All language subtitles for La.Crim.S06E10

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Original subtitles

Bien, pas de blessure superficielle apparente, laissant supposer qu'il y ait

eu lutte. A première vue, la mort serait consécutive à l'impact de 1, 2, 3

projectiles tirés à bout portant au niveau du bassin.

Le chemin de croix.

Le sanglant parcouru par la victime, après qu'on lui ait tiré dessus, dans l

'impasse, la tenante située à environ 20 mètres, 20 mètres, à parcourir pour

revenir mourir dans sa famille, famille d'artistes.

Marilyn,

la maman.

Je ne sais pas si l'original est aussi bien roulé, mais là, on peut dire que c

'est impressionnant.

Marilyn, alias Romy, de son vrai nom, Pierre-Hervé Schneider.

35 ans, banquée dans la journée et transformiste la nuit.

Pierre, Hervé Schneider venait presque tous les soirs faire un numéro de

Transformiste Ă  la Zoa.

Dalida, Marilyn et Barbara faisaient partie de son répertoire.

Comme quoi une femme peut en cacher une autre.

D'après ses collègues, la victime avait l'habitude de venir ici fumer une

cigarette pendant l'entracte. Son assassin devait le savoir.

Bon, il a bien pu s'embusquer quelque part, attendre sa cible et lui tirer

dessus. Il pouvait mĂŞme retourner voir la fin du spectacle.

Le tueur qui retourne dans la salle, moi j'y crois moyen.

Et puis c'est pas parce qu'il a foiré un de ses numéros qu'on lui a tiré trois

balles dans les couilles.

Allez voir lĂ -bas ce qui se passe un peu, moi j'y retourne.

LĂ -haut ? Oui, lĂ -haut.

Pardon, moi je n'aide pas. S'il vous plaît.

Dites à vos spectateurs qu'on pourra les libérer une fois qu'on aura pris leurs

coordonnées.

Vous voyez ? On se rendait lĂ .

Monsieur Paul Baron.

Voilà, c'est lui qui a appelé la police à 23h10, c'est-à-dire quelques minutes

après que la victime se soit effondrée à ses pieds sans avoir pu proférer le

moindre mot. Pourquoi vous avez appelé la police et pas le salut ? Rebibité de

sa porte.

Comment vous le saviez ? Je suis médecin, c'est mon métier.

Ah, très bien.

Bon, alors que des voisinages, ça ne va pas être facile, vu que tous les

occupants des ateliers qui sont sur la mĂŞme cour sont absents depuis quelques

jours. L'un est en voyage pour une expo, l'autre hospitalisé en province.

Très bien. Loubier, occupe-toi de mademoiselle.

Si vous voulez bien me suivre.

Pierre Hervé était une artiste fabuleuse. Et c'était un homme bien.

Il y avait beaucoup d'admirateurs, j'imagine ? Absolument. Mais ça ne

changeait rien Ă  sa vie.

C'était quelqu'un de stable. Il était fidèle depuis plus de dix ans au même

compagnon.

Peu de gens peuvent en dire autant.

Bon, on peut avoir son nom et son adresse.

On aimerait voir la veuve.

Moi, les mecs qui s'épilent et qui portent des robes fourreaux, ça me

dépasse. Mais ça, c'est parce que t'oses pas en faire autant d'essais. Ah, ouais.

Très bien, c'est ça, oui.

On écarte les bras et on bouge plus. Allez ! Je vis ici.

Je m'appelle Claude Le Gall.

Monsieur Le Gall, la porte a été fracturée. On a pensé à un cambriolage.

Je comprends pas. Je viens d'arriver. J'ai appelé personne. Vous avez croisé

quelqu'un en arrivant ? Écoutez, on nous a rien volé. On ne portera pas plainte.

Vous pouvez partir.

Monsieur Le Gall, nous ne sommes pas ici pour le cambriolage.

Pierre Hervé.

C'est impossible.

Non.

Tenez.

Monsieur le gars, le... Vous devriez peut-ĂŞtre, je sais pas, peut-ĂŞtre

enlever votre manteau. Vous seriez peut-ĂŞtre plus Ă  l'aise pour nous

parler. Est-ce que vous connaissiez des ennemis Ă  monsieur Schneider ?

Pierre Hervé est quelqu'un de merveilleux.

C'est...

C'était l'homme de ma vie.

Vous l'avez vu quand pour la dernière fois ? Monsieur Le Gall, on veut bien

respecter votre douleur, mais lĂ , il faut nous aider.

Vous avez fait quoi ce soir ? J'ai dîné ici.

Et comme Pierre avait travaillé à la Zoé, je suis sorti faire un tour.

C'est Ă  ce moment-lĂ  que les cambrioleurs ont dĂ» venir.

Mais qu'est-ce que vous voulez de plus ? Je vous ai tout dit.

Ça vous suffit pas de périr, mais sois mort, vous voulez quoi ? Que je me jette

par la fenêtre, c'est ça ?

Dans

la version Mary Lee, je me serais bien laissé aller une petite érection, mais

lĂ , vraiment... Enfin, ce qui est certain, c'est que l'assassin savait ce

qui se passait sous la robe.

Manifestement, les parties génitales étaient la cible.

Nous orientons-nous vers un crime sexuel ? Oui, difficile Ă  dire.

Ta victime a reçu récemment les hommages de perçage. S'il n'y a pas eu de

pénétration, il y a eu d'autres choses.

Oui, hématome au niveau du thorax, ce qui témoigne manifestement d'une lutte.

Rassurez-vous, Salinas, vous aurez votre médaille quand on remonte ces hématomes,

s'il vous plaît. Une quinzaine de jours.

Bagarre au point, Ă  mon avis.

Bah, Marilyn, banquier, voyou Ă  16 heures, il devait pas avoir beaucoup de

temps libre, votre gaillard.

Oui, il avait juste assez de temps pour mourir.

Mais tu sais, le biberon anti-fuite avec la tétine bleue. C'est grotesque. J

'allais mettre 6 heures pour descendre, alors qu'en train, vous auriez mis 2

heures. Ça aurait été mieux pour Théo, hein.

