Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Bien balayé, là.
Je les rappelle, je les rappelle.
Pour le dire en deux mots, j'ai cessé mon activité de photographe pour devenir
écrivain.
Rester écrivain a été une autre histoire.
C'est bon, je vous le prends.
Tenez.
Merci.
Vous avez la carte grise ?
Tiens, ton courrier des lecteurs. Merci.
Bon, Paul, tes livres ont un vrai succès d'estime.
La presse t'aime bien, mais on va pas se mentir, les ventes sont décevantes.
On a mis le paquet sur le dernier, mais ça décolle pas.
Vous en avez vendu combien ? Moins de 5000.
Ah.
5000, c'est pas totalement nul.
Ouais. Certains sont contents.
Mais c'est ton troisième livre.
Ok, et mon texte ? C'est trop autobiographique.
Ah bon ? Si tu veux mon avis, la rupture amoureuse, c'est pas une bonne idée.
J'ai même le titre.
Histoire d'une fin. Mais c'est une histoire d'amour.
La perte d'un idéal. Paul, tu lis les infos ? On nous annonce l'apocalypse
toutes les dix minutes.
Les gens, ils ont besoin d'énergie, d'espoir.
Tu peux faire mieux.
Réfléchis-y.
Je veux bien, mais... Mais quoi ? Ben, ça va me prendre du temps.
Je suis pas pressée.
La période est pas simple.
Je suis un peu à sec.
Je t'ai déjà donné une avance pour ce manuscrit.
Je peux pas faire plus.
Paul, c'est ton quatrième livre.
Moi, aujourd'hui, j'attends de toi ton grand roman.
Et là, on n'y est pas.
Non.
J'ai fini mes cartons.
Un livreur doit déposer un colis pour moi demain, tu pourras lui ouvrir ? Paul
? Paul, tu m'écoutes ? Oui.
Je te disais qu'un livreur devait venir demain pour déposer un colis, tu pourras
lui ouvrir ? Oui.
T'es con de lâcher cet appartement.
Qu'est-ce que je ferais de trois chambres pour moi tout seul ?
Bon, j'y vais. Mais quand est-ce que je verrai les enfants ? Montréal, c'est pas
l'autre bout du monde non plus.
T'as vu le prix des billets ? Je sais pas, tu te débrouilles.
Qu'est-ce que t'es dure.
Non, je suis réaliste.
J'ai eu Christine.
Elle est d'accord pour te prêter son studio.
Et ton nouveau livre, ça avance ? Moi, j'y travaille.
Et tu vas faire quoi s'il n'est pas publié ? Je sais pas. Pour l'instant, c
'est pas encore le cas.
C'est de la folie d'avoir arrêté la photo comme ça, sur un coup de tête,
juste pour écrire.
Pour moi, la folie, ça aurait été de tout continuer comme avant.
Mais pourquoi tu as arrêté ? Tu gagnais très bien ta vie.
Si t'avais lu mon premier livre, tu le saurais, il parle de ça.
Et tes enfants, ça va ? Ça t'arrange pas de partir si loin ? Ils sont grands.
Ils sont heureux de suivre leur mère.
Pourquoi je les en empêcherais ? Et ça va payer leurs études, un père écrivain
? J'espère quoi ? Un prix Goncourt ?
Un père écrivain.
J'aurais aimé avoir un père écrivain, justement, au lieu du mien. Cet homme
frustré, empêché huit heures par jour, attaché au bureau, puis au canapé du
salon.
Silencieux, résigné.
En présence de n'importe quel membre de cette famille, j'ai l'impression d'être
l'enfant qui n'a pas grandi.
Le gosse qu'on aime bien, mais à qui on ne fait pas entièrement confiance, à qui
il faut encore dire de ranger sa chambre.
Aujourd'hui, c'est ma vie qu'on aimerait me voir ranger.
Ça va aller ? Je suis désolé, je peux pas t'aider avec mon dos. Oui, oui, je
sais, t'inquiète pas.
J'ai bientôt fini.
Merci, papa.
Paul, viens un peu.
Tiens, prends ma chevalière, vends-la et garde l'argent.
Je veux pas, c'est celle de ton père.
Merci.
Photographe, je gagne environ 3 000 euros par mois.
Certaines années, 8 000.
Depuis que j'ai arrêté la photographie, je ne touche que 250 euros par mois de
droits d'auteur.
2 ou 300 euros par mois, ce n'est pas la misère, mais on commence à en avoir une
vue bien dégagée.
C'est au moment où j'ai épuisé mes économies, sans espoir immédiat de les
renouveler, que j'ai pris conscience que je devenais pauvre.
Vous ne touchez pas d'indemnité chômage ? Non.
Vous parlez l'anglais ? Non, pas vraiment.
Des diplômes ? Juste le bac.
