayez crainte.

Non, non ! Arrêtez !

Non !

Non ! Non !

Nous créons de l'art !

Ikuyo…

Nous créons une œuvre d'art !

Arrêtez !

Aidez-moi.

Je vous en supplie, aidez-moi.

Maintenant…

nous faisons vraiment de l'art !

Vous… moi…

l'éclairagiste et l'opérateur…

Tous ensemble, nous créons quelque chose de merveilleux.

Les mots deviennent… superflus.

Nous voilà tous unis.

Nous ne faisons plus qu'un.

Nous atteignons les plus hautes cimes de l'art !

Yasu.

Filme son visage.

Ce visage…

il faut en saisir toute la beauté.

C'est le visage d'une déesse.

Il est si beau…

Ok, on peut arrêter.

C'est parfait.

Que s'est-il passé ?

Non mais qu'est-ce que vous m'avez fait ?

Attends ! J'ai fait ça par pure charité.

Charité ? Comment osez-vous ?

C'est vrai. Par charité.

Que dites-vous ? Comment avez-vous pu ?

Ça suffit !

Tu te fais entretenir par un nabab.

Tu entretiens une liaison avec un dentiste marié !

Tu réalises un peu quelle sorte de femme tu es ?

Et vous, vous n'êtes pas marié, peut-être ?

Idiote ! C'était un leurre ! Un pieux mensonge !

- Est-ce que c'est vrai ? - Ne me parle pas sur ce ton !

- Vous vivez vraiment seul ? - Puisque je te le dis !

Pourquoi je mentirais à une femme

que j'ai déjà faite mienne ?

Une femme qui ne me mérite pas !

Si t'as pas encore compris, je peux reprendre du début !

Ça y est ? Tu commences à percuter ?

Je suis heureuse…

C'est la première fois qu'on m'aime comme ça…

Vraiment ?

Est-ce que c'est la vérité ?

- Vous êtes sûr ? - Mais oui. Allez !

- Tournons encore. - Vous alors…

Arrêtez ! Je tiens plus.

Très bien comme ça.

Vous ne serez pas jaloux ?

Jaloux ? Mais de quoi ?

J'éprouve un vrai bonheur, mais…

je ne peux pas m'empêcher de…

Mais attention, idiote !

Écoute, même si…

tu baises avec quelqu'un d'autre, ça n'a rien de personnel.

Plein de réalisateurs

qui ont épousé des actrices

ne sont pas jaloux de leurs scènes de sexe.

- Je t'assure. - Ah ?

Mais si ces réalisateurs ne sont pas jaloux,

c'est que les actrices ne jouent pas de vraies scènes d'amour, non ?

Idiote… Nous n'en sommes déjà plus là…

Non, non ! Yasu.

- Encore les câbles ! - Pardon, pardon !

T'es pas un débutant. On recommence.

Yasu, panote vers la mer.

Très bien. Coupe.

On va commencer.

- Pin, tu es prêt ? - Oui.

Je dois le faire pour de vrai ?

Bien sûr. On ne triche pas.

Il faut satisfaire le public.

Pardon…

On y va ?

On commence par les préliminaires.

Écarte les jambes.

Yasu, tu es prêt ?

Allez.

Un peu plus bas, un peu plus bas…

C'est ça.

Ne prends pas cet air fermé.

Ferme les yeux… Comme ça…

Tu as l'air trop tendue.

Laisse-toi aller…

Pense à quelque chose d'agréable…

C'est mieux.

Respire profondément et détends-toi.

C'est bien…

Détends-toi…

C'est très bien.

C'est déjà mieux. Tiens-toi prêt.

Par là.

C'est très bien. Ton expression est parfaite.

Commence à filmer.

Quelle belle expression.

Retiens-toi…

- Retiens-toi… - Tais-toi !

Lâche-moi ! Je parle à mon mec !

Yasu, recule un peu.

C'est très bien. Continue comme ça.

Tu me gênes, là.

Yasu, fais le tour maintenant.

- Pin, tu dois pas… - Mais tais-toi donc !

Vas-y. Donne-moi plus.

Pin, tu as promis !

Pin !

Continue.

- Tu dois te retenir ! - C'est ça. Retiens-toi.

Pin, retiens-toi !

Retiens-toi.

Pas encore.

Retiens-toi.

Pin !

Pin, viens pas encore…

Pas encore.

Attends encore…

Pin… Tu dois pas venir !

Encore un peu…

Pas encore…

Comme ça, c'est bien…

Pas encore…

Retiens-toi encore…

Encore…

Pas encore !

Je viens !

Pin ! Pin !

Imbécile ! J'avais dit pas d'orgasme !

Pas d'orgasme ! C'était pourtant clair !

Putain… Qu'est-ce qui t'a pris ?

Désolé… Sa chatte était vraiment trop bonne…

Espèce de salaud ! Tu devais pas jouir !

- Et devant moi en plus ! - Je suis désolé…

- Je suis désolé… - Tu parles !

- Pardonne-moi… - Je veux plus te voir !

Idiote ! C'était pour le travail !

- Je n'aime que toi ! - Arrête ! Le bébé !

C'est trop court et en plus, tu es dans le cadre !

Tu devrais avoir honte, Juzo !

J'ai pas pu me retenir.

- Imbécile ! - Je me suis senti jaloux…

Pardonne-moi, chéri…

J'ai joui…

FIN

Adaptation : Robin Gatto & Masaya Yamashita

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