Les parents d'Antoine, ça leur posait un problème de venir vous chercher à la

gare ou quoi ? Mais tu rigoles, ils sont ravis de rencontrer leur petit-fils.

Non mais je sais pas, c'est Antoine qui voulait descendre en voiture.

C'est bien, il va rencontrer son autre grand-père.

Bah oui, c'est normal.

Vous avez bien mis le siège de Théo de dos à la route, parce que des cons en

bagnole, il y en a un paquet.

Papa, je te rappelle que je suis la mère de Théo et que j'ai pas envie qu'il lui

arrive quoi que ce soit. Je sais m'en occuper.

Allez, go.

Non, Nat.

Sans ça, il va vous chanter Ramona pendant tout le trajet. Tiens.

Heureusement que t'es lĂ .

Mouah.

Bordel, ici.

Pas d'indice sur le lieu du crime, pas de témoin, rien sur l'enquête de

voisinage et sur les 150 personnes dans la salle.

Il y a un mec qui se fait dézinguer quasiment sous leurs yeux et on n'a rien

à becqueter. Enfin, on sait quand même que la victime devait connaître son

assassin.

Le type cambriole l'appart de Schneider, il trouve pas ce qu'il cherche, alors il

va le voir Ă  la zoa. Enfin, il y a peut-ĂŞtre aucun rapport entre le

cambriolage et le meurtre. En tout cas, la victime a été un ennemi qui l'a roué

de coup un peu de temps avant sa mort.

C'est bizarre cette histoire de bagarre.

Ça colle pas vraiment à la personnalité de Schneider. D'après ses collègues, c

'était quelqu'un de calme, opposé.

Oui, enfin, en même temps, c'est compliqué de se fier à une bande de

folles hystériques, pardon. Oh, dis donc. Je savais pas si misogyne. Oui,

là, c'est parce qu'il est tout troublé, tout troublé, il y a plein de filles

autour de lui, et là... Bon, oui, ça va, c'est bon.

Vous me faites chier tous les deux, hein.

Et qui a donné la visite chez l'amant de Schnepper ? Curieux, drôle de mec.

Faut dire qu'entre le cambriolage et nous qui nous pointons comme deux

corbeaux, y a de quoi être sonné, hein.

Sonné, mais à mon avis sincère, et visiblement très amoureux. Ouais, enfin,

reste à savoir si c'est réciproque, hein. En dépouillant ça...

J'ai noté pas mal de rendez-vous entre la victime et un certain Charlot.

Des déjeuners, des dîners.

Ils se sont vus hier midi dans un bar branché du 8ème.

Voyez, tu me fais une recherche d'identité de ce Charlot et tu me le

convoques. Vous deux, vous allez Ă  la banque oĂą travaillait Marilyn.

Enfin, pardon, excusez-moi.

Monsieur Pierre-Hervé Schneider.

Ça

va

tous les deux ? Très bien, alors maintenant ?

Pardonnez-moi, mais je devais à mes employés de leur annoncer la triste

nouvelle. Nous sommes tous très affectés.

Je crois que désormais, plus personne n'est à cœur d'aller s'amuser à la ZOA.

Parce que vous et vos employés, vous y alliez souvent ? C'était une sorte d

'annexe. La ZOA était au bord du dépôt de bilan lorsque M.

Schneider nous a apporté l'affaire.

La banque Perrin a largement contribué à sauver le cabaret de M.

Messinger. Pour moi, c'est très généreux de votre part, M. Perrin.

Très intéressé.

L'endroit s'est avéré parfait comme lieu de relations publiques pour notre

clientèle. De surcroît, nous y sommes tous devenus des inconditionnels de

notre collaborateur.

Ça ne devait quand même pas être évident pour tout le monde ici de travailler

avec un transformiste. Nous sommes une grande famille ici.

Personne ne juge personne.

Tenez, voici les résultats comparatifs des gestionnaires de portefeuille de la

banque. Depuis huit ans qu'ils travaillaient ici, Pierre-Hervé

Schneider était l'un de mes cadres les plus compétitifs. Pour moi, c'est la

seule chose qui compte.

Dites-moi, vous avez vu M.

Schneider quand pour la dernière fois ? Hier soir, 20h, au moment de son départ.

Je vous raccompagne.

Nous ne sommes pas encore partis.

Nous devons interroger tous les membres de votre grande famille.

Je crains que mon personnel n'ait plus grand-chose Ă  vous apprendre.

Enfin, si vous avez du temps Ă  perdre...

Oui, la puce, c'est ton vieux père.

Je voulais savoir si le voyage s'était bien passé et puis te faire un gros

bisou. VoilĂ .

Qu'embrasse tes rosses.

Commande en scandéla, Charlotte.

Charlotte. Bonjour.

Charlotte Perrin.

Charlotte était mon nom de scène quand je travaillais dans les cabarets.

Un hommage Ă  Charlie Chaplin que je parodiais tous les soirs.

Très bien.

Je vous en prie, asseyez-vous.

Merci.

Excusez-moi, mais... Pourquoi Pierre ? Madame est l'épouse d'Anatole Perrin,

propriétaire des banques du même nom.

Pierre Hervé était devenu mon meilleur ami.

J'arrive pas encore à réaliser.

Vous le connaissiez depuis combien de temps ? Presque un an.

On s'était rencontré à la Zohar, au dîner qui avait suivi le spectacle.

C'est mon mari qui nous avait présenté.

Avec Pierre-Hervé, on avait tout de suite sympathisé.

Lui et moi, on était en terre inconnue.

Quoi ? Parce que vous êtes vous-même transformiste, c'est ça ? J

'étais. Avant de rencontrer Anatole, j'ai tout d'abord été danseuse, puis

transformiste dans différents cabarets.

C'est pour lui que j'ai arrêté la scène.

Je me suis vite rendue compte que... que ses amis m'ennuyaient. De l'avocat, des

financiers. Au moins avec Pierre-Hervé, je pouvais tout partager.

Tout ? On se téléphonait tous les jours. On se voyait beaucoup.

Et votre mari, ça le dérangeait pas ? Un copain transformiste pour une femme de

banquier ? Anatole se fiche pas mal des conventions.