Et vous avez 42 ans ? Je suis prêt à accepter n'importe quel boulot.
Mais j'aurais besoin de temps à moi pour écrire.
Vous voulez un travail qui vous laisse du temps ? Ben, vous pensez à quoi ? Je
sais pas, gardien de nuit ? Dans un hôtel ou un parking ? Ah non, on n'en
trouve plus, ça.
Attention, avec 15 jobers pour un client, la concurrence est sérieuse. Tu
dois être dynamique et motivé.
Quelles sont tes compétences ? N'oublie pas que tu seras noté. Ça ne sert à rien
de tricher.
Déménagement.
Bricolage.
Et maintenant, regarde la caméra et présente-toi en 8 secondes. Sois
souriant, donne confiance, c'est la clé de la réussite.
Bonjour, je m'appelle Paul, j'ai 42 ans.
Bonjour, moi c'est Paul, je suis soigneux, efficace et ponctuel.
N'hésitez pas à faire appel à moi, merci.
Si tu ajoutes une photo, tu augmentes tes chances.
À la lecture de mon premier livre, un journaliste littéraire m'a dit « Vous
irez loin ». Je suis allé jusqu'à la rue Pigalle, au sixième étage d'un immeuble
en travaux.
Le
principe
de la plateforme est simple.
Un client manifeste le besoin d'un service.
que Jobin propose aussitôt à plusieurs travailleurs.
Les enchères à la baisse commencent.
Un euro de différence dans votre tarif suffit à vous faire perdre la mission.
Le moins cher emporte la mise.
Misérable, forcément, puisque la concurrence est sans limite de prix.
Ça va, tonton ? Ouais, ouais.
Ah, ne remplis pas trop le sac, sinon c'est lourd à porter.
Ces petits boulots ont l'avantage sur l'emploi salarié de me laisser du temps
pour écrire.
C'est ainsi, par un chantier peu payé, auquel rien ne m'avait préparé, que j'ai
changé de vie.
Paul ? Oui ? Vous n'avez pas de tondeuse ? Ben non, comme c'est vous qui avez un
jardin, je me suis dit que vous auriez la tondeuse qui va avec. Si j'avais une
tondeuse, je l'aurais passée moi-même.
On peut peut-être demander à vos voisins, ils en ont sûrement une.
Non, je veux pas, c'est tous des cons.
J'ai trouvé ça.
Vous pensez que ça peut faire la terre ? Je vais me débrouiller.
Ça va prendre un temps fou.
J'ai trouvé ça aussi.
Je veux juste que ce soit dans un état correct si je veux revoir ma caution.
Je vais faire mon maximum.
Ok.
Alors ? Impeccable.
On avait dit 18 euros, c'est ça ? Oui.
Merci.
Elle est gentille, mais carrément à l'ouest.
3 heures pour ton 25 m2 de pelouse, c'est du délire.
Pavillon Noisy-le-Sec.
Trajet plus pelouse, 5 heures.
Total, 18 euros.
Cliente avec de drôles de chaussures.
Chemisier, boutonné mardi avec jeudi.
Tour de Rhin.
A voir les bons outils.
Bonjour. C'est pour un colis. D'abord, bonjour.
Je t'ai dit, c'est le mec pour les travaux.
Ça va ? Oui, oui.
En entrant chez les clients, je baisse les yeux vers leurs pieds.
Bonjour. Bonjour.
S'ils sont en chaussettes, je me déchausse à mon tour.
C
'est
bon, vous tenez ? Oui, oui.
Je me contente de l'argent qu'on me donne.
Et le pire client n'est pas celui qui paye peu, mais celui qui reste avec moi,
pour vérifier que je travaille correctement.
Celui-là me stresse bien davantage.
Qu'est-ce que vous faites ? C'est pour récupérer la poussière.
Vous allez percer ? Je suis obligé pour poser le miroir.
Parce que je suis locataire. C'est autorisé du moment que vous rebouchez
les trous après.
L'écran plat, vous voulez le mettre où ? Suivez-moi.
Excusez-moi.
Allô ? Paul ? C'est moi.
Dis-moi, t'as pas oublié le cocktail des primo-romanciers ? Parce que Léa Hutin
me dit que t'avais pas répondu.
C'est quand déjà ? Le 18 décembre.
Ah oui.
C'est important que tu viennes, t'es parrain. On compte sur toi.
Ok, je serai là.
Je travaille.
T'écris ? Oui.
Alors je vais te laisser. Je veux pas te couper dans ton élan.
J'ai hâte de lire.
Travaille bien.
Les pizzas.
Merci. Vous avez le numéro de commande ? Euh, ouais.
Quelqu'un, numéro de la commande ? 79.
Et les bières ? Y a pas les bières, là ? Je vous l'avais dit ! On s'en fout. Je
vais faire du ponche, c'est bon, c'est pas grave.
Ah, merci.
Et toi, t'es l'ami de Sarah ? Non, non, moi, je suis Paul.
Paul ? Pour l'armoire.
Ah, Paul ! Oui, vas-y, entre.
Piscine, j'étais seule et l'amour ne voulait pas de moi. Tu avais pris mon
cœur, noyé dans la piscine comme une clé qu'on égare. En sautant malgré soi,
combien... Voilà, désolé, j'ai pas de pièces pour boire. Vous savez, vous
pouvez mettre directement sur la pli. Sur l'application ? Comment on met un
pourboire sur la pli, là ? Attends, je te montre. Regarde. Tiens.
Il n'y avait pas un autre sachet de fils ? Je ne sais pas du tout. Moi, j'ai
juste ouvert.
J'ai rien compris, j'ai refermé.
Mais vous faites ça depuis longtemps ? Pas vraiment.
Ah ouais, parce que vous n'avez pas trop la tête à faire ça.
Non. Ouais.
J'ai plutôt l'air d'un... médecin.
Non, ou d'un prof.
Ouais. Ouais, à cause des lunettes, sans doute.
Mais du coup, vous êtes quoi ? Bah, vous voyez, je suis une sorte de dépanneur.
Moi,
je suis l'DA dans une boîte de design.
Moi aussi, on est basé dans la même boîte.
C'est bien.
Bof. Feuille packaging pour des produits alimentaires.
Elle rêvait de dessiner des lampes, elle fait des barquettes de jambon... Non
mais ça va, je me plains pas.
Non, je gagne bien ma vie.
On va à la fête de Léa ? Ouais, pourquoi pas.
Tu viens avec nous ? Non.
Excusez-moi.
Elle est con cette armoire.
Je sais pas pourquoi j'ai acheté ça.
L'autre jour, je regardais les infos, j'ai acheté un rameur.
Je comprends pas pourquoi tu t'entêtes à faire ces boulots de merde.
Tu pourrais gagner ta vie normalement.
Et c'est quoi normalement ? Tu pourrais faire des tas de trucs mieux payés et
moins crevants.
Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? N'importe quoi d'autre.
T'es un artiste, tu veux pas te compromettre.
Tu veux rester pur, quitte à jouer au pauvre.
Je ne joue pas.
Mais Paul, t'es pas un vrai pauvre.
Le contraire d'une chose n'est pas son contraire, mais cette même chose
affectée de l'adjectif vrai.
Aldous Huxley.
J'aurais incompré.
Arrête de nous embrouiller.
C'est quoi pour vous un vrai pauvre ? Les mendiants en Inde.
Les miséreux de Madagascar.
Ceux de Mexico aussi.
Pardon, mais j'ai voyagé, je les ai vus. Il y a 11 millions de pauvres en France.
Et toi tu prétends que ceux d'ici ne sont pas vraiment pauvres parce que tu
as vu les vrais là où tu pars en vacances ? Mais arrête.
Elle te parle de toi.
Oui. Je dis juste que toi t'as le choix.
Non, mais je vois bien que ça te perturbe que je fasse pas ce qui te
paraît normal.
Mais je fais ce que je peux.
J'essaie de trouver du sens à ce que je fais, c'est tout.
Et toi, tu me condamnes. Mais non ! Mais si ! Elle dit que je suis faux, que j'ai
le choix, simplement pour signifier que je fais les mauvais choix.
Alors tant mieux pour toi, Marion, si tu fais les bons. Moi, je te condamne pas.
Arrête, Paul, ça va.
Renverse pas la situation.
Non, mais je rêve.
C'est toi qui a choisi un boulot mal payé comme un esclave ? C'est peut-être
le prix de ma liberté.
Puis tu sais, à notre époque, il y a des esclaves très bien payés.
Je suis peut-être une esclave très bien payée, mais en attendant, moi, j'ai une
famille, un vrai travail et j'assume mes responsabilités.
J'y vais.
Il y a quand même des livres qui rapportent de l'argent.
Pourquoi t'écrirais pas un truc qui marche ?
T'es con de quitter cet appartement.
J'aimais bien la vue.
Il avait une belle vue.
Non.
T'es con d'avoir quitté cet appartement.
Non.
Tu mens. Tu donnes pas la bonne raison.
Tu ne donnes pas la bonne...
raison.
La bonne raison c'est que t'as trop mal. La bonne raison c'est que tu as trop
mal.
Paul, t'es pas un vrai pauvre.
Pourquoi tu n'écris pas un livre qui marche ?
Est-ce que vous pourrez m'aider aussi à descendre le chuton aux encombrants ? Il
est super lourd.
Parce que mon copain, il vient de se faire opérer là, il peut rien porter.
Ouais, j'ai encore les agrafes.