Et puis, c'est ce qu'il avait amusé chez moi.

L'art du travestissement le faisait beaucoup rire.

Claude Le Gall.

Vous voyez comment votre relation avec son petit ami ? Claude ? Mais je le

connais mal.

Vous savez, Pierre-Hervé était quelqu'un de très discret. Il parlait jamais de sa

vie privée. Enfin, jamais dans le détail. En gros, il vous disait quoi ?

Il était fatigué de vivre avec un dépressif chronique.

Ces derniers temps, il avait l'air d'embavé.

Il avait mĂŞme plus envie de sortir.

D'ailleurs, j'ai dû assister pour qu'on déjeune ensemble et je l'ai trouvé très

distant, vraiment pas bien.

Vous pensez qu'il avait l'intention de quitter, M. Le Gall ? En tout cas, il

avait sûrement besoin de prendre du recul.

Je sais qu'hier, après le spectacle, il devait dormir à l'hôtel.

Et vous-même, vous étiez où, hier soir ? À une soirée privée dans mon ancien

cabaret.

Sauter par son banquier, ça peut toujours servir.

Mais les vieux beaux libidinaux, c'est tout ce que je déteste. Bah oui, sauf

que les jeunes beaux, les fidèles, les friqués, eux, par contre, ils s

'habillent en femme, ils sortent avec les mecs.

Au revoir, monsieur.

Et les femmes jeunes et sublimes, elles préfèrent les vieux plats aux as, la vie

est mal faite.

Bon, on a de nouveau sur le gars d'apparemment avec Schneider, c'était

pas aussi idyllique que ça.

Oui, j'ai une nouvelle aussi. En fait, on sait par un employé de la banque que

Schneider a passé un coup de fil hier vers 19h45.

Il s'agissait d'un docteur. Au bout du fil, il parlait de legal.

Il avait l'air très, très inquiet pour sa santé.

Attends, attends. Regarde, il y a une adresse, lĂ , dans l'agenda de Schneider.

Clinique du monde 3.

Bon, c'est ce qu'on y va.

Bailly-Louvier, vous continuez à fouiller dans le passé de la victime. D

'accord ? Commandant, il y a un certain Tibor qui vous demande. Il dit qu'il est

un ami de Camille.

Tibor, que me vaut cette soudaine entrevue ? Je voulais vous parler de

Camille.

Camille, je ne comprends pas. Est-ce qu'on peut parler de sa valeur en tant

qu'agent artistique ? Non. En tant qu'agent, Camille est géniale.

Ma peinture commence Ă  bien se vendre, tout va bien.

Je voulais vous parler d'elle en tant que femme.

Écoutez, Tibor, mon travail m'attend. Je ne suis pas certain d'être la personne

idéale.

Je suis amoureux d'elle. VoilĂ .

Mais Camille est quelqu'un de si discret, difficile de connaître ses

sentiments.

Je voulais vous en parler parce que je sais qu'elle tient beaucoup Ă  vous et

vous considère un peu comme son père.

Camille vous a dit ça ? Non.

Mais elle parle de vous de façon si élogieuse.

Depuis que sa famille a été tuée, vous avez tellement fait pour elle.

Enfin voilĂ .

J'aurais voulu savoir si ce sentiment était réciproque et si je pouvais lui

montrer les miens.

Écoutez, Tibor, Camille a perdu les siens de façon si tragique.

Elle porte toujours le deuil de son mari.

Je ne suis pas certain qu'elle soit prĂŞte pour aimer Ă  nouveau.

Je crois qu'il serait bon d'avancer prudemment.

Voici j'étais vous.

Vous avez raison, Michel.

Rien ne presse.

Excusez encore ma démarche, mais il fallait que je parle à quelqu'un.

Alors ? Alors vous allez bien faire.

Merci.

Effectivement, M. Chauder a bien téléphoné hier pour savoir comment s

'était déroulée la petite consultation de M. Le Gall qui venait de partir vers

19h.

Est-ce qu'il serait possible de jeter un oeil sur le dossier de M. Le Gall, s'il

vous plaît ? Mais c'est confidentiel. Oui, je sais, oui. Je suppose, M.

Guestand, que vous n'avez rien Ă  cacher.

Merci.

Ah oui, petite consultation, il faut voir.

Le gars a subi une opération il y a quinze jours.

Ernie Discal.

Ah bah dis donc, une consultation post-opératoire à 19h, c'est pas un peu

tard ça ? Je dirige une clinique privée, pas une officine publique. Je vous

répète que je ne connais pas ce monsieur Schneider.

Je l'ai eu deux trois fois au téléphone, c'est tout.

Je vous en prie.

Comment ? Je vous en prie.

Donc comme ça, monsieur Le Gall, après votre consultation,

vous avez flâné de 19h à minuit. Vous avez flâné pendant

5 heures. 5 heures de marche après une opération de la hernie.

Vous pouvez pas aller en boîte aussi ? Je me suis arrêté boire un verre au Café

Doc.

C'est quoi ça, le Café Doc ? C'est le café en face de la Zohar ? Oui.

Je voulais attendre la fin du numéro de Pierre Hervé et rentrer à la maison avec

lui.

Mais j'étais trop fatiguée, alors j'ai attendu un peu dans le bistrot et puis

je suis parti.

Pourtant, vous aviez un sérieux compte à régler avec votre amoureux.

Ça aurait dû vous tenir réveillé, ça.

Quel compte ? De quoi parlez-vous ? Une petite dispute qui a donné envie à votre

ami Pierre Hervé d'aller dormir à l'hôtel, loin de vous.

Mais il n'y a pas eu de dispute.

Ah oui ? Pierre Hervé voulait dormir à l'hôtel pour bien de notre couple.

Bien sûr.

Mais j'étais d'accord.

Il n'y avait aucun problème entre nous.

On se parlait beaucoup.

Et les coups que votre ami a reçus dans le thorax ? Vous pouvez nous en parler

aussi ? Quels coups ? Non.

Non, laissez ça. C'est privé.

Bien, on était à... Vous pouvez nous en parler aussi ? Pierre-Hervé m'a

seulement dit qu'il s'était cogné pour que je ne m'inquiète pas.

Et je sais qu'il peut lui avoir fait ça.

Stella.

Elle l'avait déjà menacée et elle supportait pas qu'il ait plus de talent

qu'elle.

Elle est marrante, Ballon. Elle m'appelle au dernier moment pour me dire

qu'elle préfère aller au resto.

Evidemment, le nĂ´tre est complet. Je sais pas chercher un resto dans un

guide. J'y arrive pas.

Très bien, je vous remercie.

La fameuse Stella vient d'arriver Ă  la Zoa.

C'est un italien, il s'appelle Luigi Favaro.

J'y vais ? J'ai trouvé des trucs concernant les médicaments que vous avez

repérés chez le Gall.

Ils sont préconisés dans le cadre d'hormonothérapie pour modifier la

pilosité, l'aspect de la peau, améliorer l'humeur et surtout faire pousser les

seins. Ah, vous voyez que je fantasme quand je te dis que le Gall portait un

soutien-gorge avec des faunichons en dessous. Bien, vous allez pouvoir

laisser libre cours Ă  votre imaginaire, commandant.

Le GAL vient de déposer auprès du tribunal de grande instance une demande

de changement de sexe.

Désormais, M.

le GAL souhaite qu'on l'appelle Madame le GAL. Dans la plupart des cas, voyez

-vous, la justice nous donne l'autorisation de changement d'état

civil qu'on demande émanant des transsexuels déjà opérés.

Très bien.

Bailly, t'accompagnes Louvier Ă  la ZOA et puis nous, on va voir le Toubib. On

va les faire réviser ses cours d'anatomie.

Au travail, le marchand. Merci.

C'est le saut de rĂŞve.

On aime bien s'y retrouver avec mon mari, alors si t'appelles de notre part,

t'auras une bonne table. C'est un peu cher, mais bon... Pour la femme de sa

vie, on compte pas, hein ? Hein ? Merci.

Une ernie, tu parles ? Ah bah si, une grosse, grosse ernie, quoi.

Je n'aurais pas dĂ» pratiquer une phallectomie sur... Pardon ? Une

phallectomie à blessure du pénis.

Sur un sujet comme M.

Le Gall, je risque ma carrière.

Je l'ai fait parce qu'il est venu me supplier.

Vous suppliez ? Oui, non, je suppose une somme assez conséquente. Non ? Je

suppose ? Avant tout, j'ai rendu service à un homme désespéré.

Claude Le Gall est ce qu'on appelle un transsexuel secondaire.

Sous prétexte qu'il a été marié...

et qu'il a eu un enfant, la loi française ne lui a pas reconnu le droit

de devenir une femme. Autant dire pour lui le droit de vivre. Ah oui, c'est ça.

Donc c'est vous, le héros masqué qui opère dans l'ombre pour sauver son

prochain, c'est ça ? Après la mutilation, Claude Galle a subi une

vaginoplastie. La cicatrisation est la partie la plus importante de l

'intervention.

C'est pour ça qu'il est venu consulter hier soir.

Pour des raisons de discrétion, je préfère qu'il vienne quand les

secrétaires sont partis.

C'est quoi le prix pour la totale ?

25 000 euros environ.

Je suppose que vous allez me dénoncer au fisc maintenant.

Dites-moi les désespérés qui viennent vous voir pour ce genre d'opération.

Vous leur faites crédit ? La plupart du temps, oui.

Mais en ce qui concerne Claude Le Gall, il va payer content.

Nous, les Italiens, on a besoin de dire au revoir, au revoir.

Avec Pierre-Hervé, je n'ai pas le temps de me réconcilier. Vous confirmez que

vous aviez un différent avec M. Schneider ? Un différent ? C'est moi la

menace de revue ici.

Et vous savez pourquoi ? Parce que c'était le ton professionnel.

Je ne suis pas banquier, moi.

Le cabaret, c'est ma vie.

On a bien compris, M. Favaro, mais c'était quoi le problème avec M.

Schneider ?

Il y a deux mois, j'étais gravement malade. Il m'a remplacé.

Avant ces tristes jours, Barbara et Marilyn, c'était moi.

Il m'a volé deux de mes plus fameux numéros.

Il y a de quoi s'énerver, non ? Et vous vous êtes énervé jusqu'où, M. Favaro ?

Je l'ai insulté.

Moi, c'est la famille.

Oui, on s'engueule, mais c'est pour la forme.

M. Favaro, où étiez-vous hier soir ?

Dieu. Bon,

le gars, j'ai rien Ă  en faire.

Entre les opérations, les hormones, les antidouleurs, normal qu'il soit la

masse. L'état de confusion dans lequel M. Le Gall vit en ce moment peut

expliquer le grand flou de son alibi.

Mais il peut également expliquer qu'il n'est plus dans un moment de folie, tu

es son compagnon avec lequel il était en train de traverser un moment difficile.

Schneider, privé de la zigounette de Le Gall, décide de le quitter.

Le Gall pète les plombs et le but.

Pourquoi pas ? Si Schneider avait l'intention de quitter Le Gall, pourquoi

est-ce qu'il lui a payé son opération ? J'ai vérifié, il a récemment allégé son

compte en manque de 25 000 euros.

Puis de poil la somme que Gaston a pris pour la petite plaisanterie.

Bon, Ă  part Le Gall, quoi de neuf Ă  la Zohar ? Oui ? Salut, commissaire Ballon.

C'est moi. Pas ça, moi. C'est moi.

Pas ça, moi.

Salut, belle brune. Ça va ? Non, ça, tu viens plus.

Favaro nous a joué la grande scène du 3.

Oui, c'est peut-ĂŞtre un artiste, mais alors c'est pas un grand acteur, il en a

fait des caisses.

Reste à Lyon, très bien.

Qu'est-ce qu'il y a ? Ça vous intéresse ? Bon, euh...

Favaro ? Il dit qu'Ă  l'heure du crime, il se produisait Ă  la Diva, une autre

boîte de transformistes. Je pensais y faire un tour ce soir, si ça intéresse

quelqu'un.

Eh ben d'accord.

Bon, ok, Louvier et Cisco, vous vous y collez.