Et on a aussi une machine à laver à descendre.
Mais elle est pas très grosse, c'est une 5 kilos.
Je vais peut-être avoir besoin d'un coup de main.
Mettez-vous derrière, là.
Oui.
Ça arrive.
Là ? Attendez, là.
Ça va aller ? Oui, plus vite.
Ok.
C'est ton, c'est ton.
Putain d'homme, il te gagne ! Putain d'homme ! Putain
! Attention,
attention, je pose.
J'ai mal à la fin de la respiration.
C'est normal, mais tu fais ça comment ? C'est pas un faux mouvement.
Tiens-le là.
Monde sur la balance.
C'est bon, tu peux travailler.
Je prescris une radio, même si pour moi c'est juste une déchirure musculaire. Il
ne faut pas passer à côté d'une fracture.
Je te donne du fer, un comprimé matin et soir, mais il faut aussi que tu manges
plus de viande rouge. Je veux bien que tu me rajoutes du doliprane aussi.
En tout cas, ça ne te coûtera rien.
Repos pendant au moins un mois.
Il faut que je travaille un peu quand même.
En ce moment, les annonces se font rares.
Est-ce que la plateforme les limite pour pousser les jobbers à acheter l
'abonnement premium ?
Toujours
est-il que je finis par prendre l'offre payante pour booster mon potentiel.
Mais la compétition est toujours plus rude et je dois encore baisser mes
tarifs. jusqu'à atteindre des prix indignes.
C'est de l'or blanc.
Je ne vois pas le poisson.
Elle vient de Suisse.
D'accord, on va voir ça.
Alors, je vais la frotter, mais ça n'abîmera pas.
Je suis désolé, elle n'est pas en or, elle est plaquée or, c'est très
différent. Pardon ? C'est-à-dire que si la trace de l'acide disparaît, ça veut
dire qu'il n'y a pas d'or et elle a disparu.
Il n'y a vraiment pas d'or du tout ? Quasiment pas, et puis alors le plaquage
est très mince.
Qu'est-ce que vous voulez en faire ?
Je ne sais pas.
Je vous l'apprends.
Ah ? Combien ? Pour la pierre,
30 euros.
Tiens, si ton père n'en a pas besoin.
Merci Christine.
Tu fais attention, c'est une voiture de collection maintenant.
Le vol a été très retardé. J'ai resté trois heures à Lisbonne, deux heures
plus tard à Madrid.
Enfin, je suis arrivée à Paris.
C'est super froid ici, mais tout va bien.
C'est un sac.
J'ai cassé mes doigts, c'est fou.
Devenir pauvre ne consiste pas à vivre simplement.
Au contraire, la pauvreté complique singulièrement la vie.
Du papier toilette, duquel je note qu'une feuille à la fois, à la
température de mon logement que j'essaye d'abaisser au minimum.
On trouve toujours quelque chose à sacrifier quand on vit avec peu.
Bon retour.
Bonne soirée.
Bonsoir, merci d'avoir attendu.
Gare du Nord ? Oui.
Paul ? Paul, tu ne me reconnais pas
? Si, bien sûr.
Pierre ?
Qu
'est-ce que tu fais dans cette voiture ? Je travaille.
Ah bon, tu ne fais plus de photos ? Non.
J'ai arrêté.
Ah bon ?
Tu fais le taxi.
Entre autres.
Tu travailles à Paris, mais j'habite à Londres maintenant.
Ouais, je sais.
J'ai un fils.
Je sais aussi.
Facebook.
Salut Paul.
Salut.
Donne-moi ton numéro.
Mais qu'est-ce que tu fous ? Tu vas louper ton train. Oui, alors dépêche-toi
et donne-moi ton numéro.
06 39 98 24 08. 06 39 98 24 08.
Je t'appelle.
J'ai adoré votre livre. Merci. C'est très beau.
Merci beaucoup.
A tout à l'heure.
Paul Marquette n'est toujours pas arrivé ? Pardon ? Paul Marquette n'est toujours
pas arrivé ?
Alice ?
Ça marche pas ? Non, mon code n'ouvre pas.
Vous pouvez le tenir s'il vous plaît ? Ouais. Eh, attendez.
Noël vient de s'achever.
Je m'emploie à débarrasser les gens de leurs sapins.
Je coupe du bois.
pour faire du feu chez moi.
Un coup de durone ? Quel est le rat qui a ramené ses piquets ? Sérieusement ?
Je suis là, mais je ne suis plus là.
Ni pour mon fils, ni pour ma fille.
Tu viens quand nous voir ? C'est un peu compliqué en ce moment.
J'ai regardé les billets.
Je vais trouver une solution.
Vous voulez un coup de main ?
Oui, je veux bien, oui.
Ces poneys magazine là-haut, on les vend pas en plus, personne les achète.
Entre mon métier d'écrivain et celui de manœuvre, je ne suis socialement plus
rien de précis.
Je suis à la misère ce que cinq heures du soir sont en hiver à l'obscurité.
Il fait noir, mais ce n'est pas encore la nuit.
Je vais être franche avec toi.
Le texte n'est pas à la hauteur.
Je l'ai quand même fait passer en comité de lecture.
Pour voir si j'étais passée à côté.
Personne n'est enthousiaste.
T'écris bien.
T'as de la sensibilité, du talent.
Mais ça suffit pas.
T'es en train de me dire qu'il faut que j'arrête ? Non.
Je dis simplement que nous, histoire d'une fin, on ne publiera pas.
Allô ? Allô papa ? Je te réveille pas ? Non, non, ça va, je suis
réveillé.
T'es bourré ? Non, non, papa, tu m'entends ou pas ? Pas très bien, mon
fils, il y a beaucoup de bruit.
C'est normal, je suis dans un bar avec des potes, je fais la tête.
Ah bon, mais pourquoi tu m'appelles ? Tout va bien ? Oui, tout va super, papa.
Est-ce que t'entends ? C'est notre chanton ! Oui.
Vous fêtez quoi ?
J'ai été pris chez Morgan Slabney.
C'est énorme. C'est une super compagnie.
Je suis content que tu m'appelles pour partager ça avec moi.
Mais t'es mon père.
C'est normal que je te dise ça.
C'est incroyable. Mes potes sont tellement jaloux.
Papa, t'es fier de moi ? Bien sûr.
Tu peux me le dire, s'il te plaît ? Je suis fier de toi, mon fils.
Je pourrais te passer de l'argent quand j'en gagnerai, papa.
Non, garde ton argent, tout va bien.
Je t'embrasse, je t'aime, fêtez bien ça.
Je t'aime papa.
Bisous.
Bisous.
Tu aurais pu me demander la permission, elle est dégueulasse en plus.
Ouais, je suis désolé.
T'es clair qu'à parler, je peux même plus m'en servir.
Écoute, Paul, je trouve que ce n'est pas une bonne idée que Christine t'héberge.
Moi, ça me gêne.
Et ça ne t'aide pas.
Tu n'es plus un gamin.
Je ne comprends pas pourquoi tu choisis de vivre comme ça.
Mais qu'est-ce que tu fous ? J'essaie de décrire.
Mais décries quoi ? Ça ne sert à quoi ?
On est d'accord, t'as été publié, t'es passé à la télé, à la radio.
Et après, tu vois bien que rien ne se passe.
Ça sert à rien de t'entêter.
De toute façon, Christine doit récupérer le studio pour son petit-fils.
Pourquoi tu ne me le dis pas tout de suite ? Parce que ça me fait peur.
J'ai pas envie que tu finisses ça à rue, comme un clochard.
Ce qui me plaît dans ce duo, c'est que tu fais la voix du haut. C'est toi qui
sais, c'est toi qui dis, c'est toi qui penses et moi je suis.
Mais les grands soirs lorsque tu pleures, quand tu as peur dans ta
chaloupe, c'est moi qui pars pendant des heures.
Nous sommes ensemble un vieux couple.
Je ne sais plus où je t'ai connu, c'est à l'école ou au guignol, je me rappelle
cet ingénu qui avait perdu la boussole.
Depuis je t'empêche de boire, sauf les grands soirs, dans ta
chaloupe, quand tu me chantes tes déboires,
nous sommes ensemble un vieux couple.
Entrez, entrez.
Bonjour.
Bonjour.
Porte, chien.
Excusez-moi.
Vous voulez que je retire mes chaussures ? Non, non, non, c'est pas la peine, c
'est sur le balcon, venez.
Je vais par là.
Début.
Il y a des sacs de terreau, là.
Il faudra bien mélanger après avoir enlevé les billes pour qu'on puisse
replanter. Ok.
Non, reste pas là, toi, tu peux te salir. Allez, allez, allez, allez.
Je vais poser ça là.
Vous voulez que je retire les racines aussi ? Oui, évidemment.
Je ferme à cause du chien. Je prends juste mes outils.
Merci.
Ok, je ferme.
Ouf !
Vous avez fini, ça y est ? Ouais.
Je vais descendre les sacs si vous voulez. Ah oui, je veux bien, merci.
Vous avez une vue magnifique.
Et derrière ? Vous avez pas fait derrière ? Le balcon fait un angle, vous
avez pas vu ? Attendez, faites le tour, s'il vous plaît, je vous montre.
Je l'ai mis dans l'annonce. 16 jardinières.
Je suis vraiment désolé.
Moi j'en peux plus de ces billets, ils me dépriment.
Vous êtes là pour gagner de l'argent, non ? Je vous paye double.