Le marchand.

L'ordinateur de la victime a interrogé.

Il reste peut-ĂŞtre des trains pour Lyon, lĂ , non ? Je sais pas, moi, mais j

'aimerais assez que mon mari vienne me retrouver Ă  l'improviste.

Une nuit horride, improvisée, c'est le rêve.

Enfin, c'est vrai que nous, les femmes, on est assez romantiques pour ça.

Bon, lundi, je suis lĂ  Ă  midi, d'accord ? Allez, au revoir.

Je suis claqué.

Je vais me coucher.

Bonne nuit.

ArrĂŞte de fuir, Alex.

On ne peut pas continuer comme ça.

Ă€ vivre ensemble sans se voir, sans se comprendre.

Sans se toucher.

Il n'y a plus rien entre nous, rien.

On a un enfant, Mario, c'est pas rien. Je te parle pas d'Amandine, je te parle

de nous. De nous deux.

J'existe plus pour toi.

Je tiens beaucoup Ă  toi.

Oui.

Comment on tient une sœur, à une amie, à la mère de son enfant ? Comment on tient

une femme à qui on a envie de déchirer la robe pour lui faire l'amour, là, sur

la table ? Pourquoi t'en as envie, toi ?

Mario, t'en as envie toi ? Je

n

'ai pas envie

de te perdre.

Parce que maintenant on est une famille.

Alex.

Si on réagit pas, on va finir par se détester.

Non, ça va, je sais très bien qu'on... On va continuer à vivre comme ça.

Mais je veux pas vivre sans Amandine.

Et sans toi, Mario.

Alors c'est quoi la solution ?

Bien. La boîte e-mail de l'ordinateur de Schneider a parlé.

La victime a été une admiratrice inconditionnelle.

Merci.

Déjà ? Quoi ? Je dérange ? Copie des messages envoyés par Mme Christine

Maillard, employée à la banque Perrin.

Envoyée à l'attention de Marie-Lyne, en utilisant le réseau interne de la

banque. Maillard, c'est celle qui s'est évanouie en apprenant la mort de

Schneider. C'est l'assistante de Perrin.

Cinq mails dans la même journée pour lui dire qu'elle est très admirative.

Bon, vous me la convoquez.

Ça a donné quoi, la diva ? Favao a menti sur son alibi.

D'après le patron de la boîte, il est monté sur scène vers minuit.

Ça veut dire qu'il a très bien pu passer à la Zohar juste avant, vers 23h, tuer

Schneider et arriver Ă  la diva comme une fleur.

Merci.

Alors, vous ĂŞtes le rayon de soleil de ma vie.

Continuez Ă  me faire rĂŞver.

Ou encore, je ne vous remercierai jamais assez. Je vous aime et je vous admire.

D'après ces courriers, il semblerait que M.

Pierre-Hervé Schneider ait été pour vous un peu plus qu'un simple collègue de

bureau. Je l'admirais en tant qu'artiste.

C'est tout.

Quand il était Marilyn sur scène, j'avais l'impression qu'elle était là.

C'était tellement magique.

J'ai entendu ce qui s'est passé cet après-midi. Vous êtes très courageux.

Tenez bon.

Et ne vous laissez pas abattre. Il est de mauvaise humeur. Il est de mauvaise

humeur.

Avec tout le monde... Maillard... Qui parliez-vous ? Dans ses mails

? Je... Je suis... Je me souviens plus.

Je vous espérais que vous n'avez pas oublié aussi votre emploi du temps.

Pour le soir où... Monsieur Schneider est passé de vie à trépas.

Bien sûr que non, j'étais avec ma mère.

Ben oui, mais pourquoi vous me demandez ça ? Hein ? Pourquoi ? Vous me

soupçonnez ? Nous vous soupçonnons de ne pas répondre honnêtement à l'une de nos

questions, ce qui...

Rends sujet à caution l'ensemble de vos allégations. Nous sommes obligés de vous

classer dans la catégorie suspect.

Bon... Bon... Je parlais de M. Perrin, voilĂ .

C'est tout. C'est parce que depuis des semaines, il était très très dur avec

Pierre Hervé. Il était toujours sur son dos, là.

Jamais content de son travail.

Hansard est en train de l'humilier, lĂ . Le pauvre.

Avez-vous une idée de la raison pour laquelle il exerçait cette pression

inhabituelle ? En tout cas, c'était pas les résultats de Pierre-Hervé, hein. Je

le sais, c'est moi qui tape les rapports comparatifs. Ça, je peux vous dire, il

en faisait du chiffre. Non, d'ailleurs, à un moment donné, je... Je me suis

demandé si M. Perrin, il avait pas un petit peu un problème, hein, avec les...

Hein ? Enfin, vous voyez ce que je veux dire, avec les... Avec les homosexuels ?

Ben oui.

Mais c'est normal.

Il est tellement macho au fond, ça devait le mettre très très très mal à l

'aise. Ah bon ? Il est macho, M. Perrin ? Oula ! Oh bah dis donc, il est macho !

Ça alors ! Si on a le malheur d'être un petit peu joli, allez hop, on passe à la

casserole. Pierre, elle vient toute seule, hein. Il n'a pas besoin de les

forcer.

Bon, faut reconnaître, c'est un bel homme, M. Perrin.

Oula, sinon que M. Perrin était un mari infidèle.

Oulala, alors lĂ , plutĂ´t deux fois qu'une.

Et allons-y, les clientes, les employés. Tout est bon pour lui, hein. Fais pas le

tri, hein.

Et lĂ , je peux vous dire, depuis 10 ans que je bosse chez lui, j'en ai entendu

des vertés, des pas mûres.

Comment peut-on tromper une femme comme Mme Perrin ? C'est la

quatrième, Mme Perrin.

Elle est peut-ĂŞtre belle, mais elle est cocu, comme les autres.

Dites, si M. Perrin apprend que je vous ai pris un aiguille, ça va... Vous

voyez, j'aimerais pas avoir de problème, parce que... Ne vous inquiétez pas.

Je... Je la raccompagne.

C'est elle, la groupie de Schneider ? Oui.