Coucou ! Salut papa ! Salut ! Ça va ? Ça va et vous ? Oui. Alors regarde, t'as
attendu pour le gâteau, 18 ans quand même, hein ? Ouais. J'en ai à goûter.
Allez ! Un, deux, trois ! Ouais ! Joyeux anniversaire ma
chérie. Merci.
Papa, c'est quoi cette coupe de cheveux là ? Ben, c'était plus simple pour tout.
On reste chouette la couleur.
Oui.
Faites voir.
Montrez-moi.
Oui, ça te plaît ? Je l
'ai
prise au lac de la Blanchette. Tu venais d'avoir 7 ans.
Tu te souviens ?
Pendant tout le chemin, on avait parlé des choses qu'on préférait au monde et
toi t'avais dit les nuages.
Alors voilà, c'est une photo de toi et des nuages qui se reflètent dans l'eau
du lac.
Elle est belle.
Tu pourras l'encadrer.
Bon, je vais pas trop rester à parler parce que je vais rejoindre des copines
après.
Je te laisse ? Ouais, je t'embrasse. Tu veux parler à maman ? Oui, passe-la moi
une seconde.
Bisous mon chéri.
Bisous.
Dis-moi, je t'écoute.
Elle est en colère contre moi ? Ah non.
Pas du tout, elle est inquiète, c'est tout.
Pourquoi ? Je crois que la façon dont tu vis n'est pas très rassurante pour une
fille de son âge.
À son âge, on a besoin de choses solides. Et ta précarité, ce
n'est pas rassurant pour elle.
Je peux te poser une question ? Vas-y.
Est-ce qu'elle a lu mes livres ? Honnêtement, je crois pas, non.
Mais je veux dire, personne les a lus ici.
On a trop peur d'y trouver des trucs.
Mais je comprends pas, quel truc ? Tu sais bien, des trucs sur nous,
des choses qui se passent dans ta tête.
Franchement, c'est gênant.
Puisqu'on en parle, je voudrais que tu me promettes une chose, c'est de plus
jamais parler de nous dans tes livres.
Pourquoi ? Parce que c'est notre vie.
Mais c'est ma vie aussi.
On a le droit de ne pas avoir envie d'être exhibée comme ça, c'est intime.
Tu peux comprendre, non ? Tu veux écrire, je ne sais pas, avant des
histoires, tu as de l'imagination.
Quand l'avion a du retard comme ça, le temps d'attente est facturé en plus.
Non, c'est un forfait.
Enfin, c'est vous qui voyez.
Installez-vous à l'avant, la banquette arrière est bloquée.
Vous allez bien d'où vous allez ? Du Président Wilson à Fontainebleau ? Oui.
Vous pouvez mettre de la musique ? J'ai que la radio.
Ben, mettez la radio.
Sous-titrage Société Radio-Canada
Il n'a rien dit.
Oui, je sais.
C'est comme ça.
Non, mais... Il était tellement... Froid.
Tellement distant.
Tu vois ?
Glacial.
Comme s'il n'y avait jamais rien eu.
Pas de vie.
Pas d'histoire.
Pas d'enfant.
Rien.
Mais c'est pas grave.
Oui.
Fallait tourner à droite.
Je vais faire le tour.
C'est juste après la camionnette blanche.
Je vais vous aider à monter votre valise.
C'est gentil.
Vous voulez peut-être charger un peu votre portable ? Oui, pourquoi pas.
Ça fait longtemps que je n'ai pas fait l'amour.
Je suis un peu intimidée.
Moi aussi.
Je ne sais plus comment on fait.
Tu gargouilles.
J'ai faim.
Je suis désolée.
Je viens de te proposer.
Je viens de rentrer.
Ça va passer.
Dis-moi que je te plais un peu.
Bonsoir.
Bonsoir. Excuse-moi pour le retard.
Ça ira.
C'est végétarien, moi
je mange plus de viande.
Tu fais toujours le taxi ? Oui.
C'est moi qui t'invite, hein ? Non,
c'est le travail.
Pour faire quoi ? Par exemple, c'est pour vider une cave.
Vider une cave, mais... Tu me demandes combien pour ça ?
Combien tu me donnerais, toi ? Faut que tu viennes m'accueillir ? Euh...
100 euros ? Ouais, t'es généreux.
Non, là, ça passera pas.
Je vais proposer 20.
20 ? Ah non, enfin, c'est pas assez.
Oui, mais on est nombreux sur le marché.
Alors, comment t'en es arrivé à faire ces boulots-là ? Enfin... Non, je veux
dire, t'es intelligent, et il y a mille façons de gagner de l'argent.
Tu pourrais donner des cours ou des conseils.
Ça paye bien.
Excuse-moi.
Je suis comme tout le monde, je suis pris dans l'engrenage, j'ai un bon
boulot, un gros salaire, une belle maison, des pères consommation quoi.
Toi tu décélères, c'est bien.
Paul ? Qu'est-ce qui se passe ? Je suis inquiet, tu
réponds pas au téléphone.
Ça pue là-dedans, faut aérer.
Qu'est-ce que t'as fait ? C'est un chevreuil.
J'ai découpé un chevreuil.
Mais t'es complètement taré ! J'en peux plus de cette saloperie ! Non !
Ah non, je suis désolé, monsieur.
Le disque duré ne monte pas.
T'as rien à faire, là.
Y avait des choses personnelles dedans ? Oui, mon travail.
Ah, et c'est quoi, votre travail ? Un livre.
J'ai tout perdu.
Tout ce que j'aime, j'ai plus rien.
Rien du tout.
Vous savez, Je pense que vous devriez rentrer chez vous, dormir un peu et ça
irait mieux après.
J'ai plus de chez moi.
Mon père a raison, je vais finir comme un clochard. Mais qu'est-ce que vous
racontez ? Rien, désolé, je suis
fatigué.
Vous voulez vous reposer ? Alors suivez-moi.
Mimi, tu peux faire attention à la caisse ? Bien sûr.
Voilà.
C'est ici que je fais ma sieste.
Installez-vous.
Et voilà.
Oui, ma copine.
Oui, tu sais, elle est enceinte. Elle arrive bientôt.
Bah oui.
Et toi, du coup, de ton côté aussi. Tu bosses bien, n'est-ce pas?
Ouais.
Ça va, Tonto?
Ça va, monsieur ? Oui, oui.
Non, pas toi. Je parle à un client.
Oui, je suis au café.
Je suis à pied d'Evre.
Bonjour, je peux vous aider ? Bonjour Agathe.
Pardon, je vous ai pas reconnu, je vous ai pris pour un coursier.
Est-ce que je peux vous laisser ça, pour Alice ? Oui, je vais transmettre.
Je compte sur vous.
Promis.
Merci. Je vous en prie.
Au revoir. Au revoir.
Chère Alice, voici un nouveau texte.
Il parle de mon nombril, et de toi, de mes enfants, de mon père, et de tout un
tas de gens que j'ai croisés ces derniers mois.
Je crois aussi qu'il parle de notre époque.
Tu verras.
Elle est belle, hein ? Ouais, j'adore.
Bonjour.
Tenez, c'est de la part de Paul Marquet.
Merci.
Vous faites ça aussi chez les particuliers ? Parce que moi j'ai une
grande dévitrée et je cherche la teinte juste là.
Je le reprends pour madame.
Oui, génial.
T'as vu Agathe ? Elle est à la photocopieuse. Ok, merci.
Bon, tu me le tapes, tu m'imprimes et tu me le relis. Ok.
Vous parlez l'anglais ? Non, les pizzas. Non, pas vraiment.
Des diplômes ? Non, juste le bac.
Quelle est votre activité ? Écrivain. N'importe quoi d'autre.
C'est pas une médecinimique, là, ça ? À Côte-du-Rhône ?
C'est votre métier, le bricolage ? Vous avez pas trop la tête à faire ça.
Pourquoi le poinçon ? Le chien, la porte.
Il faudrait bien balayer là, sous le chantier.
Il doit être à peine plus de minuit et j'ai envie de pisser.
Je prends la plus petite des routes, celle qu'aucun panneau de direction ne m
'encourage à emprunter.
Je m'arrête sur le côté de la route et je descends pour constater les dégâts.
Rien de grave, mais tout de même, je suis contrarié.
J'entends sur la route derrière moi un raclement.
Là, à une dizaine de mètres, Une forme au sol remue.
Un chevreuil.
Le chevreuil que j'ai heurté est à terre.
Pas mort, mais les pattes ou le dos brisé.
Je ne peux pas partir et le laisser là sans avoir tenté quelque chose.
Oui, bonsoir madame, j'ai percuté un chevreuil, il est au milieu de la route,
je sais pas quoi faire.
Non, j'ai rien. C'est pour lui que j'appelle.
Je m'en veux d'avoir abîmé la seule trace, le seul vestige de beauté en ces
lieux dévastés.
Debout, devant lui, je le toise un instant.
Je n'ai ni couteau ni aucun outil létal pour mettre un terme aux supplices de l
'animal.
Je décide de l'étrangler.
Cette souffrance, cette beauté condamnée, ce drame, c'est aussi
beaucoup de viande.
Le métier d'écrivain consiste à entretenir un feu qui ne demande qu'à s
'éteindre.
Achever un texte ne veut pas dire être publié.
Être publié ne veut pas dire être lu.
Être lu ne veut pas dire être aimé.
Être aimé ne veut pas dire avoir du succès.
Avoir du succès n'augure d'aucune fortune.