Parangon de vertu, modèle d'amertume qui prétend que, sans aucune raison

apparente, M. Perrin est devenu le tortionnaire moral de M.

Schneider. Si Perrin avait eu un problème avec Schneider, sa femme aurait

été au courant, non ? De toute évidence, oui.

Bon, alors, il faut s'en faire les Perrins.

Allez.

Michel, s'il vous plaît.

J'ai l'impression que depuis l'autre jour, ça va pas. Si je peux vous aider.

C'est Camille qui va pas bien ? C'est compliqué.

C'est toujours compliqué, un couple.

Je suis arrivé à Lyon.

Hélène était en train de s'éclater avec une bande de connards de sa promo.

Ma petite visite surprise.

Elle l'a pris moyen.

D'où votre retour prématuré ? C'est ça, exactement.

1000 bornes aller-retour, c'est pour une engueulade. Et puis, attendre sur un

banc d'une gare, le prochain train pour Paris.

Tu parles d'une nuit en ride.

En même temps, ça m'a permis de réfléchir. Il n'y a possibilité aucune

décision, commandant.

Réfléchissez. Dites-vous bien que dix ans, dix jours et même seulement

quelques heures d'amour méritent d'être vécues.

C'est l'expérience qui parle. Non.

Malheureusement, non.

C'est ma secrétaire qui vous a raconté tout ça.

Cette pauvre Martine est amoureuse de moi depuis des années.

Je ne sais plus quoi inventer pour attirer mon attention.

Tous vos employés savent que vous aviez pris M. Schneider en grippe, M. Perrin.

Votre acharnement donnait mĂŞme la nette impression que vous lui en vouliez

personnellement. C'est faux. Il n'y avait rien de personnel dans tout ça.

Si je me montrais un peu dur avec M. Schneider, c'était pour le pousser à se

surpasser. C'est une méthode qui a fait ses preuves, croyez-moi.

Même si ça paraît contestable aux yeux d'une petite secrétaire complexée.

Votre femme, elle a pensé quoi de votre méthode qui a fait ses preuves ?

Je ne vais pas ĂŞtre ravi que vous soyez aussi odieux que son meilleur copain,

quand même. Et c'est ma femme en dehors de ça, voulez-vous ? Pourquoi ? Ça la

concernait ? Elle passait beaucoup de temps avec M. Schneider.

En même temps, moi, je vous comprends. Moi aussi, ça m'aurait un petit peu

ennuyé, cette grande amitié.

C'est vrai que M. Schneider était quand même assez bel homme.

Votre femme... Oui, Charlotte est une très belle femme.

Mais je suis certain que ses charmes laissaient M.

Schneider totalement indifférent.

Et réciproquement.

Et naturellement, le fait qu'il était homosexuel ne vous allait pas échapper.

Dernière question, M. Perrin.

Où étiez-vous à 23h avant-hier ? Ici.

Quelqu'un peut confirmer ? Je travaillais seul.

Malheureusement.

Mme Perrin, étant l'épouse de l'un et la très chère amie de l'autre, vous ne

pouviez ignorer la mésentente quasi-officielle qui existait entre M.

Perrin, votre époux, et M.

Schneider. Je vous assure, je sais pas de quoi vous parlez.

Mme Perrin.

Vous avez affirmé que depuis quelque temps, M. Schneider était plus enclin

aux sorties. Vous avez même dû assister pour pouvoir déjeuner avec lui.

Oui ? Or, d'après ses camarades transformistes, M. Schneider n'avait

rien changé à sa vie.

Nous en concluons donc que c'était votre compagnie que M.

Schneider fuyait.

Pour éviter les embrouilles avec votre mari.

Mais c'est ridicule ! Anatole savait très bien qu'il pouvait rien se passer

entre Pierre-Hervé et moi.

Oui, un mari adultère qui reproche à son épouse ses relations, même innocentes,

avec l'autre sexe. C'est un classique du comportement masculin, voyez-vous. Une

façon pour lui de se dédouaner de ses propres infidélités.

Qu'est-ce que vous insinuez ? Madame Perrin, vous m'obligez Ă  ĂŞtre plus

claire.

Votre mari vous trompe et vous le savez très bien.

Il est comme ça.

Il a besoin de séduire.

Ce qui n'empĂŞche pas de vouloir vous priver de la compagnie de vos amis. Pas

lorsque ce sont des femmes.

C'est vrai qu'Anatole est jaloux.

Il savait que je faisais rien de mal avec Pierre-Hervé, mais ça l'énervait qu

'on sorte ensemble.

C'était gonflé de sa part et il s'en rendait compte.

Une fois calmé, il finissait par s'excuser, par admettre que j'avais

aussi besoin de m'amuser.

Belle preuve d'amour.

De sa part, oui.

Je veux dire que vous n'ĂŞtes pas les mains mortes, le marchand.

Faire craquer la femme, voyez-vous, était pour nous la seule façon de mettre

Ă  jour la jalousie du mari.

Jalousie, certes, à un fondé, mais néanmoins maladive.

Ce qui donne Ă  M. Perrin un excellent mobile.

Pour un type aussi puissant et sûr de lui...

Il y avait d'autres moyens que le meurtre pour démolir quelqu'un.

C'était beaucoup plus jouissif et surtout beaucoup plus sûr de se payer

Schneider Ă  petit feu Ă  la banque.

Il va finir par se lasser.

Bonne nouvelle.

Le témoin qui avait assisté à l'agression de Schneider il y a 15

jours, il a formellement reconnu Favaro au tapissage.

Voilà. Du coup, je me suis intéressée plus près à Favaro. Il a un quasi long

comme le bras en Italie. Petit braquage, agression, escroquerie.

Il n'a jamais été plus loin, mais bon. Sur la liste de ses méfaits, le meurtre

serait une nouveauté, mais pas totalement incongrue.

Beau travail, Bailly.

On va se faire Favaro.

Allez.

Au fait, c'était comment, Lyon ? Écoute, Bailly, la prochaine fois que tu as un

conseil Ă  me donner, sois gentille. Tais-toi.

D'accord ?

J'essayais de parler à Pierre-Hervé.