Pour autant, les écrivains sont inaccessibles au découragement.
Beaucoup d'entre eux, comme je le fais en ce moment, jettent leur dernière
force dans l'aventure.
J'ai lu.
On peut se voir ? Euh, oui.
T'es libre pour le déjeuner ? Oui, oui.
12h au café du gymnase.
Ok.
Tu veux quelque chose ? Je vais prendre un café, s'il te plaît. Très bien.
Le texte est bien.
On va te publier.
C'est ton prochain livre.
Et je vais pas te mentir, j'ai un problème.
Quoi ? Écoute, on t'a déjà versé un avaloir sur l'autre
livre.
Sur celui-ci, t'as décidé d'écrire sur ta situation d'écrivain précaire.
C'est bien.
Même très bien.
Mais je vais pas pouvoir te payer plus.
Tu comprends ?
Du
moment que j'écris.
Tenez. Merci, je suis très touché.
Bonjour. Bonjour.
Pour Inaya.
Inaya, ça c'est... I-N-A-Y-A-T.
Merci beaucoup.
Merci.
Bonjour.
Pardon.
Pour Marie.
Marie. Sur la page de garde, s'il vous plaît. Oui.
J'aime vraiment ce que vous faites, j'ai vu tous vos livres.
C'est gentil, merci.
Merci beaucoup.
Voilà, Marie.
Merci, bon courage.
Bonjour.
Bonjour.
C'est pour ma mère, Sabrina.
Merci.
Pardon. C'est pour ? Alexandre.
Merci. Merci beaucoup.
C'est pour Marguerite, s'il vous plaît.
Excusez-moi, j'arrive.
Ça va.
Une seconde. Bien sûr.
Allô, ça va ? Oui, ça va et toi papa ? Oui, oui, ça va.
Ça va très bien.
Alors, quoi de neuf ? Papa, je t'appelle parce que je t'ai
lu.
Quoi ? J'ai lu ton livre.
Je ne sais pas comment te dire.
Ça m'a fait pleurer.
Ah merde.
Je suis désolé, je ne l'ai pas écrit pour qu'on ait pitié.
Non, non, c'est pas ça.
C'est le texte qui m'a bouleversé.
Ah bon ? Mais oui.
J'adore quand tu tournes la pelouse avec les ciseaux.
Et quand le flic t'arrête pour la ceinture de sécurité, c'est super drôle
ça.
Tu sais, je disais à mes potes...
Que t'étais écrivain.
Mais là, j'ai compris, je vais leur offrir ton livre.
Je suis tellement fier de toi, papa.
Papa, tu m'entends ? Oui.
Pourquoi tu dis rien ? Parce que je sais pas quoi dire.
Parce que ça m'en heureux.
Dès que j'ai des vacances, je viens te voir à Paris.
Et je squatterai ton studio.
Je suis plus dans un studio, je suis dans une chambre de bonne.
Une chambre de bonne ? Ouais, une chambre de bonne.
Bah alors je squatterai ta chambre de bonne.
Ça m'a tellement fait plaisir de te lire papa.
C'était super important pour moi.
Je t'embrasse papa.
Moi aussi je t'embrasse mon fils.
Avec ma courtoisie, mon zèle de débutant, j'ai sans doute pris la place
d'un autre ouvrier, moins souple, moins souriant, un type rongé de soucis que je
n'ai pas ou que j'ai depuis si peu de temps que je n'en suis pas affecté avec
autant de force.
Je suis comme de nombreux autres, appâté par la souplesse d'un tel système,
et, paradoxalement, par l'impression de liberté qui s'en dégage.
Le piège est drôlement bien pensé.
On a affaire à un savant mélange de liberté et de privation de celle-ci.
La disponibilité à toute heure conditionne la possibilité d'en vivre.
Je m'endors heureux quand ma moyenne est haute, et angoissé quand elle baisse.
Il faut avoir cinq étoiles si l'on veut travailler davantage.
Paul est gentil, mais pas très bavard. Une étoile.
Le client manie lui-même la carotte et le bâton.
On peut voir sa note chuter du jour au lendemain, sans raison, avec des
conséquences durables sur ses revenus.
Les plateformes n'ont pas recours à l'autorité ou à la répression pour tenir
leurs troupes.
L'algorithme organise le travail à leur place.
Je vais prendre un paquet de feuilles aussi.
Les moins chères.
Les employeurs n'ont plus rien à craindre de leurs employés.
Admirable mécanique de destruction et de récupération des déchets.
C'était pas grand chose. Super.
Vous m'aviez dit 25, c'est ça ? Oui.
J'ai une amie qui a besoin de faire un déménagement demain matin.
Est-ce que je peux lui donner votre numéro ? Oui, bien sûr.
Mais je travaille pas le matin.
Le matin, j'écris.
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.