De lui expliquer que ce travail à la ZOA, c'était plus important pour moi que

pour lui.

Mais il n'a rien voulu savoir.

Alors, vous lui avez cassé la gueule.

Vous avez bien fait. Je suis Italien, moi.

Cécilien. J'ai le sang chaud. On s'est battus, oui. Et après ? Après, vous l

'avez tué.

C'était le moyen le plus radical pour vous de récupérer votre numéro vedette

de la ZOA.

Quand on a le sang chaud... Je suis pas caponné, OK ? J'ai jamais tué personne.

Bon, t'arrĂŞtes de nous prendre pour des cons.

Parce qu'Ă  part toi, on n'a personne.

On n'a rien Ă  becquer et on a faim.

T'as compris ? Mais j'ai une alibi.

Avant d'aller à la diva, je suis allé chez Pierre Hervé chercher quelque

chose.

Donc le cambriolage, c'était toi ? J'ai juste volé une robe.

Tu crois pas que tu pousses un petit peu lĂ  ? Une robe qui appartenait Ă  la vraie

Marilyn. Une de ses robes Ă  la meilleure.

Une courbe merveille.

J'aurai pour la revente 100 000 euros.

Mais je n'arrive pas à m'en séparer. Comment vous saviez que Schneider

possédait une robe d'une telle valeur ? J'étais dans la loge le soir où il a

reçu un cadeau. C'était un coursier qui l'a porté.

Ah oui ? Et cette robe, elle est oĂą maintenant ? Chez moi.

Mais il faut avoir la classe pour la porter.

Ben oui.

Mais je ne sais rien d'autre, je vous jure.

Dis-moi, quand on était chez lui, le gars nous a dit qu'on avait rien volé.

Et alors ? Et alors si ton mari a un costard Ă  100 000 euros sur un cintre,

tu t'en rends pas compte, toi ? J

'ai

jamais vu cette robe, je vous dis.

Étonnant. Il y a encore deux jours, elle était dans la garde-robe que vous aviez

en commun avec M. Schneider.

C'est impossible.

Ah, nous sommes lĂ  de vos mensonges, M. Le Gall.

Cependant, malgré votre mauvaise volonté, nous avons fait un grand pas

aujourd'hui. Voyez-vous, nous avons trouvé un mobile pour le meurtre de

votre bien-aimé. Voulez-vous que je vous raconte cette triste histoire, M.

Le Gall ? Alors voilĂ , depuis quelque temps, M. Schneider est amoureux.

Amoureux d'un autre.

Cet autre qui l'aime au point de lui offrir un cadeau.

Cette robe somptueuse.

Alors que vous avez plus que jamais besoin de l'amour de votre compagnon,

celui-ci vous est infidèle et refuse de l'admettre comme l'être lâche et

insensible qu'il est en fait.

Je savais que vous alliez penser ça.

Alors ce soir-là, vous le suppliez de vous dire la vérité en ce qui concerne

cette robe.

Pierre-Hervé reconnaît, admet l'existence de l'amant et confirme qu'il

ne vous aime plus.

Aveu tout aussi attendu qu'insupportable Ă  entendre.

Vu votre état de santé, le tribunal vous reconnaîtra certainement les

circonstances atténuantes. C'est sous le coup de la colère, de l'injustice, que

vous avez frappé, que vous avez tué l'homme que vous aimiez ? Le salaud qui

vous a trahi ? Non, Pierre-Hervé m'aimait, il ne m'aurait jamais fait de

mal.

C'est lui qui m'a permis de réaliser mon rêve.

C'est moi qui l'ai trahi, j'ai douté de lui.

Je ne croyais pas Ă  cette histoire d'admirateur anonyme.

J'étais sûre qu'il y avait quelqu'un d'autre.

Il n'en pouvait plus de mes crises.

Et le soir oĂą il devait dormir Ă  l'hĂ´tel, j'ai eu peur.

J'ai réalisé... J'ai réalisé que j'étais en train de le perdre.

Ou alors c'était la Zohar ? Un contracte que vous l'avez rejoint.

Vous vous excusez pour lui demander de rentrer à la maison, mais il a refusé.

Alors vous avez disjoncté à cause de l'attention, des médicaments. Je ne l'ai

mĂŞme pas vu.

Je suis restée un moment dans ce bistrot et puis je suis partie.

Je me sentais pas le courage de l'affronter ce soir-lĂ .

J'avais trop honte.

À cause de moi, ces derniers jours, on était un enfer.

Je l'ai accusé de me tromper alors qu'il était innocent. Je le sais maintenant,

je le sens.

Nous ne pouvons hélas nous satisfaire de cette certitude.

En ce qui vous concerne.

Faites ce que vous voulez.

J'ai plus rien Ă  perdre maintenant.

J'avoue que la détresse d'un monsieur légal a éveillé en moi une certaine

sympathie.

Contrairement Ă  ce que j'affirmais ce temps-tout, je ne suis pas loin de le

penser, l'encombré. Je vous l'ai fait courte.

Celle qu'on nomme tous la robe de Marilyn a effectivement appartenu Ă 

Marilyn.

VoilĂ , et croyez-moi, cette robe a beaucoup.

Beaucoup voyager avant d'arriver en pièce à conviction au 36.

Cisco,

t'as dit courte.

Ah, je tiendrai mes promesses. Alors, il faut savoir que cette robe, avant d

'atterrir dans le dressing de Schneider, il y a trois semaines a été vendue aux

enchères, puis en effet achetée par une petite galerie pour la modique somme de

124 000 euros.

Petite galerie, travaillant pour le compte régulièrement de la banque

Perrin.

Schneider se serait offert cette robe à lui-même ? Anatole Perrin était le seul

habilité à pouvoir donner son aval à la galerie pour repérer en son nom.

Pour faire un cadeau Ă  ce prix-lĂ , il fallait vraiment ĂŞtre amoureux. Et pour

l'offrir à un homme, vraiment égaré.

Écoutez, c'est ridicule. Je n'ai pas pour habitude d'offrir un objet d'une

telle valeur Ă  l'un de mes collaborateurs.

Cette robe n'est pas allée toute seule dans la penderie de M. Schneider.

Quand il a appris que la banque en avait fait l'acquisition, M.

Schneider m'a fait part de son envie d'en faire faire une copie qu'il

pourrait porter sur scène.

Et alors ? Et alors, et alors, ayant toute confiance en lui, je n'ai vu

aucune objection Ă  lui prĂŞter l'original quelques jours pour qu'il puisse mener Ă 

bien son projet. Ça n'a pas de vœux de part, M. Perrin.

Seulement, je trouve curieux de prĂŞter un objet d'une telle valeur Ă  un

collaborateur que vous martyrisiez. Les relations de travail sont une chose, les

services rendus Ă  titre personnel en sont une autre.

C'est bien gentil tout ça, mais nous on sait que cette robe a été offerte à M.

Schneider. Par un admirateur anonyme.

Pas prêté, hein.

Offerte. On sait aussi que Schneider avait découvert que vous étiez le

coupable de cet acte gêné. Il a dû alors vous poser une question qu'on vous pose

à notre tour. Pourquoi un tel cadeau ? Écoutez, il est vrai que ces derniers

temps, j'étais un peu dur avec Pierre Hervé.

Je pensais que ce cadeau lui remonterait le moral.

Je voulais juste agir discrètement.

C'est ça, oui.

Mais nous aussi, M. Perrin, on va vous faire un cadeau.

Une petite visite dans nos locaux du 36.

La crime.

Ah oui ? Je suis accusé de quoi au juste ? Au moment de rien, monsieur Perrin,

mais vous imaginez bien qu'Ă  la crime, on vous y remette pas pour un vol de

bonbons ? Un conseil, vous foutez pas de moi.

Allons-y, monsieur Perrin.

Vous aurez à répondre de votre attitude scandaleuse à mon égard.

C'est ça. Allez, Perrin.

Les hommes préfèrent les blondes.

C'est une question ou une affirmation ? C'est le titre d'un film de Warren

Hawks. Charmante comédie de 1953.

Vous ne vous rappelez pas ? Si.

Si. Avec Jane Russell.

Marilyn. Marilyn.

Beauté lumineuse, magnétique.

Seule capable de transfigurer la nuit.

de la rendre flamboyante.

Oui, elle était irrésistible dans son rôle d'ingénue incendiaire.

On est lĂ  pour parler de Marilyn ? Pour ne parler que d'elle, monsieur Perrin.

Oui, j'ai vu les photos de monsieur Schneider Ă  la ZOA dans son costume de

scène. C'est fou ce que cette ressemblance avec Marilyn pouvait

émouvoir son public.

Voyez, moi-même j'ai été touché.

Oui.

C'était assez étrange, en effet. Et tellement douloureux.

Et oui, c'est Ă  partir de ce moment-lĂ  que vous ĂŞtes devenus odieux.

Avec M.

Schneider, qui était votre fantasme au cabaret la nuit et que vous martyrisiez

Ă  la banque le jour parce que son existence mĂŞme remettait la vĂ´tre en

question et que ça, vous ne pouviez plus le supporter.

Vous ĂŞtes tous aussi tordus dans votre service.

Oui. C'est même là notre grande qualité.

Bon. Je vais voir mes avocats.

Immédiatement. Et puis le jour est venu où vous avez prouvé le besoin de prouver

votre amour Ă  la femme qui vous hantait.

Inconsciemment, vous avez souhaité que M. Schneider découvre l'identité de l

'expéditeur de la robe. Et lorsque c'est arrivé, vous êtes senti sale, moche,

honteux. Laissez-vous.

Sale pervers.

Pour ma part, je ne vois aucune perversité dans cette triste fable. Non.

C'est moi...

Un immense désespoir. Désespoir d'un homme qui, pour retrouver son identité,

donc sa dignité,

n'a d'autre solution que de tuer l'objet de son amour.

Le seul témoin de son homosexualité refoulée.

Je n'aurais jamais pu coucher avec lui.

Hélas, monsieur Perrin.

Si vous l'aviez fait, monsieur Schneider serait encore...

parmi nous aujourd'hui.

Je souffrais trop.

Il fallait que ça cesse.

Je comprends pas ce qui s'est passé.

C'est pas moi qui ai fait ça. Si.

Si, monsieur Perrin.

Bien sûr que c'est vous.

C'est ce que vous voyez ici en vous qui a tué monsieur Schneider.

Et Ă  travers lui, toutes ces femmes, Marilyn, Barbara, la calasse, l'homme,

que vous aimiez.

On a retrouvé le flingue, planqué dans sa caleçon.

Triste symbole.

Comment un type comme lui a pu en arriver lĂ  ? Bon, je pense qu'aucun mec

n'a déjà abrité ce genre de truc.

C'est pas un truc, c'est une histoire d'amour.

Excusez-moi, le marchand.

Là, je me retrouve un petit peu comme un con parce que, évidemment, plus de

groupe, plus de filles, plus de femmes.

Enfin bon, je dois me contenter de vous pour aller prendre une bière, quoi.

Je suis sensible à cette aimable invitation, mais je la décline.

Ah bon ? La belle Camille ? Je ne voudrais pas vous

faire peur, mais malgré le fait que je me goure souvent avec les femmes, j'ai l

'impression que cette fille, ce n'est pas le genre à lâcher le morceau.

C'est ça. Et selon vous, commandant, quel serait le mode opératoire dans de

telles circonstances ? À part la fuite à l'étranger ou le changement d'identité,

je vois pas bien. Je n'aurais pas recours à de telles extrémités.

Le silence seul suffit parfois à décourager les meilleures volontés.

Vous avez vraiment envie que Camille vous oublie ? Je voudrais que Camille

regarde dans la direction de son bonheur.

Si Camille vous aime, et puisque vous, vous l'aimez, pourquoi ne pas vous dire

que ce bonheur, il est lĂ  ? Pour combien de temps ?

Il n'y a pas si longtemps, un ami m'a dit que la mort valait toujours la peine

d'être vécue.

Que ce soit pendant 10 ans, 10 jours ou mĂŞme quelques heures.

Je crois qu'il a raison.

Mais Camille !

Bonsoir.

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